Coucou,
Nous voila avec le nouveau chapitre, beaucoup de pronostics sur la réponse de Bella ...
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Un grand merci a toute pour vos reviews vos messages etc ...
(Aussi a Audrey, Julie, PrincetonGirl818, Meli, Lovecullenn)
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Bonne lecture on se retrouve en bas
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POV CARLISLE
(Sia Breathe Me)
Et voilà ! Un Carlisle tout propre ! Y a pas à dire... une bonne douche, ça vous revitalise un homme ! Demandez à mon fils et sa compagne... Quand ils filaient sous la douche, ils en sortent tout guillerets... Je repensais à cette discussion que j'avais eu avec Philip MacCarthy, le père d'Emmett et d'Alice il y a un peu plus de six mois quand son fils était venu lui présenter sa compagne.
" Mon pauvre Carlisle, estimez-vous heureux toi et Esmé qu'Edward ne vous ramène pas ses petites copines ! "
" Oh, t'exagères Philip ! C'est agréable de les voir amoureux... "
" Ah, mais je te dis pas ça ! Je suis ravi qu'Emmett soit heureux, mais ce sont les à côté qui sont dérangeants... "
" Les à-côté ? Rosalie n'est pas gentille ? "
" Oh si, elle est adorable, discrète, serviable, polie... Mais ce sont les petits bruits nocturnes qui sont pénibles ! "
J'avais éclaté de rire.
" Ah mais c'est de leurs âges ! A 25 ans, on était pareils ! "
" Certes, mais je n'ai jamais compris mes parents jusqu'à entendre les cris de plus en plus... dérangeants dirons-nous... de ma belle-fille et de mon fils ! "
" Tant que ça ? "
" Je te le jure ! Tiens, hier j'ai même cru qu'il l'égorgeait, j'ai failli aller voir, ça m'inquiétais ! "
J'avais failli tomber à la renverse en l'entendant tenir de tels propos.
" Crois-moi Carlisle, tu as de la chance qu'Edward ne revienne pas de St John's en faisant défiler ses conquêtes ! Je te souhaite bien du plaisir le jour où ça arrivera ! "
" Pauvre Philip ! "
" Tiens bah là tu vois, ma femme et moi on est sortit parce que c'est insupportable ! "
J'avais levé la tête pour regarder la fenêtre de la chambre d'Emmett mais mon ami m'avait interrompu.
" Ils sont pas dans la chambre mais dans la salle de bain... "
" Pauvre de vous deux ! "
" On a de la chance, Alice n'est pas venue avec Jasper ! "
" Allez, venez boire un apéritif, ça tuera le temps ! "
" T'es bien aimable ! "
Et aujourd'hui, je comprenais mieux que quiconque mon ami. Alors sûrement qu'Edward et Bella étaient plus discrets qu'Emmett et Rosalie, ou alors nos murs étaient mieux insonorisés, mais il ne faisait aucun doute sur les activités nocturnes et matinales de mon fils et sa copine... Et quand je disais qu'Edward et Bella ressortaient tout guillerets du bain, ce n'était certainement pas grâce à l'odeur du gel moussant ! Mais bon... en dehors de ce petit "inconvénient" qui n'avait eu pour conséquences qu'un investissement dans des boules quiès, ils formaient tous deux un couple adorable, très complice... Ils étaient sur la même longueur d'ondes... Bella commençait une phrase, Edward la finissait. Ils ne s'éloignaient que rarement, faisant tout ensemble même le ménage c'est vous dire !
Bella était une chouette fille : vraiment très serviable ! Elle nous avait ramené un petit cadeau pour Noël... Et je dois avouer que le choix de sa bouteille de vin m'avait épaté. Ca, ce n'était pas un rouge qu'on buvait comme ça... On le dégustait ! Elle m'avait confié que son père l'avait aidé à choisir et le Chef Swan avait du gout ! J'avais hâte de le rencontrer... car il ne faisait aucun doute que mon fils ne s'engageait pas à la légère dans cette relation. Edward avait toujours été un enfant très joyeux et enthousiaste mais là... comment expliquer... je le sentais plus épanoui, encore plus heureux et jouissant du moindre petit plaisir de la vie... Il devenait quelqu'un de bien, et sa compagne lui permettait d'atteindre des sommets plus hauts encore... J'étais fier de lui et fier d'eux.
