Jour 10 : Une histoire de téléphone


Il était midi, heure du crime. Pour le mettre 'dans l'ambiance' et rendre ça plus 'festif', Rhum lui avait prêté son chapeau élan. Lex Luthor fixait d'un œil morne les petits papiers qu'il allait devoir lire aujourd'hui.

Ils étaient au nombre de trois.

- Quatre, en fait. Le dernier doit-être communiqué par téléphone. La personne concernée n'est pas présente ici.
- Parce qu'en plus, je dois leur téléphoner ?! On ne pouvait pas remettre ça au lendemain ?
- Non.
- Testament ?
- Oui.
- Je le hais.
- Il faut quand même y aller monsieur.

Lex prit le premier petit papier. Rose. Avec des cœurs. Et des branches de gui.

- Ho. Ho. Ho. Quel est donc ce petit mot ? » Grinça-t-il dans le parlophone de l'entreprise qui était normalement réservé aux pompiers s'il venait à avoir le feu. « C'est le mot de Marie à Joseph, bien entendu. Non mais Rhum, vous vous foutez de tuuuuuuuuuuuutttttttttt.

Rhum avait de bons réflexes et avait éteint à temps le parlophone. Quelques instants après, la voix reprit.

- Marie souhaite une jolie période de l'avent à son amoureux et lui promet que si elle a un jour des enfants, ils seront de lui. Elle ne veut pas être la nouvelle Sainte Vierge mais elle veut bien être madame Joseph par contre. Parce qu'elle l'aime beaucoup son… Son…. Rahhhhhh Rhum ! Bon, d'accord. Son roudoudou en sucre d'amour à la crème vanille. Je vous hais, Rhum.

Une petite musique vint faire le lien avec le nouveau petit message.

- Ho. Ho. Ho. Quel est donc ce petit mot ? » Grommela Lex, pas content du tout. « C'est Jane qui souhaite à son gentille collègue Rhum bien du courage avec le patron qui est vraiment pas commode en ces temps-ci mais qu'il faut avoir confiance car Noël pénètre toujours le cœur des hommes. Hey, mais attendez, c'est de moi qu'elle cause ! Mais c'est totalement… » Une période de silence puis le son reprit ses droits. « Et croyez-moi, elle ne veut pas seulement que Noël pénètre son cœur, elle veut aussi tuuuuuuuuuuuuutttttttttttttt.

Rhum se dit qu'il avait encore bien du courage. Allez, les petits mots avançaient bien. Plus qu'un. Enfin, deux.

- Ho. Ho. Ho. Quel est donc ce petit mot ?
- Joli, monsieur !
- Silence, Rhum, je cause. C'est donc Bill qui veut laisser un mot à son cher Rhum qui a les fesses les plus jolies du monde ! Il espère qu'il sortira bientôt du placard et que tuuuuuuuuuttttttttttttttt.
- Ce n'est absolument pas indiqué sur ce mot ! Rien n'est vrai.
- Z'êtes déçu, hein ?
- Monsieur Luthor…
- J'ai le droit de rire, non ? Ce n'est pas interdit ? Mon père me laisse ce testament pour me pourrir, très bien, mais j'en profiterai aussi !

Rhum leva les yeux au ciel et fourra le dernier mot sous les yeux de Lex.

- Téléphonez donc à votre dame et lisez-lui ça. Vous allez voir, c'est très intéressant.

Rhum était vexé. Et il ne comptait pas rester.

- Ma dame ? Comment ça… Oh mon dieu !
- Téléphonez d'abord, pour éviter des pénalités. Enfin, plus de pénalités que ce que vous avez déjà.
- Mais.
- Pas de mais.
- J'vous hais.
- Je sais.

Lex tapota le numéro sans y mettre beaucoup d'enthousiasme et se mit à prier pour que Chloé ne réponde pas.

- Allo ?
- Et merde…
- Lex ?!
- Désolé.

- Ho ho ho, quel est donc ce petit mot ? C'est Toulouse qui souhaite une merveilleuse journée à Miss Chloé et qui espère bientôt revoir ses yeux ensorcelants.
- Toulouse ?!
- Bonne journée. A plus.

Parfois, il haïssait sa vie. Et en raccrochant le téléphone, il avait le cœur lourd.