Titre: Le Masque Fantôme
Résumé: UA. Son existence est un mystère. La seule preuve qu'ils ont sont les compositions qu'il écrit. Elle est chanteuse, intriguée par cette musique qu'on dit hantée, mais encore plus par ce compositeur étrange qui hante le Royal Palladium. BxE
Auteur: Bronzehairedgirl620
Trad': Nouni
Rating: M
Disclam': Twilight ne m'appartient pas, de même que cette histoire, écrite et imaginée par Bronze.
Hello! Déjà, bonne année à vous toutes, et bonne lecture
On se retrouve en bas!
Et bien sûr, merci à Kritari, Bêta performante! =)
Chapitre IX: La Clef du Fantôme
*
Bella POV
La dernière chose que je m'attendais à faire était de rire. Si j'avais été à la place de l'une des personnes alignées en face de moi, avec leurs yeux or étincelants, leurs traits ciselés, j'aurais pensé que je poserais mille et une questions, ou que je les fixerais en silence, ou encore que j'aurais essayé de masquer ma confusion, tout sauf rire en fait.
Mais un incroyable ricanement hystérique, comme jamais vous n'en avez entendu, franchit la barrière de mes lèvres. Il résonna dans la pièce de pierre, puis s'éteignit lentement en passant par les fissures que le temps avait créées ; jusqu'à ce que le silence domine de nouveau. L'homme en face de moi se redressa et l'information qu'il m'avait jetée commença à imprégner mon esprit, les rouages se mirent à tourner.
"Des vampires?", répétai-je, comme m'attendant à ce qu'il démente tout de suite ses propos. "Je suis sûre que je ne vois pas de quoi vous parlez."
L'homme hocha la tête, comme si mon incrédulité était compréhensible. Comme si il n'avait pas espéré que je le prenne au sérieux depuis le début.
"Peut-être pourrions-nous aborder ça dans un... endroit plus approprié?", commenta une femme, sa voix était à peine plus forte qu'un murmure. J'observai l'homme le plus âgé prendre sa main dans un geste rassurant, effaçant toute trace d'hésitation et de malaise de son visage. Elle se calma visiblement, sa posture se relaxa alors qu'elle essayait de me sourire. Je ne parvins pas à lui rendre la politesse; bien que je faisais de mon mieux pour rester entière et concentrée, la panique et la peur commençaient doucement à ronger la placidité que j'affichais et exacerbaient l'hystérie sous-jacente.
"Bien sûr", approuva-t-il finalement. Il ne clignait pas des paupières. "Si vous voulez bien, Bella..."
Mes talons se plantèrent dans le sol, le tapis Persan en dessous favorisait l'adhérence. "Je ne sais pas...", dis-je, incertaine, me demandant si c'était une requête ou un ordre. Je voulais connaître mes options. Ils ne semblaient pas avoir l'intention de me laisser partir avant que je les aide, ou que je réponde à leurs questions, ou quoi que ce soit qui les avait amenés à me traîner ici... mais la pluie suintant du plafond craquelé et les courants d'air glaçant la pièce vide me mettaient mal à l'aise, la terreur s'emparait lentement de moi.
"Nous ne te ferons aucun mal", dit l'homme le plus musclé. Son humeur souriante et enthousiaste aurait pu, dans un autre contexte, être contagieuse, et pourtant, je ne parvenais pas à rire à sa promesse. J'hochai simplement la tête, incapable de parler. Je ne pouvais pas protester, peu importe à quel point j'en avais envie.
Il soutenait mon coude légèrement, et je lui en étais reconnaissante. La blonde qui m'avait guidé si brutalement jusqu'ici gardait ses distances, se contentant de jeter des regards en coin à l'homme et des grimaces dégoutées à mon encontre, comme si ma présence la rendait physiquement malade. Je gardai ma tête baissée, faisant confiance à l'homme pour qu'il ne me fasse pas traverser un des murs de pierre.
"Nous n'avons que peu de temps avant le retour d'Edward. Ne devrions-nous pas l'emmener dans un endroit où il ne pourra pas nous interrompre?"
