Disclaimer: Twilight est à S. Meyer et cette histoire à EdwardsBloodType, je ne fais que traduire.

In too Deep d' Edwardsbloodtype

Traduction Autorisée

Destiné à un public adulte, de plus de 18 ans.

Contente de vous retrouver pour la suite de cette approche toute en retenue d'Eddie et Bella. Merci pour tous vos messages ainsi qu'à SBRocket et Ptitewam pour leur aide et leur soutien.

Chapitre 9 : Seulement Un Jour

In Too Deep

Chapter 9~ Only One Day

Elle me fait au revoir de la main avec un sourire faussement timide par-dessus l'épaule. Je la regarde marcher le long de l'allée en béton et tout ce à quoi je peux penser est que Un, je dois enlever le sable que j'ai dans la raie des fesses immédiatement, et Deux, je veux coucher avec Bella.

La décision mûrit dans ma tête alors que je me douche, nettoyant tout le sable qu'elle a déversé dans mon short. Tout un tas. Normalement, si une fille met du sable partout en dessous de la ceinture, et peu importe qui elle est ou ce qu'elle m'offre, je deviens furax. Mais là non... pas du tout. En fait, je suis plutôt amusé et infiniment plus attiré par elle d'avoir eu le culot de... bon, en résumé... paner ma queue et mes couilles.

Vouloir avoir du sexe avec Bella n'est pas la grande révélation ou quoi que ce soit, parce que bon, je suis un mec et comme un mec j'aime avoir du sexe. Beaucoup. Et Bella, eh bien, Bella est vraiment hot. Et intelligente et drôle et elle est un peu bousillée.

Comme moi.

Mais plus je passe de temps avec elle, plus je la veux... elle. La façon dont elle me regarde me fait frissonner et tout. Et je sais que ça fait chochotte et ridiculement peu poétique mais je suis à court de mots là car ces trucs n'arrivent pas à moi. Elle me donne la chair de poule de la meilleure des façons avec son toucher et quand elle est avec moi, je me sens fondre et je me sens bien de partout en même temps. Ces sentiments bien sûr peuvent être aussi attribués aux coups de soleil et à la bière que j'ai bue tout l'après-midi.

Non, je pense... je sais que c'est beaucoup plus que ça.

Cela ne fait qu'un jour. Un seul jour et je ressens cet inexplicable sentiment de vide douloureux dans ma poitrine lorsqu'elle part. Cette sensation est exactement à l'opposé en sachant que je serai à nouveau avec elle dans peu de temps. C'est comme s'il y avait une lumière à l'intérieur de moi, scintillant d'une douce lueur. Une fleur ouvrant délicatement ses pétales pour s'épanouir en...

La ferme. J'aime bien cette fille, d'accord?

Je suis vraiment mordu, je suis en fait gêné pour moi. Mais craquer autant et si vite pour une fille est si inattendu pour moi. Même avec Vanessa, cela a pris des mois pour m'arrêter de chercher et essentiellement flirter avec d'autres filles avant de savoir que vraiment je l'appréciais et voulais être exclusif.

Je ne suis pas vraiment préparé pour ça car je ne cherchais pas. Mais on dit que ça arrive quand tu t'y attends le moins. Mais encore une fois, je suis dépassé par moi-même.

Cela ne fait qu'un jour.

~ITD~

Em et moi nous allons chez les filles pour trouver au moins une vingtaine de visages nouveaux sur leur terrasse, la musique à fond, verres à la main, tout le monde désireux de faire la fête pour ce week-end de sortie. Lorsque nous marchons en hochant poliment la tête à la foule, je remarque que même si la conversation ne faiblit jamais, les filles nous détaillent avec des sourires faussement modestes et des battements de cils aguicheurs. Il y a un tas de mecs ici aussi, à qui nous donnons et recevons le traditionnel hochement du menton accompagné d'un cordial, "Ça va?" alterné avec le toujours populaire, "Comment ça va, mec?"

Comme ça, je me demande si certains de ces gars sont venus ici avec l'intention de sortir avec Bella, et ça me fait sourire un peu en sachant que je vais foutre en l'air leurs plans. Nous manœuvrons à travers les gens, nous sentant un peu décalés à débarquer dans une soirée privée qui bat déjà son plein. Nous aurions dû être là plus tôt mais nous avons traîné avec Brady et Connor, paressant sur la terrasse et perdant la notion du temps.

C'est un mensonge. Je savais exactement quelle heure il était, mais Em pensait que nous ne devions pas paraître aussi empressés car nous ferions gonzesses. Je n'étais pas d'accord avec lui, bien que je ne sois pas sûr de vouloir ressembler à une gonzesse pour être honnête.

Em s'isole dans un endroit tranquille pour prendre un appel professionnel et me laisse seul. Je me sens moins mal à l'aise quand je repère Angela qui me désigne du doigt l'intérieur où les filles préparent à manger.

Le sourire sur mes lèvres est instantané quand je vois Bella dans la cuisine, buvant un truc rose dans un verre à vin, distrayant ses amies. Ne pas faire part de ma présence tout de suite est délibéré. Je suis plutôt pris par la façon dont elle interagit avec ses amies, la façon dont elles sont pendues à chaque mot qu'elle dit, la façon dont ses mains gesticulent alors qu'elle parle. Bon, une main s'agite, l'autre brandit un grand couteau avec des restes d'oignon collés à la lame. J'ai un mouvement de recul.

Une des filles m'aperçoit debout contre l'embrasure de la porte et dit, "Hé ici." Tout le monde regarde dans ma direction.

Aussitôt que Bella me voit, un large sourire s'étale sur son visage, imitant le mien. Elle lance le couteau sur le comptoir et bondit sur moi, jetant ses bras autour de mon cou et m'accueillant avec un long baiser langoureux. Je ne sais pas si c'est une démonstration ou si elle est bourrée, ou les deux, mais ça semble sincère comme si je lui avais manqué. Elle a des relents de fraises et d'oignons.

