Coucou, tout le monde ! Me revoilà, enfin ! Je n'avais pas oublié, eh non !

Merci à Kanli, Maman bouba et Syriaworld pour leurs reviews. Et merci à Selena jani lilianne, Syriaworld, Vanariane, REDingue et Scayfalers pour avoir mis ma fic en Alert et Favoris.

Bonne lecture !

DISCLAIMER : Le Hobbit ne m'appartient pas, tout est à Tolkien sauf le personnage de Niphredil, elle est sortie tout droit de mon imagination.


Chapitre 10 :

Visions, odeurs et secrets

La journée touchait à sa fin lorsque la compagnie de Thorïn arriva près d'une maison en ruines, devant une forêt. Niphredil sentit son cœur battre plus fort. Ils étaient proches de Fondcombe, l'endroit qu'elle considérait depuis des mois comme sa maison.

« On va bivouaquer ici pour la nuit », dit le chef des nains. « Fili, Kili, occupez-vous des poneys. Restez avec eux. »

Tandis que tous descendaient de selle et s'attelaient aux différentes tâches qu'ils avaient pris l'habitude de faire pour établir le bivouac, Gandalf visita les ruines. Niphredil le rejoignit. Elle connaissait le magicien, et savait que les choses les plus anodines qui attiraient son attention pouvaient être en réalité d'une grande importance.

« Un fermier et sa famille ont vécu ici », dit-il.

Niphredil s'approcha pour lui demander plus de détails quand elle le sentit. Ce frisson glacial, si familier, qu'elle avait si souvent ressenti au cours de sa vie de médium : un fantôme. Non, plusieurs, en fait ! Cette maison était peut-être en ruines, mais les esprits de ses anciens propriétaires n'en étaient jamais partis. Elle les chercha du regard, mais ne vit personne.

Elle crut entendre un sanglot. Elle s'approcha de la cheminée et vit une petite forme blottie devant l'âtre.

« Eh ? » souffla Niphredil.

Aussitôt, la petite forme se tourna vers elle. C'était une fillette. Son corps était semi-transparent, mais ce qui frappa Niphredil, ce furent ses yeux. Il y avait tant de désespoir dans ce regard si jeune !

« Niphredil ? » demanda Gandalf.

Le magicien posa une main sur l'épaule de la jeune fille. Celle-ci sursauta et décrocha son regard de celui de l'enfant. Lorsqu'elle regarda à nouveau la cheminée, il n'y avait plus rien ni personne.

« Oïn, Gloïn, allumez un feu », dit Thorïn.

Gandalf se tourna vers le prince nain.

« Je pense qu'il serait plus sage d'avancer. Jusqu'à la Vallée Cachée. »

Thorïn secoua la tête.

« Je vous l'ai déjà dit. Je n'irai pas là-bas. »

Niphredil sentit la déception lui tomber dessus comme une chape de plomb. L'idée de passer la nuit dans cet endroit hanté plutôt que le domaine paisible et enchanteur d'Elrond lui était insupportable. Mais elle garda le silence, consciente que Gandalf saurait mieux convaincre Thorïn qu'elle.

« Pourquoi ? Les elfes nous offriraient couvert, gîte et conseils. »

« Je n'ai que faire de leurs conseils », dit Thorïn en se dirigeant vers la cheminée.

« Le seigneur Elrond pourrait nous aider à lire notre carte », dit Gandalf.

« Nous aider ? Un dragon attaque Erebor. Quelle aide est venue des Elfes ? Les Orqrues pillent la Moria, profanent nos sanctuaires, les Elfes n'ont pas bougé. Je devrais solliciter ceux qui ont trahi mon grand-père… et trahi mon père. »

« Vous n'êtes aucun des deux », dit Gandalf.

Niphredil ajouta : « De plus, les elfes de Mirkwood n'ont rien à voir avec ceux de Fondcombe. Ces derniers sont plus sages et ouverts aux autres ! »

« Elle a raison. Et je ne vous ai pas donné cette carte et cette clé pour ressasser le passé », dit le magicien.

« Vous n'étiez pas censé être en leur possession ! » répliqua sèchement Thorïn. « Et je me fiche de l'endroit où vivent les différents peuples elfiques. Ils sont tous les mêmes, avec leurs oreilles pointues et leur fourberie ! » dit-il à l'adresse de Niphredil.

