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Chapitre 9
Squalo traînait lentement sa carcasse dans les rues désertes de Namimori. Le soleil était à peine levé, et lui faisait tous les efforts du monde pour rejoindre son appartement au club, histoire de récupérer un peu avant de prendre son service. Xanxus n'apprécierait certainement pas de voir un zombie servir les clients, d'autant qu'il avait été en congé la veille. Saleté de Cavallone ! Le bel étalon avait la libido d'un incube et avait abusé de ses charmes jusqu'au petit matin. Non pas qu'il s'en plaignît, à vrai dire c'était lui qui en avait redemandé, mais un marathon du sexe de plus de dix heures avait eu raison de sa vitalité et il regrettait amèrement ses folies… ou presque.
En réalité, il était reconnaissant envers Dino, en partie pour l'info qu'il lui avait donnée, mais surtout pour lui avoir fait oublier jusqu'à l'existence de Xanxus pendant toute la durée de leur entrevue. Il inspira à pleins poumons l'air givré du matin et tenta de calmer la rancœur encore vive qu'il vouait à son patron. Au même moment, le portable que lui avait offert le Cheval Ailé se mit à vibrer. Il lui fallut un temps certain pour extraire l'engin de la poche de son jean et lire l'adorable message de celui qui semblait être devenu son petit-ami. Un sourire proprement niais naquit sur son visage tandis qu'il répondait aux encouragements et aux mots doux de son amant. Il se sentit sincèrement con quand il rangea son téléphone, mais putain qu'il était heureux !
Il venait à peine de franchir la porte du club qu'un énorme fracas retentit au premier étage. Il reconnut immédiatement le bruit du verre brisé : à l'oreille, il jugea qu'il s'agissait probablement de celui d'une fenêtre. Squalo, se rua au premier, directement vers le bureau de Xanxus. Qu'avait-il bien pu se passer pour faire céder la fenêtre triple vitrage pare-balle ? Arrivé en haut des escaliers, le videur King Mosca lui barra la route avec une fermeté qui lui fit comprendre que nul n'avait le droit d'entrer, quelle que soit la raison. Malheureusement, l'ex-épéiste était têtu et n'était pas près de renoncer avant de découvrir ce qui se tramait à l'intérieur.
- Voi ! Laisse-moi passer, tas de ferraille ! rétorqua-t-il aux exhortations muettes du robot.
Avant même qu'il ne puisse achever sa phrase, Irie Shôichi l'attrapa par le col et le traîna hors de portée du videur.
- Voi ! Lâche-moi, enfoiré ! fit l'argenté tout en s'extrayant de son étreinte.
- Tu ferais mieux de ne pas provoquer King Mosca numéro deux, il est programmé pour le démembrement et le meurtre à l'arme blanche, se défendit le DJ avant de se plier en deux de douleur. Sans Spanner pour l'arrêter… essaya-t-il de continuer.
- Ça va, ça va, j'ai compris. Je ne vais pas contrarier la boîte de conserve, soupira Squalo en tendant une main secourable à Shôichi qui se tordait tant il souffrait.
Il l'aida à se redresser et à s'assoir contre le mur du couloir.
- Merci, gémit le rouquin, le souffle court.
- C'est rien.
Une seconde explosion de verre brisé se fit entendre dans la pièce adjacente.
- VOI ! Bordel, qu'est-ce qui se passe ? s'emporta Superbi.
- C'est rien, c'est rien, le mieux c'est de faire comme si tu n'avais rien entendu, tenta de l'apaiser Irie avec une grimace de souffrance et l'air plus pâle que la seconde précédente.
Un troisième bruit fracassant retentit, au rez-de-chaussée cette fois, et qui ressemblait au claquement d'une porte. Un individu survolté vêtu d'un costume-cravate monta les escaliers à toute allure, passa devant Squalo et Shôichi sans même les voir et sembla faire un check à King Mosca avant d'entrer dans le bureau de Xanxus.
