Un nouveau chapitre, une histoire qui poursuis son bout de chemin, et un auteur qui travaille pour se payer la faculté. Heureusement qu'elle a pris de l'avance dans ses chapitres.
Merci pour les reviews, je ne dirais jamais assez merci, et c'est pourquoi je le marque sans relâche dans mes intros. Merci.
Chapitre 10
«Les sombres flots de la mer
Evacuent le torrent des émotions
Dans une mélasse devenue claire
Et révèlent enfin la passion. »
-« Très bien ! Vous avez tous compris ? Dans ce cas, mettez-vous en position, et que les meilleurs shinobis gagnent ! Début de la compétition dans trois minutes ! »
Anko était toujours aussi surexcitée en ce qui concernait les épreuves de survie. Elle aimait le sang, la douleur, les choses déplaisantes comme les serpents. Je trouve que c'est très étonnant qu'elle n'aime pas Sasuke. Il doit lui rappeler Orochimaru d'un peu trop près, je pense.
J'appréhende grandement cette dernière épreuve. La première était, comme toujours, une épreuve psychologique. Contrairement à la dernière fois, nous avions été contraints au genjutsu de tester nos limites. Jusqu'où êtes-vous prêt pour réussir une mission ? Tuer un camarade ? Tuer des innocents ? Brûler tout un village ? User d'une technique interdite ? Cette épreuve, nous l'avions facilement passée grâce aux détestables pupilles Uchihas. Il avait à peine fallu trente secondes à Sasuke pour rompre l'illusion et la retourner contre l'examinateur.
La seconde, était une épreuve de force. Nous n'étions plus très nombreux déjà, mais lorsque les apprentis ont vu la tâche qui les attendaient, ils ont tous frémit, moi compris. Chaque équipes a dû transporter une charge de 100kg à travers la zone interdite 69, un marécage puant que colonisaient les moustiques, les serpents, les crocodiles, et autres mammifères repoussants. Par deux fois, j'ai failli finir dans les sables mouvants, et par trois fois dans la gueule d'une créature quelconque. A ce stade, Sasuke avait désespéré d'avoir choisit de m'emmener avec lui. Il n'empêche que c'était moi seul qui portais la caillasse de 100kg et lui ses petits kunais d'une dizaine de kilos.
La troisième épreuve, c'est autre chose comme nous l'a expliqué Anko. Nous ne sommes plus que six équipes ; il y a nous, l'équipe de Shikamaru, l'équipe de Suna, l'équipe des kunoïchis, l'équipe d'Ame, et enfin, une autre équipe de jeunes prodigues dont le prof était aussi Shikamaru. Sasuke m'avait dit que ce dernier était le meilleur des professeurs malgré son air blasé. Il apprenait à ses élèves à exploiter toutes leurs capacités tout en les dotant d'un grand sens de l'équipe. Il fallait surtout nous méfier de ses derniers prodigues. Dans les autres concurrents hargneux, il y avait les kunoïchis que Sakura avait entraînés, des tigresses qui succomberaient aux charmes de Sasuke, mais pas au miens. Venait ensuite celle de Suna qui nous en voulait à mort parce que mon cher maître leur avait tué un compagnon durant la seconde épreuve. Les autres, équipe d'Ame et élèves de Shikamaru étaient trop affaiblis par l'épreuve précédente.
Cette épreuve était une mêlée, c'est-à-dire qu'on allait simplement nous envoyer tous dans l'arène, et nous faire combattre jusqu'à la mort s'il le fallait, ou au KO. La dernière équipe debout serait admise en tant que chûnins. Il va de soi que Sasuke ne doutait absolument pas de la victoire. Pour corser un peu l'affaire, notre futur champ de bataille était placé sous une barrière. Une fois à l'intérieur, nous nous retrouverons coupés du monde et du bruit, dans une épaisse forêt luxuriante, pendant que les spectateurs observaient tranquillement depuis les gradins. Ce dernier teste me met mal à l'aise, car il me rappelle le passé.
Anxieux, je ne cesse de tourner en rond, ce qui finit par agacer Sasuke.
-« Arrête ça, tu vas me filer le tournis ! »
Obéissant, je m'arrête, avant de sautiller sur place.
