Lunagarden: Merci Luna, et voilà cette fameuse suite ! je chôme pas moi ce week end x)
Nyny et Ombrelle: Reno, je pense que pour l'accepter va y avoir une bonne prépa mentale avant x). En tout cas, je sais que cette pique sur la poitrine était marrante, je voulais la caler x). En tout cas, je suis trop contente que ce chap te plaise, à vrai dire, moi aussi j'ai trop aimé l'écrire. Bon, et puis voilà le prochain, parce que vos reviews sont trop adorables :3 Z'alez me tuer, moi je vous le dis ! Bref, il est plus court et des plus niais, alors ne me lancé pas de tomates !
Chapitre 10 :
Je me sentais entière. Pleine, bien que vidée de mes forces. Pourtant, je continuais de courir. Je continuais de souffrir. De sentir les battements rapides de mon cœur. Beaucoup trop rapides, propulsant violemment mon sang contre mes tempes. Je me sentais presque agressée par les réactions démentes de mon corps. Mon fusil claquait contre mon dos en sueur, je sentais mes joues me brûler douloureusement. Mes muscles se tendre et menacer de me lâcher à tout instant. Et pourtant, je continuais à piétiner rageusement la terre poussiéreuse. Mon corps d'homme avait tant besoin de cet entraînement. Je me rendais compte qu'il m'avait manqué. Mais je ne le retrouvais pas d'une manière réelle. Il n'était pas comme je l'avais laissé. Complètement épuisant et malgré tout agréable. Il n'était plus le même. Car je n'étais pour la première fois pas seule.
Entraîné dans ma course folle, Zack lâchait de puissante expiration en tentant de garder mon rythme. Rythme que je nous imposais à tous les deux. Rythme sauvage et sans pitié, mais dont j'avais cruellement besoin. Il m'aidait à ne pas penser. Sentir les courbatures me lacérer les muscles et la chair me faisait un bien fou. Même si je sentais mon cœur se faire plus léger. Et plus lourd en même temps. Un paradoxe des plus désagréable. J'entendais la respiration puissante et rauque de mon compagnon se faire de plus en plus épuisée, autant que la mienne. Pourtant, la douleur de mes limites physiques ne se faisaient pas encore sentir. Alors que courais, comme si ma vie en dépendait. Seulement la seule chose que je tirais de cette torture était une force et une endurance en aucun cas digne d'une femme. Mais digne d'un homme. Il me semblait même que j'en avais plus que Zack, qui peinait à me suivre. Lui, un Soldat de première classe. Et moi, une femme, qui n'avait pas pu y rentrer, à cause de cette nature trop fragile.
Je sentis une rage amère fondre dans le fond de ma gorge, ce qui poussa ma nervosité à accélérer mon pas déjà trop rapide. J'étais nerveuse, je le sentais à la sueur abondante sur mon front et dans le creux de mon dos. Peut être était la faute de la proximité du brun. Je n'avais jamais aimé être accompagnée lorsque je courais. C'était un instant qui m'appartenait. Parce que je m'écroulais toujours à la fin, et que cette forme de faiblesse me restait trop entre les dents pour que j'ose la montrer à quiconque. Mais cette fois ci, j'avais la certitude de ne pas tomber la première. Je m'étais comme monter un concours silencieux contre le Soldat. J'avais admis être en guerre contre lui. J'avais montré la première faiblesse en acceptant d'en être tombée amoureuse, bien que cela me répugne. Il montrait la seconde en s'écroulant le premier.
Je haussai les sourcils en entendant ses pas se faire plus distants, alors que les miens accéléraient toujours plus au rythme de mon cœur particulièrement énervé. Il en était la cause. Me forçant à m'arrêter, je le regardai le côté. Les mains sur les genoux, le visage tourné vers le sol, il haletait, fourbu. Le voyant ainsi inférieur à moi me fit légèrement rougir. Une chaleur que je m'empressai de dissiper en secouant la tête.
- Si cela ne te dérange pas, je pense m'arrêter là avant de mourir, lâcha le jeune homme, à court de souffle.
Je le vis doucement reprendre contenance, et s'écarter du sentier pour gagner le tronc d'un arbre à quelques mètres de là. Il s'y laissa glisser, relevant le visage, la bouche entre ouverte, fermant les yeux. Il me parut presque endormi. Cela faisait environ deux heures que nous courions à en perdre haleine, lui toujours en seconde position. Il ne semblait pas fait pour la course longue et rapide. Alors que mon corps d'homme le supportait très bien, à force d'être poussé à bout par mon esprit de femme.
- Je suis épuisé, souffla le Soldat en entre ouvrant les yeux, tournant son regard dans ma direction.
