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Je ne sais pas si c'est réparé. J'essaierai de trouver une solution si ce n'est pas le cas, afin que vous, qui aimez cette fic, puissent être prévenu-e-s de l'ajout d'un nouveau chapitre.
Désolée pour la gêne occasionnée !
Neige en Wallachie
Traduction de The Snow in Wallachia par YamatosSenpai
s/11636420/10
Partie X : Rien qu'un Brin d'Herbe
« On n'aime, en définitive, que ses penchants, et non pas ce vers quoi l'on penche. »
Friedrich Nietzsche, Par-delà le bien et le mal
Ginjo sourit, invitant la femelle vampire, Jackie, à revenir à son côté. Elle referma la bouche, ses lèvres charnues se joignant à peine par-dessus ses crocs. Ginjo plaqua sa main contre sa joue, la forçant à tourner le menton jusqu'à ce qu'elle ne regardât plus que lui. « C'est dangereux, reste loin de lui. »
« O-Oui, Monsieur », murmura Jackie, hochant la tête avec peine sous la fermeté de la poigne de Ginjo.
« Vous voilà, avez-vous dit ? », dit Ginjo à voix haute, pivotant sur ses talons théâtralement. « Et qui voilà, exactement ? »
« Ne joue pas ce jeu avec moi », énonça la voix d'Aizen, dégoulinante, par la bouche de Coyote ; le corps duquel se convulsa, sa plaie béante à l'abdomen guérissant à vue d'œil. « Tu m'as invoqué. Tu as mon attention, pour l'instant ; cependant je te mets en garde, ne me fais pas perdre mon temps... »
« Vous avez tué trois membres de mon clan », déclara Ginjo en pointant une griffe accusatrice. « Cela demande une certaine expertise. »
« Pas vraiment ». Il y avait quelque chose de contre nature dans la façon dont la bouche de Coyote se mouvait, comme si sa peau fondait en se détachant des os. La voix d'Aizen suintait de la mâchoire mise à nu d'une manière terrifiante et Ginjo dut retenir un frisson. « Ce fut relativement simple. »
« Vous êtes arrogant, j'aime ça... », répliqua Ginjo, rêveur. « Ça rend les choses plus intéressantes... »
« Je ne suis pas ici pour ton amusement, Kugo Ginjo », dit Aizen fermement. « Je suis ici parce que ta petite chienne là-bas a fait un trou dans mon serviteur favori.
« Fort bien... » Et dans la brève seconde que prit le regard de Ginjo à s'aventurer là où se tenait Jackie, Aizen avait mis à terre deux des vampires les plus proches. « Quoi ? »
Les poings de Coyote atterrissaient déjà sur l'une et l'autre créature, traversant leurs cages thoraciques. Les mains autour de leurs cœurs, il tira sans hésitation. Il mangea les organes noircis, le sang fétide qui maculait ses lèvres dégoulinant des coins de sa bouche. Or en moins de quatre ou cinq secondes, il reprenait déjà son attaque, défonçant leurs gorges de ses mains et leur tranchant la tête.
Coyote se tenait debout entre les cadavres décapités, dont les visages, encore distordus par le choc et l'agonie, tournoyaient sur le sol de pierre. Le sang pissait copieusement des corps, c'était presque comme si une pluie de sang tombait du ciel. La langue de Coyote se pointa de sa bouche et se pourlécha du sang éclaboussé sur ses lèvres. Aizen reprit la parole, essuyant une larme de sang qui suintait de l'œil de Coyote : « Tic, tac... » Il sourit, obligeant les lèvres de Coyote à s'élargir en un sourire macabre. « Peut-être que tu seras le prochain que je tuerai… »
« Vous avez l'air d'être un type raisonnable », poursuivit Ginjo rapidement. « Peut-être que nous pouvons arriver à une sorte d'arrangement ? »
« Quelle sorte d'arrangement ? », demanda Aizen posément.
« Cent âmes humaines... », souffla Ginjo anxieusement.
« Continue... », intima Aizen, suivant de ses doigts la fêlure apparue au bras gauche de Coyote. Il ne pouvait pas rester beaucoup plus longtemps dans son corps, celui-ci se dégradait rapidement.
« En échange, tout ce que vous avez à faire est de tuer un seul petit vampire... », termina Ginjo, le sourire aux lèvres, réjoui par avance.
