Hellow! Merci pour toutes vos reviews! Je ne pensais pas que le scénario et Amaury plairaient. C'est super cool ^^
En attendant, j'aurais tout de même besoin d'un(e) beta-reader. Car en me relisant, je me rend compte de certaines lacunes, mais je ne peux pas m'en charger seule. Donc si quelqu'un se sent l'envie ou le temps de m'aider, je suis preneuse.
Sinon comme personne n'a deviné la petite référence concernant la boussole, je donne la réponse: c'est la Boussole de Jack Sparrow dans Pirate des Caraïbes.
Voilà. Bonne lecture.
(L'univers d'HP et ses personnages appartiennent à JKR, je ne possède que les personnages originaux comme Alyona, Amaury etc. )
Il fait tout noir. J'ouvre mes yeux. Je les ferme. Il n'y a aucune différence. Je respire difficilement. J'ai mal à la tête. Je tousse. Je crois que j'ai pris froid. Je suis couchée sur un sol mouillé. Ah oui…je me rappelle. C'est du sang. Il fait humide, tout est glacé. Maman disait toujours de ne pas se traîner par terre, que ce n'était pas digne de nous, et que l'on risquait d'avoir mal. Elle avait raison. J'ai très mal. Chacun de mes membres est engourdi. Je devrais me relever. Je devrais. Mais au fond de moi je crois que ça ne sert à rien. Il fait noir. Je ne vois rien. Il n'y a pas d'issue. Et il n'y a personne pour me sauver. « Il » me l'a dit. Lui. L'Autre.
J'ai pourtant essayé. J'ai tâtonné, j'ai essayé de grimper là où je pouvais. Je me suis blessé les mains, les coudes, les genoux. J'ai crié, appelé au secours, mais en vain. L'Autre était parti. Personne n'est venu depuis. Et désormais, je suis couchée par terre, j'attends. J'attends et je pris pour que quelqu'un me cherche. Que quelqu'un me retrouve. Que quelqu'un pense à moi. Amaury. Vassili. N'importe qui, pourvu que qu'il puisse m'emmener avec lui, loin d'ici.
Mon corps se cabre, je tousse encore. Ma poitrine me brûle. Mes muscles se contractent et j'attrape une crampe au coté. Je gémis. Je me recroqueville en me tenant la hanche. Je pleure, mais bien vite mes larmes se tarissent. Et tout redevient calme. Trop calme. Le silence en serait presque bruyant.
Depuis combien de temps suis-je là ? Je n'ai plus vraiment idée du temps qui passe. Le jour, et la nuit n'existent pas ici. Il n'y a que le froid et le rien. La pierre du sol, l'air moite. Et une voix. Dans ma tête. Rien d'autre. Comment je suis arrivé ici ? Je ne sais pas. Je ne me souviens pas. Si je tente de me concentrer, je me rappel juste d'une chose. Des yeux noirs. Une robe blanche. Une lumière. Le reste est si confus. Je ne peux pas me concentrer, je vois des choses étranges apparaître derrière mes paupières closes.
Des pierres qui pleurent du sang. Une biche qui de sa voix cristalline chante des louanges à un dragon alangui sur les bords d'un lac. Un homme à tête de chien, un enfant à la peau écailleuse comme sorti d'un œuf de serpent. Des grandes silhouettes noires, masqués d'argent. Leurs yeux qui me fixent. J'ai soudainement très chaud. Puis à nouveau très froid. Je frissonne. Est-ce que j'ai de la fièvre ? Suis-je en train de devenir folle ? Peut-être. Après tout dans mes rêves je vois…Alma.
J'ai faim. J'ai soif. Vais-je mourir ? Je n'ai rein avalé depuis trop longtemps…et pourtant, tu me tiens encore éveillée. De ta toute petite voix. Je t'écoute comme tu m'as dit. Tu me murmures des choses. Je ne comprends pas tout, mais c'est doux. C'est rassurant. Dis, pourquoi Maman ne vient pas me réchauffer… Elle ne peut pas ?...Je fronce mes sourcils. Ah oui c'est vrai…elle est morte. Tu pleures ? Pourquoi ? Tu ne me réponds pas. Tu te tais puis tu sanglote. C'est fatiguant. Je t'entends de plus en plus mal. Je dois avoir les oreilles qui se bouchent. Dis…Est-ce toi ou moi qui expire? Je pense que ça doit être moi. Est-ce que c'est ça mourir ? Tu ne dis plus rien. Tu es triste ? Oui ? Alors ne parlons plus de maman.
Orphéus. Mon papa. Où il est ? C'est mon héro. Il aurait déjà dû me sauver. Il dort ? Non, lui aussi est mort. Vraiment ? Tu es sûr…Je pensais…J'ai cru revoir ses yeux quelque part. J'ai du me tromper. Et Octavien ? Il se repose lui aussi ? Mais alors…Si tout le monde dort, je dois moi aussi m'endormir non ? Tu es venue me border c'est ça ? Tu sais, je suis une grande fille maintenant, je commence à m'habituer à l'obscurité. Je n'ai plus peur comme au début. De toute façon… je suis si fatiguée, que je n'ai plus la force d'avoir peur.
