Bonjour !

Voici l'avant dernier chapitre :) Je viens de le terminer (j'ai réussi à trouver un peu de temps pour écrire ^^). J'espère qu'il va vous plaire !

Merci, merci, merci pour les vues et les reviews ! :D

Bonne lecture et à bientôt pour le dernier chapitre !


Il traînait dans le couloir, la démarche méfiante, portant un plateau à ses mains. Tom arriva devant les quartiers de Negan et s'assura en posant son oreille sur la porte, que ce dernier n'était présent. Non pas qu'il en avait peur, non, cela n'était pas nouveau, seulement le jeune homme préférait remplir sa tâche sans le croiser. Le meneur lui avait donné pour mission de servir Julia, en lui apportant ses repas. Elle n'avait toujours pas le droit de sortir, mais pouvait tout de même se déplacer librement dans l'immense chambre. La plupart du temps, elle lisait, dévorant sa mince bibliothèque de livres trouvés lors de fouilles. Cela l'avait étonné au départ, mais Negan appréciait apparemment la lecture, à petite dose. On frappa à la porte et elle se retourna vivement vers le son :

- Oui ? interrogea t-elle incertaine.

- C'est moi M'dame, c'est Tom. Je vous apporte votre dîner.

Le meneur avait fini par lâcher un peu plus la bride concernant sa sévérité et la détention de sa prisonnière. C'est pourquoi, sachant pertinemment qu'elle ne le quitterait pas, il la laissait elle-même verrouiller la porte après ses départs. Tom n'avait plus la clef et l'homme en cuir permettait à Julia de choisir si elle autorisait l'accès ou non. Ce choix avait été rapidement fait, et grâce à cela, Negan pouvait encore la tester en lui laissant l'illusion d'une tolérance assagie.

Un sourire naquit sur ses lèvres, elle adorait recevoir la visite de l'adolescent, trouvant en lui l'image d'un petit frère. Ainsi, elle se leva pour lui ouvrir la porte :

- Entre, je t'en prie, elle tendit le bras vers le salon. Il l'observa méfiant.

- Alors ça y est, vous êtes entrée dans son jeu...

- Quel jeu ?

Il ne répondit pas et força l'entrée. Comme à son habitude, il posa le plateau sur la table et prit place sur la chaise. Tom s'affala en soupirant puis passa ses mains sur son visage, dans l'espoir de se réveiller. Julia ferma la porte et le rejoignit, perplexe :

- Quelque chose ne va pas Tom ? Il semblait contrarié.

- Rien M'dame, commencez à manger, lâcha t-il en montrant l'assiette, avant que ça ne refroidisse.

Au menu ce soir là, avait été préparé une purée de pommes de terre avec de la viande en sauce. Ce n'était pas de la grande cuisine, mais cela changeait des conserves et bocaux qu'elle avait trouvé auparavant. La jeune femme, après une première bouchée, reprit :

- Tu peux tout me dire Tom, je ne trahirai pas ta confiance si c'est ce qui t'effraie...

- Et pourtant, vous êtes dans son camp maintenant.

- Arrête avec ça ! « Dans son camp », ne veut strictement rien dire. Je m'accommode c'est tout, je fais tout pour rester en vie, c'est ce que tu m'avais demandé de faire non ?

- Oui... Il reçu ses paroles tel un avertissement maternel, ainsi, Tom détourna le regard pour le planter dans le sol.

Un silence s'empara de la pièce alors qu'elle continuait à manger. Face à ce calme pesant, l'adolescent, qui portait un sac en bandoulière, en sortit une bouteille de vin, accompagnée d'un paquet de chips. Julia le fixa étonnée, il lui expliqua :

- J'ai parié avec un Sauveur hier, et j'ai gagné, voici ma récompense... Il bomba le torse fièrement. Je n'allais pas vous regarder dîner sans rien faire, alors j'ai pensé que me joindre à vous serait une bonne idée.

- C'est une excellente idée ! Elle porta son verre d'eau qu'elle plaqua, pour trinquer, contre la bouteille qu'il tendait. A notre dîner !

- A vous, répondit-il à voix basse. Pardonnez moi pour le comportement que j'ai eu, seulement, j'ai toujours un peu de mal à comprendre l'engouement de ses femmes pour le Sanctuaire. Elle acquiesça et lui sourit.

- C'est compliqué à expliquer... Mais ne parlons pas de cela et changeons de sujet. Comment te sens-tu au sein du groupe, tu n'as plus de problèmes comme avec Ivan et son frère ? Il ricana nerveusement.

- Des problèmes M'dame, il y en a toujours. Si ce n'est pas pour de la nourriture, c'est pour un regard de travers, et si ce n'est pas pour cela, c'est simplement pour un rapport de force gratuit... Je fais ce que je peux, la plupart du temps je reste seul et me dévoue souvent pour monter la garde. J'évite les ennuis vous comprenez. Si j'avais la carrure de Negan, je n'aurais certainement pas tous ces tracas, c'est certain !