- C'était quoi ça ? interrogea Squalo avec une pointe de jalousie et tout le reste de colère.
- L'avocat du patron, enfin, il semblerait. J'ai pas trop compris quel genre de relation ils ont…
Xanxus, un fauteuil entre les mains, s'apprêtait à faire voler en éclats une troisième vitre, lorsqu'il fut interrompu par l'entrée fracassante de son avocat dans son bureau.
- Yo, Xanxus ! Ça gaze ? Repose ce fauteuil, c'est mon préféré, en plus tu pourrais blesser quelqu'un, À l'EXTRÊME ! brailla Sasagawa Ryohei en jetant son attaché-case sur le sofa.
Le brun fit mine de reposer l'objet avant de se raviser et de le jeter avec toute sa force contre son avocat pour se calmer les nerfs. Cet emmerdeur passait son temps à gueuler et à défoncer les portes, à croire qu'il cherchait à se faire tabasser. Sasagawa encaissa le fauteuil sans broncher et commença à ôter sa veste de costume tandis qu'un filet de sang dégoulinait le long de sa tempe.
- Depuis le temps que j'attendais ce moment ! Xanxus, un homme un vrai se bat à mains nues, jusqu'À L'EXTRÊME LIMITE DE SA RÉSISTANCE ! s'écria-t-il, les yeux brûlant d'une flamme inextinguible tout en se mettant en garde.
- Tch ! La ferme, déchet, je t'ai pas appelé pour te mettre une raclée mais pour régler un problème ! gronda Xanxus, au bord de l'implosion.
L'avocat ne sembla pas le moins du monde intéressé par les paroles de son employeur et plutôt que de calmer ses ardeurs, celles-ci redoublèrent d'intensité. Il dénoua sa cravate et déboutonna sa chemise pour dévoiler un torse parfaitement sculpté, puis jeta les deux morceaux de tissu près de son attaché-case avant de foncer sur Xanxus, prêt à en découdre. Il concentra sa force dans son poing droit pour rendre le coup qu'il avait reçu, mais fut stoppé en plein élan par les deux flingues que le tireur tenait braqués sur sa tempe. Un regard appuyé calma définitivement l'argenté survolté, qui jugea bon de ne pas énerver davantage le patron qui visiblement n'était pas d'humeur joueuse ce matin. Ce dernier tendit une enveloppe à l'avocat.
- Tiens, c'est de la part de l'avocat de ce déchet de merde, Kusa… quelque chose…
- Kusakabe, le reprit l'argenté.
- Qu'est-ce que ça change ? rétorqua le brun tout en allant servir deux verres de tequila.
Il porta le premier à l'avocat demeuré torse-nu et le second à ses lèvres, tandis que l'autre étudiait le problème.
- Ce que ça change, c'est que Kusakabe est le meilleur de toute la ville – enfin après moi – et même de ses environs et qu'il est complètement dévoué au petit Hibari, répondit Ryohei tout en poursuivant sa lecture.
Xanxus n'ajouta rien de plus que de la tequila dans son verre, tandis que Sasagawa récapitulait les faits :
- Alors, Kusakabe, selon les directives de Hibari, a fait l'acquisition d'une parcelle de terrain qui jouxte le club. D'après les plans, on empiète sur ce terrain… Donc, selon Kusakabe, on peut soit lui racheter la parcelle de terrain qu'on occupe, soit raser le club pour la restituer.
Le brun acquiesça gravement.
- Ces fumiers m'ont bien eu ! Je suis sûr qu'ils vont proposer une somme pharaonique pour le terrain minable pour m'obliger à raser le club ! Ces putains de déchets de merde, si c'est la guerre qu'ils veulent, ils vont l'avoir ! gronda-t-il.
