Disclaimer : Les personnages de Kingdom Hearts ne m'appartiennent pas. Ils sont la propriété de Square-Enix.
Rock, Love & Tragedy
Chapitre 10 : Séphiroth
Flashback
Un petit garçon aux cheveux argentés d'une dizaine d'années déambulait dans les rues sales d'Illusiopolis. Il tenait fermement la main d'un autre garçon, roux, visiblement plus âgé, s'y agrippant de toutes ses forces. Ils avaient tous deux les prunelles vert émeraude, et malgré leur couleur de cheveux différente, on pouvait aisément remarquer qu'ils faisaient partie de la même famille. Riku et Axel. Depuis la mort de leurs parents, ils étaient destinés, tout du moins pour l'instant, à vivre dans la rue. Ils n'avaient pas d'autre famille et les foyers refusaient de les prendre, sous prétexte qu'il n'y avait plus de place, alors qu'en fait tout était une question d'argent. Car c'était une évidence, le monde était souillé par l'argent. Ce monde écoeurant, quand on avait tout perdu.
Malgré la grande beauté de leurs yeux, d'une couleur pourtant assez commune, on pouvait nettement distinguer que le regard d'Axel et Riku était mort. Comme s'ils étaient trop las. Comme si leur âme mourrait à petit feu. Et c'était le cas pour tous les enfants qui se trouvaient dans le même pétrin qu'eux. Les gamins de l'âge de Riku étaient censés être encore innocents, ne connaissant rien de la laideur de ce monde. Ils vivaient dans une grande maison, avec un chien, et allaient à l'école, retrouvaient leurs copains, étaient timides devant les filles… C'était comme ça, dans la tête du jeune garçon aux cheveux argentés. Chaque fois qu'il rêvait de la vie qu'il aurait pu avoir, il l'imaginait comme ça. Quant aux jeunes de 15 ans, comme Axel, ils profitaient pleinement de la vie, en pleine crise d'adolescence, voulant toujours plus alors qu'ils avaient déjà tout, fumant leur première cigarette (de ce côté-là, Axel n'avait pas échappé à la règle), couchant avec des mecs et des nanas, se cherchant un peu eux-mêmes. Ils devenaient des adultes.. petit à petit.
Une grimace de douleur apparut sur le visage de Riku quand il sentit une poigne ferme se resserrer sur son maigre mollet. Mais il ne poussa aucun cri. Il ferma juste les yeux et serra un peu plus fort la main de son frère. Le regard de ce dernier fut alors attiré par une forme, humaine sans aucun doute, qui venait de prendre en otage la jambe du olus jeune. Ce n'était pas la première fois. De par ses cheveux longs, ses traits et sa petite silhouette, les gens avaient tendance à le prendre souvent pour une fille, d'autant plus qu'il était encore jeune. Et être une fille dans les quartiers mal famés d'Illusiopolis n'apportait rien de bon. Encore une fois, un vieux clochard pédophile, incapable de tenir sur ses pieds, avait pris Riku comme cible pour assouvir ses plus bas instincts. Une fois de trop pour Axel. Sans ménagement, il écrasa le bras de l'homme, mettant toute sa force et sa haine à l'oeuvre. Il en avait assez. C'était toujours pareil ici. Si son petit frère n'avait pas été présent, il aurait certainement refait le portrait à cet importun… mais si son petit frère n'avait pas été là, il n'aurait eu aucune raison de le faire. Axel soupira tout en enfonçant violemment son talon dans le bras de l'homme. Celui-ci finit par lâcher prise et s'éloigna en rampant, laissant seuls les deux enfants, dans cette ruelle sombre et effrayante.
"Tu n'as rien ?" demanda soudainement le roux à Riku.
Mais le plus jeune ne répondit rien. Il avait toujours les paupières closes et quelques larmes venaient de commencer à s'en échapper. Sans hésiter, Axel le prit dans ses bras, lui murmurant quelques mots de réconfort que Riku ne comprit pas.
"Je… Je suis dé… désolé… Pardon…" réussit finalement à articuler l'argenté entre deux sanglots. "Je suis si… faible."
Et c'était toujours le même refrain. Toujours la même culpabilité. Ce regret amer de ne pas avoir été assez fort pour se protéger tout seul, obligeant la personne que l'on aime le plus au monde à nous venir en aide. Ce sentiment que Riku connaissait par coeur, bien qu'il ne soit qu'un enfant. Tout comme Axel ne connaissait que trop bien celui de pouvoir protéger physiquement quelqu'un, sans pour autant arriver à le sauver de ses noires pensées.
