I've got you under my skin - Frank Sinatra

POV Edward

La séance de tatouage et le show d'hier m'avaient exténué. Je me réveille après trois heures de sieste. Je suis en forme et je pense à Bella. Cette fille a décidé de rester dans ma tête et j'avoue que j'en ai marre d'y penser sans l'approcher. Je réfléchis à la meilleure manière d'aller la chercher après le travail. Je conclus dépité qu'il n'y en a pas. Elle va me prendre pour un dément si je lui colle aux basques constamment. Je dois m'armer de patience et de calme et je connais un moyen imparable pour me changer les idées, boxer.
Je prends mes affaires et je suis déjà en route.

Arrivé au club, Jacob vient me saluer tout sourire. J'adore Jacob, c'est un ami, mais sa façon d'affirmer sa virilité toutes les cinq minutes est selon moi déplacée et même un peu archaïque. Franchement, il n'y a aucune raison de frapper si fort dans ma main quand on se dit bonjour. Je sais qu'il est puissant et baraqué, ça se voit assez, pas besoin de le préciser plus. Non, Jacob n'est pas subtil mais c'est pour ça qu'on l'aime… ou qu'on ne l'aime pas. Angela et Alec ont du mal avec lui et son arrogance. Pour ma part je ne me formalise pas. D'après moi, son côté dur cache une personnalité fiable et loyale.

- Super concert hier soir, t'as assuré comme une bête !

Voilà le genre de réflexion que je n'aime pas trop, mais je fais l'impasse.

- Merci ! Toi aussi tu as été très bon.

- Je suis un putain de bon bassiste !

Encore une fois, sa réflexion est inopportune. Je sais qu'il est très bon, inutile de s'en vanter.

- T'es pas venu avec ta copine aujourd'hui ?

Bella n'est pas exactement ma copine et j'espère même qu'elle ne le sera pas. Vu ce que je ressens pour elle, l'amitié n'est pas envisageable.

- Non pas aujourd'hui.

Je ne m'étends pas.

- Dis-moi, tu l'aimes bien la petite non ?

Qu'est-ce qu'ils ont donc tous à l'appeler la petite ?!
Je sais qu'il parle de Bella mais je fais l'air de rien.

- Qui donc ?

- Tu sais la brune avec son petit short. Ta copine ! Comment elle s'appelle déjà ?

Là j'avoue, il m'agace un peu. Il la drague ouvertement et il ne sait même plus son prénom, ridicule.

- Elle s'appelle Bella et oui je l'aime bien.

- Je t'avais jamais vu faire ce show au milieu du public.

- Parce que je ne l'avais jamais fait.

Elle dansait trop bien. Elle laissait entrevoir quelque chose que je ne connaissais pas d'elle. C'était sauvage et enivrant. Je n'ai pas pu m'empêcher de partager ça avec elle. Je me suis aperçu, encore, que nous allions bien ensemble jusque dans la danse.

- Alors, elle te plait ? Chasse gardée ?

- Il n'est pas question de chasse, les femmes ne sont pas des proies.

Et surtout pas Bella.
Je me laisse aller avec les femmes et je profite c'est un fait. Mais je les traite avec respect et sincérité. Je ne suis pas un porc.

- Ça va, je disais ça comme ça. Alors, je peux lui demander son 06 à Bella ou tu es sur le coup ?

- Demande-lui ce que tu veux, dis-je en gagnant les vestiaires pour me changer.

Son manque de tact me les brise. Bella est libre, hors de question que je l'entrave même sans qu'elle le sache. Si elle préfère Jacob, tant mieux pour eux et tant pis si je dérouille.

Dix minutes plus tard je suis devant le sac de frappe. Pas d'échauffement aujourd'hui, la discussion avec Jacob m'a énervé.

Quand je fais une petite pause, à bout de souffle et les bras douloureux, j'aperçois Rose sur le ring. Elle fait un combat contre Jacob. Peu de filles fréquentent le club et aucune ne veut l'affronter, trop féroce. Jacob n'est pas vraiment en difficulté mais tout de même, il n'en mène pas large.

Je regarde plus avant et je distingue une silhouette près du ring. Je la reconnais sans l'ombre d'une hésitation. Je m'avance vers elle, je ne peux pas faire autrement. Je suis en sueur mais peu importe, je ne peux simplement pas rester là sans bouger.

- Salut B. E. 2 L. A.

J'aime lui donner un surnom. Je trouve que ça crée une proximité et je veux définitivement être proche d'elle. « Bébé » n'a pas fonctionné, pas assez fin sans doute ou trop intime. Je ne sais pas, je n'ai jamais appelé aucune femme comme ça.

Elle se tourne brusquement et ses yeux s'agrandissent sous la surprise, mais pas longtemps. Elle reprend contenance en un battement de cil. Mon corps se réchauffe et mon sourire revient. A l'inverse elle se crispe.

- Salut, dit-elle en se retournant vers le ring.

- Elle est forte n'est-ce pas ?

Je parle bien sûr de Rose.

- Elle a l'air.

