Belle
Partie 2: Amitié à toutes épreuves
Avoir apprivoisé une Bête est une chose ! Mais quand cette Bête devient votre meilleure amie et que l'on cherche à la tuer, vous n'avez pas d'autre choix que de la cacher. Ainsi, Erline conduisit Belle loin de la cascade où elle vivait pour l'amener dans une vieille bergerie abandonnée en haut d'une crête. Erline et Frodon l'avaient trouver en se promenant et le petit Prince adorait y aller. C'était sa maison dans les montagnes.
« Y'a que moi qui ait le droit de venir ici. Frodon s'y arrête de temps en temps quand il cueille des fleurs mais c'est jamais longtemps. On sera tranquille ici. C'est chez moi ! Enfin... chez nous, maintenant ! »
La jeune Belle renifle les murs et l'entrée de la bergerie avant d'y entrer. Elle vérifie si jamais il y avait un risque pour elle... mais les rares odeurs d'humains sont très anciennes. Elle se tourne vers le jeune Prince qui lui sourit puis continue son observation.
« Attends ! T'as pas vu le mieux ! Même Frodon ne l'a pas remarqué ! »
Il se dirige vers le fond de la bergerie et écarte légèrement quelques barriques avant de se glisser derrière. Un vieux rideau le cache mais il y a un trou dans la paroi.
« Un passage secret qui mène dehors ! Comme ça, si quelqu'un entre, tu pourras te cacher là ! Personne ne te verras ! Viens ! »
Il se glisse à l'intérieur du trou puis regarde derrière lui, vers Belle. La jeune Warg le regarde avec crainte et recule légèrement.
« Bah viens ! Qu'est-ce que tu as ? »
La jeune Warg baisse la tête.
« T'as peur ou quoi ? » s'étonne-t-il.
Belle se met à grogner comme si Erline venait de lui dire ses quatre vérités. Le jeune Prince soupire en regardant son amie à quatre pattes.
« Mais t'es une poule mouillée ! Vive la Bête monstrueuse ! » ricane-t-il en sortant pour aller la caresser.
Son amie lui lèche le visage mais soudain, elle grogne. Erline se fige et entend des pas. Quelqu'un venait par ici. Le jeune garçon se dirige vers la porte et regarde qui arrive. Il voit soudain les boucles noires de son cousin. Frodon avance calmement dans les hautes herbes en cueillant des fleurs sauvages pour décorer les chambres et salles d'Erebor.
« Zut ! Frodon ! Zut de zut de zut ! Qu'est-ce qu'il trafique ? »
Frodon lève soudain les yeux et remarque une silhouette qu'il semble reconnaître près de la bergerie abandonnée. Remarquant le regard de son cousin, Erline se dépêche de retourner à l'intérieur. Hélas pour lui, le jeune Hobbit l'a remarqué et monte vers la bergerie. Erline ne voit pas d'autre solution pour protéger Belle qui refuse d'aller dans le passage. Il sort de la bergerie pour aller à la rencontre de son cousin.
« Erline ? s'étonne Frodon en le rejoignant. Qu'est-ce que tu fais là encore ?
_Bah je... » bégaye le petit Prince en jouant avec ses doigts avant de regarder vers la bergerie.
Ce regard intrigue Frodon. Il monte vers la bergerie mais Erline reste toujours devant lui comme pour lui faire barrage. Mais lorsqu'il arrive devant la porte, le Prince lui bloque le passage.
« Qu'est-ce que tu fais ?
_Je peux tout t'expliquer ! s'exclame Erline en tremblant.
_ Expliquer quoi ? »
L'enfant marmonne, incapable de dire ce qu'il veut dire. Frodon fronce les sourcils puis, bousculant gentiment son cousin, il entre dans la bergerie. Il observe attentivement chaque recoin de la bergerie mais, à l'étonnement d'Erline, il ne trouve rien et surtout pas la trace de Belle. Le jeune Hobbit-Nain fronce les sourcils. Où était-elle passée ? Mais cela le rassure. Elle avait pu se cacher. Frodon fronce les sourcils et se tourne vers son cousin qui soupire discrètement.
« Eh bien ? Qu'est-ce que tu voulais m'expliquer ?
_Hein ? Oh rien ! C'est pas important ! » sourit Erline.