"Wouah, tu es saoule," je constate en embrassant ses lèvres avec douceur

"Noooon," sourit-elle.

"Siiiiiiiiiii."

"Ce n'est pas ma faute! Ces maudits daiquiris sont sournois!" Elle pointe un doigt accusateur vers le blender vide avec des éclaboussures roses au fond. "Une minute, je fais de la salade de pommes de terre et tout, je ne sens plus mes pieds!"

"Pouah, je déteste quand ça arrive," dis-je avec condescendance. Je frotte mon nez dans ses cheveux, réalisant que toutes les filles dans la cuisine nous regardent complètement fascinées. Je lève la main pour saluer. "Hé, je suis Eddie."

Une fois les présentations faites et la gêne considérablement dissipée, Em prend place au grill et je suis placé derrière le tiki-bar délabré (bar polynésien) à préparer des margaritas, car de toute évidence, le mélange daiquiri a été épuisé. J'en bois aussi, ornées d'une petite ombrelle rose glissée dans le verre juste pour prouver que je suis certain de ma virilité. Après un bon nombre de verres et un dîner, composé de maïs grillés, salades et burgers de dinde avec dedans du fromage et du poivron rouge et de l'oignon comme condiments dessus, qui était foutrement phénoménal, je suis gavé et heureux de l'être.

Je suis effectivement en mesure de garder ma bonne humeur quand mon père me téléphone pour vérifier si tout est en ordre avec la maison. Je suis assez ivre et le remercie à plusieurs reprise pour m'avoir laissé l'usage de la maison et parce que je l'observe de l'autre côté la terrasse, je lui mentionne aussi que j'ai rencontré une fille. Il rit et me demande si elle est jolie. Je lui dis qu'elle est magnifique et avant de raccrocher il me dit de passer du bon temps et de me protéger. La conversation est plutôt proche d'une ces conversations normales père-fils et tout cet échange me surprend, me mettant même de meilleure humeur. Peut-être y a-t-il encore de l'espoir pour nous.

Quand je rejoins le groupe pour m'asseoir, je prends Bella sur mes genoux. Une de ses jambes se balance sur le côté de l'accoudoir du fauteuil de jardin. Elle est pieds nus et le dessus de ses orteils ont encore de petites marques rouges des ampoules qui ont commencé à guérir. Ses cheveux descendent dans son dos en longues boucles, et j'enroule une des mèches soyeuses autour de mon doigt, la frottant contre le bout de mon nez et ne la regardant se dérouler que pour répéter le geste encore et encore. Cette odeur me fait penser au soleil.

Bella se tourne pour frotter son nez sur mon visage et nous nous embrassons chastement sans la langue car il y a beaucoup de monde sur la terrasse et je ne suis pas sur le point de nous donner en spectacle.

Parce que je m'étais laissé tenter suffisamment pour me sentir rassasié et détendu, une fois encore, je refuse le joint qui circule dans le vaste groupe. Entre être rentré tard hier soir et levé aux aurores pour attaquer les vagues, combinés à essayer de "sauver la vie de Bella" cet après-midi et le contrecoup généralement fatigant du soleil, je suis complètement vanné.

Assis là avec elle, cela prit un moment pour faire son chemin, mais je réalise que je suis heureux, comme vraiment foutrement heureux. De temps en temps je me surprends à sourire à propos de rien, à rêvasser à ses mains sur moi et à sa bouche et à ce mamelon.

Dieu que j'aime ce mamelon. Quand je finirai par voir les deux, j'attacherai le pluriel et ça me paraîtra bizarre. Comme si elle était uni-sein.

Elle me regarde et me fait un sourire chaleureux et sincère, jolies dents, jolies lèvres, heureuse aussi. J'ouvre la bouche pour lui dire quelque chose de gentil, pour lui révéler tous ces sentiments mêlés d'amour à en être malade que j'ai, combien je l'apprécie beaucoup et que je veux la toucher partout, mais c'est bien trop tôt pour ça. En outre, ça passerait pour des paroles en état d'ivresse et je ne veux pas qu'elle pense que je suis un trou du cul. Le fait est qu'il est en quelque sorte enraciné en nous depuis la puberté que les filles sont attirées par les gars qui la jouent froids et distants. C'est ce que j'ai toujours fait et ça marche. Vraiment bien, en fait. Néanmoins, ce n'est pas comme ça que je voulais être avec elle... ça semble anormal de refouler des instincts que je n'avais même pas vraiment su que je possédais tout d'abord. Je n'étais pas certain sur le protocole correct là.

Au lieu de faire l'andouille, j'embrasse simplement son épaule, sentant la chaleur de sa peau rougie contre mes lèvres rugueuses, brûlées par le soleil.

Alors que le soleil s'estompe dans le crépuscule et que l'air rafraîchit, elle se lève pour aller mettre un jean. Je la suis à l'intérieur pour aller aux toilettes. Quand je termine, je retrouve Bella dans sa chambre, en train de rafraîchir son maquillage. Sa chambre est la petite au fond du couloir, celle avec des murs bleus et des nuages peints au plafond et des lits superposés... putains de stupides lits superposés. Je n'arrive pas à me rappeler son nom... Ashley? Anna? Amy? Peu importe... je l'ai pelotée sur le lit du haut là dans cette chambre, ce qui me fait plutôt flipper car Bella a été dormir dans le même lit. C'était il y a plusieurs années, mais n'empêche. Je dois partir.

