Voici la suite de nos aventures!

Merci à tous ceux qui la suivent.

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Chapitre 9 : 15h00… Un monstre dans la chambre.

Mercredi 31 octobre, 15h00.

- Ne t'occupe pas de moi Hermione, ce ne sont que des égratignures !

- Arrête de bouger Harry, et j'aurais fini plus vite, rouspéta la jeune femme.

La Grande Salle avait été transformée en une infirmerie de fortune, permettant d'accueillir tous les blessés de la catastrophe. L'infirmerie, quant à elle s'était transformée en morgue. Partout, on entendait que lamentations, pleurs ou gémissements de douleur. Harry frissonna en pensant qu'il revoyait à nouveau le souvenir de la fin de la Grande Bataille de Poudlard. La vie était décidément qu'un éternel recommencement ! Au moment où on pensait que tout revenait dans l'ordre, une force maléfique s'abattait à nouveau sur le monde de la magie. Car, Harry le savait, cette créature était sûrement le fruit de quelques magies noires, et c'était à cause d'elle que tout était arrivé. On avait retrouvé ce qui restait de son corps dans les décombres, alors qu'on recherchait de potentiels survivants. Le corps de Blaise se trouvait là aussi, écrasé par les gravats, et quelque part, Harry avait été soulagé qu'il fût mort avant de se retrouver sous une tonne de débris.

Il regarda Hermione en train de s'affairer sur ses blessures. Durant la guerre, ils avaient été nombreux à se former à la médecine de secours, qui permettait une action rapide et un retour au combat presque immédiat lors des batailles. Elle disait elle-même que c'était plus du domaine du rafistolage qu'autre chose, mais elle avait sauvé des centaines de vies grâce à ses talents. Elle avait formé ainsi une petite escouade de jeunes sorciers qui s'activaient tous à présent pour prêter main forte à une Pomfresh complètement débordée.

- Il faut nettoyer les plaies maintenant et bander pour…

- Hermione ! l'interrompit tout d'un coup l'une de ses protégés. On a un problème de ce côté. Viens vite !

- Vas-y, lui ordonna Harry. Je vais bien !

- Oui, insista Ron qui se trouvait juste à côté. Je vais finir le travail. Désinfecter et mettre les bandages, je sais le faire.

Hermione acquiesça et courut derrière la jeune sorcière dans un autre coin de la salle.

- Est-ce que… tout le monde va bien ? demanda soudain Harry à son meilleur ami.

- Oui, ne t'inquiète pas. Heureusement, ils étaient de l'autre côté et ont pu évacuer en toute sécurité.

Un silence gêné s'installa entre eux. Ron s'était occupé d'évacuer leurs amis de Gryffondors et avait montré beaucoup d'autorité pour ramener la calme et faire descendre tout le monde. C'est parce qu'il avait si bien les choses en main qu'Harry était parti pour la tribune des Serpentards. Mais comme toujours, il se reprochait de ne pas avoir pu faire plus que ce qu'il était humainement capable de faire.

- C'est moche ! chuchota Ron.

- Ce n'est pas aussi affreux que ça en à l'air, le rassura Harry. Dans quelques jours ça aura cicatrisé…

- Non, je ne parle pas de tes coupures, mais de ce qui s'est passé… Qu'est-ce qui s'est passé d'ailleurs ?

- Rien de naturel ! répondit le brun. Un…monstre est apparu dans les tribunes des Serpentards et a commencé à tuer. Mais sa cible c'était Blaise Zabini.

- Qu'est-ce que tu dis ?

- Je te dis exactement ce que j'ai vu.

Dumbledore entra à ce moment, entouré des derniers professeurs qui n'aidaient pas aux soins. Il regarda le lieu de désolation avec consternation. Peut-être souffrait-il de ne pas avoir pu intervenir lors de cette terrible catastrophe. Il revenait justement de la tribune où les recherches venaient sans doute de se terminer. Il venait annoncer les derniers chiffres des victimes et semblait avoir vieilli d'une centaine d'années.

- Mes amis, annonça-t-il d'une voix éraillée, qui ramena malgré tout un lourd silence. Les recherches ont pris fin et je suis tellement triste de vous apprendre la mort de quarante-six de vos camarades. Leurs noms sont affichés à l'entrée de l'infirmerie pour ceux qui auraient envie de…savoir. Je n'ai pas de mots réconfortants à vous apporter mes pauvres enfants. Une enquête est ouverte et j'invite tous ceux qui auraient des informations utiles sur cette catastrophe à venir nous les communiquer tout de suite, à moi, ou à l'un des professeurs. Courage, mes enfants, courage.