« Tu veux tuer ton créateur », réalisa Aizen, hochant lentement la tête de Coyote. Aizen jeta un œil incrédule à Ginjo. « Pourquoi ? »
« Mes raisons ne regardent que moi », répliqua Ginjo.
« Une centaine d'âmes humaines rien que pour tuer un seul vampire ? » Aizen secoua la tête de Coyote. « Tu es plus faible que je ne le pensais, et je ne pensais déjà pas grand-chose de toi. »
« Un vampire ne peut pas tuer son créateur », siffla Ginjo. « Si je devais donner le coup de grâce… je serais maudit pour des millénaires. »
« Très certainement », commença Aizen, provocateur, « tu ne prêtes pas foi à un mensonge aussi évident. »
« Ce n'est pas un mensonge », dit l'homme grand et élancé. « Les conséquences sont trop horribles pour les nommer. »
« Votre crainte me dégoûte », murmura Aizen. « Lorsque les lois de Dieu sont trop dures à respecter, vous tuez tout simplement Dieu. »
« Je veux que vous tuiez ce Dieu », insista Ginjo, recentrant la discussion.
« Plus vite », recommanda Aizen d'un signe de la main droite déformée de Coyote. Les jambes de Coyote cédèrent sous lui et il ne resta debout que par volonté pure. « Le temps presse, dis-moi qui. Finissons-en avec les termes de ce marché. »
« Je veux que vous tuiez Byakuya Kuchiki », expliqua Ginjo. « Et je vous paierai avec 100 âmes humaines pour le faire. »
« Marché concl-l », balbutia Aizen, du sang jaillissant de la bouche de Coyote. La vision dans l'œil droit de Coyote s'arrêta soudainement et une humeur chaude suinta de l'orbite. Je n'ai plus le temps, pensa Aizen en sentant sa conscience lui échapper.
« Je vous aurai vos 100 jours, Aizen », dit Ginjo rapidement, accourant vers Aizen. « On s'occupera de tout avant votre retour... »
Coyote leva sa main droite, ses doigts se portant à sa gorge. Il grogna, crachota ; la souffrance était atroce et bien plus qu'insupportable. Il avait l'impression que son corps entier était en feu, ou bien qu'il était écartelé, les membres tirés dans quatre directions différentes. Le visage de Ginjo qui approchait n'était qu'un brouillard flou dans le regard de son œil restant, il essaya de bouger, essaya de se soustraire à son approche, mais tout devint noir à nouveau.
Coyote se redressa par à-coups, comme un cadavre raidi souffrant de sévères boursouflures. Il jeta un œil hésitant autour de la pièce sombre avant d'essayer de se lever. Il avait les jambes faibles et se serait écroulé sans le soutien du lit sur lequel il s'appuya. « Où est cette sacrée bon dieu d'urne ? »
Coyote secoua la tête, luttant contre une sensation accablante d'étourdissement. « Vous devriez vous reposer. »
Coyote dirigea son regard sur l'homme grand et élancé assis dans le coin de la pièce, étonné qu'il ait pu rester inaperçu, là, pendant si longtemps. « Qui êtes-vous ? »
« Shûkurô Tsukishima », se présenta simplement l'homme.
« Bon, alors, Mr Tsukishima », marmonna Coyote, « où est l'urne que je portais quand je suis arrivé ? »
« Vous devriez vous reposer », répéta Tsukishima.
« Je ne vais pas me reposer », gronda Coyote. « Rendez-moi ma putain d'urne que je puisse quitter ce putain d'endroit... »
« L'urne est avec Maître Ginjo », expliqua Tsukishima, surveillant Coyote avec un intérêt critique.
« Je ne pense pas que vous compreniez la situation dans laquelle vous êtes », dit Coyote en se redressant avec une grimace. « Mon Maître aura un corps très bientôt. Une fois qu'il aura un corps, il tuera tous et chacun d'entre vous... »
« Peut-être », reconnût Tsukishima.
« Il est très protecteur vis-à-vis de moi, alors ne soyez pas surpris s'il vous fait à tous des trous partout... », continua Coyote tout en se rapprochant lentement de la porte.
« Je ne pense pas qu'il le fera. » Tsukishima se contenta de secouer la tête.
« Vous ne le connaissez pas », aboya Coyote, en soutenant son abdomen endolori. « Vous n'avez aucune idée de... »
« Ce genre de personne est incapable de protection parce que la protection trouve son origine dans l'amour ou l'admiration », expliqua Tsukishima, clignant des yeux de ses paupières tombantes. « Et cette créature est incapable d'amour. »
« Très bien, alors il est très possessif... », rectifia Coyote en prenant une profonde et douloureuse inspiration.