Julia se mit à rire et il la toisa les yeux pétillants, admiratif devant la réaction qu'il venait de déclencher. Tom l'accompagna dans sa plaisanterie, après une gorgée de vin, dont il amena le goulot à ses lèvres :

- Tu es bien jeune pour boire ça. Si j'étais ta mère, je serais folle de rage. Il continua à ricaner.

- Mais vous ne l'êtes pas.

- Heureusement, sinon je serais inquiète de te savoir faire des rondes seul la nuit, entouré de rôdeurs. Il reposa la bouteille et se rapprocha d'elle, les mains jointes sur les genoux.

- En parlant de ça M'dame, j'ai pensé à vous la dernière fois. Une nuit, alors que j'allais monter la garde, je me suis allongé dans l'herbe et j'ai contemplé les étoiles. Ça m'a rappelé lorsque je faisais du camping avec mes frères. Et je me suis rendu compte de l'immensité de ce monde. Alors je me suis demandé si nous ne devrions pas nous enfuir, quitter ce maudit refuge tous les deux pour partir en quête d'une nouvelle vie. Il y aurait bien quelqu'un pour nous accueillir, nous ne sommes pas seuls, pas vrai ?

- Tu veux quitter le Sanctuaire ?

- Peut-être, je ne sais pas. Mais j'aimerais découvrir autre chose que la misère et les combats à mains nus... Pour tout vous dire, je suis fatigué de devoir être sans cesse sur mes gardes.

- Tu veux que j'en parle à Negan, il recadra ses hommes et tu ne seras plus embêté...

- Non ! le coupa t-il, surtout pas, ne lui parlez pas de tout cela ou il me tuerait ! Un silence s'installa et le jeune homme parut mal à l'aise. C'est lui qui a provoqué ça, reprit-il, je ne sais pas s'il blaguait ou non, mais les Sauveurs l'ont pris au sérieux, et depuis, je suis une sorte de souffre douleur.

Il plongeait ses doigts dans la poche de chips pour s'empiffrer sous la tension qui s'emparait de son être, face à toutes ces injustices. Julia le remarqua et posa une main réconfortante contre son épaule :

- Mais je suis là, et je t'aiderais, ne l'oublies pas. Il lui sourit timidement en remerciement. Comme je l'ai dis, changeons de sujet, ça ne sert à rien de ressasser ces problèmes. Tu disais que tu avais des frères ? Comment était ta vie avant ?

- Oui M'dame, je vivais avec mes deux frères et ma mère. Je n'ai pas connu mon père, mais c'est ainsi. Parfois je me demande s'il pense à moi, mais bon, ce n'est plus une question d'actualité désormais. Le plus grand, Nick s'est engagé dans l'armée, peut-être un an avant l'épidémie, il y a laissé la vie. Mon autre frère travaillait la nuit dans un club. Comme il s'était constitué un réseau de connaissances, ça nous permettait de partir en virées les week-end. Quand tout a commencé, j'étais avec Kate, nous étions ensemble depuis un an. Je passais le plus clair de mon temps avec elle, au lieu d'aller en cours. Il ricana maladroitement. Quand j'ai vu ces personnes étranges dans les rues, devenir agressives et s'en prendre aux passants, continua t-il, j'ai de suite pensé à ma mère. Alors j'ai pris mon vélo et j'ai foncé chez moi, mais il n'y avait personne. Je ne savais pas quoi faire, j'étais complètement affolé. J'ai attrapé un sac dans lequel j'ai mis ce qui me passait sous la main et je suis reparti trouver Kate. Mais la maison était vide aussi. Elle avait sûrement fui avec ses parents, je ne sais pas. J'ai erré avec mon vélo durant plusieurs jours. J'ai fait des rencontres, qui se sont toutes soldées par le même échec, et je suis tombé sur Negan, qui m'a permis de rejoindre ses rangs.

- Nous serions sûrement morts s'il n'était pas intervenu, dit-elle d'un ton défaitiste.

- Et vous ?

Elle fut surprise qu'il lui renvoie la question. Ses yeux devinrent soudainement tristes, alors qu'elle s'apprêtait à raconter la même histoire, depuis plusieurs jours :

- Elle n'est pas joyeuse tu sais.

- Mais j'aimerais la connaître. M'dame, je vous ai raconté mon passé, c'est à votre tour. Elle prit une inspiration et commença, le regard dans le vide.