D'un pas nonchalant, elle part vers les vestiaires, sans un mot, sans un regard. Je reste quelques secondes comme un con à la regarder puis je retourne à mon sac.

Il y a du monde ce soir et tous les postes sont pris. Bella sort et ne sait pas très bien où aller. Quand son regard arrive à ma hauteur je lui fais un signe pour qu'elle approche. Elle hésite mais vient tout de même.

- On peut partager si tu veux.

Elle n'a pas l'air ravi. Nous avons établi une proximité hier soir en discutant, certes fragile, mais sa détermination à m'éviter est pesante. Elle accepte de mauvaise grâce.
Jacob étant occupé, je ne sais même pas s'il s'est aperçu de sa présence, je me charge de lui montrer quelques frappes faciles.
J'aime voir son air dur, ses yeux sévères, ses bras graciles tendus et vifs. Elle se débrouille bien. D'après ce que j'ai compris, elle a l'expérience de la rue. Un indice qui me pousse à penser qu'elle a vécu en foyer.

- Salut Bella, lance Rosalie.

Elle a l'air détendue, pas étonnant après son combat.

- Je ne savais pas que tu boxais.

- C'est très récent.

- Ça te plait ?

- Ouais beaucoup.

- Il faudra qu'on fasse un combat ensemble.

- Je ne suis pas décidée à monter sur le ring.

- Peut-être un jour ? sourit-elle.

Bella hoche la tête.

Rose est très amicale avec elle, pourtant si je me souviens bien, elle avait mal digéré la façon dont elle l'avait mise à la porte du salon.

- Edward, tu as fini non ? Tu ne veux pas nous laisser le sac ?

Elle n'est pas douce avec moi, mais j'ai l'habitude de son ton froid, je ne me vexe pas. Bella fait un petit sourire en coin. Il se passe quelque chose entre ces deux-là. J'ai l'impression qu'elles copinent.

Je leur laisse la place et rejoins les douches.
Je réfléchis. L'opportunité est trop bonne, je ne peux pas juste partir. Je vais lui proposer un repas.
Je prends mon temps pour me rhabiller.

Quand je sors, Rosalie et Bella sont en train de discuter, elles sont même en train de rire. Je suis perplexe mais je rejoins ma voiture sans me faire remarquer.

Qu'est-ce qui ferait plaisir à Bella ? Le hamburger ne semble pas très original, tout comme les sushis… Bon, on est à San Francisco mais est-elle originaire d'ici ? Aime-t-elle ses spécialités ? Tout est bio dans cette ville, mange-t-elle bio ? Je ne sais rien de cette fille mais du coup, j'ai tout à découvrir.
Je me dirige vers Fisherman's Wharf, le quartier des quais. J'y achète des spécialités salées et sucrées de notre belle ville. J'essaie de me presser mais bien sûr il y a du monde.

Je rejoins rapidement le club. Seules quelques personnes sont encore là. Je n'ai pas envie d'entrer et de croiser de nouveau Jacob et ses questions envahissantes.
J'envoie un message à Rosalie pour savoir où elle se trouve mais elle ne répond pas.
Je m'appuie contre ma voiture et j'allume une cigarette. Je n'ai plus qu'à attendre, seul avec mon optimisme ridicule.

Quinze minutes passent et au moment où je ne m'y attends plus, elle sort enfin. Elle ne m'a pas vu et emprunte le trottoir vivement.
Ses cheveux sont mouillés, elle lève la tête et se tient droite, sûre d'elle. Ses pieds avancent avec souplesse. Elle dégage beaucoup de grâce malgré son air résolu.

- Bella !

Elle s'arrête sans se retourner. Je vais prendre un vent.

- Salut.

J'ai vraiment rien trouvé de mieux à dire.
Elle me regarde enfin. Ses traits sont tirés, elle a l'air fatigué. Je me demande si j'ai eu une bonne idée finalement.

- Qu'est-ce que tu veux ?

Elle est effectivement vannée, sa voix est cassée. J'espère qu'elle a faim.

- Je me disais qu'on pourrait manger quelque chose. J'ai acheté des sandwiches.

- Edward, je suis crevée. J'ai juste envie de rentrer et dormir.

- On peut faire ça aussi si tu veux.

Je ne peux pas m'empêcher de faire ces blagues foireuses. J'aime trop voir l'expression de son visage à la fois surprise et désabusée.
Ceci dit une étincelle passe dans ses yeux et je ne sais pas bien définir sa teneur.

- Vraiment, je veux juste… dormir.

Je le vois bien. Je décide de ne pas lutter plus. Après tout, je ne peux pas insister jusqu'à épuisement. Elle ne montre aucun intérêt pour moi et là, il me faut un signe, même infime. J'ai besoin d'un petit encouragement.

- Attends.

Je récupère le sachet avec le repas et je le tends à Bella. Elle a l'air étonné.

- Tu me les donnes ?

- Oui tu les mangeras chez toi. Bonne soirée.

Je fais demi-tour pour regagner la voiture mais sa voix m'arrête.

- C'est quoi comme sandwich ?

- Crabe et crevette, et des beignets de légumes.