Dis, tu me réveilleras demain n'est-ce pas ? Tu seras là quand j'ouvrirais encore les yeux et qu'il fera tout noir. Tu me donneras du courage. Tu me chanteras des chansons pour que je ne pleure pas. Tu chuchoteras à mon oreille quelques mots doux. Que je ne sois pas triste. Puis je m'éteindrais à nouveau tout doucement, comme la flamme d'une bougie. Et juste avant de disparaître en volutes de fumées je te demanderais à nouveau…Est-ce que mourir c'est souffler tout doucement?
OoOoOoOoOoOoO
La pluie. Le vent. Le froid. On était pourtant au mois de juin. Deux hommes étaient transis lorsqu'ils parvinrent aux pieds du château de granit. Ils n'avaient pas échangé un mot. Chacun était à ses pensées. Durant leur traversée des hautes herbes, Alphard avait gardé précieusement son ressentit pour lui car il ne voulait pas risquer de vexer son associé.
Seulement voilà, il avait tellement entendu de rumeurs sur cet endroit. L'Antre du Démon, disait son grand-père. Et sa mère quand il était petit, lui racontait parfois des histoires de monstres, nés entre ces murs. Il n'était plus un enfant, et n'avait jamais été crédule. Mais il devait avouer que l'allure des ruines qui le surplombait n'avaient rien de très rassurant.
Amaury lui, semblait désinvolte. Il avait marché droit devant lui, jetant quelque coups d'œil à l'endroit comme on regarde une photo souvenir, l'air nostalgique, mais sans plus. Pourtant, des émotions se cachaient derrière ce masque d'indifférence. Alphard ne saurait toutes les deviner, mais il savait que cette façon d'être cachait un mal être profond. Et il regrettait que l'homme ne veuille se confier.
Etre un sang-pur ne signifiait pas être hautain, vivre seul, dissimuler ses sentiments, avancer sans partager ses peines. Lui en tout cas ne le concevait pas ainsi.
-Il n'y a pas de portail ? Pas de barrière ?
Il ne posait la question que maintenant mais il devait avouer que ça l'avait titillé. Ils étaient arrivés ici avec une facilité déconcertante. Pour une demeure qui était censé être maléfique, c'était trop simple. Le jeune Alphard leva les yeux, cherchant une ouverture. Il continuait à se questionner.
-Comment va-t-on entrer ? Par une fenêtre ?
Il songeait à faire le tour de la propriété, quand Amaury sortit de son mutisme.
- Ce manoir est scellé, tu pourrais tenter de briser une verrière ou un mur qu'il le réparerait instantanément. Il n'y a qu'un seul moyen d'entrer. Et notre chance est…
Dans un geste d'une élégance insoupçonné, le dragonnier ôta ses gants de cuirs usés. Surpris, Alphard considéra ses mains. Grandes, calleuses, puissantes, mais bardées de cicatrices.
-… que je possède la clé.
Un petit couteau sortit d'une manche alla très vite entailler la chair endurcie, y faisant couler le sang. Sous le regard médusé d'Alphard, Amaury commença alors patiemment à tracer un dessin de sa main écorchée.
Il était déjà rare chez les sorciers d'utiliser leurs propre sang pour la confection de maléfices ou de potions. Mais alors pour ouvrir les portes de leur maison…Cela frôlait l'hérésie. Et dans ce genre de moment, le plus jeune des Lord Black prenait conscience de l'étendue de son ignorance quant à tout ce qui touchait les Blackfyre. Ces gens étaient fous.
Son tracé terminé, Amaruy regarda son œuvre, un mince rictus aux lèvres, franchement satisfait.
-Barbare. Commenta le jeune Black dans un murmure écœuré.
Mais Alphard n'était pas au bout de ses peines. Après une œillade moqueuse, le dragonnier avait posé sa main sur la pierre froide. Et ce fut bref, mais l'espace d'un instant, le jeune sorcier avait cru voir le mur s'être mis à enfler, puis désenfler. Comme un organe. Comme un poumon. Il avait glapit faiblement. Puis alors le sang…Il s'en était allé entre les interstices des pierres, comme aspiré. Alphard n'était pas souvent choqué, mais ça c'était…glauque. Il pouvait vraiment le dire, la magie du sang le mettait franchement mal à l'aise.
Ce qui apparemment ne préoccupait pas Amaury, qui cru bon d'ajouter pour « détendre » son acolyte.
-Dans mes souvenirs, cette demeure était un tel labyrinthe que je m'y égarais une fois sur deux. Alors pour ne pas perdre de temps à te chercher, ou à te sauver, reste près de moi. Dit-il sur un ton badin.
Le plus jeune déglutit. Le sauver ? Des choses à l'intérieur de cette maison pouvaient le mettre en danger ? Enfin…il ne devrait même pas être surpris. La demeure familiale des Black regorgeait elle aussi de créatures fortes accueillantes. A commencer par sa sœur. La tendre et délicate Walburga. Alphard profita d'être encore dehors pour ricaner sous cape une dernière fois. Dès lors qu'ils seraient entrés, il avait le sentiment qu'il n'en aurait guère envie.
