Avertissement : la plupart des personnages et des situations de cette histoire appartiennent à Marvel Comics, Fairview Entertainment, Dark Blades Films, NBC, et autres entités, et je n'ai pas la permission de les emprunter. Aucune intention d'infraction de quelque manière, et cette histoire est à but non-lucratif. Tous les autres personnages m'appartiennent, et si vous voulez les emprunter, vous devez me le demander en premier. Toutes les erreurs sont les miennes, rien que les miennes, et non vous ne pouvez pas en avoir.
Merci, Cincoflex, pour ta patience merci, Laura27md, pour ton coup d'œil pour les détails. Les filles, vous êtes les meilleures.
Elle rêvait. Elle errait à travers de longs rayons, à l'extérieur, avec de l'herbe au sol, essayant d'attirer l'attention de Tony alors qu'il choisissait une pastèque sur les étagères. Il devait être à une réunion à l'instant même, mais il ignorait Pepper et continuait d'expliquer qu'ils devaient trouver un sympathique endroit à l'ombre et faire un pique-nique. La pastèque qu'il portait continuait de grossir dans ses bras, et elle était partagée entre l'urgence d'assister à la réunion et l'inquiétude de savoir comment est-ce qu'elle allait manger sa part du fruit. Mais qu'importe la distance qu'ils parcouraient, les rayons ne semblaient jamais s'arrêter…
Lorsque Virginia ouvrit les yeux, elle se demanda si elle rêvait toujours. Mais alors qu'elle aurait pu confondre le coton noir avec quelque chose d'autre, l'arc reactor qui brillait derrière le tissu était sans équivoque. La lueur était à quelques centimètres de son nez, et alors qu'elle émergeait, elle réalisa que sa main reposait sur le haut des hanches de Tony, et que les doigts qui entouraient sa nuque étaient par conséquent les siens aussi.
C'était une position extrêmement perturbante dans laquelle se réveiller, sachant qu'aussi loin qu'elle pouvait se rappeler, Virginia s'était endormie sur le canapé, toute seule. Ce qui voulait dire qu'elle n'était pas responsable de la situation actuelle. Elle essaya d'être offensée, mais elle n'y arrivait pas à la place, elle ressentit cet étrange plaisir de nouveau, mélangé à un élan de compassion. Qu'importe combien Tony essayait d'être joyeux, le fait qu'il ait reproduit leur dernière nuit lui indiqua qu'il était toujours au beau milieu de… eh bien… du besoin était le seul mot qui semblait correspondre. Le besoin d'être proche d'elle.
Et alors qu'elle supposait que le fait qu'il dorme avec elle était une invasion de son intimité, c'était elle qui avait lancé l'invitation en premier. Il n'y avait rien d'offensant dans la manière qu'il l'enlaçait son étreinte était plus protective qu'autre chose.
En soupirant, Pepper leva son bras et roula pour se dégager. La main de Tony retomba, mais il ne bougea pas, et elle ne put s'empêcher de sourire à la vue de son patron non rasé et détendu. De tous les innombrables états dans lequel elle l'avait vu ces dernières années, endormi était en réalité une rareté.
Elle se sentait raide et endolorie, mais une douche et une cession avec sa brosse à dents lui permirent d'une certaine manière de se sentir mieux. Virginia sécha ses cheveux et se regarda dans le miroir de la salle de bain d'un œil amer. « Je ressemble toujours à rien » se murmura-t-elle.
Ses cheveux la dérangeaient toujours, et elle avait l'air fatiguée et stressée bien qu'elle ait l'impression de ne rien avoir fait d'autre que dormir depuis son retour.
Elle se mit un peu de fard à paupières et de gloss à lèvres. D'habitude, elle ne prenait pas la peine de mettre de maquillage lorsqu'elle était malade, mais elle ressentait le besoin de mettre des couleurs, et s'habiller avec des habits de travail semblait inutile tant qu'elle n'était pas autorisée à travailler. « Jarvis, dit-elle à voix haute en posant le tube de gloss, peux-tu commencer le café s'il te plait ?
— Bien sûr, répondit l'Intelligence Artificielle. Puis-je ajouter, Mlle Potts, qu'il est bon de vous avoir de retour saine et sauve ? »
La voix feutrée n'était pas plus chaleureuse que d'habitude, mais Virginia ne put s'empêcher de sourire et de se sentir touchée quand même. « Jarvis, ça fait du bien d'être rentrée »
Lorsqu'elle sortit de la salle de bain, Tony s'asseyait sur le bord du lit, en baillant et en se grattant la tête. Il leva les yeux, et son sourire fut lent et satisfait. « Comment vous sentez-vous ?
— Endolorie » répondit brièvement Virginia, en posant ses mains sur ses hanches.
Tony leva les deux mains, son sourire disparaissant. « Je gardais juste un œil sur vous. C'est tout, promis.
— Je sais, soupira Virginia. Tony… j'apprécie que vous me rameniez dans mon lit, mais me rejoindre, c'est terminé »
Elle s'attendait presque à une répartie, à un sous-entendu, mais il se contenta d'hocher la tête. « Okay. Vous pouvez vous baigner dans la Jacuzzi, vous savez, ou faire venir une masseuse. Ou les deux.
— Je vais y penser »
L'idée du Jacuzzi ne lui disait trop rien après avoir pris sa douche, mais Virginia imaginait qu'elle penserait autrement dans l'après-midi.
Tony se leva d'un mouvement souple, et son visage se détendit pour laisser place à son sourire familier arrogant. « Très bien. Mais en premier, vous avez besoin de petit-déjeuner.
— Manger, dormir… vous savez, je suis capable de faire d'autres choses » grogna Virginia, et Tony s'esclaffa.
« Vous avez le droit à un petit inversement des rôles. Vivez avec ça »
Il gratta distraitement le t-shirt qui recouvrait son abdomen. « Je me charge du petit-déjeuner, dès que j'aurais pris une douche »
Il franchit la distance qui le séparait d'elle à grands pas, se pencha, et planta un baiser, rapide et sonore. « Il faut toujours que l'on parle » dit-il avec décontraction, et il disparut derrière la porte, la laissant bouche bée.
Virginia ferma les lèvres, et leva les yeux au plafond. Elle savait que Tony arrêterait de franchir cette ligne si elle le lui demandait. Mais sous sa réaction de surprise face à son comportement autoritaire, il y avait toujours cet étrange plaisir. Elle avait passé une grande partie de sa vie seule réaliser qu'elle avait manqué à Tony bien plus qu'une simple relation de travail pouvait l'expliquer était quelque chose qui la laissait à la fois confuse et curieuse.
Je ne pensais pas qu'il était sérieux. Mais… peut-être que si…
Elle était en train de verser la première omelette dans la poêle lorsqu'elle entendit des pieds nus sur le carrelage. « J'ai dit que je le ferai, Pepper » protesta Tony, l'air exaspéré.