Il avait fracassé son verre d'une seule main, et, de nouveau hors de lui, il s'apprêtait à lancer son propre fauteuil à travers la vitre dans un élan de rage et de désespoir. Ryohei partit d'un grand rire enflammé, comme tout ce qu'il faisait, qu'il fit durer le plus longtemps possible pour jouer avec les nerfs du boss. Il ne stoppa que lorsqu'il s'aperçut que Xanxus ne menaçait plus la fenêtre de son fauteuil hors de prix, mais bien lui.
- Y a pas de problème, patron. J'ai déjà fait le nécessaire il y a des années sans rien dire à personne. Ne suis-je pas compétent à l'extrême ? fit-il en effleurant fièrement le bout de son nez avec le pouce. Cette parcelle t'appartient depuis le début, l'acte de propriété est dans ton coffre-fort. Leurs plans ne doivent pas être à jour…
Xanxus le dévisagea avec quelque chose qui ressemblait à s'y méprendre à du respect ou à de la reconnaissance. Quoi qu'il en fût, sa colère était apaisée et un léger sourire flottait sur son visage.
- Bien joué, Ryohei, ça m'étonne de toi. Je crois bien que je vais t'inviter à boire un verre pour fêter ça ! Ce soir, passe au club, lança-t-il en le gratifiant d'une tape amicale dans le dos, non sans se rassasier visuellement du torse parfait de son avocat.
- Ta gentillesse me fait flipper à l'extrême, mais ton offre ne se refuse pas. À ce soir ! fit Ryohei avec entrain tout en ramassant ses affaires.
Il était déjà dans le couloir quand Xanxus se rendit compte qu'il avait oublié sa cravate. Il ramassa l'accessoire et le héla depuis l'embrasure de la porte de son bureau :
- Hey, Ryohei, t'as oublié ça !
- Merci, à l'extrême, boss ! Mais je sais absolument pas comment ça se noue ! s'enflamma l'avocat.
Le patron de cabaret soupira et noua lui-même la cravate de son vis-à-vis, tout en réfléchissant à la manière de lui faire payer ce moment embarrassant plus tard. Sasagawa, une fois de nouveau présentable, ne put s'empêcher de faire exploser sa reconnaissance et prit Xanxus dans ses bras, à l'extrême ! L'étreinte ne dura que quelques secondes, mais le brun put avoir un avant-goût des tablettes de chocolat plutôt appétissantes de l'extrême avocat.
- À ce soir ! fit-il une dernière fois.
Le brun lui accorda un signe de la main, avant de refermer la porte de son bureau.
Squalo avait tout vu : le coup de la cravate, l'étreinte fougueuse et le « à ce soir » qui laissait entendre un rencard après le boulot, sans doute alcoolisé, et voué à une tournure interdite aux moins dix-huit ans… Ce type était-il réellement avocat avec sa chevelure argenté et son naturel bruyant ? L'ex-épéiste tiqua. Une impulsion soudaine le fit attraper le bras de l'argenté en question pour éclaircir la situation.
- Voi ! Eh toi, dis-moi, quelle est ta relation avec Xanxus ? demanda-t-il, plus menaçant qu'il ne l'aurait voulu.
- À ton avis ? répondit Ryohei avec un grand sourire et une énergie qui firent tressaillir le requin. Je suis son avocat, à l'extrême ! hurla-t-il avant de quitter le club, parce qu'il devait rejoindre son cabinet.
Superbi n'était pas vraiment convaincu par ce qu'il venait d'entendre, et comprenait désormais pleinement ce que Shôichi lui avait dit. Ces deux là s'entendaient trop bien pour que ça ne paraisse pas louche, même si l'avocat ne semblait pas balancer du côté homo de la force. Cependant, Squalo n'avait pas mis longtemps à comprendre que le patron avait un faible pour les mâles bruyants à la chevelure argentée.
- Squalo ! entendit-il hurler de derrière la porte du bureau du boss. Amène tes mignonnes petites fesses par ici !