« Vous êtes un mal aimé, Coyote Stark », prononça Tsukishima d'une voix douce bien que ses mots fussent comme des épées. « Ce n'est pas votre faute. »
« J'exige que vous vous taisiez », chuchota Coyote, ses yeux bleus dardés sur Tsukishima. « D'accord ? »
« Ne vous laissez pas aller au désabusement », continua Tsukishima. « Le sentiment est réciproque, après tout. »
« De quoi êtes-vous en train de parler ? », exigea de savoir Coyote, se tournant complètement pour faire face à Tsukishima.
« Vos pensées... », expliqua Tsukishima en faisant un signe vers sa tempe, « saignent de votre tête. »
« Génial », dit Coyote sèchement. « Ignorez-les tout simplement, elles ne s'adressent pas à vous de toute façon. »
« Je vous demande pardon », murmura Tsukishima. « Mais vos pensées sont si pleines de souffrance. Il y a tant de tristesse, de nostalgie et de désespoir... » Tsukishima s'avança au bord de son fauteuil, ses longues jambes se déplaçant délicatement. « … que je ne désire plus qu'être près de vous. Je désire absorber chaque pensée… chaque once de votre douleur... »
Coyote regarda Tsukishima pendant un long moment avant de répondre. « Je ne laisserai pas Aizen vous tuer. Je veux vous tuer moi-même. »
« Vous contrôlez si peu... », murmura Tsukishima avec détachement, comme si les remarques qu'il faisait sur Coyote venaient de très loin.
« Mes pensées sont les miennes uniquement », insista Coyote, saisissant d'une poigne ferme le bras de Tsukishima et l'arrachant de son siège. Il cogna Tsukishima, le poussant avec force jusque dans le couloir. « Ne vous avisez pas de... », menaça Coyote en levant sa main maudite de façon significative. « Contentez-vous de rester hors de ma tête ! »
Tsukishima attrapa la main de Coyote, la peau du vampire, si froide, presque douloureuse au contact. Tsukishima ne sourit pas ni ne se moqua ni n'exerça sa force d'aucune façon à ses dépens. Il resta debout, silencieux, en tenant la main hâlée et griffue de Coyote dans la sienne. « Ce n'est pas votre faute. »
« Qu'est-ce qui ne l'est pas ? », demanda Coyote, sa voix grimpant en volume.
« Rien ne l'est », dit Tsukishima. Bien que gentils, les mots blessèrent Coyote. Il se plia en deux, la main retenue au-dessus de sa tête par la poigne de Tsukishima. Coyote lutta pour retrouver son souffle avant de pouvoir se redresser de nouveau.
« S'il vous plaît, laissez-moi seul », dit Coyote sans ardeur, retirant sa main de l'étreinte de Tsukishima. « Je ne sais pas ce que vous attendez de moi... »
« Votre tâche est de guérir », répondit Tsukishima. « Nous nous occupons de tout. Nous préparons les 100 âmes pour Aizen. »
« 100 âmes ? » Les yeux de Coyote s'écarquillèrent sous le choc. « Qu'avez-vous fait ? »
« Cela faisait partie de notre arrangement. »
« Avez-vous une idée de ce que vous avez fait ? 100 âmes ? Ça veut dire qu'il peut se balader librement pendant 100 jours ! »
« Oui, nous savons. »
« Pourquoi diable quelqu'un voudrait ça ? », geignit Coyote. « Vous avez commis une terrible erreur. »
« Peut-être, mais ce n'était pas ma décision. »
« Celle de qui alors ? Celle de Ginjo ? », demanda Coyote en agitant la tête.
« À l'évidence », répondit Tsukishima.
« Si vous pensez que mon Maître vous apportera son aide, vous êtes cinglé. Et si vous pensez que l'ennui ne le gagnera pas, et que mon Maître ne décidera pas de se distraire avec votre coven tout entier, alors vous êtes cinglé et stupide... » Coyote poussa un lourd soupir. « Vous m'avez vraiment bien démoli tout à l'heure. Mais vous finirez probablement par mourir d'une manière horrible, alors je ne suis pas trop fâché.
« Vous devriez vous reposer », répéta Tsukishima en revenant dans la chambre pour reprendre sa place dans son fauteuil.
