Avec vraiment beaucoup de retard, voici le nouveau chapitre. Je suis vraiment désolée pour l'attente et j'espère avoir encore des lecteurs.
Bonne lecture,
Sweety
Chapitre 10
Le soleil commençait à sombrer dans le ciel, descendant mais pas vraiment encore couché. Il était encore tôt lorsque Lisbon ferma son bureau et se dirigea vers l'ascenseur, ignorant les regards des membres de son équipe qui étaient encore à leurs bureaux. Jane lui avait demandé de rentrer à une heure décente et puisqu'elle n'avait pas été capable de se concentrer du tout, elle partait. Ça n'avait pas d'importance qu'il ne soit que cinq heures trente, ils n'avaient rien d'urgent et à chaque fois qu'elle tentait de travailler elle repensait au matin qu'elle avait partagé avec son mari. Le matin qu'il l'avait laissé en manque et envieuse.
L'ascenseur descendait, elle ne se rappelait pas, mais elle se rappelait avoir rejoué la scène de ce matin dans sa tête jusqu'à ce qu'elle arrive soudainement au parking. Son corps savait où il allait, elle n'avait pas besoin d'y faire attention mais elle parvint à chasser les pensées des mains de Jane sur sa peau nue pendant un moment afin de déverrouiller la porte de la voiture et monter dedans. Elle supposa que conduire en auto-pilot ne serait pas une bonne idée, donc elle tenta de se concentrer. Elle tenta vraiment, elle ne pouvait repousser la façon dont ses joues et son corps rougissaient, ou la façon dont elle bougeait sur son siège pour soulager la pression avant de quitter le parking.
Cela avait été intense entre eux dernièrement, moments intimes après moments intimes, mais elle ne pensait pas qu'elle serait si désespérée après avoir été aussi proche. Juste une fois, approuvant qu'elle ait été complètement nue et prête pour lui mais elle avait été celle à le repousser. Celle qui avait besoin de temps pour réfléchir et maintenant elle était celle qui souffrait. Elle ne regrettait pas cette décision, elle savait que c'était la bonne. Elle n'avait pu se relaxer assez et ça n'aurait pas été une expérience confortable. Il l'avait déshabillé, la mettant à nue, plus dissimulé sous un tas de vêtements en peu de temps et elle n'avait pas été capable de faire coopérer ses mains assez pour le toucher en retour, le déshabiller aussi. Elle voulait que leur première relation sexuelle soit collaborative, elle voulait qu'ils participent des deux cotés. Elle ne voulait pas qu'il soit le seul à tout faire ou elle n'en profiterait pas vraiment.
Elle voulait plusieurs choses avant d'aller jusqu'au bout, avant qu'elle ne cède et ne s'engage dans une relation alternant activités physiques. Tant de choses devaient être réglées avant de pouvoir se laisser aller et apprécier ce moment d'amour entre les draps. Elle savait qu'il serait facile, tendre et qu'il prendrait les choses lentement. Elle été en mesure de le dire par la façon dont il l'avait caressé et s'était lentement déplacé sur elle avant qu'elle ne se retrouve sous lui. C'était dans le langage de son corps et elle devait admettre que céder aurait semblé facile, mais elle ne l'avait pas fait car elle ne le pouvait pas. Ce ne serait plus juste 'du sexe' et elle avait besoin de réponses.
Les panneaux sur la route commencèrent à se brouiller alors qu'elle combattait pour garder son esprit sur ce qu'elle faisait et non pas celle qu'elle avait stoppé ce matin. Elle ne rentrait pas chez elle pour lui sauter dessus alors elle ne savait pas pourquoi son corps le pensait ou pourquoi son esprit était en contradiction avec les réactions de son corps au lieu de se concentrer sur les voitures autour d'elle.
Arrivant au feu rouge, elle sortit son téléphone de sa poche, tapa un rapide message et l'envoya à l'homme qui l'avait tant excité. Ce ne fut pas avant que son pouce se relève du bouton d'envoi et que la voiture derrière elle commença à klaxonner qu'elle réalisa deux chose importantes: le feu était vert de nouveau et elle venait juste d'envoyer un message à Jane pour lui dire qu'elle rentrait. C'était domestique, elle n'avait jamais fait ça avant. Cela la faisait se sentir come si le mariage commençait à fonctionner-elle n'y avait jamais avant qu'elle ne le fasse.
