Jim se resservit un verre, il ne comprenait plus rien, d'abord Grissom qui avait un comportement étrange puis Sara qui lui annonçait qu'elle vivait ici et maintenant voilà que les deux se mettait à discuter en langue des signes à deux mètres de lui, vraiment là il ne comprenait plus rien.

Puis Grissom reprit sa place sur le canapé suivit de près par Sara qui ne savait plus quoi faire de ses mains tellement elle était nerveuse.

- Vous m'expliquez ? demanda Jim.

- Comment annoncer ça. Jim euh….

- Sara et moi on est ensemble. La coupa Grissom.

- Quoi ! Comment ça ensemble ?

- Jim, je vais pas te faire un dessin comme même.

Jim avala d'une traite son verre et s'en resservit un autre qu'il voulu avaler de la même façon, mais la main douce de Sara l'en empêcha.

- Donc toi et Sara vous… vous quoi d'ailleurs ?

- On vit ensemble.

- Jim, je sais que cela peut paraître étrange. Tenta d'expliquer Sara.

- Etrange ? C'est carrément irréaliste là !

- Jim s'il te plait calme toi, on va t'expliquer. Demanda poliment Grissom.

- D'accord, mais je veux tout savoir.

Sara ferma la bouteille de whisky et la ramena avec les verres dans la cuisine où elle prépara les cafés en prévision. Grissom qui avait retrouvé son ouie pu de nouveau se concentrer sur la conversation.

- Sara et moi on se fréquente depuis environ neuf mois.

- Neuf mois ! Vous savez bien cacher votre jeu.

- Oui, on a fait en sorte que personne ne le sache, tu connais le règlement Jim, tu sais ce qu'il nous attend si on se fait prendre.

- Oui, mais personne ne le sais ? En dehors du service je veux dire.

- Sofia l'a deviné aujourd'hui mais sinon personne d'autre n'est au courant.

- Je vois et sinon depuis quand vous vivez ensemble ?

- Et bien depuis noël on a déménager tout doucement son appartement et sinon officiellement c'est depuis deux jours.

- Ok, mais pourquoi se revirement. Je te connais Grissom et pour que tu enfreignes le règlement c'est qu'il y a une bonne raison.

- Je deviens sourd Jim, je perds l'audition depuis quelques années et d'ici un an je n'entendrais plus rien. Je pense que je peux profiter des derniers mois.

- Pourquoi ne jamais m'en avoir parler ? Je suis un ami.

- Je sais, mais si jamais l'information filtrait au laboratoire les gens ne me regarderaient plus de la même façon, je ne pourrait sans doute plus faire mon travail. J'aime ce que je fais et pour rien au monde je changerais d'emploi.

- Mais comment as-tu fait pour que personne ne vois ton handicap ?

- Sara m'a beaucoup aidé ces deniers temps. j'avoue que sans elle je serais démasqué depuis longtemps.

Sara réapparu dans le salon avec du café fumant et quelques biscuits, elle déposa le tout sur la table basse et prit place à côté de Grissom. L'homme passa son bras autour de sa taille pour l'a rapproché un peu plus contre lui, remercia la jeune femme pour le café et reprit la conversation avec Jim.

- Et aussi on a envisagé quelques petites astuces.

- Je vois.

Jim voulut en savoir d'avantage mais un appel le coupa, un corps retrouver dans une chambre d'hôpital psychiatrique et peu de temps après ce fut Grissom qui fut appelé pour la même affaire.

A peine elle eu franchit la porte que Sara se rappela pourquoi elle détestait les hôpitaux, l'odeur de désinfectant, ces murs blancs et les visages accueillant des malades, elle détestait être ici. Grissom qui ressentait le malaise de la jeune femme lui proposa d'aller faire un tour mais Sara refusa, elle lui répondit que plus vite ils auraient fini plus vite elle allait pouvoir oublier ce lieu.

L'affaire révéla un inceste entre une mère et son fils au point que celui-ci veulent en finir avec la vie, il avait prit Sara en otage dans la salle de travail des infirmières et l'avait menacé d'une arme blanche improvisée sous le regard impuissant de Grissom avant de ce trancher la gorge. Sara s'en était sortie avec une légère coupure et un gros coup au moral.