La plupart des maisons de location ici ont des lits superposés pour offrir plus de places. Je me souviens de cet été-là, j'étais ici avec Jay, Em et mes parents. Nous avions accroché avec ces filles qui étaient un peu plus vieilles que nous et elles avaient piqué une bouteille de rhum dans l'une des cachettes de leurs parents. J'étais tellement ivre que j'étais tombé de ce foutu lit du haut en plein milieu d'un doigté trop exubérant. Je me fis une entorse au poignet dans la chute et mentis à ma mère à ce sujet, lui ayant dit m'être blessé en surfant. Mon père sut que c'était un mensonge cependant car il me confronta sur ça plus tard et me mit une gifle en pleine figure pour avoir menti à ma mère. Laissant une marque de la forme de sa main sur ma joue pendant toute une journée. Et Em et Jay ne pouvaient pas me regarder sans se sentir vraiment mal à ce propos. C'était l'été de mes quatorze ans... il y a presque huit ans... et je peux encore sentir la sensation de brûlure de son énorme main sur ma peau.

Dans un mouvement de recul, je regarde ailleurs que ce stupide lit superposé, adossant Bella à la vieille commode en bois. Le million de bouteilles et de tubes de produits de filles sur le dessus dégringolent partout alors que mes mains parcourent ses fesses. Nous nous embrassons longuement et rudement et je traîne mes lèvres de sa mâchoire à son oreille. Je chuchote, "J'ai envie de toi." Mon élocution est légèrement pâteuse. Je veux me tirer de cette chambre qui me donne la chair de poule.

Elle sourit narquoisement, attrapant ma lèvre inférieure avec ses dents et dit, "Je sais."

~ITD~

Le bar est bondé, comme plein à craquer de gens, de corps et de chaleur et de sueur. Ça sent comme les aisselles chaudes et fumantes. Nous prenons nos verres et allons dehors sur la terrasse où c'est encore désagréablement confiné mais plus frais d'environ dix degrés. Je n'ai pas vraiment envie d'être ici. Je ne suis juste pas d'humeur à gérer tout cet entassement de corps. Et les putains de couguars, mec. Elles sont partout, et elles sont vraiment sans complexe dans la façon flagrante dont elles fixent. Em le remarque en même temps que moi. Il me donne un coup de coude et avant qu'il puisse même dire quoi que ce soit je lui murmure entre les dents, "Tunnel". Il crache et sa bouche se tord, ça le fait taire efficacement.

Le truc sur Fire Island est que les bars et les clubs ne sont pas exclusivement pour les jeunes dans la vingtaine comme partout ailleurs. Il peut y avoir vraiment de la bonne house music, avec des lumières stroboscopiques au-dessus d'une piste de danse chaotique, et sorti de nulle part, un vieux de soixante-cinq ans dans une chemise hawaïenne sur la piste essaie de faire le robot ou quelque chose d'archaïque... comme dans les années 80. Tout le monde est bien avec ça même si c'est complètement décalé. Je suppose que c'est une partie du charme de l'île.

La moitié du groupe reste à l'Albatros et l'autre moitié se rend en groupe à la Goélette. Bella marche avec sa main dans la mienne, me traînant pratiquement tant je suis fatigué. Je lui avais dit carrément que j'allais rester à la maison et que je la retrouverai plus tard mais elle n'a pas été d'accord avec ça.

Le tableau est le même dans ce bar, trop surpeuplé pour se déplacer. C'est pareil au Matthew, au Houser et au Maguire. L'ennui augmente progressivement pour moi, pourtant Em et moi continuons à boire. Bella et Rose partent avec leurs amis. Elles dansent, vont faire pipi, reviennent vers nous pour vérifier. Bella et moi parlons un peu, nous pelotons beaucoup. Je tripote ses fesses un peu, lui dis, "J'ai envie de toi."

"Je sais." dit-elle avec un sourire en coin, toutes les fois. La même chose se passe au bar suivant et au suivant. Je passe mon temps à parler à des étrangers d'inepties, tandis que j'essaie de calmer Em toutes les cinq secondes quand Rose devient un peu trop amicale avec n'importe quel gars qui l'approche. Néanmoins si elles savent que nous pouvons les voir de là où nous sommes dans le bar, les filles esquivent à plusieurs reprises les avances faisant clairement savoir qu'elles veulent juste être seules. Nul besoin de dire que je suis vraiment soulagé que nous n'ayons pas à nous occuper de filles qui ont envie de scènes. Je ne peux compter le nombre de fois où Em et moi étions sortis avec des filles qui flirtaient délibérément avec d'autres gars et faisaient des trucs stupides pour avoir une réaction de notre part. Je ne joue pas à ces jeux et je n'aime pas les filles qui le font.

Juste après onze heures, quelques-uns ont la brillante idée de vouloir aller à Ocean Bay Park, car pour quelque raison inconnue ils pensent que les bars ne seront pas autant surpeuplés. C'est à vingt minutes de marche, en partie dans le sable, mais même si mes mollets me tuent à cause de l'eau cet après-midi, je suis.

A un certain point du parcours, Connor et Brady nous tombent dessus et ils sont tous les deux complètement allumés avec des filles accrochées à leurs bras. Elles sont toutes les deux des nanas de club : le genre bronzées de partout avec de longs cheveux décolorés et excessivement de mascara et eye-liner et les seins sortant de leurs débardeurs décolletés et des putains de stilettos... à la plage. Pourquoi?

Parions ma couille gauche que celle avec les plus longs cheveux s'appelle Tina.

Je suis dégoûté sans réelle raison, sinon que je suis ivre. "Puttana," je commente à voix haute après un coup d'œil vers elles bien que je ne voulais pas directement insulter qui que ce soit. C'était une simple remarque. Quoi qu'il en soit, si elles ne voulaient pas être considérées comme des traînées, elles ne s'habilleraient pas de cette façon.

Bella rit d'accord avec ça et ajoute avec bruit de gorge, "Schifosa." Je dois m'arrêter pour l'embrasser alors, juste parce qu'elle est tellement foutrement mignonne de traiter les filles de laides en Italien. Elle s'éloigne avec un ricanement et dit, "Hé, veux-tu entendre quelque chose d'intéressant?" Je hoche la tête avec enthousiasme mais elle a déjà continué. "Tu connais la sauce Puttanesca, non?"