- T'es fort. Tu sais très bien qu'un habitant de San Francisco ne peut pas résister à ces sandwiches. Ils viennent de Fisherman's Wharf ?

- Bien sûr ! Pour qui tu me prends ?

Je fais quelques pas vers elle, elle semble avoir changé d'avis.

- Ok pour les sandwiches alors. Allons dans le parc près de chez moi.

Je jubile, intérieurement bien sûr, mais je sens que mon œil pétille et mon sourire ne me quitte plus.

- Je me disais qu'on pourrait aller sur la baie.

- C'est loin…

- J'ai ma voiture !

J'aimerais l'emmener. Bella assise sur le cuir des sièges de ma voiture doit être à tomber. C'est un délire très masculin, c'est même presque un fantasme.
Elle par contre ne semble pas du tout à l'aise avec cette idée.

- Non, je préfère le parc et je préfère à pieds.

- Comme tu voudras.

Je ferme la capote et rattrape Bella qui ne m'attend pas.

- J'ai vu Sue ce matin.

- Sue ? Tu l'appelles par son prénom ?

- Oui tu la connais, elle ne veut pas qu'on la vouvoie ou qu'on dise madame.

- Oui c'est vrai.

- Je l'aime beaucoup, c'est vraiment un personnage.

- Oui c'est vrai.

Elle prend bien soin de ne pas se confier et d'utiliser le moins de mots possible dans ses phrases. Je ne cherche pas à la brusquer mais je suis trop curieux.

- Tu l'as rencontré comment ? Tu as travaillé au foyer ?

Merde ! Quel con ! J'ai oublié « la » règle.
Celle que je me suis fixée avec Bella est de ne pas poser de question. Je me suis rendu compte qu'elle parlait plus facilement si elle n'était pas questionnée. C'est un exercice de rhétorique difficile qui me demande une concentration dont je n'ai pas d'habitude quand je discute, mais au moins, elle me parle.

- Non j'ai pas travaillé au foyer.

- Oui évidemment tu es trop jeune pour avoir fait des études, travailler au foyer et être devenue tatoueuse.

- Je n'ai pas fait d'étude.

- Je croyais qu'il y avait au moins une formation.

- S'il y en a une je la connais pas. Moi j'ai fait des stages en quelque sorte. J'ai pratiqué.

- Tu m'as dit que tu avais commencé jeune.

- Ouais, j'ai commencé très tôt. J'ai fait mon premier tatouage vers 15 ans je crois.

- Tu as de la chance d'avoir trouvé quelqu'un qui te laisse tatouer à cet âge.

- Ouais…

Ça y est, le moment de grâce est passé. Elle se ferme de nouveau.

Aux abords du parc nous entendons de la musique et voyons de plus en plus de monde. Mon moment intime avec Bella est en train de s'envoler. Plus nous approchons et plus l'évidence me saute aux yeux.
Il s'agit d'un bal avec ses lumières colorées, son orchestre et même une buvette. Des gens sont assis sur l'herbe, d'autres dansent. L'ambiance est chaleureuse mais je suis déçu.

Nous écoutons un peu la musique, de vieux morceaux, Sinatra, Dean Martin, les crooners, ce genre de chose. Nous nous regardons en même temps et éclatons de rire. Ce n'est définitivement pas notre style de prédilection et l'étrangeté de la situation la rend coquasse.

- Bella ! Que fais-tu ici ?

Une femme d'une cinquantaine d'années, avec un look sorti tout droit des années cinquante et des tatouages sur les bras et les jambes aborde Bella. Elle est très apprêtée. Elle porte une robe fourreau très moulante rouge à pois noirs avec un décolleté généreux, des chaussures vernies à haut talon et un foulard élégamment noué dans les cheveux.

Elle l'embrasse chaleureusement alors que Bella, visiblement heureuse de la voir, lui rend très peu son étreinte. J'avais déjà remarqué qu'elle n'aimait pas qu'on la touche, pas même les personnes qu'elle affectionne.

- Salut Carmen ! Quoi de neuf ?

- Je viens danser !

Carmen est très souriante, je dirais même pétillante. J'aime l'énergie qu'elle dégage.
Un brun élégant et ténébreux la prend par la taille. Elle rougit, c'est délicieux. Ils sont vraiment bien assortis.

- Bella je te présente Eléazar.

Bella le salue. Elle est semble-t-il ravie de le rencontrer. Son visage s'éclaire, ses yeux brillent et elle sourit. J'aimerais qu'elle soit aussi contente de me voir.

- Bella est comme ma fille, explique Carmen à son ami. Je la connais depuis qu'elle est haute comme trois pommes. Elle m'a harcelé pendant des années, toujours fourrée dans ma cabine à me regarder tatouer.

Si l'anecdote fait rire Carmen et Eléazar, Bella est gênée. J'imagine que ma présence n'y est pas pour rien.

- C'est donc vous qui lui avez appris à tatouer ? Je demande.

Puisqu'elle ne me présente pas, je vais me débrouiller tout seul.