Virginia ne se retourna pas, concentrée sur la cuisson. « J'ai faim. Vous voulez un toast, ou vous préfèrerez prendre des céréales ? »
Son soupire fut parfaitement audible. « Toast. Je vais le faire »
Etait-ce un heureux hasard ou son sens du timing, les derniers morceaux de toasts furent prêts au moment où elle servit la deuxième omelette. Lorsqu'elle se retourna de la cuisinière, une assiette dans chaque main, Virginia fut un peu surprise de voir que Tony avait mis la table, et même servit du jus d'orange ainsi que du café. Quelque chose d'hors normes pour quelqu'un qui avait l'habitude d'utiliser une serviette en papier pour nappe. Mais elle ne dit rien à la place, elle servit les assiettes et prit un siège.
Tony lui passa le beurre en silence, et elle en déduit qu'il était toujours énervé. Elle avait l'habitude de ses sauts d'humeur, et elle décida de l'ignorer plutôt que d'essayer de le dérider. En gardant une expression agréable, elle commença son petit-déjeuner Tony pouvait bouder mieux que quiconque, mais il ne pouvait rester silencieux bien longtemps.
Elle avait mangé la moitié de son omelette lorsqu'il commença à gigoter. Pour finir, Tony soupira de nouveau, et chiffonna sa serviette, avant de la jeter au milieu de la petite table de la cuisine. « Est-ce que vous voulez voir les Franklins aujourd'hui ? »
Ce n'était pas ce qu'elle attendait, et Virginia s'arrêta, la tasse de café à mis chemin vers ses lèvres. Elle regarda son patron de l'autre côté de la table et réalisa, une fois de plus, combien il paraissait désespérément fatigué. Deux nuits de sommeil n'avaient pas été assez, à en juger par la fatigue sur son visage et d'un coup, elle réalisa que les légères lignes qui partaient de ses yeux étaient plus profondes qu'elles ne l'avaient été la semaine dernière.
« Ce serait bien » dit-elle finalement, levant la tasse le reste du chemin à parcourir pour prendre une gorgée. « Ils ont sûrement compris maintenant »
Il hocha la tête, et regarda sa montre. « Donnez moi deux heures, j'ai une téléconférence bientôt »
Elle écarquilla les yeux, et il sourit. « Je ne suis pas complètement perdu, Potts. En plus, elle a été programmé il y a un mois »
Avec ça, il se leva et partit, en sifflant faux.
Virginia secoua la tête, et termina son petit-déjeuner. Tony avait peut-être mis la table, nota-t-elle avec ironie, mais il ne l'avait certainement pas débarrassée.
Mais nettoyer derrière lui avait quelque chose de familier, donc d'apaisant, et elle prit le temps d'effectuer la tâche, ironiquement consciente qu'une fois que cela était terminé, elle n'avait rien d'autre à faire avant que Tony soit prêt à partir. Le temps libre non prévu était tellement une rareté qu'elle ne savait pas vraiment quoi en faire.
Je pourrais lire, mais tous mes livres sont à la maison. Et alors que Tony avait bien une bibliothèque dans une des ailes de la maison, la plupart des livres n'étaient pas à son goût elle n'avait jamais été une fan de l'histoire militaire.
Virginia ferma la porte du lave-vaisselle et se redressa. « Je pourrais dessiner » dit-elle à voix haute, plus pour se garder compagnie qu'autre chose. « Ou avancer sur la liste des choses à faire »
Elle avait un petit fichier des petites tâches qu'elle ne trouvait jamais le temps de faire, étant donné son agenda surbooké classer des vieux papiers et d'autres choses de ce genre. Mais elle avait un pressentiment…
« Jarvis, qu'est-ce qui se passe si je rentre dans mon bureau ? demanda-t-elle.
— J'ai reçu l'instruction de vous surveiller, et de rapporter à M. Stark si vous essayez de faire quoi que ce soit en lien avec votre emploi » répondit l'Intelligence Artificielle.
Elle grimaça. Elle était tentée de le faire de toute manière, en comptant sur le fait que Tony ne prendrait pas un appel non-urgent de Jarvis au beau milieu d'une vidéoconférence. Merde, je suis quand même tentée de mettre du scotch sur les caméras.
Son sourire s'étira à cette idée est-ce que Jarvis rapporterait cela si elle lui demandait de ne pas le faire ? Les limites de l'Intelligence Artificielle étaient plutôt difficiles à déterminer, et Pepper ne pouvait pas toujours prédire ce qu'il pouvait faire. Mais si Tony travaillait, elle ne voulait pas perturber une telle attitude.
« Et puis zut, dit-elle à moitié pour Jarvis et à moitié pour elle-même. Je vais me baigner »
Elle n'avait pas pris de maillot de bain avec elle, mais Virginia en gardait un chez Tony. Il n'était pas beaucoup utilisé, mais de temps à autre, elle trouvait le temps de faire un rapide plongeon, soit dans la piscine de Tony, soit dans l'océan des pauses qu'il encourageait, et elle ne pensait pas que c'était seulement pour avoir un aperçu d'elle en maillot une pièce.
Donne-lui du mérite. Il t'épuise peut-être, mais il fait de son mieux pour se faire pardonner.
Elle se changea pour mettre son maillot, et mit de la crème solaire, puis elle sortit par une porte sur le côté qui donnait sur la piscine. Elle préférait vraiment l'océan, mais les croûtes sur ses pieds allaient à coup sûr se ramollir dans l'eau, et elle ne voulait pas de sable dedans. Sans compter que le sel ferait un mal de chien.
Mais l'eau de la piscine était fraîche et douce contre sa peau, stérile comparée à l'eau de rivière qui l'avait sauvé, mais claire et apaisante. Et elle découvrit que si sa nouvelle coupe était trop courte pour faire une tresse, elle pouvait dégager son visage bien plus facilement que lorsqu'elle avait des mèches qui sortaient de n'importe quelle coiffure qu'elle avait fait avant d'aller nager.
Elle nagea le crawl paresseusement, sur de lentes longueurs, en profitant de l'apesanteur que l'eau permettait et de la possibilité de s'étirer sans avoir à prendre l'équilibre en considération. Ses pieds en particulier appréciaient la piscine ses blessures à moitié guéries furent douloureuses pendant un moment, mais pas plus, et elle laissa son esprit dériver au gré des mouvements irréfléchis de la nage. Le soleil illuminait la surface de l'eau, faisait briller les carreaux de carrelage l'odeur du chlore monopolisait son odorat, et les seuls sons qu'elle entendait provenaient des vagues qu'elle faisait, et d'une mouette loin au-dessus d'elle.
Elle se laissa finalement dériver et s'arrêta. L'idée de prendre un verre dehors sur un des matelas gonflables que Tony gardait pour ses invités était tentante, et elle ne doutait pas qu'il serait content qu'elle le fasse, mais pour Virginia, l'idée semblait juste un peu trop familière. Je ne suis pas une invité… pas exactement.