-« Naruto… »
-« Quoi ? Je te donne encore le tournis ? »
-« Non, mais tu vas finir par m'énerver sérieusement, alors calme-toi. »
-« Je ne peux pas ! », dis-je.
Il pousse un soupir avant de détourner la tête. La voix d'Anko nous annonce qu'il ne reste plus qu'une minute. Mon corps est sous pression, prêt à exploser dés le signal de départ. Plus vite se sera terminé, mieux se sera. Si les gens me voient tuer juste parce que l'autre m'en à donner l'ordre, ils vont certainement encore plus me craindre. Il faut qu'ils n'aient pas le temps de juger les événements. Il faut qu'on gagne, vite, et bien.
-« 30 secondes ! », lance la voix. « 29, 28, 27, 26, 25, 24, 23.. »
-« Naruto ! » m'appelle Sasuke.
Je le regarde en trépignant sur place, gigotant des mains et sautillant des pieds. A son regard sévère, je juge prudent de me calmer tout de suite.
-« 12, 11, 10, 9, 8,… »
-« Surtout », dit-il, « ne fais pas l'idiot, compris ? »
D'un bref hochement de tête, je lui donne mon accord, sachant que je n'ai pas le choix au moment où les dernières secondes sont annoncées :
-« 3, 2, 1, c'est partit ! »
La porte s'ouvre avec fracas quand j'ai finis de la défoncer d'un coup de pied. Arme au poing, Sasuke fonce dans l'étrange forêt et je le suis sans perdre une minute. Il nous faut trouver les autres concurrents et les éliminer. Je n'aime pas cette idée. Malgré tout, je sais que je n'ai pas mon mot à dire, et qu'il faudra les tuer. J'espère qu'ils s'enfuiront avant.
Nonobstant l'automne, la chaleur à l'intérieur du kekkai est insoutenable. L'air est humide, putride de la décomposition d'énormes fleur tombantes aux couleurs variées, allant du mauve, rouge, jaune, orange, rose, à brun ternes, leurs lourds parfums n'améliorant rien à la situation. Je ne peux pas empêcher mon nez de se froncer face aux assauts de cette nature étouffante. Les arbres sont glissants, et leurs lourdes feuilles nous bloquent assez souvent le passage, aidé de lianes entremêlées que Sasuke découpe d'un geste rageur. L'impression générale est que cette masse verdoyante est destinée à nous ralentir, mais également à mieux nous cacher les uns des autres. Un piège peut se cacher sous chaque feuille, un fil peut être tendu derrière une liane que l'on couperait, les fleurs peuvent masquer les odeurs des ennemis, les bourbiers maintiendront la proie en place suffisamment longtemps pour la tuer. Un univers hostile pour un dernier combat ravageur.
Sasuke maintient une allure d'enfer qui n'autorise pas le repos. Il est en chasse et court après ses proies, sûr de sa victoire, mais pressé d'en finir. Comme un bon chien de chasse, je poursuis le chemin en essayant de regarder de tous les côtés. Ce n'est pas parce que je ne participe pas vraiment à cet examen que j'ai envie d'y laisser la vie. De plus, je risquerais de me faire sévèrement rosser si je ne voyais pas un quelconque genin en vue. Je reste donc sur mes gardes, à l'affut du moindre bruit suspect.
Le soleil de midi se lève lorsque Sasuke s'arrête enfin. Il nous autorise à boire, et à reprendre le souffle. Nous sommes dans un espace dégagé qui à l'inconvénient d'offrir à tous une vue de notre position, mais l'avantage de nous laisser voir arriver l'ennemi. L'herbe pousse par touffe irrégulière, souvent trop cachée par l'ombre des grands arbres mesurant au moins 6 mètres minimum. Un ruisseau traverse l'étendue en glougloutant d'une façon farfelue, quand il lui en prend l'envie. Il n'y pas l'ombre d'un oiseau, pas le moindre son, excepté ce bruit capricieux de l'eau buttant parfois sur des obstacles incongrus.