Les voix n'étaient pas identifiables: je ne pouvais déterminer qui était qui. J'étais à peine capable de dire combien de personnes il y avait dans le groupe; leur vue semblait bien meilleure que la mienne.
La pièce dans laquelle ils m'avaient amené n'était pas beaucoup plus éclairée que le couloir sombre, mais ça ne me prit pas longtemps pour comprendre que c'était un lieu d'habitation. Il y avait un magnifique canapé vermeille, un antique bureau en bois poli, de nombreuses partitions de musique agrafées ensemble et de nombreux CDs placés près du Victrola -ndt: tourne-disque-. Personne d'autre que moi ne semblait aussi époustouflé par la pièce, bien que chacun d'eux semblait être légèrement mal à l'aise ici. J'étais maintenant capable de les discerner, ils étaient cinq, semblables de par les cernes en-dessous de leurs yeux et leur peau translucide.
"Nous avons peu de temps", me dit l'homme le plus vieux, ses mots se superposaient à cause de son débit incroyablement rapide. "Mais je crois que vous méritez de savoir quelques petites choses avant que nous continuions."
"Des vampires, n'est-ce pas?" Ces mots semblèrent plus mordants que je l'avais souhaité. A ma grande surprise, il rit.
"Crois-tu en eux, Bella?" Il répétait sa question de tout à l'heure, son sourcil s'arqua avec amusement alors qu'il attendait ma réponse. Je ne savais pas comment répondre à ça; je n'étais toujours pas capable de dire s'il plaisantait ou pas.
"Définissez Vampire", demandai-je finalement, incapable de m'accorder sur le concept. Je connaissais bien le portait Hollywoodien, j'avais lu Dracula, je connaissais le raz-de-marée qu'avait engendré les vampires récemment sur les adolescentes; aucune de toutes ces choses ne correspondaient.
Il ricana, puis regarda les autres pour récolter du soutien. L'homme musclé qui m'avait gentiment guidé jusqu'à la chambre s'approcha avant de parler:
"Tu sais bien...", dit-il, son ton bien plus amical que je l'aurais pensé. "Les Vampires. Suceurs de sang, visage cadavérique, le soleil mortel pour eux, le pieu dans le cœur, les immortels..."
Ma mâchoire tomba. "Vous me demandez si je crois en ça?", répétai-je avec incrédulité. "Vous plaisantez!"
L'homme sourit. "Et à propos d'un autre genre de Vampires?", demanda-t-il rhétoriquement. J'haussai les épaules.
"Ca dépend", dis-je, pourtant, je me demandais toujours où ils voulaient en venir. Je me demandai brièvement s'ils n'étaient pas fous, passant leur temps dans les sous-sols décrépits d'un théâtre centenaire pour kidnapper les chanteuses.
"Des Vampires humains", expliqua-t-il. "Pas le genre à sauter à la gorge des civils innocents à la nuit tombée."
J'esquissai un sourire. "Oxymore."
L'homme plus âgé fit un pas vers moi, et tendit sa main. Je la pris avec hésitation, sursautant à la froideur de sa peau, alors qu'il me serrait la main comme si la température était complètement naturelle.
"Bella, je m'appelle Carlisle Cullen", se présenta-t-il. "Voici ma femme, Esmé."
Une des femmes s'avança à ses côtés et m'adressa un sourire chaleureux. Je le lui retournai faiblement, incapable de faire plus.
"Comme dit précédemment, vous avez rencontré mon fils Edward, n'est-ce pas?"
Mes yeux s'écarquillèrent. "Votre fils?", demandai-je d'une voix plutôt forte. Ce ne pouvait pas être vrai. L'homme qui se tenait en face de moi était beaucoup plus jeune que Charlie; beaucoup trop jeune pour être le père d'un homme de mon âge.
"Quasiment", clarifia-t-il. "Edward a été... adopté, en un sens."
Bien que je semblai avoir toutes les pièces en main, j'étais toujours incapable de les assembler. Je ne voyais pas le puzzle, peu importe à quel point j'essayai.
