Salve !
Je m'excuse pour le retard, mais au moins, j'ai pu me remettre en ordre partout grâce à ça.
EDIT du 21 avril 2016 : correction et mise-à-jour du disclaimer
Réponse aux reviews anonymes !
Sisi : Je ne crois pas que ce chapitre va beaucoup d'éclairer sur l'objectif de la mission, et je ne me sens pas l'envie de spoiler les lecteurs, haha ~ Désolée ! J'espère que tu aimeras ce chapitre tout de même :)
Akiza666 : J'ai oublié de préciser que les votes étaient plus ou moins clos ( les vainqueurs sont d'une évidence pure), mais merci d'avoir eut une petite pensée pour ces pauvres couples ! Pas trop fatiguée d'avoir tout lu d'une traite ? En général, je décroche après quelques chapitres de longueur honorable - enfin, 'décroche', je succombe à l'appel du coussin.
Disclaimer
Katekyo Hitman Reborn appartient à Akira Amano
L'idée d'A Minis' Life, cependant, m'appartient
Ce chapitre a été corrigé par Yukiche
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(: Enjoy :)
Une silhouette étalée sur un mur, penchée sur son corps frêle drapé d'une robe blanche trop légère pour la réchauffer dans ce laboratoire aussi froid par la température que par les gens qui y travaillaient. Des yeux bruns, sans vie aucune, lui transperçant le ventre et l'oeil. Vivisection. Cris. Peur. Terreur. Cadavres.
La jeune fille se réveilla en sursaut, pantelante, son seul œil écarquillé par la peur. Elle baissa le regard sur son ventre plat, terrifiée à l'idée qu'il puisse y avoir une ouverture béante. Rien. Un frisson de soulagement lui parcourut le corps, elle se recoucha sur le matelas, le coeur battant à ses tempes. Cela faisait plus de dix ans, depuis que tout ça était terminé, et plus de trois ans depuis que ses cauchemars s'étaient arrêtés. Pourquoi est-ce que maintenant, comme ça, sans aucune raison apparente, tout lui revenait à l'esprit - pas qu'elle l'ait complètement oublié -, mais elle commençait seulement à accepter que c'était terminé, que plus rien ne pouvait lui arriver d'aussi grave.
Une ombre fugitive passa sur son mur, une ombre bien trop identique à celle de son souvenir. Nagi, rebaptisée Chrome pour apaiser ses esprits - au grand dam de son frère -, jeta sa couverture par terre lorsqu'elle se releva brutalement de son lit. Elle se précipita sur la porte de sa chambre pour l'ouvrir - une petite pièce aménagée dans un mur - et passa la passerelle qui séparait le côté des filles, et celui des garçons. Elle s'arrêta un instant devant une porte indigo... était-ce vraiment utile de le déranger pour ça ? Ils n'étaient plus des gamins...
Chrome entendit quelque chose frapper contre la fenêtre, et, lorsqu'elle y vit l'ombre d'un serpent s'y agiter, un frisson de frayeur descendit le long de son échine, et elle décida que oui, gamine ou non, il était utile de le déranger pour ça. En entrant dans la pièce, elle ne vit pas le 'serpent' - une corde - remonter.
Mukuro était en train de dormir - on s'en serait douté -, roulé en boule sur le côté, semblant plus ou moins détendu. Un peu de bave coulait le long de sa joue, mais ses sourcils étaient froncés. Dès que Chrome fit le premier pas sur le parquet, il ouvrit les paupières, se redressa et la fixa comme si elle était un étranger dangereux - le poignet près de son menton, il devait avoir essuyer la traînée humide sur sa joue.
Bien heureusement, cet état ne dura pas longtemps pour Mukuro : une fois qu'il la reconnut, ses yeux s'adoucirent, et il l'invita à s'asseoir, sachant exactement pourquoi elle se trouvait dans sa chambre à une heure pareille - il n'oublierait jamais ce visage effrayé et assombri par le passé.