Résistant à l'envi de donner à l'homme klaxonnant de façon incessante derrière elle une part de son esprit, elle avança. Le voulant entre ses mains lui faisait du bien, la faisant se sentir en contrôle des choses, après s'être sentit hors d'elle tout au long de la journée. Elle ne pouvait pas dire qu'elle était concentrée sur la route même si elle savait à quel point c'était dangereux de ne pas l'être. Sa tête était trop retournée pour qu'elle puisse accorder son attention sur une chose ce qui expliquait pourquoi elle comparait la texture lisse du voulant à la douceur de la peau de Jane.
Avec un gémissement, elle repéra son appartement et pria pour que ses pensées coquines cessent dès que la tension sexuelle serait soulagée. Même si elle n'avait aucune intention d'avoir du sexe ce soir, elle espérait encore qu'elle partirait. Elle s'était dit toute la journée qu'il s'agissait simplement d'une réaction dû à la façon dont elle avait fini les choses, à l'expression du visage de Jane quand il lui avait dit de rentrer à la maison à une heure décente et le tendre baiser qu'elle lui avait donné avant qu'il ne parte. Elle était de plus en plus à l'aise avec leur statut, plus ouverte envers lui. Elle l'avait embrasée dans son bureau alors que la porte n'était pas verrouillée, pour elle c'était énorme.
Une autre raison pour laquelle elle avait quitté les bureaux plus tôt et qu'elle garait sa voiture devant son appartement serait aussi le fait qu'elle pensait que c'était le bon moment pour lui tendre une embuscade et avoir des réponses clairs. Ils pouvaient commencer à manger-elle n'avait pas vraiment envi de cuisiner- s'installant sur le canapé pour discuter de tout ça. Elle ne s'attendait pas qu'il ait fait autre chose que regarder la TV ou fait une sieste, ce qui allait parfaitement avec son plan.
Son téléphone sonna dans sa poche lorsqu'elle passa à coté de sa voiture et se dirigea vers la porte, résistant à l'envi de courir à la sensation de sa vessie pleine qui se faisait savoir. Un sourire se formait déjà avant même qu'elle lise que c'était un message de Jane, ou le contenu du message. Elle ne pouvait pas croire à quel point c'était facile d'être mariée avec lui, ce n'était plus aussi difficile que ça l'avait été au début. Juste vingt-deux jours, presque un mois et son cœur été passé de perdu à force d'être poussé dans différentes directions à simplement s'accommoder de ses tiraillements. Le simple message sur son écran capta son attention jusqu'à ce qu'elle atteigne la poignet de la porte, un court 'la porte est ouverte' était tout ce qu'il disait mais cela signifiait qu'il était réveillé.
Poussant la porte, elle entra et s'assura de verrouiller derrière elle. Elle n'aimait pas laisser déverrouiller, même si elle était chez elle et Jane le savait. Elle supposa qu'il l'avait ouverte juste pour elle, comme ça elle n'avait pas à chercher ses clés - c'était un geste délicat, vraiment très apprécié surtout qu'elle avait envi de faire pipi. Il était vraiment un homme adorable, d'une manière très peu conventionnelle. La première chose qu'elle remarqua fut les sons, quelques bruits retentissant dans la cuisine et la musique. Musique douce et ensuite un Jane dans une tenue décontractée passant prés d'elle pour déposer deux assiettes pleines sur la table.
« Patrick… c'est pour ça que tu a quitté le travail? » Ses yeux cherchaient son appartement, passant par le repas attendant pour elle, les oreilles écoutant la douce musique qui se jouait en fond sonore alors qu'elle remarqua le tas de couvertures et d'oreillers sur le sol de son salon. Elle supposa que c'était pour regarder un film puisque les oreillers étaient alignés pour faire face à la télévision, mais elle ne savait pas.