Les petits bras de Riku se resserrent sur la taille fine de son frère, attendant cette phrase qui pourrait enfin sécher ses larmes. C'était toujours comme ça. Comme la routine que ressentent les gens bien au chaud dans leur grande maison vide. Ceux qui sont lassés du quotidien, et qui pensent que vivre dans la pauvreté brisera cette impression de déjà-vu insupportable. Comme le train-train quotidien auquel les adolescents tentent désespérément de s'échapper en se noyant dans l'alcool, en fumant ou en se droguant. Ces habitudes qui nous dévorent et nous tuent lentement. Un vrai poison. Et la dangereuse routine qui s'était installée entre Axel et Riku ne faisait que les détruire de plus en plus. Cette routine insupportable. Sale. Répugnante. Alors qu'ils ne rêvaient que d'une grande maison, avec un chien… Au lieu de ça, ils étaient condamnés à grandir ici, avec pour seul maison un bout de carton. Il n'y avait pas d'adultes à qui faire confiance. Des pédophiles, des racailles, des prostituées, des meurtriers, des voleurs… Ils ne pouvaient compter que sur eux.
Axel caressa affectueusement les cheveux de son frère. Tout cela allait les briser, il le savait. Mais encore une fois, il allait le dire, même si cela signifiait qu'ils allaient encore s'enfoncer plus profondément dans ce tourbillon infernal. Dans cette douloureuse routine. Ce répugnant mensonge. Parce que ces quelques mots sonnaient horriblement faux.
"Ne t'en fais pas. Tout ira bien."
Le roux écarquilla instantanément les yeux. Cette phrase. Odieuse vu la situation dans laquelle ils se trouvaient. Il l'avait bien entendu. Mais ce n'était pas lui qui l'avait prononcée. Lentement, il tourna la tête dans la direction de la voix intruse.
Un homme se tenait à l'extrémité de la petite rue. Axel ne pouvait distinguer que sa silhouette, contrastant avec le soleil en arrière plan qui lui éblouissait les yeux. Cela faisait longtemps qu'il n'avait plus revu le soleil. L'homme s'avança lentement et le roux pu enfin voir à quoi il ressemblait. Il devait avoir une vingtaine d'années, et avait de grandes cernes sous ses yeux verts, mais arborait pourtant un sourire chaleureux. De longs cheveux argentés encadraient son visage fin. Il ressemblait un peu à leur père. Quelques secondes plus tard, il était déjà aux côtés des deux jeunes garçons. Riku avait toujours le visage enfoui contre le torse de son frère.
"Je vais vous sauver." continua l'homme aux cheveux argentés tout en s'agenouillant pour se mettre à la hauteur d'Axel. "Ne craignez plus l'obscurité."
Face à ces paroles tout droit sorties d'un film mélodramatique, Axel crut d'abord à une mauvaise blague qui allait mal tourner. Dans un élan protecteur, il serra encore plus fort son frère contre lui, l'étouffant presque. Mais il lui suffit de plonger ses yeux dans ceux de l'inconnu pour que toute méfiance s'évapore dans l'esprit d'Axel. Ses yeux, qui ne semblaient pas mentir. Les yeux de cet homme n'étaient pas comme ceux des autres adultes, le roux pouvait le sentir. Ses yeux attisaient la confiance… et il y avait autre chose. Autre chose qu'Axel ne comprit pas. Quelque chose qui les perdrait, lui et son frère. Mais il ne le savait pas encore. Pour l'instant, il ne voyait que cet homme. Ce sauveur. Puis Séphiroth les prit tous deux dans ses bras, dans une étreinte chaleureuse, qui fit couler quelques larmes sur les joues d'Axel. Comme quand leur père les prenait dans ses bras… C'était si bon, si chaud. Cette marque d'affection brisa toutes les défenses de l'adolescent.
Suite à cet rencontre imprévue, l'homme, qui leur révéla s'appeler Séphiroth, emmena les deux enfants chez lui. Il avait une grande maison. Grande mais froide. Aucun rapport avec le foyer chaleureux que s'était imaginé Riku. Mais vue la situation dans laquelle ils se trouvaient, ils ne pouvaient pas se permettre de faire les difficiles.
