Comme je suis productive ce soir, voici le chapitre dix de Joue avec moi, Emma. J'espère qu'il vous plaira, bonne lecture.

DK


Un baiser. Rien qu'un baiser de plus. Et elles avaient pourtant toutes deux succomber à un tourbillon d'émotions. Probablement parce que cette fois ci, elles étaient toutes deux conscientes de l'attraction qui émanait entre elles. Parce qu'elles connaissaient toutes deux leurs sentiments l'une pour l'autre et qu'au fond, à se battre pour jouer le rôle du plus fort, on finit par s'affaiblir.

Et elles avaient faiblis, toutes les deux, à travers ce baiser. Regina encore plus, après ses mots révélateurs, qui avaient fait naître un grand sourire sur les lèvres d'Emma. Bien sûr, après ça le silence se mit à peser et plus aucune des deux n'osait prononcer un mot de peur de gâcher la tension délicieuse qui régnait. Regina avait ses mains sur les joues d'Emma tandis que celle-ci se contentait de poser ses mains sur les hanches de la brune. Elles s'embrassaient, se délectaient des lèvres de l'autre, arrêtaient le baiser quand elles manquaient de souffle avant de le reprendre de plus belle, profitant à chaque fois plus du goût des lèvres de l'autre, de leur façon de s'embrasser.

Tandis qu'Emma était plus du genre « sauvage », à vouloir de temps à autre mordiller la langue ou la lèvre de la brune, Regina, elle, était pour le moment, sur la tendresse, à profiter d'attentions dont elle avait manqué pendant longtemps, elle s'amusait lentement à découvrir le plaisir d'un baiser défendu, tandis que ses mains caressaient la nuque du shérif. Comme on pouvait s'en douter, la blonde était moins obéissante, et ses mains se firent plus vagabondes que prévus. Elles les avaient glissées sous le chemisier de la brune pour caresser sa peau ambrée, et montait, montait, montait encore jusque sur sa poitrine, qui fit pousser un hoquet de surprise à la brune avant que celle-ci n'attrape ses mains pour les plaquer au-dessus de sa tête.

- Hep hep hep... Qui vous a autorisé à faire ça ? Je vous signale que je suis la seule à dicter les règles ici... La seule à vous autoriser à me toucher. Or, je ne l'ai pas fait, donc garder vos mains ailleurs que sous mes vêtements.

Emma s'était contentée de lever les yeux au ciel et de donner un léger coup de bassin à la mairesse pour la faire reculer. La brune fronça les sourcils en se sentant éjecter, et relâcha sa prise sur la blonde. Cette dernière affichant un sourire fier avant de se coller à sa reine en passant ses bras autour d'elle, initiant de tendres baisers dans son cou qui firent chavirer la brune, Emma la poussa gentiment sur le canapé pour l'allonger, Emma sur elle. Mais ce n'était certainement pas au goût de la mairesse qui retourna tout aussi rapidement Emma, pour se mettre à son tour sur elle dans un grognement.

- Je ne le répéterais pas Miss Swan. Je suis la seule à tirer les ficelles.

- Je ne suis pas Graham ou je ne sais qui, dont vous pourriez vous servir pour assouvir vos pulsions. Cessez de vouloir toujours tout contrôler et laissez-vous aller !

Regina se trouva décontenancée devant les mots de la blonde avant d'hausser les épaules en allongeant Emma, cette dernière refusant de se laisser faire, il se jouait un combat de lutte acharné entre les deux femmes au caractère fort pour savoir laquelle des deux seraient au-dessus. A mesure qu'elles se poussaient, et s'escaladaient, la température augmentait, les vêtements volaient. Elles étaient maintenant toutes deux en sous-vêtements, la brune dans un ensemble caraco très sexy et toute en retenue tandis qu'Emma, comme à son habitude, arborait la simplicité dans un féminisme discret. Un shorty noir, assorti au soutien-gorge. Loin d'égaler le chic deux pièces de celle qui la dominait. Ce qui avait le don de faire sourire Regina. Elle qui s'était souvent demandé pourquoi elle était attirée par le shérif comprenait de plus en plus que son coté atypique y était pour quelque chose. Et pendant ses quelques secondes d'inattention, elle se retrouva sous la blonde, qui arborait un sourire narquois en retrouvant la brune à sa merci. Elle se mit à bloquer ses mains au-dessus de sa tête et de sa main libre, se délectait de glisser lentement sa main sous le sous vêtement de la brune, qui se mit à fermer les yeux dans un soupir. Emma se mit à mordiller doucement sa lèvre en effectuant de lentes caresses, préparant sa brune à une tempête de sensations tandis que la porte du bureau s'ouvrit dans une précipitation innée et qu'un pré-ado de bientôt onze ans arrivait en courant, jetant son sac dans l'entrée en criant.

- Maman ! Maman tu sais quoi ?! J'ai...

Le petit Henry, la bouche grande ouverte, fixait ses deux mères, qui dans une précipitation inouïe, avaient attrapés leurs vêtements pour couvrir rapidement leurs corps. Emma ayant carrément été expulsée derrière le canapé pour se cacher. Tandis que Regina, moins pudique, mais les joues rougies par la gêne, se rhabillait avant d'approcher d'Henry, visiblement choqué.

- Henry, mon chéri... Je suis désolée... Ce n'est pas du tout ce que tu crois... Je suis désolé que tu aies assisté à ça... on peut en parler une fois à la maison...