« Nous n'avons jamais eu de Lune de miel, je pensais que c'était le moins que je puisse faire et je sais que tu veux parler alors…" Ses bras écartés pour simuler un Ta-Da et elle ne pu retenir le petit rire qui bouillait. » Discussion ou nourriture en premier?"
« Pourquoi pas les deux? »
« Bien sûre. » Elle le regarda s'installer en face de son assiette, de ce qui semblait être Alfredo. Elle aimait vraiment Alfredo, et cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu quelque chose qui n'était pas pré-emballé et cuisiné au micro-onde. Rien n'était aussi bon si vous ne mangiez que des plats où il fallait juste rajouter de l'eau et faire réchauffer dix minutes. Aussi fort qu'elle voulait y gouter, son estomac gargouilla pour approuver, elle avait vraiment besoin d'utiliser la salle de bain et elle en était au point de ne plus tenir.
« Je vais juste me laver. » Il ne dit rien, elle savait qu'il ne le ferait pas et après avoir couru dans l'escalier, elle fut heureuse de trouver la salle de bain. Choquée par la vue d'une bouteille de vin à coté de la baignoire, timidement elle baissa son pantalon tout en fixant la bouteille et se demanda dans quelle partie du plan de Jane elle allait servir. Un soupir passa ses lèvres, faisant écho à travers les murs alors qu'elle se soulageait. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'elle réalisa le bruit qu'elle avait fait et regardant le sol, elle espéra que la musique couvre le son.
Après s'être lavé les mains, ramenait ses cheveux en un chignon désordonné et se changeait pour un jean et une belle chemise, elle retourna à la nourriture. Elle ne se sentait pas à l'aise dans sa tenue de travail face à tout ce qu'il avait préparé. Une tenue décontractée était plus approprié et apprécié si elle se fiait au regard qu'il lui porta lorsqu'elle le rejoignit à table, cela voulait tout dire.
Un seul coup d'œil et elle sentit les picotements dans son bas ventre recommencer encore. Les repoussant, du mieux qu'elle le pouvait, elle fouilla son assiette avec sa fourchette et plaça quelques pates à la hâte dans sa bouche. Elle espérait pouvoir se distraire elle-même.
« Waouh, ralentis ou tu vas finir par t'étouffer. verre d'eau se trouvait à coté de son assiette, Jane le poussa plus prés alors qu'elle mâchait lentement, ses joues rougissant d'embrassement. Se penchant en avant, son pouce effleura le sien alors qu'elle attrapait le verre. Elle détestait se sentir comme s'ils étaient à leur premier rendez-vous alors qu'elle était dans sa propre maison, leur maison et qu'ils étaient mariés depuis presque un mois. Elle se sentait stupide, levant le verre à ses lèvres dans une veine tentative pour réorganiser ses pensées.
" Désolée, j'avais juste très faim. Merci pour tout ça, c'est délicieux."
" De rien. Maintenant à propos de ce dont tu voulais parler?" Ils mangèrent tout les deux une bouchée avant qu'elle ne réponde.
" S'il te plait ne te fâche pas mais j'ai besoin de savoir, Okay? Je t'ai repoussé ce matin parce que j'ai besoin de savoir. Pourquoi ne sommes nous pas juste sortit?"
" Teresa…" Elle connaissait ce ton, c'était celui qu'il utilisait lorsqu'il était ennuyé mais elle secoua la tête pour le couper avant qu'il ne dise les mots qui à coups sur l'auraient laissé encore plus confuse.
" Non, Patrick écoute moi. Je… je te crois. " Fixant la nourriture dans son assiette, elle releva doucement le regard pour croiser le sien. " Je te crois quand tu me dis que tu m'aime et ça change les choses."
" Comme quoi?"
" Comme lorsque j'ai dis que nous pourrions avoir du sexe, après nous être embrassés. Maintenant je ne peux pas." Juste par le changement de tension, Lisbon su qu'il n'avait pas comprit ce qu'elle voulait dire et elle su qu'elle se sentirait encore plus mal à l'aise avant qu'il ne comprenne. Prenant une profonde inspiration, elle ignora le rouge de ses joues et s'éclaircit la gorge pour se reprendre. " C'est différent. Ce ne sera pas juste du sexe, n'est-ce pas?"