J'allais descendre en bas quand je vis Esmé immobile dans les escaliers. Elle se retournait vers moi et me fit un signe " Chut ", m'intimant de rester à ma place et de me taire... Du salon, deux voix s'élevaient un peu trop fortes...
- Quoi ? Tu veux pas ?
- Je peux pas... Edward ... désolée, je peux pas!
La voix de Bella trahissait une certaine anxiété...
- Mais Bella...
- Non, j'ai besoin d'air ... je peux pas ... je suis désolée ... besoin d'air ...
Elle se sentait mal ? Esmé ne me regardait pas, mais était toujours parfaitement immobile, les sourcils froncés, une main derrière elle figée dans son geste pour me faire arrêter...
- Besoin d'air ? C'est ça ? Mais putain de l'air à St John's t'as que ça ! Tu... putain ! merde ! Bella... je croyais qu'on s'aimait sincèrement et... putain ! tu peux... merde mais tu peux tout avoir là-bas... y aurait plus cette distance... je croyais que ça avait été dur pour toi aussi ces six semaines et que tu voulais qu'on ait une histoire ensemble... une vraie histoire...
Ouh... visiblement, il y avait de l'eau dans le gaz... Bon, c'est pas grave ! Dans dix minutes, ils s'enfermeront à l'étage et Esmé et moi serions bons pour une nouvelle nuit blanche... Ma femme se retournait vers moi et murmurait :
- Edward lui a demandé de venir vivre avec lui à St John's... Elle a dit non...
- QUOI ?
- Chhuuuuuuuuttt ! Plus bas Carlisle !
- Quoi ? Redemandais-je d'une voix plus basse.
Visiblement, ils ne nous avaient pas entendus et continuaient.
- Ne hausse pas la voix sur moi, Edward ! Tu me prends de court... Tu me demandes de tout quitter, tout ! Tu crois que je t'ai menti ?? HEIN C'EST CE QUE TU CROIS BORDEL?
- Alors dis-moi putain ! Dis-moi ce qui t'empêche de venir vivre avec moi ? Merde, ton travail t'aurais même pas besoin de démissionner, tu peux tout faire par internet ! Je te prends de court mais attends... tu croyais qu'on pourrait vivre toute notre vie avec cette distance ? Que notre couple se satisferait de se voir toutes les six semaines ? On se dit qu'on s'aime, on fait l'amour et hop on repart pour 6 semaines sans se voir ? Tu croyais que ça se passerait comme ça ? C'est ça que tu attends de moi ?
Esmé fermait les yeux en soupirant et remontait deux marches pour venir vers moi.
- Je lui avais bien dit que c'était trop tôt... murmura-t-elle
- Il t'en avait parlé ?
Elle acquiesçait tandis qu'en bas, la dispute continuait de plus belle.
- La différence est là, Edward ! J'avais jamais réfléchis à tout ça... C'est trop tôt ... c'est trop ... tout est trop ... intense ! Il faut que je parte ... je vais partir ...
Esmé avait vu juste... La réaction d'Edward me faisait peur... Mon fils est extrêmement impulsif...
Il ne supportera pas de la perdre...
- Alors c'était ça ? Je n'étais qu'une amourette ? Le pauvre prof de surf bien gentillet qui se tape un nombre incalculable de kilomètres pour venir chercher une fille qu'il a vu pendant deux heures pour un cours ? C'était ça la surprise du chef ? Si tu pars maintenant Bella, moi aussi je partirais... Mais je ne suis pas sûr de revenir...
Sa voix transpirait la souffrance... et peut-être même du dégoût... " Je ne suis pas sûr de revenir..."
La phrase se suspendait autant dans mon esprit qu'en bas...
- Arrête, ne fais pas ça ... ne réagis pas comme ça...
Malheureusement, Edward ne savait pas réagir autrement... Je savais au fond de moi qu'il venait d'être blessé très profondément... Bella avait pris une place à part dans sa vie... Peut-être même la seule place...