Il n'y avait pas de définition précise de ce qu'elle était à ce moment, si ce n'est en congé. Elle ferma les yeux et flotta, avec le soleil chaud sur son visage et l'eau qui la berçait doucement, et elle décida de ne pas débattre sur le sujet pour le moment.
Elle était presque sur le point de commencer à rêver lorsque Jarvis l'interpella : « Mlle Potts, M. Stark vient de conclure sa vidéoconférence et voudrait savoir quand est-ce que vous seriez prête à partir »
Il était étrangement difficile de quitter sa somnolence, mais Virginia se redressa dans l'eau et ouvrit les yeux de nouveau. « Dix minutes, Jarvis.
— Très bien »
Alors que la dernière syllabe venait de tomber, elle entendit un vrombissement, et elle vit Le Débile faire le tour de la terrasse. Le robot portait un énorme peignoir duveteux qui était un autre de ces accessoires de piscine de Tony, et elle soupira lorsqu'elle se mit à nager pour rejoindre les escaliers, essayant de savoir si cela avait été son idée, ou celle de Jarvis.
Alors qu'elle enfilait ses sandales de nouveau et qu'elle essayait son visage avec une serviette, Virginia leva la tête pour refuser le peignoir qu'il tenait ouvert devant elle. Mais pour quelque chose sans visage, le robot était passé maître dans l'art d'avoir l'air suppliant. Alors elle soupira, se tourna, et laissa les pinces habiles lui passer l'épais tissu blanc sur ses épaules avant de le fermer elle-même. Le logo Stark Industries était brodé sur un côté de la poitrine, fil blanc sur tissu blanc, et elle se demanda comme toujours si ce détail avait été l'idée de Tony, ou celle de son père.
Ou celle d'Obadiah. Il aurait pu faire quelque chose comme ça.
Elle était passée experte dans l'art de se préparer rapidement. En moins de dix minutes, elle s'était douchée, habillée, remaquillée, en remarquant en passant que ses cheveux plus courts avaient aussi séché plus vite. Elle glissa ses pieds dans des chaussures plates et partit à la recherche de Tony.
Le trajet jusqu'à la maison des Franklin fut aussi silencieux que le petit-déjeuner l'avait été. Tony ne savait quoi dire, ce qui était une nouveauté et très inconfortable et Pepper, assise de l'autre côté de la limousine, regardant de manière absente à travers la fenêtre, ne semblait pas avoir envie de commencer une conversation.
Alors il l'observa, prenant note de chaque détail, la manière dont sa nouvelle coupe de cheveux avait tendance à cacher son visage de profil, la tension dans son corps, la couleur rose des coups de soleil restants sur ses pommettes. Elle était habillée à mi-chemin entre la formalité de ses habits de travail et la tenue décontractée qu'elle portait la veille : un pantalon blanc et une blouse vert-bleu en soie qui lui allait très bien, et Tony était content d'avoir gardé la chemise à col boutonné et le pantalon qu'il avait porté pour la vidéoconférence. De cette manière, ils allaient bien ensemble.
Lorsque Happy gara la limousine devant la maison de Franklins, Tony aperçut une petite fille faisant de la corde à sauter sur le trottoir. Elle portait un tutu rose brillant, un t-shirt miteux et des bottes de cowboy, mais le moment où elle vit Pepper sortir de la voiture, elle laissa tomber la corde et se précipita en avant. « Mlle Virginia ! »
L'utilisation de son prénom étonna Tony, même s'il avait entendu le prénom de naissance de Pepper assez souvent. La vue de Pepper qui se baissait pour serrer la main de la petite fille l'ébranla d'une certaine manière, et il hésita à avancer jusqu'à ce qu'elle se redresse. « Dinah, voici mon ami, M. Stark.
— Je sais ! »
L'excitation de Dinah s'exprimait par une voix aigüe, mais pas non plus assez stridente pour être insupportable, et le sourire rayonnant qu'elle lui adressa le poussa à le retourner et à lui tendre la main lui aussi.
« On vous a vu à la télé ! Vous avez été kidnappé ! »
Pepper tiqua si légèrement que Tony le rata presque. « Oui, c'est vrai, mais heureusement pour moi, vous m'avez sauvée.
— Est-ce qu'ils ont attrapé les méchants ? Est-ce que vous avez eu peur ? Maman dit que vous avez été courageuse. Je pense que je serais courageuse si quelqu'un me kidnappait… »
Dinah ne laissait pas assez de temps pour répondre, mais alors qu'elle parlait, elle prit la main de Pepper et l'entraina vers la maison. Le regard que Pepper adressa à Tony était éloquent, amusement et nervosité mélangés, et il hocha la tête pour montrer qu'il avait compris.
A la porte, Pepper s'arrêta et rompit le flot de paroles. « Dinah, ma belle, on va attendre dehors jusqu'à ce que tu aies dit à tes parents qu'on est là, d'accord ? »
Le regard impatient que Dinah pointa sur elle fit s'esclaffer Tony, mais la petite fille obéit, ouvrit la porte et déboula à l'intérieur sans prendre la peine de fermer la porte derrière elle. « Hey ! Tout le monde ! Mlle Virginia est ici !
— Il y en a une autre comme ça ? » demanda Tony, en ramassant la corde à sauter abandonnée, puis il l'enroula correctement. « Si oui, je les plains »
Pepper sourit. « Non, Helena est beaucoup plus calme, mais c'est la plus jeune »
Son sourire s'élargit. « Honnêtement, je suis surprise que Dinah ne vous semble pas familière.
— Hey, je n'ai jamais été aussi… » commença Tony, légèrement insulté, mais avant qu'il ne puisse finir sa phrase, une femme apparue dans l'entrée de la porte, l'étonnement et la politesse se mélangeant sur son visage. Il bascula immédiatement en mode public, et lui adressa un sourire désarmant alors que Pepper faisait un pas en avant.
« Bonjour, Trish… je suis désolée de venir vous voir sans être invitée, mais je voulais passer et vous remercier.
— Nous voudrions vous remercier » corrigea Tony, en retirant ses lunettes de soleil, et il tendit la main. « Tony Stark »
La poignée de main de Mme Franklin était automatique, et il pouvait voir l'expression ébahie dans ses yeux. Ça, il y était habitué : être une célébrité signifiait que les soi-disant personnes ordinaires ne savaient pas bien souvent comment réagir devant lui. Mais elle avait assez de sang froid pour les inviter à rentrer. « Euh, Mike est sorti, mais je peux l'appeler pour qu'il rentre… voudriez-vous quelque chose à boire ? Je ne sais pas… »
Pepper fit un pas en avant pour rattraper Mme Franklin alors qu'elle les conduisait dans un salon encombré qui laissait deviner qu'il y avait beaucoup de vie par ici. « C'est parfait. Trish, ne vous inquiétez pas… » dit-elle alors que la jeune femme se penchait pour balayer rapidement de la main les jouets et les papiers éparpillés sur la table basse.
