Chapitre 10 : Une amie, une confidente

Harry entra dans la bibliothèque et prit déjà tous les ouvrages dont il aurait besoin pour l'essai de métamorphose puis chercha une place où s'installer. Il y avait à chaque fois au moins une personne par table. Il soupira. Il n'aura manifestement pas toute la place dont il a besoin pour être à l'aise.

'Pourquoi ne te mets-tu pas à coté d'Hermione ? »

'Parce que c'est une Gryffondor …'

'Et tu crois que ça nous a arrêtés, ton père et moi ? De plus, elle n'est pas vraiment appréciée dans sa maison non plus. Je suis sûre qu'elle apprécierait un peu de compagnie.'

'D'accord.'

Harry se dirigea vers la table qu'occupait la brunette et s'y installer. Hermione leva les yeux de son parchemin et, le reconnaissant, lui fit un faible 'bonjour Harry' avant de se replonger dans son travail. Le jeune garçon lui avait fait un de ses rares sourires bien que très petit et s'était ensuite lui aussi plongé dans son propre travail.

Au bout d'une demi-heure, il l'entendit soupirer et il releva la tête pour la regarder. Hermione avait le front plissé sous la concentration et elle mordillait sa lèvre sous le stress.

« Est-ce que ça va ? » demanda Harry.

« Oui …, Oui ça va, » répondit-elle en secouant la tête et lui faisant un sourire forcé. « C'est juste un peu compliqué. »

« Tu travailles sur quoi ? »

« Potions. »

« Le devoir pour demain ? » Elle hocha la tête. « Qu'est-ce qui te pose problème ? »

« Eh bien, il nous a demandé de travailler sur la potion oculus et sur la potion aveuglante. Mais je ne trouve aucune information sur la dernière si ce n'est quelques citations. »

Harry regarda les ouvrages qu'elle avait consultés. Il ne vit pas celui dont elle avait au minimum besoin.

« Attends, deux minutes, » dit-il. « Je reviens. »

Il se dirigea dans le rayon concernant les potions et y prit trois ouvrages à propos des potions incapacitantes. Il alla les donner à Hermione.

« Tu trouveras ton bonheur là-dedans, » lui sourit-il.

« Oh. Merci, Harry, » lui fit-elle en lui rendant un sourire encore plus grand.

Elle s'empara des ouvrages et se plongea dans le premier. Harry se réinstalla et termina son devoir. Il était sur le point d'écrire la conclusion quand une voix basse – pour ne pas se faire repérer par Mme Pince – et trainante se fit entendre. Le jeune serpentard serra le poing et se retint de gémir en se tournant vers sa nemesis, Drago Malfoy.

« Alors c'est ici que tu te caches, Potter ? » ricana le blond, rapidement suivi par ses deux acolytes, Crabe et Goyle.

« Je ne me cache pas, je travaille. Qu'est-ce que tu me veux Malfoy ? »

« Et tu traines avec une Sang-de-Bourbe, » poursuivit le blond en ignorant la question.

Hermione fronça les sourcils d'incompréhension.

'Ah. Elle ne semble pas encore connaître cette insulte,' commenta Lily.

'Mais moi j'ai compris.'

« La ferme, Malfoy, » siffla Harry. « Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas entendre ça ! »

« Ou sinon quoi ? » demanda le blond. « Tu vas faire quoi ? Me frapper ? Tu es toi-même le fils d'une Sang-de-Bourbe. Tu ne devrais même pas être à Serpentard ! Le professeur Snape lui-même le dit. Tu devrais être parmi les Gryffondor ! »

Le blond prit le devoir d'Harry et le brûla jusqu'aux cendres d'un coup de baguette avant même que le pauvre garçon n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit. Harry soupira dans ce qui ressemblait plus à un grognement tandis que les trois serpentards partaient en ricanant. Le pauvre Potty Potter aura un T à son devoir de métamorphose.'

« Tu veux que je te donne mon devoir, Harry ? » demanda Hermione.

« Pourquoi tu me le proposes ? » demanda le serpentard en retour, curieux.

