Nous ne sommes que des êtres humains…

Auteur : Petite Souris

Titre : Nous ne sommes que des êtres humains…

Animé : Full Metal Alchemist

Disclaimer : Les personnages utilisés dans cette fanfic ne m'appartiennent toujours pas (ce qui m'empêche pas d'en faire c'que j'veux !)

Rating : M pas méchant (c'est juste au cas zou)

Pairing : Ed/Roy !

Dixième chapitre !

CHAPITRE X

"Hey Colonel Stupide !"

Une fesse sur le bord du lit de Mustang, Edward essayait de le réveiller en le secouant par l'épaule. Sauf que l'homme dormait comme une bûche et qu'il ne bougeait pas d'un poil. Au moins cette fois-ci ne faisait-il pas semblant… Mais cela ne changeait rien au fait qu'il était déjà presque midi ! Edward avait beau être d'un naturel patient (bon, pas tout à fait, mais il essayait !), fallait pas exagérer tout de même. Il se leva brutalement, de plus en plus énervé… A son plus grand désappointement. Car il avait en effet décidé de faire des efforts pour ne plus exploser à tout bout de champ, espérant ainsi prouver qu'il n'était pas un gamin. Le problème actuel étant que depuis qu'Hawkeye était partie ce matin il tournait en rond dans le salon, attendant impatiemment le réveil de l'alchimiste pour pouvoir lui transmuter de nouvelles dents. Et que sincèrement, ne rien faire commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs !

C'est donc pour cette raison que, debout à coté du lit de l'homme endormi, les poings sur les hanches, il était pris d'une furieuse envie de lui mettre une grande claque dans la tronche pour le réveiller. Mais il n'oubliait pas que porter la main sur son supérieur pouvait lui valoir la cour martiale… Non pas qu'il soit inquiet sur le fait que Mustang le fasse réellement passer en jugement, mais il n'avait pas envie qu'il s'en serve comme moyen de pression sur lui, et ne le "punisse" en lui donnant des taches ingrates à réaliser. Il l'avait déjà fait par le passé ! Il se souvenait notamment qu'il l'avait obligé une fois à récurer le parquet de son bureau latte par latte, avec interdiction formelle de se servir de son alchimie. Il avait donc passé ce jour-là la matinée à quatre pattes dans le bureau de son supérieur à ramper par terre… Pendant que le colonel le regardait faire avec un sourire satisfait sur les lèvres. Ce bâtard…

"Bâtard ! Je vais avoir des ecchymoses sur les genoux et Al va m'engueuler parce qu'il va encore croire que je me suis battu !"

"Des ecchymoses sur les genoux ? Oh pardon ! De ma position, j'ai cru que tu étais debout… Mais il est vrai que la différence est minime vuta stature…"

"QUI dites-vous qu'il est si petit qu'il a toujours l'air de ramper sur le sol !"

"Certainement pas moi. 'Bondir' serait un terme plus approprié que 'ramper'"

"QUI dites-vous qu'il est si petit qu'il est obligé de bouger sans arrêt pour qu'on le remarque et qu'on ne lui marche pas dessus !"

Soupirant à ce souvenir qui n'avait rien d'heureux – pour lui -, il se rassit lourdement sur sa chaise et croisa les jambes puis les bras, regardant son colonel tout en cherchant le meilleur moyen de le réveiller. Puis ses yeux se mirent à briller et un large sourire fit son apparition sur son visage tandis qu'il se souvenait des propos tenus par le lieutenant Hawkeye une fois où elle avait été obligée de s'occuper de l'alchimiste qui s'était endormi sur sa paperasse. Elle avait tiré deux balles juste au-dessus de sa tête, ce qui avait eu un effet du tonnerre : Une fois que le cœur de Roy s'était remis à fonctionner normalement, il s'était précipité pour signer les documents empilés sur son bureau. Cependant, cinq minutes après, il avait redressé la tête et ordonné à la jeune femme de ne plus jamais le réveiller de cette façon. Ce à quoi elle avait répondu d'une voix posée dont il se souvenait encore parfaitement :

"Colonel, je ne connais que deux moyens de vous tirer du 'coma' que vous appelez 'inattention temporaire'. Celui que je viens d'utiliser ou celui de Maes : un verre d'eau en plein visage"

Puis, relevant la tête et le regardant froidement, elle avait poursuivi avec sa logique implacable :

"Un verre d'eau m'a paru inapproprié : Vous essuyer ferait perdre du temps ET vous pourriez tomber malade, ce qui vous empêcherait alors totalement de remplir ces papiers"

Evidence à laquelle le colonel n'avait rien pu répliquer, retournant aussitôt à ses papiers, un peu gêné malgré tout.