La jeune fille serra les poings. Elle ne supportait pas que l'on insulte ses amis. Elrond avait veillé sur elle dès son arrivée à Fondcombe, il lui avait appris à maîtriser son pouvoir et se trouver une place dans ce monde, il était le père qu'elle avait toujours rêvé d'avoir. Elladan et Elrohir étaient comme des grands-frères protecteurs, certains elfes comme Aerlinniel et Lindir étaient devenus ses amis. Et Naurendil était l'elfe qui avait su faire battre son cœur, qui l'avait aidée à surmonter ses cauchemars et les peurs qui l'assaillaient parfois.

Gandalf fit volte-face et s'éloigna du groupe.

« Tout va bien ? Gandalf, où allez-vous ? » demanda Bilbon, aidant Balïn à s'occuper de son poney.

« Rechercher la compagnie du seul être sensé ici », répondit le magicien sans cesser de marcher.

« Qui ? »

« Moi, Monsieur Sacquet ! J'ai eu mon compte de Nains pour la journée », bougonna Gandalf.

Niphredil lança un regard vexé à Thorïn.

« Bravo, vous êtes fier de vous ? » dit-elle, avant de s'éloigner à son tour.

« Niphredil ? Que faites-vous ? » demanda Bilbon, de plus en plus inquiet.

« Je vais essayer de le raisonner, je reviens ! » dit-elle sans se retourner.

« Vite, Bombur, on a faim ! » dit Thorïn.

Bilbon se pencha vers Balïn.

« Vont-ils revenir ? » demanda le Hobbit.

Balïn haussa des épaules en signe qu'il n'en savait rien.

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Niphredil n'eut pas à chercher longtemps, elle trouva Gandalf adossé à un des premiers arbres de la forêt.

« J'ai dit que je voulais être seul ! » dit le magicien sans se retourner.

« Vous disiez avoir eu votre compte de Nains pour la journée. Je n'en suis pas une, moi ! » dit la jeune fille avec un sourire malicieux.

Gandalf émit un « humpf » mi-amusé mi-agacé.

« Moi aussi, j'aimerais aller à Imladris, vous savez. Pourquoi ne pas les y conduire sans qu'ils s'en aperçoivent ? Ils ne connaissent pas si bien les routes que ça, si ? »

« Thorïn n'est pas idiot, il a une certaine idée du chemin à suivre pour traverser l'Eriador. Il se rendra compte de la supercherie. »

Niphredil fit une grimace gênée. Elle regarda un moment le soleil se coucher. La nuit était déjà bien avancée quand elle dit :

« En parlant de supercherie… Vous ne lui avez vraiment rien dit à mon sujet ? Sur ce que je suis réellement… ? »

« Bien sûr que non. Pourquoi ? Vous aimeriez le lui avouer ? »

« Oui, non, enfin… Gandalf… »

« Oui ? » dit le magicien en se tournant vers elle.

« Cette personne qu'on a vue… au village… avec les papillons… »

« Mmmm ? »

« Ça fait un moment que j'y réfléchis, maintenant. Et je crois… que cette personne pourrait… »

« Oui ? »

La jeune fille allait répondre, quand elle entendit des sanglots dans son dos. Se retournant, elle vit la fillette fantôme devant elle. Mais elle n'était plus seule. Il y avait un petit garçon avec elle, ainsi qu'une femme et un homme. Leurs parents, sans nul doute.

« Niphredil ? Qu'y a-t-il ? Vous êtes plus pâle que de coutume », dit le magicien en s'approchant, l'air inquiet.

Niphredil ne répondit rien. Elle fixait la famille avec effroi. La femme avait un bras arraché, et le fermier… sa tête formait un angle bizarre, comme si on lui avait méchamment tordu le cou pour le tuer. La fillette plongea à nouveau son regard dans celui de la jeune fille.

Celle-ci se retourna brusquement vers Gandalf.