- J'ai peur Edward ... mais ne me demande pas de faire ça ! Je t'aime tellement ... mais ... je peux pas ... laisses moi partir...
La panique envahissait la voix de Bella... Elle me donnait l'impression de devenir la prisonnière de quelque chose qu'elle n'avait pas su contrôler... Se pouvait-il qu'elle n'ait pas imaginé qu'Edward lui demanderait ceci ? Que leur histoire s'ancrerait dans l'avenir de façon aussi irréversible ?
- Mais tu as peur de quoi ? Que je parte avec la petite sirène ? Que je me lasse ? Écoutes-moi bien, si j'avais dû me lasser, je me serai lassé dès cet été ! Je n'aurai pas fait tout ça pour toi... Je n'existe plus quand tu n'es pas là ! Mais quand j'entends ça... je me pose des questions... tu veux partir ? Tiens, regarde ! Tes clés de voiture sont sur la table de la cuisine... Pars... mais ne me demande pas de revenir quand je serai dans l'avion !
Esmé entoura ma taille de ses bras et fermait ses yeux contre mon torse, sa main empoignant mon pull... Elle avait déjà adopté Bella et j'imaginais combien les paroles d'Edward semblaient blessantes pour elle... Mais je savais aussi qu'elle souffrait pour son fils... Elle était partagée entre eux !
- Ils vont se déchirer... murmura-t-elle, retenant un sanglot
Je pressais son visage contre moi et l'y maintenait...
- Je suis désolée ...
- Moi aussi je suis désolé... Désolé d'y avoir cru !
Les dés étaient jetés. La porte d'entrée claqua. Esmé posa sa main contre sa bouche, choquée... Quelques instants plus tard, un moteur démarra et rugissait. Il s'éloigna très vite... Bella est partie...
Je ne pouvais pas y croire... Ca n'avait pas pu arriver... Pas dans ces conditions là... Impossible !
Edward apparut dans notre champ de vision et son visage trahissait toutes mes angoisses... Il nous toisa du regard quelques brèves secondes et la lueur éteinte dans ses pupilles ne présageait plus rien de bon...
POV BELLA
(Placebo Running Up That Hill)
Le bruit de la porte qui claque raisonne encore dans mes oreilles. Que vient t'il de ce passer. Je viens de le perdre en l'espace de 15 minutes, j'ai tout perdu en cet instant.
C'est le visage strié de larmes, le corps parcourus de sanglots que je monte dans ma voiture et démarre en trombe. J'ai paniqué, j'ai tout simplement paniqué. Mais je l'ai perdu … prendre conscience de cela me plonge dans une crise de pleure interminable. Au bout de plusieurs kilomètres je suis obligée de m'arrêter sur le bas coté de la route départementale. Il pleut a verse, les goutes de pluie mélangées a ma vue brouillée de larmes ne me facilite pas la concentration sur la route, j'ai besoin d'air, besoin de respirer.
Sans bien comprendre comment, ni pourquoi, je sors du véhicule et commence à marcher le long de la voiture revenant cent fois sur chacun de mes pas. Puis je repense à ses mots qui m'ont fait si mal.
« Je n'étais qu'une amourette ? »
Non bien sur que non, je n'ai jamais aimé si fort. Comment a-t-il pu croire une chose pareille … Je n'avais même pas la force de lui répondre des phrases entières, des phrases qui aient un sens pur lui comme pour moi. Je n'ai fait que m'enfoncer encore plus loin en étant incohérente. Je n'ai pas su lui exprimer ce que je ressentais réellement.
« Si tu pars maintenant, moi aussi je partirais … je ne suis pas sure de revenir » « je suis désolé d'y avoir cru »
Je l'ai perdu … a jamais …
Soudain c'est comme si je prenais conscience de ce qui vient de ce passer. Mes jambes ne me retiennent plus, elles sont si faibles que je tombe au sol. Je suis trempée jusqu'au os et je pleure, je pleure inlassablement. Puis des phares de voiture m'éclairent aveuglement, la voiture ce range sur le bas coté, je ne réagis même pas a tout ça comme encrée dans une léthargie.