Séphiroth les éleva comme un père pendant quelques mois. Etrangement, il ne travaillait pas, et pouvait donc passer tout son temps avec eux. Axel en était ravi, et il bénissait chaque jour le ciel d'avoir amené cet homme sur leur chemin. Désormais, Riku était en sécurité. Il pouvait être tranquille. Cependant, le dit Riku ne se sentait pas tout à fait serein, sans pour autant oser en parler à son frère. Milles et une questions tourbillonnaient dans sa petite tête. Comment Séphiroth faisait-il pour avoir autant d'argent sans bouger de chez lui ? Pourquoi les avait-il recueilli alors qu'il y avait tant d'autres enfants dans le même cas qu'eux ? Pourquoi ne les avait-il pas inscrits dans une école, alors qu'ils vivaient ensemble depuis un bon moment déjà ? Et surtout, pourquoi refusait-il qu'ils sortent de la maison ? L'argenté n'avait pas confiance en cet homme, même s'il avait l'air gentil. Parce qu'il y avait quelque chose qui le gênait, dans ses yeux, quand il les posait sur lui. Ou plutôt quand il le déshabillait du regard. C'était désagréable, mais il faisait de son mieux pour taire ses sentiments. Et puis, Axel avait l'air tellement heureux ici. Il ne voulait pas gâcher le bonheur de son frère en lui faisant part de ses stupides appréhensions. Il ne voulait pas être un poids, une fois de plus.
Un an s'écoula donc dans cette maison du bonheur, qui l'était plus pour certains que pour d'autres… Même si les craintes de Riku s'étaient un peu apaisées. Après tout, si Séphiroth avait une idée tordue en tête, il aurait déjà fait quelque chose.
Aujourd'hui nous étions le 10 janvier, le jour de l'anniversaire de Riku. Un anniversaire qu'il n'oublierait sans doute jamais. Ce jour-là, vers dix-neuf heures, Séphiroth envoya Axel acheter un gâteau pour fêter les onze ans de son frère. Celui-ci n'étant jamais sorti depuis un an, il dut se faire indiquer plusieurs fois le chemin par l'adulte avant de pouvoir enfin sortir. Oui, sortir d'ici. Et c'est au moment où Riku vit la porte se refermer sur le roux qu'il comprit. Ils n'avaient jamais eut le droit d'aller dehors, et là, tout d'un coup… Il avait un mauvais pressentiment. Séphiroth verrouilla lentement la porte de l'entrée. Pourquoi ? Il ne le faisait jamais d'habitude. Puis il se tourna vers Riku et lui sourit simplement. Le jeune garçon esquissa un pas en arrière quand il vit son "père adoptif" se rapprocher de lui. Il recula fébrilement jusqu'à se retrouver acculé au mur, et Séphiroth ne s'arrêtait toujours pas d'avancer. Quand enfin il ne se trouva plus qu'à quelques centimètres de Riku, il posa une main sur son épaule dénudée. Le sang de Riku ne fit qu'un tour. Sa main était gelée. Rien à voir avec ses habituels contacts emplis de chaleur.
"Viens." dit simplement l'homme en attrapant son bras.
Le petit garçon lui lança un regard apeuré.
"Viens avec papa dans sa chambre."
C'est là que Riku comprit. Il savait ce qui allait se passer ensuite, il le savait. Et pourtant, il ne pouvait pas le réaliser. Pas après tout ce temps. Peut-être qu'en fait, il avait raison depuis le début. Peut-être que Séphiroth leur voulait du mal… Non. Ce n'était pas possible. Il lui préparait juste une surprise, ça ne pouvait être que ça. Une inoubliable surprise.
L'adulte aux cheveux argentés traina Riku jusqu'à sa chambre et le poussa sans douceur à l'intérieur, prenant bien soin de fermer la porte derrière lui. Le petit garçon put remarquer qu'il n'y avait pas de verrou, et fut presque soulagé de cette observation. C'est alors que Séphiroth le jeta violement sur le grand lit qui ne prenait même pas la moitié de la chambre, tellement celle-ci était spacieuse. Paniqué, Riku tenta de rouler sur le côté, mais deux bras puissants vinrent se planter de chaque côté de sa tête, empêchant tout mouvement de sa part. Il leva ses yeux remplis d'incertitude vers l'homme qui se tenait à présent sur lui, ses deux cuisses emprisonnant les siennes.