- Je ne sais même pas par où commencer, plaisanta t-elle. Ma vie a commencé à basculer lorsque j'entrais dans le monde des adultes, je devais avoir dix huit ans et j'avais fait une mauvaise rencontre. Enfin, « mauvaise » mais je ne m'en rendais pas compte, j'étais amoureuse. Tom la dévisagea, se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire. Il s'appelait Philip, il était grand et impressionnait beaucoup de monde. Il avait un sacré tempérament, et un sacré charisme. C'était un peu une sorte de leader...

- Comme Negan ? demanda l'adolescent.

- Exactement, comme Negan, lui avoua t-elle, confuse. Je restais avec sa bande d'amis, constituée d'autres voyous en tout genre et de son frère, Brian. Philip s'amusait à malmener les autorités, d'ailleurs je pense qu'il avait un problème avec l'obéissance. Mais bon, nous nous éloignons du sujet. Je suis restée un moment avec lui, mais il a fini par avoir des problèmes, échappant de peu à la prison. Il avait du succès et a terminé par trouver une autre fille, avec qui il a eu un enfant, une petite Penny. Je me suis retrouvée seule et j'ai décidé de prendre ma vie en main. J'ai trouvé un travail dans une petite bibliothèque. J'étais toujours en contact avec Brian, qui me donnait régulièrement des nouvelles de son frère. Il s'était rangé lui aussi et travaillait dans un garage, ou je ne sais quoi. Bref, j'ai continué mon chemin, je me suis mariée, nous avons acheté une maison, enfin tout allait pour le mieux. Et l'infection a débuté.

- Et qu'avez vous fais après ?

- Avec Ethan, nous avons trouvé des groupes de survivants, plus ou moins fiables. Puis il s'est fait abattre. J'étais impuissante et je ne pouvais pas rester dans ce groupe, alors je suis partie, seule, de mon plein gré. J'ai trouvé un refuge appelé Woodbury, dans lequel j'y ai retrouvé Brian. Il dirigeait la communauté. J'y suis restée un moment, j'y étais bien, jusqu'à ce que tout dérape. Sa voix chevrotante commençait à vaciller et Julia décida de raccourcir son récit. Puis Negan m'a trouvé, termina t-elle sèchement. Tom restait abasourdi par son histoire. De ses yeux enfantins, il la fixait sans un mot.

- Vous n'avez pas eu une vie facile... finit-il par lancer. C'est pour ça que nous devons partir, partir en quête de quelque chose de meilleur.

Negan titubait dans le couloir, ivre de colère. Ses pas étaient lourds, alors qu'il marmonnait insultes et vengeance, à l'égard du pauvre Tom. Armé de Lucille, il s'arrêta un instant pour fouiller péniblement dans l'une de ses poches. Dans son blouson en cuir se trouvait un paquet de vieilles cigarettes, trouvées lors d'un raid. Satisfait de le sentir sous ses doigts tremblants sous l'alcool, un sourire malveillant s'empara de son visage, alors qu'il le sortait pour en allumer une et profiter de quelques bouffées. Il ferma les yeux, s'adossant à la paroi métallique, striée. Sa nuque reposa en un bruit sourd contre le mur lorsqu'il l'élança sous l'effort. Il resta ainsi quelques minutes, l'esprit toujours aussi tourmenté. Quand il se décida à repartir, trouver ses quartiers et dans le même temps, l'adolescent, il se figea en entendant des rires émaner de sa chambre. Sa figure devint haineuse alors que ses yeux sombres reflétaient une fureur difficilement opposable. Il grogna en accélérant la marche puis sortit le trousseau de clefs pour en ouvrir la porte. Sous la démence, la cigarette reposant à ses lèvres alors qu'il tournait le verrou, il bredouilla quelques menaces qui vinrent s'échouer dans le vide. Negan avait le souffle court, les propos de Sherry l'avaient laissé hors de lui. Son sang bouillonnait, et il s'enflamma un peu plus lorsqu'il poussa la lourde porte métallisée, pour tomber nez à nez avec Tom, partageant un repas avec Julia. L'atmosphère était périlleuse et le jeune homme comprit aussitôt ce qui allait se passer. Le meneur resta stoïque, le dévisageant alors que sa poitrine se soulevait en une respiration forte et douloureuse. Son regard bestial laissa à l'adolescent un sentiment de détresse et il sut qu'il ne ressortirait pas vivant de cette pièce. Julia quant à elle, attendait qu'il réagisse, attentive au moindre geste.

L'homme en cuir se racla la gorge, puis tira une bouffée sur sa cigarette, semblant se calmer. Mais au fond, rien de tout cela n'était vrai, la violence qui l'animait au quotidien s'amplifiait au fur à mesure de son regard, posé sur l'intrus et lorsque ce dernier se crut sauvé, il se rua sur lui en aboyant sous l'ébullition :

- Toi ! Sale petit merdeux... Il l'empoigna par le col, le soulevant par sa force.

- Negan ! commença Julia en tentant de le sortir de son état second.