Il se dirigea immédiatement vers Harry et Ron.

- Mon cher Harry, soupira le vieux mage, que nous arrive-t-il encore ?

- C'est bien la question que je me pose.

- Je viens de finir d'interroger les joueurs qui étaient vers la tribune des Serpentards avant qu'elle ne s'écroule. Il semblerait que tu sois le seul à avoir vu cette… créature de près. Raconte-moi.

- C'était une femme, commença le jeune homme, enfin un tronc de femme. Elle se déplaçait sur ses coudes et tuait avec un couteau. Elle n'était pas réelle… je veux dire… les sorts qu'on lui lançait la traversaient ou rebondissaient sur la tribune. C'est pour cela qu'elle s'est écroulée.

- Qu'est-ce que c'était ?

- Je ne sais pas, mais je pense qu'elle voulait tuer Blaise Zabini. Je suis persuadé que toutes les autres victimes n'avait pas d'importance – enfin… je veux dire, pour ce monstre.

- Et qu'est-ce qui te fait dire ça ?

- Le fait qu'elle soit devenue… réelle… une fois qu'elle l'a tué. Les sortilèges ont enfin pu atteindre leur cible, mais…

- Je vois Harry, l'interrompit Dumbledore. Je vais essayer de regrouper plus d'informations pour faire quelques recherches.

Le jeune homme acquiesça et regarda le vieux sorcier s'éloigner pour discuter avec les autres professeurs.

- Tout ça ne me dit rien qui vaille, Harry, murmura Ron.

- Non, tu as raison, mais je n'ai aucune idée de comment…

- Vite ! cria quelqu'un. Il me faut de l'aide.

Un étudiant de Serpentard venait juste de franchir les portes de la Grande Salle, traînant péniblement sur son dos l'un de ses camarades, évanouis. Hermione qui se trouvait non loin de là courut l'aider et installa le nouvel arrivant sur un brancard qu'elle invoqua par la magie.

- Que s'est-il passé ? demanda Hermione.

- Je ne sais pas ! répondit l'autre. Je l'ai trouvé évanoui dans le couloir. Je crois que son cœur ne bat plus.

- Allez chercher Snape ! ordonna-t-elle en commençant un massage cardiaque façon moldue.

Ce ne fut qu'à cet instant qu'Harry aperçut la tignasse blonde qui s'étalait sur le brancard. Mu par une impulsion, il se leva et s'approcha.

- Qu'est-ce que tu fais ? s'écria Ron en le retenant par le bras.

- C'est Malefoy ! répondit simplement Harry en se dégageant.

- Et alors ? rétorqua le roux.

Mais déjà Harry se rapprochait d'Hermione qui s'escrimait toujours à ramener le jeune homme du pays des morts.

- Est-ce que je peux t'aider ? demanda Harry.

- Pousse-toi ! cria son amie.

Et d'un geste rapide, elle approcha la pointe de sa baguette au niveau du cœur du blond et y imprima une décharge électrique. Le corps se souleva comme dans un spasme. Harry réalisa alors que Draco était torse nu.

- Mais qu'est-ce que tu fais ? s'écria Harry, incrédule.

- Je lui sauve la vie !

Et elle recommença le massage cardiaque, alternant avec du bouche à bouche. Snape arriva alors, poussant Harry de son chemin. Il était pâle et en sueur, et on pouvait lire de la panique dans son regard.

- Miss Granger, je m'en occupe maintenant !

- Mais, je…

- Je m'en occupe ! rugit le maître des potions.

Il saisit une potion qui se trouvait dans un revers de sa robe de sorcier, en versa le contenu dans la bouche de son neveu, renversant sa tête et appuyant sur sa gorge pour que le liquide glissât bien. Ils attendirent quelques minutes dans un silence pesant quand enfin, Draco reprit une grande inspiration comme s'il revenait d'un plongeon sous l'eau.

- Ne la laissez pas… Ne la laissez pas…, hurla-t-il hystérique.

Snape l'attrapa et le força à se recoucher.

- Calme-toi, tu es en sécurité maintenant. Tu es en sécurité !

- Ne la laissez pas…

Une grimace de douleur se dessina sur son visage et il ramena ses bras sur sa poitrine avant de tousser du sang.