Je hoche la tête et lui dit, "Ma Nonna avait l'habitude d'en faire tout le temps avant sa mort. C'était salé."

Les spaghettis alla puttanesca (de l'italien signifiant littéralement en français « spaghetti à la putain ») sont un plat d'origine italienne à base de spaghetti et d'une sauce tomate épicée et relevée aux anchois. (Wikipédia)

Elle s'arrête et me regarde avec des yeux de petit chiot. "Oooh, ma Nonna est morte aussi." Bien qu'elle m'ait déjà dit que sa grand-mère était décédée il y a presque un an, je lui souris, touchant sa joue avec mon pouce. Je veux faire demi-tour et rentrer à la maison pour l'embrasser et la toucher en privé. "Elle n'est pas morte en ayant mangé de la sauce, cependant, juste pour que ce soit clair." Je la fixe d'un air ébahi.

Elle me tire le bras, me rapprochant d'elle. "Écoute... le nom puttanesca est dérivé du mot puttana." La Bella ivre gesticule et parle fort... vraiment, vraiment fort et tout le monde, y compris les puttana aux bras de Connor et Brady, est mêlé à la conversation. "Il est dit que des prostituées la faisaient afin que l'odeur forte puissent attirer les hommes de la rue dans le bordel. Il est dit aussi que les prostituées la faisaient pour les hommes attendant leur tour avec la pute car c'est vraiment rapide et facile à préparer et elles n'avaient pas à passer la journée dans la cuisine, pas comme dans les chambres pour se faire de l'argent. Et l'autre théorie est que des femmes mariées pouvaient la faire quand elles voulaient faire leurs affaires, car quand leurs maris rentraient le soir, ils pensaient que leurs femmes avaient cuisiné toute la journée." Elle hoche la tête en ajoutant, "Et voilà, mesdames et messieurs, votre leçon d'histoire de la soirée."

Notre groupe applaudit sa connaissance de faits inutiles concernant les origines de la sauce italienne pour les pâtes et Bella salue avec un geste théâtral. Je me penche à son oreille pour lui demander si elle me fera un jour de la sauce puttanesca. Elle m'affiche un sourire séducteur et répond, "Seulement si je peux t'attirer dans mon bordel."

Mec. Oui j'aime le jeu de rôle.

"J'ai envie de toi," murmure-je, me sentant super amoureux.

Elle mordille sa lèvre inférieure et souris. "Je sais."

~ITD~

Em est penché sur moi, comme appuyé sur moi de tout son poids. Son haleine sent le citron et le scotch, une odeur forte qui me retourne l'estomac. Il se tourne pour me regarder, son expression est sérieuse et sincère comme s'il allait dire quelque chose d'incroyablement profond.

"Est-ce que les pommes de terres cuites deux fois sont la réponse de l'Amérique aux haricots refrits?" Je le fixe ébahi. Il rote. "Et il faut que je te demande... comment sur cette bonne planète fais-tu pousser des pastèques sans pépin?" Je soupire.

Ben, Riley et deux autres gars qui étaient chez Bella se tiennent là aussi, et tout le monde est complètement déglingué. Je suis juste soûl au point de ne plus me sentir bien longtemps...juste irritable.

"Vous êtes prêts à mettre les voiles?" Demande-je, pas disposé à une autre réponse que oui, et maintenant. La routine a été exactement la même que dans les autres bars, sauf que j'étais assez saoul pour effectivement danser avec Bella dans celui-là. Si on considère bien sûr que se frotter et tripoter le cul d'une fille sur la piste de danse est effectivement danser. J'étais certes, un chien excité sans vergogne, mais Bella n'avait pas protesté du tout. Maintenant il est tard et mes mollets me font mal et je geins comme une petite chienne parce que j'ai les couilles bleues et que je veux tirer mon coup. Normalement je ne suis pas comme ça, et je profite habituellement de l'ambiance des bars ou clubs avec le meilleur de ce qu'ils ont, mais j'ai eu une assez dure journée. En outre, Jay, Allie et Garrett sont supposés être sur le ferry de dix heures demain matin et j'espérais les retrouver sur le quai.

"Où sont les filles?" Demande-je, maintenant agacé.

"Aux toilettes. Bella devait faire pipi." Oh, grosse surprise là.

"Bon. Restez ici." Ordonne-je à tout le monde, et plante Em sur un endroit ouvert près du rebord de la fenêtre. Em s'effondre contre le mur, parlant à lui-même. Il me rappelle ce vieux fou, Oncle Sal, qui roulait sur son vélo dans notre quartier portant un casque de l''armée et une chaine à la ceinture pour tenir son pantalon de camouflage crasseux. Il n'était pas vraiment l'oncle de quelqu'un, et pour être honnête, je ne suis même pas sûr que son nom soit Sal, mais tout le monde l'appelait comme ça cependant.

Disant maintes fois, "Excusez-moi." je coupai la longue file de filles ivres dérangées, la plupart se croisant les jambes et faisant la danse du pipi. Quand j'atteins la porte j'appelle Bella en criant, ignorant les regards que je récolte des filles énervées attendant pour pisser. Bella me rejoint à la porte pour me dire que Rose est en train de dégueuler ses tripes et qu'elle en a pour un moment. Je peux la voir à genoux sous la porte des cabinets. Apparemment Angela est dedans avec Rose également. Soit elle aide Rose ou dégueule elle aussi, je ne sais pas vraiment.

Au risque d'être jeté dehors par l'un des videurs, je reste à l'embrasure de la porte, essayant désespérément d'éviter de croiser le regard du groupe de filles qui attendent leur tour. Bella aide Rose à se laver les mains et se rafraîchit, ce qui est vain car elle semble comme si elle avait été malmenée rudement et mise de côté mouillée. Em n'a pas l'ombre d'une chance ce soir de toute façon, alors je laisse Rose s'appuyer sur moi tandis que nous faisons le chemin de retour vers Em. Ce connard ferait mieux d'être où je l'ai laissé.