- On peut dire ça. On peut aussi dire que c'est son acharnement, rit-elle.

Lorsqu'elle se tait, le silence est un peu pesant mais Bella ne réagit toujours pas. Je prends les devants.

- Excusez-moi je ne me suis pas présenté. Je suis Edward Cullen.

Bella sort enfin de son mutisme.

- C'est un client, dit-elle rapidement.

- Un client vraiment ? Demande Carmen.

- Enfin, c'est… c'est un copain.

Je ne comprends pas pourquoi elle a autant de mal à le dire. Nous ne sommes pas des étrangers non plus !

- Alors Edward ? Tu es satisfait de ton tatouage ?

- Il est à peine commencé mais oui beaucoup.

- Bella a travaillé chez moi de nombreuses années et aucun client ne s'est jamais plaint, au contraire. Son travail est formidable. Bientôt elle sera une tatoueuse de renommée mondiale.

- Arrête Carmen, tu exagères.

- Et voilà son problème, elle est trop humble. Un peu d'accord, mais on ne va pas se rabaisser non plus !

- Je suis d'accord avec vous Carmen. Bella a un vrai talent, affirme-je.

Je cherche le regard de Bella pour lui montrer ma franchise mais elle m'évite.

- Regardez !

Carmen s'adresse à Eléazar et moi. Elle lève sa robe haut sur sa cuisse sans vergogne.

- C'est elle qui m'a fait celui-ci.

Il s'agit d'une fleur aux larges pétales fins d'un rouge flamboyant. Son réalisme et sa finesse sont surprenants.

- Effectivement tu es très douée Bella, approuve Eléazar.

- J'ai eu un très bon professeur.

Carmen passe sa main sur le bras de Bella d'un geste affectueux.

Elles se lancent dans une conversation à laquelle Eléazar et moi ne sommes pas conviés. Nous discutons donc tous les deux de notre côté.
Il est très agréable. Il est électricien. C'est lors d'un dépannage dans le salon de tatouage de Carmen quelques jours auparavant qu'ils se sont rencontrés. Depuis ils ne se quittent plus. Je trouve ça beau. Ils vont bien ensembles.

- Carmen ! Bordel, non ! grinche Bella entre ses dents.

- Mais détends-toi ma puce.

La dite Carmen vient vers moi tout sourire. Elle m'inquiète, je me demande ce qu'elle me veut.

- Edward, mon cavalier fatigue, tu veux bien danser avec moi ?

Sans mon accord elle m'entraine au milieu de la piste qui n'en est pas vraiment une puisqu'il s'agit d'herbe. J'entends le rire d'Eléazar dans notre dos.

- Carmen, je ne crois pas que…

- Ne me dis pas que tu ne sais pas danser ?

- Pas sur ce genre de musique.

- C'est très simple, laisse-toi guider.

Elle pose une main sur mon épaule et accroche mes doigts de l'autre. Je ne suis pas à l'aise, cette danse n'est pas mon truc.

- Alors tu es le petit-ami de Bella ?

Je ris, sa remarque est des plus directes et des plus farfelues. Je ne pense pas que Bella se laisse approcher au point d'avoir un petit ami mais l'idée est foutrement alléchante pour une fois. Il est indéniable que j'ai envie de passer du temps avec cette fille. Et je réponds toujours à mes envies.

- Eh bien non pas vraiment. Je ne suis pas sûr que Bella soit d'accord avec ça.

- Et toi tu es d'accord ?

- Nous ne nous connaissons pas beaucoup mais pour l'instant elle me plait, je ne peux pas le nier.

Je suis dans mes petits souliers, totalement intimidé par cette femme.

- A qui ne plairait-elle pas ?

Au vu de son comportement à mon égard, j'ai plutôt l'impression d'être fou de m'acharner. Mais je tais ce commentaire évidemment.

- Elle est charmante.

Ce n'est pas le premier adjectif qui me vient à l'esprit quand je pense à elle mais devant Carmen c'est celui qui convient.

Je regarde Bella du coin de l'œil, elle est renversante. Elle rit avec Eléazar. Ils discutent, détendus, et l'espace d'une seconde j'aimerais être à la place de l'homme et que le sourire de Bella me soit destiné.

- « Charmante » me semble bien en-dessous de la vérité mais si tu le dis.

Je souris à cette femme. Elle me plait.

- Ne lâche pas l'affaire Edward.

- Que voulez-vous dire ?

- Il te faut un dessin ?

Elle est tout de même déstabilisante.

- Je n'en avais pas l'intention, réponds-je très sérieusement.

Elle tapote mon épaule avec affection.

- Tu es un bon garçon.

- Je ne sais pas trop.

- Moi je le sais.

Elle m'a jaugé en quelques minutes. Elle semble sûre d'elle et moi, je ne suis pas sûr qu'elle ait raison.

- Que fais-tu dans la vie ?

- Je suis pédopsychiatre.

Elle marque un temps d'arrêt discret.

- Vous devez avoir pas mal de choses à vous raconter alors !

Elle plaisante mais je ne saisis pas où elle veut en venir.