" Non."
" Ça ne me dérangeait pas de ne pas savoir, aussi longtemps que je pensais juste te venir en aide en tant qu'amie qui t'aime mais maintenant que je te crois, c'est différent. Si suis désolée si ça n'a pas de sens." Utilisant sa nourriture comme une échappatoire, elle prit une autre bouchée. Elle n'avait définitivement pas l'habitude de parler de choses aussi intimes comme ça.
" Je crois que je sais ce que tu veux dire. Je ne suis pas en colère."
" Donc… pourquoi tu m'as demandé en mariage au lieu de me proposer un dîner?"
" Egoïste, tu te rappel? Je te voulais pour moi seul." Détectant quelque chose de plus sérieux juste sous la surface, elle pencha la tête sur le coté, laissant légèrement ses lèvres s'ouvrir alors qu'il était celui à rompre le contact visuel. " J'avais peur de te perdre, Okay?"
" Me perdre?"
" Tu voyais ce gars pendant des mois et je ne pouvais supporter l'idée de te perdre après avoir réalisé à quel point je t'aimais, il ne te traitait pas correctement…" Ce fut la totale vulnérabilité dans sa voix, la façon dont il bougeait sur sa chaise dans une tentative pour le cacher qui lui fit prendre sa main et placer ses doigts sur les siens. Elle savait depuis le début qu'il y avait une raison sous-jacente dans cette histoire de mariage et elle sentait qu'elle s'en approchait.
" Je ne sortais pas avec lui. Nous sommes juste sortit de temps en temps et Patrick, tu ne pouvais pas me perdre."
" Tu aurais pu vouloir partir." Elle n'était pas habituée à son coté abimé, même après l'avoir entrevue au cours des années, elle n'y était pas encore habituée. Pressant doucement sa main, elle repoussa son assiette et se pencha en avant.
" Où serais-je allée? Si tu m'avais proposé de dîner au lieu de me proposer le mariage, où serais-je allée Comment m'aurais-tu perdu?"
" Tu aurais pu renoncer facilement, renoncer à cette relation et aller de l'avant. Je suis désolé si ça semble fou et contrôlé mais j'ai perdu une femme que j'aimais, je n'étais pas prêt à te laisser partir." Cela paraissait fou pour elle mais son cœur était tout retourné par l'émotion brute qu'il lui laissait voir et d'une façon qu'elle comprenait. Elle le comprenait, elle savait ce qu'il voulait dire et même si elle n'était pas certaine d'aimer son raisonnement, elle lui offrit quand même un sourire réconfortant. Ce n'était pas aussi mauvais qu'elle avait imaginé, pas aussi sobre mais cachait toujours une part d'ombre. Toujours un peu liée à John le Rouge mais elle n'avait pas vraiment peur que tout cela tourne autour de la mort du tueur en série, ou qu'elle ne soit qu'un remplacement de sa défunte épouse. Un poids avait été retiré de sa poitrine et ils n'avaient pas encore fini.
" Merci." Leurs mains étaient encore entrelacées, doucement dans une étreinte réconfortante et Lisbon n'était pas celle qui partirait. Elle n'avait plus faim et lorsque la main de Jane se retira de sous la sienne ce fut pour prendre son assiette et se pencher vers elle pour prendre l'autre.
" Tu as fini?" Le Jane vulnérable était partit, remplacé par son attitude habituelle et elle le laissa faire. Il avait surement paniquait comme elle lorsqu'elle avait précipitamment quitté le lit entièrement nue. Il venait de lui révéler quelque chose et elle lui en était reconnaissante mais la meilleure partie était qu'elle ne l'en aimait pas moins et qu'elle ne voulait pas mettre fin à leur mariage. Avec un clin d'œil, elle le laissa mettre son assiette dans le frigo, ainsi que la poêle qu'il avait utilisé pour cuisiner qui était encore pleine. Son estomac ne grondait plus comme plus tôt mais elle était loin d'avoir le ventre plein. Elle savait que dans quelques heures elle aurait encore faim mais pour le moment elle était contente de bouger de cette table.