J'envoie un texto à Em lui disant de nous rejoindre à l'entrée. Alors que nous poussons notre chemin à travers la foule une fois de plus, j'agrippe la main de Bella d'un côté tandis que j'enroule mon bras autour de la taille de Rose pour la soutenir. Elle semble mieux mais de toute évidence elle a des difficultés à marcher dans son état. Angela est à la remorque derrière nous. Nous atteignons juste l'autre côté du bar quand je sens quelqu'un attraper mon bras, des ongles s'enfonçant dans ma peau. Quand je tourne brusquement la tête, je vois Bella plisser ses yeux à cette dame qui est peut-être proche de la trentaine.

La femme penche sa tête vers moi et dit, "Oh merde! Tu es Camden St Croix, n'est-ce pas? Je t'ai vu plus tôt et je pensais que peut-être, mais c'est sans aucun doute toi!" Elle pousse de petits cris.

Je me fige mais essaie de mon mieux de rester insensible. Ce nom n'a pas été évoqué depuis des années et je suis genre flippé qu'elle puisse me reconnaître après dix ans alors que j'étais juste un gosse. Ce n'est vraiment pas que je me sente comme pour m'occuper de ça là maintenant, alors je secoue la tête pour dire non et commence à bouger à nouveau, mais ses doigts sont toujours enroulés autour de mon bras.

"Si, tu l'es!" Insiste-t-elle. "Oh mon Dieu, puis avoir une photo avec toi? J'avais l'habitude de regarder Another World religieusement quand j'étais au lycée et je te reconnaîtrais n'importe où! J'ai été tellement folle de rage quand ils se sont débarrassés de toi pour mettre cet idiot à ta place. Il a mis Ashlynn enceinte environ deux secondes après qu'ils aient vieilli ton personnage et..." Elle n'arrête pas de parler et j'ai juste envie de m'éloigner de cette nostalgie. Le regard assassin que je lui lance reste inaperçu.

Les expressions des filles varient de confuses à... eh bien, confuses. Bella sourit juste d'amusement. Je lui avais dit que j'avais fait du mannequinat et joué quand j'étais gosse, mais je n'étais pas entré dans les détails.

"Je ne suis pas... ce n'est pas moi. Désolé," réponds-je cassant. Je bouge pour m'éloigner à nouveau et sa main se resserre sur mon bras une fois de plus. Je lance un regard mauvais à cet endroit car maintenant je suis hors de moi.

"S'il te plaît? Juste une photo?" Je souffle et laisse la femme prendre une photo de nous ensemble tandis que j'entends Bella et ses amies ricaner et se regarder l'une l'autre se demandant, "What the Fuck?"

Alors qu'elle me remercie, j'attrape la main de Bella et le bras de Rose, me frayant un chemin vers la porte d'entrée. A la seconde où nous sommes à l'extérieur, je repère Em sur un banc à proximité. Il est avec les gars du bar, certains d'entre eux de la maison de Bella et bien sûr, Connor et Brady et les puttana. Sauf qu'elle sont quatre salopes maintenant, et je me demande en passant ce qu'ils ont fait pour les multiplier.

Bella se tourne vers moi et me demande avec un air confus, "De quoi s'agissait-il bordel?"

Je passe une main sur mon visage, las. "Quand j'étais gosse, j'étais dans un feuilleton. Elle m'a reconnu, c'est tout." Bella reste bouche bée et elle applaudit allègrement.

Je fais paraître ça comme n'étant pas important mais bien sûr Em entend ça et dit d'une voix chantante qu'il utilise pour me contrarier, "Camden St. Croix, love machine."

Quand nous étions gosses, il me tourmentait la plupart du temps à cause de ça. Au fil des ans j'avais confisqué de nombreuses photos de moi dans les anciennes éditions de Soap Opera Digest et des photos de moi en slips moulants pour encore un autre catalogue automne/hiver de JC Penney. C'est en fait pourquoi j'ai arrêté cette connerie de mannequinat: c'était humiliant et je manquais une grande quantité de cours et de temps que j'aurais préféré passer avec mes amis. Je n'avais continué cela qu'à cause de ma mère, qui maintenant quand j'y pense, me poussait probablement à ça uniquement parce qu'elle avait besoin de faire quelque chose de son temps. Malgré des cours approfondis et des coachs, je ne pouvais pas jouer pour des merdes et tout le monde le savait. Quand ils ont choisi de ne pas renouveler mon contrat, faisant au lieu de ça subir "un syndrome de vieillissement rapide" à mon personnage, le faisant passer de treize à dix-sept ans en une nuit afin de gagner de jeunes téléspectatrices durant les vacances d'été, j'ai quitté le business complètement.

Bella et les filles, qui sont à fond amusées par l'embarrassante carrière de mon enfance, sortent toutes leurs téléphones et me quémandent avec dérision des photos et des autographes.

Em continue à m'asticoter, alors je dis, haut et fort avec une bonne dose d'irritation, "Hé, ne vous ai-je jamais raconté la fois où nous étions au Tunnel?" Je n'attends pas que qui que ce soit réponde. "Ouais, alors moi et Em... nous étions assez chargés et nous sentions vraiment super bien et Em avait fini par accrocher avec cette fille." Je me recule alors qu'Em se relève de façon menaçante me lançant un regard d'avertissement. Il fait environ cinq centimètres de plus que moi, mais n'est pas beaucoup plus gros question poids. Il va sans dire que je peux encore lui botter le cul.

"Ferme-la, Eddie," dit-il et il ne rigole pas. Le groupe commence à se déplacer avec nous.

"Donc il accroche avec cette fille et il est tout, 'Oh, elle est si foutrement hot, et elle embrasse comme un ange'." Je ricane, parce que mec, c'était drôle. Dans ce club il faisait noir comme dans un four et dans notre état d'ébriété, aucun de nous ne savait ce que diable il se passait. Em est maintenant dents serrées, me menaçant, mais je marche plus vite, me moquant de combien il est devenu furax ce qui le met encore plus en colère. Les gars pensent tous que c'est la partie la plus drôle de l'histoire, pourtant...