Je file plonger mes mains dans l'eau et les porte à ma bouche avec délice. Elle est fraîche, et ma gorge s'en trouve ravie, assoiffée qu'elle est depuis notre départ. Sasuke y trempe sa gourde et la dévisage longuement avant de la lapée avec intention. Je le dévisage pendant qu'il inspecte, tout en continuant de boire. Lorsqu'il semble satisfait, il en boit trois grosses goulée et la remplit jusqu'à ras-bord. Je lui demande ce qu'il fabrique.
-« Je vérifiais si elle n'était pas empoissonnée. »
Il vérifie après que j'en aille avalée un bon litre. J'aurais pu crever la gueule béante en roulant des yeux qu'il se serait à peine intéressé à mon cas. Ou alors, il le fait exprès, pour observer ma réaction, un nouveau petit jeu qui me mettait les nerfs à vifs. Je décide de l'ignorer et m'assied au pied d'un grand arbre, à l'ombre. A l'autre bout de la clairière, l'Uchiha fait de même, ne me prêtant pas la moindre attention. Ses pupilles rouges cherchent la trace de nos éventuels poursuivants, ou de pièges cachés on ne sait où. Le laissant s'amuser avec ses supers pouvoirs, je regarde le ciel. Il est bleu, comme dehors, même si je sais que je suis supposé voir des gradins autour de moi.
Au bout d'un moment, Sasuke pousse un grognement et se redresse. Aussitôt en alerte, j'attends qu'il se passe quelque chose, mais rien. Tendu, je tiens dans ma main un kunaïs prêt à être lancé au premier venu, et tant pis si je vise sa tête. Tué ou être tué. La loi de la jungle.
-« Ne bouge pas » siffle Sasuke. « Ils y en a qui approchent. »
-« Combien ? » je demande fébrilement.
-« Trop. »
Je passe ma langue sur mes lèvres, frustré de ne pas pouvoir me lever. Assis, j'aurais du mal à bouger très vite. Quoique…Au vu de ma vitesse, je ne devrais pas avoir de problèmes avec des genin. Je pense. Cela n'empêche pas une goutte de sueur de glissé le long de ma tempe.
Dans un brusque mouvement, des shurikens atteignent l'arbre dans mon dos. Redressant les yeux, j'ai tout juste le temps de voir un clone disparaître dans un écran de fumée. Dans un juron, je comprends tout de même le mot « bunshins » avant que Sasuke ne m'ordonne de me redresser. Enfin debout, je perçois les ennemis, et me rends compte que quelque chose cloche. Il y en a trop. Même avec des bunshins, c'est trop pour une unité. J'en fait la remarque tout haut.
-« Je n'en sais rien » réponds Sasuke. « Peut-être qu'il y a plus d'une unité. A moins que ce ne soit des leurres. Dans tout les cas, il ne nous faut pas fuir. Si on élimine ceux-ci, il n'en restera plus beaucoup après. »
Il me jette son fameux regard qui signifie « sauf si tu commets une bourde laquelle te vaudras une sacrée correction ». Je passe mon kunaïs dans mon autre main pour essuyer la transpiration. Il n'est pas temps d'échouer. Je me concentre pour garder mon calme, car après tout, j'ai déjà affronté des très nombreux adversaires, sûrement bien plus puissants que ces genins, et ce, même sans avoir recours au démon. Je suis sûr de réussir à m'en sortir même si Sasuke ne daigne pas lever le petit doigt pour m'aider. Et si je meurs…et bien je ne pourrais pas dire que je le regrette.
Les chakras deviennent très distincts, proches de nous. A nouveau, je me répète qu'ils sont trop nombreux et que ce n'est pas normal. Sauf…Sauf si…Mais non ! Pas possible ! A moins que…
Autour de nous, je sens leurs présences, et Sasuke se tient au centre de cette attention, les dévisageant d'un air lasse. Il ne semble s'être rendu compte de rien, et pour cause : il a désactivé ses sharingans. Ahuris par sa propre stupidité, je le regarde sourire. Il semble sûr de lui, comme à son habitude, dédaigneux de montrer toute sa force pour de simples lavettes qui ne lui arrivent pas à la cheville. Sauf si ses lavettes ont décidés que pour leur bien commun, ils devaient s'associer et tuer leurs plus grands concurrents. Ceux qu'ils redoutaient tous d'affronter. Sasuke et moi. Le déclic se fait dans ma tête. Ils ont prévus de nous éliminer ensemble. S'ils font ça, peut-être même qu'ils n'auront pas à s'entre-tuer après. Face à un tel esprit d'équipe, les juges seraient sûrement d'accord pour leur accorder le rang de chûnin. Et nous, nous serions juste recalés, parce qu'assurément, ils ne parviendraient pas à me tuer. Moi non, mais Sasuke… ?