Une femme en sort, elle s'approche lentement de moi. Je dois être dans un sacré état car elle ouvre grand les yeux et ouvre un parapluie au dessus de mon corps presque roulé en boule sur la terre trempée.
_ Madame est ce que ca va ?
_ Je … Je sais pas.
_ Voulez vous que j'appel une ambulance ? Vous êtes blessée ?
_ Je … quoi ? … non non ça va ! Je suis un peu malade en voiture j'avais … besoin d'air.
_ Vous êtes sur ? Est-ce que je peux joindre quelqu'un pour vous ?
_ Non ça va aller merci.
Je tremble de froid et tente de me relever tant bien que mal. Je dois partir d'ici, je dois rentrer chez moi … c'est trop douloureux d'être encore si proche de lui.
_ Ne bougez pas ok ? J'ai une couverture dans mon coffre …
La gentille dame va ouvrir son coffre et revient quelques secondes plus tard avec une couverture épaisse.
_ Tenez, couvrez vous, vous êtes gelée et trempée.
_ Merci.
Je m'enroule dans la couverture tandis que son parapluie est toujours déployé au dessus de nous, la femme m'observe avec inquiétude. Elle doit avoir l'âge de ma propre mère, des rides soucieuses apparaissent sur son front, elle ressemble a un ange. Des cheveux blonds attachés en queue de cheval, elle n'est pas très grande de taille mais elle inspire la confiance.
Légèrement réchauffée je vais pour enlever la couverture de mon dos quand sa main libre arrête mon geste.
_ Gardez la, réchauffez vous. Vous vous sentez mieux ?
_ Oui merci …
_ Vous pensez pouvoir reprendre le volant ?
_ Oui je pense, j'avais besoin d'évacuer, c'est passé maintenant…
_ Je vais attendre que vous remontiez dans votre voiture avant de partir ok ?
_ Ce n'est pas nécessaire, je vous remercie …
_ Liliane, je m'appel Liliane.
_ Bella.
_ Et bien Bella vous m'avez fait une sacrée frayeur ! Souri t'elle.
_ Je suis désolée, je pense que ça ira mieux maintenant.
_ Remontez en voiture ma belle, gardez la couverture, enclenchez le chauffage à fond. Je vais vous laissez maintenant, mais d'abord rentrez au chaud dans l'habitacle, vous allez être malade sinon.
_ Merci beaucoup …
Comme un automate mais un peu plus consciente de mes mouvements, je remonte en voiture tandis que Liliane remonte dans la sienne, j'enclenche le chauffage, la radio pour ne pas m'endormir de froid et je reprends le control de mon esprit … je sais ou aller … le seul endroit qui saura me réconforter … je sais ou c'est.
&*&*&*&
La lumière sous le porche est allumée, comme s'il m'attendait. Cela fait plusieurs minutes que je suis grogy dans la voiture garée devant chez mon père. Je n'ai même pas coupé le contact, mes vêtements humides me collent au corps et voila que j'éternue maintenant ! Le rideau de la cuisine bouge presque imperceptiblement, quelques secondes plus tard la porte d'entrée s'ouvre sur mon père et son visage soucieux. Plus il approche de la voiture moins je ne sais quoi lui dire, moins je ne sais comment m'expliquer. Mais quand ils ouvrent la portière plus rien d'autre ne compte a part exhorter ma peine dans ses bras.
_ Mon dieu ma puce, tu trembles de froid … viens mon bébé … shut calmes toi ma puce on va rentrer au chaud.
Mon père me sort de l'habitacle et m'aide à marcher jusqu'à la maison. Mes sanglots paraissent si fort dans le calme de la nuit, je me fais peur à moi-même et je ne suis même pas capable d'arrêter. La chaleur du foyer me fait instantanément du bien. Charlie nous mènes devant la cheminée allumée, il m'installe sur le canapé, m'enlève la couverture humide qui recouvre toujours mon corps et me recouvre d'une nouvelle couverture sèche et épaisse. Il embrasse mon front et quitte la pièce quelques instants pour revenir avec une tasse de café fumant dans les mains.
_ Tiens ma puce.
_ Merci papa.