Leur famille... ne les avait jamais vraiment aimé, disons le tout de suite. Ils étaient des enfants issus d'une famille nombreuse, et n'étaient pas l'une grande utilité, d'autant que leur famille était une famille de Minis vagabonds et que, pour survivre dans le domaine, il fallait un talent spécial. Enfin, leurs 'talents' spéciaux ne s'étaient pas encore révélés. Alors leurs géniteurs les avaient tout simplement vendus contre un abri et de la nourriture. Nagi essayait de se convaincre que c'était une bonne chose, parce qu'après tout, à présent, ils pouvaient très certainement vivre de façon décente, et légalement.
Mais pourtant, au fond d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de les porter dans la partie sombre de son coeur. A cause d'eux... à cause d'eux, elle et son frère avaient souffert des horreurs sans nom, qui les avaient complètement transformés.
Ils ne s'étaient pas vu pendant un an : les filles et les garçons étaient séparés. Il n'y en avait que quelques-uns qui étaient ensembles, mais dans d'autres cages, pour qu'ils se reproduisent. Pendant un an, Nagi avait vu plein de petites filles Minis partir, sans jamais revenir. Heureusement pour elle, elle avait toujours été de petite carrure, et généralement, les scientifiques - humains et Minis - ne la voyaient pas, ou alors ne s'y intéressaient pas. Du moins, jusqu'à ce qu'une silhouette aussi grande qu'elle fasse son apparition.
Il faisait froid, comme toujours. Le nombre de filles et de jeunes femmes sanglotantes dans la cage ne faisait pas monter la température. Puis il est arrivé, mort de l'intérieur, des cheveux longs et bruns retombant en cascade sur ses épaules et dans son dos, exceptées quelques mèches plus courtes et touffues. Il était en robe blanche, comme beaucoup d'entre eux, on aurait dit qu'elle flottait, tant il était maigre et pâle. Il y avait un médecin qui le tenait par la taille, un sourire fier illuminant son visage d'une lueur malsaine. Ce dernier se pencha sur l'oreille du garçon, et lui murmura quelque chose.
Le garçon ne bougea pas un court instant, ses yeux mat passant à travers la foule, et soudainement, ce fut la première fois qu'elle eut chaud en un an : le regard que le jeune garçon posa sur elle provoqua une sensation électrique à travers tout son corps. Ses yeux étaient vides d'émotion, ou même de vie. Ils étaient remplis de néant. Doucement, il commença à avancer à travers la foule, toutes les filles s'écartant le plus vite possible pour préserver le peu de vie qu'il leur restait.
Nagi, elle, était incapable de décrocher son regard de la silhouette, figée par une force inconnue. Plus il s'approchait, plus elle remarquait des petits détails anodins : le bout des cheveux en touffe étaient brûlés, ses yeux étaient très féminins et avaient une des plus belles nuances de brun qu'elle n'ait jamais vu, sa peau était délicate et semblait fragile, et, plus que tout, il y avait un drôle de collier autour de son cou.
L'enfant - qui semblait être un peu plus jeune qu'elle - leva lentement la main pour saisir son poignet. Ce n'était même pas brusque; presque comme une invitation, en fait. Mais dès qu'il se retourna pour regarder le scientifique, qui lui avait dit quelque chose, ses cheveux qui tournoyèrent en même temps que sa tête révélèrent un dispositif installé dans sa nuque.
La jeune fille écarquilla les yeux : lui aussi était une expérience ! Le médecin qui l'avait tenu par la taille s'approcha, mit le garçon derrière lui, et la saisit avec beaucoup plus d'empressement et de violence.
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Elle fut emmenée au laboratoire, les yeux rivés sur le garçon : est-ce qu'il lui arriverait la même chose ? Deviendrait-elle un pantin aussi ?