Dinah refit son apparition, tirant derrière elle une plus jeune fille. « C'est M. Stark » annonça-t-elle fièrement à sa sœur, et désignant d'un large geste. « Qu'on voit à la TV, tu te souviens ? C'est le patron de Mlle Virginia, et le mec d'Iron Man, et d'autres trucs »
La petite de quatre ans avait son pouce dans la bouche et le regardait avec de grands yeux méfiants. Tony s'accroupit et agita sa main. « Salut »
Helena l'observa avec attention, puis retira son pouce. « Salut » répondit-elle à voix basse.
Avec l'air de quelqu'un qui vient d'accomplir sa mission, Dinah lâcha sa sœur et partie comme une flèche dans un nuage de tutu et de claquement de botte, malgré le tapis. Helena recula immédiatement et s'agrippa à la jambe de sa mère. Amusé, Tony se releva.
Pepper semblait avoir apaisé le début de crise de nerfs de Mme Franklin avec ses compétences habituelles, même si Trish paraissait toujours mal à l'aise. « … ce n'était rien du tout, expliqua-t-elle à Pepper. Vous n'aviez pas à… »
Pepper sourit, ses qualités professionnelles se mélangeant à une sincère gentillesse. « Si, je le devais. On le devait » corrigea-t-elle, en jetant un coup d'œil à Tony. « Considérez cela comme la démonstration d'un exemple à suivre pour vos filles, si vous préférez »
Mme Franklin se mit à rire, un son surprenant. « Vous marquez un point. Allez, asseyez-vous, je vais chercher de la limonade »
Elle se dépêcha de rejoindre la cuisine, et Helena trotta derrière elle. Avant que l'un d'entre eux n'ait le temps de choisir un siège, un homme mince entra dans la pièce, en se frottant le visage avec un chiffon. « Waw. Dinah avait raison, waw. Euh, salut, moi c'est Mike… »
Il y eut une nouvelle tournée de poignées de main. Tony et Pepper finirent tous les deux par s'asseoir sur le canapé, alors que Mike se perchait sur un rocking-chair qui semblait être un meuble de famille avec du vécu. « Désolé, ce n'est pas tous les jours que l'on reçoit des célébrités » dit-il en riant.
Pepper leva les deux mains. « Oh, je ne suis pas…
— Clairement, elle n'a pas vu les dernières infos » la coupa gentiment Tony, en lui jetant un regard amusé. « Ne vous inquiétez pas, Potts, tout ça va retomber rapidement et vous pourrez retourner à votre simple existence de meilleure Assistante Personnelle de l'hémisphère Nord »
Le regard silencieux qu'il obtint en retour lui rappela qu'il ne l'avait pas encore laissé faire un communiqué de presse, mais cela permit de détendre un peu Mike, et celui-ci rit de nouveau. « Ainsi vous méritez votre salaire ? » demanda-t-il à Pepper, mais la phrase avait le ton de la blague privée, et à la surprise de Tony, elle répondit à son sourire.
« Toujours »
Ils échangèrent pendant quelques minutes sur des sujets anodins, et Tony prit le temps d'observer la pièce. L'intérieur était légèrement en mauvais état, mais accueillant néanmoins, et les diverses photos encadrées des filles à différents âges ne laissaient aucun doute qu'une famille vivait ici. Tony se rappela soudainement de la maison dans laquelle il avait grandi elle avait été plus grande, et toujours entretenue impitoyablement propre par une équipe d'au moins quatre personnes, mais il y avait eu des photos, des jouets, et le même esprit de famille. Le souvenir lui serra le ventre, mais il repoussa la sensation, ne voulant pas être distrait à cet instant.
Puis, Dinah et Trish revinrent, la dernière portant un plateau avec des verres, et Dinah tenant fièrement un large pichet de limonade. Trish servit les verres, et Dinah les distribua, mais avant que la petite fille ait le temps de s'asseoir, Trish posa une main sur son épaule. « Chérie, la tasse de Helena est dans la cuisine. Est-ce que tu peux la lui donner et garder un œil sur elle pendant que l'on parle ? »
Dinah fit la moue. « Mais je veux rester et voir Mlle Virginia ! »
Tony ne voyait pas pourquoi elle ne pouvait pas, mais il n'allait pas intervenir. Pepper sourit à Dinah. « Je vais venir, et on va discuter un peu, d'accord ? »
Dinah lâcha un soupir mélodramatique. « D'accoooord »
Prenant son verre, elle sortit de la pièce en jetant un regard accusateur derrière elle.
Mike s'esclaffa. « Désolé. Elle tend à, disons, dominer la conversation.
— Je peux comprendre ça » dit Pepper avec un large sourire, et Tony lui tapa le genou avec le sien en guise de représailles, ce qui fit rire les Franklins.
« On ne veut pas prendre votre temps, dit-il en se disant que la famille avait quelques plans pour le samedi. Mais Pepper et moi vous sommes redevables »
Trish leva les deux mains dans un geste d'exaspération. « On n'a pas fait grand-chose. Et de toute façon, c'était ce qu'il fallait faire.
— Trish, avant que je vous trouve, quelqu'un m'a ignoré sur la route, dit Pepper gentiment. Il, ou peut-être était-ce elle, n'a même pas ralenti lorsque je lui ai fais signe. Si vous n'aviez pas été là pour moi, j'aurais pu rester perdue un jour de plus. Ou plus »
Trish rougit, et serra les lèvres. Mike se pencha pour toucher le genou de sa femme. « On est heureux d'avoir pu faire quelque chose » dit-il.
Tony hocha la tête. « Je pourrais faire un joli discours à propos des bons choix qui devraient être récompensés, et ainsi de suite, mais vous n'êtes pas la presse »
Il chercha dans la poche intérieure de sa veste le chèque qu'il avait rempli plus tôt. « J'avais mis en place une récompense pour toute information concernant l'enlèvement. Vous avez ramené Pepper à la maison vous la méritez »
Il se pencha au-dessus de la table basse pour donner le chèque à Mike, qui le prit lentement, comme s'il voulait le refuser. Mais Tony le regarda sans ciller, en mettant toute sa force dans le regard, et le papier passa de ses doigts à ceux de Mike.
En vérité, il ne pouvait pas vraiment les remercier d'avoir sauvé Pepper. Il n'y avait pas de prix pour quelque chose comme ça. Mais il pouvait montrer sa gratitude.
Comme s'il était étourdi, Mike déplia le chèque, et ses yeux s'agrandirent. Trish se pencha pour regarder, et eut un hoquet de surprise ses mains couvrirent sa bouche comme pour retenir une exclamation. « Je… nous… » commença Mike.
