Severus raconte à Remus. 10
Harry et Remus allèrent s'assoir sur un banc dans un coin du jardin, près d'un magnifique rosier Polka aux nuances de couleur saumon qui étirait ses tiges au dessus d'eux. Le jeune homme posa sa cape sur ses genoux en poussant un soupir, il avait tant de chose à dire et à demander à Rem qu'il ne savait par quoi commencer. Ce fut Remus qui débuta la conversation, pour une fois il était impatient de poser des questions.
-Je veux savoir ce que tu as exactement ? Draco n'a pas voulu me répondre et quand je te vois comme ça je me dis que ton problème est du genre plutôt grave. Et peux-tu m'expliquer d'où viennent ces blessures sur tes bras, elles ont l'air toutes fraîches ?
-Grave…. sourit Harry accablé. On peut dire ça comme ça, ouais. Et pour les coupures ce n'est rien, je te l'ai déjà dit.
-Evidemment si tu ne veux pas en parler…..
-Non, parlons d'autres choses. Raconte-moi ton voyage en Roumanie, qui faisais-tu ? Quand je pense que tu ne m'as envoyé aucune nouvelle, j'étais inquiet tu sais ! s'enquit Harry qui passa sous silence sa retraite dans son appartement londonien.
-Je ne pouvais pas sinon tu penses bien que tu aurais été le premier à en recevoir. Veux-tu savoir ce que j'y ai fait ?
Harry allait dire oui avec enthousiasme quand il se souvint que Voldemort prenait des renseignements. Pas question une seule seconde que le vil serpent récolte des informations sur Remus aussi sournoisement.
-Non, répondit Harry devant l'air étonné du loup. Je ne veux rien savoir.
-Harry, qu'as-tu ? Tu voulais savoir et d'un seul coup tu changes d'avis. Tu parais… distant.
-Je vais bien, Rem, juste un peu de fatigue.
-Excuse-moi une minute je dois dire un mot à Severus et à Lucius, répliqua le professeur Lupin en se levant brusquement.
Le jeune homme opina de la tête puis serra ses bras autour de son corps. Il avait si froid soudain.
-Pourquoi ne l'as-tu pas laissé parler, grogna le Lord en colère, je suis sûr que j'allais apprendre quelque chose d'extrêmement intéressant.
-Rien à foutre ! Ça ne m'intéresse pas à moi de savoir ce que Remus a fait en Roumanie.
-Je te jure que tu vas me payer ça, Harry Potter. Tant que tu te dresseras contre moi tu souffriras, je ne supporterais pas longtemps ton mépris, je te préviens que tu risques de le regretter.
-Fais ce que tu as à faire, je ne changerais pas d'avis, Tom.
-Le lycan approche, pesta Severus Snape. Il veut nous interroger, dit-il à Lucius qui se retourna vers Harry pour voir ce qu'il faisait maintenant qu'il était seul assi sur son banc.
-Quoi de plus normal, admit le blond.
-Harry ne veut pas parler, leur expliqua Remus en arrivant près des deux sorciers. Et je pense que vous savez ce qu'il a et que vous avez les réponses à mes questions.
-Qu'est-ce qui te fait dire ça, Lupin ?
-Voyons, Severus, sinon pourquoi seriez-vous là à le protéger de lui même ? Parce que c'est bien ce qui se passe, non ?
-Lucius, tu veux bien rester avec Potter pendant que je discute avec Lupin ?
-Hum, oui, acquiesça le blond en se rendant près du survivant qui ruminait de sombres pensées.
-Maintenant raconte-moi tout et n'omets rien, Severus, ordonna le professeur de Défense.
-Tu veux la version longue ou courte, ironisa Snape en s'éloignant à pas lent dans les allées.
-La courte, rétorqua Remus en suivant l'homme tout en calquant son pas au sien.
-Ca ne va pas te plaire, es-tu préparé à ce que tu vas entendre ? Je te préviens de suite je ne veux pas t'entendre hurler après les révélations que je vais te faire, tiens-toi-le pour dit, Lupin.
-Parle au lieu de tourner autour du pot, Severus.
-Tu te souviens que Potter à tuer le Seigneur des Ténèbres pendant la bataille ?
-Incontestablement, sinon je ne serais pas parti !
-En fait Voldemort n'est pas mort…..
-Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
-Tu ne comprends pas ! Il n'est pas mort, il vit toujours si tu préfères.
-Tu essais de me faire peur ? Non parce que là tu y réussis très bien, je t'assure.
-Le Seigneur Noir s'est détaché de son corps terrestre, il a malheureusement parasité celui de Potter pendant que celui-ci le tuait de ses propres mains.
