Lundi 14 février
Je déteste ce jour commercial ridicule. Tellement ridicule qu'il réussit à me renvoyer ma solitude en plein visage. La plupart de mes colocataires sont de sortie avec leurs chéries respectives. Et moi je pense à elle, allongé sur mon lit. Je me demande ce qu'elle fait, si elle passe cette soirée avec un… client. J'ai tellement de mal à rationaliser ce mot. Il m'écorche les yeux. Est-il en train d'embrasser son corps? Est-elle occupée à le mener à l'orgasme? Je vais bientôt être obligé de m'arracher la tête pour stopper ce flot d'images insoutenables. Parfois je me dis que je préférais quand personne ne m'intéressait. Période bénie d'un quotidien morne et calme. Maintenant je suis obligé de souffrir en silence. Si au moins ça valait le coup. J'accepterais de souffrir de l'avoir trop aimée. Trop longtemps. Trop de nuits. Mais je ne peux m'accrocher qu'à un baiser volé. Si seulement je savais ce qu'elle ressent. J'ai eu l'impression qu'elle me rendait mon baiser, mais avec le temps, les souvenirs deviennent flous. Peut-être faisait-elle simplement son travail. Sans aucune passion.
J'ai fini par en parler à Quil. Il dit que je suis un abruti. J'aurais mieux fait de garder ça pour moi. Comment ai-je franchement pu espérer qu'un mec comme lui me comprendrait? C'est à se demander s'il prend la peine de demander leur prénom aux filles qu'il ramène dans sa chambre. Aimer ne doit pas faire partie de son vocabulaire. En tout cas, pas en dehors de l'amour physique, ça c'est sûr. Il dit aussi que s'il avait les moyens que j'ai, il s'offrirait les services de cette fille chaque fois que l'envie lui en prendrait. Je ne vais pas me mentir, cette idée ne cesse de tourner dans mon esprit. Mais je ne veux pas aborder les choses sous cet angle-là. Au mieux, elle se fermera à nouveau et agira professionnellement. Au pire, elle ne me le pardonnera pas. Seulement voilà, j'aimerais connaître mon autre option…