Il rougit de rage et de gène et fonça dans le bureau en prenant bien soin de faire claquer la porte en l'ouvrant pour exprimer sa colère. Pourtant celle-ci retomba à la vue du bureau qui avait tout l'air d'un champ de bataille.
- Je t'en prie, prends un siège… l'invita Xanxus en posant une feuille bien en évidence sur son bureau.
L'argenté jeta un coup d'œil au fauteuil renversé à mi-chemin entre le bureau et la porte et décida de rester debout.
- C'est toi qui vois. J'ai besoin de ta signature, ici…
- Voi, c'est quoi ? interrogea-t-il, méfiant.
- Ton contrat de travail. Cette fois c'est une vraie promotion, expliqua Xanxus d'une voix d'où perçait une pointe de lassitude et de fatigue.
- Je suis désolé, mais j'ai franchement pas confiance.
- Écoute, je fais gracieusement de toi mon assistant, alors tu vas signer fissa parce que j'ai d'autres choses à foutre. Tu seras augmenté, et si tu bosses bien je ferai de toi le co-gérant. C'est pas une offre qui se refuse, à moins d'être un déchet ! s'emporta le tireur, à court de patience.
- Voi ! J'ai été cuisinier, barman et serveuse, si tu crois que je vais me faire baiser encore une fois tu te trompes lourdement ! lâcha Squalo en tapant du poing sur la table.
- Des tests pour savoir jusqu'où t'étais prêt à aller pour moi… éluda-t-il d'un geste de la main. Jusqu'à présent je t'ai pas fait signer de contrat, alors lis-le si t'as pas confiance !
L'ex-épéiste s'exécuta, et cligna des paupières à plusieurs reprises lorsqu'il tomba sur son salaire.
- Un CDI ?
- Pour te garder le plus longtemps possible à portée de main…
- C'est bon je signe ! s'écria joyeusement le requin en accompagnant le geste à la parole.
Un sourire satisfait se dessina sur le visage de Xanxus.
- Bien… Tout d'abord, voici une carte de crédit au plafond d'un milliard de yens. Tu t'en serviras pour régler les dépenses dont je te donnerai la charge. À partir de demain je veux te voir en costard tous les jours, achète ce dont tu as besoin cet après-midi. Je te ferai installer un bureau en face du mien… le brun continua longtemps les longues explications relatives à la nouvelle fonction de son désormais employé pour achever sur un : ta première tâche en tant qu'assistant, sera de remettre le bureau en état avant l'arrivée de Basil à dix heures.
Squalo consulta l'horloge : il était huit heures quarante et il devait faire remplacer deux vitres triple vitrage pare-balle, racheter les fauteuils qu'avait balancés l'autre cinglé par les fenêtres et faire disparaître les traces de luttes du bureau avant la pause café… La journée allait être longue.
- …il !
Miel.
Non, Caramel. Caramel liquide. Les yeux de ce Sawada étaient du nappage au caramel. Et ses lèvres avaient la saveur exotique de la vanille. Ses doigts dans ses cheveux et son corps pressé contre le sien étaient à la fois doux et brûlants comme un flan pâtissier qui sort tout juste du four. Le dessert avant le plat de résistance. Ce n'était pas conventionnel mais peu importait puisque c'était bon.
« Je ne suis pas armé. »
Mensonge.
« Je suis seul et entièrement à ta merci. »
Manipulation.
« Je veux que tu travailles pour moi. »
Impossible.
- …sil !
Il travaillait déjà pour Xanxus. Il ne pouvait pas décider d'aller voir ailleurs sur un coup de tête. Les choses n'étaient pas si simples. Et puis, de toute façon, il ne le voulait pas. Xanxus payait mieux que bien. Il avait un logement et une voiture de fonction, du matériel de pro, des collègues sympathiques… Rien qu'un voyou de collégien ne pût lui offrir. Être chef de gang, ça ne s'inventait pas.