Ricanant intérieurement, le jeune alchimiste se leva alors doucement pour aller dans la salle de bain y remplir un seau d'eau – un verre lui semblant bien peu pour un sommeil aussi profond. D'ailleurs, c'est tout à fait de cette façon que Al s'était justifié la seule et unique fois où il l'avait également réveillé ainsi un jour où il en avait eut vraiment marre de le secouer comme un prunier sans que cela ait le moindre effet. Les yeux du jeune Elric s'assombrirent au souvenir de son frère. Il s'était tellement énervé ce jour-là après Alphonse… Et c'était tellement stupide de s'énerver pour des broutilles ! Pourquoi fallait-il donc qu'il possède un tempérament aussi explosif ? Il s'était excusé après, et avait reconnu qu'il avait bien fait de lui verser un seau d'eau sur la tête pour qu'il ne manque pas son évaluation annuelle d'alchimiste d'état… Mais Al n'avait néanmoins plus jamais recommencé.

Il se demanda brutalement si c'était vraiment une bonne idée de faire la même chose à son supérieur. Est-ce que celui-ci ne risquait pas de le détester après ? Mais cette pieuse pensée disparut rapidement. Non, vraiment, c'était trop tentant ! Et puis, même si jamais il ne le reconnaîtrait, le colonel était bien plus posé que lui, alors au moins il n'essayerait pas de le tuer… Surtout qu'il était plutôt "impuissant" lorsqu'il était mouillé ! Il ricana au souvenir de la tête du colonel lorsque Riza lui avait dit qu'il était "impuissant" ce fameux jour où il s'était dressé face à Scar alors qu'il pleuvait… Le sourire aux lèvres, il revint sadiquement sur la pointe des pieds avec le seau d'eau, et murmura tout doucement à l'attention de son supérieur pour se donner tout de même un minimum bonne conscience "Hou hou, debout colonel, il est l'heure de vous lever…" avant de le lui renverser entièrement sur la tête et le haut du torse.

Se rejetant en arrière devant le sursaut et le redressement brutal de l'alchimiste de flamme, Edward ne réussit à retenir plus longtemps son hilarité et il explosa de rire devant un Roy Mustang confus et trempé. Puis les yeux sombres et grands ouverts par la surprise se rétrécirent sous l'effet de la colère alors qu'ils se posaient sur le jeune garçon, commençant à comprendre ce qu'il venait de se passer. Ouvrant la bouche pour l'engueuler, ses dents se firent un plaisir de lui rappeler que parler n'était pas vraiment une bonne idée dans sa situation. Grimaçant sous la douleur, il fut donc obligé de se contenter de foudroyer Edward du regard.

L'adolescent quand à lui avait réussit à calmer son fou rire, mais ne pouvait pas réprimer le large sourire qui lui barrait le visage devant la vision qu'il avait devant lui. Le colonel avait beau lui lancer son regard le plus meurtrier, de le voir ainsi tel un chaton mouillé réduisait totalement à néant la menace contenue dans ses yeux sombres. Ses cheveux étaient plaqués sur son visage et des gouttes d'eau dégoulinaient le long de ses joues pour tomber de son menton sur son torse également trempé. Le t-shirt qu'il avait porté pour dormir aux cotés de Riza était complètement collé à sa peau, laissant apparaître en transparence son torse plutôt bien développé pour un homme de sa carrure. Mais le regard appréciateur d'Eward fut interrompu lorsqu'il vit un frisson parcourir le corps de l'alchimiste malgré lui. Relevant les yeux, il observa alors Mustang croiser les bras devant lui pour tenter de se réchauffer après cette douche froide impromptue.

"Hey colonel ! Besoin d'un coup de main ?"