"Donc cette fille... elle est assise sur ses genoux et elle est partout sur Em, léchant son cou et l'allumant, vraiment excitée et tout." Il bondit sur moi mais je saute derrière Angela, et ensuite fais un pas de côté derrière Bella, sachant qu'il ne s'en prendrait jamais à une fille. C'est un acte de lâcheté mais si nous en venons aux poings, le reste de l'histoire ne sera pas raconté. Belle meurt d'envie de m'entendre la terminer, alors elle se plante stratégiquement devant moi, comme un bouclier humain volontaire ce qui marche comme sur des roulettes. Finalement, quand il réalise que c'est vain, il arrête d'essayer de me frapper à la tête et affaisse ses épaules.

A ce stade, Em est résigné. Il marmonne, "Putain peu importe, mec."

Je souris, victorieux. "Donc je suis assis là et je regarde Em caresser son dos et il est tout mielleux avec elle alors que sa main avance petit à petit sur sa cuisse. Et elle avait de superbes jambes, je veux dire, longues, fines et juste... ouais. Mais elle avait cette jupe courte et vous voyez, elle étire ses jambes un peu et bien sûr, je n'allais pas regarder ailleurs." Bella claque sa langue et roule des yeux. Em se couvre le visage avec les mains. Il est mortifié.

"Et là je remarque... je veux dire, comme je l'ai dit, il faisait sombre et j'ai dû comme, me pencher en avant pour voir vraiment... mais elle avait une putain de bosse entre les jambes!"

"Oh mon Dieu, elle était un il?" s'écrie Rosalie.

Bella pointe son index vers Em. "Tu as embrassé un mec!"

Ceci fait hurler de rire le groupe et plusieurs personnes qui marchaient en écoutant mon histoire. Ses frères ne laisseront ça jamais, mais jamais, tomber dans l'oubli.

Pauvre Emmett, il est tellement humilié. "Il faisait foutrement sombre et j'étais lessivé. Je n'en avais pas la moindre idée! Fermez-la à la fin!" Il glousse maintenant lui aussi.

Je lui rappelle que la vengeance est une chienne et si jamais il remet sur le tapis Camden St. Croix, je le tuerai. Il est suffisamment réprimandé et assez dégrisé maintenant.

Plus tard, après que les rires se soient éteints et que nous attendons sur le quai du ferry pour le Lateral, Bella me supplie de la laisser voir les vieux épisodes une fois revenus à la maison. Finalement, et je ne sais pas si c'est sorti par défaite ou par épuisement, ou juste à la façon dont ses yeux étincellent alors qu'elle m'implore, je cède. Je l'avertis qu'elle n'aura aucun catalogue ou des portraits embarrassants, et elle doit me laisser voir des photos d'elle quand elle était plus jeune en retour. C'est loin d'être un échange équitable mais elle dit qu'elle me laissera voir les photos de son récital de danse et peut-être même une où elle est nue dans sa baignoire. Ensuite elle me révèle tranquillement qu'elle a fait du mannequinat elle aussi quand elle était à l'école. Bella est intentionnellement vague et je la presse donc pour plus de détails, mais elle dit qu'elle me parlera de ça une autre fois. Ma curiosité est piquée et ce n'est pas drôle.

Je pense cependant, pour l'essentiel, que j'aime bien l'idée d'avoir une raison de la voir une fois de retour à la maison et cela, quoi que nous fassions, est plus que juste une aventure d'un week-end à la plage.

~ITD~

"Je suis désolée," dit Bella, ses foutus yeux de petit chiot me poignardant le cœur.

Avec la main devant la bouche pour étouffer encore un autre bâillement, je secoue la tête. "Arrête de t'excuser. Tout va bien."

Nous attendions sur le quai depuis une demi-heure que le taxi d'eau arrive, le dernier de la soirée, et quand nous étions montés, Bella se rendit compte qu'elle avait laissé son sac dans les toilettes au bar. Elle voulait y retourner toute seule, mais il n'y avait pas moyen que je la laisse retourner dans ce bar toute seule. Le chauffeur du taxi avait refusé d'attendre, donc nous sommes condamnés à marcher au retour. S'il n'y avait que cinq minutes de trajet, mais il y en avait pour environ une heure. Je traîne mon cul.

"Je me ferai pardonner ça, je promets," dit-elle tenant ma main alors qu'elle marche à reculons dans l'allée piétonne bordée des deux côtés par des roseaux chaume. Je ne sais comment, j'ai fini par porter son sac à main et je m'en fous. Bella est une picoleuse joyeuse, quoiqu'une excitée. Je l'apprécie comme ça, même si je ne peux rassembler l'énergie pour égaler son enthousiasme.

Avec un sourcil arqué, je réplique, "Oh, ouais, comment prévois-tu de faire ça, hein?" Il n'y a rien à pardonner, pourtant je suis disposé à la laisser parler.

Son sourire devient de charmeur à directement pervers. Elle fait courir ses mains sur mon torse lentement, se dressant sur la pointe des pieds pour enrouler ses bras autour de mon cou. Je sens ses ongles griffer ma nuque et dans mes cheveux, m'envoyant des frissons dans le dos. Je frémis et laisse échapper un embarrassant gémissement. Son toucher me fait incliner la tête vers la sienne et je me sens comme si je devais ronronner. Mes doigts se nouent dans la ceinture du jean taille basse de Bella effleurant la peau douce juste au-dessus de ses fesses. Je la tire vers moi, l'alignant contre mes hanches alors que ses lèvres rencontrent les miennes. Nous sommes au milieu de l'allée mais peu de gens passent à cette heure de la nuit. J'autorise mes mains à remonter sur ses flancs et à redescendre ensuite, osant faire la même chose sous son débardeur. Sa langue vient rapidement glisser sur la mienne. Je ressens ce baiser partout.

