Tia63: Merci beaucoup pour ton commentaire ! C'est très encourageant :D
Scarlett: Si tout se passe comme prévu, je posterai encore 14 parties, épilogue inclus :) !
N'hésitez pas si vous le souhaitez, à faire un tour dans mon recueil d'OS. Je les écris à la demande, sur le thème de Harry Potter ou Twilight :)
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Seth Clearwater
La semaine qui a suivi est passée très vite. L'intrusion de plusieurs vampires sur nos terres m'a contraint de sécher plusieurs cours et j'ai dû redoubler d'efforts pour rattraper le retard, mais je n'ai jamais loupé un seul tutorat, ni avec Anya, ni avec Hayley. Mes séances avec Anya étaient de plus en plus agréables, la gêne se tarissant peu à peu. Nous rions beaucoup tous les deux, et parlons presque tous les soirs sur Messenger.
Nous avons même échangé nos numéros de portable et je l'accompagne au lycée puis la dépose chez elle tous les jours. Les rumeurs fusent sur nous, mais je n'y prête pas attention. Je suis trop heureux d'avoir trouvé mon imprégnée et je n'aurais pu rêver mieux qu'elle. Elle est douce, belle, gentille, intelligente, drôle, et sa timidité m'émeut.
C'est vendredi et je ne l'ai pas vue depuis hier. Elle n'était pas à l'atelier car elle a dû partir avec la classe de littérature à une convention. Ils reviendront tard, alors c'est sa mère qui la reprend. Elle me manque, et je suis surpris de ressentir cela, car je n'avais jamais eu de sentiments aussi intenses pour quelqu'un auparavant.
Je patrouille avec minutie, ça me défoule et me permet de penser à autre chose que mon imprégnée à des kilomètres de moi, dans le même hôtel que des dizaines de garçons qui la connaissent depuis plus longtemps que moi et risquent sans doute de la draguer.
Aussi jaloux que moi, le môme ! Paul.
Paul ! je m'étonne. Tu te retransformes ?
Ouais... il semblerait qu'on ait besoin de renfort à La Push. Ça m'avait manqué, honnêtement. Paul.
Je le rejoins auprès de la frontière.
Mais dis-donc, c'est que t'as pris du poil de la bête, toi ! Tu fais ma taille ! Ehhh, mais t'as pris du muscle aussi, tu pousses de la fonte ou quoi ? Paul.
Idiot ! Depuis que tu es parti, j'ai trois fois plus de travail, évidemment que j'ai pris du muscle.
T'en plains pas, ton imprégnée en sera sûrement ravie. Paul.
Je sonde son esprit un instant, curieux de savoir ce qu'il pense d'Anya.
Te fatigues pas le môme. Je la trouve douce et intelligente, elle semble faite pour toi. Paul.
Ces propos me réconfortent. Elle reviendra demain et je lui proposerai d'aller faire un tour à Port Angeles.
C'est ça ! Fonces Sethichou, séduis la belle Anya Wilds ! Paul.
Je souffle face à ses bêtises.
Y en a qui doivent se concentrer, ici.
Tu prends par où ? Paul.
Par l'est.
Okay je m'occupe de l'autre côté. Paul.
Couché dans mon lit, je me demande si je devrais envoyer un message à Anya. Elle est sûrement fatiguée du voyage et a besoin d'espace. Mais à ma plus grande surprise, c'est elle qui m'envoie un message.
Anya Wilds: Seth ?
Vous: Oui ?
Anya Wilds: Je peux t'appeler ?
Mon coeur bondit dans ma poitrine. Évidemment ! Elle ne devrait même pas poser la question. Je l'appelle immédiatement, et nous passons la nuit au téléphone. C'est les vacances d'automne. Elle accepte de venir avec moi à Port Angeles mardi.
Nous finissons par nous endormir tous les deux au téléphone, tard dans la nuit, ou très tôt le matin.
Mais le lendemain, elle ne m'envoie pas de message. Le surlendemain, elle ne répond pas à celui que je lui envoie. C'est comme ça jusqu'au mardi, où je décide d'aller voir chez elle. J'avais prévu de l'emmener à un concert baroque et puis de l'inviter à manger.
Je frappe à la porte et c'est une femme grande et gracieuse qui m'ouvre. Elle a la forme des yeux d'Anya, et la même expression mystérieuse.
- Bonjour jeune homme, que puis-je faire pour vous ?
- Bonjour madame, excusez-moi de vous déranger. Anya est là ?
- Elle est partie, répond-elle, méfiante.
- Vous savez quand elle rentrera ?
- Non. Désolé.
- Mais... elle va bien ? je demande, démuni.
- Elle ne saurait aller mieux !