Pepper secoua la tête. « N'essayez pas. Il faut des années d'expérience pour gagner une discussion avec Tony Stark, et même dans ce cas, vous termineriez épuisés »
Son sourire était légèrement diabolique. « Vous pouvez aussi bien abandonner maintenant, et vous épargner la peine »
Les yeux de Trish s'humidifiaient au-dessus de ses doigts serrés, et Tony lui sourit. « Je l'écouterais si j'étais vous. Mlle Potts donne d'excellents conseils »
Le couple partagea un long regard communicatif, et ils semblèrent arriver à un accord, car Mike se retourna vers eux. « … Merci » dit-il, la voix légèrement rauque.
Tony secoua la tête. « Merci à v… » commença-t-il, mais un bruit sourd et des plaintes le coupèrent.
« Maman ! » appela Dinah, sur un ton plus impatient qu'alarmant, et Trish sauta sur ses pieds.
« Excusez-moi » dit-elle, la voix légèrement inégale, et elle se précipita vers les cris. Mike s'esclaffa de manière gênée.
« La paix n'est jamais vécue bien longtemps ici »
Il tenait toujours le chèque dans ses mains avec précaution, comme si c'était quelque chose de fragile.
« Regardez du bon côté, lui dit Pepper joyeusement. Elle ne fait rien exploser »
Mike éclata de rire immédiatement, et Tony lui donna un coup de la même manière que le précédent, feignant l'irritation, mais content qu'elle détende l'atmosphère.
« Maman a dit que j'avais le droit de revenir, annonça Dinah en refaisant son apparition dans le salon. Helena a besoin de faire une sieste »
La prononciation, chargée de dégoût, amusa Tony. Alors que Dinah avançait vers le canapé, Pepper se décala rapidement vers le milieu, afin de laisser de la place pour la petite fille sur le côté. Tony savait que Pepper venait de se rapprocher seulement pour le protéger d'un éventuel dérangement, sa responsabilité professionnelle, mais il prit plaisir dans la proximité de son corps avec le sien.
Il n'y avait pas de pause gênante dans la conversation avec Dinah qui y participait. Mike parvint à la réfréner une ou deux fois, mais il était évident qu'ils étaient le type de parents qui encourageaient les interactions de la part de leurs enfants, et Tony se trouva plus amusé et moins ennuyé qu'il ne le pensait par les questions de Dinah, et ses changements de sujets. Après quelques minutes, Trish revint avec sa plus jeune fille dans les bras et retourna s'asseoir dans son fauteuil, Helena serrée fort dans ses bras et suçant son pouce.
Pepper réussit à entrainer Dinah dans une conversation séparée, et Tony échangea quelque temps avec Trish à propos de programmation, avant que Pepper ne jette un coup d'œil à sa montre et annonce qu'ils doivent partir. Tous les Franklins les raccompagnèrent alors que Mike échangeait une poignée de main avec Tony, ce dernier vit Pepper dire quelque chose à Trish qui lui fit dire non de la tête, mais Pepper insista, et finalement Trish accepta.
« De quoi était-il question ? demanda-t-il alors que la limousine était maintenant hors de vue du dernier au-revoir de Dinah. Vous et Trish »
Pepper sourit, frottant désespérément une tache que Dinah avait laissée sur son pantalon. « C'était mon remerciement, j'ai réglé ça avec mon avocat hier soir.
— Et ? la poussa-t-il, curieux.
— J'ai mis en place des fonds d'étude pour les deux petites. Avec dix ans au minimum de maturation, cela devrait couvrir quelque chose comme un doctorat »
Pepper abandonna la tache et s'assit dans le fond de son siège, l'air satisfait.
« Excellent choix »
Il l'imita, raisonnablement satisfait avec le travail de la journée. Un demi-million de dollars pouvait disparaitre étonnamment rapidement, même si les Franklins ne lui semblaient pas irréfléchis mais les fonds d'étude étaient quelque chose d'extrêmement pratique. Un peu comme Pepper elle-même, en fait.
Ils étaient presque à mi-chemin de la maison lorsqu'il réalisa que son expression était devenue très blême, et Tony ne pensait pas que la vue qu'elle fixait à travers la fenêtre était ce qui la mettait dans cet état. « Quel est le problème ? »
Pepper sursauta, hésita, et puis leva légèrement les épaules. « Je me demandais juste ce qu'il me serait arrivé s'ils ne m'avaient pas accepté » dit-elle à voix basse.
La simple pensée lui serra la poitrine. Tony chercha ses mots, mais il ne semblait pas en avoir d'adaptés. C'était à son tour d'hésiter, mais il glissa finalement sur le siège et mit un bras prudent autour de ses épaules.
Pepper soupira, et se relâcha lentement contre lui. Ils restèrent ainsi, silencieux, jusqu'à ce que la limousine ne s'arrête.
Ils avaient à peine franchi le pas de la porte que la voix de Jarvis raisonna. « M. Iemochi appelle, monsieur. Il semble que le problème soit urgent »
Tony jura sous sa barbe. « Je vais prendre l'appel dans l'antre, Jarvis. Mets-le en vidéo »
Il se dirigea vers la grande salle noire, dont le mobilier était fait pour impressionner, mais Virginia se posta adroitement devant lui, et arrangea son col. « Vous êtes sûr que vous ne voulez pas que je prenne des notes ? demanda-t-elle à voix basse.
— Bien essayé, Potts, mais non » s'esclaffa Tony, en essayant de rester immobile alors qu'elle tirait sur son col.
« Jarvis peut le faire. Allez déjeuner ou faire autre chose »
Elle se retint de soupirer, prévoyant encore plus de moments d'ennui. « Il y a au moins trois vestes dans le placard du hall qui vont avec cette chemise. Ou… »
Elle hésita, après avoir réalisé que les choses pouvaient avoir changées lorsqu'elle n'était pas là pour garder un œil dessus. « Du moins, elles étaient là, la semaine dernière »
Si Tony perçu son hésitation, il ne laissa rien paraitre. « Bien, merci » dit-il distraitement, et il continua sa route, son attention déjà portée sur l'appel. Elle le regarda s'éloigner, en se demandant quelle crise Stark Industries Japon traversait, et elle décida qu'elle pouvait au moins préparer des sandwiches. Et demandant au Débile de les apporter, si j'ai besoin. Les Japonais vont adorer ça. Elle ne savait pas si c'était quelque chose de culturel ou seulement quelque chose de geek ingénieur, mais le conseil d'administration de Tokyo était fasciné par les robots.