Elle déposa son rapport avec empressement sur le bureau de Grissom, elle était restée quelques heures supplémentaires afin d'en terminer le plus vite possible avec cette histoire. Elle passa ensuite par le vestiaire pour prendre ses affaires et ainsi rentrer chez elle, elle salua quelques collègues encore présents sur les lieux et fonça jusqu'à sa voiture presser de retrouver son homme et leur chien.

Elle prit un raccourcis et se retrouva en temps record devant leur immeuble, elle se gara un peu plus loin et prit le chemin de leur antre.

Quand elle arriva enfin dans le salon elle trouva son homme concentré dans sa lecture et avec sans doute une crise de surdité passagère, crises qui devenaient de plus en plus nombreuses et surtout plus longue, si bien que des fois il pouvait rester des jours sans entendre le moindre son.

Sara se posta non loin de la bibliothèque le regard rêveur, elle comprenait maintenant les réticences qu'il avait eu vis à vis d'elle, devenir sourd n'aidait pas dans la construction d'une relation à long terme, mais peu lui importait à Sara, Grissom resterait sans doute le seul homme à avoir émoustiller ses sens pour finalement l'envoûter avec ses yeux bleus, peu importe s'il n'entendrait jamais plus sa voix, ses rires, ses pleurs ou les battements de son cœurs.

Grissom se sentant observer abandonna sa lecture pour retrouver le magnifique sourire de sa compagne. Il rangea méticuleusement son ouvrage et s'empressa d'aller quémander son baiser.

« Ca va ? »

« Oui, je suis contente d'en avoir finie avec cette histoire. »

Sara se serra un peu plus contre Gil, réclamant du réconfort dans ses bras puissants. Gil savait qu'il lui faudrait quelques jours avant de complètement récupérer, le choc et le stress l'avait pas mal touché et elle devait prendre sur elle. Il resserra ses bras autour de ses épaules et commença à la bercer tendrement au milieu du coin de lecture.

Puis Sara sentit quelques chose vibrer au niveau de la ceinture de son homme, ils se séparèrent à contre cœur, Grissom attrapa son téléphone et lu son nouveau message puis sans ménagement il envoya son mobile droit sur le canapé puis il retourna prendre Sara dans ses bras. Mais la jeune femme voulait savoir la provenance du message.

« C'était quoi ? »

« Un corps retrouvé dans une petite crique du lac Mead, plein d'insectes. »

« Tu n'y vas pas ? »

« Non, je m'occupe de toi aujourd'hui. »

« Mais Gil comment… »

« Ils survivront bien une journée sans moi, je peux bien leur faire faux bon en quinze ans de carrière. »

« Merci. »

Sara retourna donc dans les bras de son homme sans hésitation, elle n'aurait jamais cru capable d'ignorer un appel du travail pour rester avec elle. Et pour tout avouer elle adorait ça.

C'est ainsi que Grissom se mit à la préparation du déjeuner et du programme de la journée tout en ignorant avec brio les appels incessant de ses collègues, il fini par éteindre son téléphone pour être réellement tranquille.

Mais c'était sans compter l'acharnement des experts et c'est donc sans surprise qu'on frappa à la porte. Grissom savait déjà qui allait se trouver de l'autre côté de la porte, même sans son ouie il pouvait sentir les coups forts et pleins de colère de Catherine. Sans un bruit il signa à Sara d'aller rapidement dans la chambre le temps qu'il calme la tempête.

Catherine n'y croyait toujours pas, Grissom qui refusait de se rendre sur une scène de crime et qui avait le culot de ne pas répondre à ses messages, il allait voir de quel boit Catherine Willows se chauffait. Après plusieurs coups sur la porte la femme s'attaqua à la sonnette, elle n'allait pas laisser Grissom s'en sortir, même s'il faisait le mort. Elle allait de nouveau s'attaquer à la porte quand celle-ci s'ouvrit d'un coup sec sur un Gil plutôt boudeur.