Quand elle s'éloigne, je ne veux pas la laisser aller. "Je dois faire pipi," murmure-t-elle. Je roule des yeux. C'est une chose à laquelle je dois me faire. J'avais appris de ses amies qu'elle avait toujours été comme ça. Elles l'avaient surnommée Isavessie, ce qui je pense est marrant.

Nous marchons tout en cherchant un endroit convenable pour qu'elle puisse faire, mais il n'y a que des grands roseaux secs qui ressemblent à du maïs. Quand une maison vient en vue, elle détale derrière une brèche dans les roseaux où elle s'accroupit à côté d'un appentis. Je la suis parce que je me dis que je dois profiter de l'occasion pour faire maintenant également. Je choisis une place assez loin d'elle pour lui laisser son intimité, mais je peux encore l'entendre clairement. On ne sait jamais ce qui peut se tapir dans ces endroits sombres. Je suis juste en train de finir quand je sens Bella approcher par derrière. Avant que je puisse remonter ma fermeture, je me tourne pour voir ses yeux baissés voleter à ma queue. Elle se lèche les lèvres, avançant pour se rapprocher de moi. Je dois prendre une profonde respiration juste à cause de sa proximité.

Elle tend ses doigts, timidement tout d'abord. Je m'affaisse contre le revêtement, pas sûr de savoir si je dois l'arrêter. Je veux dire, honnêtement? Je veux qu'elle me fasse de vilaines choses. Le genre de choses vraiment dépravées dont nous ne reparlerons plus jamais. Je ne veux juste pas qu'elle se sente obligée ou que si elle ne le fait pas, je ne l'aimerai pas ou ne voudrais plus sortir avec elle. Nous sommes à cet étrange stade là maintenant où il y a une mince limite et je ne veux pas la traverser ou faire quelque chose qui détruirait la belle chose que nous avons eue jusque-là. Mais, Bon Dieu, j'ai envie d'une pipe.

"Merde, Bella." Je frissonne alors que ses doigts parcourent l'élastique de mon boxer et s'enfoncent ensuite graduellement plus bas, effleurant la tête de ma bite. Je ferme les yeux. Quand la chaleur de sa paume entoure ma hampe et que je sens son pouce glisser sur la tête, ma respiration se bloque, et je la relâche dans un long sifflement.

Bien qu'il fasse sombre là où nous sommes, près de l'appentis, il y a un lampadaire pas loin de nous, baignant l'allée d'un halo jaune. Ses yeux sont intenses et elle se lèche à plusieurs reprises les lèvres alors que ses mains commencent à pomper de haut en bas. Nous sommes à l'abri des regards pourtant j'aime l'idée que nous soyons si exposés. D'une certaine façon, ça donne l'impression que c'est illégal. Encore que, peut-être c'est parce que ça l'est un peu.

Mes yeux sont toujours fermés quand je sens sa main libre s'insinuer sous mon tee-shirt, ses ongles grattent ma peau rougie par le soleil. Je suis surpris de combien j'aime cette douleur subtile. Elle frotte son pouce sur un de mes mamelons et ensuite sur l'autre. J'ai envie de sa langue sur eux. J'ai envie de ma langue sur elle. Si nous étions dans un lit, je lui dirais ce que j'aime, ce que je veux qu'elle fasse. Je lui demanderais de faire la même chose pour moi quand je lui rendrais la pareille.

L'intensité du mouvement de sa main augmente, tout comme mon orgasme imminent. Je tends le bras, emmêlant mes doigts dans ses cheveux alors que je prends en coupe l'arrière de sa tête, rapprochant son visage du mien, rétrécissant l'espace entre nos bouches. Elle tend le cou quand je déplace mes lèvres le long de sa mâchoire et suce son oreille, grattant le lobe avec mes dents. Les petits diamants qu'elle porte font un cliquetis. Quand elle soupire, je baise sa bouche avec ma langue, désirant que ce soit moi à l'intérieur d'elle. Je viens fort, marmonnant, "Putain de Dieu," tout en m'écroulant presque sur moi-même par la sensation.

Bella et moi fixons tous les deux sa main, encore enroulée autour de ma queue. Des filets blancs crémeux s'écoulent de son poing fermé. Je ne peux empêcher en me voyant partout sur elle, voir que ça m'excite. Elle me regarde les yeux écarquillés en marmonnant, "Merde."

Je reste immobile tandis qu'elle ramasse et farfouille dans son petit sac avec sa main propre, en sortant finalement une liasse bien pliée de papier toilette. De toute évidence, Bella et sa minuscule vessie sont toujours préparées. Bella essuie sa main et ensuite m'essuie également. Une grande partie a déjà été absorbée par mon sous-vêtement, et étonnamment, je me fous qu'elle me voit et assez franchement, me sente alors que je suis ramolli.

Quand elle a terminé, je murmure, "Viens-là," l'attrapant par la ceinture de son jean. Nous nous embrassons une nouvelle fois, longuement et profondément, nous éloignant dans un mutuel soupir. "Merci." Je souris contre sa bouche. Je suis complètement épuisé mais pourtant ivre de bonheur, comme si je flottais. C'est à se demander comment même je peux bouger à ce stade.

Mon bras est autour de sa taille le reste du trajet de retour. A certains moments, je laisse mes doigts passer sous son chemisier juste au-dessus de ses hanches, effleurant ses côtes... rien d'inconvenant. Nous parlons en chuchotant, surtout parce qu'il est tard et que nous passons devant des maisons qui sont silencieuses pour la nuit. Je la raccompagne chez elle parce que c'est la politesse, mais je veux vraiment l'amener chez moi pour me coucher avec elle. Me réveiller avec elle. Être avec elle.

"Si tu veux..." dis-je timidement, entrelaçant mes doigts au siens, "Tu peux venir à la maison avec moi. Juste pour dormir." Je réussis un petit sourire, suivi d'un bâillement.