Elle se dirigea vers les oreillers sur le plancher du salon, les approchant, les fixant des yeux et en poussa un gentiment du pied, elle était tentée de se laisser aller sur eux mais elle savait que Jane avait un plan. Elle le laissa faire, après s'être ouvert à elle, elle le laissa décider de la suite. Après tout, il avait été assez doux pour tout mettre en place pendant qu'elle était au travail pour la surprendre avec la 'Lune de miel'.
Le pied qu'elle utilisait pour taper les oreillers s'arrêta dans son mouvement lorsque ça la frappa. Lune de miel. Lune de miel, généralement les gens la passaient dans des activités qui ne nécessitaient aucun vêtement. Refroidit pas cette pensée, elle savait qu'elle n'était pas encore prête à coucher avec lui. Pas alors qu'elle l'avait rejeté quelques heures plus tôt. C'était une erreur et elle avait encore des choses en tête.
" Teresa, ce n'est pas une piscine. Tu n'as pas besoin de le tester." Le ton taquinant et chaud contre son oreille la fit se retourner pour lui faire face, sa main touchant à peine sa hanche. " Il y a une bouteille de vin à coté de la baignoire si tu veux te relaxer dans un bain chaud ou nous pouvons rester en bas."
" Ici c'est bien." Se laissant tomber au sol, elle du réprimer un grognement lorsqu'elle atterrit plus durement qu'elle ne l'avait prévu. Les couvertures ne l'avaient pas bien amortie mais c'était confortable. Il lui fallut quelque secondes pour s'éclaircir l'esprit, se couchant en arrière dans la mer d'oreillers mais une fois que ce fut fait, elle nota que les couvertures n'étaient pas à elle et seulement quatre des dis oreillers l'étaient. La couverture sur laquelle elle était avait l'air neuve et tous les oreillers bleu marine. " Tout ces…"
" Je les ais acheté aujourd'hui. Spécialement pour ça et je n'ai aucune idée de ce que nous ferons avec après." Un sourire arrogant illumina son visage et elle ne pouvait pas croire à quel point il avait l'air si vulnérable il y a quelques minutes. Sa cuisse frôlait la sienne, ses doigts touchaient son épaules alors qu'il prenait place à coté d'elle. Le jean qu'il portait était rude et doux contre la peau nue de sa jambe, la faisant involontairement frissonner. Les pensées et la chaleur qu'elle avait réussis à chasser durant leur conversation revinrent. Elle commençait à penser qu'elle allait exploser.
La pile d'oreillers les élevaient un peu, plus dans une position assise que couché sur le dos, mais Lisbon aimait ça. Elle savait que ça ne gênait pas tant son épaule. Il jurait qu'il allait bien à chaque fois qu'elle lui demandait mais elle pouvait voir lorsque ca lui faisait mal, c'était pousser trop loin. Il l'avait poussé ce matin, reposant son poids dessus et elle pouvait dire qu'il le sentait maintenant. C'était dans ses yeux mais elle ne dit rien. Il aimait à penser qu'il était un dure et elle n'avait pas évoqué les point de sutures au dessus de son œil donc elle ne le ferait pas avec son épaule.
Ils lui rappelaient tous les deux comment elle s'était senti lorsqu'il était tombé du toit, et peut-être que c'était pourquoi elle comprenait les raisons de sa demande en mariage. Elle avait pensé le perdre et elle avait détesté. Détesté la sensation dans sa poitrine, les larmes se formant aux coins de ses yeux et la façon dont elle avait crié. Quand il était tombé, ses cordes vocales avaient hurlé son nom et elle ne savait pas pourquoi. Ce n'était pas comme si son cri aurait pu l'arrêter.
Clignant rapidement, elle réalisa que les larmes dont elle se rappelait tentaient de revenir maintenant. Jane avait prit la peine de lui préparer à dîner et elle n'allait pas pleurer. Elle passa rapidement le dos de sa main sur sa joue. C'était une tentative de cacher la trainée humide qui avaient filtré mais bien entendu Jane l'avait fixé tout ce temps, une de ses mains venant s'immobiliser sur sa cuisse alors qu'il roulait vers elle.
" Hey, qu'est-ce qui ne va pas?"