Elle coupait du pain lorsqu'une idée lui traversa l'esprit. « Jarvis » appela-t-elle, sachant que l'Intelligence Artificielle pouvait gérer plusieurs conversations simultanées sans problème. « Peux-tu diffuser leur conversation ici ? »
L'hésitation de Jarvis était due à son programme, elle le savait, mais l'effet était plutôt efficace. « Cette action ne fait pas partie des proscriptions de M. Stark, mais j'imagine que cela revient à enfreindre l'esprit de la loi »
Virginia sourit amèrement, en disposant les tranches de pain dans deux assiettes. « Peut-être. Mais j'ai besoin de rester au courant du statut de l'entreprise pour être en mesure de faire efficacement mon travail lorsque j'y retournerai »
Il était possible de tacler Jarvis sur la logique de temps à autre, probablement parce que son créateur n'était lui-même pas toujours logique. « Je n'ai pas l'intention de faire quoi que ce soit, Jarvis. Je veux juste les informations »
L'Intelligence Artificielle ne répondit pas, mais quelques secondes plus tard, les haut-parleurs diffusèrent la téléconférence en cours. Elle continua de faire le repas, écoutant avec attention et retenant les détails, fronçant les sourcils de temps à autre lorsqu'elle entendait une tourne de phrase qui ne lui était pas familière. L'accent rapide de Tony était plus simple pour elle à suivre que les inflexions plus lisses de M. Iemochi et de ses hommes, mais c'était parce que Virginia était habituée au rythme de son patron. Comme d'habitude, elle se dit qu'elle avait bien besoin d'une mise à niveau, et comme d'habitude, elle se rappela qu'elle n'avait pas le temps.
Enfin, maintenant si. C'était déconcertant, mais elle rangea cette idée de côté de peur de manquer le fil de la conversation, et elle s'empara de la moutarde.
Elle venait juste de terminer le dressage des sandwiches lorsque la conversation en cours arriva sur la question de savoir dans combien Tony pouvait arriver au plus tôt à Tokyo.
Sans perdre un instant, elle mit les sandwiches sous un dôme et se précipita hors de la cuisine, en se dirigeant vers la chambre de Tony. Il gardait toujours un sac de voyage prêt en cas d'urgence, mais il aurait besoin de deux-trois trucs en plus. Et il est plus simple de demander pardon que de demander la permission. Même si elle n'avait pas l'intention en réalité de demander…
La téléconférence se termina quelques minutes plus tard, avec Tony qui promit de décoller dès que possible. Entre temps, elle avait déjà appelé le pilote de Tony, elle avait appris de Happy que l'autoroute était bouchonnée, et elle avait arrangé un vol dans un des hélicoptères de Stark Industries elle était en train d'ajouter un maillot de corps en plus dans le sac de Tony lorsqu'il entra.
« Qu'est-ce que je dois faire, vous attacher ? demanda-t-il, l'air plus amusé qu'énervé. Parce que ça ne me dérangerait pas, mais c'est un peu indécent pour un arrêt maladie »
Virginia ignora sa remarque et zippa la fermeture de sa valise. « Vous devriez avoir l'autorisation de décoller le temps que vous arriviez à l'aéroport, lui dit-elle.
— Et toi »
Tony s'adressait au plafond en déboutonnant sa chemise. « Je t'ai spécifiquement demandé…
— La logique de Mlle Potts était redoutable » commença Jarvis, mais Tony grogna.
« On en reparlera plus tard. Rappelle-le-moi »
Il retira sa chemise et glissa automatiquement ses bras dans la nouvelle que Virginia tenait ouverte.
« Je ne sais pas ce qu'ils ont fait au réacteur de leur industrie pour le faire se conduire de cette manière, mais j'espère que cela ne va pas prendre trop de temps à y remédier.
— Espérons »
Elle s'éloigna pour lui choisir une cravate pendant qu'il boutonnait sa chemise. Ils avaient perfectionné cela en art depuis le temps, une danse souple autour de l'un et l'autre, et en quelques minutes, il était prêt à partir. Elle le laissa porter son propre sac et se dépêcha de retourner dans la cuisine, en boitant seulement légèrement. « Vous pouvez manger en chemin » lui dit-elle par-dessus son épaule.
L'héliport de la demeure était à une extrémité de la propriété de Tony, à une distance suffisante pour éviter le bruit. Tony insista pour conduire les cinq cents mètres, et elle ne discuta pas que ce soit pour gagner du temps ou pour épargner ses pieds, cela ne fut mentionné, mais elle était silencieusement reconnaissante de pouvoir préserver à la fois sa dignité et ses orteils. Tony abaissa la toile de la décapotable pour qu'ils puissent voir le ciel, et il démarra la voiture.
Virginia ne pouvait pas encore entendre le bruit des hélices. Elle regarda Tony, dont le visage était déterminé.
« Ecoutez, commença son patron plus sombre que d'habitude. Je veux que vous restiez chez moi pendant que je suis parti. Happy va vivre avec vous jusqu'à ce que je revienne, et…
— Attendez une minute » l'interrompit-elle, énervée face à ses libertés.
« Tony, je peux comprendre que vous vouliez que je reste chez vous, j'ai déjà accepté, mais je n'ai pas besoin que l'on me babysit »
Il fronça les sourcils, et elle se prépara à une dispute, mais il soupira. « Ce n'est pas pour vous, Pepper, c'est pour moi »
Il tendit les bras au-dessus du levier de vitesses et prit ses deux mains, ses doigts autour de ceux de Virginia la serraient presque de trop. « Je sais que les chances que le connard qui vous a enlevé revienne, et qu'il réussisse à entrer dans ma maison sont presque nulles, mais je vais m'inquiéter quand même »
Le regard qu'il avait était plus qu'en colère il était menaçant et il la traversa comme une lance.
« S'il vous plait, Pepper, pour ma tranquillité d'esprit, s'il vous plait »
Elle ne pouvait jamais lui dire non. Pas quand il lui demandait d'espionner pour lui, et pas non plus maintenant. « … d'accord »
Tony relâcha sa respiration, même si sa tension ne disparut pas. « Bien. Merci »
Par-dessus l'épaule de Tony, Virginia aperçut du mouvement la vue du petit hélicoptère apparaissant derrière une crête arriva en même temps que le bruit des hélices. « Les voilà »
Ils descendirent tous les deux de la voiture lorsque l'hélicoptère atterrit, Tony en faisant le tour pour prendre son sac dans le coffre, et Virginia attrapant le déjeuner qu'elle avait enveloppé pour lui. Il y aurait de la nourriture dans l'avion, bien sûr, mais les sandwiches étaient déjà faits.
Les bourrasques de vent générées par l'hélico agitèrent ses cheveux et donnèrent l'impression que la cravate de Tony voulait s'échapper. Alors que l'engin se stabilisait, Tony se tourna vers elle, une main posée sur son épaule. « Ça ira ? cria-t-il au-dessus du bruit.
— ça ira très bien, le rassura-t-elle. Prenez soin de vous, Tony »
Ses lèvres esquissèrent un sourire face à sa recommandation, mais il ne dit rien de plus, et il se contenta de serrer son épaule avant de s'éloigner rapidement vers l'hélico pour y jeter sa valise avant d'y monter. Virginia retourna près de la voiture pour dégager la zone, et elle observa l'hélicoptère s'éloigner, gardant les yeux rivés sur le visage qui l'observait depuis le cockpit jusqu'à ce qu'il soit trop loin pour le distinguer.