« Est-ce que vous êtes mon gardien ou quoi ? », demanda Coyote. « Je suis prisonnier à présent ? »
« La situation est hors de votre contrôle », dit Tsukishima laconiquement. « Il n'y a pas de raison de vous en inquiéter plus longtemps. »
« Vous devriez manger... », insista Amar en plaçant le plateau sur la table à côté du lit de Coyote.
« Je ne veux pas », protesta Coyote en faisant la moue, croisant les bras sur la poitrine et détournant le nez.
« Vous devez entretenir vos forces », insista Haziq, un sourire mutin s'élargissant sur son visage tanné.
« Débarrassez-moi de ce gars », demanda Coyote en désignant du menton Tsukishima. « Et je mangerai tout ce que vous placerez devant moi... »
« Ah, de grâce », murmura Amar, baissant les yeux de honte, « Maître Tsukishima est... »
« J'ai compris, j'ai compris », gémit Coyote en se prenant la tête dans les mains.
« Ne vous angoissez pas autant, s'il vous plaît », supplia Haziq, ses douces petites mains caressant la joue de Coyote. « Vous êtes notre invité d'honneur. »
« Je ne crois pas que vous compreniez le sens de cette phrase », grogna Coyote en secouant la tête. Il porta un regard critique sur Tsukishima avant de parler en malais. « Je vous aime bien. Je ne veux pas que vous mourriez d'une façon atroce, aucun de vous deux », insista Coyote, son regard passant de Haziq à Amar. « Il faut que je parte. J'ai besoin de votre aide. »
« Non », dit Amar fermement.
Haziq hésita, les paupières baissées. Il ouvrit la bouche pour répondre, puis secoua simplement la tête. Il s'agita avec nervosité, incapable de croiser le regard de Coyote. « J'ai vu l'avenir »
« Haziq, non », rugit Amar.
« Quel avenir ? », interrogea Coyote.
« Vous devriez rester ici », répondit Haziq simplement.
« Non, je ne veux pas. »
« Vous devez », insista Haziq.
« Je ne veux pas », aboya Coyote. « Je ne suis pas dans l'obligation de vous aider. Je ne vous dois rien, à vous les vampires ! »
« Il y a une guerre », dit soudain Amar. « Elle va arriver à notre coven. »
« Cela n'a rien à voir avec moi. »
« Je l'ai vu ! Je vous ai vu mourir ! », laissa échapper Haziq. « Les gens qui lutteront contre nous seront ceux qui se tiendront au-dessus de votre cadavre. »
« Je ne peux pas mourir », marmonna Coyote. « Même lorsque je le veux. »
« Toute chose et tout être meurt », chuchota Amar. « À l'exception du Créateur. »
« Tout ça n'a rien à voir avec moi », répéta Coyote, en secouant la tête dans son déni. « Et je ne me sens pas particulièrement charitable. »
« Votre esprit s'emballe », observa ouvertement Tsukishima, inspectant le beau visage de Coyote. « Ce qu'ils vous disent vous inquiète. »
« Je ne suis pas inquiet », mentit Coyote. « J'ai juste un visage à l'expression renfrognée. »
« Que disent-il ? », pressa Tsukishima, l'attention concentrée exclusivement sur Coyote.
« J'ai rencontré beaucoup de gens dans ma vie. Et tous pensaient qu'ils étaient d'une manière ou d'une autre différents des autres. Ce que moi je vois, ce que moi je sais, c'est que les humains, les vampires, les changeants, les maîtres, tout le monde veut se sentir important. Et aucun de nous ne l'est vraiment. »
« Vous ne pensez pas que vous êtes un élément d'un tableau plus grand », demanda Tsukishima.
« Je pense que je suis un brin d'herbe », répliqua Coyote. « Il y en a un nombre infini juste comme moi. Et quand je mourrai, personne ne remarquera que je ne suis plus là, ni vous non plus d'ailleurs... »
« Vous êtes un individu bien sombre, Coyote Stark », nota Tsukishima.
« C'est temporaire également »
« Bonsoir, Vicomte Stark ! », salua Ginjo joyeusement alors qu'il franchissait le seuil de la pièce. « Avez-vous assez chaud ici ? Besoin d'une autre couverture ? »
« Il fait toujours la grève de la faim », annonça Tsukishima en abaissant sa coupe. Tenant la coupe entre ses cuisses, il s'agita dans son fauteuil, lançant un regard irrité à Ginjo.