"Est-ce que tu aimes papa ?" demanda tout à coup Séphiroth, d'une voix anormalement mielleuse. Il plongea son regard dans celui de Riku.
Ce dernier ne put soutenir longtemps ce contact visuel tant ce qu'il vit l'effraya. A l'intérieur des pupilles du plus grand il pouvait la voir. Cette lueur de folie. Ce qu'il avait toujours senti sans jamais pouvoir en être sûr. Ce qu'Axel avait vu dans cette ruelle sombre sans vouloir comprendre… Cette haine dévastatrice. Cette envie de faire du mal.
"J'ai peur…" murmura Riku en détournant la tête.
La bouche de Séphiroth se déforma en une grimace malveillante.
"Pourtant papa est gentil, non ? Il vous a recueilli, il vous a nourri, il vous a sorti de la rue. Il ne faut pas avoir peur."
Un frisson parcourut l'échine du plus jeune tandis qu'une des mains de son père adoptif lui caressait les cheveux.
"Ne me touche pas." fit-il faiblement.
"Allons, soit gentil avec papa."
"Laisse-moi. "
"Comme tu es cruel."
"Laisse-moi partir…" supplia Riku.
"Hors de question. Tu dois d'abord remercier papa pour tout ce qu'il a fait pour toi."
Le petit garçon lui lança un regard interrogatif, voilé par une crainte non dissimulée.
"Oui. Tu vas gentiment te laisser faire pendant que papa te fera le plus grand bien."
"Le… plus grand bien ?"
Séphiroth hocha la tête, puis, sans même répondre à la question de l'enfant, il rapprocha son visage de celui de Riku.
"Tu verras, tout se passera bien. Tu ne dois pas avoir peur de papa."
L'adulte nicha sa tête dans le cou du plus jeune et laissa sa langue recouvrir habilement chaque parcelle de peau qu'il pouvait atteindre. Doucement. Et Riku ne put s'empêcher de penser que c'était agréable, bien qu'écoeurant à la fois. Puis il sentit la langue du plus âgé descendre vers son torse. Le petit garçon n'avait pas de t-shirt. Il avait la sale habitude de se balader torse-nu. Une habitude qui réveillait les envies les plus sales de Séphiroth. Les pulsions qu'il essayait en vain de contrôler.
Riku pouvait à présent sentir la langue de Séphiroth jouer avec ses tétons. C'était déstabilisant. C'était si bon. Si répugnant. Son petit corps semblait réagir à la moindre caresse. Mais il ne fallait pas. Car un adulte n'était pas censé faire ce genre de choses. Riku le savait. Et il ne voulait même pas imaginé ce qu'il se passerait ensuite.
De ses petites mains, il tenta de repousser l'homme aux cheveux d'argent, sans bien sûr y parvenir.
"Lâche-moi." dit-il.
Séphiroth arrêta de s'amuser avec ses tétons et leva la tête vers lui, avant de lui sourire. Un sourire qui donna la chair de poule à Riku.
"LACHE-MOI !" hurla-t-il alors d'une voix suraiguë, tétanisé par la peur.
Mais l'adulte ne l'entendit pas de cette oreille là. Il gifla sans ménagement le petit garçon qui tourna la tête sous la puissance de ce geste. Puis Séphiroth lui attrapa le menton et le força à le regarder.
"Tais-toi."
Riku commença à sangloter.
"Tu ne sais pas ce que j'ai enduré, saleté de mioche ! Tu crois peut-être que tu es le plus malheureux du monde ? Parce que tu as perdu tes parents ? Parce que tu vivais dans la rue ? Tu n'es qu'un sale petit gosse arrogant. Parce que moi je n'avais personne. Toi tu l'as lui. Ton frère. Moi j'étais seul. Seul face à ce que je subissais dans cet horrible foyer, et seul face à ce que qu'il m'a fait ! Tu me dégoutes, Riku. Ta chance me dégoute. Votre chance à tous les deux me dégoute. Et cette solitude… Tu ne sais pas ce que c'est. Cette obscurité."
Les larmes du petit garçon redoublèrent, mais son regard changea. Le chagrin ne se reflétait plus dans ses yeux. Il n'y avait que du vide. Que deux yeux vides qui semblaient fixer un point invisible au plafond. Il avait capitulé. Il ne pourrait pas y échapper.
Je ne comprends pas.
Séphiroth descendit violemment la braguette du jean de Riku et le fit glisser sur ses hanches.