Il y avait quelques Minis en manteau blanc qui regardaient le médecin et le garçon avec dégoût, alors qu'ils avançaient rapidement vers le lieu où tout avait commencé. Elle fut forcée de se coucher sur une table de travail métallique, stérile et froide, et le scientifique se pencha sur elle, quelques mèches de ses cheveux noirs et gras lui chatouillant les joues. "Il t'intrigue, n'est ce pas ?" Il n'eut même pas besoin de préciser de qui il parlait que Nagi avait déjà compris, cependant, elle se demandait pourquoi cet homme n'avait pas pris de douche depuis plusieurs jours, alors que lui, il en avait la possibilité. Doucement, apeurée, elle acquiesça. " C'est ma plus belle création. Il m'a pris cinq ans à créer. Il obéit à chacun de mes ordres. Tu veux voir ?"
Le ton utilisé l'empêchait de répondre à la négative. Qu'est-ce que le simple ton de la voix pouvait révéler; une envie d'approbation - et à juger par les regards qui lui avaient été délivrés plus tôt, tout le monde trouvait cette 'expérience' malsaine -, une envie de montrer, et une obsession dégoûtante pour ce pauvre garçon. Une fois encore, elle acquiesça, ne voulant pas être blessée pour une 'mauvaise' réponse. De plus, elle avait envie de savoir pourquoi, d'une certaine faç médecin se redressa soudainement et parla au garçon dans une langue étrange. Le brun aux cheveux longs ne bougea pas un instant, comme figé, avant de leur tourner le dos, poser les mains au sol, et d'exécuter un simple poirier.
En temps normal, Nagi aurait rougi de la nudité de l'autre enfant - tous n'avaient qu'une simple robe blanche, rien d'autre, pas même des sous-vêtements - mais cette fois là, elle pâlit. Au final, ce n'était rien d'extraordinaire; si l'on parlait de l'action en elle-même. Mais ce petit corps était tellement mutilé, amaigri. Il ne devrait même pas avoir la force de tenir sur ses jambes - alors sur ses bras ?!
Comme si le voir flotter dans sa robe ne suffisait pas pour dire qu'il était affamé, le scientifique venait de choisir l'action précise pour exposer son corps entier; elle pouvait presque compter le nombre d'os enfermés sous cette peau, à le voir comme ça. E-Est ce qu'on allait lui faire subir la même chose ? Elle commença à trembler, le médecin sourit cruellement. "Ne t'inquiète pas. Seulement lui sera dans cet état-là. Toi, tu ne sers que de test, pour voir s'il est bien au point." Son ton devint plus doucereux, mais aussi plus ferme lorsqu'il termina sa phrase. "Numéro 9." Le garçon se redressa et observa son 'créateur'. Ce dernier lui donna un ordre, toujours dans cette langue étrange qu'elle ne comprenait pas, et ne comprendrait jamais. L'enfant s'approcha d'elle, et, avec des mouvements ralentis, prit un outil coupant, et se rapprocha d'elle.
Nagi sursauta lorsqu'elle sentit ses doigts de glace - et qui pourtant la brûlaient - passer le long de son visage, la caressant presque avec tendresse, ses yeux morts plongeant dans ses orbes mauves terrifiées.
Délicatement, il déchira sa robe avec son outil, et continua de passer sa main sur elle, sur son cou, sur son ventre, sur ses côtes. Il leva sa main 'armée', avant de s'arrêter net. Malgré la peur qui courait dans ses veines, la jeune fille ne comprenait pas : pourquoi, s'il voulait la trancher, s'était il arrêté ? C'est à ce moment là qu'elle remarqua les tressautements dans les épaules du garçon, ses mains tremblantes, et sa respiration saccadée. Pourtant, son visage n'avait pas changé d'un poil, il était toujours aussi impassible, dénué d'émotion.
Le scientifique semblait sur le point d'attaquer quelque chose, sa colère était presque palpable. Il aboya sur son expérience, hurlant encore des mots incompréhensibles - Nagi se dit à ce moment-là que, même si ç'avait été en italien, elle n'aurait rien compris. L'expérience sursauta - sans que son visage ne montre quoi que ce soit - et se tourna très lentement vers l'homme, tête penchée sur le côté, avant d'obéir à l'ordre qui lui avait été hurlé.