Il le jeta au sol pour venir l'immobiliser sous son être, à cheval sur lui. L'adolescent se débattait, pleurant presque face à l'animosité de son chef. S'en était fini pour lui, il ne ressortirait pas indemne de ce combat. Il ne faisait pas le poids. Negan allait se venger, se venger pour s'être trop approché de sa convoitise :

- Espèce de connard, tu croyais que je ne te voyais pas venir, avec ta soit-disant soumission. Depuis le début tu prévois ton coup, ton putain de coup, de me voler mon coup ! La blague ne fit rire que lui. Il éclata de rire, un rire froid et sinistre, qui arracha à Tom des tremblements de peur. Salopard, il ne faut pas me chercher, car si tu me cherches, tu finis toujours par me trouver. Pisses dans ton froc autant que tu le voudras, ça ne changera rien puisque je vais te buter, ouais, je vais te buter, j'aurais même dû le faire depuis longtemps. Mais vois-tu, Julia chérie avait l'air de t'apprécier, alors j'ai fermé les yeux, mais bordel ce que j'ai pu être con ! Con au point d'en oublier que t'étais un putain de gars toi aussi, un putain de gars avec une putain de queue !

- Lâchez moi... le supplia t-il, larmoyant.

- Tu pensais que j'allais te laisser me la prendre, hein ? Tu pensais que j'allais te laisser faire parce que t'es un putain de gosse ? Il tira sur sa cigarette puis lui montra le bout rougeoyant. Tu vois, quand on me désobéit, car comme tu le sais, je déteste être déçu, je n'hésite pas à montrer l'exemple afin que la leçon soit retenue... Tu te demandais pourquoi cet idiot de Dwight avait la moitié de la gueule brûlée ? Je vais te montrer, tu vas rapidement comprendre.

Il approcha le mégot de sa face, le jeune homme hurlant face à la violence des ses actions, pendant que Julia criait qu'il arrête sa folie. Mais Negan n'entendait pas, non, il restait seul avec lui-même, profitant de chaque moment de terreur. Voir le regard horrifié de l'enfant lui donnait un sentiment de puissance si grand, qu'il se sentait indestructible. La cigarette vint s'écraser contre le bras nu du jeune, qui sous la douleur et la peur, ne cessait de gesticuler, les larmes roulant sur ses joues. Le meneur parut étonné et lui fit un signe de tête :

- Ça fait mal ? Merde, je pensais que ça serait plus douloureux que ça, je suis terriblement navré, mais il va falloir recommencer.

- Non ! Pitié ! articula Tom alors que Julia s'élançait vers lui pour qu'il le lâche. Contre toute attente, elle attrapa son bras, le mégot allumé tombant au sol.

- Dégage de là toi ! lança t-il en dégainant son arme pour l'avertir. Si tu essayes encore une fois de m'empêcher de donner une bonne leçon à Tommy chéri, je te tue, c'est clair ?

Elle resta de marbre, paralysée sous le comportement de son bourreau. La jeune femme découvrait à nouveau celui qu'elle avait fini par apprécier. Elle le découvrait comme à ses débuts, instable et violent :

- Negan... bredouilla t-elle en tentant de se convaincre que ce qu'il se passait devant elle, n'était pas réel.

- Je t'avais prévenu... Je t'avais dit que ce qui m'appartenait, tu ne devais pas t'en approcher. Ta mission, c'était simplement de lui apporter sa bouffe, pas de passer du temps avec elle, à en profiter ! Putain, « mes règles, mon toit », tu connaissais parfaitement le contrat pourtant. Tommy chéri, j'ai sauvé ton cul une fois, mais bordel de merde, il n'y en aura pas deux ! Il lui asséna un coup dans les côtes, lui arrachant un cri de douleur. Tu te souviens de ce connard d'Ivan ? Celui qui t'effrayait tant ? Tu te souviens de son frère ? Eh bien saches que tu vas les retrouver dans peu de temps !

Le jeune continuait à se débattre sous son poing, qui venait s'affaler contre son visage, un filet de sang coulant de son nez, en abondance. Julia restait prostrée contre le mur, impuissante, la mine décomposée face au calibre qui pointait droit sur elle. Si elle bougeait, elle était tuée. Mais que lui arrivait-il ? Que lui arrivait-il pour qu'il soit dans un tel état de fureur ? Les coups fusaient, le jeune homme commençant à lâcher prise, inconscient sous les violentes frappes qu'il recevait :

- Negan, arrête ! siffla Julia pétrifiée.

- Toi ferme là, tu veux. Tu n'as pas de putains d'ordres à me donner...