"Je ne vous suis pas", confiai-je. Carlisle, préparé à ça, m'indiqua de le suivre. Une large tapisserie ornait le mur, les couleurs étaient fades, fanées par le temps, pourtant, l'image était parfaitement claire. Une famille, d'apparence strictement exacte à Carlisle Cullen et à sa femme, était peinte dans un décor italien, la date inscrite était de 1921. Une peinture plus petite, moins décorée était accrochée à côté, représentant la France, datée de quelques années avant la précédente.
"Jusqu'à quel point connais-tu Edward?"
Je secouai la tête. "Je ne connais presque rien de lui", répondis-je. "Je ne lui ai parlé que quelques fois."
Il prit cette information en considération, décidant sûrement comment procéder.
"Edward occupe ce théâtre depuis un moment", dit-il. "C'est sa maison. Alors qu'il est notre fils adoptif, dans tous les sens du terme, nous n'avons jamais eu un style de vie traditionnel."
L'homme musclé ricana. "On peut dire ça comme ça."
"Mais à propos des Vampires?", suppliai-je. Je ne voyais pas où tout cela menait.
Carlisle leva la main devant lui, indiquant que l'explication viendrait bientôt. "Edward est né à Chicago, bien qu'il ait visité de nombreux endroits; l'Italie, l'Angleterre, la France surtout."
Je repensai au moment où il m'avait parlé dans un Français parfait.
"Il est venu dans ce théâtre pour trouver la solitude. Ses talents étaient très demandés, comme ils le sont toujours, et il ne supportait pas la pression. On ne peut pas dire non autant de fois sans répercussion."
"Vous m'avez encore perdue" Je fronçai les sourcils.
Carlisle continua: "As-tu déjà entendu parler d'une ville appelée Volterra, en Italie?"
Je secouai la tête.
"C'est une petite ville située sur la côté italienne, et le lieu de naissance des plus vieilles légendes Vampires de tous les temps. Les mythes disent qu'une ancienne famille régit tout le monde surnaturel, et qu'elle réside toujours là-bas aujourd'hui. Ils sont nommés les Volturi."
"Volturi", murmurai-je, le nom roulant avec langueur sur ma langue. Il semblait familier, et pourtant complètement étranger.
"Ils sont plus puissants que tu ne peux l'imaginer, et mortels au moindre faux pas", dit-il. Les Vampires n'ont que quelques règles dans leur Monde, mais le principal est de garder leur existence secrète. Par exemple, le meurtre superflu est strictement interdit."
"Pourquoi me dîtes-vous ça?", l'interrompis-je. Bien que ce fût intéressant, je ne voyais pas bien le rapport.
"Parce que", murmura-t-il, "Les Volturi ont approché Edward de nombreuses fois avec l'intention de le faire rejoindre leurs rangs, mais il a toujours refusé leur offre."
"Ils sont réels?!", répétai-je, mon incrédulité tangible. Carlisle hocha la tête.
"Edward a vécu brièvement avec eux en Italie, et pourtant, il n'a pas pu joindre leurs forces. Ils sont civils, oui, mais il ne croit pas en leur style de vie. Le meurtre d'humains est trop cruel, même pour lui, bien qu'il ne se bat toujours plus qu'il ne le laisse voir."
Les faits venaient trop rapidement. Je m'adossai contre le mur, étourdie, essayant de trouver un sens à ce qu'il disait.
"Des Vampires", balbutiai-je. "V...vous attendez de moi que je croie qu'Edward soit... un..."
"Je ne vous embêterai pas avec ça si je ne pensais pas que c'était vital pour lui. Je brise la loi cardinale", dit-il alors qu'un creux se formait sur son front. Inquiet. "Mais alors qu'il place quelques indices ça et là, il ne viendra jamais directement à vous pour demander de l'aide."
L'homme musclé, remarquant mon expression abasourdie, prit la parole
"Carlisle, c'est peut-être un peu trop en une seule fois", dit-il, et j'acquiesçai. Je voulais m'assoir; bien que faire un seul mouvement brusque semblait être une très mauvaise idée.