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Alors qu'elle était en train d'agoniser sur la table, le scientifique dut disparaître suite à la demande d'un de ses collèges - il y avait un problème du côté des garçons, apparemment - et le garçon au cheveux bruns brûlés resta sur place, sur les ordres de son maître. Parfois, sa bouche s'ouvrait et se refermait. Il avait arrêté le massacre de son corps une fois le médecin parti ; maintenant, il lui tenait la main et la frottait doucement, comme pour la consoler, alors que deux minutes avant c'était lui qui lui crevait l'oeil, lui qui lui détruisait les organes. Elle entendit des cris au loin pendant quelques secondes...
... Puis, plus rien.
Les portes de la petite salle s'ouvrirent dans un grand fracas, faisant écho partout dans la pièce, et elle vit alors un visage qu'elle avait presque commencé à oublier. Cela faisait pratiquement un an, après tout, qu'elle n'avait plus vu son frère. Mukuro posa les yeux sur elle; ce n'était plus tout à fait lui, un oeil rouge semblait avoir été cousu dans son orbite, et il brûlait d'une flamme presque transparente - mais elle connaissait cette couleur, c'était de l'indigo. Il semblait être complètement fou.
Il se jeta sur le garçon qui lui tenait la main, et l'envoya contre le mur - depuis quand son grand frère était-il devenu aussi fort ? - un bruit d'os brisés résonna dans la pièce, lui tirant un violent frisson. Son frère s'approcha d'elle, et toucha précautionneusement la peau autour de l'oeil crevé, avant de descendre le regard vers son ventre ouvert. Sa flamme s'agita et Nagi ne sentit plus la douleur dans son ventre. Etait-il... réparé ?
Ils s'étaient enfuis, son frère qui agissait de plus en plus comme un étranger envers elle ouvrant le passage à coup de créatures plus horribles les unes que les autres. Il faisait nuit et, honnêtement, c'était la plus belle chose qu'ils avaient jamais vu. Les étoiles brillaient très haut dans le ciel, comme si elles leur faisaient d'innombrables clins d'oeil, l'odeur de l'herbe, des feuilles, de la vie volait autour d'eux, emplissait leurs poumons. Son oeil la tuait presque mais elle ne pouvait - ne voulait- pas s'arrêter d'observer, d'apprécier, de respirer. C'était le plus beau spectacle qu'elle avait jamais vu !
Nagi tendit la main pour prendre celle de son frère, prête à partager ce moment merveilleux avec sa famille, prête à célébrer silencieusement leur liberté, leur libération. Mais il se retourna, presque prêt à la tuer. Il ouvrit la bouche et une voix rauque qui signifiait qu'il n'avait pas parlé depuis longtemps sortit de sa gorge. "Kufufu -" Qu'est ce qu'était ce rire ?! Il n'avait jamais ri comme ça avant, c'était presque effrayant. "Ce n'est pas parce que je t'ai sauvée, petite fille, que tu peux te permettre de me toucher." Il y eut un lourd silence où Nagi aurait pu croire que l'on entendait son cerveau se poser des questions. "Je suis Rokudo Mukuro, et toi ?"
Que- quoi ?! Pourquoi ? Son frère ne la reconnaissait pas ? Pourquoi ? Que lui avait-on fait ? Elle voulait lui donner une réponse, vraiment, mais elle était trop abasourdie pour émettre le moindre son. Mukuro la secoua, la pressant à répondre. "N-Nagi..." finit-elle par s'étouffer, larmes coulant le long de sa joue.
Que s'était-il passé ? Pourquoi est-ce que son frère ne la reconnaissait pas ? Sa tête tournait, elle avait envie de vomir. Elle ne comprenait plus rien ! Pourquoi ? Pourquoi ?! Elle sentait le sang de son oeil crevé couler sur son visage, et elle éprouvait des difficultés à respirer.
Rapidement, son monde vira au noir complet.