Impossible. C'était tout bonnement impossible.
N'est-ce pas ?
- Basil !
- Oui, M. Irie ? sursauta le détective.
Ce jeune homme était bien trop formel. Shoichi soupira doucement.
- Enfin tu émerges ! Ça fait bien une demi-heure que tu es planté là.
- C'est pas vrai ! s'affola Basil en regardant sa montre.
- Non, c'est pas vrai. Mais dépêche-toi. Le boss ne t'attendra pas toute la matinée.
Basil jeta un regard inquiet en haut des escaliers, les doigts crispés sur son attaché-case. Une boule de stress commençait à se former au creux de son estomac. Que lui arrivait-il ? Ce n'était pas la première fois qu'il montait faire son rapport au patron. Et certainement pas la dernière. Avait-il mangé une tartine périmée ? Ou bien était-ce à cause du café froid ? Il baissa les yeux en soupirant. Pas la peine de se mentir, il n'y croyait pas une seconde. Il était royalement dans la merde, tout simplement. Il ne pouvait pas faire marche arrière… mais il pouvait gagner du temps. Ou plutôt, en perdre.
- Au fait, M. Irie, s'exclama-t-il tout à coup en se tournant vers le DJ. J'ai vu le King dehors. Pourquoi Gola n'est pas à son poste ?
- Ah ! Il est en congé avec son père…
- Spanner ?
- Ils sont allés à Tokyo pour assister à la finale de la Coupe d'Asie de bras de fer de robots. Quand je pense qu'il ne m'a même pas proposé de l'accompagner, moi, son petit-am…
- Bon, j'y vais ! l'interrompit Basil en montant les marches quatre par quatre sous le regard consterné du rouquin.
Finalement, il préférait affronter son patron plutôt que de jouer les thérapeutes avec un DJ dépressif, hypersensible et gay par-dessus le marché.
Gay ? Ne l'était-il pas lui-même après ce qu'il avait fait avec Sawada ? Ce n'était pas lui qui avait commencé, certes, mais il ne s'était pas franchement débattu. Et il avait même plutôt apprécié. Il avait répondu au baiser. Et ils seraient allés un peu plus loin si…
Le clocher de Namimori sonna dix-heures. Basil sursauta à nouveau. Inspirant une grande goulée d'air, il chassa le collégien de sa tête et frappa trois coups secs au bureau du patron. À travers le battant, la voix de Xanxus l'invita à entrer. Il se concentra une dernière fois pour se composer un visage neutre et poussa la porte, déterminé, suivi dans son mouvement par une discrète caméra de surveillance camouflée derrière la grille d'aération.
Une bourrasque violente et glacée s'engouffra dans l'imperméable vert pomme de Lévi A. Than, faisant gonfler le vêtement à la manière d'une mascotte de marque de pneus. Le chamallow géant vacilla un peu et s'appuya sur un conduit de cheminée pour retrouver un semblant d'équilibre. Les pluies de la nuit passée avaient transformé le toit du bâtiment en véritable patinoire de la mort. Les conditions de travail étaient dangereuses mais la paye était à la hauteur et le patron était un amour.
Le voilà qui arrivait justement. Lévi trotta joyeusement jusqu'à la porte qui venait de s'ouvrir sur un Xanxus absolument époustouflant de classe dans son costume Hugo Boss sur mesure, la cravate voltigeant au gré du vent et une chemise plastifiée noire sous le bras.
- Belle matinée, n'est-ce pas ? hurla l'électricien en se courbant bien bas. J'étais en train d'installer le nouveau paratonnerre.
- Je sais, coupa Xanxus. Irie m'a dit où te trouver. J'ai du boulot pour toi, enchaîna-t-il en lui tendant le dossier.
L'employé se fendit d'un sourire à s'en déchirer les lèvres.
- Une mission sous couverture ?
- C'est ça.