Son cousin fronce les sourcils et se dirige vers lui. Il se penche vers l'enfant et tente de lire sur son visage.
« Mais enfin qu'est-ce que tu caches ? Tu es vraiment bizarre !
_Pas plus que d'hab ! » répond l'enfant en haussant les épaules.
Frodon le regarde comme s'il était fou puis lui prend la main pour le sortir de la bergerie.
« Viens. On rentre à Erebor ! Les chasseurs sont de sortie aujourd'hui. »
Alors que les cousins sortent de la bergerie, Belle sort son museau de derrière le rideau. Elle s'était cachée là, dans le passage secret où elle avait eu peur de se glisser avec Erline. Celui-ci, d'ailleurs, suit son cousin puis, légèrement inquiet, il se tourne vers la bergerie. Soudain, Belle sort la tête par la petite lucarne où débouche le passage secret. Erline lui sourit et Belle lui fait signe de partir. Souriant, il lui fait un discret au revoir puis court rejoindre Frodon qui avance vers Erebor. Dès qu'il arrive à sa hauteur, il attrape la main de son cousin et sourit.
« Qu'est-ce que tu as fais comme bêtises ? sourit Frodon.
_ Rien ! »
Les deux cousins s'éloignent de la bergerie et rentrent à Erebor. Une fois rentrés, Bilbo demande à son fils de ne s'absenter dans les plaines que l'après-midi. Les Nains avaient demandés l'aide des Elfes et les battues auraient lieu selon les volontés du Roi, qui avait demandé à qu'elles aient lieu le matin afin que son fils puisse jouer librement dans les plaines. Erline n'aimait pas cette idée mais, au moins, il avait droit de sortir pour aller revoir Belle.
Le lendemain, Erline passa le matin avec Frodon à apprendre les fleurs médicinales et le langage des plantes. Bien que ça n'amuse pas vraiment le jeune Prince, il écoute attentivement les paroles de son cousin. Frodon lui disait que cela pourrait lui servir... mais dès que les gardes reviennent de la battue (qui a été un échec) en début d'après-midi, Erline se lève et part en courant vers les plaines.
« Erline ! Où tu vas ? s'exclame Frodon.
_Je vais jouer ! » crie-t-il en s'éloignant.
Son cousin fronce les sourcils, de plus en plus intrigué. Pourquoi Erline était-il si impatient de partir dans les plaines ? Que cachait-il ?
Après être aller chercher Belle à la cabane, le jeune Prince l'emmène près de la rivière pour pêcher. Bien qu'il n'ait pas de canne à pêche, Erline tente d'attraper les poissons avec ses mains. Dans le creux entre les rochers, il bloque les poissons, les attrape rapidement et les jette sur le bord. Belle, elle, utilise ses crocs pour coincer les poissons et les jette sur la rive. Certes, elle en dévore la moitié mais la partie de pêche est satisfaisante. Mais alors qu'ils s'apprêtent à repartir, ils entendent un cri de douleur. Un cri d'animal blessé. Et là, presque aussitôt, une biche blessée arrive près de la Rivière, une flèche plantée dans la cuisse. Affolé, Erline court vers elle avec Belle. La bête blessée tente de s'enfuir mais le garçonnet la rejoint et la caresse doucement.
« Tout va bien ! Calme-toi ! Je vais t'aider ! »
La présence de Belle ne rassure pas la biche mais le jeune Hobbit-Nain arrive à la convaincre. Elle se laisse tomber sur le sol et le garçonnet observe la plaie. La flèche est enfoncée profondément dans la cuisse de l'animal... mais pour tuer un animal, la cuisse n'est pas l'endroit qu'il faut viser.
« Qui est l'abruti qui as tiré cette flèche comme un manchot ? » s'énerve Erline en attrapant la flèche.
Il tente de la retirer tout en gardant la biche calme. La pauvre bête a mal mais elle sent que l'enfant cherche à l'aider. Après quelques minutes, il arrive à retirer la flèche entière. La biche se redresse et s'éloigne en boitant pendant qu'Erline et Belle observent la flèche.
« Une flèche d'Elfe ! Purée, les connards ! » s'énerve Erline.
