Bien le bonjour,
Voici la suite ^^
Anar et Edward marchaient tranquillement dans le jardin du palais. Le premier avait l'air serin alors que le second observait la nature merveilleuse autour de lui. Soudain, il remarqua qu'une petite fée voletait près de son visage. Sa peau étincelante était violette et ses cheveux aussi longs que son corps étaient roses. Ses yeux de la couleur miel qu'avaient les siens avant la transformation de son apparence. D'ailleurs, il ne comprenait toujours pas pourquoi il avait changé d'allure. Il poserait la question à Bella après... Pour l'instant, il essaiera de comprendre ce que lui voulait cette petite créature. Celle-ci faisait virevolter ses grandes ailes. Ses vêtements étaient tout ce qu'il y a de plus féérique. Il lui sourit gentiment. Elle lui rendit son sourire, puis atterrit sur son épaule. Anar sourit amusé, le faisant froncer les sourcils. Qu'est-ce que ce sourire pouvait bien vouloir dire ? La fée attira son intention en glissant le long de son bras pour se poser sur la paume de sa main. Il releva alors le bras, mettant sa main au niveau de son visage pour qu'ils puissent s'observer facilement. Il s'installa ensuite, le dos contre un arbre. La fée décida soudain de parler, enfin parler... C'était un mot trop insultant pour le son harmonieux qu'elle produisit :
_ Bien le bonjour, grand consort. Mon nom est Aoibheann, reine du petit peuple. Je viens accomplir les usages de la politesse et me présenter officiellement au prochain souverain de Fairy.
Le dit consort souleva un sourcil aristocrate, étonné.
_ Le mien est Edward. Je te salue, bien que je ne semble pas être au fait de ce qui vient d'être dit.
Anar soupira et s'installa à son tour. La discussion allait être longue.
_ Tu as été amené, ici, afin que votre mariage soit valable chez nous aussi. Emeraude, ma sœur, est la reine en devenir et puisque tu es son consort, tu es le roi en devenir, expliqua-t-il.
Edward ne laissa rien paraître de sa perplexité et le regarda pendant longtemps. Maintenant qu'il regardait de plus près, il voyait sa ressemblance avec sa sœur. Le même nez retroussé, les mêmes lèvres charnues et cette lueur de défi dans le regard, lueur qui ne disparaissait jamais. Anar le surprit à sourire tendrement tout en le regardant et haussa à son tour un sourcil. Edward se rendit compte de quoi ce devait avoir l'air et secoua la tête. Puis encore une fois, il se rendit compte de quelque chose de tout à fait anormal : il n'entendait les pensées de personne. Pour la première fois depuis longtemps, il était seul dans sa propre tête. Il écarquilla les yeux et bondit sur ses pieds tout en faisant en sorte de ne pas faire tomber Aoibheann. Celle-ci vola un instant et s'installa sur ses cheveux. Edward tendit la main vers Anar qui la prit et se mit debout à son tour. Que diable se passait-il encore ?
_ Je n'arrive pas à entendre les pensées des personnes m'entourant alors que je suis télépathe, expliqua-t-il.
Anar sourit amusé : ce n'était que ça ?
_ Notre peuple possède une barrière contre ce genre de choses. Il me semble que tu ne pouvais pas entendre celles d'Emeraude, n'est-ce pas ?
_ Ah...
Edward se laissa retomber au sol, sauf qu'il avait oublié qu'il tenait les mains d'Anar. Celui-ci lui tomba dessus, leurs lèvres se frôlèrent et c'est ce moment que choisirent Emeraude et Lliane pour apparaître. Edward cligna des yeux un instant, puis écarquilla les yeux lorsqu'il se rendit compte de la situation. Anar releva la tête et regarda sa sœur un instant, ensuite, ils partirent d'un même rire, sous l'œil incrédule d'Edward. Puis Anar reporta son attention sur lui et le rallongea sur l'herbe, posant ses mains de part et d'autre de sa tête, s'approchant petit à petit leurs lèvres. Il prit sa lèvre supérieure entre les siennes et la suçota, faisant gémir le vampire. Il la mordilla ensuite et s'allongea sur lui. Il la caressa de sa langue puis alla gouter à celle d'Edward. Quelques instants plus tard, il se détacha de lui et le regarda tranquillement alors que l'autre ne savait que dire. Emeraude vint à son aide en souriant. Elle s'accroupit devant eux et lui expliqua :
_ Il est de coutume que les proches d'une prochaine mariée, embrassent son futur époux s'ils l'apprécient. Et on dirait qu'Anar t'apprécie beaucoup.
_ Ah…
_ Oui. C'est une vieille tradition que plus personne ne fête vraiment. Mais, c'était tellement drôle de voir ta tête que je n'ai pas pu m'en empêcher… J'ai donc demandé à Anar…
_ …de m'embrasser. Ton peuple est des plus singuliers, chérie. Mais si ça a pu te faire rire, j'en suis honoré et ravi.
_ Bella, rajouta-t-il après quelques instants. Ton rire est devenu encore plus beau. Comme si c'était encore possible… Mais il est vrai que tu rends ce qui est impossible tout à fait réalisable, finit-il par dire en contemplant son ventre.