Je n'avais pas bougé, figée au milieu du sentier. J'étais partagée entre mon envie incompréhensible à mes yeux de le rejoindre, et celle de l'abandonner là, et de courir de nouveau. Finalement, je relâchai ma position maintenue en suspend, et me détendis légèrement.
- Ce n'est pas une chose dont tu devrais te vanter, murmurai-je en baissant les yeux, gênée de ma propre remarque.
Je n'aimais pas parler. J'avais toujours peur que ma voix trahisse ce que je ressentais. C'est pourquoi je m'efforçais de la faire paraître naturellement neutre, comme mon visage indifférent. Pourtant, à cet instant, il me sembla moi même y déceler un petit amusement, presque aussi infime que le rougissement de mes joues. Mais pas inexistant.
Zack sembla le percevoir et laissa un rire passer la barrière de ses lèvres. Les rires étaient une habitude chez lui. Et tellement peu chez moi, que j'en étais surprise dès que j'en entendais un. Comme si je n'avais pas l'habitude du bonheur ainsi relâché. Moi qui le contenais sans cesse, il me semblait presque le découvrir. Moi, une femme dans un corps d'homme.
- Dis moi, que vaut tu au combat à mains nues ?me demanda Zack au bout d'un moment, les bras croisés sous sa nuque.
Je tournai la tête vers lui, sans rien laissé paraître de ma surprise. Néanmoins, je ne comprenais pas vraiment le sens de cela. Si ce n'est faire rivaliser nos aptitudes sur un autre niveau, vu que j'avais l'avantage sur celui ci.
- Je ne voudrais pas t'abîmer plus que tu ne l'es, chuchotai-je en faisant un pas vers lui.
Je le vis hausser les sourcils, alors que je me laissai tomber à ses côtés, prenant soin de laisser une certaine distance entre nos deux corps. Sa proximité me gênait trop pour que je m'y laisse aller. Cette forme de faiblesse n'était pas faite pour moi. Elle était faite pour les femmes.
- Tu es peut être endurante et rapide, mais je doute que ta force puisse rivaliser avec la mienne, reprit le Soldat en souriant.
Sa remarque me laissa un instant songeuse. Je n'étais pas forte comme lui. Pas encore. Je n'avais pas encore réussi. Je n'y étais pas parvenue. Et pourtant, je l'avais déjà surpassé. Cet homme contre qui je m'étais jurée de gagner. Peut être n'était ce qu'un combat contre moi même. Mais un combat dans lequel les défis étaient permis. Et je n'étais pas lâche pour les refuser.
Lentement, je me redressai, l'incitant à faire de même. Serrant mes poings, insistant sur mes muscles déjà douloureux, je lui fis face. Les sourcils arqués, il finit par se lever à son tour, et s'étirer mollement, un énorme sourire sur les lèvres. Ce sourire qui lui était propre. Ce sourire qui lui allait si bien, parce qu'il n'appartenait qu'à lui. Et à cette autre fille.
Baissant les yeux, je perdis l'envie de partager sa bonne humeur. Avançant de quelques centimètres, je fronçai les sourcils. Je ne devais pas perdre. Je n'étais pas faible. Pas avec lui. La femme n'existait pas. Pas ici.
- Je vais essayer de ne pas …
Je ne lui laissai pas le temps de finir sa phrase, et lui assénai un coup relativement puissant dans le creux de la mâchoire. Pas assez pour lui faire mal, mais suffisant pour qu'il cesse de parler. Car sa voix me perturbait trop pour que je puisse faire autre chose que l'écouter. Cette voix ni trop grave ni pas assez.
La riposte vint de manière rapide, mais pas assez pour que je l'essuie de plein fouet. Esquivant habilement le premier coup, je sentis mon poignée se tordre alors qu'il le saisissait sans douceur. Néanmoins, je sentis la pression exercée contre mon bras assez retenue. Agacée par cette délicatesse voulue, je lui retournai le geste, le faisant grogner. Je n'aimais pas que l'on m'épargne. Car sur le champ de bataille, personne n'allait m'épargner. Personne ne ferait la différence entre un homme et une femme si l'ordre est de tuer.
Assez vite, je le sentis se relâcher de plus en plus, et notre combat d'entraînement en devint presque réel. Il prit le dessus, me maîtrisant tant bien que mal de sa force assez impressionnante. Résistant rageusement, je le sentis me pousser involontairement en avant pour que je lâche son bras. Je vis simplement mon horizon basculer, et son visage se rapprocher dangereusement du sien. Je roulai sur le côté, tentant d'éviter son corps tombant sur le mien, entraîné par ma chute inattendue. Cela ne changea que très peu de chose à notre situation, et je le reçus de plein fouet.
Un grognement m'échappa, alors que je glissai mes mains contre son torse pour le pousser. Son poids appuyait douloureusement sur mes muscles déjà largement sollicités Je sentis la naissance de mes joues se teinter de rouge et chauffer la totalité de mon visage. Je me sentis obligée de détourner le regard alors que ses yeux bleus se plantaient dans les miens.