Elle sourit, montant sur une marche du perron ainsi ses yeux sont au niveau des miens. Ses paupières sont lourdes dans cet état avancé d'ébriété où tout ce qu'on veut c'est dormir, dormir et encore dormir. Il semble comme si elle réfléchit à ma proposition une minute environ avant de répondre. "Une autre fois. Je dois prendre ma brosse à dent et quelque chose pour dormir et il est tellement tard. Je ne sais pas si je pourrais faire le trajet."

"Tu n'as besoin de rien pour dormir," plaisante-je. Elle me tape le bras pour rire. Et ensuite elle baisse le regard vers ses pieds, réfléchissant. Quelque chose est levée.

"Écoute," dit-elle doucement. "Juste pour que tu le sache, je ne...fais pas ça comme, une habitude ou quoi que ce soit. En fait," Elle ricane pour elle-même, "Je ne fais jamais des trucs comme ça. Ce soir c'était la première fois avec quelqu'un que je viens juste de rencontrer." Mon esprit est confus, alors il me faut quelques secondes pour réaliser qu'elle fait référence à la branlette plus tôt. "Je... je ne sais pas, je suppose que je me sentais juste comme ayant à le faire pour toi... mais je ne couche pas à droite à gauche, tu sais? Je ne suis pas..." Bella hausse les épaules.

"Tu n'es pas une puttana," finis-je pour elle. "Je sais que tu ne l'es pas, Bella. Crois-moi, mon opinion sur toi n'a pas changé sauf pour le fait que je pense même plus de bien de toi maintenant." Je glousse, alors elle sait que je plaisante. Elle sourit et roule des yeux. "Ce n'est pas pour ça que je te demande de rester toute la nuit." Ça ne l'est pas vraiment.

Elle hoche la tête. "Je sais. Je suis juste vraiment, vraiment attiré par toi et..." elle hausse les épaules. " Je ne m'entends pas émotionnellement avec des gars comme ça souvent... ou jamais, vraiment. Il me semble toujours trouver des défauts à tous ceux que je rencontre. Mais toi... c'est différent."

Je sais exactement ce qu'elle veut dire, car j'ai la même impression. Honnêtement, ça m'effraie... l'intensité de ce que je ressens et la rapidité à laquelle c'est arrivé.

Dans la lumière jaune du porche je vois la chair de poule se hérisser sur ses bras. Je frotte mes mains en va et vient de ses coudes à ses épaules et ensuite la prends dans une étroite étreinte où j'aurais pu rester pour toujours. "C'est pareil pour moi, Bella."

Je veux lui dire comment je suis foutrement difficile au sujet des filles avec qui je sors et comment je ne peux pas garder les yeux loin d'elle et combien je veux m'enfermer dans une pièce avec elle juste pour pouvoir connaître ses secrets et ses peurs et les petites choses insignifiantes qui la rendent infiniment heureuse. Mais à la place je dis, "Je suis juste heureux que tu sois là avec moi."

Ses mains resserrent leur étreinte dans mon dos alors que je la sens hocher la tête pour acquiescer. Nos lèvres se caressent l'une contre l'autre, tendrement. "Dors bien. Je te vois demain à la plage?" Je reste vague car avec l'arrivée de Jay et Allie, je ne sais pas s'ils voudront prendre un petit déjeuner à leur descente du ferry ou aller directement à la maison. Un dernier baiser et nous nous séparons. Je reste dans son allée jusqu'à ce qu'elle ferme la porte derrière elle et ensuite je rentre d'un pas nonchalant.

Je ne suis pas surpris de trouver Connor et Brady dans le jacuzzi avec les quatre puttana avec qui ils étaient plus tôt. Je traîne avec eux quelques minutes, déclinant poliment les multiples invitations à me joindre à eux. Avec un signe de la main, je baille et leur souhaite bonne nuit, rappelant à Connor de fermer les jets et de remettre le couvercle quand ils sortiront. Je peux encore les entendre rire et pousser des petits cris quand j'entre dans la douche, mais les choses sont redevenues calmes quand j'en sors, et je ne veux même pas songer à ce qui ce passe en bas pour causer un tel silence.

Je me sèche, accrochant la serviette humide à la poignée de la porte mais je suis trop fatigué pour la ramasser quand elle glisse sur le sol en tas. J'éteins les lumières et me glisse dans le lit; je savoure la façon dont les draps me font du bien sur la peau. Je laisse échapper un gémissement quand je me rends compte que je n'arrive pas à me souvenir si la porte de la chambre est verrouillée ou non, mais encore une fois, je suis trop foutrement fatigué pour vérifier. Laisser quelqu'un me surprendre à dormir nu. C'est ma maison. Qu'ils aillent se faire foutre s'ils n'apprécient pas ça.

Avec une dernière pensée fugace à Bella, mes paupières se ferment et je suis loin, tiré dans un de ces profonds sommeils sans rêves tant est que quand j'ouvre les yeux à nouveau, je suis étonné que six heures soient passées. Le soleil du matin filtre à travers les portes vitrées fermées, créant déjà une inconfortable chaleur dans la chambre; signe qu'il va vraiment faire chaud aujourd'hui. Ça brûle mes yeux sensibles.

Très surpris, je cligne plusieurs fois des yeux, me raidissant à la sensation d'un corps pressant contre mon torse, piégé dans une cuillère intime. Mon visage est enfoui dans une masse de cheveux sombres, ma main sous un débardeur côtelé avec un sein nu pris en coupe dans ma paume. Doucement, avec appréhension et mon cœur battant la chamade, je libère ce sein et retire ma main de son top.

Parce que dans les brumes de ma gueule de bois, je n'ai aucune idée d'à qui il appartient.

~ITD~

Aïe ! Eddie aura-t-il tout foiré ? Ils avaient pourtant foutrement franchi une étape supplémentaire, même après seulement un jour.

A bientôt

LyraParleOr