Il posa alors son visage contre le ventre de sa femme et ronronna de plaisir. Il soupira ensuite et bondit sur ses pieds. Il alla jusqu'à Lliane et s'inclina profondément devant elle :
_ Edward, pour vous servir.
Lliane observa l'homme qui rendait sa fille heureuse et caressa avec tendresse ses cheveux.
_ Bienvenue dans mon royaume, fils.
_ Vous n'auriez pas pu dire quoi que ce soit qui eut pu me faire plus plaisir.
Lliane sourit avec douceur. Sa fille avait épousé un beau parleur… Ce n'était pas plus mal ? Il n'aura aucun mal à s'intégrer au sein de cette famille des plus extravagantes.
_ C'est l'heure du diner. Et si nous allions manger, dit-elle en souriant.
Edward, en entendant ces paroles, parut mal à l'aise. Et lorsque la reine le vit elle le rassura en disant :
_ Emeraude a partagé son immortalité avec vous comme vous avez partagé la vôtre avec elle. Vous êtes dès lors tout à fait capable de vous nourrir de nourriture autant que de sang.
_ Oh. Cela me semble tout à fait exquis, lui répondit-il en un sourire.
Sur ces mots ils se dirigèrent vers la salle à manger qui était phénoménale. Lorsqu'ils furent arrivés, ils virent un homme aux cheveux argent et aux yeux émeraude. Son identité n'avait rien d'obscure. En effet, ses yeux étaient le reflet de ceux d'Emeraude.
_ Père, s'écria celle-ci.
Elle traversa la salle rapidement et se jeta dans les bras aimants de son père.
_ Vous êtes de retour, continua-t-elle toujours dans ses bras.
_ Oui, je le suis, s'esclaffa-t-il.
_ La chasse a-t-elle été bonne ?
_ On peut dire ça…
L'homme se tourna alors vers les autres occupants de la pièce et remarqua une nouvelle tête. Tournant la tête vers sa femme, il l'interrogea du regard.
_ L'époux de notre fille, Edward.
Edward s'avança vers lui et lui tendit la main.
_ C'est un honneur de vous rencontrer, Monsieur.
Dairiun répondit à son salut puis sourit.
_ Tu peux m'appeler Dairiun, Edward.
Ce dernier haussa un sourcil interrogateur puis acquiesça doucement quand il vit Emeraude sourire.
_ Père n'aime pas les formalités, expliqua-t-elle.
_ Ah.
Le dit père leva les yeux au ciel et leur intima de le suivre.
_ Le banquet célébrant le retour de la princesse est dans une heure. Vous pouvez aller vous rafraîchir en attendant. J'ai quelques affaires à régler.
Emeraude acquiesça et entreprit de guider son consort vers ses appartements, en espérant que le manoir n'en avait pas fait qu'à sa tête.
En effet, le manoir était une entité à part. Il lui arrivait de changer les dispositions du lieu selon ses humeurs. Elle se souvenait d'une fois où elle avait passé quelques heures à chercher ses appartements parce qu'il était d'humeur joueuse et qu'il s'était amusé à les faire balader avec une imagination phénoménale. Cela la fit sourire.
_ Qu'est-ce qui te fait sourire, ma belle ?
_ Le Manoir, dit-elle. Il est espiègle parfois. J'espère qu'il comprendra que nous n'avons qu'une heure devant nous et qu'il ne changera pas l'emplacement de nos appartements.
Edward cligna des yeux même s'il n'en avait plus besoin.
_ Tu en parles comme si c'était vivant.
Une bourrasque lui flanqua un coup sur les fesses et il glapit. Un tic commença à faire cligner son œil gauche. Emeraude éclata de rire et vint l'enlacer.
_ Oui et tu viens de le vexer, expliqua-t-elle.
_ Oh, ce n'était pas mon attention, bougonna-t-il.
Elle pinça ses lèvres pour s'empêcher de rire de son boudeur de mari et le poussa contre un mur. Il cessa de bouder lorsqu'elle cola ses lèvres contre son oreille pour lui susurrer :
_ Il faut que tu t'excuses, mon cœur. Seulement là, on pourra gagner nos appartements.
Edward frissonna et essaya de résister pour la forme.
_ Et pourquoi voudrais-je à tout prix y aller ?
Elle mordilla son lobe et continua avec une voix rauque :
_ Parce qu'il y a une baignoire, un lit, des murs… à baptiser…
Il acquiesça hébété.
_ Tu vendrais les enfers en les rendant attrayants, soupira-t-il. Je m'excuse, Mr Manoir.
Un chemin se dessina alors devant eux. C'est vrai que le Manoir était gentil si on reconnaissait son existence, pensa-t-elle. Bien sûr qu'elle savait qu'elle pouvait retrouver ce qu'elle cherchait si elle abdiquait devant lui. Mais ce n'aurait pas été satisfaisant. Elle secoua la tête et prit la main de son homme. Elle aussi avait hâte de redécouvrir cet endroit avec lui.