- Je suis désolé, je ne connais pas ma force, plaisanta le jeune homme en roulant enfin sur ma gauche.
Je le sentis se reposer sur l'herbe, alors que ma respiration retrouvait un rythme normal. J'avais l'impression atroce d'en avoir perdu le contrôle durant un instant. Mes joues chauffées à blanc, mes battements de cœur rapides, et mes muscles tendus me raidirent en quelques secondes. J'avais honte. Honte de la réaction de mon corps d'homme. Honte de ma réaction de gamine entichée. J'avais horreur d'une telle honte.
Alors que je sentais l'amertume me gagner, une main se glissa lentement sous la nuque, me faisant presque sursauter.
- Je ne t'ai pas fait mal au moins ?
La voix de Zack me parut inquiète. Mais pour moi, elle restait blessante. Je n'étais pas faible.
- Non, répondis-je froidement.
Je sentis sa mains presser un instant mon coup endolori. Je crus que ce contact gênant ne cesserait pas, et je m'apprêtais à retirer de force sa main lorsqu'il décida de le faire de lui même. Cependant, sa distance que j'avais moi même réclamé ne me réjouit pas. Elle me laissa autre chose sur le cœur. Un poids dont l'existence me gênait.
- Mais tu es lourd, chuchotai-je en tournant doucement la tête vers lui.
Je le vis hausser les sourcils puis éclater de rire. Mes joues chauffèrent de nouveau, et ma nervosité augmenta d'un cran. Je n'aimais pas que l'on de moi. Surtout de cette manière. Cela me laissait cette impression désagréable d'une situation entre un homme et une femme. Et certainement pas entre deux hommes.
- C'est du muscle ça, répliqua enfin le Soldat en tournant à son tour la tête vers moi.
Un silence s'installa alors, sans que l'un de nous ne daigne le briser. Je ne voulais plus parler. Je l'avais trop fait. J'avais trop souffert en le faisant. Je m'étais trop dévoilée. Alors qu'il le face.
Plusieurs minutes passèrent, et il me sembla même qu'une heure ou deux s'écoula avant que nous nous réveillâmes de notre état devenu comateux. J'ignorais encore la raison qui m'avais poussé à rester ici, allonger à seulement quelques centimètres de lui, son visage en face du mien, me regardant paisiblement sans rien dire. Dans ses yeux calmes se reflétaient le soleil, dessinant sur sa peau les ombres étonnantes des feuilles de l'arbre sous lequel nous étions. Les jambes ramenées contre ma poitrine, je le regardais comme une femme. Les yeux légèrement baissés vers ses lèvres, la joue chauffée par les rayons lumineux. Il me sembla presque les voir remuer.
- Tu te bats bien.
Son soupir quasi inaudible me fit relever les yeux vers les siens. Toujours aussi impassible, je plantai mon regard dans le sien.
- C'est toi qui l'as réclamer, ne viens pas te plaindre, marmonnai-je, plus que glaciale.
Je vis un semblant de sourire se dessiner dans le coin de ses lèvres. Clignant plusieurs fois des yeux, je sursautai en sentant sa main se poser timidement contre ma joue blanche. La femme sursauta, alors que l'homme me hurlait de la retirer.
Il le fit de lui même en voyant mon regard se noircir. Je n'aimais pas ce genre de geste. Cela me replaçait au niveau de l'élément faible.
- Quel masochiste je fais, soupira Zack.
- Tu ferais mieux d'aller voir ces autres femmes, lâchai-je, presque amère. Elles te feront sans doute moins mal.
Mes dernières paroles avaient été prononcées tristement. Parce que je savais que mon tempérament était douloureux. Mes réactions étaient douloureuses. Ma simple présence faisait du mal aux gens. Alors qu'ils partent, même si lui, j'aurais pu tout faire pour le retenir.
- Tu es tellement étrange, chuchota le Soldat en se tournant vers le ciel. Les femmes se contiennent, toi tu frappes. Les femmes fuient et pleurent, toi tu fais face. Elles sourient et se pavanent, tu restes froide. Alors certes, avec d'autres, je n'aurais pas à chercher mille fois jusqu'à m'en faire mal comment les comprendre. Mais je n'en serais que moins heureux.
Je laissai mon regard se perdre dans le ciel bleu. Ses quelques phrases me rappelaient ma condition. Perdue dans cette entre deux.
- Alors crois moi, actuellement, c'est toi la femme avec qui je veux être, reprit Zack en me toisant de son regard bleu Mako.
Mon cœur loupa un battement. Femme, homme, quelle importance. Quand on aime, il n'y a que les sentiments qui comptent.
