Привет всем, как дела? (Privet vsem, kak dela ? = bonjours à tous, comment allez-vous ?) Oui, je commence un peu à galérer à trouver des introductions originales ^^'

Tout le monde va bien ? J'espère que oui parce que c'est le chapitre 10 ! Le voilà, il est beau, il est chaud…et il est en retard. Je ne vais pas vous refaire des excuses interminables comme dans les autres chapitres parce que ça va finir par devenir lourd pour vous comme pour moi, donc pour faire court, je n'avais pas le temps d'écrire ces derniers temps. Voilà, c'est fait, on passe à la suite.

Non, plus sérieusement je suis désolée pour l'attente mais j'étais en pleine période d'examen puisque la fin de l'année approche à grand pas et que les profs sont à cran. Donc voilà…réponse aux reviews :

JungKookie14 : Oui, je me suis inspiré de plusieurs films d'horreur pour me créer une image du cadavre assez précise et la décrire, désolée si tu n'as pas pu manger après. Effectivement Hanji est une bonne amie et elle sera de précieux conseils pour notre cher couple. J'espère que tu n'auras pas attendu ce chapitre trop longtemps.

NaomiWeaver : Hahaha, moi aussi quand mes théories sur une histoire sont justes je suis en mode "je suis un devin géniale en fait" donc je comprends tout à fait. Oui la flèche était donc bel et bien empoisonné et notre petit Eren en a bavé pour s'en sortir. Mais tu vas voir, dans ce chapitre, on peut dire qu'il pète le feu. Pour ce qui est d'Hanji, j'ai envie de dire que quoiqu'elle fasse ou dise, se sera toujours épique ^^ voici la suite dont tu avais hâte. Je te souhaite une bonne lecture en espérant te retrouver dans les commentaires.

Angelyoru : Effectivement, Hanji est absolument indispensable pour toutes bases de relations sociales que Livaï essaye de construire. Mais ne t'en fait pas, ils pourront s'en passer un jour, lorsqu'ils se rendront enfin compte qu'ils sont fait l'un pour l'autre ^^

Mag-chan : Comme quoi, je ne suis pas aussi sadique que tout le monde me le dit puisque je vous ai quand même servi la réconciliation avant de clore le chapitre précédent ^^ pour ce qui est des légères réformes d'Eren que Livaï va devoir affrontées, elles sont toutes présentes dans ce chapitre que j'espère que tu apprécieras. Pour ma part, je dirais que Livaï est comme un lion ou un tigre. Terrifiant aux premiers abords mais terriblement tendre avec ses semblables (enfin pour le tigre, j'ai un doute. Mais pour les lions je sais que c'est vrai) étant donné que je suis moi-même une grande romantique, attends-toi à beaucoup de tendresse mignonne dans les prochains chapitre ^^

AnihilaEl : Merci pour tes encouragements pour mes études, j'apprécie l'attention. Le nouveaux chapitre est là, en espérant qu'il te plaira autant que les précédents ^^ et pour ce qui est des études, je n'aurais qu'un mot ; Veinarde !

NaZely : Effectivement le potentiel de fun narratique d'Hanji est trop souvent mis de côté, j'ai donc décidé d'y remédier en la faisant un maximum participer à l'intrigue. Merci pour ton commentaire, il me fait très plaisir. Le chemin de l'amour est long et tortueux, surtout à cause des différences de cultures et l'environnement rude, mais il ne faut jamais perdre espoir, puisqu'ils sont ensemble, notre duo de choc va tout défoncer ! J'espère que ce chapitre en sera un bon avant-goût ^^ bonne lecture !

MadaameChat : Hello, hello ! T'inquiète, j'ai beau être une Suisse, je suis sûrement la personne la moins bien placée pour te faire des remarques sur le retard ^^' mais qu'entends-je ? Que lis-je Seulement huit mini-crise cardiaque ? Zut ! Je visais les 12, moi ^^ sinon merci pour le compliment sur le rapprochement de "qualitey" comme tu dis, même si je dois dire que je m'auto-frustre avec cette fanfic. Parce que si je m'écoutais et que je foutais illico ma logique dans ma cave en l'enfermant à double tour et en jetant la clé, ça ferait clairement trois chapitres que nos deux chéris s'enverraient en l'air toutes les quinze minutes sur toutes les surfaces horizontales et verticales qui puissent exister. Sérieux, pourquoi notre monde est-il si réaliste alors que pour tous se comprendre, il faudrait simplement de se mettre à poil et de se rouler langoureusement des pelles ? (J'ai des images vraiment très hot dans la tête quand j'écris ça, faut vraiment que je pense à aller consulter). Sinpn, pour rester dans notre sympathique jeu anatomique, je te fais plein de gros bisous sur la cinquième cervicale (je pense que même les non-initiés savent ce que c'est ^^ ;)

Yume Danlalune : Oui, c'est vrai que je n'ai pas beaucoup décrit l'avancement médical de cette histoire, mais je n'allais pas laisser notre Eren mourir et n'oublie pas qu'Hanji est dans la place. Elle a l'air dingue mais ça reste une scientifique passionnée complètement en avance sur son temps. Je pense donc qu^'on peut dire que ce n'est pas si surréaliste que ça qu'Eren est survécu même si ça tient un peu du miracle. Si tu veux, je ferais un chapitre dans lequel j'approfondis un peu la guérison d'Eren ^^ sinon pour la réconciliation, il est clair qu'elle a été rapide et que j'aurais sûrement dû faire durer un peu plus les choses, mais ça me soûle les problèmes qui traînent en longueur, donc j'ai écourté. Mais Eren va en vouloir un petit moment à Livaï pour ce réveil qui n'était pas des plus enchanteurs. En espérant que ce chapitre comblera tes attentes, je te souhaite une agréable lecture.

Aicelles : Hello ! Oui, je ne me décourage pas, je suis toujours fidèle au poste. Ce chapitre est un peu plus long que le précédent et riche en rebondissement, et j'espère qu'il te plaira et que tu ne l'auras pas attendu pas trop longtemps.

Akahime-chan : A toi de juger si ce chapitre est arrivé suffisamment vite à ton goût. Mais en tout cas, le voilà ! prêt à te faire voyager avant de te laisser une énième fois sur ta faim ^-^

La bte : Coucou, merci de me dire que tu m'adores, rien ne me fait plus plaisir ^^ j'espère que pour ce chapitre aussi tu as dit YES ! quand tu l'as vu n.n et qu'il te plaira

Une rose dans le desert : Ben oui, LIvaï contrairement au apparence, est un simple humain sous ses airs de dieu vivant. S'il veut conquérir notre Eren, il faudra qu'il entrouvre sa carapace de glace et lui laisser voir ses faiblesses pour que notre tête-brûlée préférée l'aime tout entier ^^ Personnellement, je ne suis pas sûre que j'aurais apprécié non plus d'avoir un cadavre en décomposition se balançant sous mon balcon. Je compatis aussi avec Eren sur ce point.

Zelia-Voyageuse-Du-Rêve : Houlà là là, une longue review, chouette ! C'est toujours un plaisir de rencontrer de nouveaux lecteur/trices ^^ je suis ravie que tu aies commencé mon histoire et qu'elle te plaise autant, ça me fait vraiment très plaisir ^^ J'avais commencé la Passe-miroir il y a un moment déjà et maintenant que tu me le dis, c'est vrai qu'il y a une légère ressemblance et qu'elle ne te déplaise pas me ravie personnellement. par contre, je n'ai jamais terminé le tome 1 puisque je devais le rendre à la bibliothèque parce que quelqu'un l'avait réservé et il y avait une liste d'attente pour pouvoir le réemprunter et je n'avais pas le courage de me mettre dessus. Mais je penserais à essayer de le relire et je pourrais te dire ce que j'en penserai. Comme tu le dis si bien, ça pourrait effectivement m'inspirer ^^ bonne chance de ton côté pour récupérer le tome 2 des griffes de ta sœur (ça ressemble à une scène de Mission Impossible tu ne trouves pas ? "Votre mission, si vous l'acceptez est d'aller libérer l'otage La Passe-Miroir Tome 2 les disparus du Clairdelune des griffes de la maléfique Zelia-Voyageuse-Du-Rêve-Sister. Cette mission est hautement risquée mais nous pensons que vous seule pouvez réussir. Ce message s'auto-détruira dans cinq...quatre...trois...deux...)