" Rien." Un éclair de douleur passa dans son expression alors qu'il bougeait les oreillers pour s'aplatir et il se redressa sur son coude. La main sur sa cuisse remonta sur sa joue, la faisant se décaler sur les oreillers moelleux pour imiter sa position. Elle ne protesta pas lorsqu'il enveloppa sa taille de son bras et la tira contre sa poitrine. Elle était presque dans l'attente qu'il la touche et la serre contre lui, pas tout à fait mais pas loin. Ce n'était plus une surprise.
" Je sais que tu mens."
" Ce n'est pas important Patrick."
" Si ça te fait pleurer, alors oui c'est important." Ça lui brisait le cœur de penser qu'il avait eu peur de la perdre-elle n'avait jamais imaginé ça venant de Jane- et à présent elle ne voulait pas lui dire qu'elle aussi avait eu peur de le perdre? C'était confus mais elle ne voulait tout simplement pas ruiner tout ce qu'il avait préparé. Il était évident qu'il y avait mit du cœur. La douce musique s'écoulant dans l'air autour d'eux le prouvait.
Elle voulu le remercier correctement, lui prouver qu'elle appréciait tout ce qu'il avait fait et même s'ils étaient simplement installés sur le sol, au milieu de coussins, c'était son jour préféré depuis qu'elle était sa femme. Enfin, jusqu'à présent c'était son favori. Il lui avouait quelque chose d'important, lui avait fait à manger, et était en train de caresser sa joue avec la sienne. C'était presque félin et elle ne pu s'empêcher de rejeter la tête en arrière pour poser sa bouche sur la sienne.
Les lèvres se touchèrent, se caressant tendrement, s'ouvrant instantanément lorsque Lisbon l'approfondit. Elle le laissa la serrer plus fort, laissa sa main se perdre dans ses cheveux, retirant l'élastique pour libérer sa chevelure. Elle ne tenta pas d'approfondir encore plus le baiser qu'un langoureuse et chaude rencontre de bouche mais Jane s'attarda sur sa lèvre inferieur, la suçant entre ses dents et adoucissant la morsure par de tendre caresse de sa langue. Ce n'était pas de sa faute si un gémissement vint du plus profond de sa gorge, mais la sienne alors qu'il roula sur le dos, l'entrainant avec lui afin qu'elle se retrouve sur lui.
Elle l'embrassa plus ardemment, avec plus de ferveur alors qu'elle bougea pour se retrouver à cheval sur ses hanches mais il ralentit les choses avant qu'elle ne puisse s'en rendre compte. Elle était perdue, confuse quand à la raison pour laquelle il faisait ça mais elle n'eu pas le courage de s'écarter pour demander. Elle le laissa faire, un long soupir s'échappant de ses lèvres lorsque les mains de Jane passèrent entre leurs corps et ouvrirent le bouton de son short. Le bruit de la braguette l'interpella, la forçant à stopper le baiser, les yeux clos, son nez se frottant contre le sien amoureusement. Elle était désolée pour lui, elle l'avait repoussé déjà une fois ce matin et elle était en train de le faire de nouveau.
Elle pouvait sentir sa respiration contre ses lèvres alors qu'elle lui murmurait les mêmes mots que ce matin; stop. Ses doigts n'écoutèrent pas cette fois, poussant le vêtement alors qu'il posait un rapide baisé sur sa lèvre inferieur. Sa bouche se ferma tendrement sur le bout de chair, forçant ses mains à passer sous sa chemise. Ses doigts caressant sa peau nue, elle se laissa finalement aller complètement contre lui, incapable du moindre mouvement.
" Patrick…"
" Fait moi confiance, fait moi juste confiance." Elle le fit, complètement et c'est-ce qui fit accélérer son pouls lorsqu'il fit glisser son short sur ses hanches. Il grogna lorsqu'elle l'aida à le retirer, mais ce n'était pas d'excitation -bien qu'elle puisse dire qu'il n'était pas immunisé par son actions- c'était de douleur, elle était en train de pousser trop fort sur son épaule. Elle finissait toujours par lui faire mal.