- Il faut l'attacher ! ordonna Snape. S'il s'agite trop, il risque de…

Mais avant qu'il n'eût le temps de finir sa phrase, Hermione fit apparaître trois grandes sangles qui emprisonnèrent le jeune homme sur son brancard. Il n'eut pas la force de hurler, mais la terreur qu'Harry voyait dans ses yeux le remua. Toujours par réflexe, il s'approcha de Draco et lui saisit la main.

- N'aies pas peur, lui dit-il. Nous sommes là maintenant.

Ses mots eurent un effet cathartique sur le jeune homme qui s'agita moins. Il tourna son regard dans celui de Harry et dit simplement avant de s'évanouir à nouveau.

- Un monstre… dans ma chambre.

15h43

Harry se trouvait dans la chambre des préfets de Serpentards. Pas de doute, il y avait bien eu un affrontement ici, mais il n'y avait aucune trace d'un monstre ou de quoi que ce soit d'autre. Harry se dirigea dans la salle de bain, tandis que Snape et Ron faisaient le tour des chambres. Il ouvrit la porte avec précaution, baguette en avant, mais rien ne lui sauta à la figure. La salle d'eau était grande, propre et tout à fait en état, si ce n'était l'un des tuyaux de la baignoire qui était légèrement tordu. Mais il n'y avait rien d'autre à signaler.

- Qu'est-ce qui a bien pu lui faire si peur ? se demanda Harry.

Le fait que Draco ait parlé de monstre lui avait suffit pour convaincre les autres d'aller jeter un coup d'œil. Il était bien prêt à croire le Serpentard après ce qu'il avait vu lui-même. Mais si monstre il y avait, il était parti depuis longtemps.

- Ou il n'y a jamais eu de monstre ! tempêta Ron, comme s'il lisait dans ses pensées.

- Pourquoi tu dis cela ? demanda son ami.

- Parce que, de toute évidence, Malefoy ne va pas bien ! Qu'est-ce que c'était que cette potion que vous lui avez donné ?

Le maître des potions le considéra froidement. Ron et Snape avaient dépassé depuis longtemps le stade élève-professeur, mais le dernier ayant été, le temps de la guerre un agent double, le jeune Weasley avait une confiance limité dans ce personnage. « Double, triple, la frontière est mince ! » ne cessait-il de répéter à l'époque. Mais de nombreuses fois, ils avaient fait montre tous les deux d'un courage extrême, et même s'ils ne s'appréciaient toujours pas, ils concevaient l'un pour l'autre un respect spécial et assez fluctuant.

- Draco est malade, répondit Snape.

- Tu vois ! s'écria Ron. Qu'est-ce que je te disais !

- C'est son cœur qui ne va pas bien ! rétorqua le maître des potions en haussant le ton.

- Parce que vous pouvez certifier que pour le reste tout est en ordre ? grinça Ron, en le défiant ouvertement.

Ils s'affrontèrent un instant du regard.

- C'est bon les gars, on se calme, tempéra Harry. On a bien une femme-tronc qui s'est introduit dans le château, alors on doit rester sur nos gardes ! Snape, est-ce que Malefoy aurait pu être sujet à des hallucinations.

- Bien sûr qu'il aurait pu, acquiesça-t-il. Autant que toutes les personnes qui ont été marquées par la guerre. Je ne pourrais pas certifier qu'il n'ait pas de syndrome post-traumatique, ou qu'il ne soit pas devenu dingue, mais, il a des blessures, et l'état de ce salon montre qu'il y a bien eu bagarre.

- Ouais, concéda Ron, mais dans ce cas, où est le monstre ? ou l'agresseur, peu importe !

Ils haussèrent les épaules, incapables de répondre.

- Voici ce que je propose, continua le maître des potions, on condamne les issues et on verrouille la porte comme pour une scène de crime. On avise Dumbledore et c'est lui qui prendra la décision finale.

- Ça me va, approuva Harry.

Ron se contenta de hocher la tête en signe d'adhésion. Ils s'avancèrent vers la sortie lorsque le roux remarqua quelque chose de nouveau :

- Regardez ! dit-il en attrapant un vêtement qui se trouvait sur le sol. Ça m'étonnerait un peu que Malefoy mette ça !

C'était une veste de petite taille, de toute évidence, pour une fille.

- Malefoy n'était pas seul, apparemment, nota Harry en direction de Snape.

- Elle est mouillée, ajouta Ron, mais on dirait…

Il montra ses doigts aux deux autres. Ils étaient couverts de sang.