Houlà. Je suis partie loin là. Bref, revenons à tes questions ; Je n'ai pas encore décidé sur oui ou non, Armin viendra au Nord après le mariage mais ça pourrait être une idée. Il pourrait accompagner Mikasa pour éviter qu'elle n'égorge Livaï "par accident" lors d'une discussion trop venimeuse. Surtout si elle apprend qu'Eren a été blessé. Ensuite Erwin est un incontournable, il fera son entrée à un moment ou à un autre. Tout vient à point à qui sait attendre comme on dit ^^ ensuite Farlan et Isabel seront sans aucun doute de la fête. Faut juste que je trouve une façon de les faire entrer dans l'histoire mais normalement, on devrait les voir pointer le bout de leurs nez et pour une fois, ils ne seront pas morts dans d'atroces souffrances pour traumatisé Livaï et le rendre cruel, antipathique et froid. Pour ce qui est d'Eld, Gunther, Petra et Auruo, on aura largement le temps d'approfondir un peu plus leurs personnalités, t'inquiète pas ;) Pour ce qui est du mépris de la Cour envers Eren, ce chapitre te dira tout. (je viens de relire intégralement la réponse et je me dis que j'ai du boulot au niveau scénario moi n_n')

Je te souhaite une très bonne lecture ^^

L'équipe rédactionnelle de cette fanfic (composé de moi et…moi) vous souhaite une agréable lecture en compagnie de notre association ViveLeYaoiAvecErenEtLivaï


Lorsqu'on avait dit à Livaï qu'il allait se marier avec quelqu'un, il était passé par plusieurs stades émotionnels.

Déjà, la surprise puis l'indignation parce qu'on avait légèrement oublié de lui demander son avis avant de suggérer cette possibilité. Ensuite, l'idée de voir son espace personnel envahi par une personne étrangère, peut-être bruyante, sale et complètement inintéressante lui avait quand même légèrement déplu. Nous pouvons donc dire sans craindre de nous tromper que l'énervement voire la colère faisait partis intégrante de la panelle de sentiments par laquelle Livaï était passé à l'annonce de son mariage. Ses conseillers avaient failli s'évanouir de peur devant son regard furieux et son aura terrifiante lorsque le Roi était venu se plaindre de ce projet matrimonial. L'effet menaçant avait été grandement renforcé par le sabre affûté qu'il tenait dans la main. Et il avait fallu toute la diplomatie de ses plus proches amis, dont la douce Petra, l'amical Eld, le colossal Gunther et l'admiratif Auruo qui constituaient à eux quatre son Escouade rapprochée la plus fidèle, pour le convaincre de le lâcher avant qu'il ne s'en serve sur un être vivant et ne repeigne tous les murs du Palais avec leur sang.

Après ce stade légèrement traumatisant pour la plupart des personnes qui avaient eu le déplaisir d'en faire les frais, il y avait eu la fameuse prise de tête comme quoi c'était pour le bien du plus grand nombre, mais que ça allait être un enfer à vivre pour les deux principaux concernés, la crainte de la cohabitation, de devoir partager sa vie avec quelqu'un qu'il ne connaissait pas du tout, et qui était en plus beaucoup plus jeune que lui. La peur de déplaire, d'effrayer, de dégoûter, etc. etc.

Bref, Livaï s'était toujours – et avait toujours – affirmé que ce mariage était la pire idée du siècle pour tout le monde et en particulier pour lui et son fiancé.

Étonnamment, il ne s'était jamais figuré que son fiancé puisse s'intéresser à l'avenir de son pays et de son peuple et s'inquiète alors de la prospérité de l'un et du bien-être de l'autre. Aussi lorsqu'un beau matin ensoleillé, quatre jours après leur petite altercation à propos du condamné, Eren Jaeger avait débarqué dans son bureau d'un pas si décidé qu'il en devenait légèrement inquiétant et les bras chargés de rouleaux de parchemin noircis d'encre, Livaï avait été pour ainsi dire, légèrement…déconcerté.

Et quand le jeune homme lui avait annoncé, en le regardant droit dans les yeux avec ce regard d'un vert lumineux qui ne pouvait appartenir qu'à un ange (ou à un démon), qu'il avait quelques réformes à apporter aux lois de ce pays, Livaï avait pu expérimenter en profondeur le sentiment de surprise le plus primaire. Il se l'était avoué très vite, il n'avait pas du tout aimé l'expérience. Car la surprise sous-entendait que quelque chose d'imprévu était arrivé dans sa vie, et dans la long... l'interminable liste de choses que le Roi du Nord exécrait, l'imprévu se situait clairement dans le top dix, avec la saleté, les idiots, les incompétents, les idiots incompétents (une des innombrables sous-catégories d'idiots qui peuplait le monde), son oncle et Falco Krueger. Car le Roi aimait contrôler absolument chaque facette de son existence. Que se soit son Royaume, sa Cour ou ses sentiments, tout devait être parfaitement régulé, calme et sans vague. Autant dire que des éléments perturbateurs comme Hanji Zoe nuisaient gravement à cet ordre. Mais, après quelques années difficiles, Livaï avait su s'y habituer et même à apprécier les petits bazars que pouvaient engendrer la jeune femme, tant que cela n'engendrait pas l'explosion d'une partie du Palais de Glace. On pouvait même dire que ça mettait un peu l'ambiance, dans cet univers froid où tout semblait aller au ralenti, c'était ce que disaient généralement les plus courageux défenseurs d'Hanji. Du moins, tant que personne ne mourrait tragiquement à la suite d'une malheureuse explosion.

Bref, Hanji mis à part, rien n'avait jamais perturbé l'ordre bien rangé de sa royale vie.

Et maintenant, un ouragan aux yeux démoniaques, au visage d'ange et possédant une détermination en acier trempé était en train de lui expliquer pourquoi on ne crucifiait pas les gens condamnés à mort dans la cour de son château, même si on était vraiment très, très, très en colère contre lui. Livaï, qui était encore un peu sonné par l'arrivée assez fracassante d'Eren dans son bureau (un grand coup de pied latéral bien placé ouvrait toutes les portes) et par ses explications assez virulentes sur la mise à mort, n'avait – pour une fois – rien trouvé à dire pour le faire rapidement dégager de son espace de travail privé.

Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient rencontrés, Livaï put prendre en pleine face la pleine mesure de ce que c'était d'avoir un fiancé avec plus que 10 grammes de cervelle sous le crâne. Désormais, il ne prendrait plus les décisions seul, il ne serait plus le solitaire empereur de glace, assis sur le haut de son trône pour gouverner son monde. Non, non, non. Désormais, un tyrannique fiancé allait s'occuper de mettre un peu plus d'ordre dans cette Cour mal foutue. Et la contestation allait être difficile au vue du regard inflexible qu'Eren dardait sur lui après avoir finit son exposé sur la non-mise à mort. Ne se sentant clairement pas prêt pour une confrontation directe avec le jeune homme qui semblait visiblement en pleine forme alors que Livaï, qui travaillait depuis maintenant six heures sur le même rapport urgent, se sentait plus proche de l'épave que de l'être humain (intérieurement bien sûr, parce qu'extérieurement, on avait toujours l'impression qu'il avait mangé du lion, du dragon et on-ne-savait-quoi d'autre), opta – pour l'une des rares fois dans sa vie – pour la diplomatie en disant :

- Tu sais gamin, ton discours est bien joli mais je ne suis pas tout seul à prendre des décision, même si de loin, on dirait que si. Il faut que au moins la majorité des représentant des douze familles ducales du Nord accepte ma décision. Et c'est une véritable bande de harpies.