Nous restons de longues minutes dans ce silence rassurant, Charlie me réchauffe tant bien que mal entourant mes épaules de son bras et je cale ma tête sous son cou.
_ Chérie qu'est ce qui c'est passé ? Je pensais que tu étais avec …
_ Edward m'a demandé de vivre avec lui a saint John's … et j'ai refusé.
_ Euh … ok ! Mais pourquoi ?
_ Pourquoi ?? Mais je sais pas pourquoi il m'a demandé ça, c'était trop soudain trop …
_ Non je te demande pourquoi tu as dis « non » ?
Je relève mon visage face à lui, je suis frappée par l'aspect soucieux de son regard chocolat, le même regard que moi.
_ Papa … je … écoutes je suis désolée d'avoir déboulé comme ça, ne t'inquiètes pas ça va aller mieux. Je vais aller prendre une douche et changer de vêtements … merde j'ai même pas de rechange, je peux t'empreinter une chemise et un vieux jogging ? Quelle débile j'ai même pas pensé a récupéré mes affaires, comment je vais faire maintenant pour …
_ Bell's réponds a ma question, pourquoi as-tu refusé ?
_ …
_ Tu sais que je vais pas te laisser tranquille tant que tu ne m'auras pas répondu ?
_ Je … je sais pas ! M'écriais je, je sais pas papa … j'ai eu peur, c'était soudain, c'était trop tôt, c'était … c'était trop intense.
Des gesticulements incontrôlés accompagnent mes paroles incohérentes même pour moi-même.
_ Je l'ai perdu tu comprends ? J'ai tout perdu papa !
_ Tu n'as pas tout perdu Bella, mais ta vie tourne autour de lui depuis des mois, tu ne parle que de lui, tu ne vois que lui … je ne comprends pas ton refus chérie.
_ M… oi … no ..n … pluuus … répondis je en pleurant de nouveau tellement les raisons de mon refus me sont incompréhensibles. Je l'aime papa, je l'aime tellement, mais c'est finiiii …
_ T'as t'il dit que c'était terminé ?
_ Qu .. oi ? Répondis-je avec un reniflement des plus disgracieux.
_ A-t-il dit « Bella, toi et moi c'est terminé ! » ?
_ Non … enfin … peut être je sais pas … ou pas comme ça …
_ Ecoute mon cœur tu vas monter prendre une douche et te réchauffer, je vais préparer ton lit et te sortir deux ou trois affaires à te prêter et je remonte te voir juste après ok ? Je vais sortir faire une course rapide.
_Ok … merci papa.
Comme un zombie je grimpe les escaliers et je file sous une douche brulante prenant le maximum de mon temps, jusqu'à ce que je sois obligée de sortir ayant épuisée le ballon d'eau chaude. J'enroule une serviette autour de mon corps et me sèche les cheveux tant bien que mal. Je me dirige dans mon ancienne chambre, ou les draps sont fraichement étalés et ou repose les affaires de rechange de mon père. Quelques minutes plus tard Charlie tape à la porte, un sachet à la main. Je me glisse sous la couette et tapote la petite place à ma droite. Charlie s'installe et sort un pot de glace et une grosse cuillère de son sachet. Je le regarde en souriant mais avec un regard moqueur tout de même.
_ J'ai lu dans un des magasines de Sue que ça pouvait remonter le moral d'un cœur brisé … alors je suis allé t'acheter un pot maxi.
_ Merci papa, lui dis je en lui prenant le pot des mains ainsi que la cuillère, il ce sort lui aussi une cuillère et s'allonge le dos contre ma tête de lit en souriant … comment va Sue ?
_ Ca va ! J'étais chez elle ce midi pour Noël mais je préférais la laisser avec ses enfants pour ce soir.
Nous mangeons la moitié du pot en silence jusqu'à ce que je ne puisse plus retenir un bâillement.
_ Ma puce la nuit porte conseil … réfléchis aux raisons qui … qui t'ont amenés ici ok ?
_ Merci papa.
Il m'embrasse sur le front et je ne mets pas longtemps a sombré dans un sommeil qui me renvoit a mes premiers cauchemars.