Le maître des potions souffla quand il vit que le loup ne comprenait plus rien.
-Grâce à sa puissante magie le Lord a pu se projeter dans un autre corps, et comme celui de ton filleul se trouvait le plus près c'est lui qui en a hérité si je puis dire.
-Ne me dis pas que Voldemort est dans Harry ? C'est impossible voyons !
-Et Quirell, c'était impossible là aussi !
-Merlin ! Comment Harry gère ça ? Mal sans doute.
-Là c'est d'un euphémisme ridicule, Lupin, ronchonna Severus. Bien sûr qu'il le vit mal, pourquoi crois-tu que nous sommes toujours présents près de lui ?
-Cesse de te foutre de moi et explique-moi en quoi consiste cette possession.
-Tu as les nerfs solides ?
Le lycan leva les yeux vers le professeur aux robes noires et d'un seul coup se rendit compte que le plus dur allait venir.
-Vas-y, je suis prêt à tout entendre.
-Très bien, premièrement Voldemort est très actif et sa magie prend de plus en plus d'ampleur. Il commande à Potter certains gestes qui mettent sa vie en danger et je pense que bientôt il s'attaquera aux proches du survivant. Ton filleul résiste mais pour combien de temps ? Nul ne le sait mais je prévois que ce sera pour bientôt. Voilà les grandes lignes.
-Combien de temps avant qu'il ne…..
-Le contrôle complètement ?
-Oui.
-Trois semaines, voir plus ou moins, je ne sais pas exactement.
-A ton avis comment vont se dérouler les choses ?
-Tu veux la vérité vraie ou une fin qui te satisfasse ?
-La vérité, Severus, souffla le loup anéanti par le nouveau coup du sort.
-Potter mettra fin à ses jours, par n'importe quel moyen à sa disposition.
L'homme aux yeux ambre porta une main lasse à son visage et ses épaules s'affaissèrent douloureusement.
-Que peut-on faire pour lui venir en aide ?
-L'empêcher de perdre la tête, voilà pourquoi Lucius et moi l'entourons de notre présence, même si ce n'est pas celle qu'il aurait préférée.
-J'imagine, néanmoins vous êtes les seuls à avoir pris soin de lui et pour ça je t'en remercie, Severus.
Le maître de potions renifla puis il fit demi-tour en allongeant le pas.
-J'ai un ami qui peut-être, pourrait faire quelque chose, cela te dérangerait-il si je lui envoyais un parchemin en expliquant le cas de Harry ? demanda le loup en rattrapant Snape.
-Non, tout aide sera la bienvenue, mais à condition que cela reste dans le domaine de la discrétion, Lupin.
-Ne t'inquiète pas, Vlad est très discret.
-Allons rejoindre Potter, suggéra Severus Snape. Il faut que je soigne ses blessures.
-Pourrai-je lui rendre visite dans tes quartiers ? demanda Remus.
-Comme tu le sais les cachots sont interdits à quiconque, cependant je veux bien faire une exception pour toi, si tu m'en abuses pas.
-Je promets de ne pas en abuser, merci, Severus.
-Je le fais surtout pour Potter et Draco, sourit le Serpentard.
-Que vient faire Draco là-dedans ?
Snape tourna son regard vers Remus, et un rictus fit comprendre au loup que Snape savait bien trop de chose sur lui.
-D'accord, mettons que je n'aie rien dit, bouda Remus en revenant près de Lucius et de Harry.
-On rentre, réclama le Gryffondor qui s'en voulait terriblement de quitter Remus ainsi alors qu'il se faisait une joie de le revoir.
-Je viendrais te voir dans les cachots, lui répondit le lycan pensant faire plaisir au garçon.
-Non, hurla le plus jeune, je ne veux pas que tu viennes, Rem. Tu entends ? Je ne veux pas.
Sur le chemin du retour Snape essaya bien de savoir quelle mouche avait piqué le garçon mais il n'eut aucune réponse, même Lucius fit chou blanc quand il l'interrogea à son tour. Harry aurait bien voulu parler, leur dire les dangers qu'ils encouraient en restant près de lui, mais la saleté de Voldemort l'empêchait de parler à sa guise et puis Harry sentait déjà ses forces mentales s'amenuiser. Bientôt il ne sera plus qu'un pantin entre ses mains meurtrières et ça se n'était pas envisageable pour lui.
Dans quelque temps il devra faire face à une décision difficile, une décision qui avait à plusieurs reprises traversée son esprit.