- Bien... dites-lui... non, ne lui dites rien, je suppose qu'elle m'appellera quand elle reviendra.
Elle me salue poliment et referme la porte. Le coeur lourd, je me transforme dés que j'atteins l'orée du bois et cours pour me défouler.
Qu'ai-je fait de mal ? Pourquoi Anya m'ignore-t-elle ? Peut-être a-t-elle découvert ma nature ? Non, c'est impossible, elle n'en sait pas assez, le moment n'est pas venu encore. Peut-être voit-elle un autre garçon ? Je l'ai entendue parler d'un certain Scott avec son amie Mandy.
Ça ne va pas, Seth ? Embry.
Je repasse la scène dans ma tête et mon ami semble surpris.
Anya a l'air d'être gentille. Ça m'étonne d'elle. Embry
Moi aussi, je souffle.
T'inquiète pas, va, je suis sûr qu'elle a une explication à tout cela. Tu verras, ce soir tu me diras que j'avais raison. Embry
Je l'espère sincèrement.
Et c'est ainsi que se déroule, lentement, ma semaine de vacances. Une des pires semaines de ma vie, sans doute, après celles qui ont suivi la mort de mon père. Anya ne répondait pas à mes appels, alors j'ai arrêté de l'appeler. J'ai encore un semblant de dignité. Je me suis juste tué aux patrouilles pour oublier tout ça.
La rentrée vient, je ne parviens pas à dormir. Va-t-elle me parler ? M'ignorer ? S'excuser, tout m'expliquer ? Je retourne au lycée, je décide de ne pas l'y conduire, sa mère ne semble pas m'apprécier, et puis ce n'est pas comme si je lui manquais ! À l'atelier, son siège est vide et personne ne semble s'en formaliser. Personne, sauf moi. Madame Red vient près de moi pour me dire que Hayley remplacera Anya à la séance de tutorat de ce soir. Je refuse, je lui dis que ma mère est malade et elle m'adresse un sourire compatissant.
À midi, j'aperçois son amie Mandy avec un garçon de l'atelier, et deux autres personnes. Je me lève, bourré de paroles d'encouragements de mes frères de meute, et me dirige vers leur tablée. Ils se taisent soudainement et lèvent les yeux vers moi. Je m'adresse directement à Mandy:
- Salut. Tu sais où est passée Anya ? Ça fait plus d'une semaine que je n'ai pas de nouvelles d'elle.
Elle sourit malicieusement.
- Elle est à Naples... en Italie. Elle reviendra demain, selon sa mère.
Je hoche la tête sèchement, dégoûté. Elle se la coule douce en Italie et n'a même pas pensé à me prévenir. Elle m'a laissé comme un con mardi passé, à attendre désespérément un signe de sa part. Je comprends pas pourquoi elle me fait ça, elle qui est d'habitude si douce. Je me dis ensuite que c'est ça, les jolies fille. Une image. Un air gentil, l'air d'être aussi belle à l'intérieur qu'à l'extérieur, et puis elle vous rappellent que vous n'êtes rien, rien par rapport à elles.
Je retourne à ma table, j'ai même pas faim, et je balance mon plateau vers mes amis qui m'adressent un regard désolé. Embry n'a même plus d'explications ou d'encouragements valables. Brady m'adresse une tape réconfortante au dos.
- Mange, Seth.
Je baisse la tête et reste silencieux. Qu'est-ce que je m'en fiche de bouffer, en ce moment ! C'est plus ça qui me garde en vie.
Le mardi vient, je ne la vois pas, mais je me dis que je vais quand même aller en tutorat, parce que tout ça n'est pas la faute d'Hayley et que je ne vais pas rater mon année parce que j'ai été déprimer dans mon lit ou défoncer des arbres au lieu de travailler.
Je rentre dans l'atelier, dépose mes affaires et rassemble nerveusement mon matériel de peinture. Les aigles d'Anya trônent fièrement sur la palette de séchage, et je détourne le regard avec peine. La porte s'ouvre doucement et des effluves familières me viennent au nez. Le lilas, le matin de printemps, le vent dans la rosée. Je lutte pour ne pas me retourner.
- Bonjour, Seth. Ça va ?
- Oui.
Je ne peux m'empêcher de la regarder lorsque j'entends sa voix. Je n'arrive même pas à lui répondre méchamment. C'est plus fort que moi. Elle a bronzé, ça fait encore plus ressortir ses magnifiques yeux, mais elle n'a pas l'air particulièrement ressourcée ou épanouie comme on l'est d'habitude après un voyage.
Elle m'offre un sourire triste ou poli, je ne sais pas. Je commence à mélanger mes pigments, silencieusement. Je ne m'assieds pas, je ne suis pas assez calme pour cela, et je peins debout, donnant des coups de pinceau nerveux sur la toile.