Edward, la plage, notre étreinte sur le sable, et la vague, l'immense vague qui l'engloutit et je ne fais rien pour le retenir. Je me réveille en sueur et en sursaut au beau milieu de la nuit me rendant compte que je pleure. Ce n'est que bien plus tard que je me rendors complètement épuisée par mes pensées.
POV EDWARD
(Apocalyptica - I don't care)
Je ne pouvais pas rester ici. Je savais que c'était trop tôt mais j'y avais cru... Cette fois où nous avions fait l'amour sur mon piano... Quelque chose de fort s'était passé entre nous... Plus qu'un corps à corps, une promesse muette que j'étais à elle pour le restant de mes jours... Car c'était bien de cela qu'il s'agissait, d'avenir. Et le mien était foutu ! Mort avant d'avoir pu exister...
Il fallait que je parte ! Que je m'en aille... Remettre de la distance pour oublier... Cette fois-ci, c'était bel et bien fini ! Je quitterai Portland le plus vite possible pour rentrer à St John's. Et je ne reviendrai plus ici, c'était terminé !
Je grimpais les marches et croisais Carlisle et Esmé dans les escaliers... Bien sûr, ils avaient tout entendu...
- Edward... S'il te p...
- Non... Maman ! S'il te plait, ne dis rien...
Je ne les laissais pas riposter et regagnais ma chambre. Les sous-vêtements que j'avais retiré à ma compagne ce matin encore traînaient sur la moquette. Son sac de voyage était entrouvert. Elle était repartie sans ses affaires. Je pris mon propre sac et fourrais tous mes pulls et pantalons à l'intérieur. J'attrapais mon portable et composais le numéro de l'aéroport.
" Aéroport de Seattle, Lucinda à votre écoute..."
- Oui bonjour, je voudrais savoir quand décolle le prochain vol pour St John's.
" Demain matin à 11h17 Monsieur ! "
- Bien, merci !
Je coupais la conversation rapidement et continuais à ranger mes affaires. Je tirais sur la fermeture éclair et elle craqua... ET MERDE !
- PUTAIN MAIS FAIT CHIER BORDEL DE MERDE !
Le sac vola à travers la pièce, étalant tous mes vêtements... Quelle importance ça avait ? Ce n'était que des fringues...
Et ce n'était qu'une excuse mais je fondis en larmes... C'était la première fois... La première fois que j'aimais... Que je faisais un truc fou comme traverser tous le pays pour retrouver une femme... La première fois que j'aimais passionnément et me jetais dans une relation à corps perdu... La première fois que j'envoyais cinq à dix mails par jour à la même personne... La première fois qu'on se disputait... La première fois que je n'avais pas cherché à la comprendre... La première fois que j'entendais ces mots sortir de sa bouche... La première fois qu'on se disputait... Et la dernière fois qu'on se séparait... C'était fini...
Deux bras m'étreignirent...
- Edward... Chuut... Qu'est-ce qui se passe ?
- J'ai déchiré... le sac...
Ma voix se coupa dans un sanglot et ma mère me serra contre elle, embrassant ma nuque.
- Ce n'est qu'un sac... Edward... C'est pas grave...
Ce n'était pas qu'un sac... C'était un sac brisé dont les deux cotés dentées de la fermeture ne se rejoindraient plus jamais... ou l'histoire brisée de mon amour...
- C'est pas... qu'un sac... Maman...
Elle redoubla sa prise sur moi tandis que je laissais couler mes larmes dans son cou. Ses doigts s'entortillaient dans mes cheveux...
- C'était peut-être trop tôt chéri... Elle a sûrement besoin de temps...
- Mais je l'ai...me... Elle était ma v...vie...
J'entendis ma mère renifler. Elle prit mon visage entre ses mains.
- Je sais chéri... Mais vous n'avez que 25 ans... Elle peut encore changer d'avis...
Au fond de moi, je savais que cela ne se passerait pas ainsi...
- Elle... ne changera pas d'avis... Elle est partie... Et... je vais partir aussi...
- Reste, Edward... Reste au moins pour nous... Je sais que tu as mal... Je sais... Mais... s'il te plait... Il te reste une semaine... Reste avec nous...
- Je peux pas, Maman... Elle... Il faut que je parte...