Défiguré, Tom était méconnaissable, déjà boursouflé et violacé. Il cracha un mot ou deux, presque inaudibles, mais le meneur fit la sourde oreille. Il attrapa Lucille, déterminé à déchaîner sa soif de vengeance sur le pauvre homme, et l'achever :

- Elle qui s'ennuie, ça va lui procurer un immense plaisir tu sais, il leva la batte en l'air. Tu peux chialer comme tu sais si bien le faire, tu peux crier, tu peux faire dans ton froc, le résultat sera le même merdeux. Ne pas me prendre pour un putain de con, c'était simple à comprendre, non ? lui chuchota t-il à l'oreille. Lucille le menaçait de son ombre, quand, juste avant de s'abattre sur sa face, un hurlement sortit le meneur de sa torpeur :

- Negan ! ! Arrête, tu vas le tuer !

Il s'arrêta soudainement et poussa un grognement de frustration. Son calibre retrouva sa ceinture, alors que la batte tombait au sol. Puis il se retourna vers celle qui venait de l'interrompre. Sa figure noire la fit subitement regretter son acte. Il semblait fou, animé par une rage insurmontable et invisible, qu'il avait su dissimuler auparavant :

- Negan, je t'en prie... Que t'arrive t-il ? Je ne te reconnais plus, continua Julia courageuse, en affrontant son regard.

- Quoi ? ? Il lâcha Tom pour bondir sur la jeune femme, l'empoignant fermement par la gorge pour la plaquer un peu plus contre le mur. Tu ne me reconnais plus c'est ça ? Mais bordel tu ne m'as jamais réellement connu ! Ne prétends pas me connaître alors que tu ne sais rien de moi. Il passa un doigt enjoué sur ses lèvres, alors que sa folie laissait place à une part d'amusement. Dis moi ce qui pourrait me faire changer d'avis, toi qui me donne des putains de directives. Hein ? Il s'appuya contre elle, sentant ses muscles tremblants. Ma belle, il releva une mèche de cheveux tombant sur son front, pourquoi devrais-je t'écouter ?

- Parce que je suis ta femme, parce que je t'appartiens, jeta t-elle devant le regard éberlué de Tom, qui peinait à se relever. Negan explosa de rire, enfonçant son visage dans sa nuque.

- La vache, tu le reconnais enfin ! Putain tu sais comment me parler toi, tu sais comment me rendre heureux ! Bordel, ça m'exciterait presque. Il l'amena contre lui en l'enlaçant, gémissant sous la satisfaction. Ma putain de femme, murmura t-il chaudement. J'ai attendu ce moment avec impatience. Il lui vola un baiser, tandis que le jeune homme au sol se relevait enfin, lentement sous la douleur de son visage abîmé.

- M'dame... commença t-il en voulant protester.

- Ferme ta putain de gueule le gosse ! l'interrompit le meneur alors qu'il tentait de se faire entendre. Tu gâches mon putain de plaisir, il le pointait dangereusement du doigt. Le spectacle est terminé, alors dégage de mes quartiers avant que Lucille ne te fracasse un peu plus. Estime toi heureux que Julia chérie ait sauvé ton cul, sinon, elle t'aurait déjà enterré.

Il prit la direction de la sortie, après s'être essuyé la lèvre éclatée, de sa manche, y laissant une large trace de sang. Anéantit, l'adolescent s'arrêta pour dévisager une dernière fois la prisonnière, se maudissant de ne pas pouvoir intervenir. Comme il détestait Negan, quitter le Sanctuaire était désormais son vœu le plus cher. Quand il ferma la porte, l'homme en cuir reporta son attention sur la jeune femme. Un sourire carnassier se dessinait sur ses lèvres alors qu'elle restait immobile, piégée entre ses bras :

- Il n'y a rien de drôle... cracha t-elle en colère face à son comportement.

- Oh si, c'est une situation vraiment amusante ma belle. Je t'ai eu, encore et toujours. Combien de fois tu as essayé de m'avoir, en vain. Tu as essayé oui, mais tu as échoué. J'ai eu le putain de dernier mot et j'adore ça... avoir le putain de dernier mot, termina t-il d'une voix suave.

- Tu as failli le tuer, il n'avait rien fais ! La dispute ressemblait davantage à celle d'un vieux couple qu'à la défense d'un adolescent.

- Il avait été trop loin et il le savait bordel. Il a brisé le peu de confiance qu'on avait établi. Mais tu vois, je t'ai écouté... je t'ai écouté parce que tu es ma putain de femme, et c'est maintenant officiel...

Il stoppa sa réflexion pour reculer d'un pas en portant une main à son front brûlant. Son cœur frappait fort dans sa poitrine, sous l'alcool et la nervosité. Negan avait l'impression de ne plus contrôler ses mouvements, ne les trouvant pas assez précis pour ce qu'il aurait aimé faire. Ses mains tremblaient, ses tempes cognaient, sa cage thoracique s'affolait et ses muscles tendus lui laissaient une désagréable sensation. Il fut pris d'un vertige, ce qui le fit ricaner inlassablement :

- Bordel je n'aurais pas dû descendre cette putain de bouteille de whisky dégueulasse... Il aperçu reposant sur la table, le vin encore plein. Ça devrait m'aider ça ! Il l'attrapa et en but une gorgée, puis la tendit vers la jeune femme. T'en veux une goutte ? Elle refusa. Tant mieux, au moins tu seras parfaitement consciente pour la suite des événements.