- Ça ne va pas ? elle demande doucement.
Mon imprégnée m'a juste ignoré pendant une semaine, sans raisons. Mais je vais très bien, merci de t'en inquiéter !
- J'ai des problèmes personnels, je réponds sèchement cette fois-ci.
Elle paraît surprise. Elle se lève délicatement et se dirige vers moi. Son shampoing et son odeur naturelle m'envahissent les narines, j'ai l'impression qu'elle m'ensorcelle et je ne parviens pas à résister. Mon coeur s'emballe, je serre les poings et la mâchoire.
Elle me regarde intensément. Elle enlève délicatement les pinceaux de mes doigts et je la regarde faire, intrigué malgré tout. Elle laisse les pinceaux tomber au sol et attrape mes mains dans les siennes. Elles sont froides et douces, je ressens le besoin irrésistible de la réchauffer, mais je n'en fais rien. Puis elle enroule ses bras autour de mon cou, et, sur la pointe des pieds, elle pose sa tête sur mon torse et me serre contre elle. Elle sent sûrement mon coeur s'emballer, mais je m'en fiche, elle est dans mes bras maintenant, et tout va mieux, la terre tourne à nouveau. Je l'entoure de mes bras également, je la serre contre moi en essayant de réguler ma force et sens des décharges électriques parcourir mon corps entier.
Sait-elle seulement le pouvoir qu'elle exerce sur moi ? Elle seule rythme ma vie à présent, elle ne peut pas se permettre de disparaître ainsi.
- Pourquoi tu m'as fait ça, Anya ?
- Pardonnes-moi, Seth. Ma grand-mère, en Italie, elle a failli mourir, alors j'y suis allée, et je suis restée longtemps là-bas. Ils n'ont pas internet et évidemment, je ne sais pas appeler en Amérique depuis Naples.
Une bouffée de soulagement m'envahit, rafraîchit mon corps comme de l'eau froide sur une brûlure intense. Elle ne s'en fiche pas de moi, elle ne m'ignore pas, non, elle a eu un drame familial et je n'ai pensé qu'à ma personne.
- Elle va mieux ? je demande, sincère.
- Ils l'ont opérée d'urgence... mais le sud de l'Italie est pauvre, la médecine n'est pas au point. Elle a eu beaucoup de chance. Elle m'avait manqué, mon père aussi. J'avais besoin de les revoir, même si c'était pas prévu.
Elle me regarde longuement et j'ai envie de l'embrasser. Elle passe la main sur ma joue.
- Ça te va bien les cheveux longs et la petite barbe.
Je souris malgré moi.
- Laisse-moi travailler, Anya, je souffle, prêt à envoyer valser ce fichu chevalet pour attraper ses lèvres
Elle recule en hochant la tête et j'ai aussitôt envie de la tirer vers moi.
- Je ne te regarderai pas, promis. Mais choisis bien tes pinceaux ! Je ne rattraperai pas tes bêtises.
Son air maternel me fait sourire et je m'applique à ma peinture, revigoré, comme si je naissais à nouveau. Elle prend un chevalet et une toile vierge, puis s'assoit sur une table près de la fenêtre, et s'applique à son rituel habituel d'organisation du matériel. Je me concentre pour ne pas la regarder, si bien que mon oeuvre me passionne soudain, et je ne vois pas le temps filer.
Je ne lève les yeux que pour lui annoncer fièrement que j'ai fini ma première peinture, mais lorsque je l'aperçois, j'oublie mes paroles. Assise au soleil, les rayons balaient son visage, accentuant l'effet doré de sa peau et faisant ressortir quelques taches de rousseur. Sa chevelure a pris une teinte brun-auburn et ses yeux vert bleu sont concentrés sur la toile. Elle repousse derrière ses oreilles sa chevelure indisciplinée, ornant au passage sa joue d'une tâche de peinture marron. Et lorsqu'elle lève les yeux vers moi, la concentration laisse place à la surprise et à la douceur. Elle me sourit délicatement.
- Qu'est-ce que tu fais, Anya ? je demande, suspicieux, face à son air soudainement malicieux.
- Arrête donc de gigoter. Et concentre toi sur le regard, il manque de réalisme. Prends le 9 arrondi pour ça.
Surpris par ses connaissances, je m'exécute, mal à l'aise. Une demi-heure plus tard, je suis trop fatigué pour continuer, et elle se lève gracieusement. Ses petites jambes toutes en rondeurs me font tourner la tête. Dieu, qu'elle est belle !
Elle observe longtemps mon travail, depuis différents endroits de la classe, et le met à la lumière du soleil. Elle lève finalement les yeux vers moi et sourit de fierté.