OoOoOoOoOoOoO
Amaury avait un peu de mal à croire qu'il était là. Le fils prodigue était finalement de retour, ainsi soit-il. Devait-il être triste ? Heureux ? Ou en colère, de revoir ainsi la maison des ses aïeux. Son cœur ne parvenait pas à se décider. Pourtant il avait bien ressentit quelque chose en se laissant avaler par la matière vivante qui composait les murs de l'édifice. Un sentiment oscillant entre l'appréhension et la joie. Comment avait-il put oublier le frisson que ça lui provoquait chaque fois... Chaque fois qu'il rentrait de Poudlard. Chaque fois qu'il rentrait voir sa famille.
Au milieu d'un hall d'entré disproportionné muni d'une hauteur sous plafond étourdissante, Amaury et Alphard s'éclairaient faiblement à la lueur de leurs baguettes. Le sol de marbre était fêlé par endroit. Il y avait six vestibules placés de part et d'autre de l'espace et face à eux, deux escaliers se rejoignaient pour permettre d'accéder à une porte de bois immense. A mesure qu'ils avançaient, des statues en armure d'or fané les suivaient du regard dans un grincement sinistre. Il régnait une atmosphère lugubre ponctuée par leurs seules respirations. Et alors que le plus jeune semblait impressionné, le propriétaire des lieux dissimulait habilement son inquiétude.
Le bruit de leur pas sur les marches de pierre se répercutait en échos interminables. Et alors qu'il poussait le battant gauche de la porte démesurée, Alphard en était inconscient, mais il ne venait pas seulement de pénétrer l'histoire d'Amaury. Il se dirigeait vers une part de l'histoire du monde sorcier que peu de gens étaient encore capable de raconter.
Les deux hommes se trouvaient désormais dans une pièce immense. Tout y était resté en l'état. Amaury s'avança prudemment, suivit d'Alphard. Une table longue de plusieurs mètres trônait au milieu de la salle, dressée avec abondance d'argenterie, pleine de victuailles et de boissons. Cela aurait put être apetissant si seulement…
-Par Salazard ! L'odeur… gémit le jeune sang-pur en se couvrant le nez de sa manche.
Quelque chose empestait la mort. Mais rien dans la pièce ne semblait indiquer une charogne. Ils s'approchèrent encore un peu. Amaury ne comprenait pas l'émotion de son subordonné. Il savait tout cela corrompu. Mais un regard extérieur pouvait être dupé, et porté à croire que le festin venait d'être installé. Tout aussi répugné par l'odeur que fasciné par la vue, Alphard ressentait poindre en lui une convoitise inexplicable. Ce ne pouvait être une illusion? Il se saisit d'une pomme coincée dans la bouche d'un porc et la porta à son visage. Elle était bien réelle. Ferme. Elle semblait juteuse et possédait un curieux attrait. Subjugué, il allait la porter à sa bouche, quand soudain il fut saisit.
-Je ne te conseille pas de faire ça. Tu pourrais mourir, avertit Amaury en agrippant le bras de son cousin éloigné.
Celui-ci fut troublé. Il cligna des yeux plusieurs fois. Et à la septième, il retint un bruit de dégout. La délicieuse pomme qu'il tenait dans les mains plus tôt s'était mué en un trognon vert de gris et rabougri, sans qu'il ne comprenne comment. Amaury sourit et le traita de « petite nature » avant de reprendre un air grave, fronçant ses sourcils broussailleux. Il ne savait quels sorts hallucinogènes étaient encore actifs dans ces lieux. Ils se devaient d'être prudents. Ainsi les prochains pas qu'ils firent furent un tantinet crispés. Étaient-ils nerveux ? Non. Pas du tout.
Alors qu'ils traversaient un couloir énième couloir interminable, guidés par la flèche hésitante d'une boussole magique en laquelle Amaury essayait d'avoir confiance, celui-ci faillit commettre un meurtre quand, arrivant dans une nouvelle alcôve, Alphard poussa un cria qui résonna dans la pierre. En se retournant vivement, le Blackfyre plaqua une main ferme sur sa bouche pour le réduire au silence. Il dût déployer des trésors de self-control pour ne pas étriper son jeune acolyte. Pour la discrétion, ils repasseraient. Le quelqu'un avait amené Alyona ici, se trouvait peut-être encore sur place et Black venait surement de ruiner ses chances de lui tomber dessus par surprise.
C'était le risque de l'avoir amené avec lui. Après tout Alphard n'avait que 27 ans et s'était toujours trouvé à l'abri de tout. Amaury ne devait pas s'attendre à ce que le jeune noble ait le même aplomb que lui face à l'inattendu. Il connaissait les lieux. Il savait ce qui s'était passé dans cette maison et ce qui devait y rester. Il n'y avait pas de surprise pour lui. Pire, il était presque rassurant à ses yeux de voir ce qui rendait Black si agité.
- Tous ces gens…ces cadavres… qui… ? Formula difficilement le grand brun, en ôtant la main d'Amaury de sa bouche blême.