- Heu… En réalité Bella ne me parle pas beaucoup.

- Non ?!

- Pas au sujet de mon travail en tous cas.

- Elle est tellement sauvage, râle-t-elle.

Je ne vais pas la contrarier là-dessus.

- C'est mon tour Edward, intervient Eléazar.

- Tu pourrais me laisser profiter d'un homme si beau et si jeune. A mon âge cette occasion ne se représentera pas tous les jours.

Eléazar rit de bon cœur tandis qu'il récupère sa cavalière. Je tends la main à Bella.

- Tu veux rire ?

- Non essaye ! Ce n'est pas si terrible.

Elle accepte ! La foudre va surement me frapper parce qu'elle a à peine rechigné.

Elle passe le sachet sur son coude. Elle me touche du bout des doigts et je raffermis ma prise pour la rapprocher un peu.
Les guirlandes lumineuses donnent à ses cheveux et à son visage des couleurs chatoyantes, ses yeux évitent les miens. Elle est tendue et même si c'est dur de se l'avouer, je sais que c'est à cause de moi.

- Arrête de me regarder comme ça.

- Comment ? souris-je.

- Je sais pas… avec insistance.

- Je ne peux pas. Ce que je t'ai dit hier reste vrai aujourd'hui.

J'espère qu'elle se rappelle de mes mots parce que là tout de suite, je suis trop troublé pour les répéter.

- Qu'est-ce que tu attends de moi ?

- Juste te connaitre.

Et je veux passer une nuit avec toi à te faire crier de toutes les façons possibles pour voir où nous mène cette attraction insensée.

- Pourquoi ?

- Parce que tu es intéressante.

Elle lève enfin les yeux sur moi et mon monde s'éclaire.

- Parce que je tatoue ?

- Non. Parce que tu as quelque chose de particulier.

- Je n'ai rien de particulier.

- Laisse-moi en juger.

C'est à cet instant que ce charme entre nous a refait surface. Ses pupilles ont brillé d'une façon différente, mes mains ont sensiblement tremblé, sa bouche s'est entrouverte et j'avais foutrement envie de l'embrasser.

- J'aimerais rentrer maintenant.

Et voilà ! Au moment où naît l'espoir, le mur retombe brusquement.

- On n'a pas encore mangé. Viens on va se trouver un coin.

Elle accepte. Nous nous dirigeons vers Carmen et Eléazar pour leur dire au revoir.

- On s'en va, on va manger, dis Bella à Carmen.

- Je meurs de faim, on pourrait manger ensemble ?

Bella se raidit, peu réjouie visiblement.

- Edward a acheté des sandwiches, je ne suis…

- Bien sûr, venez, je la coupe. Il y en a assez pour tout le monde.

Je les aime bien. Je suis ravi qu'ils nous accompagnent et tant pis pour le moment intime.

Nous trouvons un coin un peu excentré et nous installons.
J'enlève ma veste pour que Bella la pose sous ses fesses. Elle l'écarte d'un geste blasé. Cette fille s'obstine à n'avoir besoin de personne. Elle se débrouille seule et ce fait semble être le moteur de sa vie.
Je propose le vêtement à Carmen qui accepte.

- Dis-moi jeune homme, il faut que tu arrêtes d'être aussi galant avec ma femme, sans ça je vais devoir te donner une petite correction, dit Eléazar avec humour.

- Deux hommes qui se battent pour moi ! Ce serait si amusant !

Nous rions gaiment. Carmen lui donne un baiser sur la joue pour le rassurer même s'il n'en a pas vraiment besoin. Le courant passe entre eux, il est presque visible. Encore une fois, la beauté de leur couple me saute aux yeux.

Nous entamons nos sandwiches.

- J'ai pris du jus de fraise, de l'eau ou des bières. Que préférez-vous ?

- Un jus de fraise pour Bella, une bière pour Eléazar et de l'eau pour moi, affirme Carmen.

Bella acquiesce en me souriant. Enfin un sourire !

Je m'ouvre une bière, un peu plus détendu.

- Alors Edward, où travailles-tu ?

- Je fais beaucoup de recherche et je donne des conférences, donc je travaille principalement de chez moi. Je fais aussi quelques heures par semaine dans un foyer sur la 35ème.

Carmen me regarde comme si je venais de dire une grosse bêtise.

- Mais alors ?

- Oui, il connait Sue, répond Bella.

- Ça c'est surprenant !

- Vous la connaissez ? je demande.

- Bien sûr ! Sue est une amie, c'est elle qui m'a présenté Bella. Bella vivait au foyer et ne voulait qu'une seule chose, tatouer. Sue était son éducatrice à l'époque, elle a fait des pieds et des mains pour lui sortir cette idée de la tête mais rien n'y a fait. J'ai rencontré Bella, on a pas mal discuté, j'ai posé mes conditions et voilà. Tous les jours après les cours, elle venait chez moi, apprendre à tatouer.

- Tu as donc vécu en foyer Bella ? demande Eléazar.

Je sens qu'elle est embarrassée, surement parce que je suis là.