Un frisson la parcourut en entendant la phrase, mais elle comprenait mieux maintenant, pourquoi il avait été si agressif. Julia ferma les yeux, alors qu'il posait la bouteille désormais vide, pour s'attarder sur son corps. Negan et ses sauts d'humeurs, elle pensait en avoir fait le tour, mais pour Negan et sa persuasion, elle abandonnait tout. Ses idées se dessinaient à travers son sourire alors que ses doigts parcouraient ses épaules. Il paraissait soudainement plus doux. Certes il demeurait imprévisible, mais n'était-ce pas là ce qui l'attirait au fond ? Elle avait réussi à le calmer, à l'arrêter dans ses pulsions meurtrières, n'était-ce pas là une progression positive dans ce qui pourrait être une potentielle relation ? Elle ne le savait pas, elle n'en savait rien, mais une chose était sûre, la jeune femme était rassurée. Rassurée de sentir son bourreau une nouvelle fois à sa merci, soupirant de désir alors qu'il l'effleurait à peine :

- Julia chérie, ma belle Julia chérie, chantonna t-il en contournant le col de son débardeur. J'ai jamais été comme ça bordel, il reprit son sérieux et lui embrassa le coin des lèvres. C'est quoi ton putain de secret pour me faire un tel effet, hein ? Explique moi pourquoi j'ai tant envie de toi, merde. Elle ne put retenir un sourire quand il se plaqua un peu plus contre elle, lui faisant ressentir sa passion naissante. Hein ? reprit-il, c'est quoi ton putain de secret.

La jeune femme ne répondit pas, se perdant dans son regard tiède, alors qu'il cherchait où poser ses yeux, si impatients de connaître la suite du récit. L'homme en cuir se mordit la lèvre, contemplant le doux visage qui ne le laissait pas indifférent. C'est pour cette raison qu'il l'avait sauvé, c'est pour cette raison qu'il ne se reconnaissait plus. Mais son ego n'allait pas se laisser manipuler par un cœur féminin, ainsi, il en déduisit que cela était dû à la boisson. Elle causait des ravages et il en avait déjà payé les frais :

- Alors maintenant on fait quoi ma belle ? On reprend tout à zéro ou on reprend là où nous nous étions arrêtés ? On enterre la hache de guerre, on fait la paix, on oublie tout et on se réconcilie sur l'oreiller ? Tu veux quoi au fond de toi, tout de suite ? Il s'arrêta un instant avant de reprendre. En fait non, ne dis rien, je le sais déjà. Il caressa sa joue avec délicatesse, marquant de ses doigts brûlants chaque parcelle de sa peau. Ne dis rien et laisse moi faire, murmura t-il avant de s'emparer de ses lèvres.

Pour l'une des premières fois, ce fut lui qui avait fais le premier pas, lui qui menait la danse, alors que d'ordinaire, il avait attendu qu'elle vienne à lui, pour la repousser ensuite sauvagement. Elle ne put retenir un gémissement alors qu'elle sentait sa puissance s'abattre contre son corps, la laissant impuissante contre le mur. La jeune femme était paralysée, immobile sous la possession de cet être qui l'effrayait tout en la fascinant. Elle se laissait faire, appréciant ses mains glissant sous son t-shirt pour en découvrir la peau douce. Il se détacha d'elle pour se débarrasser de son blouson, le trouvant trop encombrant pour la situation. Elle détailla chacun de ses mouvement avec attention, et il lui adressa un sourire ravageur quand il remarqua sa figure fiévreuse :

- C'est déjà mieux comme ça, tu ne trouves pas... Mais ce n'était pas une question, il continua, charmeur. Je l'ai su dès la putain de première fois où j'ai croisé ton putain de joli regard ma belle. J'ai de suite su que tu ne voulais qu'une chose, même si tu tentais de te convaincre du contraire. Et crois moi, t'as essayé pas mal de fois de te mentir. Il ricana en se figeant, la déshabillant du regard. Ouais, j'ai de suite compris que tu me voulais, mais tu m'as fait attendre bordel, et ça a été long, très long, trop long ! Tu sais que je ne suis pas un type patient... non, ce que je veux, je l'obtiens sur le champ, mais toi, tu es l'exception à la règle. Pourquoi ? Je ne sais pas, je n'en sais foutrement rien. Mais tu me rends dingue, tout ce que tu dis, tout ce que tu fais, ça m'obsède. Alors, maintenant, t'as fini par te sentir enfin prête, et rien que pour ça, pour tous ces putains d'efforts, tu ne vas pas le regretter. Il revint vers elle pour la surplomber de sa taille, puis attrapa ses poignets qu'il colla fermement au mur, elle sentait son souffle chaud inonder son visage, lui laissant d'innombrables frissons parcourir son être. Oublie ton passé, oublie tous tes connards de mecs, tu vas te sentir une putain de femme avec moi, conclut-il en levant des sourcils approbateurs.