Continuant son chemin, le maitre des lieux accorda mollement une réponse à la question sous-entendue, tout en essuyant sa main sur son manteau.
-Ce sont des Blackfyre. Des Black. Des Feunoyr. Des Selwyn. Des MacFusty. Pères. Fils. Frères. Oncles. Cousins. Enonça Amaury et désignant parfois du doigt certaines des dépouilles.
Des morceaux de murs, de meubles et de chair jonchaient le sol. Ils passèrent à coté, évitant de les regarder. Derrière lui, Alphard se retenait de vomir, son visage ayant perdu toutes ses couleurs. C'était une vraie scène de massacre.
-Que s'est-il passé ici? Souffla-t-il en croisant le regard borne d'un homme âgé.
Amaury qui avançait sans sourciller, marqua un temps d'arrêt à cette question. Ce qui s'était passé... Il ne savait pas s'il devait lui en parler ou garder le silence. Ce n'était pas une période de sa vie dont il aimait se rappeler. Ses frères et lui avaient grandi dans une sombre époque. Leur maison était en disgrâce, pleine de conflits d'intérêts, de jalousie, et de lâchetés. Et les trahisons n'avaient pas tardé à suivre, son oncle ayant subit les conséquences.
Oreste Blackyre qu'il s'appelait. Son père et lui étaient jumeaux. Sa mort avait bouleversé tant de choses, poignardé dans le dos par un de ses hommes de confiance. Son père n'avait plus jamais été le même après ça. Les échecs et la traîtrise avaient fait de lui un homme amer et vengeur, prêt à tout pour protéger sa famille et redonner aux Blackfyre leur grandeur d'antan. Et ils en avaient payé le prix fort. Des trois garçons qu'Obéron Blackfyre avait engendré, aux yeux du monde il n'en restait plus qu'un à porter son nom. Et son unique héritière était une petite fille de 10 ans qui n'avait pas vraiment idée de la grandeur de ses origines. Un fiasco.
Ce qui s'était passé ici…Un châtiment terrible. Il se souvenait que son père les avaient tous réunis pour l'enterrement de son oncle. Tous les traitres. Et présidant l'assemblée, il leur avait souhaité la bienvenue. Ils avaient diné somptueusement. Mais au moment de partir, les portes s'étaient refermées. Et alors que jusqu'à présent chaque félon se repaissait de la bombance, le patriarche entonna une chanson, fixant du regard l'homme qui avait tué sont frère. La même chanson que celle qu'Amaury était en train de chantonner sombrement, déambulant au milieu des corps :
«- Et qui êtes-vous, dit le fier seigneur,
Pour que je doive m'incliner si bas ?
Rien qu'un parjure sous une belle parure,
Et voilà ma vérité vraie.
Noire écaille ou sombre fourrure,
Un Black, messire, a toujours des griffes,
Et les miennes sont aussi longues et acérées
Qu'acérées et longues les vôtres."
Ainsi parla, parla ainsi,
Le sire de Cardiff,
Mais désormais, les pierres pleurent sang
Et ô plus personne ne l'entend.
Oui, les pierres pleurent sang,
Et ô nulle âme ne l'entend… plus. »*
Au plus profond de lui-même Amaury était certain que le choix de l'endroit n'était pas dû au hasard. L'individu qui avait enlevé Alyona connaissait surement cette histoire. Quel message voulait-on lui transmettre alors ? Et surtout qui, voudrait lui faire passer un tel message ? Il pouvait au moins être certain que ce n'était pas Black. Le sorcier venait de se dédouaner en avouant ouvertement, l'air désolé.
-Je n'avais jamais entendu parler de cette histoire…
Alors Amaury déclara sur un ton pince-sans-rire.
- La chanson n'a pas eu le succès escompté sur les ondes radiomagique. Il est difficile de voler la vedette à Celestina Moldubec.
Le cadet renifla dédaigneusement, peu enclin à la plaisanterie et sans doute un peu lassé quelque part qu'on se moque de lui. Troublé, il osa quand même demander :
- Pourquoi personne n'est venu récupérer les corps ?
-Mon père ne l'aurait jamais permis. Personne ne doit entrer ici. Révéla énigmatiquement Amaury, en jetant à nouveau un coup d'œil à l'aiguille du compas, à l'arrêt.
Il fronça ses sourcils. Serait-elle ici ?
-Pourtant quelqu'un l'a fait. Et a apporté Alyona avec lui, constata sombrement Alphard en s'approchant du cadavre d'un jeune homme.
Le Blackfyre aurait voulu jeter un regard noir au jeune sorcier, mais il restait absorbé par l'aiguille du compas qui maintenant n'indiquait plus aucune direction, tournoyant follement. Etaient-ils arrivés ? Il n'avait pas vu, ni senti la présence d'Alyona. Dans la pièce, les seuls âmes qui vivent étaient la sienne et celle de Black. Il ne voyait pas où l'enfant pouvait être. A moins qu'il ne doive plus seulement se contenter de voir…
Il allait jeter un Homenum Revelio quand la voix affolée d'Alphard lui parvint à nouveau.
-Amaury…écoute ! s'écriait celui-ci.