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Cela faisait cinq ans qu'ils s'étaient installés dans une fissure au coin d'un mur. Ils avaient réussi à l'emmener à l'hôpital pour faire soigner son oeil mais, ne pouvant payer les soins, ils s'étaient enfuis comme des voleurs. Les organes attendraient - se disait souvent Mukuro, - il pourrait bien continuer d'utiliser ses illusions, non ?
Il était difficile de trouver de la nourriture. Souvent, ils devaient se la disputer avec les pigeons.
Mukuro ne s'était souvenu de rien, ce qui la rendait plus que triste : ce sentiment d'oubli la hantait déjà lorsqu'ils étaient avec leurs parents et qu'ils se connaissaient, mais cette fois-ci, c'était une véritable gifle qu'elle avait reçu. C'était une véritable chance, qu'elle ait réussit à se sortir du laboratoire sans avoir été tuée par les scientifiques, les humains ou même son propre frère. Elle n'avait pas osé lui dire qui elle était, de peur qu'il ne la croie pas et la laisse derrière – ou la tue.
Pour le moment, ils se réfugiaient dans leur abri de fortune, la pluie ne cessait de tomber, créant des rus sur le trottoir. « Mukuro ?
-Kufufu ? Oui, Nagi ?
-Je veux effacer mon passé. » Le jeune homme ne répondit pas, comme s'il n'était plus attentif. Le silence s'installa dans la fissure, lourd, pesant. Nagi ne savait pas quoi dire, elle n'osait presque pas bouger. S'il refusait ? Que ferait-elle ? Elle ne le savait pas encore, en ce moment, elle priait surtout pour avoir une réponse, qu'elle soit négative ou positive. C'était horrible d'attendre dans l'ignorance. « Pourquoi ? » Elle cligna de son seul œil avant de comprendre. Elle leva doucement une main vers son cache-œil, chuchotant. « Ca me ferait moins mal… » Elle pourrait oublier son lien de famille avec son frère, à son tour.
Il lui demanda comment elle comptait faire. Nagi se retrouva démunie, comment ferait-elle ? Elle n'y avait pas pensé. Doucement, elle ferma les yeux écoutant la pluie battre rythmiquement contre le bitume, là dehors. Pour oublier, il faut changer.
Elle soupira tout en rouvrant la paupière. Elle changerait, dans ce cas. « Dokuro Kuromu. Dorénavant, je m'appellerai Dokuro Kuromu.
-… Tu te rends compte que tu prends la première syllabe de mon nom et de mon prénom, et que tu la mets à la fin de toutes les autres ? » Questionna un Mukuro dubitatif, un sourcil levé, tandis que Nagi répondit en acquiesçant, les joues mordues par un embarra flagrant. Le garçon – son 'ex'-frère ? – rit à nouveau de son rire si étrange et tenta de lui proposer d'autres prénoms, un peu mal – beaucoup – mal à l'aise quant au choix et à la décision actuelle de 'Kuromu'.
Personne ne lui avait dit qu'une jeune fille à l'apparence si frêle et… soumise pouvait se montrer aussi entêtée et pleine de volonté. « Et si on changeait simplement la sonorité du prénom pour que ça devienne 'Chrome' ? » finit-il par annoncer, désespéré il voulait au moins avoir le dernier mot. Dokuro ouvrit la bouche pour protester, mais la referma bien vite avant de réfléchir un instant.
Alors qu'elle hochait doucement de la tête, Dokuro Chrome était née.
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Chrome venait de découvrir ses talents d'illusionniste : tout avait commencé lorsqu'un chien avait soudainement fourré son museau dans leur fissure, trempant complètement Mukuro avec sa morve. La jeune fille avait eu tellement peur qu'une flamme s'était allumée au bout de ses doigts, bougeant, se modelant au rythme de ses émotions. Qu'est-ce qu'était cette chaleur douce et déterminée qui envahissait ses veines ? Un éclair indigo traversa l'endroit, et fouetta le museau humide de l'animal – qui s'enfuit a toute allure après ça.