Il lui fallut peu de temps pour conduire jusqu'à la maison, mais lorsqu'elle remonta du garage, elle entendit du mouvement dans le couloir de l'aile Est, et elle trouva Happy justement en train de fermer la porte de la chambre qu'il avait choisie en face de la sienne. Il la salua de la tête de manière solennelle. « Si vous avez besoin de quelque chose, demandez »
Virginia était touchée par son attention, mais elle n'avait pas l'intention de permettre à Happy de la traiter comme une invalide. Avec cette concussion, je suis probablement en meilleure forme que lui. Bien qu'elle n'ait pas l'intention de le lui dire.
« D'accord, dit-elle sèchement tout en souriant. Vous pouvez apporter le popcorn pour le film ce soir »
Happy s'esclaffa, sa gravité disparaissant un peu, même si elle savait qu'il allait prendre son rôle de garde du corps très au sérieux. « S'il vous plait, ne me dites pas que vous allez choisir quelque chose dans la collection personnelle du patron.
— Oh, s'il vous plait »
Elle fronça le nez. « Jarvis, tu peux accéder à mon compte Netflix, n'est-ce pas ?
— Avec plaisir, répondit l'Intelligence Artificielle. Souhaitez-vous regarder quelque chose maintenant ?
— Attendons au moins le coucher du soleil » dit Virginia, en sentant une pointe de culpabilité. Pourtant, qu'est-ce que je suis supposée faire, autre que du travail… Elle regarda Happy, se sentant perdue.
Il enfonça ses mains dans ses poches. « Est-ce que vous avez déjà mangé ? »
Ils réussirent à faire le durer le repas presqu'une heure, mais le débarrassage fut désespérément rapide, et une fois cela terminé, ils se regardèrent avec une certaine impuissance. Virginia n'avait pas l'habitude de rester à ne rien faire et alors que Happy avait parfois des périodes de creux, il les passait généralement dans son petit logement près du portail. Finalement, elle baissa les bras.
« C'est ridicule. Que font les gens normaux lorsqu'ils ont du temps libre ? »
Happy se gratta la tête. « Et bien, d'habitude, lorsqu'il n'est pas là, je nettoie les voitures, mais… »
Il fit un geste maladroit dans sa direction, sans qu'elle ne sache s'il pensait à ses pieds blessés, ou juste s'il était inconfortable avec l'idée que l'assistante du patron, tirée à quatre épingles, l'assiste à une tâche aussi salissante.
Mais l'idée était intéressante. Virginia avait peut-être passé deux jours dans la nature, mais avant ça, elle en avait passé trois, cloîtrée dans une petite pièce humide, et prendre l'air semblait une excellente idée. « Parfait »
Elle se tourna vers la terrasse. « Je vais chercher une chaise et je vais vous tenir compagnie »
Happy insista pour porter la chaise lui-même, ainsi que les deux grands thermos de thé glacé, mais elle s'accrocha à son carnet à dessin et à son chapeau. Il l'installa à côté de l'allée pour faire demi-tour et amena la limousine pour commencer. Il semblait étrange aux yeux de Virginia de le voir en short et en t-shirt alors qu'il apportait le savon, la cire et le tuyau. Mais il était amusant à dessiner, et ils discutèrent facilement, évoluant entre différents sujets comme l'entretien des voitures et la philosophie grecque.
Elle avait toujours été confortable avec Happy, pensa Virginia alors qu'elle dessinait. Ils avaient commencé leur relation avec un respect mutuel lorsqu'elle avait été engagée comme assistante personnelle pour Tony, et cela s'était transformé en la sorte d'amitié que les collègues partageaient, mêlée à une tendance à la conspiration lorsqu'il était question de contrecarrer les travers les plus rocambolesques de Tony… ou juste lui laisser le repos qu'il avait bien souvent besoin.
Lorsque Tony avait été kidnappé, ils avaient attendu ensemble. Obie avait disparu, trop occupé à diriger l'entreprise, et Rhodey cherchait Tony, mais Happy et elle avaient été laissés derrière pour garder la maison. Et c'est ce qu'ils avaient fait, en échangeant la même sympathie silencieuse, le même refus obtus d'abandonner tout espoir.
Et lorsqu'il avait été trouvé… elle sourit au souvenir. Un plaisir partagé est un plaisir double, dit-on. Le leur avait été plus exponentiel que cela : ce fut une explosion de sourires, d'embrassades et de larmes, triomphants pour leur patron – impossible, emmerdeur, mais qui leur avait quand même profondément manqué – qui rentrait enfin.
Happy n'avait exprimé aucune opinion sur Iron Man Virginia soupçonnait que le garde du corps n'approuvait pas, mais qu'il s'était silencieusement pris de sympathie pour l'armure. Bien sûr, si elle n'était pas aussi inquiète que Tony risque sa peau chaque fois qu'il s'envolait, elle pourrait admettre qu'elle avait aussi de l'admiration après tout, elle avait toujours été une fan des bolides en métal.
Mais le prix qui allait avec l'armure était beaucoup trop lourd, et elle ne pouvait que pincer les lèvres et s'inquiéter.
Elle laissa son crayon se disperser il dessina le contour d'un des gantelets de l'armure, des doigts lisses articulés qui englobaient une énergie destructrice. Et puis elle fixa son œuvre, et se demanda lorsqu'elle avait pu avoir remarqué tous ces détails.
« Vos bras deviennent rouges » observa Happy, en s'arrêtant dans sa tâche de lustrer la voiture. Elle émergea de sa rêverie et se pencha pour attraper la crème solaire.
Ils finirent par commander une énorme pizza débordante de garniture, et regardèrent deux Western d'affilé dans la bibliothèque, qui avait un écran de TV accroché à un mur il paraissait trop étrange d'être dans le salon sans que Tony soit là lui aussi. Après ça, Happy se retira dans la chambre qu'il avait choisie, non sans lui rappeler qu'il restait à sa disposition si elle avait besoin de lui, et Virginia lui sourit en retour. A sa connaissance, il n'y avait aucun moyen d'entrer dans la maison de Tony sans attirer l'attention de Jarvis la présence de Happy était vraiment juste pour la tranquillité de Tony. Et il lui apparut avec un peu de retard, cela pouvait aussi être pour celle de Happy.
Malgré l'exercice, le soleil, et l'heure tardive de la journée, Virginia se rendit compte qu'elle ne pouvait pas dormir. Elle resta allongée en boule dans son grand lit, les yeux ouverts dans le noir, la maison silencieuse autour d'elle elle semblait bien trop vide sans son propriétaire, comme si quelque chose d'essentiel n'était pas là. Elle fronça les sourcils, et se demanda pourquoi cela avait de l'importance elle avait déjà passé du temps seule dans la maison avant, lorsqu'il était parti en mission, mais elle ne s'était jamais sentie si seule. Même le fait de savoir que Happy était de l'autre côté du couloir n'était pas suffisant pour faire disparaitre cette sensation.