« Parce qu'on doit le rendre demain et que tu semblais l'avoir presque fini quand ce crétin te l'a réduit en cendres. »

« J'ai l'habitude, maintenant. Mais il y a un problème, » sourit Harry. « Il ne sait pas qu'il est là. » Il tapota sa tempe du doigt. « Il est déjà rédigé. Je n'ai juste qu'à le recopier. »

Il reprit un rouleau de parchemin et recommença son devoir, aidé par sa mère qui lui dictait ce qu'il avait déjà fait avant que Malfoy vienne foutre la merde. Il lui suffisait de visionner son souvenir.

« Et voilà, » dit-il en mettant le point final.

« Faudra que tu me dises comment tu fais, » fit Hermione qui le regardait faire depuis le début, étonnée.

« Pas sûr que tu puisses comprendre, » répondit lentement Harry.

« Essaie toujours. »

« Tu vas me prendre pour un dingue, » murmura-t-il.

« Pourquoi ? » Elle resta silencieuse un moment et, voyant qu'il ne répondrait pas, elle ajouta. « Tu sais, quand j'ai vu McGonagall rentrer chez moi et me dire que j'étais une sorcière, je l'ai prise pour une barge aussi. »

'Eh bien, on est deux,' rit Lily. 'J'adore cette fille. Dis-lui, Harry.'

« Il y a ma mère qui t'apprécie beaucoup. »

« Qui ? »

« Ma mère. Elle t'aime bien, » répéta Harry un peu plus fort.

« Mais Harry, ta mère, elle est … Elle est décédée. »

« Physiquement oui, mais c'est là tout notre secret. Elle ne m'a jamais quitté, » répliqua-t-il doucement, attendant la réaction de la Gryffondor.

« Tu veux dire que tu la vois ? Comme les fantômes de Poudlard ? »

« Non, pas comme un fantôme, sinon tu la verrais aussi. Elle est dans ma tête. »

Hermione fronça les sourcils. « Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Qu'elle est en ce moment même avec moi, qu'elle l'a toujours été et qu'elle le sera toujours. »

« C'est impossible ! »

'Maman ?'

'Dis-lui le sort Anima Translatio. Par contre, je ne suis pas sûre que vous trouverez quelque chose dessus ici.'

'Pourquoi ?'

'Parce que c'est un sort de magie noire, ou en tout cas, très proche et elle n'est pas enseignée à Poudlard.'

« Harry ? » fit la voix soucieuse d'Hermione.

« Hmm … Désolé, je demandais à ma mère comment je pouvais faire pour te prouver qu'elle est bien là. »

« Et ? »

« Elle a parlé d'un sortilège. Anima Translatio. Mais elle n'est pas convaincue qu'on trouvera une information dessus à Poudlard.

« Pas même dans la réserve ? » demanda-t-elle, curieuse d'apprendre un nouveau sort.

'Là encore, pas sûr. Mais de toute façon, il faut la signature d'un professeur pour avoir accès à la réserve.'

Harry répéta l'information. Hermione, resta songeuse un moment, triturant sa plume Puis, elle soupira et lui fit un immense sourire.

« Tanpis. On va le faire à l'ancienne mode. » Le serpentard releva un sourcil. « Avec plein de questions. Dans le pire des cas, tu es juste schizophrène. Mais au moins, tu n'es pas comme les autres. »

« Comme les autres ? »

« Et bien, les Gryffondors ne m'aiment pas parce que j'ai toujours réponse à tout. Les autres sont indifférents ou me fuient. Et les Serpentard. Ben ce sont des Serpentards. Toi, tu es différent. Et tu es venu me chercher alors que les autres s'en fichaient complètement. »

Harry pouffa légèrement. « Je suis aussi le seul serpentard qui n'insultera jamais ton ascendance. » Hermione fronça les sourcils. « Tu ne sais pas ce que veut dire Sang-de-Bourbe, n'est-ce pas ? » Elle secoua la tête. « Cela veut dire Sang Impur. Il est donné aux sorciers qui sont nés de deux parents moldus. Comme ma mère. Et comme toi. C'est la pire des insultes que tu pourras entendre à ton sujet, du moins de la bouche d'un Sang Pur. »

« Je comprends mieux ta réaction. »

Harry grogna en se frottant la tête. « Bon, je vais te le demander comme ça ma mère sera contente et me laissera dormir tranquillement cette nuit … »

'Eh !' s'indigna Lily.