« Cela fait une semaine, Mr Stark », soupira Ginjo, claquant de la langue avec désapprobation. « Vous ne faites du mal qu'à vous-même. »
« C'est une question de principes... », expliqua Coyote, se retenant de justesse de rouler des yeux à sa ressemblance momentanée avec Jûshirô Ukitake. « Je ne mangerai ni ne boirai dans la demeure de mon ennemi. »
« Stoïque », dit Ginjo simplement, haussant ses larges épaules « Mais tout compte fait sans valeur ».
« Nous verrons », rétorqua Coyote, ses yeux bleus étincelant dans l'obscurité de la pièce.
« À quoi êtes-vous en train de penser ? », se demanda Ginjo à voix haute.
« Vous ne pouvez pas le dire ? », avança Coyote, un sourire se frayant un chemin sur son visage.
« Tsukishima avait raison », se réjouit Ginjo. « Vous êtes fascinant. »
« Au fait », commença Coyote, « les jumeaux ne sont pas venus ici depuis des jours... »
« Et vous vous sentez seul, Coyote ? », taquina Ginjo, riant de plus belle.
« Je préférerais les regarder eux, plutôt que vous, voilà tout », répliqua aussi sec Coyote.
« Ils sont un atout militaire important », expliqua Ginjo. « Que vous le croyez ou non. »
« Ah bon ? », murmura Coyote pour lui-même.
« Si vous vous sentez trop seul », héla Ginjo par-dessus son épaule alors qu'il franchissait en sens inverse le seuil de la porte, « Tsukishima fera l'affaire, à la rigueur. »
« Je ne suis pas si désespéré », gémit Coyote en avisant Tsukishima d'un œil rebuté.
« Il plaisante », jeta Tsukishima, la mâchoire serrée. Coyote regarda Tsukishima, le regarda vraiment, et soudain il ressentit un peu de pitié pour lui. L'homme élancé était assis au même endroit depuis des jours, sans bouger, assurant patiemment la garde de Coyote.
« Comment vous avez écopé du poste de gardien de toute façon? », demanda Coyote avec curiosité.
« Tout les autres étaient effrayés », dit Tsukishima simplement.
« Quoi ? De moi ? », questionna Coyote, incrédule.
« Vous avez tué cinq membres du Coven », expliqua Tsukishima. « C'est un sérieux crime. Sans parler, d'impossible. »
« Je ne les ai pas tués. Et vous le savez », souffla Coyote.
« Et vous savez que vous êtes encore dangereux. »
« Je vous ai prévenu. »
« Je ne prends pas les décisions. Je m'y conforme simplement. »
« C'est un moyen efficace pour finir mort », insista Coyote.
« Peut-être », concéda Tsukishima d'un bref hochement du menton.
« Ça y est, j'suis à bout... », dit Coyote avec un gémissement exaspéré. « C'est quoi votre histoire ? »
Tsukishima fixa Coyote des yeux, curieusement, pendant un long moment avant de parler. « Si vous êtes un brin d'herbe, alors je suis une gouttelette d'eau. Ma vie est un cycle infini. »
« Un cycle de quoi ? »
« De mort », murmura Tsukishima.
« D'où venez-vous ? », continua Coyote en s'adossant contre le mur de pierre rugueux, les jambes repliées sous lui dans le lit.
« Je suis de... » Et Tsukishima s'arrêta pendant un long moment empli de nostalgie. « … d'une vallée... » Tsukishima regarda dans sa coupe avec intensité. « … située entre deux petites chaînes de montagnes. Il y faisait chaud, l'eau était froide et transparente... »
« Ça avait l'air bien. »
« C'était le plus bel endroit de la Terre », déclara Tsukishima d'un ton neutre. Puis sa mine s'assombrit, son expression dure comme la pierre resurgissant. « Cet endroit n'existe plus désormais. »
« Ma maison était comme ça », murmura Coyote. « Elle est encore là, mais elle n'existe plus pour moi. »
« On ne sait jamais », dit Tsukishima, apportant un réconfort très peu usuel chez lui. « Peut-être que vous la reverrez un jour. »
« Probablement en tant que dernière image avant ma mort... », pensa Coyote avec amertume.
« Peut-être reviendrez-vous comme un brin d'herbe », dit Tsukishima. « Vous pourriez passer toute votre prochaine vie dans la vallée de Nevers. »
« La ferme ! », aboya Coyote, se remettant dans les draps avec brusquerie. Il ferma étroitement les yeux, se frottant les tempes dans son trouble. « Pourquoi donc est-ce que je m'embête avec vous ? »
Partie X : fin