"Le reste, Edward devra vous l'expliquer lui-même", dit finalement Carlisle. "Il en sait beaucoup plus que moi, mais si on ne le pousse pas, il ne considérera jamais l'idée de parler avec vous."
Je réprimai un hoquet. "Il ne me dira rien!", hurlai-je. "Il était réticent simplement à me dire son prénom."
"Maintenant que nous t'avons donné les faits de base, il n'a aucune raison de te refuser la vérité", éclata une jeune femme minuscule, une que je n'avais pas encore entendu parler. "Je ne sais pas si tu te rappelles de moi", dit-elle alors que sa fine silhouette semblait flotter au-dessus du sol quand elle marchait. Je me triturai les méninges, essayant de replacer où je l'avais vu auparavant.
"Alice", devinai-je correctement, ce qui amena un sourire qui illumina son visage. Elle avança encore de sa démarche dansante, prêtant grande attention à éviter le regard des autres avant d'enrouler ses bras avec précaution autour de mon cou, m'entraînant dans une étreinte douce.
"C'est bon de te revoir, Bella", dit-elle. Ses yeux brillaient d'excitation. "Je sais que tu ne comprends pas grand chose, mais tout viendra bientôt, promis. Tu ne dois pas t'inquiéter, nous ne te blesserons pas."
Bien que certains semblaient irrités par ma présence, la blonde en particulier, je ne pouvais nier qu'ils ne paraissaient en aucune façon violents.
"Merci", murmurai-je en retour. Soudain, ses bras se resserrèrent autour de moi, son corps se raidit alors qu'elle fixait sans le voir le mur derrière moi. Je me contorsionnai pour l'aider, alarmée, mais Carlisle chassa ma panique d'un geste.
"Ne vous inquiétez pas", chuchota-t-il en regardant la femme. "Elle reviendra dans un moment."
'Revenir?, pensai-je, inquiète. Mais bien sûr, après quelques minutes silencieuses, elle cligna des yeux deux fois, sa tête se releva brutalement et se tourna vers la porte.
"Carlisle", murmura-t-elle, semblant toujours en transe. "Il arrive."
"Edward, calme-toi", raisonna une voix, de lourds bruits de pas suivirent. Carlisle se figea, son expression calme se désagrégea quelques secondes avant qu'il ne me souri, se voulant rassurant. Il hocha la tête vers Alice, qui semblait relayer un message grâce à ses regards en coin.
"Ne t'inquiète pas", dit l'homme musclé, Emmett. Je me sentais mal à l'aise à cause des qualificatifs que je leur avais donnés, mais soit je ne me rappelais plus de leurs prénoms, soit ils ne s'étaient pas présentés eux-mêmes. En ce moment, je pouvais à peine me souvenir de mon nom, la peur et l'angoisse faisaient naître l'incohérence. "Il s'échauffe un peu parfois, mais il n'y a pas de quoi avoir peur."
Je me rappelai la dernière fois que j'avais rencontré Edward, et massai mes poignets instinctivement. Je pouvais toujours sentir la poigne mortelle sur ma peau, les bleus étaient toujours légèrement visibles. Je me demande s'il réalisait à quel point il était fort.
"Je ne vais pas me calmer", grogna-t-il. Sa voix normalement de velours était rauque et dure. La lourde porte s'ouvrit à la volée, heurta le mur de pierre dans un crac assourdissant et Edward apparut dans l'ombre. Son expression était sauvage alors qu'il survolait du regard la pièce, s'arrêtant sur Alice et moi.
"Toi", siffla-t-il en entrant brutalement dans la pièce. Alors, je réalisai qu'un autre homme se tenait derrière lui, agrippé à son bras et essayant de le repousser. Ses efforts étaient futiles, le combat d'Edward lui permit de me rejoindre en peu de temps.
"Que fait-elle ici?", ragea-t-il. Et bien qu'il ne reçu aucune réponse verbale, il sut la réponse en un instant. Ses yeux incandescents se focalisèrent sur Carlisle et Alice, et sa tête se balançait lentement d'avant en arrière.