C'est un cauchemar.
"Non, Séphiroth…" laissa-t-il échapper. Mais cette supplication sonnait plate.
Le plus âgé lui retira complètement son pantalon puis reporta son attention sur le visage de l'enfant. Sur ses lèvres rosées si attirantes. Sans plus attendre, il s'empara sans aucune douceur de la bouche de Riku, qui l'entrouvrit sans même s'en rendre compte. Une chaleur suffocante se répandit dans tout son corps tandis qu'il répondait malgré lui au baiser. Un arrière goût de vomi lui serra alors la gorge. Il voulait partir. S'enfuir loin d'ici. Mais il n'arrivait pas à faire le moindre geste.
Axel…
Sans même quitter les lèvres de Riku, Séphiroth lui enleva complètement son pantalon et le balança à l'autre bout de la pièce.
AXEL !!
Il ne lui restait à présent plus que son caleçon. L'adulte se releva à moitié pour contempler le petit garçon démuni, totalement à sa merci. Son corps fin tremblait. Il était si attirant. D'un geste délicat, Séphiroth descendit le sous-vêtement jusqu'à ses cuisses. Après tout ce temps, il avait enfin gagné… tandis que de son côté, Riku venait de tout perdre.
Axel regardait les maisons qui l'entouraient avec enthousiasme. Cela faisait vraiment longtemps qu'il n'était pas sortit ! Et puis, le quartier dans lequel vivait Séphiroth n'avait rien à voir à celui dans lequel il trainait avant. Tout ici était beau et chaleureux.
Entre ses mains, il tenait le parfait au chocolat qu'il avait acheté pour son frère. Il savait que Riku adorait le chocolat. Il esquissa un sourire en pensant à la mine réjouie que ferait le petit garçon dès qu'il verrait ce délicieux gâteau.
Il prit à droite au détour d'un croisement et pressa le pas quand il aperçut sa maison. Une fois devant la porte, il tourna la poignée. Mais la porte ne s'ouvrit pas. Axel fronça les sourcils. Séphiroth ne fermait jamais d'habitude. Il avait assez confiance en eux pour savoir qu'ils ne s'enfuiraient pas… Mais peut-être que Riku avait insisté pour accompagner son frère et que Séphiroth avait été obligé d'employer les grands moyens. Cette pensée fit sourire le roux malgré lui. Il pressa le bouton de la sonnette plusieurs fois, mais même après avoir attendu plus de cinq minutes, la porte restait désespérément close. Il fit alors le tour de la maison, à la recherche d'une fenêtre ouverte par laquelle il pourrait se faufiler. Malheureusement, elles étaient toute fermées.
Axel s'assit alors sur les marches en pierres, devant l'entrée. Peut-être que Séphiroth avait emmené Riku quelque part, pour son anniversaire… ou peut-être pas. Un sentiment étrange envahit le garçon aux yeux verts. Il avait un horrible pressentiment. Il secoua la tête et se concentra sur les brins d'herbe qui bougeaient au rythme du vent pour tenter de penser à autre chose.
Il se passa bien une demi-heure avant que la porte ne s'ouvre enfin, dévoilant un Séphiroth torse-nu. Il dévisagea Axel en grimaçant – mais celui-ci ne s'en formalisa pas – et lui fit signe d'entrer.
Une fois à l'intérieur, l'adolescent se dirigea vers la cuisine et mit son gâteau au frais, dans le frigo.
"Qu'est-ce que vous faisiez ?" demanda Axel à l'adulte, qui l'avait suivit. "La porte était fermée. Et j'ai sonné, mais personne n'a répondu."
"Je m'amusais avec Riku dans ma chambre. Et tu sais bien qu'elle est insonorisée, pour que le bruit du voisinage de me dérange pas quand je veux dormir." répondit le plus âgé.
"Ah. Et où est Riku, maintenant ?"
"Toujours dans la chambre."
"D'accord."
Axel le laissa seul pour monter voir ce que faisait son frère à l'étage. Il grimpa les escaliers plus vite qu'il ne l'aurait voulu, et plus il gravissait les marches, plus la sensation qu'il s'était passé quelque chose d'anormal lui prenait à la gorge.
D'un pas rapide, il passa devant la salle de bain et la chambre qu'il partageait habituellement avec Riku, avant d'arriver devant celle de Séphiroth. La porte était fermée. Il respira un bon coup et posa sa main sur la poignée, avant de la tourner lentement.