- Je ne vous décevrai pas ! s'écria-t-il à nouveau.
Et Xanxus y comptait bien. L'affaire se présentait ainsi : au collège de Namimori, le garçon du nom de Sawada Tsunayoshi était à surveiller de près avec un rapport de ses moindres faits et gestes à faxer toutes les quarante-huit heures. Lévi se ferait passer pour un employé de la maintenance et trufferait l'établissement de caméras avec l'aide de Shoichi. Mieux valait se contenter d'une surveillance en journée. Basil, qui n'était pas le dernier des abrutis, s'était tout de même fait repérer, preuve que le collégien avait quelques ressources. Sans oublier qu'il avait de quoi s'offrir les services de Moretti Le Mort.
La situation n'était pas encore inquiétante mais l'apparition d'un nouvel adversaire n'était jamais à prendre à la légère. Xanxus ne le savait que trop bien. Hibari Kyoya aussi n'était qu'un adolescent et pourtant, il était devenu en l'espace de quelques mois son plus grand ennemi. Il ne ferait pas deux fois la même erreur.
Il fit signe à Lévi qui s'était presque jeté à ses pieds de se relever et désigna le dossier du menton.
- Prends ta pause déjeuner, je te veux au collège à une heure.
- Amen.
Xanxus rangea son téléphone dans la poche intérieure de sa veste tout en se passant la main dans les cheveux. Encore une bonne chose de faite. Spanner rentrerait par le prochain avion et s'attèlerait à la production de quelques agents Mosca supplémentaires afin de renforcer la sécurité du club. Et si par la même occasion il pouvait s'occuper des fesses délaissées de son DJ d'amant qui commençait à plomber sérieusement l'ambiance avec son humeur massacrante, c'était encore mieux.
Il consulta sa montre en soufflant doucement : une heure moins le quart. Une table l'attendait à l'Aigle Noir, un cinq étoiles dans le centre, et son estomac criait famine.
- Ah, mon chéri, ça fait une heure que je t'attends ! s'écria une voix féminine alors qu'il quittait le club.
Il haussa un sourcil en faisant volte-face. Bianchi se déhanchait vers lui, perchée sur ses talons rouge passion, ses longs cheveux roses flottant gracieusement derrière elle. Elle lui colla un baiser sonore au coin des lèvres. Un type d'une trentaine d'années, mal rasé, le cheveux gras et le vêtement froissé parfumé à la bière bondit derrière elle.
- Que… ?
- Bianchi, ma tulipe, alors tu ne disais pas ça pour te débarrasser de moi ? Tu as vraiment un fiancé ? pleurnicha l'ivrogne.
- Adieu, Shamal, conclut la belle d'un ton implacable avant de tirer Xanxus à sa suite dans la limousine. Il faut renforcer la sécurité de ta boîte, patron. Ce boulet m'attend à la sortie tous les jours, gronda-t-elle.
Contre toute attente, Xanxus la gratifia de ce qui semblait être un sourire complice. Pourquoi se laissait-il sermonner par une barmaid de dix ans sa cadette ? Ça, mystère. C'était sûrement génétique. Cette fougue indomptable caractéristique de la famille Gokudera, c'était ce qui l'avait séduit chez son premier amant, Hayato. Dommage que ce dernier n'ait pas supporté de ne pas avoir l'exclusivité de ses attentions. Surtout qu'il avait fait un travail formidable lorsqu'il l'avait envoyé surveiller Hibari. Il s'était fait engager sans aucun mal au collège de Namimori où il travaillait toujours en tant que professeur de Chimie. Heureusement, sa sœur n'était pas aussi susceptible.
- Puisqu'on est là, tu m'invites à déjeuner, susurra Bianchi en s'installant confortablement sur la banquette en cuir.
- Certainement, ma chérie, marmonna le boss en posant sa tête sur ses cuisses avant de fermer les yeux.
La journée était loin d'être finie.
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