Du coin de l'œil, je le vois dégainer son sabre d'un geste lent, sans se presser, sans se préoccuper du danger. Il pense que ce sont des illusions, ou des bunshins. Il se dit qu'il n'y en que trois à abattre et puis bon débarras. Bon débarras. Oui, c'est ce qu'il me faudrait. Sasuke qui périrait par la main de simples genins. Lui qui se croyait si puissant, avec ses capacités héréditaires, ses techniques interdites, et son génie inné, assassiné par des genins lors d'un examen. Le sourire me monte aux lèvres malgré moi. L'idée est plaisante. Ne rien lui dire, ne pas le mettre en garde, et le regarder mourir, la stupeur dans les yeux.
Mes yeux se posent sur l'un des Genin qui se pense bien dissimulé. Il a formé un sceau de ses mains, cachés par un clone qui lui, semble simplement regarder son adversaire. Sasuke, lui, a troqué son sourire pour de la stupeur. Dans un bref rayon de soleil, je remarque des longs fils qui traversent la clairière, et s'enroulent autour de leur proie, invisibles, sauf si on les voit à travers une certaine lumière. Le garçon a certainement actionné ce jutsu. Cette technique bien pensée me rappelle Shikamaru. Il doit être un excellent professeur. Sasuke ne parait pas comprendre. Il se retourne vers moi, furieux. Je ne cille même pas.
Les armes de nos ennemis, des kunaïs, fléchissent dans la nuit. Ils attendent un ordre, un piège peut-être, mais il n'y en a pas. Trop de confiance avait miné mes tentatives auprès de l'ex-chef de l'Akatsuki. Il devait le regretter maintenant. C'est pour cela qu'il décide d'ouvrir la bouche, pour m'ordonné quelque chose, sûrement. Il n'en n'aura pas le temps : c'est le signal que les shinobis attendaient pour lancer depuis toutes les directions, leurs armes fatales, qui vont se loger sans pitié dans le corps qui se dresse devant eux. Le mien.
Le métal brûle mes chaires, me labourent les os, tranche mes veines, et plonge dans la tiédeur de mon corps. Durant un instant qui me parait une éternité, je ne peux que me contenter de fixer les oiseaux qui s'enfuient au-dessus de ma tête, dans un ciel bleu, si bleu. Alors, lentement, mon corps bascule, au ralenti, il tombe en arrière, mes jambes se dérobent petit-à-petit, mon buste continue le mouvement, et la chute s'accélère, mes yeux se renversent en croisant la cime des arbres, puis ils se ferment sous la douleur du choc. Etendu à terre, je tente de savoir si mes points vitaux ont été touchés. Peu importe, le sang coule tellement que si je ne meure pas dans la seconde, je finirais par me vidé de mon sang d'ici une demi-heure. Dans ce cas, je me serais évanoui longtemps avant de mourir. Mon corps brûle et le sang est son torrent de lave qui se répand, consumant ma peau déjà bien meurtrie. Une voix semble m'interpeller. Je l'entends faiblement.
-« Qu'est ce qui t'as pris de me protéger? »
Sasuke, au-dessus de moi, tiens son arme à la main. Il y a du sang sur lui. Peut-être est-ce le mien, ou bien il a été touché lui aussi. Non, son arme aussi dégouline de ce rouge écœurant. Il en aurait tué certains ? Tous ? Oui, peut-être, et alors ? Il est fâché, son regard me dévisage de ses pupilles rouges, et je me demande s'il va me punir malgré que je sois mourant. Le temps me parait bien long.