"Comment avez-vous pu?", demanda-t-il d'un ton neutre, bien qu'il semblât blessé. Meurtri.
La conversation non-réciproque commençait à me faire tourner la tête. Je me battais pour rester consciente, mais l'étreinte d'Alice rendait même ma respiration difficile. Je me tortillai, essayant de me dégager.
"Désolée", murmura-t-elle, concentrée sur le Edward énervée en face d'elle. Elle me poussa légèrement pour que je me retrouve derrière elle, bien que je doutai que sa frêle ossature serait d'une grande protection si jamais il voulait m'atteindre. J'inhalai profondément, et l'air frais envahit mes poumons.
"Edward, s'il te plaît, reste calme", intervint Carlisle. "Ne commence pas à accuser les gens quand tu ne connais pas les faits."
"Réalises-tu ce que tu t'apprêtes à faire?", demanda-t-il avec incrédulité, et je ne manquai pas de remarquer qu'il n'avait pas inspiré depuis quelques minutes. Son visage morbide aurait pu être sculpté dans du marbre; il était vide de toute expression, de toute émotion. Tout était dit dans les quelques mots qu'il prononçait.
"Edward, ils savent déjà pour elle", dit Esmé calmement. "Ils savent qu'elle est ici, et ils savent ce qu'elle possède. Ils vont venir pour la trouver."
Je me figeai. Parlaient-ils de moi?
"Non", dit Edward avec confiance. "Ils ont une légion d'autres soucis."
"N'en sois pas si sûr", rétorqua Carlisle, comme lui rappelant quelque chose. La mâchoire d'Edward se serra et mon estomac fit un looping quand il se tourna vers moi, introspectif, comme s'il vérifiait que j'en valais la peine.
"Jusqu'où êtes-vous allés dans vos confidences?", demanda-t-il doucement. Ses yeux ne me quittaient pas.
Carlisle éclaircit sa gorge, essayant d'attirer son attention. Ce qui ne fonctionna pas. "Presque rien", répondit-il. "Je commençai à lui parler des Volturi quand tu m'as interrompu."
"Plutôt grossièrement, devrais-je ajouter", intervint Alice, les sourcils froncés.
"Je la ramène", grommela Edward, alors que sa frustration prenait visiblement le pas sur sa patience. "C'est bien plus que ce qu'elle est capable de supporter."
Je voulais parler et donner mon avis, mais peu importe combien j'essayais: à la seconde où j'ouvrais la bouche, les mots disparaissaient. Je ne pouvais retrouver ma voix pour défier cet homme magnifiquement agacé.
"Je ne crois pas", intervint Alice, en se plaçant cette fois derrière moi. Elle plaça sa main sur mon épaule, souriante. "Je pense qu'elle est parfaitement capable de comprendre."
"Quelle personne saine d'esprit serait parfaitement capable de comprendre des choses sur les immortels?", siffla Edward, bien qu'il ne semblât pas être en colère contre elle. "C'est un autre monde, Alice. Ce n'est pas comme expliquer une équation mathématique. Ce n'est pas aussi simple."
"Donne-lui plus de crédit. Elle ne s'est pas encore effondrée, même après tes efforts pour l'effrayer..."
Il claqua ses mâchoires. "Ce n'était pas mon intention."
Je frissonnai. Alice me regarda, et me fit un sourire compatissant. Elle lâcha mon bras, me surprit en se dirigeant vers l'homme qui avait escorté Edward. Sa main trouva la sienne facilement, et la paix envahit les traits de l'inconnu.
"Tout va bien, Jazz", l'apaisa-t-elle, en massant son dos avec sa main libre. "Tu ne lui feras aucun mal."
Je fis un pas tremblant en arrière, incertaine sur le sujet dont elle parlait. Les yeux de l'homme étaient noirs, une différence saisissante par rapport aux quatre autres, et bien que sa grimace douloureuse avait laissé place à un sourire heureux et serein, il semblait toujours se battre avec quelque chose.
"Bella, voici mon mari, Jasper", le présenta Alice avec chaleur. "Ne t'inquiète pas, il ne se donne jamais assez de crédit."