Je me relevais et regardais autour de moi... Je tombais sur son sac plein de vêtements...
- Tu pourras... lui renvoyer son sac ?
J'attrapais ses sous-vêtements qui trainaient et les jetais presque immédiatement sur la valise, comme s'ils m'avaient brulés... C'était ça... Elle avait allumé un feu en moi lors de notre première rencontre... Ce feu, elle l'entretenait savamment... et sans que je ne comprenne pourquoi, elle l'avait éteint et m'avait laissé dans le noir... Et maintenant... j'ai froid... Tellement froid...
- Bien sûr, je le ferai...
- Merci...
- Je vais aller te chercher un autre sac, je reviens...
Dès qu'elle partit, je me sentais de nouveau seul... Je triturais la gourmette qu'elle m'avait offerte pour Noël... Nos deux prénoms étaient inscrits dedans... Ma mère me rejoignit avec un autre sac et m'aidais à tout ranger.
- Papa t'emmènera à l'aéroport demain matin...
- D'accord, merci...
- Tu es sûr de ta décision ?
J'acquiesçais... même si non, je n'étais sûr de rien... Ma vie a volé en éclats... A quoi ça servirait de recoller les morceaux ? Même si je retrouvais les gros bouts... les petits eux, étaient bien trop fins pour être retrouvés... Et je n'avais plus la patience pour cela...
Je me couchais sans même me déshabiller. Esmé resta un long moment avec moi, en silence. Elle effectuait de petits cercles sur mon crâne pour me calmer comme quand j'étais enfant... Son geste m'apaisait un peu... Je finis par sombrer dans le sommeil et plongeai dans un monde de cauchemars...
" Je ne peux pas... "
Je sursautais et me réveillais en sueurs... Ce n'était qu'un mauvais rêve, pas vrai ? Je me tournais vivement sur ma gauche pour trouver le corps de Bella endormi... Personne... Elle était bien partie... Son emplacement était trop froid... désespérément vide... Elle est partie. Elle ne veut pas vivre avec toi... Elle est rentrée à Seattle dans ce pavillon où tu l'as si souvent serré dans tes bras et où tu lui as fait l'amour... Elle est partie...
Je descendais au rez-de-chaussée et m'installais dans le canapé... Même dans le salon, quand mes parents étaient partis faire des courses, je lui avais fait l'amour... Mon regard ne se détachait pas de l'endroit où nos deux corps s'étaient imbriqués deux fois de suite et où nos cœurs avaient laissés échapper ces deux " je t'aime " synchronisés... J'avais tout perdu... La nuit passa et je revivais chaque étreinte... Chaque instant où j'avais embrassé sa chaleur... Vers 7h, mon père descendit, suivit par ma mère. Elle m'étreignit longuement.
- Prends soin de toi mon chéri... Je suis malade de te laisser partir seul là-bas...
- Ne t'inquiète pas Maman... Emmett et les autres vont revenir d'ici une semaine... Je crois que ça me fera du bien de rester tout seul...
Elle m'embrassa sur les deux joues.
- Je t'aime Edward... Je sais que ce n'est pas de moi que tu souhaiterais l'entendre, mais je t'aime mon fils...
Je lui adressais un petit sourire...
- Je t'aime aussi, Maman... Et ne t'inquiète pas... J'ai besoin de l'entendre venant de toi aussi...
Elle me reprit contre elle et me berçait lentement.
- Je t'aime mon chéri... Prends soin de toi ! On viendra te voir cet été, d'accord ?
- D'accord...
- On va y aller, Edward...
- Je vais chercher mon sac...
La boule au ventre et la gorge nouée, je grimpais les escaliers... J'entrais dans ma chambre et prenais mon sac. Celui de Bella attendait au pied du lit... Je fourrais son soutien-gorge et son string dans le sac et le refermais avec précaution... C'était la dernière fois que je prenais soin d'elle... La dernière fois... Le nœud dans ma gorge explosa et je retins avec grande peine une larme... La gourmette descendait sur mon poignet... J'hésitais, la fixant...
Elle me l'avait attaché autour du poignet...