Depuis, ils s'étaient entraînés à former et combiner leurs illusions. Et, moins d'une semaine plus tard, ils savaient modeler un humain, qui ressemblait soit à l'un, soit à l'autre, et mieux encore, rendre palpable la main de l'illusion pour voler de la nourriture. Mais un jour où ils allaient voler deux trois groseilles au marché, leur vie prit un tournant de plus : il y avait des murmures qui s'élevaient tout au long de l'avenue, la projection humaine de Mukuro semblait éviter toute bousculade et autres contact : les deux Minis ne voulaient pas se faire écraser, après tout. « Tu as entendu ? Il paraît qu'il a été déshérité…
-Oui, en plus, il fait tellement peur.
-J'ai entendu dire qu'il était un violeur, et qu'il forçait sa 'petite-amie' à se prostituer pour son désir personnel. C'est un détraqué !
-En plus, il paraît qu'il la drogue et la séquestre pour la voir souffrir !
-Quel monstre !
-Il mérite un sort pire que l'enfer !
-Oui, même Dieu et sa grande bonté d'âme ne pourraient avoir pitié de lui !
Mukuro – le Minis – haussa un sourcil en voyant les badauds s'amasser puis s'écarter d'un homme qui marchait le long de l'avenue, un sourire satisfait sur les lèvres. Il se tourna vers sa partenaire de vol et lui proposa de voler des groseilles maintenant que personne ne leur prêterai attention. « Tu sais où il va ?
-Non. Qui sait, il va peut-être jouer un mauvais tour ou tuer quelqu'un ? Ce serait de son genre.
-Il paraît qu'il traîne beaucoup avec les Vongola ces derniers temps.
- Vongola ?
-Tu ne les connais pas ?! Ils commencent à se faire connaître – et en bien ! Leur chef est juste trop beau, quoi !
- Ils font quoi ? Ils chantent ? Dans quel groupe ? Oh, est-ce qu'ils sont mignons ? » Mukuro s'empêcha de rouler des yeux et se concentra tout autant que Chrome pour donner une valeur matérielle aux doigts de leur illusion. Très lentement, la taille humaine de Mukuro tendit la main. « Non, ils ne sont pas chanteurs, idiote. Ils font partie d'un groupe de vigi-
- Ouais, c'est ce qu'on dit, hein, 'vigilance', je suis sûr que ce sont des mafiosi.
-Aah ~ ! Je m'imagine une histoire d'amour passionnée entre moi et leur beau leader blond ~
- Tu ne connais même pas son nom…
- Bien sûr que s-
-Shhh ! Il vient vers nous ! » En effet, un jeune homme doté d'un sourire serein s'était soudainement tourné sur la droite, là où un autre 'jeune homme' lui ressemblant presque trait pour trait était justement en train de commettre un larcin. Chrome relâcha son attention quelques secondes pour voir le sujet des chuchotements… sujet qui s'approchait d'un pas rapide de leur illusion. La jeune Minis déglutit avant de se concentrer de plus belle sur la main, qui était sur le point de voler leur pain. Ils devaient se dépêcher
Mais ils ne furent pas assez rapide : la main de l'humain passa à travers leur 'avant-bras'. L'illusion fut brisée et disparut soudainement – les badauds s'exclamèrent de surprise. « T'as vu ? T'as vu ?! C'est un vrai démon ! Ses parents l'ont bien nommé ! »
Ainsi , Rokudo Mukuro et Dokuro Chrome firent rencontre de Daemon Spade. Tout d'abord, ils avaient tenté de courir, mais entre un pas de course de Minis, et un pas de 'course' humain, il était difficile pour les petits êtres de s'enfuir. Surtout lorsque l'humain n'avait qu'à marcher pour garder la même vite qu'eux – et même aller plus vite. « Nufufu~Pourquoi courrez-vous ? Je veux juste vous parler ~
-Kufufu, cours plus vite ma petite Chrome, plus vite ! »
Daemon fut encore plus curieux : d'abord, ces deux petites choses, ces deux petits animaux de compagnie avaient démontré des pouvoirs d'illusionniste impressionnants et, cerise sur le gâteau, à présent, le mâle rigolait presque comme lui. Il devait absolument savoir pourquoi. Il avança d'un coup, posant son pied brutalement devant les minis- qui poussèrent inconsciemment un cri de surprise, et tombèrent à la renverse. Le jeune noble les attrapa entre deux doigts avant qu'ils ne puissent s'échapper.