Eren ne sourit pas devant l'image tout de même assez comique qui lui monta à l'esprit, de douze vieux messieurs acariâtres avec des grandes ailes de chauve-souris et des cornes torsadées qui pointaient de leur chevelure grisonnante tout ébouriffée en train de se chamailler comme des enfants en s'insultant avec leurs petites voix stridentes dans un grand vacarme, autour d'un Livaï toujours aussi blasé, assis confortablement dans son fauteuil, et répliqua, toujours aussi déterminé :

- Il y a bien un Grand Conseil Général demain, n'est-ce pas ?

- Exact, répondit le Roi qui avait comme un très mauvais pressentiment.

- Bien. Alors nous en discuterons plus en profondeur avec ses braves messieurs à ce moment-là, lui répondit-il avec un regard diabolique et un sourire de chat qui vient de coincer une innocente souris.

Et il fit demi-tour sans laisser à Livaï le temps de reprendre suffisamment ses esprits pour contester sa présence à ce fameux Conseil. Dès que la lourde porte se fut refermée derrière lui, Eren lui cria une dernière fois depuis le couloir d'une voix étouffée par l'épaisseur de chêne qui les séparait :

- Profitez-en pour jeter un coup d'œil aux quarante-six autres propositions de projets de lois que je vous ai laissé. Certaines ont deux versions, soyez attentif !

Livaï était resté interdit pendant de longues minutes avant de se pincer l'arête du nez en fronçant furieusement les sourcils et soupirant lourdement pour se calmer. À côté de ce fiancé turbulent, Hanji était une aimable plaisanterie ! Une sympathique rigolade ! L'agréable petit vent qui précédait la tornade.

Très peu de chose dans ce monde avait le pouvoir de déstabiliser, d'agacer ou carrément d'énerver le Grand Roi du Nord au point de lui faire perdre son légendaire self-control. Mais aujourd'hui, Livaï eut le funeste pressentiment que ce qu'il venait de vivre à l'instant n'était que la mise en bouche d'une longue série de problèmes et d'atroces migraines qui se profilaient à l'horizon.

Oui, vraiment. Eren Jaeger était sûrement la personne la plus dangereuse pour sa santé mentale qu'il n'ait jamais rencontrée.

OxoxOxoxOxoxOxoxO

Le lendemain, comme promis, Eren se trouvait assis à côté de Livaï, dans un fauteuil d'ébène ouvragé légèrement moins imposant mais néanmoins beaucoup plus confortable que le bloc d'onyx finement sculpté dans lequel son fiancé était calé, les jambes élégamment croisées, le visage de glace et le regard attentif. Chaque fois qu'il le voyait, Eren ne pouvait s'empêcher de songer que le Roi avait tout même une classe folle avec son air insensible qui lui donnait un parfum d'inaccessible, son incroyable aura de puissance et de virilité ainsi que sa beauté envoûtante quoiqu'un peu étrange.

Eren devait bien se l'avouer, son fiancé était totalement, irrémédiablement et indéniablement beau.

Mais c'était une beauté assez inhabituelle, qui bien que menaçante au premier abord pouvait se révéler pleine de nuance après un examen plus minutieux. Exactement comme un glacier, qui, bien que menaçant au premier regard, pouvait empli de la beauté et du charme majestueux de la nature. C'était pareil pour Livaï, qui malgré son air renfrogné, semblait jeune. Immuable. Intemporel. Comme si le froid de son pays avait à jamais figé ses traits dans toute leur noblesse. Son regard acier dont les teintes variaient en fonction de son humeur jusqu'au bleu clair, étaient d'une splendeur brute. Acérée. Captivante et mystérieuse. Et son corps, toujours aussi impeccablement moulé dans un ensemble de cuir et de fourrure noirs, aurait fait saliver le plus saint des saints. Rien d'étonnant à ce que presque toutes les filles à marier du pays ne lui courent après avec la même ardeur qu'un lion à dent de sabre traquant une biche cornue. Mais la personne qui aurait l'absence d'esprit de comparer, ne serait-ce qu'anecdotiquement, Livaï Ackerman à une fragile biche, signerait dans la seconde son arrêt de mort. Car Livaï n'était pas une proie. Il était clairement le chasseur ultime qui dominait sans partage la chaîne alimentaire imaginaire de l'Humanité. Il avait tout. Les crocs, les griffes, la force, l'aura, la puissance et la beauté du plus terrible des prédateurs. On avait vite fait de faire un complexe d'infériorité à côté de lui. Ou une crise cardiaque, selon son état émotionnel. Pour en revenir à Eren qui, rappelons-le, était tout même assis dangereusement près du prédateur en question, il essayait tout simplement, pour le moment d'oublier sa présence voire même son existence afin de se concentrer sur sa mission première : changer les choses dans ce pays ! Et pour ça, il allait falloir secouer la bande de pruneaux séchés qui leur faisait face.

Et pour réussir à s'imposer comme étant leur chef, il lui fallait marquer leurs esprits au fer rouge.

Le fameux duel contre Lord Diegenstein lui avait ouvert la voie, il était maintenant temps d'avancer droit devant.

Pour cet événement qui, il l'espérait, allait entrer dans les annales de ce Royaume de fous furieux, le Prince du Sud avait sorti le grand jeu. Il portait un ensemble noir et gris de cuir et de fourrure pour être assorti à Livaï (les changements de couleur vestimentaires de ce dernier étant facile à prévoir – noir, noir, noir et encore noir – Eren n'avait pas eu à hésiter longtemps) et portait de nombreux bijoux de guerre faits d'or et d'émeraude très spectaculaires qui le rendait presque aussi impressionnant que son futur mari. Tout cela pour rappeler à tous qu'il n'était pas leur égal. Qu'il leur était supérieur, et qu'il était grand temps qu'ils s'en souviennent. Sa tenue ressemblait un peu à une cuirasse guerrière et au vue de l'affrontement qui se préparait, ce n'était peut-être pas une si mauvaise idée. La tunique rendue rigide par le cuir appuyait légèrement sur sa blessure à l'épaule encore fraîche qui peinait à cicatriser avec son manque de repos et son léger problème d'hyperactivité qui s'était beaucoup accentué pendant ces quatre derniers jours. Il fixa la pile de documents qui se trouvait face à lui et sentit une vague de satisfaction et de fierté en songeant au travail qu'il avait accompli. Il avait passé des heures la veille à lire et à relire ses notes dans tous les sens jusqu'à savoir presque par cœur son contenu entier. Il ne pouvait pas perdre, il était préparé. Pas eux. S'il avait bien voulu jouer la carte diplomatique du jeune et mignon petit fiancé débarqué de la campagne et peu sûr de lui jusqu'à présent, désormais, il en avait ras-le-bol de devoir baisser les yeux, de se cacher et de sourire à des gens qui se moquait de lui. Lui aussi avait des griffes et était capable de mordre s'il le fallait. Ça allait chauffer !

De son côté, peu conscient des pensées enflammées de son fiancé, Livaï était assez tendu. Il se demandait comment Eren allait gérer le stress de parler à douze inconnus à la mine revêche qui n'étaient jamais d'accord sur rien. Puis, il se désintéressa de la question en se disant que le gamin devait savoir ce qu'il faisait. Il était jeune, certes, mais il était prince et également Héritier du Sud. Il devait donc avoir reçu une éducation digne de ce nom afin de pouvoir un jour reprendre le flambeau et porter ce titre sans problème.