Profondément agacé, le dragonnier se tourna une fois de plus vers le Black qui un peu plus loin, avait posé son oreille sur la pierre froide d'un mur.
-Tu entends ? S'enquit Alphard d'une voix teintée d'un mélange de crainte et d'excitation.
Amaury soupira. Il avait l'impression d'avoir affaire à un adolescent découvrant la magie. Mais il ne pouvait pas lui en vouloir, personne n'avait jamais dû l'instruire sur les particularités de cette maison et de cette pièce en particulier. La salle du Jugement, s'appelait-elle.
-Je sais. Les murs respirent. Répondit-il alors simplement, comme si cela était une évidence.
Black lui fit les yeux ronds.
-Dois-je m'inquiéter ? S'alarma le sorcier en regardant autour de lui avec perplexité.
-Pas tant que je suis là. Déclara Amaury d'une voix tranquille.
Allait-il devoir prendre le garçon dans ses bras pour le rassurer ? Qu'il se reprenne, il était un sorcier par la culotte de Merlin. Cela ne devrait même pas l'étonner. La magie était capable de tant de choses. Et tout cela n'était que la surface d'un maléfice complexe qui maintenait cette maison debout. Black n'était pas au bout de ses surprises, toutefois le dragonnier ne se sentait pas d'humeur à cultiver l'homme sur toutes les particularités de l'endroit. Ils n'étaient pas venus pour ça. Il avait d'autres choses en tête.
Depuis l'instant où il avait eu la boussole magique entre ses mains, Amaury s'était interdit d'y penser, mais malgré ses efforts d'indifférence, le sort d' Alyona lui torturait tout de même un coin de l'esprit. Anna lui en voudrait terriblement si elle était perdue. Il comprendrait aisément, et s'en voudrait surement bien plus à lui même.
Amaury n'était pas un sentimental, mais imaginer l'état dans lequel serait une enfant, retenue captive dans cet endroit après une semaine le rendait anxieux. Il avait besoin d'elle en vie et saine d'esprit. Dans quelle condition allait-il la retrouver ?…Si seulement il la retrouvait. Car pour l'instant, malgré la boussole magique de Dumbledore, il n'y avait pas la moindre trace d'une petite frimousse brune dans les parages.
-Dis…Leurs corps ont l'air encore… tellement frais. Le sang au sol est toujours liquide et semble s'infiltrer à travers le sol. Ce n'est pas normal. Enquêtait Black en s'agenouillant près de la dépouille d'un jeune homme élégant au pelage roux dont la gorge avait été tranchée.
Et encore une fois, Amaury fut tiré hors de ses pensées. Par merlin, le fils Pollux Black était chanceux d'avoir une place de choix dans les plans tortueux du dragonnier, car la patience de celui-ci était mise à rude épreuve.
-Rien n'a jamais été normal dans cette maison. Marmonna Amaury dans sa barbe, continuant à chercher un indice qui pourrait lui indiquer le passage d'Alyona ici.
Mais tout à coup, alors qu'il s'apprêtait à quitter la pièce les mains vides, dépité, une soudaine réminiscence le cloua sur place. Et il se morigéna. Quel aveuglement… Il n'avait fait que regarder la surface des choses dès lors qu'ils avaient pénétré les lieux. Si avec ses yeux il ne percevait l'enfant, ni à terre, ni en l'air et que la boussole indiquait ce lieu précis...elle ne pouvait être que…sous leurs pieds. Se retournant vivement, Amaury jeta un bref regard au sol en damier. Alors avec la force d'un boulet lui tombant dessus, il réalisa où il se trouvait vraiment. Trop distrait sans doute, il n'avait pas fait attention aux peintures de guerres accrochées aux murs, aux grandes figures de bronzes qui n'attendaient qu'un ordre de leurs maitres pour sortir de leurs torpeurs, aux litanies de runes qui couraient sur la surface des murs.
Il n'avait prêté aucun regard au dôme de cristal terne qui trônait au dessus de leurs têtes, conçu en vis-à-vis avec un sol gravé d'anciennes écriture sur lesquelles le sang étaient venu coaguler. Ils étaient au centre du domaine…Au cœur de tout. Comment avait-il put négliger ce qui se trouvait en dessous de cette salle…. Si sur terre, « elle » leur avait permit de régner en maitres, l'abyme sous ces ruines était son royaume. C'était l'endroit que devait lui indiquer la boussole et sans doute le plus logique pour cacher l'enfant. Cependant quelque chose le dérangeait déjà dans ce résonnement…Enfin, il aurait tout le temps d'y penser plus tard. Si Alyona était vraiment là-dessous, cela allait faire six jours qu'elle se trouvait sans le savoir au chevet d'un être dont même ses aïeux avaient craint les humeurs. Le temps n'était pas avec eux.
Mais comment descendre ? Il pouvait détruire le sol, toutefois cela risquait de fragiliser le bâtiment et peut-être ensevelir la gamine. Il devait bien y avoir un moyen de se rendre à cet endroit. Une porte ? Un mot de passe ? Les deux à la fois ?