Roy regarda d'un œil soupçonneux le grand sourire du jeune garçon tout en essayant de contenir tant bien que mal ses tremblements. Il détestait être mouillé, et encore plus avoir froid ! Quel sale gosse ! Il allait falloir qu'il lui rappelle qui était le chef ici lorsqu'il pourrait à nouveau parler… Soupirant, il hocha néanmoins la tête à son attention pour lui signifier son approbation, lui ayant déjà inconsciemment pardonné. Après tout, Maes l'avait bien souvent réveillé ainsi, à chaque fois qu'il s'assoupissait – malencontreusement - au bureau.

Mais alors qu'il s'attendait à ce que l'enfant parte lui chercher une serviette et de quoi se changer, à son grand étonnement il s'approcha de lui et claqua rapidement ses deux mains avant de les poser sur sa poitrine. Un long et délicieux frisson le parcouru tandis qu'une onde de chaleur et une lumière bleutée s'enroulaient autour de son corps comme une seconde peau. Rarement il s'était trouvé le bénéficiaire d'une "caresse" aussi sensuelle… C'était tout simplement sublime ! Il fut très désappointé lorsque la sensation disparut, le laissant tout de même totalement sec et chaud comme un rôti de porc. Heu… non, plutôt sec et chaud comme un gros nounours ! Heu… non plus… Enfin bref !

Par réflexe, il avait attrapé les poignets d'Edward lorsqu'il les avait posés sur lui, et ne les avait pas lâchés depuis. Ce qu'il fit aussitôt lorsqu'il se rendit brutalement compte que l'enfant le dévisageait d'un air gêné, les joues rouges.

"Heu… Désolé de ne pas vous avoir prévenu… J'ai tellement l'habitude…"

Une fois sa propre surprise passée, Mustang dévisagea l'enfant en haussant un sourcil intrigué. Il semblait de plus en plus gêné, c'était vraiment très amusant. Il baissa les yeux, les détournant du regard scrutateur de son supérieur, et croisa les mains derrière son dos, nerveux.

"C'est que, Alphonse m'avait réveillé comme ça une fois… Une astuce que Hugues lui aurait apprit… Et puis Riza avait fait remarquer aussi que c'était le seul moyen efficace de vous réveiller…"

Roy ne put s'empêcher alors de sourire franchement à cette vision d'Edward en train de s'excuser maladroitement d'avoir utilisé son alchimie sur lui sans lui demander son avis… Qu'il était mignon lorsqu'il rougissait comme ça ! Non… Stop ! Il ne fallait pas qu'il se remette à penser ainsi. Mais qu'est-ce qui pouvait bien lui passer par la tête en ce moment pour voir Edward de cette façon ?

L'alchimiste d'acier, se souvenant brusquement que Mustang ne pouvait pas parler, leva un œil dans sa direction pour voir si il était toujours autant abasourdi. Car effectivement, il n'avait plus peur que l'homme soit en colère après lui, étant donné qu'il n'était plus mouillé. Mais par contre il était très gêné car il n'avait pas réfléchi du tout avant de faire "cela", et connaissait parfaitement la sensation très agréable que pouvait procurer l'onde de chaleur qu'il venait de lui envoyer. Or, il devait bien s'avouer que lire le plaisir surpris qu'il avait capté dans les yeux de l'homme alors qu'il était parcouru de ce long frisson… Tout en sachant que c'était lui qui en était la cause… Et bien – sans rentrer dans les détails - cela le perturbait beaucoup !

Mais sa gêne disparut rapidement pour être remplacée par de l'irritation lorsqu'il vit le sourire narquois de l'homme posé sur lui, alors même qu'il se rendait compte de quelque chose de plus humiliant encore : Il venait de s'excuser auprès du colonel ! Grondant sourdement, il lui jeta un regard furieux avant de lui lancer un "bâtard !" tout en serrant les poings. Ce qui ne fit bien entendu qu'agrandir le sourire de l'homme.