Il ne s'est rien passé. Tout va bien.. n'est-ce pas ?
Timidement, il pénétra dans la chambre. Son regard se posa tout de suite sur le lit, et sur le caleçon de son frère qui se trouvait dessus. Une vague de panique s'empara alors d'Axel.
C'est impossible.
"Riku ?" osa-t-il.
Axel sentit quelque chose remuer à gauche du grand lit, vers un endroit qu'il ne pouvait pas distinguer de là où il était. Il fit quelques pas vers l'origine du bruit, mais une voix suppliante l'arrêta à mi-chemin.
"Ne… viens pas…"
La voix de Riku. En une seconde, Axel bondit par-dessus le lit et se retrouva face au corps nu recroquevillé sur le plancher de son petit frère. Son visage se figea instantanément.
Non.
"Ne me regarde pas…" murmura le plus jeune.
Non.
Mais les yeux d'Axel restaient braqués sur cette fine silhouette honteuse qui tremblait de froid. Le roux serra les poings.
NON !
"Qu'est-ce qui c'est passé ?" demanda-t-il d'une voix froide.
Pour toute réponse, Riku se mit à pleurer. Le visage impassible, Axel s'agenouilla à ses côtés.
"Il t'as touché ?"
L'argenté renifla bruyamment et opina du chef. Le sang de son frère ne fit qu'un tour. Il attrapa les poignets de Riku et le força à soutenir son regard. Mais les yeux de Riku avaient changé. Imperceptiblement, mais ils avaient changés. Son expression aussi avait changé.
Je n'ai pas pu le protéger.
Une larme roula sur la joue d'Axel. Il s'approcha encore un peu et prit son frère dans ses bras.
Il avait fait une erreur. Une grave erreur. Il n'avait rien compris.
Et il serra encore plus ce petit corps contre lui, tandis que la culpabilité commençait à le ronger. Les reproches fusaient dans sa tête. Et les regrets. Amers.
Si seulement j'avais compris dès le début.
Si seulement j'avais été plus attentif.
Si seulement je ne l'avais pas laissé tout seul.
Si seulement…
Axel sentit Riku s'agripper à son sous-pull de toutes ses forces. Il lui caressa alors la joue machinalement, tandis que la voix brisée de son frère s'élevait.
"Pardon."
"Pardon ?" répéta Axel, hébété.
"Je… Je ne suis toujours pas assez fort pour me protéger tout seul."
Un rire s'échappa alors de la gorge de Riku. Un rire où pointait le désespoir.
Un rire qui pleure.
"Non !" cria presque Axel, sentant la colère s'emparer de lui. Il prit le visage de son frère dans ses mains et ancra à nouveau ses yeux dans les siens. "Ce n'est pas de ta faute." reprit-il, plus doucement. "Ce n'est pas de ta faute… Ne t'inquiète pas. Tout va bien maintenant."
Et mentir encore, en espérant que ça serait la dernière fois. Car rien n'ira jamais bien. Il y aura toujours quelque chose qui cloche. Il y aura toujours quelque chose que tu voudras oublier à présent, Riku…
"Je ne laisserai plus personne te toucher."
L'argenté le regarda, toujours perdu.
"Je te protégerai toujours."
Les larmes d'Axel se firent de plus en plus nombreuses. Riku les essuya d'un geste timide de la main.
"Ne pleure pas, grand frère." murmura-t-il faiblement.
"Je ne pleure pas."
Ce n'est pas à toi de me consoler.
Le roux scruta en détail le visage triste de son frère. Il ne savait pas quoi faire. Et ses paroles vides de sens semblaient blesser Riku encore plus. C'était de sa faute si son frère venait de se faire violer. C'était de sa faute… et il n'arrivait pas à réagir.
Il glissa une main dans les cheveux soyeux de Riku. Si beau. Si parfait. Il ne voulait pas que quelqu'un d'autre le touche. Il était à lui. Et pourtant…
Prit d'une soudaine impulsion, Axel colla ses lèvres à celles de Riku. Les yeux de ce dernier s'écarquillèrent alors qu'une phrase résonnait douloureusement dans son esprit.
"Pourquoi toi aussi, tu me fais subir ça ?"