Sous le regard interrogatif de Black, Amaury alla brusquement bousculer plusieurs cadavres qui, tombés au milieu de la pièce. Maladroitement, il frotta sa main ensanglantée sur le sol en retenant une grimace. Alphard le regardait faire, partagé entre perplexité et exaspération. Le dragonnier ignora son regard car il en était certain, s'il y avait une porte, cela devrait la révéler.
Après avoir fait de nouveau couler le sang, Amaury scruta son œuvre en quête du moindre indice. Mais il n'y eut rien pendant plusieurs secondes. De longues secondes. Puis timidement, comme une machine rouillée se remettant difficilement en route, un pâle halo de lumière émergea d'un grand cercle de runes gravées au sol.
Il aurait dû se sentir chanceux d'obtenir un résultat…mais intérieurement, le dragonnier faisait maintenant la grimace. Il ne savait pas ce qu'il allait trouver là-dessous. Ce qu'il y avait laissé la dernière fois qu'il était venu n'était pas hostile à son égard, mais quand même…Entre autre, il avait toujours été très moyen en runes. Omer…Omer était celui-ci qui en maîtrisai les secrets sur le bout des doigts…
Mais il n'était plus là. Donc il allait devoir faire en sorte de se débrouiller pour traduire les caractères qui s'éclairaient pour lui. Ce n'était pas gagné. Derrière lui, Black s'était rapproché en voyant que quelque chose se passait. Au dessus de l'épaule d'Amaury, ses yeux parcoururent les runes gravées avec facilité, et dans un murmure qui fit sursauter le Blackfyre, Alphard s'interrogea :
-Alma Ignitens ? Qu'est-ce que ça veut…
Il n'y eu aucune réponse à cette question. Simultanément, les deux hommes eurent le cœur au bord des lèvres alors qu'en une fraction de seconde, ils passèrent de la pierre au rien. Chutant dans le vide, leurs cris s'éternisèrent en échos continuant à se répercuter même lorsqu'ils finirent leur dégringolade sur une surface dure dans un bruit sordide d'os brisé.
OoOoOoOoOoOoO
Qui venait troubler son sommeil ? De ses ténèbres impénétrables elle les observait. Ces hommes nés de son sang. Ils s'étaient écrasés sur son tombeau. Os brisé, sang versé, leur chute fut rude et douloureuse. Malgré cela ils parvinrent à se relever. Elle vit l'un soutenir l'autre, et les deux, avancer en tâtonnant dans les méandres de sa tanière. Ils étaient venus pour l'enfant. Elle le savait. Elle lisait leurs cœurs. Pour autant devait-elle les laisser faire ? Elle la voyait, cette noirceur qui allait s'abattre sur le futur de ces êtres. Leurs intentions étaient troubles et confuses, même pour eux. Mais chacun sans le savoir, était à la recherche d'un amour à jamais perdu.
Ils ne le trouveraient pas dans la chair de l'enfant. Son destin serait différent des leurs. Elle l'avait sauvé, elles s'appartenaient et le jour venu, chacune viendrait réclamer son dû. Mais ce temps était encore loin. Au présent, le faible souffle qui émanait du corps immobile menaçait à nouveau de s'éteindre. Alors elle souffla encore sur les braises déclinantes de cette petite âme pour en raviver la flamme. Combien de temps encore ?
Ils se perdaient dans le noir, leurs baguettes n'éclairant que leurs visages soucieux. Cherchaient-ils à voir avec leurs yeux ? Les hommes étaient si obtus. Elle aurait pensé que sa descendance serait plus avisée. Fallait-il qu'elle leur dessine le chemin vers la clé de leurs désirs ? Ils n'en tireraient aucun mérite.
Sans doute l'enfant se réveilla car une faible toux dans le silence parvint aux oreilles du plus âgés de ses fils. Ils n'étaient plus très loin. Il voulut appeler son nom, mais se ravisa et marcha muet jusqu'à elle. Son cœur voulut caresser la peau froide de la pommette juvénile, mais son cerveau se contenta de chercher un pouls faible et hésitant sur un poignet gracile. Pourquoi tant de retenue?
L'autre, resta en retrait quand son ainé vint s'agenouiller auprès du corps amorphe. Son cœur hésitait. Qu'elle serait sa décision ? Suivrait-il ses plans égoïstes ?
L'enfant inconsciente entre leurs mains, ils devaient à présent s'en aller. Elle sentait une présence hostile s'approcher à l'extérieur de ses murs. Elle ne pouvait renier l'entrée à qui la payait de son sang. Ils devaient partir, vite.
Elle leur donnerait de l'avance, mais il ne pouvait hésiter plus longtemps. Son regard était fixé sur l'enfant avec une telle fièvre qu'elle en sentait la brûlure. Qu'attendait-il ? L'enfant était à portée de main. A moins qu'il n'ait choisi de rester fidèle à sa parole …
Il était entré. Elle ne pouvait lui refuser l'accès à sa propre demeure. Pourtant s'il parvenait jusqu'ici elle avait la certitude qu'il ne serait d'aucune pitié avec ses enfants. Elle devait faire quelque chose. A l'image d'un serpent elle s'enroula autour de l'esprit du plus fragile. Il la senti, eut un frisson, se débattit faiblement, mais sur une âme de cette âge, le poids de sa magie supprimait toute résistance. Agrippant sans prévenir l'épaule de son aîné, le plus jeune lança un accio sur la boussole perdue un peu plus loin, et tous disparurent sans avoir même discerné « sa » présence.