Rouge comme une pivoine, il essaya de ne pas regarder les yeux rieurs de Mustang et de se concentrer sur ce qu'il était venu faire. Se penchant pour récupérer les ingrédients qu'il avait posés à terre, il lui annonça d'une voix contenue :

"Comme il est déjà presque midi, je vous ai réveillé pour vous refaire vos dents colonel… Etant donné qu'il nous faut discuter ce midi avec Riza"

Edward nota la pâleur soudaine chez Mustang, dont le sourire avait aussitôt disparu, et qui avait très visiblement perdu toute envie de rire. Il se mordit les lèvres, regrettant un instant d'avoir brisé l'atmosphère des minutes précédentes, même si le regard rieur de l'homme l'avait été à ses dépends. Décidément, il préférait voir Roy le sourire aux lèvres, même si c'était pour se moquer de lui, que de le voir les yeux fixes et sombres comme ils l'étaient à présent. Son visage ne laissait rien paraître de ses émotions, mais il devinait néanmoins que ce n'était pas l'expérience qui l'attendait qui lui faisait peur, mais plutôt la discussion qui s'ensuivrait. Il comprenait sans peine que parler de ce qui lui était arrivé ne devait pas être une chose très agréable pour quelqu'un d'aussi fier que Roy Mustang.

"Vous êtes prêt ?"

Mustang hocha malgré tout la tête affirmativement et sans la moindre hésitation.

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Elle ne lui prêta tout d'abord pas la moindre attention. A bout de souffle et peinant pour essayer de reprendre sa respiration, l'homme devant elle lui semblait être sans le moindre intérêt. Un pitoyable humain de plus. Celui-ci n'était-il pas d'ailleurs un autre des subordonnés de Mustang ? Mais lorsqu'il demanda à parler au furher de toute urgence, elle fut bien obligée de s'en occuper. Quelle plaie. Alors qu'elle avait encore tant de travail à effectuer pour Pride…

"Madame Douglas veuillez m'écouter s'il vous plait ! Il faut absolument que je puisse joindre le furher de toute urgence !"

"Sous-lieutenant Havoc, c'est bien cela ? Comme je vous l'ai déjà précisé, le furher n'est actuellement pas dans son bureau, il va vous falloir patienter j'en suis désolée…"

"Bon dieu mais c'est pas vrai ! Un colonel est en train de se faire tuer vous comprenez ça au moins ! Seul Bradley peut le sauver !"

Sloth haussa très légèrement un sourcil, intriguée malgré elle. Un colonel disait-il ? Mais quel colonel ? Et pourquoi seul Pride pouvait bien être capable de le sauver ? Cet homme savait-il ce qu'il disait au moins ou était-il simplement en train de lui faire perdre son temps ? Ne prêtant pas attention au manque de respect que le sous-lieutenant venait d'avoir vis-à-vis d'elle, elle décida alors de l'interroger plus avant.

"Un colonel dites-vous ?"

"Oui ! Le colonel Zolf Kimblee a été attaqué et… Et a demandé à ce que nous prévenions le généralissime…"

"Et pourquoi ne l'avez-vous pas aidé ?"

"L'aider ! Si je puis me permettre Madame Douglas, au vu de la chose qui l'a attaqué, je doute que mon aide aurait pu lui être de la moindre utilité"

Le sous-lieutenant Havoc faisait de son mieux pour ne pas paniquer et mener à bien la mission que lui avait confié le lieutenant Hawkeye, essayant d'être le plus convaincant possible. Le généralissime n'était pas dans son bureau, mais sa secrétaire savait très certainement où le trouver… Si seulement elle n'avait pas l'air aussi… Molle ! Il avait été forcé de se mettre à la limite de l'insubordination pour réussir à capter son attention. Heureusement pour lui que cela avait marché, et qu'elle n'ait pas semblé s'en apercevoir…

Déjà que se trouver seul dans ce bureau avec la secrétaire du furher lui donnait des frissons dans le dos... Il ne savait pas trop si cela était à cause de l'avertissement de Riza ou du simple fait de la froideur de la femme qu'il avait devant lui… Elle semblait tellement inhumaine… Oui, là était bien le mot, il craignait de comprendre ce que le lieutenant avait voulu lui dire en le mettant en garde. Depuis qu'il avait vu cette chose, ce… ce monstre dans le couloir là-bas, il ne savait plus que penser. Qu'est-ce que c'était exactement ? Une chimère ? Un mutant ? Est-ce que Douglas et Bradley étaient des monstres eux aussi ? Et Kimblee ?