Finalement, elle abandonna. Elle s'extirpa du lit, s'empara de la couverture et traversa le tapis pour ouvrir la fenêtre de balcon. Elle avait choisi la chambre au-dessus de celle de Tony, celle qui surplombait l'océan la brise qu'elle rencontra souleva ses cheveux et remplit la chambre de l'odeur du sel.
Il y avait une paire de chaises sur le balcon, placé là pour la vue, et alors que ses yeux s'ajustaient, elle pouvait distinguer l'obscurité de l'océan et étendue étoilée du ciel, même si sans la lune, il y avait peu de détails. Elle s'assit sur une chaise, s'enroula dans la couverture et prit note de l'odeur légèrement renfermée de l'objet. Les chambres n'étaient pas utilisées très souvent, et apparemment elle devait être plus stricte concernant la planification du ménage.
Les étoiles étaient splendides. Un des avantages à la location de la maison de Tony était l'absence de pollution lumineuse d'un côté de la demeure, on pouvait apercevoir les lueurs de Malibu, mais de l'autre, elles étaient imperceptibles. Virginia pencha sa tête en arrière et observa les étoiles.
Quelque part dans le coin de sa tête, il y avait l'odeur renfermée d'une pièce fermée, et le murmure de voix à travers le conduit en métal. Il y avait le passage cruel d'un poignard dans ses cheveux, et la sensation d'avoir une gueule de bois due aux médicaments. Il y avait une complète vulnérabilité, une terreur, et une colère brulante.
Elle ne voulait pas y penser. Virginia laissa son esprit dériver loin de ses souvenirs, et elle concentra ses pensées sur des mondanités comme le cousin de son siège, la garde-robe de Tony, et le cycle de facturation trimestriel.
Lorsque le sommeil arriva, il fut agité et léger, mais au moins, les mauvais souvenirs furent bannis pendant un laps de temps.
Le réacteur de Tokyo n'était pas, dans les termes que la mère de Tony aurait utilisés, en « bon état », mais sa cause n'était pas perdue. Tony parti directement pour l'usine dès que l'avion se posa au sol, malgré l'heure très tôt de la journée il était très difficile de conduire un arc réacteur à l'explosion, à moins que quelqu'un sache exactement quoi faire, mais il lui fallait une énorme quantité d'énergie pour redémarrer, et Tony ne voulait pas que l'engin s'arrête si cela pouvait être évité. Sans compter la coupure prolongée d'électricité pour les usines…
Ils avaient des générateurs de secours, évidemment, mais ils étaient coûteux à faire fonctionner, et ils n'étaient pas aussi propres énergétiquement que le réacteur. Tony et les ingénieurs de l'usine se mirent au travail immédiatement au milieu des plans et des rapports de mesure, alors qu'il essayait de déterminer ce qui avait pu conduire le réacteur à se conduire si étrangement.
Mais sous les équations et le jargon d'ingénieur, il y avait toujours Pepper. Tony la gardait dans un coin de ses pensées. Elle semblait bien récupérer, mais il y avait une tension en elle qui ne s'était pas dissipé, et il se demandait combien de temps encore elle allait prétendre que son enlèvement ne l'avait pas affecté.
C'est l'hôpital qui se fout de la charité, pensa-t-il de manière distraite, alors qu'il débattait sur les fluctuations d'énergie avec deux ingénieurs et un technicien. Ce n'est pas comme si tu étais allé parler à un psy juste après être rentré non plus. Et il avait traversé bien plus qu'il suspectait que Pepper avait vécu de son côté, même si cela ne rendait pas son expérience moins atroce pour autant.
Mais il avait trouvé sa propre forme de thérapie, d'une certaine manière, et il n'avait jamais ignoré ces trois mois. La volonté de Pepper de se replonger dans le travail immédiatement comme si de rien n'était le rendait profondément inquiet.
Finalement, il réussit à stabiliser le réacteur. Tony demanda à son chauffeur de le ramener à son appartement, et il observa le soleil se coucher au-dessus de la ville, en sirotant un whiskey et en se demandant ce que Pepper faisait.
Probablement en train de se plaindre qu'elle s'ennuie. Un sourire fatigué s'étira sur son visage. Il avait rencontré d'autres personnes qui adoraient travailler de la même manière qu'elle, mais c'était généralement des scientifiques cloîtrés dans leur laboratoire, trop occupés par leurs recherches pour sortir la tête. Pepper travaillait autant qu'eux et réussissait à maintenir une vie en parallèle, ou au moins en apparence.
Tony se laissa aller contre le dossier de son fauteuil et il croisa les jambes, savourant le passage de l'alcool sur sa langue, et il essaya de se détendre assez pour pouvoir dormir. Il avait passé un rapide coup de fil après la vidéoconférence ce matin, et le souvenir de la voix de Hogan s'imposa dans son esprit. Monsieur, je ne suis pas… j'ai… j'ai échoué.
Il n'avait jamais associé la noblesse avec Happy, mais cela n'avait pas d'importance. On en a déjà discuté. Perdre face à une force plus importance, ce n'est pas un échec, et j'ai besoin que vous gardiez un œil sur elle. Pour qu'il ne devienne pas fou, mais cela, il ne le dit pas.
Pendant un long moment, la communication avait été silencieuse, et puis il entendit deux mots prononcés à voix basse. Très bien.
Mais il y avait dans ces mots une force qui avait disparu jusque là de la voix de Happy depuis que Pepper avait été enlevée, et cela avait été suffisant pour satisfaire Tony.
Il voulait l'appeler, juste pour écouter le son de sa voix. Mais s'il y avait bien eu quelques fois où il avait demandé une histoire pour s'endormir – et quelques unes où elle avait dit oui – Tony ne voulait pas la déranger à cet instant. Il avait le pressentiment que son attitude vis-à-vis de Pepper depuis son retour était un facteur de stress supplémentaire elle pourrait apprécier un jour ou deux sans avoir à composer avec lui.
Je ne peux rien y faire. L'appétit mélancolique qu'il avait retenu si longtemps s'était renforcé avec la possibilité de la perdre quelque chose en lui avait besoin de la toucher de temps à autre, d'entendre sa voix et de savoir qu'elle était en sécurité.
Que ses intentions soient bien venues ou non était une question sans réponse elle ne lui avait pas demandé de garder ses distances, de toute façon, et Tony avait de l'espoir grâce à ça. Si elle lui demandait d'arrêter, il le ferait, bien que cela soit douloureux.
S'il vous plait, n'en faites rien, Pepper.
Finalement, il retrouva un vieux message sur sa messagerie Pepper lisait calmement à voix haute une liste d'instructions et de rappels, et il le mit en boucle à faible volume. Il s'endormit au son d'une sévère leçon sur l'importance des signatures lisibles.