La séance commença dans un calme relatif, où ils abordèrent différents points tel que les problèmes des paysans les plus urgents comme les crues des régions situées plus au Sud qui arrivaient inévitablement en été avec la fonte des glaciers les plus bas et qui risquaient d'inonder les villages et détruire le peu de cultures agricoles qui avaient pu se développer dans cet enfer glacé. Il y avait aussi le fort taux de mortalité du bétail à cause du manque de fourrage et du froid, ensuite il y avait aussi la forte baisse démographique du pays dû à la guerre et des conditions de vie assez déplorables des plus pauvres. Il y avait toujours le problème de la criminalité et les pillages incessants sur les bourgs les plus éloignés et sans défense. Livaï écoutait tout cela avec la même mine blasée et désintéresser que d'habitude mais intérieurement, il commençait à s'inquiéter sérieusement de l'avenir de son pays. Si ça continuait comme ça, il serait bientôt un roi sans peuple ; car entre les famines, la mortalité infantile, et les migrations vers de plus vertes contrées, il n'y aurait bientôt plus âme qui vive dans le Nord. De son côté, Eren écoutait attentivement, buvant littéralement les paroles du jeune ministre qui lisait un rapport à haute voix. La tâche qu'il s'était fixé, à savoir remettre ce pays à flot, allait s'avérer beaucoup plus dure que prévu. Le Nord illustrait à lui seul l'expression « être au fond du gouffre ». Famines, froids, maladies épidémiques, décès prématurés, attaques et vols en tout genre, violences, bestioles monstrueuses, la totale quoi. A croire que toutes les créatures surnaturelles de cette terre qui décidaient du court de l'existence c'était liguées pour rayer définitivement le pays de la carte. Ils auraient déjà de la chance si le Nord n'entrait pas en combustion spontanée avant la fin de l'année.

Heureusement, il avait un plan.

Il s'était en grand parti basé sur les solutions trouvées dans le Sud pour le bonheur de son peuple pour pouvoir aider le Nord. Autrefois les différentes nations rivales avaient précieusement conservées leurs connaissances pour leur propre bien en laissant leurs ennemis se débrouiller dans leur misère. Mais cette époque était désormais révolue, il devait aller de l'avant et ne plus voir les nordiques comme des adversaires mais comme des amis, des gens qui étaient sous sa responsabilité et qu'il devait aider. Il avait déjà fait envoyer un message à son père pour lui demander de mettre à sa disposition toutes les ressources dont disposait le Sud au service de la reconstruction des habitations et à l'amélioration des conditions de vie du Nord. Il était certain que le vieil homme ne rechignerait pas longtemps à mettre la main à la poche pour leurs anciens ennemis et que sa mère approuverait vite son projet. Elle avait toujours été d'une grande solidarité avec tous et affirmait que chacun avait le droit de recevoir de l'aide de la part de quelqu'un qui en avait les moyens. Le jeune homme se demanda tout de même si ces parents auraient été aussi enclin à aider leurs nouveaux alliés, s'ils avaient su que l'un de ses habitants avait tenté de le tuer. Enfin...pas directement, mais qui avait été quand même dangereusement proche de réussir. Dans le doute, il s'était bien gardé de leur transmettre l'information.

Malgré la gravité et l'urgence de la situation, Eren remarqua que la plupart des douze conseillers présents ne semblait pas très concernés par les problèmes des gueux. Ils affichaient presque tous une mine ennuyée et certains bayaient allègrement. Le jeune prince serra les poings. Jamais un conseiller de son père n'avait manifesté un tel désintérêt pour les problèmes du peuple lors d'un Grand Conseil. S'ils étaient là, c'était parce qu'ils l'avaient décidé afin de pouvoir aider au mieux leurs concitoyens. Et non pas pour une quelconque gloire ou une notoriété que pouvait amener un poste aussi haut placé. Si ces messieurs qui semblaient des plus antipathiques à Eren, ne s'estimaient pas concernés, qu'ils envoient alors quelqu'un pour les remplacer. Quelqu'un qui serait un minimum concentré sur la discussion. Ou qui, au moins ferait semblant. Là, c'était juste irrespectueux.

- J'en ai fini avec le rapport général, messieurs. Si personne n'a de question, nous pourrions dès à présent nous concentrer sur le problème des crues, qui est, je le pense, le plus urgent actuellement, fit le jeune officier aux bottes cirées qui se tenait bien droit, les feuilles du rapport dans une main et l'autre dans le dos, dans une posture martiale très officielle. Eren décida qu'il aimait bien ce jeune homme, son attitude sérieuse et concernée lui plaisait.

Un gros homme à la longue barbe grisonnante fut le premier à prendre la parole :

- Pourquoi ne pas continuer à appliquer la bonne vieille méthode ? Il suffit de déplacer les habitants de la région dans une autre, plus sécurisée jusqu'à la fin des crues. Ils pourront revenir quand la tempête sera passée.

- Je crains que ce ne soit pas possible cette fois-ci votre Excellence Agerfeld, répondit le jeune militaire avec professionnalisme. Elles seront quatre à six fois plus importantes que d'habitude cette année. Et puis, ce n'est pas que la survie des habitants qui doit nous inquiéter c'est également celle de leurs récoltes. Car si nos citoyens essuient une nouvelle famine, avec les taxes qu'ils doivent payer en plus à la Couronne, leurs réserves ne suffiront pas et ils mourront tous de faim avant le retour de la belle saison.

- Avez-vous une autre solution, officier Han ? l'invectiva le dénommé Agerfeld en jetant un regard menaçant au reste de la tablée comme pour les défier de le contredire.

Aussi lorsqu'une main se leva pour demander la parole, chacun écarquilla les yeux en fixant l'insolent qui snobait son avertissement. Et lorsqu'il se leva élégamment pour être sûr d'être bien visible avant de commencer son exposé d'une voix claire et posée, certains hoquetèrent d'indignation. Calmement, Eren sourit en déclamant :

- J'aurai effectivement quelques propositions à vous soumettre, messieurs.

Un grand silence suivit ses paroles avant que le dénommé officier Han, qui était resté bouche bée devant cette intervention inattendue, comprenne après un regard appuyé d'Eren qu'il pouvait s'asseoir pour l'écouter. Une fois qu'il fut bien calé dans sa chaise, le jeune prince se redressa de toute sa hauteur, le cœur tambourinant dans sa poitrine, le cerveau en plein état d'urgence, l'estomac bondissant mais un sourire assuré sur les lèvres. Assurance qu'il ne ressentait aucunement, Mais ça, ces charmants messieurs n'étaient pas obligés de le savoir. Malgré la très nette animosité qu'il pouvait sentir à son encontre de la part des dignitaires rassemblés, personne ne fit un geste pour l'empêcher de parler (sûrement afin de pouvoir le critiquer plus tard), pas même Livaï qui se contenta de croiser les doigts devant son visage, les coudes appuyés sur les accoudoirs et son menton posé sur le tout. Il le fixait avec une grande attention qui mit Eren très mal à l'aise et faillit lui faire perdre le fils de ses pensées. Mais il se reprit très vite et commença :

- Comme l'a dit l'officier Han dans son rapport, selon les météorologues, les crues seront beaucoup plus importantes cette année. Mais en plus de causer de nombreux problèmes cette année si nous n'agissons pas rapidement, cette situation pourrait s'aggraver et continuer à nous ennuyer de plus en plus au fil du temps. La solution la plus durable pour contrer le problème d'inondation serait donc de construire un barrage.

Un silence, puis des cris et des exclamations de surprises fusèrent des quatre coins de la table.