"Chose ?"

Revenant à la réalité, Havoc déglutit lentement. Il fallait qu'il sorte d'ici le plus vite possible. Prenant rapidement une décision, il se lança :

"Oui Madame. Je ne suis pas alchimiste, mais j'ai entendu parler de ce que l'on appelle des "chimères", et je pense que l'être qui a attaqué le colonel Kimblee est un de ces monstres"

"Décrivez-le moi"

Havoc s'exécuta tout en regardant le visage de la femme exprimer une légère surprise, et peut-être même un peu de colère ? Il était difficile de discerner la moindre émotion dans ses traits impassibles. Non pas qu'elle soit habile à les dissimuler comme le colonel Mustang, mais plutôt, avait-il l'impression, parce qu'elle n'éprouvait pas d'émotions.

"Je préviendrais le furher dès son retour. Vous pouvez disposer sous-lieutenant"

"Bien Madame !"

Après avoir effectué un salut règlementaire, il se détourna et sortit du bureau en toute hâte, heureux de sortir enfin de la pièce. Heureux également que la femme l'ait cru lorsqu'il lui avait parlé de ses craintes que cela ne soit une chimère. Car plus il y pensait, et moins il était persuadé que tout ceci soit simplement une histoire de chimères en fuite…

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# Pourquoi tu n'utilises pas ton autre main dans ce cas ? #

Edward regarda le message que venait d'écrire son supérieur sur le bloc. Il venait de lui expliquer en détails comment il allait procéder, lui demandant de garder sa mâchoire bien ouverte et d'essayer d'éviter de le mordre sous la douleur, car il n'avait pas envie d'être affublé d'un second automail…

"Parce que vous allez suffisamment souffrir rien que du fait de la transmutation sans risquer que je vous fasse mal en plus par inadvertance avec mon automail !"

# Fullmétal. Tu m'as déjà mis en garde au moins vingt fois sur le fait que j'allais de toute façon souffrir le martyr. Je préfère donc avoir un automail à mordre que ta main ! #

"Mais mordre dans l'automail va vous faire encore plus mal !"

Mustang roula des yeux au ciel devant la tête de mule qui lui servait de subordonné.

# C'est que je ne voudrais pas te raccourcir encore plus que tu ne l'es déjà… #

"QUI dites-vous qu'il est si petit que ses doigts ressemblent à des Kit-Kat balls !"

# Si encore ils en avaient le goût, mais je n'ai jamais été très fan des crustacés, particulièrement la crevette… #

"QUI dites-vous qu'il est si petit que"

# Fullmétal ! Assez perdu de temps ! #

Edward regarda avec des yeux ronds son supérieur qui avait réussi à lui couper la parole avec un bloc-notes ! Grommelant entre ses dents – suffisamment bas pour que Roy n'entende rien - qu'il écrivait plus vite que lui-même ne réfléchissait, il capitula enfin et décida de faire comme son supérieur le lui avait demandé. Après tout, au moins comme ça ses doigts ne risqueraient rien. Mais il allait déjà être obligé de lui faire tellement mal… Secouant la tête, il se concentra à nouveau sur la transmutation à venir. Ce n'est pas comme si il avait vraiment le choix de toute façon. C'était un peu comme reconnecter les ports de son automail : Ca faisait mal quelques minutes, mais ensuite il avait un bras et une jambe opérationnels ! Inspirant longuement, il regarda Roy droit dans les yeux et lui demanda au moins pour la dixième fois :

"Prêt ?"

La seule différence avec le rattachement de son automail, c'était qu'en l'occurrence il allait en avoir pour bien plus longtemps que quelques minutes étant donné qu'il allait être obligé de transmuter les dents une à une…

Les dents serrées, plissant les yeux pour se concentrer, les ingrédients pour la première dent au creux de sa main humaine, il claqua alors sa main de métal contre son poing et l'approcha de la bouche de Mustang. Bloquant sa mâchoire avec ses doigts d'acier, il entreprit alors la première transmutation…

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Il les entendit arriver de loin. Non pas que Pride soit bruyant, mais le silence de la pièce était désormais suffisant pour que le cliquetis des épées du généralissime parvienne jusqu'à ses oreilles de façon très distincte. Les cris de Kimblee s'étaient en effet tus depuis bien longtemps, et seuls quelques gémissements affaiblis lui échappaient encore de temps à autre. Car, de façon étonnante, il était toujours conscient.