« On doit retourner aux ruines ! Les autres ont des problèmes ! »

Sans attendre que le magicien lui pose plus de questions, elle se mit à courir à travers le sentier qu'ils avaient traversé à dos de cheval. Bougonnant, le magicien la suivit. Lorsqu'ils arrivèrent au bivouac, ils trouvèrent une marmite de ragoût à moitié vide au-dessus du feu, mais il n'y avait personne alentour. Les poneys avaient disparu. Niphredil siffla entre ses doigts. Sa jument Cristal apparut bientôt, en hennissant avec panique.

« Que s'est-il passé ? » demanda Gandalf.

Cristal répondit par un hennissement. Étouffant un juron entre ses dents, le magicien fit signe à Niphredil de le suivre. Tous deux se dirigèrent à grands pas vers le bois. Des éclats de voix leur parvinrent bientôt. On aurait dit que les nains criaient. Mais il y avait aussi trois autres voix inconnues.

« Tom, donne-moi le couteau à désosser », dit une des trois voix.

« Traître ! » dit un nain.

« Je vais t'écorcher, petit ! » dit Gloín.

« Je vous revaudrai ça ! » dit Dwalïn.

« Tout ça, c'est des sornettes ! J'en ai mangé plein avec la peau. Bâfré les bottes et tout », dit une autre voix.

Gandalf se dépêcha de passer entre deux buissons, vers un énorme rocher. Niphredil le suivit en silence, mais eut le temps de voir sur sa droite un spectacle fort étrange : plusieurs nains en brochette au-dessus d'un feu qu'entretenaient… trois Trolls ! Ils étaient encore plus laids que dans les livres d'Elrond où elle avait appris leur existence. Bilbon était dans un sac, debout à côté d'autres nains eux-mêmes prisonniers dans d'autres sacs.

La jeune fille se dépêcha de rejoindre le magicien.

Ce dernier se pencha vers elle et dit dans un murmure : « J'ai besoin de votre aide. Nous n'avons aucune chance si nous les affrontons. Je vais briser ce rocher pour les exposer à la lumière du soleil. Utilisez votre pouvoir pour fragiliser la roche ! »

Niphredil sourit.

« Je vais même faire mieux que ça ! »

Elle pouvait entendre les éclats de voix depuis le camp des Trolls. Il fallait faire vite, le temps pressait !

« J'ai des parasites gros comme mon bras ! » dit Oín.

« Ils sont énormes, mes parasites ! » dit Kili.

Niphredil ferma les yeux. Elle n'avait pas le temps d'écouter, il fallait agir ! Elle posa la main sur la pierre, l'autre au sol. Elle fit le vide dans son esprit et sentit le pouvoir du froid s'éveiller en elle. Une délicieuse sensation de fraîcheur l'envahit, comme à chaque fois qu'elle utilisait son pouvoir. Elle laissa la sensation envahir tout son corps. Bientôt, de la glace se forma autour de ses doigts et recouvrit la roche. Mais elle ne s'arrêta pas là. Elle rampa le long du sol, passant entre les herbes et les buissons, jusqu'au feu des Trolls qu'elle éteignit d'un coup sec.

« Oh, Tom ! Le feu vient de s'éteindre ! » gémit un Troll.

La glace continua son chemin jusqu'à atteindre les pieds des trois Trolls, les coinçant sur place.

« Eh ! Je peux plus bouger ! » dit un autre.

Gandalf n'attendit plus. Son bâton à deux mains, il se dressa sur le rocher et dit haut et fort : « Que l'aube vous saisisse tous ! »

« Qui c'est ? » demanda un troll.

« Aucune idée », dit son ami.

« Il se mange aussi ? » demanda le plus jeune.

Et il abattit son bâton sur le rocher. Celui-ci se brisa en deux. La lumière du soleil frappa les Trolls de plein fouet. Ces derniers ne purent faire volte-face, la glace les empêchait de bouger. Ils furent réduits à l'état de statue.

Le silence dura très bref instant, les nains fixant Gandalf debout sur le rocher, Niphredil à genoux au sol, une main sur la roche. Puis tous éclatèrent de rire et poussèrent des cris de victoire. Thorïn lui-même offrit un sourire reconnaissant à Gandalf et à la jeune fille.

« Enlève ton pied de mon dos ! » cria Dwalïn.

Gandalf et Niphredil détachèrent tout le monde. Tandis que chacun récupérait ses vêtements et ses armes, Niphredil s'approcha d'un des Trolls pétrifiés.