Il était blessé. Encore plus que quand Séphiroth lui avait fait toutes ces choses. Il était blessé intérieurement. C'était si humiliant. Il ne voulait pas de la pitié de son frère. Et surtout pas de ce genre de pitié. Mais il avait déjà abandonné tout en sachant que désormais plus rien ne serait jamais pareil. Consentant, il ouvrit légèrement les lèvres pour laisser la langue d'Axel se glisser à l'intérieur.
Tu comprends pourquoi, toi ?
C'est ainsi que la vie des deux garçons prirent un tournant décisif. Peu après l'incident, Séphiroth laissa les deux enfants s'échapper, sachant pertinemment que la honte les empêcherait de parler. Et Axel et Riku se retrouvèrent à nouveau à la rue, mais pas pour bien longtemps. Axel, étant devenu un vrai débauché aux fréquentations plus que douteuses après ce qui c'était passé, avait fini par se retrouver en prison, et son frère aussi par la même occasion. Il n'avait rien fait de (trop) grave, juste mis le feu à quelques voitures avec des amis, mais c'était bien plus que suffisant. Après quelques jours passés au commissariat d'Illusiopolis, un homme s'occupant d'un orphelinat spécialisé pour les enfants à la rue était venu les chercher, et c'est ainsi qu'ils s'étaient à nouveau retrouvés avec un toit sur la tête.
(Retour vers le présent…)
"J'ai mal au dos !" couina Riku en poussant la porte de son appartement d'un violent coup de pied.
"Tu m'étonnes." répliqua Sora en soupirant. "Mais ce n'est pas une raison pour martyriser cette pauvre porte. Elle ne t'a rien fait, que je sache."
L'argenté se tourna vers le plus petit et lui sourit malicieusement avant de refermer la porte derrière lui. Il pénétra ensuite dans le salon, le châtain sur les talons.
"Je suis rentré !" fit-il ensuite savoir en haussant un peu la voix.
Comme pour répondre à cet appel, une tête rousse émergea de derrière le canapé. Axel papillonna des yeux pendant quelques instants avant de bailler bruyamment. Puis il se leva et vint se planter devant Riku, qui était en train d'accrocher sa veste au porte-manteau.
"Où est ce que vous étiez, bordel ?" interrogea-t-il, visiblement de mauvaise humeur
L'argenté et Sora eurent un regard entendu avant que le châtain ne sorte de la pièce à contrecoeur.
"Alors ? Qu'est-ce que vous foutiez ?"
Devant le ton hargneux de son frère, Riku eut tout sauf envie de lui raconter la vérité. Il décida de le faire marcher un peu.
"J'ai dû user de mes charmes auprès de ce cher Xemnas." plaisanta le plus jeune.
Le regard d'Axel s'assombrit. Il réduisit le peu de distance qui le séparait de son frère et l'embrassa du bout des lèvres.
"Ne plaisante pas avec ce genre de choses."
Riku détourna la tête. Pourquoi était-ce toujours lui qui avait le dernier mot ? Pourquoi… Depuis ce jour là… Il serra les poings.
"Je sais." répondit l'argenté avant de s'éloigner vers sa chambre, laissant un arrière goût d'amertume dans la bouche d'Axel.
Inconsciemment, c'est toi que je n'ai pas pardonné…
Car ce jour-là, tu n'aurais jamais dû faire ça.
N/A : Je sais ce que vous vous dites... Pourquoi Axel n'a pas sauvagement assassiné Séphiroth après ce qui c'est passé ? Tout simplement parce que j'avais besoin de Sephy pour la suite... \o/ Mais non, au lieu de ça, il a roulé une pelle à son frère. C'est un cas, ce rouquin. Braaif... J'ai enfin posté de dixième chapitre (un peu plus long que d'habitude, d'ailleurs). J'en ai mis du temps, je sais, mais comme c'était les vacances et que mon ordi était très souvent loin de moi, je n'ai pas pu faire autrement... Mais j'ai quand même décidé de le finir avant d'aller lire toutes les fics que j'ai en retard dans la section Kingdom Hearts. (d'ailleurs je vais pas tarder à aller me jeter dessus et à laisser quelques reviews :D) Enfin, je n'ai pas abandonné cette fic, et je la finirai coûte que coûte, donc ne vous inquiétez pas. D'ailleurs, je vais essayer de boucler le prochain chapitre avant dimanche prochain (pas demain, après XD), pour essayer de rattraper mon retard. Ah, et j'espère que le passé de Riku ne vous a pas déçu par rapport à ce que vous aviez pu imaginer... J'ai fait de mon mieux.