"Crédit?", demandai-je faiblement, mais je fus coupée par Edward, qui interrompit la conversation.
"Je la ramène en haut", répéta-t-il, comme si personne ne l'avait entendu la première fois.
"Tu lui expliqueras, alors", lui rappela Carlisle. "Elle en a trop vu; tu ne peux pas attendre d'elle qu'elle s'en aille sans poser de questions."
Le regard changeant d'Edward se posa sur moi un long moment. "Non, je ne m'attends pas à ça", murmura-t-il avec distance. "Elle a déjà prouvé qu'elle était bien trop curieuse."
Je sentis le sang remonter dans mes joues à son accusation partielle, mon cœur s'accéléra quand j'entendis un grondement sourd provenir de la poitrine de Jasper. Alice resserra son étreinte, lui demandant à voix basse de se calmer. Je me demandais ce qui avait causé cette réaction soudaine.
"Allons-y", dit Edward d'une voix dure en regardant le groupe avec méfiance. Je baissai la tête, ne sachant pas qui suivre. Edward commença à bouger, d'un pas rapide alors qu'il rejoignait la porte, mais une main agrippa soudain mon épaule. Je fis volte-face.
"Je m'appelle Emmett", dit l'homme musclé, alors que sa main entourait la mienne et la serrait. La blonde s'approcha, sembla-t-il par obligation, et grimaça quand elle inspira.
"Rosalie", dit-elle froidement, ne m'offrant pas plus. J'hochai la tête cordialement, souhaitant pouvoir parler plus avec eux, mais je ne savais pas par où commencer. J'avais peur que si j'ouvrais la bouche, mille et une questions jailliraient et que je ne pourrai rien faire pour les en empêcher.
"Viens", grommela Edward, comme si le simple silence régnant dans la pièce l'irritait. Il prit mon bras, je grimaçai de douleur, et je ne pus dire plus qu'un au revoir faible aux autres avant qu'il ne me précipite hors de la pièce et de retour dans l'obscurité. Une simple torche accrochée sur le mur tous les quelques mètres était ma seule source de lumière, ce qui ajoutait à mon sens de déséquilibre naturel.
Et, soudain, la colère me submergea. J'étais à quelques secondes de recevoir les réponses que je cherchais avec tant de désespoir, mais Edward m'en éloignait encore une fois. Je plantai mes talons dans le sol, espérant créer une forme de résistance, mais il était plus fort.
"Pourquoi ne les as-tu pas laissé m'expliquer?", demandai-je, alors que l'hystérie me prenait quand je glissai sur le sol humide. "Tu ne me diras rien, alors pourquoi pas eux?"
"Parce que", dit-il, sa voix était rauque. "Il n'y a aucune raison pour que tu sois impliquée là-dedans."
"Parce que ce ne sont pas mes affaires, n'est-ce pas?", demandai-je alors que j'attrapai son bras quand je me pris les pieds dans un pavé mal scellé. "Je ne devrais pas fourrer mon nez dans des choses que je ne comprends pas?"
Il ricana. "Tu as un sale caractère."
"Je suis sérieuse!", dis-je à travers mes dents serrées, ma colère prenait le dessus sur moi. Il me guida jusqu'aux escaliers venteux auxquels je m'étais habituée, me surprenant encore quand il sembla prendre soin à ce que je ne tombe pas face contre terre.
"Isabella, écoute", dit-il en s'arrêtant brusquement, ce qui le rapprocha considérablement de moi. De la lumière filtrait de la porte menant au théâtre, amenant un éclat sur son visage fantomatique. Ses yeux de lave semblaient sincèrement inquiets alors qu'une de ses mains apparut pour effleurer délicatement ma joue. Sa peau était glaciale. J'hoquetai au contact, mais ne me reculai pas alors que son pouce traçait l'os de ma joue puis mon menton. Je pouvais entendre des murmures provenir de sa bouche, bien que je ne parvenais pas à déterminer ce qu'il disait.
"Bella", réussis-je finalement à articuler. Ses sourcils se froncèrent, troublant sa peau trop parfaite.