Regina essayait de rassurer son fils, voulant également le préserver de ce qu'il avait pu voir tandis qu'Emma relevait la tête en articulant.

- En même temps, s'il avait frappé...

- Miss Swan !

Henry restait toujours de marbre, fixant tour à tour ses mères sans réellement comprendre leurs gestes. Elles étaient censées se détester, puis s'être quelque peu rapprochées, et là, ils les avaient retrouvés dans les bras l'une de l'autre. À faire quelque chose qu'il n'était même pas sûr de pouvoir expliquer. Ce n'était même pas le choc de les voir dans le plus simple appareil, mais de les voir dans une étreinte au bord du surréalisme. Voir sa mère à la merci d'une autre, presque épanouie. Désireuse de quelque chose donc il ne soupçonnait même pas l'existence.

Sans réfléchir et sans un regard pour sa blonde, Regina avait embarqué Henry une fois habillée, et tous deux repartaient tandis qu'Emma, dans la plus grande des frustrations les regardait s'en aller sans un au revoir. Elle se leva donc et se rhabilla à son tour en ruminant intérieurement.

- Mais bien sûr Emma... Quelle bonne idée tu as eu ! Et maintenant elle va lui faire gober que t'as voulu la violer ou un autre truc aussi tordu que madame le maire en personne !

Les jours avaient finalement passés et Emma était dans sa chambre, pas de nouvelle de la brune depuis le fameux incident, et étonnamment pas de nouvelles d'Henry non plus. La blonde avait préféré leur laisser du temps et ne pas insister au cas où le pauvre Henry serait traumatisé.

- Ça va je ne suis pas non plus une décharge, il s'en remettra...

Alors qu'elle ruminait encore, quelques coups à la porte retentirent, Emma redressa la tête et autorisa la personne à entrer, avant que Mary Margareth, son intrusive mère, n'entre avec une mine déconfite.

- Maman ? Un problème ?

- Oh... non ma chérie... juste... j'ai parlé un peu à Henry aujourd'hui... il avait l'air absent...

- Et alors ? Il va bien ? Il t'a dit quelque chose ?

- Non... Il n'a rien voulu me dire... mais il a fait un... dessin...

- Un dessin ?

Tandis que la blonde s'était levée en imaginant le pire, priant pour que son fils ne développe pas un goût pour l'art abstrait ou un nouveau genre de Kamasutra, elle se précipita pour attraper le dessin que sa mère sortait de son propre sac. Et quelle fu la surprise d'Emma lorsqu'elle découvrit un dessin d'un paysage à l'herbe plus verte que nature. Une Regina plus grande que sur l'ancien dessin, et la blonde dans ses bras, qui échangèrent un baiser en apparence plutôt passionné. La blonde esquissa un sourire tandis que sa mère croisa les bras d'un air perplexe.

- Est ce qu'il s'est passé quelque chose avec Regina pour qu'Henry se mette à dessiner ça ?

- Oh non rien, j'étais juste à deux doigts de coucher avec sa mère, à moitié nue sur elle et il a débarquer ! »

- QUOI ?!

- Ça va, je plaisante, déstresse ! On est plus au couvent !

Emma se mit à lever les yeux au ciel pendant que sa mère soupirait de soulagement en ayant pendant une seconde imaginé le pire. Ce qui fit comprendre à Emma qu'il valait mieux garder ça pour elle, si encore son fils ne dessinait pas des dessins révélateurs pendant ses heures de cours. Au même moment, le téléphone d'Emma se mit à vibrer et elle décrocha tout aussi rapidement en voyant le nom de la brune s'afficher.

- Chez moi. Dans une heure. Pas un mot. Pas une remarque.

Et elle raccrocha tout aussi rapidement, laissant les yeux de la blonde écarquillés tandis que sa mère la regardait d'un air inquiet.

- Quelque chose de grave ?

- Oh non. Le boulot ! Un chat a la tête coincée dans le siphon d'une baignoire, tu sais ce que c'est !

Et alors qu'elle se mit à rire de son excuse idiote, sa mère s'était arrêtée à « baignoire », se demandant comment un chat avait pu se retrouver dans une situation aussi compromettante. Elle réfléchissait à haute voix pendant qu'Emma s'habillait. Elle repassa devant sa mère, qui était toujours dans ses pensées. Une fois que la blonde quitta l'appartement, la petite institutrice continuait de ruminer.

- Ou alors c'était un chaton... un chaton européen... Les chats persans ne pourraient jamais passer leurs têtes là-dedans... Ou un chat siamois... Avec une petite tête...

Pendant qu'Emma roulait jusqu'à la maison blanche du maire, la brune sortit au même moment pour attendre son amante sur le porche. Emma se dirigea d'un pas hésitant vers elle avant que la brune ne pose sa main sur sa bouche pour lui éviter de parler.

- Vous allez me faire l'amour. Parce que depuis cet incident je me demande ce que j'aurais pu ressentir à la sensation de vous sentir en moi, mais en plus de ça, vous allez passer une nuit dans mon lit, me réveiller le lendemain et me dire que je suis jolie... parce que je crois que j'ai perdu Emma... je crois que je suis imbibée de vous... Accro comme à une tarte aux pommes juteuse et... je vous veux entièrement pour moi, sans un mot de plus...


TBC