Greed regarda l'humain ensanglanté qu'il maintenait toujours contre le mur d'une poigne ferme, et celui-ci lui rendit son regard. Ses yeux avaient beau être un peu vitreux, ils étaient également toujours aussi pleins de haine. Comment cet homme était-il encore capable d'une telle passion alors même qu'il était totalement brisé physiquement ? Cela le dérangeait. Ces yeux haineux le dérangeaient. C'était lui qui aurait du le regarder avec ses yeux là, c'était lui qui aurait du être haineux envers l'homme qui l'avait trahi… Mais au lieu de cela, il se sentait étrangement vide, déçu.

Il n'avait pas utilisé son armure contre Kimblee afin de pouvoir profiter pleinement du plaisir physique que celui-ci pourrait lui procurer. Peut-être était-ce la raison pour laquelle il ne s'était pas évanoui comme l'autre alchimiste… Peut-être était-ce aussi la raison pour laquelle la situation lui paraissait cette fois-ci tellement différente ? Oh oui, l'alchimiste écarlate lui avait procuré beaucoup plus de plaisir que l'alchimiste de feu. Mais maintenant que tout cela était terminé, il était écoeuré, et presque heureux que Pride vienne interrompre ce qui n'aurait du être qu'un "amusement" pour lui.

Ses yeux s'étrécirent alors qu'il prenait pleinement conscience de la frustration qu'il ressentait. Pourquoi était-il frustré ? Pourquoi avait-il une furieuse envie de détourner le regard devant les yeux haineux de Kimblee ? Se penchant sur lui, il lui baisa la bouche voracement, l'envahissant sans que celui-ci puisse lui opposer la moindre résistance. Et pourtant… Et pourtant il la sentait cette résistance, il aurait même pu dire qu'il la sentait de toute son âme si seulement il en avait possédée une.

Il haïssait cet homme, il le haïssait pour lui faire éprouver des sentiments dont il ne comprenait pas l'origine. Entendant les cliquetis se rapprocher de façon alarmante, il murmura une dernière fois d'une voix coléreuse à cet humain qu'il avait tant de mal à comprendre :

"Tu vois ma petite chérie, je te l'avais bien dit. La haine sera toujours plus forte que l'amour"

Puis, sans le quitter des yeux, il lui brisa la nuque d'un mouvement rapide tandis que la porte derrière lui s'ouvrait.

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Le jeune major Elric n'en pouvait plus. Non pas à cause de la difficulté de la transmutation, certes pas facile mais qu'il avait néanmoins réussit à maîtriser, mais surtout à cause de la souffrance évidente endurée par son supérieur. L'homme avait beau faire son possible pour rester stoïque et ne pas crier ni pleurer, ses yeux qu'il gardait grands ouverts exprimaient suffisamment bien cette douleur sans qu'il ait besoin d'autres preuves. Il en détournait le regard aussi souvent qu'il le pouvait. Plus qu'une dernière dent et tout ceci serait enfin terminé. Il se demandait comment Winry faisait pour réussir à le regarder souffrir ainsi sans broncher à chaque fois qu'elle devait reconnecter les nerfs de son automail… Est-ce que cela lui déchirait le cœur également de lui faire subir tout ceci en sachant qu'elle n'avait pas d'autre solution ?

Le cœur un peu plus léger alors qu'enfin la dernière lueur bleutée s'évanouissait, il regarda à nouveau son supérieur hiérarchique. Ses dents mordaient puissamment ses doigts d'aciers à en juger par la crispation de sa mâchoire. Si il avait fait comme il le souhaitait au départ et utilisé son autre main, il n'aurait très certainement plus un seul doigt valide à l'heure actuelle… Voire même certains doigts en moins… Les traits de l'alchimiste de flamme étaient tirés par la souffrance et il avait les yeux rivés aux siens. Cependant, il semblait ne pas le voir, et se trouver dans un état second. Cela lui rappela douloureusement la nuit où il l'avait trouvé tenant à peine debout dans les rues de Central.