Elle tend sa main vers ma cigarette mais elle est terminée. Je me dépêche d'en allumer une autre que je lui donne sans poser de question.
Elle prend une longue bouffée et s'étouffe.

- Putain, c'est dégueulasse. Comment tu peux fumer ça ?

- L'habitude, ricanai-je.

Je pense qu'elle va me la rendre mais elle continue de fumer et de tousser.

- Oui Eléazar, j'ai vécu en foyer.

- Pendant des années, ajoute Carmen.

Mes yeux s'ancrent à ceux de Bella. Elle ne s'apitoie pas une seconde, elle reste digne.
Je me demande ce qui a pu causer ça. Toutes les histoires que je connais sont plus pesantes les unes que les autres. Je décide de ne pas me poser plus de questions. Bella me dira ce qu'elle voudra au moment où elle voudra.

- Je crois que tu étais la plus jeune non ?

- Oui.

- Quel âge avais-tu déjà ?

- Autour de dix ans je crois.

- Ça n'a pas été facile. Bella n'a pas toujours respecté notre accord. Tu te rappelles quand on t'a mis à la porte du collège ?

- Je me rappelle très bien. Tu m'as interdit l'accès au salon pendant un mois. Ça a été dur !

- Au moins tu as arrêté tes conneries !

Bella baisse ses yeux malicieux.

- Ou tu as été plus discrète, suggère Carmen avec un air presque sévère.

- Pourquoi tu t'es faite virer ? demande Eléazar.

Carmen va pour prendre la parole mais Bella la coupe.

- J'ai pas très envie de parler de ça.

- Ça arrive à tout le monde de faire des bêtises, pas la peine de te cacher, dit Carmen.

- Je ne me cache pas, je ne veux pas en parler c'est tout.

La voix de Bella est très ferme et Carmen n'insiste pas.

- Bella est un peu la fille que je n'ai jamais eue.

Elles se sourient affectueusement, le petit coup de sang de Bella complètement oublié. Elles sont touchantes.

- Et vous la mère qu'elle n'a jamais eue.

Le regard de Bella accroche le mien très sérieusement.

- J'ai une mère.

Son ton est sans appel et je comprends vite que je ne dois pas m'attarder sur ce terrain glissant. Même Carmen ne s'y risque pas et baisse la tête dans un geste de dépit.
J'aurais mieux fait de me taire.

- A 15 ans elle faisait son premier tatouage. Montre-le à Eléazar.

Il s'agit de celui de son poignet, la fleur de pissenlit. Je trouve qu'il ne lui ressemble pas vraiment. Pour moi il est empreint de mélancolie. Bella me parait plutôt déterminée et forte.

- Il est magnifique. Tu n'avais que 15 ans ?

- Oui, je tenais à peine la bécane dans mes mains.

Elle aime ce souvenir, je le vois sur son visage.

- Tu as beaucoup de mérite d'avoir réalisé ton rêve, interviens-je.

- Je ne sais pas si c'était un rêve. Je ne savais que dessiner et l'ambiance du salon m'a plu tout de suite. Je n'ai pas eu le choix. C'était ça ou… je ne sais pas… rien sans doute.

- Tu as de la chance d'avoir rencontré Sue et Carmen.

- Quoiqu'on en dise, la chance est importante dans une vie. Toi aussi tu as eu de la chance d'avoir un père chirurgien.

- C'est vrai. Je lui voue une admiration sans borne pour ça. Sans lui je serais toujours en fauteuil, amoindri. Je pense souvent à cette chance et j'en suis reconnaissant.

- Tu remercies Dieu ?

Elle se moque prudemment.

- Non, je remercie les arbres, l'air, la terre et le ciel. Je suis heureux de vivre. Pas une minute ne se passe sans que je ne ressente cet élan pour la vie.

- Que t'est-il arrivé Edward ?

La voix de Carmen me rappelle qu'ils sont là. L'échange que je viens d'avoir avec Bella m'avait fait oublié ce détail somme toute important.

- Je me suis fait renverser par une voiture à l'âge de 14 ans.

Carmen met une main sur sa bouche.

- Bon sang, c'est horrible !

- J'ai vécu des années difficiles, ris-je.

Je ne veux pas plomber l'ambiance. Même si je ne raconte pas un souvenir plaisant, aujourd'hui je vais bien et même plus que bien. Il n'y a aucune raison de se plaindre.

- Je m'en doute.

- L'hôpital est devenu une deuxième maison pour moi, le fauteuil roulant mon moyen de locomotion. Et j'ai fini par marcher de nouveau.

- Ton histoire n'est pas banale, dit Eléazar en tapant sur mon épaule.

- Elle n'est pas pire qu'une autre. Bien des personnes ont plus de mérite que moi.

Je regarde Bella. Je suis persuadé que sa vie est plus chargée et douloureuse que la mienne.

- Est-ce que le fait que tu sois devenu pédopsychiatre a un lien avec ton accident ?

- Ce que je suis, ce que je fais ou ce que je pense a une relation avec l'accident. Mais effectivement, mon choix pour la psychiatrie a un lien. J'ai consulté beaucoup de pédopsychiatres avant de trouver celui qui m'a aidé. Je voulais être un soutien pour des enfants qui ont besoin de moi.