"Excuse-moi?"
J'inspirai, tremblante. "Mon prénom", dis-je, le souffle coupé. Il était beaucoup trop proche de moi, son visage à seulement quelques centimètres du mien. "C'est Bella."
"Ah..." Il rit. "Je suis désolé."
Je me redressai, essayant de mon mieux de ne pas laisser mon regard errer sur sa personne. Il laissa ses doigts tracer un chemin sur la peau de mon cou jusqu'à ce que sa main repose sur mon épaule, sa tête se baissa, comme dans un signe de défaite.
"Bella", dit-il. "Il y a des choses qui sont inexplicables. Je ne saurais même pas par où commencer, encore moins comment te le décrire sans te faire mourir de peur."
"Mais... Pourquoi?", demandai-je. "Pourquoi moi? Pourquoi ai-je été amenée ici? Je..."
Un doigt pâle se posa sur mes lèvres, me fit taire. "Je sais que tu as des questions", dit-il, presque frustré, comme s'il voulait juste savoir quelles étaient ces questions, mais comme si quelque chose l'en empêchait, ce qui le rendait de mauvaise humeur.
Je ne pouvais même pas commencer à rassembler les pièces, pourtant, Carlisle avait rendu le tout très vraisemblable. C'était plus qu'une histoire, plus qu'un mythe ou qu'une ancienne légende. Vampires. La pensée m'avait fait rire, malgré que ce n'était pas drôle si tout cela était vrai.
"Je t'expliquerai tout le temps venu", me promit-il.
Je ris sèchement. J'avais déjà attendu, et pourtant, il semblait avoir besoin d'encore plus de temps. "Je te le rappellerai", lui dis-je, bien que ce ne fût qu'une menace en l'air. Je n'étais même pas sûre de le revoir un jour.
"Je te le promets", murmura-t-il, peiné. "Je te l'expliquerai bien maintenant, mais ton père est plus qu'inquiet."
La panique me submergea. "Charlie!", hoquetai-je. Je l'avais complètement oublié.
"Il va bien, il est juste inquiet que tu ne reviennes pas", expliqua Edward. Je me demandai comment il pouvait savoir ça, mais comme s'il sentait ce que j'allais dire, il prit des mesures préventives. "Va le voir. Il veut passer du temps avec toi."
Ma tête tournait alors qu'il s'éloignait lentement de moi, sa silhouette disparaissait dans l'obscurité. Je tendais mes bras devant moi, ne sachant même pas ce que je cherchais.
"Avant que je m'en aille, puis-je poser une dernière question?", demandai-je en mordant ma lèvre. La scène semblait familière, je me rappelais la fois où je l'avais supplié pour avoir son prénom. Edward rit, le son n'était qu'un faible écho de sa musicalité habituelle maintenant que je ne voyais plus son visage.
"Oui", dit-il. "Je suppose que c'est juste."
Je rassemblais mes pensées autant que je le pus. "M'as-tu offert la boîte à musique?"
Pour la première fois, je crus l'entendre déglutir, une réaction purement humaine. Cela lui prit plus de temps pour répondre que je le pensais.
"Oui."
Je contrôlai mes émotions, bien que mon cœur s'écrasait contre mes côtes. Le son sembla assez fort pour qu'il entende la chamade puisqu'il échoua à dissimuler son hilarité. Je posai mes mains sur les murs alors que je reculai.
"Retourne à ton père", dit-il finalement. "Je t'expliquerai bientôt, promis."
"Bien", dis-je. Je plaçai un taux remarquable de confiance en lui. "Merci."
Il ricana. "Tu n'as pas à me remercier", dit-il, mais son ton semblait douloureux. "Maintenant, pars."
Je me précipitai dans les escaliers jusqu'à la porte, la poussant fort. La lumière m'aveugla alors que j'entrai.
"Et Bella?"
Je fis volte-face, clignant des yeux. "Oui?", dis-je, retenant mon souffle.
"Tu t'es très bien débrouillée ce soir."