« … est-ce que tu accepterais que l'on passe plus de temps ensemble : discuter, faire nos devoirs, ce genre de choses … »

« Pourquoi pas, cela me changera de la solitude. Et je pourrais vérifier si c'est bien ta mère dans ta tête ou si c'est toi qui a développé une double personnalité. »

« Ca marche, » rit Harry.

oO°OoO°Oo

Severus rentra dans son appartement en boitant. Ce fichu chien ne l'avait pas raté ! Il s'affala sur son canapé et se tint la cheville en sifflant de douleur. Quelqu'un vint toquer à sa porte, l'obligeant à se relever. Il grogna en retraversant la pièce et ouvrit la porte.

« Potter. J'espère que c'est important, » claqua-t-il en voyant le fils de sa vieille nemesis dans l'embrasure de la porte.

Il le vit se mordre la lèvre inférieure, hésitant, avant de répondre.

« J'ai vu que vous vous étiez blessé à Halloween … » Severus se tendit. « … et que vous sembliez encore en souffrir, alors on a pensé que cela pourrait vous être utile. »

Le gamin lui tendit un pot. Le Maître des Potions releva un sourcil, en colère contre ce fichu gamin qui évoquait sa blessure – qu'il avait remarqué qu'il était blessé ! – alors que ce n'était pas ses affaires. Il était aussi étonné qu'il lui donne quelque chose pour cela. Il prit le pot et l'ouvrit pour en inspecter le contenu. Un baume de soin. Et de relativement bonne qualité, à l'odeur.

« On ? » demanda-t-il au gamin avant d'être interrompu par une voix criant dans les cachots, faisant un sale écho dans les couloirs.

« HARRY ? Tu es là ? »

« J'arrive, Hermione, » répondit le garçon en souriant. « Au revoir, professeur. »

« Une minute, Potter. Qui est ce 'on' ? »

Il ne s'attendait pas à recevoir une réponse aussi énigmatique.

« Elle vous connait et sait très bien que vous êtes trop fier pour demander de l'aide à Mme Pomfresh alors elle m'a demandé de vous donner le baume. »

« Qui ça elle, Potter ? »

« Elle ne veut pas que je vous le dise. Bonne journée, professeur. »

Et le garçon partit en laissant Severus perplexe. L'homme rentra dans son appartement et réfléchit à qui pourrait bien demander au garçon une telle chose. Tout en y songeant, il observa le baume. Il soupira. Il défit ses bandages et appliqua la crème sur la blessure. L'effet fut presque immédiat et il soupira une fois encore mais cette fois-ci de soulagement et de bien-être.

oO°OoO°Oo

Harry regardait son père. Il avait le visage fermé. Impossible de savoir ce qu'il pensait. Puis, il entendit Hermione l'appeler. Elle voulait lui montrer quelque chose.

« J'arrive Hermione, » répondit-il en souriant. Il ferait bien de se dépêcher avant qu'elle ne se perde dans les couloirs des cachots. « Au revoir, professeur. »

Il avait déjà fait demi-tour quand Snape lui attrapa le bras.

« Une minute, Potter. Qui est ce 'on' ? »

Harry regarda la main de son professeur et se dégagea lentement alors que sa mère lui parlait.

'Ah non ! Ne le dis pas, Harry. Les vilains garnements n'ont pas le droit à une récompense ! Je fais juste mon devoir en tant qu'épouse !'

Harry pouffa intérieurement mais garda le visage neutre.

« Elle vous connait et sait très bien que vous êtes trop fier pour demander de l'aide à Mme Pomfresh alors elle m'a demandé de vous donner le baume. »

« Qui ça elle, Potter ? » fit Snape en relevant un sourcil.

'Non, non et non. Pas aujourd'hui. Réapprends le respect et après on verra, Severus.'

« Elle ne veut pas que je vous le dise. » Harry s'éloigna. « Bonne journée, professeur. »

Le jeune garçon courut et rejoignit son amie gryffondor avant qu'elle ne s'engouffre dans un couloir. Curieuse comme elle était, elle était susceptible de se faire prendre au piège dans les lueurs et les ombres et de se perdre dans le labyrinthe des cachots de Poudlard.