- C'est pas trop tôt Gil !

- Un peu plus et tu allais fracasser ma porte.

- A qui la faute, tu ne réponds pas aux appels, ni aux messages. Nick a même cru qu'il t'était arrivé quelque chose.

- Non je vais bien, je n'ai tout simplement pas envie d'aller sur le terrain.

- Pardon ?

- Je préfère rester à la maison.

Catherine cru qu'elle allait s'évanouir, avait-elle bien comprit ? Grissom qui préfère être chez lui plutôt que sur le terrain, le monde tournait-il donc à l'envers aujourd'hui ?

- Explique moi pourquoi ? D'habitude tu es le premier sur ce genre d'affaire.

- J'ai juste quelque chose de plus important à faire.

- Comme ?

- Faire un gâteau au café.

- Quoi ?

- Ne t'inquiète pas Catherine tu en auras une part.

- Attend deux seconde, tu fais un gâteau ?

- Oui, j'ai bien le droit de faire ce qu'il me plait.

- Un gâteau Gil, tu préfère faire un gâteau plutôt que d'aller voir tes amis les insectes !

- Où est le mal ? Si votre affaire est si urgente mon bureau regorge de livre sur les insectes, vous n'avez qu'à choisir.

- Qui êtes vous, qu'avez vous fait de Gilbert Grissom ?

- Pardon.

- Je ne te reconnais plus depuis des semaines, tu sembles à mille lieux, toujours souriant, toujours de bonne humeur, tu ne fais plus de remarques et tu as des absences. Dis moi ce qu'il se passe !

- Il se passe que je profite de la vie, voilà. J'ai passé quinze ans les yeux rivés à mon microscope et maintenant que je les ai levé pour regarder le monde qui m'entour tu sembles…

- Je semble quoi ?

- Suspicieuse.

- Hein ?

- Je suis heureux et tout ce que tu trouve à faire c'est vouloir me replonger dans mon microscope, ou que je passe sous le tien pour que tu découvres ce qu'il m'arrive, tu décryptes mes moindre changement de comportement.

Catherine qui n'allait pas se laisser faire força le passage, elle avait deux mots à lui dire et il risquait de ne pas aimer. Elle déposa avec fureur ses affaires sur un fauteuil qu'elle n'avait jamais vu avant puis prit ses positions sur l'un des deux canapés près à foncer dans le tas si nécessaire. Grissom comprit qu'il n'avait fait qu'enfoncer le clou, lui qui se faisait une joie de finir la journée avec Sara devant un bon film et mangeant un délicieux gâteau au café, vraiment quelle bonheur. Il s'installa dans l'autre canapé et attendit que la tempête Catherine se calme un peu, mais son regard tomba sur la corbeille de linge propre posé contre la table basse.

Catherine qui vit Gil se mordre la lèvre inférieur, comprit qu'un détail le tracassait et elle suivit son regard, une corbeille de vêtements. Elle ne voyait pas où était le mal, tout le monde fait sa lessive mais elle remarqua que certains vêtements n'appartenaient pas à l'homme, des tenues typiquement féminines. Catherine comprit alors la gêne de Grissom, il fréquentait une femme et vu que du linge à elle se trouvait ici la relation devait être très sérieuse.

- Je la connais ?

- Qui ça ?

- La propriétaire de certains de ces vêtements, à moins que tu ne me cache un certain penchant pour les hauts d'été.

- Mais je…

- Ne me mens pas Gil, je sais reconnaître la présence d'une femme. Alors qui c'est ?

- Je ne peux pas te le dire, pas encore.

- Comment ça ?

- Je te demande juste quelques mois de patience et tu seras qui c'est.

- Donc tu fréquente bien une femme.

- Oui. Mais s'il te plait ne le dit à personne, j'ai pas envie que Greg m'inonde de questions.

- Très bien mais quand tu pourras me le dire je veux être la première au courant.

- Tu le seras.

Catherine bien que déçue accepta la condition de son ami et lui demanda une dernière fois s'il ne voulait pas venir voir ses amis les insectes au laboratoire, mais Grissom refusa une nouvelle fois.