-Sale petite vermine, cracha Voldemort tandis qu'Harry avançait sous sa cape et qu'il pénétrait dans Poudlard. Tu as désobéi, pourquoi as-tu interdit au lycan de venir te voir ? Tu sais que je te l'avais interdit. Tu es un bon à rien, éructa le Mage Noir en faisant plier Harry sous le poids d'un sort de sa connaissance. Tu es un incapable tout juste bon à récurer des sols crasseux.
Harry s'étala sur le sol, les pieds entremêlés dans sa cape.
-Severus, l'avertit le blond.
Le maître des potions se précipita sur le jeune homme et le prit dans ses bras. Quand ils arrivèrent dans les cachots il se hâta de le déposer sur son lit et de le déshabiller afin de voir ou le Lord avait encore frappé. Cette fois il n'y était pas allé de main morte, non seulement les bras étaient lacérés mais aussi la poitrine du Gryffondor. Lucius arriva avec les potions sans que Severus ne les lui demande.
-Je ne sais pas si elles seront efficaces, Potter dit que les potions ne lui font plus effet, Lucius.
-On peut toujours essayer, on ne va pas le laisser ainsi par Salazar ! Il doit souffrir même s'il ne dit rien.
-Tu crois que je ne le sais pas ! Va me chercher la nouvelle potion dans mon laboratoire, celle que j'ai finie ce matin. La fiole blanche, dessus est écrite Obsession, tu ne peux pas la manquer.
Quand les soins furent finis et que la nouvelle potion ait refermée toutes les plaies, l'homme allongea le survivant sous les couvertures et le laissa dormir. Celui-ci n'avait pas repris connaissance, pas encore. Le soir, vers vingt-deux heures quarante-cinq, Harry remua légèrement et c'est Lucius qui lui donna à boire et qui vérifia si le Lord n'avait pas recommencé ses bêtises.
-Comment va-t-il ? demanda Severus qui entrait dans le salon en ôtant sa robe de sorcier.
-Il se réveille, et vu la tête qu'il fait je crois que ce n'est pas le moment de le titiller, sourit le blond Malfoy.
-Il faut qu'il mange, réveille-le et assieds-le, je vais demander un plateau.
Harry regarda d'un œil morne le morceau de poulet rôti et la purée dans son assiette, il n'avait pas faim et Snape pouvait bien dire ce qu'il voudra il ne touchera pas à ce morceau de viande. Là il avait plutôt envie de vomir et pas de manger. Le jeune homme repoussa le plateau d'une main fatiguée et se rallongea sans se préoccuper des deux hommes qui le surveillaient.
-Potter !
-Foutez-moi la paix, Snape, et toi aussi, Lucius. Je veux dormir, allez vous coucher vous aussi, il ne reviendra pas ce soir.
-Comment pouvez-vous le savoir ? S'insurgea le professeur.
-Je le sais, c'est tout.
-Nous allons vous laisser, mais, je dis bien mais, Potter, si vous le sentez revenir je veux que vous m'appeliez sur le champ.
-Je le ferais, Snape. Eteignez les torches s'il vous plaît avant de partir, elles me font mal aux yeux.
Les deux Serpentards quittèrent le salon en fermant comme promis les torches, ne laissant que le feu de la cheminée pour éclairer la pièce.
Harry ne pouvait fermer l'œil malgré sa fatigue. Il avait menti, Tom était revenu et lui pourrissait la vie de nouveau.
-Ils sont dans leur chambres, et devine ce qu'ils vont faire ?
-M'en fous, dégage de là et laisse-moi dormir…..
-Quoi, je suis déçu là, tu ne veux pas savoir ? vraiment pas ?
-Non, combien de fois il va falloir que je te le dise ! dégage de mon esprit !
-D'accord, alors si tu ne veux pas m'écouter je vais te faire voir ce que font tes deux soi-disant amis.
-Je ne veux rien savoir, rien voir non plus….
-Trop tard, regarde, Harry, regarde et entend leurs penséesles plus intimes.
-Tu penses que ça va aller ? s'enquit Lucius en enlevant sa chemise de soie qu'il déposa sur la chaise.
Harry sursauta, il les entendait et il les voyait, il entendait même leurs pensées, comment était-ce possible ? Il tenta de fermer son esprit mais rien n'y fit, la scène se déroulait sous ses yeux.
Voldemort ricana, le gamin croyait vraiment que ce qu'il voyait en ce moment était ce qui se passait vraiment dans l'autre chambre. Pas une minute il n'imagina que les images qu'il lui envoyait étaient fausses, il était d'une naïveté déconcertante, mais c'était tellement amusant…et destructeur !