- C'est honorable.

- C'est surtout un honneur pour moi de leur être utile. Je dois beaucoup à tous ces gosses, ils m'apprennent la vie.

Je ris un peu pour que la discussion ne tombe pas dans le glauque. Ce que je vis dans mon job est positif même si je suis confronté au pire. Je suis heureux d'apporter une brique même mince à l'édifice de leur vie.

Je lève la tête vers Bella. Son regard est indéchiffrable. Comme souvent, je m'y noie quelques secondes.

La conversation continue sur des sujets plus légers. Je crois que Carmen m'apprécie. Elle très avenante. Elle me plait, tout comme Eléazar. Ils forment un couple très complice.

- Il se fait tard. Je vais rentrer.

Bella prend un mendiant fourré aux noix de cajous et se lève. Je la suis.

Nous saluons chaleureusement Carmen et Eléazar et marchons vers son appartement.

- Tu as froid ?

- Non.

Elle a la chair de poule, je le vois bien. Elle préfère mentir plutôt que de porter ma veste. Je ne sais pas comment je dois le prendre.

- J'ai passé une très bonne soirée.

- Ouais.

Son enthousiasme n'est pas renversant.

- Carmen est très sympa. Eléazar aussi d'ailleurs.

- Elle parle surtout trop.

- Je ne trouve pas. souris-je, bien content d'en avoir appris un peu plus sur Bella ce soir.

- Parce que tu aimes bien fouiner.

Sa remarque me vexe. Elle a repris son masque impassible mais en plus son humeur merdique.

- Non Bella, je discute, j'aime connaitre les gens. Je suis sociable, j'aime les gens, je ne suis pas un sauvage moi.

- Qu'est-ce que tu insinues ? Que j'en suis une ?

- C'est l'idée oui !

- Eh bien je ne suis pas comme toi, je ne me livre pas à n'importe qui !

- Je ne suis pas n'importe qui, tu commences à me connaitre et je suis persuadé que tu m'as cerné. La Terre ne va pas s'arrêter de tourner parce qu'on discute un peu de nos vies.

Il semble que ma réplique a fait mouche parce qu'elle ne répond pas. Je ne crois pas lui avoir cloué le bec, c'est impossible. Elle rumine juste mes paroles silencieusement.

Nous arrivons trop vite devant chez elle. Même si notre échange a été musclé, j'aime être avec elle et je préfère sa colère à son indifférence.

- J'irais bien au ciné. Ça te dit ?

Oui je suis tenace voire même un peu lourd mais tant pis, je tente le tout pour le tout.

- C'est pas vrai ? Tu ne lâches donc jamais ?

Elle s'énerve de nouveau, je suis allé trop loin.

- Jamais avant d'avoir eu ce que je voulais.

Ce n'est pas ce qu'elle veut entendre mais là encore je m'en fous. C'est moi, à prendre ou à laisser.

- Et qu'est-ce que tu veux Edward ?

Sa voix est devenue rauque, ses yeux plus perçants encore. Elle a raison de moi et ma réponse fuse sans que je n'y mette les formes.

- Toi ! C'est toi que je veux Bella !

- Alors viens !

Quoi ? Qu'est-ce qu'elle a dit ?

Mon temps de réflexion doit lui paraitre trop long parce qu'elle saisit sans douceur une poignée de mes cheveux et plaque ma bouche contre son cou, juste au niveau de sa jugulaire. Dans le même temps, elle attrape ma chemise pour me rapprocher et colle son bassin contre le mien.

Putain !

Je ne suis pas assez fou pour ne pas réagir. Une de mes mains s'accroche à sa nuque, l'autre à sa taille. Je mordille et lèche son cou sans délicatesse. Je la pousse contre la porte. Je grogne comme elle presse ma tête contre sa peau.
D'un mouvement habile elle ouvre la porte de l'immeuble et nous basculons à l'intérieur. Dans le feu de l'action, ma bouche remonte sur sa mâchoire en direction de ses lèvres.

Elle appuie sa main fermement sur mon torse.

- Pas sur la bouche.

Son ton est autoritaire et fait durcir un peu plus mon membre en contre bas.

Mon pouce vient caresser sa lèvre inférieure.

- Si je ne peux pas embrasser ta bouche… je vais devoir embrasser chaque parcelle de ta peau pour combattre la frustration.

- Ne te gêne surtout pas.

Son souffle sur mes lèvres est trop tentant et sa voix fait vibrer ce qu'il y a de plus dur en moi.

