Un grand désolé pour le retard mais j'ai été pas mal occupé ces derniers temps mais cette semaine, relâche!
J'en profite pour vous remercier (d'avance et d'après) pour vos adorables commentaires
CHAPITRE X
La porte s'ouvrit, révélant une forme féminine aux pieds nus. Elle avança jusqu'à la cuisine, grommela un bonjour à l'homme assis là, avant de se diriger vers la bouilloire. Elle la remplit d'eau, la posa sur son socle et l'alluma. Elle posa ses coudes sur le plan de travail, la tête dans les mains en attendant que la magie de l'électricité opère.
« C'est tout ?! » Demanda l'homme derrière elle, la faisant sursauter. Elle le fixa quelques instants, se demandant ce qu'il voulait. Elle le vit poser les feuilles qu'il avait à la main, retirer ses lunettes avant de s'appuyer sur le dossier de sa chaise. Elle le regarda un instant puis, d'un pas assuré, elle s'approcha de lui. Il s'était tourné vers elle, ses jambes sortant de sous la table. Elle prit son visage entre ses mains et appuya ses lèvres sur les siennes. Elle le sentit sourire contre sa bouche et se consentit à lui donner un vrai baiser. Doux et sensuel. Il passa son bras autour de sa taille et la guida jusqu'à sa cuisse gauche. Elle s'y assit avec précaution, sans jamais détacher leurs lèvres. Enlaçant ses bras autour de sa nuque, elle soupira d'aise. C'était le genre de réveil qu'elle appréciait tout particulièrement.
Pshiiiit
À ce son, ils tressaillirent. Rompant leur étreinte. La jeune femme posa les pieds au sol, s'apprêtant à se lever. « J'attends mon café, Femme ! » Railla-t-il en lui claquant les fesses.
« J'attends mon orgasme, Homme ! » Répliqua-t-elle en se dirigeant vers le coin cuisine. Son collègue resta pantois quelques instants avant d'éclater de rire. Elle revint rapidement avec deux tasses et reprit sa position initiale. Il l'enveloppa à nouveau de ses bras, déposant quelques baisers dans son cou. Remontant doucement le long de sa mâchoire avant de gouter à ses lèvres aux notes d'agrumes. Au bout de quelques instants, ils finirent par se détacher légèrement l'un de l'autre. La directrice saisit la feuille posée sur la table et la parcourut. Rencontrant son regard, elle lui demanda d'une voix douce : « Vous avez le trac ? »
« Pfff ! » Nia-t-il, en lui prenant le papier des mains. Il ouvrit le trieur qu'il avait devant lui. « Je me demandais juste quel cas illustrerait le mieux mon speech. » Il lui tendit plusieurs feuilles. « Comme vous le savez, je dois parler des parasites. Alors, je me demandais, ce gosse s'est retrouvé des vers plein les mirettes en avalant son bac à sable. Le fait qu'il soit autiste le place en tête de liste... »
« Quoi de mieux que de parler de son alter ego... » Railla la directrice.
Il sourit à sa réplique, mais continua : « A moins que je ne choisisse, ce père et son fils séropositif qui avaient des kystes parasitaires suite à une partie de chasse... »
« Alors, j'ai été un bon garçon ?! » Demanda-t-il en rejoignant sa supérieure. Elle hocha la tête en signe d'approbation. « J'ai droit à une récompense ?! » Il approcha son visage de celui de la jolie brune qui recula aussitôt.
« Pas en public, House. » Gronda-t-elle, regardant un peu affolée tout autour d'elle. Espérant que personne n'ait surpris cet élan.
« Vous n'êtes pas drôle. » Bouda-t-il. Avant de relever la tête, malicieux. « Alors, j'ai droit à mon cadeau ? »
Elle soupira. « Vous voulez quoi ? » Une légère grimace. Elle savait que ce genre de question pouvait entrainer des réponses plus loufoques les unes que les autres.
« Qu'on fasse l'école buissonnière cet après-midi. » Répondit-il en se dandinant, visiblement très excité par cette perspective.
Elle réfléchit quelques instants. Sa demande n'était pas si grotesque que ça. Il avait fait un discours intéressant et pas trop vulgaire, elle devait en convenir. Il avait tenu presque une heure, ce qui relevait en soi du miracle. Et puis, l'idée même d'écouter ces vieillards se féliciter... Sa décision était prise. « Ok... »
Remontant l'allée de l'amphithéâtre à présent désert, ils furent stoppés dans leur course par le Dr Rozana. « Dr House, vous avez été formidable ! » S'enthousiasma celui qui venait de les intercepter. « Votre exposé de cas était si... » Il agita les bras devant lui, ne trouvant les mots justes. « Vous avez réussi à rendre cela tellement vivant ! » Il lui saisit la main, la serrant fortement entre les deux siennes. « Bravo, vraiment, je vous félicite. » La directrice et son employé échangèrent un regard, ne sachant que répondre devant son engouement. « Vous venez manger avec nous ? » Leur demanda-t-il pour la forme, les guidant d'ores et déjà vers le banquet.