Otant sa main humaine de la bouche de l'homme il l'ouvrit et la referma lentement pour en ôter la raideur due à son extrême tension durant toute la dernière heure passée à lui réparer lentement ses dents sans faire la moindre erreur. Puis il lui caressa légèrement la joue en lui murmurant doucement :

"Roy… Roy c'est terminé…"

Cela lui faisait drôle d'appeler son supérieur par son prénom. Et pourtant il aurait été tout à fait incapable de l'appeler autrement en cet instant. Il semblait tellement fragile et perdu… Presque comme un enfant. Il rougit. Enfin, non, pas exactement comme un enfant mais… Plutôt comme quelqu'un qui avait besoin de protection et qu'il avait envie d'épauler, de secourir.

L'observant attentivement alors qu'il continuait de le rassurer doucement, il vit alors les mâchoires désormais pourvues de belles dents blanches relâcher progressivement leur emprise sur son automail et une larme unique couler le long de sa joue droite alors qu'il clignait des yeux une fois. Tout en dégageant lentement sa main d'acier, Edward essuya délicatement cette larme solitaire de sa main humaine, caressant du bout du pouce la peau douce de l'homme. Puis il attrapa rapidement une des serviettes parmi le tas posé en vrac sur le lit et entreprit d'effacer également les traces de baves qui se trouvaient sur son menton. Il avait eu beau le nettoyer entre chaque dent réparée, la salive qui affluait sous la douleur avait trempé la serviette qu'il lui avait mise autour du cou comme un bavoir.

La vision de son supérieur hiérarchique avec un bavoir aurait certes du le faire rire et réfléchir à la meilleure façon d'utiliser cette information contre lui mais… Vraiment il n'en avait pas le cœur. Il n'avait qu'une seule envie : Le prendre dans ses bras et le réconforter.

Clignant des yeux, il chassa cette idée de son esprit. Il préférait ne pas imaginer la réaction de l'homme si lui, Edward Elric, se mettait à le câliner… Il avait peut-être accepté ça de Riza la nuit passée, mais jamais il ne l'accepterait de lui, cela ne faisait aucun doute. Il continua néanmoins, plongé dans ses réflexions, de caresser doucement les joues de l'homme pour l'apaiser du mieux qu'il le pouvait et le faire revenir à la réalité. Cela eut petit à petit l'effet escompté. La douleur s'estompa et la vie revint lentement dans ces yeux sombres.

Mustang déglutit enfin lentement, la surprise suivie d'un soulagement intense envahissant son visage. Puis il observa l'homme tâter précautionneusement du bout de la langue ses dents toutes neuves, étonné visiblement de ne plus ressentir à la moindre douleur.

"Hey ! Comment va ?"

Le colonel esquissa un faible sourire à son attention, apparemment toujours un peu à l'ouest. Ce qu'il pouvait tout à fait comprendre, lui-même mettait toujours quelques minutes avant de s'habituer à la disparition soudaine de la douleur après le rattachement des nerfs. Car effectivement le soulagement était alors tellement intense qu'il se sentait temporairement aussi désincarné qu'après l'extase. Souriant à son tour, il regarda son supérieur pencher la tête de coté et prendre une des mains caressant toujours sa joue dans la sienne, la plaquant gentiment contre sa peau, comme pour conserver sa chaleur. Son cœur fit un bond dans sa poitrine. Il était rare d'observer un geste affectueux de la part du colonel. Il sentit la chaleur lui monter au visage inexorablement. Il aurait bien voulu détourner la tête ou s'enfuir en courant, mais ne pouvait pas détacher ses yeux des deux onyx qui le captivait.