« Allez, suis-moi Hermione, je vais te faire sortir de ce labyrinthe avant que tu t'y perdes. C'est déjà arrivé. »

« Sérieux ? »

'Oh que oui, j'ai eu de la chance que le Baron Sanglant passe par là et accepte de me guider vers la sortie, sinon je serais toujours en train d'errer dans ces foutus couloirs.'

Harry répéta la mésaventure de sa mère à la brune et ils rirent de bon cœur.

'Ce n'est pas bien de se moquer du malheur des autres,' les réprimanda Lily.

'Pardon, maman.'

« Bon, maintenant on va où ? » demanda Harry en sortant des cachots.

« Suis-moi, » fit la Gryffondor.

Il la suivit en courant dans les couloirs. Elle était surexcitée. Le serpentard se demandait pourquoi. Quand ils arrivèrent dans un couloir du cinquième étage, Lily fit une remarque.

'Je sens que je vais adorer ce qui va suivre.'

'Tu sais où elle m'emmène ?'

'Je crois.' Silence. 'Non, maintenant, j'en suis certaine,' ajouta-t-elle en riant.

Hermione venait de disparaître dans une salle. Harry la suivit. Ils se trouvaient dans une salle de musique. Le garçon observa les objets et les instruments autour de lui. Il reconnut le lieu où ses parents aimaient passer du temps ensemble. Du moins l'un des lieux.

« Alors ? » fit Hermione. « Tu en penses quoi ? »

« C'est super, » sourit Harry. « Et ma mère rit aux éclats. »

« Pourquoi ? »

« Parce qu'elle et mon père passaient beaucoup de temps ici, » répondit-il en s'approchant du piano.

Il en caressa les blanches et joua une gamme pour voir s'il était accordé.

« Tu joues ? »

« Je n'ai jamais vraiment touché un piano de ma vie. Pas physiquement en tout cas. Mais maman m'a appris. »

Il s'assit devant l'instrument et resta immobile en observant les lieux avec respect. Il voulait s'en imprégner. Hermione le rejoignit.

« Harry. » Il reporta son regard émeraude sur elle. « Je me demandais … Comment peut-elle t'apprendre certaines choses alors qu'elle n'est pas là avec toi ? Physiquement je veux dire. »

« J'aimerais beaucoup qu'elle le soit … »

'Moi aussi.'

Harry sourit. « … mais j'ai découvert quelque chose de plus ou moins équivalent. En méditant, j'ai réussi à me plonger dans mes pensées les plus profondes. J'y ai découvert mon monde intérieur et elle était là. Elle y est toujours. C'est le vrai premier souvenir que j'ai d'elle. »

« Avant de la 'voir', tu savais qu'elle était là ? »

« Je l'ai découverte, j'avais cinq ans environ. Je n'entendais que sa voix. Je ne l'ai vue pour la première fois que quelques années plus tard. »

« C'est bien que tu aies encore ta mère d'une certaine manière, Harry. Je suis contente pour toi. »

« Merci, » fit le serpentard avec la gorge nouée.

« Tu joues un morceau ou je joue. »

« Tu joues aussi du piano ? »

« Oui. »

Harry sourit. « Les dames d'abord, » dit-il en l'invitant à jouer.

oO°OoO°Oo

Décembre arriva rapidement, Severus était dans la Grande Salle en train de manger le repas de midi en silence en surveillant les cornichons assis aux quatre tables en face de lui.

« Regardez, Albus, » fit soudain Minerva sur sa gauche. « Cela ne vous rappelle pas quelque chose ? »

« Oui, en effet, Minnie, » sourit le vieux mage après quelques secondes. « J'ai l'impression d'être revenu près de quinze ans en arrière. »

Severus, visage impassible, se demanda ce qui attirait ainsi leur attention. Il vit Potter et Granger discuter en souriant à l'entrée de la salle avant de se séparer, allant chacun à leur table respective. Il se retint de lever les yeux au ciel. Il quitta les deux jeunes gens des yeux pour retourner à sa surveillance. Il perçut malgré tout le petit sourire qu'avaient Albus et Minerva en le regardant. Il soupira et quitta la grande Salle avant d'entendre un nouveau commentaire. Il ne voulait pas entendre une comparaison entre lui et ce gamin car c'était exactement cela qui était sous-entendu. Une comparaison qu'il avait eue avec Lily.