Il lui faisait tourner la tête, pourtant elle demeurait parfaitement sobre. Il venait de lui faire une déclaration, « à la Negan ». Qui avait dis qu'il était dépourvu de sensibilité ? Sous l'effet de son discours prometteur, elle se jeta sur lui, l'embrassant avec fougue, sa barbe drue s'aplatissant contre sa peau lisse. Il n'avait pas tort, cela était sûr, elle ressentait une étrange attraction à son égard, mais jamais elle ne lui dirait. Le peu de contrôle qu'elle pouvait avoir sur lui devait le rester, si elle voulait continuer à survivre au Sanctuaire et ne pas terminer comme Amber. Combien de fois, elle s'était imaginée cette scène qui aurait dû se produire de nombreuses fois déjà. Mais par chance, elle avait été obligée d'attendre, ou plutôt, il avait dû attendre. Peut-être était-ce cela qui l'avait sauvé et lui avait permis de se démarquer des autres femmes. Negan ne la regardait pas telles ses épouses, non, il s'agissait plutôt d'un regard respectueux, témoignant d'une égalité. Toutefois, à ce moment précis, elle se moquait de ce qu'était réellement l'homme, car ce qu'elle avait en face d'elle ne ressemblait pas au monstre qu'elle avait cru connaître. Ses mains vagabondaient sur sa taille alors qu'elle se cambrait un peu plus sous ses assauts passionnés. Il rugissait de plaisir en sentant son corps se contracter sous ses baisers, lui laissant une idée du déroulement de la suite. Les palpitations de son cœur lui laissait une poitrine qui se soulevait à un rythme irrégulier, accompagnées d'une respiration saccadée, mais le meneur s'en moquait, ce qu'il désirait était de la posséder, la posséder tel il lui avait promis depuis le début. De plus en plus impatient, d'un mouvement rapide, alors que ses mains se baladaient sur son débardeur, il le déchira, lui laissant une ouverture béante au dessus du nombril. Son regard se posa sur son ventre, non sans remarquer la cicatrice. Son visage se referma alors qu'elle paraissait gênée, mais Negan eut un mouvement de tête et reprit son manège envoûtant. Son bassin se mouvaient instinctivement contre le sien, lui arrachant de puissants râles, jusqu'à ce que son cou se retrouve prit en otage sous les baisers fiévreux qu'il déposait. La pièce devenait moite, les minutes difficilement tenables et la tête tournoyante, les idées obscurcies par l'envie, Julia attrapa son visage qu'elle enfouie dans sa nuque afin de se détacher de ce corps désirable. Elle reprit une respiration correcte, retrouvant un semblant d'air. Elle avait irréfutablement chaud et les gouttes de sueur parcourant le bas de son dos devenaient désagréables. L'homme se retira de l'étreinte pour commencer à bout de souffle :

- Pour toi ma belle, je n'ai rien à offrir, même pas une cérémonie ou quoi pour sceller notre putain d'union, maintenant que tu es ma putain de femme. Mais je te propose que l'on passe directement à notre putain de sacrée nuit de noces. Elle allait ouvrir la bouche pour acquiescer, il lui coupa la parole. Non, ne dis rien, tu n'as pas le choix Julia chérie, je te l'avais dit que je t'attraperais. Viens par là, tu veux, il lui saisit la taille pour la mener à sa chambre.

Étrangement, il la laissa passer en premier, tel un gentleman un peu trop sûr de lui. Cela eut pour conséquence de lui arracher un sourire bêta. Il ricana en fermant la porte, qu'il verrouilla en tournant la clef lentement. Sans la détacher du regard, il se posa devant elle, en lui montrant le lit d'un signe de tête :

- Allé, fini de jouer maintenant Julia chérie, déshabille toi. J'en ai marre d'attendre.