Elle lui faisait confiance mais elle n'était pas certaine de se faire assez confiance et considérant le fait qu'elle attrapait toujours son épaule blessée, elle était inquiète. Elle savait qu'il ne tenterait rien mais lorsque ses doigts glissèrent à l'arrière de ses cuisses, elle se demanda s'il se rappelait qu'elle n'était pas prête pour cette partie de la Lune de miel.
"Qu'est-ce que tu me fait?" Sa question sortit plus haletante et plus petite qu'elle l'avait prévu mais lorsqu'il attrapa le bas de son débardeur dans ses mains et qu'il pressa sa bouche sur la sienne, elle cessa de se questionner. Tout ce qu'elle savait c'était que son mari la rendait folle et elle ne voulait pas qu'il arrête. C'était un complet renversement de ce qu'elle avait ressentit le jour de leur 'mariage' et le lendemain, et le jour d'après et… et bien, jusqu'à cette semaine en réalité.
" Je ne fait rien, le reste de tes vêtements restera en place."
" Okay." Elle ne savait pas quoi répondre d'autre, ne savait pas de quoi il parlait jusqu'à ce qu'il la fasse rouler de sur lui, l'installant à coté de lui. Cela devin un peu plus clair lorsqu'il retira son propre pantalon et sa chemise. Elle était complètement captivée par le mouvement de ses bras au dessus pour retirer la chemise, ses muscles se contractant sous sa peau. Elle ne bougea pas, elle resta blottie contre les coussins jusqu'à ce qu'il se réinstalle en arrière et la laissa se reposer contre sa bonne épaule. " Que faisons-nous?"
" Et bien ma chère, je pensais aller chercher le vin que j'ai laissé à coté de la baignoire et alors nous allons simplement rester là et apprécier la musique et boire."
" Ne pense pas que me faire boire me fera coucher avec toi plus tôt."
" Ça ne m'a même pas traversé l'esprit." Avec un sourire et un clin d'œil, il la serra un peu et se leva. " Je ne te fera pas ça, et je sais que tu veux parler plus mais je pense que nous devons prendre un sujet à la fois. Sinon nous allons finir par nous disputer constamment et je ne veux pas que tu doute encore."
" J'ai compris Patrick, je ne pense pas que nous avons forcement fait une erreur. Nous aurions du y penser un peu plus. Je t'ai arrêté ce matin parce que c'était précipité…"
" Pas encore ça. Nous n'avons rien précipité."
" Ce n'est pas ce que je voulais dire, Je voulais dire que nous devions aller travailler et que nous n'aurions pas eu de temps." Un petit sourire apparut sur son visage alors qu'il soufflait un petit 'oh' et il se tourna vers les escaliers. Elle devait admettre qu'elle se sentait de plus en plus à l'aise d'être mariée. Elle avait pensé que ce serait tendu et délicat tout le temps, comme au début, mais elle était en train d'en apprendre plus sur lui et cela devenait plus simple de se convaincre qu'elle portait son alliance pour une bonne raison. Elle espérait ne plus douter un jour, mais pour le moment elle était à l'aise avec ce nouveau confort.
Elle était certaine qu'ils seraient vraiment distants après leur matin mais au lieu de ça ils s'étaient rapprochés, s'étaient plus touchés et avaient repoussés les limites. Elle avait eu tort et elle en était heureuse. Elle n'aimait pas la tension entre eux, n'aimait pas toujours marcher sur des œufs et ce n'était pas si mal. Elle allait boire du vin et apprécier une fin d'après-midi avec Jane, cela semblait être un bon plan et avait pu éloigner de son esprit la distance en lui rappelant l'homme, son corps encore chaud des baisers qu'ils venaient d'échanger et la façon dont il lui avait retiré son short.
Il l'avait fait donc elle à l'aise si jamais ils venaient à s'endormir, mais il était encore tôt et elle trouvait ça ridicule. Ça n'avait pas d'importance, elle n'allait pas se rhabiller, elle trouvait juste ça un peu étrange. Encore une fois, tout ce qui concernait Jane avait tendance à être étrange mais il lui avait préparé une romantique Lune de miel -moins les bougies et les roses- et elle devait le remercier pour ça. Elle ne regrettait pas de l'avoir épousé, elle tentait juste de s'y faire. De donner un sens à tout ça et peut-être que c'était sa faille mais quand l'homme se réinstalla à ses cotés, la bouteille de vin ouverte à la main et lui proposa, elle accepta.