« Y'a pas à dire, je les préfère en peinture dans les livres ! » dit-elle à Bilbon, qui continuait de fixer les créatures comme si elles allaient se réveiller d'un moment à l'autre.

Gandalf s'approcha et donna un coup de bâton sur le troll que les deux amis fixaient. Tandis que Bilbon retournait auprès des nains pour voir s'ils avaient besoin d'aide, Thorïn s'approcha du magicien et de Niphredil.

« Où étiez-vous allés, si je ne suis pas indiscret ? » dit le prince nain.

« Voir plus avant », répondit Gandalf.

« Et qu'est-ce qui vous a fait revenir ? »

« Un regard en arrière. »

Thorïn hocha de la tête, une lueur amusée dans les yeux.

« Sale affaire. Enfin, tous sont entiers », dit Gandalf

« Pas grâce à votre cambrioleur », dit le nain.

Niphredil secoua la tête.

« Il a eu l'intelligence de gagner du temps, si j'en crois ce que j'ai entendu », dit la jeune fille.

« Aucun de vous n'y a songé », appuya Gandalf.

Thorïn répondit par un soupir. Niphredil en fut surprise. D'habitude, il n'aimait pas qu'elle prenne la parole pour le contredire, même si Gandalf la soutenait. Apparemment, le fait qu'ils aient tous deux sauvé le groupe avait adouci le nain.

Niphredil s'éloigna d'eux pour voir comment allaient les autres. Elle craignait que Bilbon ait entendu Thorïn se plaindre de lui. Les nains lui sourirent à son approche.

« Ah, voici notre magicienne qui glace la roche et les pieds des trolls ! » dit Fili en riant.

Niphredil fit la grimace. Ce n'était pas un surnom très poétique, mais bon.

« C'est plutôt Bilbon, le héros du jour. Vous avez su bien les distraire, j'ai ainsi eu le temps d'utiliser ma magie », dit la jeune fille au Hobbit.

Ce dernier baissa timidement la tête, non sans la remercier du regard. Niphredil balaya l'assemblée du regard, quand elle aperçut la famille de fermiers fantômes derrière eux. Ils semblaient lui montrer quelque chose du doigt, comme un sentier.

« Niphredil ? Quelque chose ne va pas ? » demanda Bilbon.

La jeune fille sursauta. Le Hobbit, ainsi que plusieurs autres nains, la regardaient avec inquiétude. Elle leur offrit à tous un sourire rassurant.

« Non, non, ça va ! »

Thorïn interrompit leur discussion en ordonnant à tous de chercher la grotte des Trolls. Niphredil vit que les fantômes lui indiquaient une direction bien précise. Elle hésita puis se détacha du groupe.

« Niphredil ! Où allez-vous, comme ça ? » cria Balïn.

« Je sais où est la grotte ! Suivez-moi ! »

Les nains la suivirent, certains en ronchonnant, mais d'autres jugeant qu'elle semblait bien savoir où elle allait. Ils ne tardèrent pas à trouver la grotte.

« Comment saviez-vous qu'elle se trouvait précisément ici ? » demanda Thorïn, mi-surpris mi-méfiant.

« Je l'ai senti… à cause de l'eau », dit la jeune fille en indiquant un mince filet d'eau qui ruisselait contre l'une des parois.

« L'eau ? » dit le nain avec incompréhension.

« Je contrôle la glace, ne l'oubliez pas. C'est de l'eau gelée. Je sens quand il y en a à proximité », dit-elle. Ce n'était pas tout à fait un mensonge, elle avait en effet le pouvoir de détecter l'eau autour d'elle. Mais si elle lui disait que c'était une famille de fermiers fantômes qui l'avait guidée ici pour la remercier, elle savait qu'il ne la croirait pas, ou pire, qu'il la prendrait pour une folle.

Malgré la puanteur qui régnait, les nains se mirent à fouiller l'intérieur de la caverne. Niphredil prit soin de respirer par la bouche pour surmonter l'horrible odeur qui marquait ces lieux. Elle regarda discrètement trois des nains enterrer un petit coffre rempli d'or, tandis que Gandalf et Thorïn examinaient avec intérêt des épées couvertes de toiles d'araignée et de poussière.