Le colonel passa alors lentement sa langue sur ses lèvres un peu abîmées d'avoir été maintenues par l'automail et les humidifia doucement, s'apprêtant sans doute à essayer de parler, Edward s'en rendait compte à moitié. Pour l'autre moitié, tout ce qu'il voyait c'était deux lèvres bien rouges et attirantes en diable et un bout de langue qui les caressait lentement…

A cette vision, son sang ne fit qu'un tour, et alors même que le colonel s'apprêtait à parler, il se pencha sur lui et happa ses lèvres avec les siennes. Entourant toujours fermement son visage de ses deux mains, l'une d'acier et l'autre de chair, il parcouru délicatement du bout de la langue la délicate chair rosée, la baisant avec douceur. Il sentit alors les lèvres du colonel s'entrouvrir… Il rouvrit alors les yeux qu'il avait fermés instinctivement et constata que si Mustang avait entrouvert les lèvres c'était uniquement de surprise. L'homme, à présent bien éveillé, avait en effet les yeux écarquillés par le choc.

L'instant n'avait duré que quelques secondes. Eloignant alors son visage, Edward écarquilla lentement les yeux à son tour, réalisant brusquement ce qu'il venait de faire. Il venait d'embrasser le colonel ! Rouge écarlate, il lâcha avec précipitation le visage de l'homme qu'il tenait toujours entre ses mains et se leva brusquement, bafouillant misérablement à l'attention de l'homme toujours choqué :

"Je… Je suis désolé Colonel !"

Avant de courir hors de la chambre, bousculant au passage le lieutenant Hawkeye sans vraiment la voir, totalement paniqué par ce qu'il venait de faire.

"Ed ! Edward !"

Il n'entendit par le colonel l'appeler une fois que ce dernier eut repris un tant soit peu ses esprits. Il ne le vit pas non plus tomber du lit dans sa précipitation à essayer de se lever pour courir après l'adolescent.

"Bordel de merde ! Saloperies de draps !"

"Colonel ?"

Le lieutenant Hawkeye regarda d'un air intrigué, un sourcil relevé, son supérieur hiérarchique à moitié par terre, les jambes entremêlées dans les draps du lit. Elle se retint de rire devant le spectacle et lui demanda :

"Colonel ? Que se passe-t-il ?"

"C'est Ed ! Edward m'a embrassé !"

Le ton choqué et surpris de Roy la fit sourire. Ainsi donc Edward avait fini par faire le premier pas ? Elle ne pensait pas que cela irait aussi vite… Mais après tout, cela n'était pas plus mal, car les évènements extérieurs se précipitaient également. Le colonel était rouge comme jamais elle ne l'avait encore vu. Lui qui essayait de toujours rester impassible en n'importe quelle circonstance, et était habituellement très doué pour prévenir les réactions du Fullmétal… Il semblerait que cette fois-ci Edward ait réellement réussit à le surprendre de façon royale !

Malheureusement, elle ne pouvait pas s'attarder sur cette bonne nouvelle.

"Vraiment ? Il était temps ! Mais ce n'est pas le moment de vous faire des mamours colonel. Vous avez cinq minutes pour vous préparer. Il faut que vous quittiez cette maison immédiatement, Bradley veut votre peau"

Roy, malgré la position inconfortable dont il essayait toujours de se dépêtrer, se figea instantanément à ces mots, et le rouge de son visage disparut aussi rapidement qu'il était apparu. Déglutissant, il répondit rapidement :

"Je vais faire aussi vite que possible lieutenant"

"Bien, je rattrape Edward et je vous attends en bas"

Hochant la tête, Roy Mustang entreprit alors de libérer ses jambes de son carcan de draps, jurant à voix basse sur le fait que son lieutenant l'avait vu une fois de plus dans une situation ma foi pas très glorieuse. Puis il se prépara à la hâte, essayant de fixer ses pensées sur ce que lui avait dit Riza, mais ne réussissant qu'à visualiser Edward rouge comme une pivoine et paniqué qui s'excusait de l'avoir embrassé avant de s'enfuir.

Mais pourquoi diable Edward l'avait-il embrassé ? Rougissant à nouveau sans pouvoir s'en empêcher, il se passa longuement la tête sous l'eau dans la salle de bain pour essayer de reprendre son apparence nonchalante habituelle avant de descendre les rejoindre.

A SUIVRE ...

La suite immédiate de l'histoire de l'histoire n'étant pas construite dans ma tête, j'espère que je n'aurais pas de retard et que le prochain chapitre sera bien comme d'habitude dans 15 jours, mais je ne promets rien…