-« Je pouvais me débrouiller seul, crétin ! »
Un souvenir se glisse dans ma mémoire, un parmi d'autre qui se bouscule mais qui me fait sourire. Alors je réponds en écorchant mes mots, et avec un sourire narquois :
-« C'est mon corps…qui…a agis tout seul… »
Il cligne des yeux, surpris. Sa tête change un peu. Un peu, pourtant j'en suis heureux. Il parait furieux, surpris. Il parle encore sans qu'aucun son ne m'atteigne. Je n'entends plus rien. Son visage me parait brouillé, très lointain. Mon corps a vraiment bougé tout seul. Je ne sais pas pourquoi. Quand j'ai vu les armes, j'ai eu une réaction. Protéger son camarade. Sauf qu'il n'est pas mon équipier. Alors pourquoi ?
Il se penche près de moi, il a l'air inquiet. Je souris. Sasuke n'est jamais inquiet.
*
Il y a des portes qui claquent et des cris. D'abord sourds, puis proches. C'est déplaisant, je n'en veux pas, non, non, allez vous-en. Rien à faire, ils se rapprochent encore, et encore, jusqu'à ce que je finisse par les entendre très clairement.
-« Tu n'as rien à faire ici ! »
-« Parce que toi oui ? »
-« Sakura !!! »
-« C'est de TA faute s'il est dans cet état ! T'as eu ton foutu grade de chûnin alors tu devrais lui foutre la paix !!! »
-« Je te signale que c'est MOI qui l'ai ramené ici ! »
-« Sûrement parce que tu sais que s'il meurt, Konoha se débarrassera de toi une fois pour toutes ! »
-« QU'EST-CE QUI SE PASSE ICI ?!!! »
Oui, c'est aussi ce que je me demande.
-« Tsunade-sama ! Faites le sortir de là, il n'aidera en rien Naruto ! Je suis sûre qu'il va l'enfoncer, au contraire, et lui dire que ce qui lui arrive, c'est de sa faute ! »
Je reconnais le timbre de Sakura. Furieuse, elle ne prend même pas garde à respecter son supérieur hiérarchique, qui est aussi son professeur. Cela ne semble pas offenser la Sanin qui répond d'un ton calme.
-« Sakura, tu sais bien qu'il a le droit d'être ici, mais surtout le devoir. Si Naruto venait à se transformer… »
-« Oh ça va ! Comme s'il était en mesure de faire quoi que ce soit dans cet état ! »
J'avais rarement entendu Sakura se mettre dans des états pareils. Je suis en vie, et je le regrette tandis qu'elle tente encore de me protéger. Ma seule amie.
-« C'est un ordre du Conseil supérieur » réplique Tsunade d'un ton cinglant.
-« Pour ma part, le conseil et tout le reste peut bien aller se faire voir ! »
Le son d'un claquement résonne dans ma tête. Il cogne durement contre mon système nerveux. Finalement, Tsunade demande d'une voix froide, mais calme :
-« Sasuke, sort d'ici s'il te plait. »
Sans même répondre, il racle sa chaise contre le sol, puis il fait glisser la porte et la referme. Le silence survient. Le calme apaisant qui recouvre la douleur. Calme trompeur, car le Hokage reprend aussitôt ses fonctions, et elle vient se mettre assez près de moi pour que je l'entende murmurer.
-« Naruto, es-tu réveillé ? »
Clignant des yeux, je vois son visage, puis celui de Sakura qui se rapproche prudemment, gardant ses distances avec son professeur. Une grande marque rouge teinte sa joue droite, n'affectant en rien son soulagement de me voir réveiller. Elle sourit aussi, heureuse d'une raison que je ne connais pas.
-« Naruto ! »
-« Sakura, ne le brusque pas trop. »
Mon amie darde sur sa supérieure un regard furibond. Elle était clairement en désaccord avec elle sur bien des sujets. Ce n'était plus la première fois que je les surprenais à se disputer. La seule chose qui me tracassait, et me tracasse encore, c'est que je sois la cause de leurs disputes.
-« Je ne suis pas mort… » dis-je.
-« Comme si j'allais te permettre de mourir avant d'avoir assisté à mon mariage ! » dit Sakura avec un reniflement sec.
Malgré moi, je souris. Elle était fiancée avec Lee, et je doute qu'il soit en mesure de contrôler ne serais-ce qu'un peu sa future femme. Il avait projeté de l'épouser un an après les fiançailles, et Sakura avait piqué une crise terrible à cette idée. Elle pensait sincèrement qu'il mettait le plus de temps possible avant de se décider. Pour finir, Lee avait abrégé cette période à six mois. Leur mariage n'allait plus tarder à avoir lieu et Sakura m'avait demandé d'être son témoin. Cette simple idée suffisait à me faire oublier bien des problèmes.