J'avais déjà oublié la représentation, et même le fait qu'il avait écouté. Avant que j'ai la chance de répondre, je l'entendis faire demi-tour et disparaître de ma vue. Le poids de tout ce qu'il venait de se passer s'écrasa sur mes épaules.
*~*
Volterra, Italie. Janvier 1935
Sa gorge brûlait. Sa vision se brouillait. Ses muscles semblaient faibles, ses épaules tendues. Ses pas étaient lourds alors qu'il errait dans les rues bondées, sa cape le dissimulait aux yeux de tous. Il gardait la tête baissée, évitant aux commerçants et aux touristes d'avoir à le regarder dans les yeux, d'une saisissante couleur entre le vermeille et l'ambre. Ils semblèrent s'assombrir légèrement quand un groupe d'écolières souriantes passa près de lui, leur odeur demeura longtemps dans l'air après qu'elles eurent disparu.
Des touristes traversaient la cour de pierre, oublieux de ce qui se passait autour d'eux. Edward détourna le regard, le dégoût le prit alors qu'il apercevait Heidi et Alec guider un groupe d'Américains dans le château. Ils étaient de tout âge, il y avait même des enfants, et Edward ressentit un étrange et rare sentiment de pitié. Ils ne devraient pas souffrir comme ça, et pourtant, il ne pouvait rien faire.
Il poussa brusquement les portes de fer, et les gardes savaient qu'ils ne devaient pas le stopper. Edward savait précisément où aller, le chemin lui était familier, il l'avait pris tant de fois pour délivrer la même réponse. Il hocha la tête vers la petite fille attendant dans l'antichambre, ses yeux rouges le suivirent quand il entra avec colère.
Ses pas légers le devinrent moins alors qu'il traversait le salon, se dirigeant vers les trois êtres siégeant avec prestige sur les chaises à hauts dossiers. Il avait la tête haute, refusant de saluer comme beaucoup le faisaient.
"Edward", dit Aro lentement, comme s'il savait que la tempête allait arriver. "Quel plaisir."
"Aro", répondit-il, ne s'occupant pas même des deux autres.
"Nous attendons ta réponse depuis bien longtemps", dit Aro en se référant à la lettre qu'ils lui avaient envoyée trois ans auparavant.
"Je suis occupé", rétorqua Edward sèchement. "Je m'excuse, mais cette rencontre devra être courte."
Aro ricana, amusé. "Très bien, malgré que je puisse déjà imaginer quelle réponse tu vas nous donner."
"Je suis désolé, mais je ne suis pas d'accord avec votre style de vie, je ne peux pas en faire partie."
Aro se leva, royal, rejoignant Edward en trois longues enjambées. Il sourit méchamment, avec condescendance.
"Ta sœur m'a parlé de la prophétie", dit-il. "Je suis intrigué, c'est le moins que je puisse dire."
"Les visions d'Alice peuvent changer en un tour de main", cracha-t-il.
"Oui, mais crois-tu que la fille qu'elle a vue sera le lien qui réunira nos deux mondes?"
Edward grimaça. "Non", dit-il sévèrement. "Ca semble bien trop précaire. Notre monde ne sera pas 'sauvé' par une... humaine."
Aro rit. "Rappelle-toi de ses mots, Edward. Je crois que la petite Alice a le doigt sur quelque chose."
Edward se dégagea de son emprise, et hocha la tête. "Vous avez entendu ma réponse", dit-il. "Je m'en vais, maintenant."
Aro observa Edward sortir en trombe de la pièce. Ses lèvres se relevèrent dans un rictus amusé à l'incrédulité du garçon. Caius ricana derrière lui, pensant la même chose que son frère.
Cette femme inconnue détiendrait la clef de leur style de vie.
Son chemin croiserait le leur, il en était certain. C'était juste une question de temps.
*
Voilà! Merci énormèment à vous toutes pour vos merveilleuses reviews! Cette fiction est un plaisir à traduire, et savoir qu'elle plait autant est la meilleure récompense du Monde pour moi! =)
Merci d'avoir lu, et vous connaissez le contrat: une review=un teaser!
Fanny