- C'est du très beau travail, Seth !
- Merci, je réponds, soulagé.
- Le second plan est un peu bâclé, mais le travail est centré sur les animaux, et tu es débutant, alors madame Red ne dira rien. En si peu de temps, il serait difficile de tout faire parfaitement. Je suis délicieusement surprise.
Je décide de m'avancer vers son oeuvre à elle. Je suis surpris lorsque je découvre un garçon haut et large d'épaules, dont la chevelure noire corbeau, mal attachée, lui arrive à la mâchoire, et dont les joues sont mal rasées. Il fronce les sourcils, concentré, et sa mâchoire carrée, marquée par la barbe, crée une zone d'ombre dans son cou musclé. Il a des traits virils mais un petit air enfantin.
C'est moi. Félin, mystérieux, j'apparais tel une créature surnaturelle, divine.
Je prends peur, soudain. Cette musculature, cette grande taille et ces traits animaux sont clairement irréels. Anya semble ne pas s'en rendre compte, et rougit encore. Ce ne sont que des contours au fusain, mais ils sont si réalistes que j'ai du mal à m'en remettre. Elle glisse la toile dans un carton et range notre matériel.
Je saisis mes clés de voiture et elle m'adresse un regard désolé.
- Je ne rentrerai pas avec toi ce soir.
Sa mère vient sûrement la rechercher. Déçu, j'acquiesce néanmoins.
- Je viens te chercher demain matin ?
Elle me sourit joyeusement.
- Si ça ne te dérange pas.
- Jamais.
Elle passe son bras autour de mon cou et m'embrasse tendrement la joue.
- Tu m'as manqué. À demain, Seth !
- À demain ! je réponds, heureux.
Mais ce bonheur est de courte durée, car lorsque je l'aperçois sur le parking, elle fait la bise à un garçon aux longs cheveux noirs, et il l'emmène loin dans sa belle voiture. Ça me tue, de la voir avec un autre. Littéralement.
La colère te fait prendre des risques, Seth, trop de risques, cela pourrait te nuire. Il faut que tu te contrôles. C'est peut-être quelqu'un de sa famille, tu es trop sensible à elle. Sam.
Il est marrant, lui. Il a failli tuer Emily car elle ne voulait pas de lui. Involontairement, certes, mais je le trouve mal placé pour me parler de contrôle.
Je suis ton Alpha, Seth. Tu obéis. Tu as failli te faire tuer ! Tu ne peux pas passer tes nerfs sur le premier vampire qui passe sans être assuré par tes frères ! Sam.
Tu m'as dit que j'étais plus fort que Paul. Je peux m'en sortir, je pense.
Non ! La colère te fait perdre tes moyens. Tu n'es pas concentré ! La force d'un loup, c'est sa meute. Sam.
J'en ai marre de ce quotidien de merde. J'en ai marre des décisions de Jake, qui m'a forcé à réintégrer la meute de Sam pour son propre confort. Mais le loup seul est affaibli, la meute sans moi le serait aussi. Je suis un des meilleurs éléments à présent, et la réserve a besoin de notre protection. Sam a raison.
Je te laisse y réfléchir, Seth. Va dormir. Sam.
Sam s'éclipse et je cours, longtemps.
Je pense que ce que tu as vécu avec Anya aujourd'hui est très positif. Et je vois la façon dont elle te regarde. Elle folle de toi, ne t'inquiète pas. Embry.
Je ne peux pas la voir avec un autre, tu comprends ? Je voudrais le tuer. Elle me fait souffrir, tu ne peux pas imaginer à quel point. Cette imprégnation, elle m'affaiblit plus qu'autre chose.
Tu t'emballes trop vite Seth. C'est normal, je te comprends, tu es jeune, tout juste imprégné. Mais prends du recul. Essaye de lui en parler demain, et ne merde pas ! Je prends ton tour de garde, bonne nuit mon frère. Embry.
Avant de partir, je fais un détour, sous forme humaine, par sa maison. Je l'observe peindre encore, écouteurs aux oreilles, et un sourire apparaît soudain sur ses lèvres.
- Seth, elle murmure.
Elle se laisse tomber sur le lit et garde les yeux sur la toile.
- Je suis là, je murmure, penché sur une branche d'arbre, à deux doigts de la rejoindre.
Et me voilà, Seth Clearwater, 18 ans, aussi lunatique qu'une adolescente réglée, en train d'observer mon imprégnée par la fenêtre de sa chambre.
Merci d'avoir lu ce chapitre ! N'hésitez pas à poster des reviews, bonnes ou mauvaises, tant que c'est constructif ça me fait plaisir et ça m'est très utile :)