-« Qu'est ce qui s'est passé ? » je demande.
Les deux femmes échangent un regard avant de se décider. C'est d'un air autoritaire que Tsunade prends la parole.
-« Vu que tu t'étais lancé sur les projectiles. Tout le monde s'était mis en tête qu'il y avait peut-être un danger, que tu allais te transformer, ou même que tu avais souhaité te donner la mort… » Elle laissa quelque instants passer, la bouche pincée, avant de continuer. « Puis Sasuke à utiliser un jutsu que nous n'avions encore jamais vu. Il n'y a pas grand monde qui a compris, mais il semblerait qu'Orochimaru lui ait enseigné certaines techniques… »
Elle réprime un frisson et c'est Sakura qui poursuit.
-« Ils étaient tous morts, ou gravement blessé par après. Le temps d'annuler le kekkai nous aurait pris trop de temps pour agir, et Sasuke est passé au travers. Il n'a fait qu'un bond jusqu'aux gradins pour te livrer comme un sac à ordures à Tsunade-sama. Il lui a ordonné de vérifier que tu étais bien vivant. »
Elle fit la grimace à se souvenir, alors que Tsunade fronçait les sourcils. Ni l'une, ni l'autre ne semblait avoir apprécié cet événement. Moi, j'imaginais très bien l'air impérial de Sasuke qui avait fait un simple bond en brisant le kekkai infranchissable des kages, donnant des ordres à la ronde.
-« Il a juste attendu » reprit Sakura. « Et quand on lui a annoncé que tu allais t'en sortir, il a demandé son grade de chûnin, et le tiens. »
Sakura ne peut réprimer le dégoût qu'elle ressent pour le garçon qu'elle avait autrefois aimé. Je tente quand même d'en savoir plus sur cette histoire de grade.
-« Moi aussi ? Pourquoi il a demandé à ce que je bénéficie du statut de chûnin ? C'est ridicule, je me suis jeté sous leurs armes, pas battu avec touts mes talents. »
-« C'est ce que je lui ai répondu » déclare l'Hokage. « Il m'a alors dit qu'il semblait se rappeler des enseignements de Kakashi disant qu'un esprit d'équipe des plus forts, portait la mission à la meilleure des réussite. Apparemment, il s'est accordé à croire que tu l'avais protégé, et que rien qu'à cause de cela, tu méritais de passer chûnin, toi aussi. »
-« Il ne l'a pas vraiment dit comme ça » rétorque Sakura. « Il a dit : lorsqu'un chien obéit à son maître, on le récompense. »
Tsunade lui lance un regard furieux que Sakura soutient sans frayeur. Expliqué ainsi, je comprenais mieux quelle idée était encore passée par la tête de mon « maître. » Inutile pourtant, car je n'avais plus le titre de ninja.
-« Elle a accepté » dit Sakura.
-« Quoi donc ? »
-« De te laisser passer chûnin. Tsunade-sama a dit qu'elle était d'accord, du moment que Sasuke te surveille de près. »
Abasourdi, je regarde la vieille dame qui se tient à ma droite, visiblement gênée par le regard que je lui lance. Je redevenais ninja ! Je retrouvais un statut plus proche de l'être humain, je redevenais un semblable aux yeux de la loi ! Un ninja ! J'ai envie de rire.
-« Oui, bon… » abrège Tsunade. « J'ai dû reconnaître que ses arguments tenaient la route. C'est tout. » Elle me regarde avec un soupçon d'autorité maternelle. « Et ne t'avises pas de faire des bêtises ! »
Je l'embrasserais si je n'étais pas pétris de douleur. Tout à ma joie, je les vois prendre congé, après m'avoir soutiré la promesse de me rétablir très vite. Je sais que de toutes manières, mes plaies terminent déjà de cicatrisées. Pas besoin de tracas de ce côté-là.
Je vais redevenir un ninja. Un chûnin qui plus est !
Non, je suis un ninja !
To be continued in « Long Kiss Goodbye »…