- Un barrage ? Pour quoi faire ?

- Nous ne savons même pas en construire !

- Avons-nous seulement assez de bois ?

- Et pour le construire où ?

- Ne risque-t-il pas de s'écrouler ?

- Et ce jour-là que ferons-nous ?

Et ainsi de suite. Les conseillers caquetaient si fort et avec tellement de vigueur que pendant un instant, Eren crut se trouver dans une basse-cour. Mais il n'eut pas besoin de demander le silence. Quelqu'un de beaucoup plus compétent que lui en la matière s'en chargea à sa place :

- Fermez-la ! Ecoutez-le jusqu'au bout et ensuite vous pourrez venir vous plaindre comme la petite bande de lopettes que vous êtes ! clama Livaï avec dureté et (avouons-le) très peu de finesse, son aura le nimbant d'un éclat de prédateur.

L'effet fut immédiat et un silence de cathédrale remplit alors la salle. Et lorsque Livaï fixa son sombre regard acier droit sur Eren, celui-ci sentit ses genoux avoir comme un instant d'absence devant ce regard si glacial qu'il en devenait brûlant.

- Tu nous parlais d'un barrage, gamin…

- Exactement, continua Eren le plus naturellement du monde, comme si son cœur n'était pas en train de se livrer à une petite séance de tambourinage intensif entre ses côtes. Les crues sont dues à la fonte des glaces, poursuivit-il, vous le savez tous. Mais avant de venir ravager les villages situés plus bas par vague, l'eau s'écoule et se stocke dans ce que vous appelez « le Creux du Glacier » (pendant qu'il parlait, Eren sortit d'un revers de son manteau une carte pliée en quatre qui déplia avant de l'étaler sur la table pour que tout le monde puisse bien la voir. Certains sites avaient été coloré en plusieurs couleurs et des chemins imaginaires avaient été tracé avec soin) Ici, poursuivit-il, en pointant du doigt, une zone arrondies hachurée en jaune. Contrairement aux glaciers qui l'entourent et qui sont uniquement faits d'eau, ce site est de la terre qui gèle chaque hiver et qui se ramollit au printemps et qui devient de la boue. Quand l'eau des glaciers se rajoutent, lentement mais sûrement, la boue devient plus lourde, plus dense et surtout plus importante et finit fatalement pas se mettre à déborder de ce creux naturel et à dévaler les pentes de la montagne jusqu'aux villages. La suite, nous la connaissons, les villages sont détruits à cause de sa force d'entrainement.

- C'est bien joli tout cela, mais où voulez-vous en venir Votre Altesse ? demanda un autre vieux ministre d'un ton âpre et au visage peu engageant (décidément c'était presque une loi en politique ; « point jeune tu seras, et peu sympathique tu t'afficheras »). En quoi un barrage pourrait-il nous aider à régler notre problème ?

- J'y viens. Mon idée ne se limite pas à un simple barrage, cher Duc d'Orlan, répliqua Eren avec un divin sourire, fier de son idée d'apprendre tous les titres des convives par cœur même si cela l'avait profondément ennuyé. Je parle avant tout d'une déviation du courant glacier !

Autres exclamations et cris de surprises et/ou d'opposition.

- La ferme !

Eren sursauta ainsi que tous les ministres présents qui semblèrent se ratatiner dans leurs sièges, à l'entente de la voix grave et menaçante de son fiancé qu'il avait presque oublié pendant ses explications. Les muscles de Livaï était seyants et crispés pas l'énervement, sous ses habits, ses sourcils étaient si froncés qu'ils se touchaient et ses yeux flamboyaient. Encore une fois, Eren sentit comme une mollesse au niveau de ses jambes lorsque le Roi lui indiqua d'un geste sec du menton qu'il pouvait continuer ses explications et vite.

- Et donc, comme je le disais, reprit Eren, encore un peu secoué par les interventions éclairs mais foudroyantes de son fiancé, en se repenchant sur la carte pour fuir ce regard désarmant. L'eau s'écoule depuis les flancs du glacier de Dovskä qui est le plus avancé et s'écoule le long de la montagne en formant des ruisseaux qui se rejoignent tous pour finir dans le Creux du Glacier (pendant qu'il parlait, Eren suivait le chemin de l'eau tracé en bleu pâle sur la carte du bout du doigt). Mon idée serait alors de dévier la rivière qui se forme à partir des différents petits ruisseaux, à cet endroit (il pointa une zone précise située à environ cinq centimètre du glacier sur la carte donc quelques kilomètres dans la réalité) pour la rediriger vers la Plaine des Roches, continua-t-il en montrant le chemin jusqu'à une plaine coloriée en gris plusieurs kilomètres plus loin.

- Pourquoi spécialement ce lieu ? demanda alors la seule femme présente autour de la table en se penchant en avant et qui était la seule à ne pas avoir râlé dès qu'il avait ouvert la bouche, ce qui la rendit immédiatement sympathique aux yeux d'Eren.

- Car elle porte bien son nom. C'est une terre aride recouverte de cailloux et entourée par des falaises. Elles formeront un barrage naturel et avec le temps, l'eau formera un lac qui permettra d'irriguer les terres alentours pour permettre de nouvelles cultures. De plus, la Plaine des Roches se trouve dans un lieu protégé par les montagnes et sous une assez basse latitude pour que l'eau de gèle pas lors des grands froids.

Il se tourna vers un autre homme avec de nombreuses rides sur le visage et une barbe rousse taillée en pointe et dit avec un délicieux sourire :

- Si je me souviens bien, votre duché souffre de légères sécheresses, Comte de March-Roch, n'est-ce pas ?

L'homme acquiesça du bout du menton, visiblement très contrarié de devoir admettre qu'il puisse se trouver dans une quelconque situation difficile.

- Et le barrage dans tout ça ? contrattaqua alors un cinquième homme avec une mine de bouledogue contrarié. Que vient-il faire dans tout cela ? Pour le moment, vous ne nous avez parlé que d'une déviation ce qui est déjà juste au niveau du budget. Où comptez- vous le mettre ?

- Cela dépend de ce que vous appelez « un barrage », Lord Ulrich.

Un sourcils haussé et une série de murmures curieux répondirent à cette affirmation. Eren tira alors une autre feuille roulée de sa poche et l'étala sur la table à côté de la carte. C'était le plan d'une drôle d'installation, en coupe de profil, composé de plusieurs couches de graviers, de rochers, de terre et recouvert de plantes aquatiques. On voyait également en dessous de tout cela, dessiné soigneusement en bleu, un système de transport de l'eau souterrain. L'installation descendait en pente douce, avec une légère forme d'escalier.

- Ceci est ce qu'on appelle le barrage de Gina Reid*. C'est une savante native de la région du Sud de Karanes, et qui a mis au point ce système pour sauver sa ville.

- Et à quoi cela sert-il ? demanda la jeune femme en regardant le plan d'un air fasciné.

- Cela permet d'empêcher les glissements de terrain à cause de l'érosion de la terre par l'eau. C'est la solution idéale pour votre problème d'inondation de boue.

- Et comment comptez-vous financer votre…projet ? Les matériaux ? Les hommes nécessaires pour respecter les délais ? Les architectes et les installations ? demanda une voix qu'Eren ne prit pas le temps d'identifier mais qui le fit sourire d'un air machiavélique. C'était exactement la question qu'il entendait.

Il tira alors une feuille de la pile qui se trouvait juste à côté de lui et commença alors à réciter :

- McGill : 130'040 de marks. Alencar : 50'700 marks. Lenard : 2'000'600 marks. Drov : 600'000 marks. Rivalz : 7'800 marks. Orkla : 4'000'000. Dulyll : 300'900 marks. Volmac : 405'000 m…

- Mais…que faites-vous ? s'exclama le Duc d'Orlan, visiblement persuadé que le jeune prince avait perdu la tête avec tous ces chiffres et ces noms.