Trois heures plus tard, rassasiés, ils étaient enfin libres de leurs mouvements. Ils ne se firent pas prier pour s'échapper du hall, de peur d'être embrigadés pour le discours de clôture. Mais le Dr Rosana, les rattrapa, une fois encore. C'était la fois de trop. House se tourna vers son homologue britannique, décidé. « Excusez-nous, ma femme est en pleine ovulation... » Dit-il en caressant affectueusement le ventre de la doyenne. L'anglais, surpris, acquiesça de la tête.
« Non mais ça ne va pas la tête ?! » S'énerva-t-elle dès qu'ils furent éloignés. Voyant qu'il ne réagissait pas, elle surenchérit. « Vous imaginez si cette nouvelle traverse l'Atlantique, je vais avoir l'air de quoi, moi ?! »
« Ne vous inquiétez pas pour votre réputation.» Marmonna-t-il entre ses dents.
Elle s'arrêta net, se plaçant devant lui pour l'obliger à en faire autant. « Ça veut dire quoi, ça? »
« Ça veut dire que vous n'avez pas à vous inquiéter, car personne n'y croira. Jamais. » Il avait dit cela en la regardant dans les yeux. Elle crut y voir une pointe de tristesse, elle n'en était pas sûre. Le moment avait été si furtif. Déjà il recommençait à marcher. « On peut y aller, maintenant. »
Le saisissant par le bras, elle l'arrêta de nouveau. Elle se hissa sur la pointe des pieds et caressa sa bouche du bout des lèvres. S'écartant, elle vit une esquisse de sourire sur son visage. « Maintenant, on peut y aller. »
Le trajet en métro fut court. Déjà, ils arrivaient à Hyde Park. Le soleil avait fait réapparition, rendant les températures bien plus acceptables. Donnant un petit air de dimanche au parc royal. Ils ne marchèrent pas longtemps, s'asseyant sur un banc dès qu'ils en eurent l'occasion. La jeune femme glissa sa tête sur l'épaule virile à ses côtés. Au son des joueurs de guitares et percussionnistes, elle se laissa aller à rêvasser. De tout et de rien. De douceur et d'amour. De bonheur intemporel, peut-être éternel. Puis un tricycle passa dans son champ de vision. Une petite tête blonde qui pédalait aussi vite qu'elle le pouvait, laissant sa Maman essoufflée et énervée loin derrière. Elle eut alors un sourire triste. Comprenant que ce bonheur ne serait certainement jamais le sien. Elle passa une main sur son ventre obstinément plat puis soupira.
Au fur et à mesure que l'après-midi avançait, il avait senti l'humeur de sa compagne décliner. Il avait senti son regard se fixer sur les enfants présents. Il avait senti une légère humidité transpercer sa veste de costume, il en était certain. Cependant, il n'avait pas bougé d'un iota. Il ne savait ni quoi faire ni quoi dire. Il aurait aimé être le genre d'homme à lui promettre grand amour et progéniture à gogo. Mais ce n'était pas son genre. Il n'en était même pas encore au stade de se demander si, éventuellement, il ferait un bon père. Il y avait déjà pensé, par le passé. Deux fois, pour être précis. Au début, lorsqu'il était en couple avec Stacy. La question avait vite été réglée, son ancienne compagne ne voulait pas devenir mère. Puis quand Cuddy avait fait ses FIV. Elle n'avait pas eu le courage de venir le lui demander, il n'avait pas eu le courage d'être honnête avec lui-même. Ne sachant quoi faire d'autre, il caressait sa chevelure. Ce faisant, il vit l'heure. 17 h 30. Il l'aida à se redresser et, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, ils étaient debout.
« Comment arrivent-ils à être aussi synchro' ? » S'interrogea la directrice, admirative devant le ballet curieux de la garde royale.
« Ce sont des heures d'entrainement pour en arriver là. » Répondit sérieusement son compagnon, avant de pouffer de rire. « Passez-moi l'appareil, s'il vous plait. »
« Mais qu'est ce qu'il fait ?! » L'un des gardes revenait sur ses pas et s'approchait d'un de ses collègues.
