Nyo sortit d'une énième ruelle sombre, découragé. Pas de traces du passage des disparus. La ville était vaste, les chances de les retrouver très faibles. Et plus on attendait, plus la milice risquait de les retrouver avant eux.

Pourquoi les seuls à s'être paumés devaient être les acteurs ? Personne ne connaissais le visage de François, mais son frère et Justine étais connus dans toute la ville, voir tout le pays. S'ils mettaient ne serait-ce qu'un pied dehors de jour, on pouvait directement les chercher en prison, s'ils n'étaient pas exécutés à vue.

Sentant son portable vibrer dans sa poche , il le sortit en espérant des nouvelles. Son espoir fut récompensé, on avait retrouvé Justine.

Il avertit les autres membres du groupe et cinq personnes le suivirent tandis qu'ils se dirigeait en trottant vers l'établissement ou l'actrice s'était réfugiée. Un escalier descendant sous terre, et aucune indication sur la vieille porte de bois massif, si ce n'est un avertissement avec les règles du lieu. Il toqua cinq coup avant d'entrer, et la porte fut refermée aussitôt que le groupe fut à l'intérieur. La lumière tamisée et l'odeur d'alcool mêlée au vieux bois les frappa d'entrée, autant que l'agitation du lieu malgré le fait que le bar ne soit pas signalé.

Un homme à l'air affairé et passablement agacé s'avança à leur rencontre, un petit sourire étirant ses lèvres lorsqu'il reconnu Nyo.

"-Alors, tu reviens déjà ? Ta cuite d'hier ne t'as pas suffit ? dit-il avec un léger accent et un ton rieur, esquivant habilement une bouteille sans même la regarder.

-REFLEXE !

Indifférent ou presque aux rires qui résonnaient derrière lui, le dessinateur salua le propriétaire du bar souterrain à son tour avant de chasser la question d'un mouvement de main.

-On est pas là pour ça Buscaron. On cherche Justine.

-Elle est au fond, avec Antoine. Si tu veux lui parler dépêche-toi, elle va bientôt rouler sous la table."

Ils se précipitèrent donc au fond du choix de Buscaron, et entendirent le rire sonore des deux camarades de beuverie avant même de les voir, et ce malgré l'ambiance survoltée de la salle. A moitiés cachés par des gens qui gesticulaient dans tous les sens et des projectiles plus ou moins dangereux qui traversaient la salle, stagnaient les deux ivrognes. Un homme aux touffe cheveux bruns en désordre, Antoine. Et en face de lui Justine, la joue collée à la table, une pinte à moitié vide dans la main et ses longs cheveux roux ébouriffés.

En les voyant arriver elle se redressa l'air hagard, faisant se retourner Antoine qui avait les lunettes de travers et un grand sourire aux lèvres, l'air complètement ivre.

"-Ça fait un moment qu'on te cherche, tu vas bien ? Ou est Raph, il est pas avec toi ?

Elle s'effondra de nouveau sur la table avec un long gémissement.