Le silence revenu, elle songea. Derrière l'amas pêle-mêle d'émotions destructrices qu'il entreposait dans son cœur, Ophiuccus était un être si triste. Elle l'avait connu jeune et insouciant. Mais la vie s'était chargé de lui ôter l'illusion du bonheur, le rappelant à ses sombres obligations. L'enfant subirait sans doute le même sort s'il gardait en lui toute cette rancœur. Et il ne connaîtrait jamais la vérité.
OoOoOoOoOoOoOoO
Il allait bientôt être minuit. Dans le parc du château, deux figures sombres se tenaient debout. Leurs invités ne devraient plus trop tarder. Derrière ses lunettes en croissant de lune, Albus Dumbledore fixait l'orée de la forêt Interdite avec une certaine satisfaction, songeant déjà à quelle attitude adopter en face d'Amaury Blackfyre. Victorieux ? Humble ? Espiègle ? Il n'aimait pas penser à ses interactions avec l'homme comme un jeu, mais en ce moment, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était en train de remporter la partie.
Le dragonnier était rancunier à son égard, mais pas assez borné pour avoir refusé son aide. La vie de l'enfant lui était plus précieuse que tout. Pour qu'elle raison ? Cela, le vieux mage l'ignorait encore, mais il finirait bien par le découvrir ce soir. Après tout, il avait prévu son coup. Dans sa main, une petite boule de cristal lui renvoyait une scène se déroulant à des lieux de là. Grâce à sa boussole, ils avaient retrouvé l'enfant en vie. En ensorcelant l'objets magique pour en faire un portoloin, il était sûr de ramener ici son utilisateur. Il ne pas perdrait pas la trace du Blackfyre une fois de plus. Amaury avait accepté sa proposition, et maintenant, il devrait se résigner à faire sa part du marché.
A ses côtés, Minerva s'agita d'appréhension. Il sourit. Cette chère Minerva ne gardait pas que de bons souvenirs des Blackfyre, en particulier de celui-là. Amaury Blackfyre avait été plutôt beau garçon dans sa prime jeunesse… Aussi il ne ferait aucune remarque, mais n'en pensait pas moins.
-Croyez-vous qu'il soit bien raisonnable de le faire atterrir ici ? Il pourrait s'échapper vers la forêt interdite sans espoir pour nous de le retrouver.
Dumbeldore pouffa.
-Allons Minerva, c'est pour cela, que j'ai fait appel à vous. Vous êtes sorcière des plus douée.
La métamorphomage se renfrogna. Le compliment lui glissa dessus. Elle n'était pas des plus enthousiastes. Amaury Blackfyre et Alphard Black n'étaient pas des angelots. S'ils décidaient de ne pas se laisser faire, les maitriser ne serait pas chose aisée. Ils avaient le professeur Dumbledore avec eux…mais malgré tout, elle n'était pas rassurée. En elle s'était logé un mauvais pressentiment.
Il serait minuit dans cinq minutes. Tous avaient les yeux rivés sur l'orée de la forêt quand ils entendirent un cri de douleur. Ils étaient là. Minerva sortit sa baguette, Albus resta en retrait. Une dizaine de minutes passèrent avant que deux silhouettes ne s'extirpent difficilement du bois. L'une boitant, l'autre portant quelque chose sur ses épaules. Pour le moment, ils ne pouvaient distinguer dans la nuit sans lune, lequel était Black, et si le fardeau que l'un des hommes portait sur ses épaules était bien l'enfant. Mais c'était quasiment certain.
Soudain, un cri de rage fit vibrer l'air autour d'eux. Dumbledore fit la grimace, Amaury venait sans doute de comprendre ce qui l'attendait. Pouvait-il le voir à cette distance ? Il devait agir vite. L'homme avait déjà sorti sa baguette et menaçait maintenant le jeune Black en braillant.
-Stupéfix ! s'écria McGonagall en prenant les devants.
C'était inutile, pensa Dumbeldore. Le Blackfyre para ce sort sans difficultés et pour faire bonne mesure, il contre-attaqua sans retenue, lui renvoyant instantanément en un torrent de flammes. Elle ne pensait pas qu'il lui répliquerait aussi vite et aussi violemment. Le sortilège du bouclier dont elle s'entoura parvint difficilement à l'épargner de la chaleur infernale qui semblait vouloir la réduire en cendre. Il dût très vite intervenir pour éteindre le brasier fou.
-Alphard donne moi Alyona. Maintenant! Ordonnait Amaury en pointant sa baguette sur le jeune Alphard.