« Il avait oublié le petit camarade. » Gloussa-t-il en essayant de limiter les sursauts de ses bras. Il était en train de tourner une vidéo, il ne pouvait pas rentrer au pays sans montrer ce chef-d'œuvre à son compère de toujours.
Cinq minutes de rigolade plus tard, ils étaient assis face à Buckingham. Le coude sur les genoux, la tête dans la paume de la main, ils observaient la demeure royale. « J'aurais cru cela plus... » commença la jeune femme.
« Somptueux ? »
Elle tourna la tête vers son compagnon. « Oui, somptueux. Plus... »
« Royal ? »
« Peut-être, oui. C'est quand même bien tristounet comme demeure. » Dit-elle en faisant la moue.
« Un bloc de béton armé. » Ajouta-t-il. « Heureusement qu'il y... »
« St James' Park. Quelle merveille ! » Souffla-t-elle.
Il se tourna de nouveau vers elle. « Non mais c'est pas bientôt fini ?! » Demanda-t-il en feignant la colère.
« De quoi ? » Elle semblait descendre de son petit nuage.
« De finir mes phrases ! » Les poings sur les hanches, il l'imitait.
« Non mais je crois rêver ! C'est vous qui avez commencé ! » Répliqua-t-elle en lui donnant un coup de coude.
« Ah non, c'est vous ! » Rétorqua-t-il en l'enlaçant.
« Non, c'est... » Il la fit basculer dans ses bras, l'embrassant avec tendresse. Lui faisant perdre le fil de ses pensées.
« Vous ? » S'amusa-t-il, en gardant son visage au dessus du sien.
« Vous... embrassez comme un Dieu. » Lui dit-elle avec le sourire. Avant d'étirer le cou pour rejoindre ses lèvres.
« J'ai toujours eu beaucoup de respect pour cet homme... »
« House... »
« Non, il n'y a pas à dire, c'était un visionnaire. »
« House ! » Menaça-t-elle, un peu plus fort.
« Quoi ? Si Jimmy avait suivi ses conseils... »
« House ! Ce type décapitait ses femmes. Croyez-vous vraiment que ce soit un modèle à suivre ? » Lui demanda-t-elle, tout à fait sérieuse.
« C'est vrai que pour les avocats spécialisés dans le divorce, ce serait une grosse perte d'argent... Par ces temps de crise... » Il reçut un coup dans les côtes, avant de laisser échapper un petit rire et de se lever pour la suivre.
Ils marchèrent jusqu'à Tower Bridge. Le soleil commençait à descendre sur la Tamise, donnant un aspect rosé à la ville. Après quelques photos de la Tour de Londres et de la ville, en général, ils se rendirent sur l'autre rive et reprirent leur promenade. Bras dessus bras dessous, ils avançaient en silence, doucement. Profitant de cette dernière journée. Sachant que le lendemain, à la même heure, ils seraient dans l'avion qui les ramènerait aux États-Unis. Tout prenait une saveur nouvelle. Ils regardaient avec tendresse ces businessmen et women qui avaient troqué leurs chaussures élégantes contre des baskets. Ils observaient avec amusement toutes les classes de la société Britannique qui se retrouvaient dans les pubs. Ils regardaient avec nostalgie les bus rouges passer au loin, de l'autre côté de la Tamise.
Arrivés devant le Tate Modern, ils se décidèrent à entrer. Ils ne trouvèrent que peu d'intérêt à cette galerie d'art moderne. Ils s'apprêtaient à ressortir quand la jeune femme vit qu'il y avait un café dans les étages supérieurs. Elle y entraina son acolyte. De là, ils avaient une vue imprenable sur le Millenium Bridge. Éclairé, grouillant de monde. Derrière, ils pouvaient distinguer la cathédrale St Paul. Le diagnosticien se colla à la vitre, afin d'avoir le moins de reflets possible et pris de nombreuses photos.
La jeune femme était restée attablée. Elle ne pouvait plus quitter l'endroit des yeux, hypnotisée. Elle perçut du mouvement à ses côtés et sut que son compagnon était revenu. Elle soupira. « Quel endroit merveilleux pour se marier. »
Le diagnosticien échappa un léger rire. « Je ne suis pas sûr que Diana soit de votre avis. » Il vit le regard interrogatif de sa compagne. « On ne peut pas vraiment dire que ça lui ait porté chance. » S'expliqua-t-il.
Elle lui sourit. « Je ne l'avais pas vu comme ça... » Avoua-t-elle en le suivant vers la sortie.