Niphredil sentit soudain quelque chose effleurer sa joue, comme un souffle très léger. Elle tourna la tête et vit quelque chose de petit et blanc se poser sur un rocher. Elle sentit son sang se glacer envoyant qu'il s'agissait d'un de ces maudits papillons aux lames tranchantes. Elle porta en réflexe la main à sa joue, celle qu'il avait touchée. Mais il n'y avait rien, ni douleur ni trace de sang. Elle sursauta soudain en entendant des voix depuis l'extérieur.

« Niphredil ! Vous venez ? On a fini ! » dit Balïn.

La jeune fille reporta son attention sur le rocher. Le papillon avait disparu. Secouant la tête, elle rejoignit les autres dehors. Elle vit que Gandalf venait de remettre une dague elfique à Bilbon, quand des bruits en provenance des bois retentirent.

« Quelque chose approche ! » dit Thorïn.

« Restez groupés ! Dépêchez-vous ! Prenez vos armes, vite ! » dit Gandalf.

Des hurlements retentirent :

« Voleurs ! Au feu ! Assassin ! »

Soudain, un bien étrange spectacle s'offrit à la vue de Niphredil : un traîneau tiré par deux rangées de lapins surgit des buissons, monté par un vieil homme. Il s'arrêta, stoppé net par les nains armés jusqu'aux dents. En le voyant, Gandalf se détendit et sourit.

« Radagast ! C'est Radagast Le Brun ! Qu'êtes-vous donc venu faire ici ? »

Niphredil regarda le magicien avec des yeux ronds. Comparé à Gandalf, Radagast ressemblait plutôt à un clochard. Sa barbe et ses cheveux étaient souillés par le guano, et son chapeau… on aurait dit un gros torchon marron noué de manière à représenter… un turban ou une toque ?

« Je vous cherchais, Gandalf. Il se passe des choses, des choses très alarmantes », dit le nouveau venu.

« Mais encore ? »

Le magicien brun ouvrit la bouche pour répondre, quand il s'arrêta avec l'air d'avoir oublié ce qu'il allait dire.

« Attendez un instant, je… Oh ! Une idée m'est venue et elle s'est envolée, je… je l'avais là, sur le bout de la langue ! Oh, mais… fe n'est pas vune idée… »

Radagast tira légèrement la langue.

« F'est un cancrelat de… » Gandalf tendit la main vers sa bouche, pour en retirer…

« … phasme », termina Radagast en recueillant le petit insecte dans la paume de sa main.

Niphredil et Bilbon échangèrent un regard. La jeune fille tendit la main vers sa chevelure comme pour tortiller une mèche et traça un cercle sur sa tempe avec son index. Le hobbit hocha vigoureusement la tête en signe que « oui » avec un sourire amusé. Niphredil pouffa de rire. Radagast tourna aussitôt la tête vers elle et plissa les yeux. La jeune fille se raidit. Peut-être bien qu'il s'agissait d'un magicien en fin de compte. Il avait un regard pénétrant, comme Gandalf.

Sautant de son traîneau, il s'approcha d'elle.

« Vous… n'êtes pas humaine. Vous avez quelque chose de plus… »

La jeune fille se raidit. Radagast se pencha vers elle et respira profondément.

« Votre sang… il est mélangé… à celui de… »

Gandalf l'interrompit d'une forte tape amicale sur le dos.

« Venez, allons parler plus loin ! Vous autres, rassemblez vos affaires, soyez prêts à partir ! » dit le magicien.

Niphredil lança un regard empli de gratitude à Gandalf. Ce Radagast… il avait failli la percer à jour devant tous les autres.

« Que voulait-il dire ? Qu'avez-vous dans votre sang ? » demanda Bilbon, inquiet.

« Rien. C'est un fou », dit la jeune fille avant de s'éloigner.

En fait, il était tout sauf fou, elle le savait. Il avait senti le sang de dragon qui coulait dans ses veines. Elle regarda les autres nains. Ils avaient tous détourné leur attention de Radagast, tous pensant apparemment qu'elle avait raison, que ce n'était qu'un hurluberlu. Mais Thorïn la fixait, comme s'il n'était pas dupe et se doutait qu'elle leur cachait quelque chose.

La jeune fille déglutit avec difficulté puis se dirigea vers sa jument pour l'étriller.