« Lâchez-nous ! Lâchez-nous-» Apparemment, le garçon s'agitait beaucoup plus que la fille qui, elle, tremblait, une main désespérément accrochée aux haillons du mâle. Alors, ainsi, sans qu'ils n'aient leur mot à dire, Daemon Spada déclara, un sourire aux lèvres : « Nufufu ~ Je vous adopte. »
Le frère et la sœur se calmèrent seulement lors de leur rencontre avec Elena et la troupe Vongola – il y avait d'autres Minis dans cette petite cabane de bois, et ils semblaient être bien traités.
Ils avaient enfin trouvé le sens du mot 'famille'.
Blonk.
C'est fou comme un bruit du quotidien diurne pouvait sembler aussi bruyant qu'un mégaphone dans l'oreille au matin lors d'une escapade nocture.
Hibari ne sembla pas broncher, comme s'il savait que personne ne l'entendrait, mais Tsuna, en revanche, était au bord de la panique – comme toujours. Plus ils avançaient dans le bâtiment qui fut un jour son ancien domicile, plus le cœur battait à ses tempes : si on les voyait, que se passerait-il ? Seraient-ils punis par la loi ? Parce que, sérieusement, toute cette opération ne lui semblait pas très légale-attends, n'était-ce pas Hibari, la loi ? Le noir de jais devait avouer que l'air et les mouvements agités de l'autre Minis lui couraient légèrement sur les nerfs. Qu'avait-il, au juste, pour se faire autant de sang d'encre inutilement ? Pourquoi ne prenait-il pas exemple sur lui ? Avait-il l'air de s'inquiéter, lui ? Non. Pas du tout. Parce que ce n'était pas le cas.
Blonk- « Ah ! »
Il retirait son précédent sentiment d'irritation légère pour un sentiment d'énervement complet. Pouvait-il arrêter d'être aussi maladroit ? Ca l'arrangerait beaucoup. Le carnivore regarda à gauche et à droite, discernant deux ou trois silhouettes d'objet sans grande importance. C'était bien, d'être dans le bâtiment, il ne restait plus qu'à savoir où aller – non, il n'était pas complètement perdu. Le grand Hibari Kyoya ne se perdait jamais, voyons.
Cependant, il fallait bien l'avouer : il ne connaissait pas entièrement le magasin. Il ne l'avait vu qu'une seule fois, depuis l'épaule d'Alaude, et n'avait visité qu'une seule cage pour récupérer des informations sur le brun qui n'arrêtait pas de percuter des objets.
Tsunayoshi trébucha une fois de plus sur un objet de la commode. Cette fois-ci, c'était un crayon. Par réflexe, il s'accrocha à ce qu'il y avait de plus proche : Hibari.
Si le noiraud n'avait pas eu des réflexes de serpent, il se serait retrouvé en boxer. « Herbivore, qu'est ce que tu fais ?! Quelle est cette attit-»
CRASH- !
Les deux Minis s'échangèrent un regard avant de laisser leurs yeux dériver vers le sol, là où gisait un vase qui venait d'éclater en mille morceaux. Le crayon sur lequel Tsuna avait trébuché était tombé, et avait provoqué des réactions en chaîne : il avait atterri sur une balle magique en vente pour les chatons hyperactifs qui s'était élancée vers le sol et avait rebondi partout, avant d'entrer en collision brutale avec l'intérieur d'un base, qui perdit l'équilibre et commença sa chute fatale vers le sol. Toutes les cages se réveillèrent, et pas que.
« H-Hein ?! » La porte s'ouvrit après cette éloquente exclamation, et un propriétaire en robe de chambre parfaitement ridicule en sortit, un pistolet à la main. « Montrez-vous ! Je sais qu'il y a quelqu'un ! Je suis armé ! »