Minerva sortie d'affaire, Albus s'était rapproché des deux hommes et pouvait maintenant entendre clairement ce qu'ils disaient. Et si dans le regard du plus jeune, il pouvait lire de l'incompréhension quand à ce qui se passait, il déchiffrait également une certaine réticence. Il ne lui céderait pas aux désirs d'Amaury. Tant mieux, le directeur de Poudlard n'était pas certain de vouloir s'attaquer à son tout jeune professeur de défense contre les forces du mal.
-Son état se détériore ! Elle est trop faible pour un autre voyage Amaury, elle doit être...
Alphard Black n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un rayon de lumière lui frôla la tête. Albus reconnut le sort lancé, et un frisson morbide le parcourut. Le regard d'Amaury était celui d'un homme prêt à tuer. Cela n'avait été qu'un avertissement. Avec Alyona sur le dos, Black ne pouvait pas se défendre. Et même sans elle, il était certain de perdre une confrontation avec le fils d'Obéron Blackfyre. L'homme était aussi talentueux en duel que son père, aussi robuste et féroce qu'un dragon. Néanmoins actuellement, il n'était pas en position de force. Sa jambe était mal en point. Et ils étaient trois contre un.
Quand Alphard se rendit compte de sa position, il releva la tête. Avec Albus et Minerva présents, l'enfant serait sauve. Ne lui resterait plus qu'à prier pour sa vie. Il n'y était strictement pour rien, mais Amaury ne lui pardonnerait jamais de l'avoir amené à Poudlard contre son gré. Même lui ne comprenait pas ce qu'ils faisaient là. Il n'y était pour rien. Il pouvait dire adieu au début d'entente qui venait de se créer entre eux. ,
Dans le contrat qu'ils avaient passé, le moindre soupçon de trahison pouvait lui être fatal. Et ce qui se passait maintenant était surement aux yeux du dragonnier la pire chose qu'il aurait pu faire. L'homme allait le tuer s'il ne lui donnait pas l'enfant maintenant. Quoiqu'il ne fût pas sûr d'être épargné s'il la lui remettait. Alors autant la garder. Amaury n'oserait pas lui faire du mal, s'il mettait l'enfant entre lui et ses sorts. C'était sale. Mais il n'était ni Poufsouffle, ni un Gryffondor, sa morale n'en souffrirait pas trop.
Alphard ne pouvait pas sortir sa baguette, ses mains trop occupées à porter l'enfant. Il voyait des étincelles scintiller au bout de la baguette du Blackfyre, celui-ci s'apprêtant lui lancer un sort. Alors pour tenter de gagner du temps, il fit basculer l'enfant de son dos contre son torse et la serra contre lui sous le regard noir d'Amaury.
-Je te jure que je n'y suis pour rien. Plaida-t-il en reculant.
En désespoir de cause il tentait de clamer son innocence. Peine perdu.
-MENTEUR ! Je n'aurais jamais dû te laisser m'approcher. Tu as trahis mon frère, et maintenant c'est moi que tu trahis ! J'aurais dû te tuer le jour où tu es venu à moi en demandant grâce ! Vociféra Amaury, en s'appuyant difficilement sur sa jambe, brisée lors de leur chute au manoir.
La baguette pointée sur son visage tremblait de rage. Ou était-ce lui qui frémissait de peur. Le regard de l'homme en face de lui n'avait plus de raison. Il était prêt à tout pour récupérer la gamine. Pourquoi?
-Amaury Backfyre, cessez cette folie ! exigea Dumbledore.
Mais l'homme resta sourd à tout appel. Il leva sa baguette. Serrant le corps frêle d'Alyona contre lui, Black ferma les yeux. Il ne craignait rien. Avec Alyona, il ne craignait rien, se répétait-il en boucle. Ce fut un mauvais calcul, car malgré son bouclier humain, tout s'enchaina très vite. Le temps d'un battement de cil, il y eut un bruit assourdissant, le sol trembla, et il fut projeté violemment à terre.
Croyant avoir été victime d'un expélliarmus, Alphard se releva promptement, combatif et prêt à répliquer. Mais très vite, sans avoir même eut le temps de déposer l'enfant en douceur, une douleur insupportable le pénétra comme milles coups de poignards. Il tomba à genou et desserra sa prise sur Alyona qui retomba mollement sur l'herbe. Chaque centimètre carré de son corps lui faisait ressentir une souffrance comme il n'en avait jamais connu. Au supplice, il se jeta au sol en se convulsant. Derrière ses paupières fermés, il voyait l'enfer l'entourer, et jaillir de celui-ci une gueule dantesque prête à l'avaler tout entier. Il hurla. Il hurla à s'en déchirer la gorge. Il brûlait de l'intérieur. Son sang bouillait dans ses veines. Quel était ce maléfice ? Allait-il mourir ? Ses cris s'éreintèrent. Des sifflements, des voix, des bruits de pas, puis plus rien. Le parc était redevenu aussi silencieux qu'un tombeau.
Alors attention, autre grosse référence à une série phare de HBO. ^^
Donc nous voilà à Poudlard, et pour un bon moment. Les choses se mettent en place. Tout doucement, mais ça viens.
Rendez-vous le mois prochain!
PS: Je vais peut-être entamer une autre histoire dans un univers complètement différent. je vous tiendrais au courant.