L'homme au regard sombre s'approcha de Lucius et passa une main délicate sur le torse dénudé. Sa bouche aux lèvres minces s'empara de celles du blond qui gémit quand la langue mutine caressa la sienne. L'aristocrate ferma les yeux, Severus savait vraiment comment le chauffer pour l'avoir à sa merci, un baiser de lui et il était perdu comme on peut l'être quand on est amoureux d'une personne.
Des doigts se promenèrent sur la peau douce de Lucius tandis que le baiser s'intensifiait, un souffle chaud fit frémir ses lèvres quand le maître des potions lui demanda de lui enlever sa chemise, ce que fit Lucius avec grand plaisir. Quand Severus était lancé plus rien ne pouvait l'arrêter, il était un amant formidable et attentionné, entre ses bras il tremblait, il vibrait, il frissonnait, il gémissait.
-Je t'aime, susurra l'homme aux yeux noirs, dans le creux du cou de Lucius.
-Arrête ça, arrête ça je t'en prie ! hurla silencieusement le jeune sorcier qui souffrait de voir Severus aussi tendre avec le blond.
-Non, ce ne serait plus drôle, Potter. Vois Severus, il est tendu à l'extrême, je dois dire qu'il a un certain charisme…..
-Ta gueule, Tom !
La chemise de Snape tomba sur le sol, et le blond put enfin savourer la peau de son amant qu'il suçota avec tendresse. Severus quant à lui déboutonna le pantalon qui cachait ce qu'il désirait, sa main plongea dedans et cajola la hampe déjà bien éveillée. Lucius se tordit pour que Severus le tienne mieux entre ses doigts, puis finalement agacé il fit disparaitre ses vêtements ainsi que ceux de Severus.
-Impatient, rigola Snape.
-Tu n'es pas mieux que moi, chéri, regarde-toi.
-C'est toi qui me rend fou, mon amour, chuchota le Serpentard dont les longs cheveux frôlèrent l'épaule de Lucius.
-Montre-moi combien…..
Harry ferma les yeux, il était jaloux, il allait crever de jalousie. Et ces foutues images qui ne partaient pas…c'était de la torture de lui faire vivre ça.
Le blond se retrouva allongé sur le lit en un rien de temps. Les mains de Severus savourèrent la peau de son ventre, et tandis que l'homme brun baissait la tête vers la tentation incarnée en la présence d'un phallus magnifique, Lucius se redressa à peine sur les coudes et regarda son amant l'engloutir au complet. Un cri étranglé s'échappa de sa gorge, ses reins déjà bien en feu s'incendièrent encore plus, ses doigts se crispèrent sur les draps et un râle de bonheur fusa sans qu'il ne puisse le retenir.
Il n'avait pas duré longtemps, pas quand Sev le prenait ainsi, avec ardeur et passion. Lucius regarda le Serpentard se lécher les lèvres avec gourmandise, puis se rapprocher de lui pour l'embrasser.
-Fais-moi l'amour, Severus, comme toi seul sais le faire.
Snape fit venir le lubrifiant entre ses mains, il en passa généreusement sur sa virilité alors que l'aristocrate se préparait à le recevoir. Pas de préparation pour les deux hommes qui se connaissaient par cœur. Severus pénétra son amant sans quitter son regard, il aimait voir les yeux gris de Lucius vaciller quand il entrait en lui. Il aimait entendre son souffle s'accélérer quand il était entier en lui, il aimait la façon dont il gémissait quand les premiers coups frappaient sa prostate.
Ils avaient toujours été en parfaite osmose quand ils faisaient l'amour et ce dès le début de leur liaison.
Lucius quémanda un baiser que Severus ne lui refusa pas, les effets aphrodisiaques des deux langues se mélangeant ne se firent pas attendre. Snape accéléra la cadence de ses coups de reins, de lents ils devinrent puissants, et sous les assauts le blond décollait presque du matelas. Severus faisait durer le moment pourtant il n'allait plus tenir longtemps et c'est dans un cri de plaisir qu'il éjacula dans Lucius en se raidissant.
-Ne bouge pas, le pria le blond qui se remettait lui aussi de son orgasme qui le laissa pantelant, reste contre moi et en moi, mon amour.
Severus se reposa doucement sur le blond pour ne pas l'écraser, ses yeux brillaient de mille feux, c'était toujours comme ça avec Lucius, l'amour entre eux était magnifique.
Le jeune homme sur son lit, seul, laissa couler des larmes amères. Severus n'était plus à lui et ne l'avait jamais été. Il avait espéré….il avait même prié, tout ça pour rien, l'homme ne reviendra pas vers lui.