Son regard auparavant fiévreux était désormais sombre et froid. La jeune femme eut l'impression de se retrouver telle une proie, entourée de prédateurs. Sa mâchoire se serrait sous l'attente, alors que son sourire carnassier parcourait son visage. Il posa ses mains sur ses hanches et prit appui sur l'une de ses jambes :

- Tu veux que je fasse le putain de premier pas, c'est ça ? Il se mit à rire, très bien. Si je me souviens bien, la fois où t'as failli me sauter dessus et me bouffer, était quand je sortais de ma putain de douche. Il enleva son t-shirt, laissant ses muscles apparents sous sa peau luisante suite à l'effort. Voilà, il leva les bras dans sa direction. J'étais exactement comme ça. Alors ma belle, ça te fait le même effet ? Il commença à se pavaner en débouclant sa ceinture, laissant son ceinturon tomber au sol. Et comme ça, tu aimes ? La situation l'amusait plus qu'autre chose, même si au fond, il se sentait bouillir intérieurement.

Julia le toisait, son esprit lui jouant des tours. Bien sûr que la vision de son corps lui plaisait, mais elle attendait là, assise sur le rebord du lit. Negan passa une main dans ses cheveux en soupirant. Cette scène lui rappela celle qui lui avait fait le déclic et elle se maudit de ressentir sur le moment, les mêmes émotions. Machinalement, elle se mordit l'intérieur de la bouche, ne souhaitant se déclarer vaincue. C'était à lui de venir, non à elle. Cependant, elle ne put se tenir longtemps à ses engagements :

- Lève toi et approche ma belle. Elle s'exécuta, mais il la fit accélérer en la pressant contre lui. Voilà, lâcha t-il, ce n'est pas mieux maintenant ? Je te trouve bien timide d'un coup, bordel t'étais pas comme ça avec tes précédents mecs, si ? Il lui lança un regard perplexe. Bon, on s'en tape, tu vas finir par te décoincer de toute façon. Il fit glisser les pans du reste du débardeur, la dénudant. Beaucoup mieux, continua t-il, le regard rivé sur sa peau. Il déposa de légers baisers sur ses épaules, la plaquant contre son corps en ébullition. La sensation de ses paumes contre elle l'irradia, et il caressa ses cheveux, descendant en cascade le long de son dos. La jeune femme balança sa tête en arrière, il l'observa curieux, les yeux pétillants de malice. Alors Julia, je te saute de suite ou on attend encore un peu ?

- Negan... commença t-elle à le supplier sans terminer sa phrase. Il ricana en voyant ses pupilles dilatées, la trouvant soudainement irrésistible. Le meneur resserra son étreinte ardente, l'amenant un peu plus contre lui.

- Ah ! Ça me fait vraiment plaisir de savoir que tu as retrouvé ta putain de langue ! Sans pudeur, il retira son jean sombre, et s'exposa devant elle, mes femmes en sont folles, s'exclama t-il prétentieux. Bordel tout le Sanctuaire t'entendra crier mon nom, mais une chose est sûre, tu viendras me réclamer ! Tu viendras gratter à ma putain de porte que je te prenne dans mon pieu. Allé Julia chérie, ma belle Julia chérie, retire tes fringues et vas dans ce putain de lit. Madame Negan va être servie, termina t-il en se dandinant, hautain.

- Quel ego surdimensionné ! Je suis censée être impressionnée une fois dans ton lit, c'est ça ? ne put-elle s'empêcher de répondre en trouvant les draps. Il afficha ce visage complice qu'elle avait tant apprécié. Au final, des instants de complicités, ils en partageaient régulièrement.

- Oh, tu veux jouer hein ? Continue de me chercher, et tu vas me trouver... Ils se mirent à rire, alors qu'il l'embrassait en la serrant contre lui.

- Je cherche toujours... reprit-elle aussi taquine, en faisant allusion à son corps. Mais son sourire se figea au moment où il s'approcha un peu plus. Negan était si près qu'elle se demandait si cela était bien réel. Non, elle ne rêvait pas. Il passa sa langue sur ses lèvres et vint sur elle, l'immobilisant sous son poids. La jeune femme eut un sursaut en sentant la chaleur de sa peau contre la sienne. Il était beau, avec ce regard, à la fois tendre et destructeur.

- Ah oui, et là ? Elle hoqueta de surprise. Tu cherches toujours ma belle ? demanda t-il alors qu'elle se contractait à son contact. Tu en veux plus ou je m'arrête ? Je veux t'entendre le dire, je veux t'entendre me supplier de continuer.

- Negan... souffla t-elle sous son corps. Son visage se crispant sous l'intrusion. Continue. Il ne la fit pas répéter deux fois.

- Très bien, flatté, il laissa échapper un gémissement incontrôlé. Je te l'avais dit Julia, mais t'as préféré faire ta maligne. Je ne t'avais pas menti ! Non, je ne mens pas, surtout pour ces putains de choses là, continuait-il à grogner, entrecoupé de soupirs. Puisque t'es mon putain de trophée, voilà ta putain de récompense.


Meialy: J'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre, mais j'ai réussi à caser le coup du "Je regarde les étoiles, petite scène romantique" haha (Bon c'est vrai que ce n'est pas sur un toit, mais presque ;) Merci pour l'inspiration ! :)