- Mais rien de spécial, répondit Eren avec un délicieux sourire. Je récite juste la liste de toutes les personne qui n'ont pas payé leurs impôts à la Couronne depuis un certain temps et le montant exact de leurs dettes si on comptabilise les sommes de rappels, les taxes sur l'oubli de paiements et l'amende pour fraude fiscale.

Devant la mine soudainement horrifiée de toute les personnes présentes, Eren consentit à s'expliquer :

- J'étais simplement étonné que malgré toutes les richesses de ce pays en matière d'or et de joyaux, les caisses du Royaume soient pour ainsi dire quasiment vides pour des dépenses presque tout aussi inexistantes. J'ai donc voulu connaître la raison de ce mystère et je me suis rendu compte que ce système est gangrené par la maladie de la fraude fiscale ! Beaucoup de grands propriétaire de mines de diamants ou autres, s'enrichissent chaque jour un peu plus en cachant leur argent sous de faux noms et des entreprises fantômes pour « économiser » et pendant ce temps pour soutenir l'écart, on demande de plus en plus d'argent au peuple. Personnellement, je trouve cela assez injuste, pas vous ?

- Mais…vous n'aviez pas le droit de consulter ses données ! s'exclama un petit homme à monocle, fluet et à la voix aiguë.

- Bien sûr que si, rétorqua Eren avec son sourire le plus angéliquement démoniaque. Je suis le fiancé royal de sa Grande Majesté Livaï, ajouta-t-il en fixant discrètement le susnommé droit dans les yeux, guettant son approbation.

Ce dernier n'avait pas quitté sa posture nonchalante et son visage blasé mais ses yeux scintillaient d'intérêt et l'ombre d'un rictus qu'Eren espéra satisfait flottait sur ses lèvres minces. Il hocha la tête en lui rendant son regard d'un air entendu.

- Tout de même, vous ne manquez pas de culot…, marmonna Lord Ulrich d'un air désapprobateur.

- Devrions-nous jeter un coup d'œil à votre déclaration d'impôt Lord Ulrich ? demanda Eren d'une voix forte et un éclair maléfique au fond des yeux, ayant parfaitement entendu les propos du Lord. Nous pourrions ainsi décider qui est le plus culotté de nous deux.

Un profond silence se fit autour de la table, chacun fixant Lord Ulrich avec de grands yeux et la question fatale au bout de la langue. Mais ce fut sous le regard glaçant de Livaï que Ulrich sembla se ratatiner littéralement au fond de son siège.

- Et bien alors, mon cher Lord ? Devons-nous oui ou non, nous pencher sur la question de votre salaire et de vos versements ? insista cruellement Eren avec pourtant un air des plus ingénu plaqué sur son visage d'ange.

- Non…non, ce ne sera pas nécessaire…

– Excellent. Pour en revenir à notre « problème » de budget, continua tout naturellement Eren comme si rien ne c'était passé, je pense que l'on peut dire qu'il est réglé. Car si on additionne simplement toutes les sommes que j'ai citées précédemment, on arrive à un montant de 7'495'040 marks ce qui est amplement suffisant.

- Pour les hommes et les infrastructures, oui. Mais nous ne pourrons pas payer tous les matériaux. Le bois et les plantes sont rares ici et donc chers, commença Agerfeld qui commençait à paniquer devant l'influence et la répartie d'Eren.

- Heureusement pour vous, j'ai la chance d'être le Prince du Sud. Les bateau marchands transportant les cargaison de bois que mon père a accepté de m'envoyer arriveront demain.

- QUOI ? crièrent plusieurs personnes à l'unisson.

Les cris d'indignation retentirent à nouveau, sous les soupirs de la femme qui se frotta le front d'un air las et le désormais légendaire regard blasé de Livaï. Eren pour sa part commençait à en avoir un peu marre de se faire toujours hurler dessus par des gens qui n'avaient rien de mieux à proposer. Mais pour le moment, il préféra se taire et écouter les pseudo-arguments de ces opposants.

- Nous n'accepterons pas l'aide d'un pays étranger ! hurla un septuagénaire qui semblait au bord de l'apoplexie et qui s'était levé pour mieux gesticuler.

- Nous sommes un peuple fier, indépendant et libre ! Nous n'avons besoin de personne !

- Nous ne vous laisserons pas semer la discorde dans ce pays avec vos coutumes de sauvages, Votre Altesse, hurla Agerfeld en pointant un doigt boudiné et accusateur sur Eren qui se sentit presque aussi menacé par cet homme petit, vieux et gras, que si un chaton de six semaines lui avait sauté sur les genoux pour les mordiller les ongles.

Le jeune Prince soupira lourdement. Il n'était pas naïf. Il savait pertinemment que son union avec Livaï n'était pas unanimement appréciée. Déjà par lui, mais aussi par tout les conservateurs et autres coincés du cul qui existaient malheureusement sur le Dernier Continent. Mais il n'avait pas songé qu'en plus de devoir lutter contre plusieurs traditions ancestrales concernant le mariage dans le Nord (quelques coutumes concernant l'inceste par exemple), il devrait aussi de battre contre une forme très virulente de racisme. Dû en grande partie à la guerre et au traumatisme qu'elle avait laissé derrière elle. Il pouvait comprendre que le voir fourrer son nez dans leurs affaires alors qu'il était étranger et pas encore marié au Roi, pouvait déplaire profondément à beaucoup de monde. Mais il proposait cela uniquement pour le bien commun. Pour rien d'autre que ce sentiment profond d'avoir le bonheur de ce pays comme étant une responsabilité. Et même un devoir. Il n'avait jamais eu l'intention de blesser qui que ce soit dans son ego (tout connard qu'il ou elle puisse être) et il était certain que la plupart des gens du peuple se moquaient éperdument de qui venait l'aide, du moment qu'il y en avait. Mais visiblement, ce n'était pas le cas de la noblesse pour qui le bonheur du peuple semblait passer en seconde lieu.

- Pensez-vous vraiment que nous sommes des mendiants ? Que nous allons nous rabaisser à demander de l'aide à des ennemis ? crachait les uns.

- Remballez vos miettes ! Nous nous en passerons !

Cris d'approbations et hurlement de rage succédèrent à cette affirmation.

Mais ne soyez pas stupide enfin ! songea Eren de plus en plus agacé. Vous êtes au bord du gouffre. Votre peuple meurt de faim. Vos réserves sont vides et votre artisanats ainsi que votre commerce sont au point mort ! Vous avez besoin d'aide et je peux vous l'apporter. La guerre est finie, nous sommes alliés, nous sommes amis ! Nous devons nous entraider…

Ainsi pensait Eren. Mais ce n'était pas au goût de tout le monde.

Puis l'insulte survint. Claquante, sèche et mortellement blessante.

- Retourne dans ton pays, sudiste.

C'était le très vieil homme qui le premier, avait contesté l'arrivée des bateaux en provenance du Sud, qui avait parlé. Il s'était levé et fulminait de colère alors qu'il était très clair qu'il peinait à tenir debout. Eren comprit qu'il devait souffrir de problème cardiaque, certainement la terrible « maladie du cœur » * comme on l'appelait dans le Sud et qui frappait nombre de personnes âgées chaque année. Le jeune prince l'observa alors plus en détail d'un œil critique en mettant de côté toute diplomatie. Il était vieux, il était malade et étroit d'esprit. Raciste et trop fier pour demander de l'aide et visiblement prêt à tout sacrifier pour épargner son ego. Et pourtant, il dirigeait ce pays aux côtés du Roi lui-même. Eren eut envie de rire devant l'absurdité de cette situation. Mais il avait trop mal à la poitrine pour pouvoir ne serait-ce que glousser.