Était-ce encore fou d'être mariée à Patrick Jane? Oui. Acceptait-elle peu à peu que l'amour était la raison? Partiellement. Serait-ce toujours emballé dans un jolie paquet? Non. Leur relation était l'une de ces boites hideuses de Noël, mal emballées par une de ces grands-tantes qui n'avaient que du papier brun et des lacets de chaussures pour le faire, mais c'était la leur.
Le vin les aida à se détendre, les aida à laisser aller les choses qui les empêchaient de se calmer et se relaxer. Lisbon s'enfouie dans les oreillers, Jane continuant de lui en donner plus jusqu'à ce qu'il ne lui reste que le sien. Elle pouvait le voir à travers, et quand il prit une autre gorgée de vin, elle se redressa. Il la regardait avec une lueur étrange sur le visage, une qui lui rappela celle qu'il avait lorsqu'il préparait l'un de ses mauvais plans. Cela l'inquiétait un peu et lorsqu'il parla, elle réalisa qu'elle avait raison de s'inquiéter.
" J'ai besoin d'un surnom pour toi…"
" Je ne suis toujours pas habituée à ce que tu m'appelle Teresa." Honnêtement, elle ne voulait pas d'un surnom. Elle n'avait toujours pas atteint ce niveau de compatibilité avec lui. C'était un processus graduel. Ils avaient assez fait de choses de travers et elle n'était pas encore au point de vouloir une sorte de nom d'animal. Bien qu'elle en ait quelques uns pour lui et tous étaient assez explicites. Ass, son of the bitch, Jackass… la liste était vraiment longue mais c'était différent. Il voulait lui donner un surnom car il pensait que tout allait mieux entre eux, qu'ils avaient encore quelques petites choses à se dire mais que le plus dur était passé. Elle ne le croyait pas encore, elle ne voulait pas se laisser y croire. Elle croyait qu'ils avaient avancé et progressé mais cela ne la rendait pas plus à l'aise sur le fait qu'il lui donne un surnom.
" Je l'ai… Reese, come la tasse de beurre de cacahuète."
" Non, c'est horrible. Je refuse."
" Je l'aime bien." Laissant sa tête tomber sur sa poitrine, elle gémit. Au moins elle pouvait se délecter d'être revenu à leurs petites joutes verbales.
" Je te ferais mal, je le ferais vraiment. J'ai beau aimer le fait que tu as fait beaucoup pour cette 'Lune de miel' mais…"
" Oh non, ce n'est pas la Lune de miel. C'est juste une nuit relaxante qui me permet de te dire que notre vraie Lune de miel sera à Venise, en Italie lorsque tu le choisiras." Restant sans voix aux mots qu'elle venait d'entendre, Lisbon releva la tête pour le regarder dans les yeux et fut récompensée par son regard sérieux qui fit battre son cœur. Elle avait toujours rêvé de visiter Venise.
" Vraiment?"
" Mhm, mais je ne veux pas y aller tant que la tension et les incertitudes ne seront pas parties. Je veux que ma femme soit simplement ma femme." Elle pouvait comprendre sa requête, c'était simple et savait ce qu'il voulait dire. Elle avait besoin de régler les choses avant d'entreprendre un tel voyage mais elle était enchantée par l'idée. Elle avait pensé que le repas et la relaxation étaient sa vision de la Lune de miel mais alors Venise?
Laissant doucement sa main rejoindre la sienne, elle chassa toute l'excitation et les taquineries de son comportement, le laissant voir à quel point elle était touchée. Le laissant voir qu'ils avançaient, qu'ils n'étaient pas coincés dans un mariage inconfortable et stressant pour toujours. Un jour tout iraient mieux. Elle espérait que ce ne serait pas trop long.
" Je peux t'appeler Reese maintenant?"
" Pas si tu ne veux pas recommencer à dormir sur le sol."
TBC…