Je pars à l'assaut de ses seins par-dessus son tee-shirt. Cette femme me rend fou, autant que les pointes déjà dressées de sa poitrine. Je soulève son vêtement et baisse son soutien-gorge. J'aspire un peu brusquement son téton. Son soupir de surprise est à tomber. Je malaxe son autre sein. J'avais bien deviné, ses seins sont parfaits. Leur goût, leur odeur et leur douceur viennent de devenir ma préférence.
Ma langue descend sur son ventre et sans lui laisser de répit, je défais les boutons de son short. Ses mains sont dans mes cheveux et forcent légèrement pour m'inviter dans cette direction. Le short tombe sur ses chevilles. Elle s'en défait rapidement.
Mon pouce passe sur son clitoris par-dessus le coton de sa culote. Elle se cambre et son bassin appuie sur ma main. J'arrache presque son dessous tellement l'envie de la goûter est forte.
Elle s'allonge sur les marches des escaliers et je réalise que nous sommes dans l'entrée de son immeuble. Ce détail m'avait échappé. Prendre Bella dans un endroit public est certainement la chose la plus excitante qu'il m'ait été donné de faire. Je suis comme un lion, comme un fou furieux, prêt à la bouffer.
J'écarte largement ses cuisses et ma bouche fond sur son sexe. Il est humide et son clitoris gonflé. Je me délecte de sa saveur exceptionnelle. Elle geint discrètement mais je sais que je lui fais de l'effet et un sentiment qui ne m'était jamais arrivé d'avoir pointe dans ma poitrine. La fierté. Je suis fier de lui faire ressentir du plaisir et de voir à quel point son magnétisme est puissant dans ce moment intime.

- Continue !

Mon doigt glisse dans son vagin. Elle se cambre encore et un petit cri aigu lui échappe. Ma main libre dérive vers sa poitrine. Elle la presse sans douceur sur son sein. Elle est dans le même état que moi, furieusement excitée. Un deuxième doigt s'insère en elle tandis que j'embrasse avec ferveur ses chairs humides. Un autre cri moins discret se fait entendre.
Alors elle fait une chose d'un érotisme insensé, elle prend ma main sur son sein et la pose sur sa bouche. Putain ! Mon sexe est douloureux tellement l'émoi que son geste provoque est vif. Elle serre ses doigts sur les miens. Ses cris sont étouffés et j'ai la sensation qu'elle peut les émettre avec plus de liberté.
Mon doigté se fait plus vigoureux, ses hanches bougent en rythme, ma langue s'active plus fermement. Ses parois se resserrent. Elle va jouir et je suis comme un gosse au matin de Noël. Elle appuie ma main sur son visage et tord son bassin. J'entends ses cris assourdis se multiplier et je profite encore quelques secondes de ses chairs.
J'attends que les spasmes de son vagin se soient calmés. Sa main glisse sur la mienne. J'enlève mes doigts doucement. Elle est essoufflée.
L'obscurité me laisse tout juste entrevoir ses cheveux éparpillés sur les marches, la silhouette de son corps, ses jambes écartées devant moi et la lueur de ses yeux. Même si je ne perçois pas les détails de son anatomie, je la trouve belle à se damner.
Je suis à genoux devant elle. Nous nous regardons fixement. Je prends tout mon temps en amenant mes doigts sur ma langue. Je veux qu'elle sache que j'aime ça, que j'aime son goût et que je remettrais ça quand elle le voudra.

Je m'appuie sur mes coudes et m'allonge au-dessus d'elle en prenant soin de ne pas l'écraser. Mes doigts passent dans ses cheveux, mon nez frotte le sien. Elle n'a pas l'air d'apprécier. Je sens qu'elle se tend.

- Allons chez toi, je murmure.

- Non.

Quoi ?! Qu'est-ce qu'elle a dit ?

Elle me repousse sans ménagement et se lève rapidement. Elle se rhabille à une vitesse hallucinante.
Elle allume la lumière de la cage d'escalier.
La bulle explose et ses morceaux viennent s'écraser avec fracas contre les murs.

- Rentre chez toi.

Comment ?!

- Mais… tu… on pourrait…

Elle ouvre la porte en grand et le regard qu'elle me dessert est plus dur qu'une pierre.

- Rentre chez toi.

Elle détache bien chaque mot pour que je comprenne bien l'information. Je n'en reviens pas. Bien sûr je suis un peu frustré, je ne peux pas le cacher, mais ce que je viens de vivre, ce que nous venons de vivre était stupéfiant. Le nier comme elle le fait est une ineptie.

Je serre les poings et passe la porte sans la quitter des yeux.
J'espère qu'elle y voit la désillusion qui me ronge.

o¤o¤o¤o

Salut les filles!

Je trouvais qu'il faisait un peu frais par ici ! J'espère que j'ai réussi à réchauffer l'ambiance ;)

Un grand merci à Lotirelle pour son investissement, ses corrections et ses précieux commentaires!

Merci de suivre cette histoire et de la mettre dans vos favoris.
Merci de commenter! J'adore quand vous donnez votre avis!
Berenice je suis ravie de te revoir par ici! Bon j'ai fait assez vite ou pas ;)
Nao, j'adore ton enthousiaste et je suis contente que tu sois contente! C'est génial de savoir que mon histoire te plait :)
C'est tellement bon de savoir que mon histoire est lue et appréciée!
Merci à toutes!

Le prochain chapitre n'arrivera pas aussi vite que celui-ci, mais je vais essayer de publier une fois par semaine.

A bientôt!