Depuis tout petit, on lui avait dit que quoiqu'il fasse et qu'on lui dise, il devait être fier de ses origines, de son pays, de ses coutumes et de ses habitants. Sa mère lui parlait des légendes des mers du Sud avec des étoiles dans les yeux et son père lui expliquait le fonction de toutes les inventions de leurs savants avec une grande admiration. Toute sa vie avait été bercée par les couleurs, les joies, les traditions et les fiertés de sa région natale. Alors oui, Eren était fier de son pays, de son histoire et d'en faire partie. Et là, ce type… ce vieil idiot raciste et xénophobe venait de l'insulter en se servant de sa nationalité. Eren comprit alors que faire profil bas en arrivant ici, était une grossière erreur de sa part. Il aurait dû, dès le départ, exposer sa force et sa détermination afin que personne n'ose le défier et l'insulter aussi ouvertement. S'il l'avait fait, il n'aurait pas dû défier toute la famille Diegenstein en duel pour se faire un minimum respecter. Il avait été lâche, et il en avait honte. Mais maintenant c'était fini. Il en avait plus qu'assez.

Autour de lui, devant son mutisme qu'ils avaient sans doute pris pour un manque de répartie, les insultes c'était déchaînées et les commentaires négatifs fusaient de toute part. Eren entendit des mots vagues comme « espionnage », « sabotage » et bien d'autres sympathie. Du coin de l'œil, il vit que Livaï se préparait à intervenir et décida de le devancer. D'un puissant coup de pied circulaire, il renversa la table de bois de plusieurs kilos qui s'écrasa sur le côté dans un grand bruit, accompagné du bruissement des parchemins et des cartes atterrissant avec plus de délicatesse.

Un immense silence succéda à ce coup de folie. On aurait pu entendre un papillon éternuer.

Sans rien dire, Eren se redressa lentement et fixa alors, le regard le plus terrifiant qu'ils n'aient jamais vu droit sur le petit homme insultant qui tremblait maintenant de tout son corps. Ses jambes maigres peinaient à supporter son poids et il ressemblait plus à un caplan face aux crocs d'un tigre des plaines qu'à un ministre sûr de lui.

- Marquis de Velmort, si je ne me trompe pas ? commença alors Eren d'une voix encore plus glaciale que le vent qui soufflait derrière les vitres de la grande salle.

A pas lent, il commença à s'approcher de sa cible, le regard planté dans le sien, et une aura de fureur pure baignant son corps.

- Permettez-vous que je vous soumette une interrogation qui me trotte en tête depuis le début de cette réunion ?

Sept mètres à peine les séparaient et la distance ne cessait de s'amenuiser entre eux, à la même vitesse que la confiance en soi du dénommé marquis de Velmort.

- Voyez-vous, il m'a toujours semblé qu'un dirigeant devait faire passer le bonheur de son peuple avant le sien. Or, regardez-vous...

Six mètres à présent.

- Vous êtes raciste, malade, xénophobe, fermé d'esprit, vieux, sénile, idiot…

La liste d'adjectifs s'allongeait alors que désormais, il n'y avait plus que cinq mètres entre le jeune Prince emplit d'une glaciale colère et le vieil qui semblait au bord de la crise cardiaque instantanée. Il aurait d'ailleurs mieux valu pour lui qu'il meurt sur-le-champ. Car le regard d'Eren semblait lui promettre mille souffrances toutes plus insupportables les unes que les autres. Ainsi qu'une mort lente et particulièrement inhumaine. Il ne restait alors plus que quatre mètres de distance.

- Vous êtes trop égoïste pour vous soucier de quelqu'un d'autre que de vous-même.

Trois mètres.

- Vous tenez à peine sur vos jambes, contesta Eren avec un tel mépris qu'on aurait qu'il regarderait un insecte écrasé sous le sabot de son cheval. Vous avez l'air aussi fragile que du cristal.

Deux. Le visage de Velmort avait pris une intéressante couleur verte.

- Vous n'avez pas payé vos impôts depuis bientôt trente ans. Vous préférez payer les inspecteurs fiscaux pour qu'ils trafiquent vos papiers et vous avez même vendu des armes pour vous enrichir à on-ne-sait-qui.

Désormais, le ministre était blanc et ses tremblements étaient si violents que ses os semblaient se disloquer. Mais il était comme paralysé. Magnétisé par le regard sombre d'Eren et écrasé par son aura d'autorité. Le jeune prince s'arrêta à un mètre du vieillard et se pencha pour être à sa hauteur avant de dire d'un ton de suprême mépris :

- Et pourtant, vous êtes là. À discuter avec nous du bien-être de ce pays et de son avenir incertain. Alors que vous n'êtes physiquement pas capable de remplir dignement ce rôle. Pouvez-vous m'expliquer la raison de ce miracle ?

Devant tant de haine, le vieil homme trouva la force de reculer. L'arrière de ses genoux noueux heurtèrent alors le bord de son fauteuil qui était toujours derrière lui et déséquilibré, il tomba à la renverse, son postérieur rebondissant moelleusement contre le coussin pourpre. De base, il était clairement plus petit qu'Eren. Mais maintenant qu'il était assis, le jeune homme le dominait de toute sa hauteur en le fixant de son regard assassin qui semblait luire comme celui d'une bête enragée mais également magnifique. Il ressemblait à un Démon sortit de l'Enfer pour venir lui faire payer ses crimes. En temps normal, Velmort aurait abandonné toute dignité pour le supplier à genoux de l'épargner. Mais là, son corps l'avait tout simplement abandonné devant tant de fureur et désir de meurtre mal contenu.

Soudainement, un choc fit trembler son fauteuil. C'était Eren qui avait violement écrasé son pied entre ses jambes, à quelques centimètres à peine de ce qu'il devait rester de sa virilité. Le jeune Prince semblait encore plus menaçant ainsi, penché sur sa victime, son regard brûlant fixé dans le sien, en équilibre sur le bord de la chaise. Devant la menace évidente que représentait le prince, le ministre eut la sagesse de garder la bouche hermétiquement fermée. Histoire de ne pas dire une bêtise qui pourrait éventuellement lui coûter la vie.

- Alors, ce miracle ? questionna Eren de cette voix terrifiante qui aurait fait trembler un Dragon des Neiges.

Le ministre de répondit pas. Eren se pencha alors vers lui, le regard planté dans le sien.

- Vous n'êtes pas fait pour gouverner, Marquis de Velmort. Pire ! Vous ne méritez pas de gouverner. Je dirais même que vos idées conservatrices sont trop dangereuses pour ce pays. Vous êtes prêt à sacrifier tout un peuple pour épargner votre fierté, ce qui n'est pas digne d'un dirigeant. Alors, si je vous revois encore une seule fois dans cette pièce pour faire autre chose que le ménage, je vous balance par la fenêtre du dernier étage de ce Palais. Me suis-je bien fait comprendre ?

- ….

- Pardon ?

- ….

- Je vous demande si ce que je vous ai dit est clair, Marquis de Velmort. Pas si vous êtes capable de parler sans ouvrir la bouche. Alors, je le répète une dernière fois, ce que j'ai dit, ai-ce bien clair pour vous ?

- …limpide, Votre Altesse, répondit le vieil homme d'une toute petite voix, le visage plus blême que la lune et le cœur visiblement au bord des lèvres.

- Parfait.