" Ce sera le symbole de mon amour pour toi... L'attache est très fine et comme tu te ronges les ongles, je sais que tu ne pourras pas l'enlever ! Alors ça veut dire que je te collerai comme une sangsue... "
" Oh mais moi je veux bien que tu me colles tout le temps ! "
Elle avait ri et avait clipé les deux bouts...
J'essayais de le défaire...
" Ce sera le symbole de mon amour pour toi... "
Cet amour avait disparu... évaporé... Mort... J'attrapais l'attache et fis glisser mon doigt dessus... La fermeture résistait... Je m'acharnais.
- Edward, tu viens ?
- J'arrive...
Au bout de cinq minutes, je coinçais mon poignet sur l'armoire pour que la gourmette ne bouge plus, et réussissais enfin à la détacher... Elle retomba mollement... Je la ramassais et la reposais sur le sac de Bella. Le bracelet repartirait à Seattle... Elle récupèrerait tout son amour donné et pourrait continuer à vivre, heureuse... Elle le donnerait à un autre tout cet amour... J'attrapais la lanière de mon sac, passais ma veste en jeans et refermais la porte.
*
Une voix grave m'interpella.
- Edward, Carlisle ? Vous allez où ?
Je me retournais vers mon meilleur ami.
- A l'aéroport...
- Mais... Quoi ? Où est Bella ?
- Elle est partie...
Il dut comprendre rapidement. Ses mains se plaquèrent sur sa bouche et ses yeux s'agrandissaient...
- Elle... mais partie... comment ? Dans sa famille ?
- Non... Elle est partie... elle m'a quitté...
- QUOI ?
Je levais les yeux vers lui.
- Mais, et toi ? Tu vas où ?
- Je rentre. J'en profiterai pour terminer la paperasse avec Stéphane et commencer à prendre des cours de jet... On pourra ouvrir plus vite...
- Bon, je viens avec toi !
- Quoi ?
Il s'approchait de moi.
- Tu ne vas pas rentrer tout seul ! Je te connais et je t'ai vu dépérir entre aout et octobre... En Novembre et décembre... Je sais comment tu es sans elle... Tu ne vivras pas ça tout seul mon pote !
Je le regardais... Je voulais être seul à St John's mais... rien de mieux qu'Emmett pour m'accompagner... Il m'étreignit.
- Ca va aller mon grand...
- Je l'aime Emmett...
- Je sais...
Il me tapota la nuque.
- On fera en sorte que ça aille, d'accord ? Laisse-moi aller faire un sac rapidement, Rosalie me ramènera le reste lundi prochain...
- Ok...
Il s'éclipsait et d'un coup, je vis Rosalie, Alice et Jasper venir à ma rencontre.
- Edward... Est-ce que ça va ?
- Ca va... non... ça va pas...
- Je suis désolée... murmura Rosalie en m'étreignant.
Jasper me tapota les épaules.
- Tiens le coup, mec !
Alice me prit contre elle.
- Je vais lui parler, lui envoyer un mail. Je ne comprends pas sa réaction mais ne lui en veux pas... Elle t'aime sincèrement ! Je vais lui parler... Qu'elle m'explique... Mais tu sais, elle a sûrement simplement paniqué et...
- Non... Alice. Laisse-là... tranquille... Elle a fait son choix et on doit le respecter... Ne la relance pas... Je l'ai déjà perdu, ça suffit... Tu as la chance qu'elle te garde en amie... Ne te sépare pas d'elle...
Emmett réapparut avec ses affaires. Il embrassa Rosalie avec fureur et mit son sac dans le coffre de la berline de Carlisle.
- On y va les garçons...
J'embrassais une dernière fois tout le monde et étreignis ma mère. Elle allait me manquer... Un dernier regard à la villa et Carlisle prit le chemin pour rejoindre la route...
J'étais arrivé avec elle... Je repartais sans elle... En dix minutes, tout peut changer...
Bon ben ... ça sent la fin ...
Ceci est l'avant dernier chapitre, dernier chapitre la semaine prochaine qui sera suivi d'un épilogue un peu particulier :)
Pas la peine de nous chercher nous sommes loin ... très loin sur une planète inconnue!
Gros bisous, bonne semaine.
Tiffany & Gaëlle