Eren se tut quelques secondes, pendant lesquelles tous se demandèrent s'il n'allait pas immédiatement mettre sa menace à exécution en faisant sortir Velmort de la pièce par des manières moins…conventionnelles que la normale, pour le faire définitivement disparaître de sa vue. Finalement, d'une puissante poussée de la jambe, Eren expédia presque avec élégance le siège ainsi que son occupant droit contre le mur. Les pieds raclèrent bruyamment les dalles du sol et les deux corps se heurtèrent avec bruit, le bois craqua et le dossier gémit. Velmort gargouilla misérablement de douleur lors du choc avant de se recroqueviller sur lui-même pour se faire le plus petit possible et par miracle, disparaître de la pièce.

Le prince se redressa lentement et se retourna pour fixer son attention de fauve en chasse sur les survivants du Conseil qui n'en menaient pas large sous ce regard assassin. Pendant un instant, ils crurent qu'ils n'allaient pas ressortir de cette pièce vivants. Surtout en voyant le long couteau à manche d'ivoire, accroché par des sangles à la cuisse du jeune homme qui ne décolérait pas. Au contraire, il semblait plus furieux à chaque seconde qu'il passait en leur compagnie. Il s'approcha d'eux à grands pas, en claquant des talons sur le sol avec rage. Il se planta devant Agerfeld qui semblait à deux doigts de tourner de l'œil. Eren le dominait d'une bonne tête et lorsqu'il parla, sa voix contenait tellement de fiel que s'il s'était matérialisé physiquement, le gros homme n'aurait été alors plus qu'un squelette fossilisé :

- Pour ce qui est de mon projet, cher monsieur, sachez que vous le vouliez ou non, il aura lieu. Car ne vous demande pas votre avis. Les bateaux arriveront demain avec leur cargaison et elle servira à sauver toute une population de la famine et de la mort. Je sais que leurs vies vous importent peu, mais fort heureusement, ce n'est pas mon cas. Je ne vais pas contaminer votre système, je compte l'améliorer. Car votre pays et votre économie sont à la dérive, mon bon monsieur. Et bien que je ne puisse pas encore vous accuser de fraude fiscale, si nous n'agissons pas très vite, votre fortune ne vous protégera pas une d'une révolte générale. Alors si vous ne voulez pas finir pendu à un arbre ou décapité pour que votre tête se retrouve plantée au bout d'un pic, vous allez m'écouter et attentivement. Je suis le fiancé royal de ce pays ce qui, fatalement, nous conduira à nous fréquenter régulièrement à l'avenir. Alors, si vous ne voulez pas que je fasse de votre vie, un véritable Enfer, je vous conseille de commencer à me témoigner un peu plus de respect que vous ne le faites actuellement. Je ne considère, certes, pas ce pays comme étant pleinement le mien, mais j'ai ses intérêts à cœur et je ne compte pas le laisser couler simplement parce qu'une bande d'imbéciles tel que vous, le dirige. Vous n'êtes pas encore des mendiants, mais continuez comme ça et vous ne vaudrez bientôt pas plus que des chiens errants, obligés de fouiller les poubelles des voisins pour y trouver un reste pourri à mâchouiller. Ce pays à d'énormes ressources et des habitants remplis d'espoir qui ne demandent qu'à aider à le reconstruire. Vous avez les moyens de devenir l'Etat dominant du Dernier Continent, mais vous êtes tellement cantonnés à votre petite personne que vous ne vous en rendez même pas compte. C'est lamentable à pleurer.

Et sans ajouter une parole de plus, Eren, qui semblait déjà plus calme mais qui conservait son aura de puissance féline, contourna Agerfeld comme s'il n'était qu'un meuble et d'une seule main, redressa la table. Lorsque les pieds sculptés en pattes de lion touchèrent le sol, ce fut comme un coup de tonnerre dans le silence de la salle. Avec élégance et efficacité, il ramassa les papiers qui étaient tombés et appuya ses mains à plat sur le plateau de bois verni pour regarder Livaï droit dans les yeux et proposer avec le sourire faussement amical d'un loup qui prépare un sale coup :

- Et si nous continuions ?

Une nouvelle ombre de rictus amusé traversa le visage de Livaï et son regard étincela un bref instant d'un éclat sombre qui fit frissonner Eren de la tête aux pieds.

- Excellente idée, répondit-il alors de sa voix grave, provoquant ainsi un nouveau frisson brûlant dans la colonne vertébrale du jeune prince, encore tremblant d'adrénaline.

Encore un peu sonnés, les membres du Conseil reprirent leur place en silence, tandis que Lord Velmort restait prostré dans son fauteuil pourpre qui ressortait sur le mur de pierre sombre, sans un bruit, sans un mouvement et sans montrer la moindre envie de se joindre à eux pour la suite de la discussion. Visiblement, l'avertissement s'était bien imprimé dans son esprit. Le brûlant échange de regard entre les deux fiancés ne cessa que lorsque tout le monde fut installé et attentif.

Eren recommença alors son exposé, s'aventurant alors sur le terrain glissant des impôts et des taxes sur la fortune avec une facilité et une aisance déconcertantes. Le tout avec un sourire satisfait aux lèvres et un éclat de sauvagerie dansant encore des ses prunelles vertes, faisant trembler les conseillers, déjà morts de trouille, lorsqu'ils croisaient son regard. Ils ne firent plus aucun commentaires avant la fin de la séance.


*Giorgina (Gina) Reid a réellement existé et a bel et bien inventé un système pour contrer l'érosion de la roche par l'eau et éviter ainsi affaissement du terrain et le recul des terres. Elle est malheureusement très peu connue mais vous pouvez des traces de son histoire dans la BD féministe "Culottées" ou dans la ville de Montauk dont elle a sauvé le phare des eaux grâce à sa méthode.

* Maladie du cœur, équivalent du Parkinson actuel.

Voilààà, chapitre dix en ligne ! Ça va, vous ne l'avez pas attendu trop longtemps celui-là, si ? (*sueurs froides qui coulent le long du dos et qui collent et sourire gêné pour faire genre d'être à l'aise*). C'est un grand moment le dixième chapitre vous ne trouvez pas ? On a passé le cap des dizaines ainsi que celui des 160 pages Word, ça se fête non ? Et Pour cela, on va faire le petit moment kawaii des remerciements bien gnangnan. Plus sérieusement, merci encore infiniment pour votre soutien quotidien (enfin, si on veut puisque les chapitres sortent tous les 36 du mois, mais bon, vous m'avez compris, hein ?) Vos commentaires si gentils et encouragent (+ de 130 ! Youhouhou !) que je n'ai pas toujours l'impression de mériter mais qui me font presque pleurer de joie à chaque fois que je les lis et relis. Merci à tous ceux qui se sont abonnés ou m'ont mis en favoris, ça me fait énormément plaisir.

Je vais m'arrêter là, sinon je vais me mettre à chialer comme une conne devant mon ordi, toute seule dans ma chambre. Et ça ferait un peu pitié quand même.

Bisous, je vous n'aime très, très, très foooooort ! (*cœurs dans les yeux et licornes en arrière-plan qui dansent sur des arc-en-ciel clignotant en crachant des guirlandes parce qu'elles ont mangé des cupcakes Noël*), que vous soyez étudiant(e), indépendant(e), marié(e) ou célibataire endurci. Hétéro, gay, lesbiennes, ou que sais-je encore. Merci enfin infiniment pour votre soutien.

Au fait, c'est bientôt Pâques, donc joyeuses fêtes à tous ! (un peu en avance parce que je ne suis pas sûre d'être là le jour-J n_n') et désolée pour les fautes d'orthographe s'il y en a.

До свидания всем и больших поцелуев (Do svidaniya vsem i bol'shikh potseluyev = au revoir à tous et gros bisous !)

P.S Je lance un nouveau petit concept sympathique (enfin, j'crois) qui est ; en quelle langue voudriez-vous que je vous salue au prochain chapitre ? Mandarin? Croate ? Swahili ? Faites vos propositions et Google traduction nous guidera ! Soyez créatifs/ves !