Belle grogne puis soudain, d'autres bruits d'animaux blessés retentissent. Intrigué, le jeune Prince et son amie se dirigent dans la direction d'où venaient la biche. Là, dans la plaine, trois Elfes tirent sur les animaux avec leurs arcs. Des Elfes de la Forêt Noire ! Le Roi Thranduil accompagné par une jeune Elfe rousse et un Elfe blond qui ressemble à Thranduil. Voyant cela, le sang d'Erline ne fait qu'un tour. Il court vers eux, la flèche ensanglantée encore dans sa main.
« Faut pas tirer sur les biches ! Vous n'avez pas le droit ! Ce sont les terres d'Erebor ! » hurle Erline en allant se planter à côté d'eux.
Thranduil se tourne vers l'enfant avec son air de dédain habituel alors que les deux autres Elfes (qui se trouvent être Tauriel et le Prince Legolas) regardent le petit Hobbit-Nain devant eux. À part le Roi, aucun d'eux n'a vu le Prince d'Erebor. Celui-ci serre les poings et leur crie :
« Si jamais mon père voit ça, il va vous démolir ! »
Alors que Tauriel se retient d'éclater de rire car elle trouve l'enfant adorable, Thranduil hausse les épaules. Parlant elfique, il ordonne à son fils et à la jeune femme de continuer. Legolas, malgré qu'il se doute que cela n'est pas légal, replace une flèche sur son arc, prêt à tirer. Erline, furax, se place devant lui et lève la flèche pour menacer Legolas.
« Tu tires, je te plante comme tu as planté la biche ! » menace l'enfant.
Agacé, Thranduil attrape violemment le bras de l'enfant et l'éloigne de son fils en lui arrachant la flèche des mains.
« Fiche-nous la paix, sale gamin ! » grogne-t-il.
Soudain, les grognements furieux d'un animal se fait entendre et, avant que le Roi Elfe ait le temps de voir d'où vient le bruit, Belle sort des buissons et se jette sur lui. Le Roi Elfe se retrouve à terre, sous la jeune Warg qui lui mord le bras. Thranduil hurle de douleur et Tauriel et Legolas, affolés, prennent des flèches et s'apprêtent à tuer l'animal.
« Non ! » hurle Erline en courant vers Legolas.
Pour l'empêcher de tirer, le petit prince Nain lui attrape le poignet. Ce contact a pour effet de réveiller le nom gravé sur le poignet du prince Elfe. Cela à l'effet d'une brûlure. Legolas hurle et lâche son arc pour saisir son poignet. Voyant son Prince dans la douleur, Tauriel lâche son arc et court voir ce qu'il a, permettant à Erline de prévenir Belle.
« Sauve-toi ! » hurle-t-il.
La jeune Warg lâche enfin le bras de Thranduil et s'enfuit dans la montagne pour retourner à la bergerie. Erline, lui, s'enfuit et s'apprête à retourner à Erebor... mais Tauriel arrive à le rattraper.
« Lâchez-moi ! » ordonne le jeune Prince en se débattant.
Thranduil se relève, le bras en sang et le regard furieux. Legolas masse son poignet, son cœur s'emballant soudain. Son poignet lui avait fait mal quelques semaines après qu'il ait rencontrer l'Héritier d'Erebor mais cela s'était ensuite passé car il n'avait plus eu de contact avec le jeune Prince. Alors seul lui pouvait réveiller cette douleur. Il est tellement perdu dans ses pensées qu'il entend à peine son père.
« Nous allons à Erebor ! Vous allez devoir expliquer tout cela à votre père, Prince Erline ! »
Tauriel sursaute et regarde l'enfant, incapable de croire qu'elle est face au Prince d'Erebor. Erline, lui, fusille Thranduil du regard mais, au moins, Belle a put s'échapper et elle était sauve.
Lorsque les gardes d'Erebor virent le Roi Thranduil blessé au bras avec son fils, la dame Tauriel et leur Prince, autant dire que la surprise fut de taille. L'un d'eux courut prévenir le Roi de l'arrivée du Souverain Elfe, un autre alla chercher le médecin et les autres tentèrent de savoir ce que le Roi Thranduil pouvait vouloir au Roi Thorin... mais l'Elfe ne donna aucune explication à sa venue et s'en fut immédiatement vers la salle du trône. Erline, toujours tenu par Tauriel, tente de se dégager de l'emprise de la jeune elfe tout en grognant et bougonnant des insultes au Roi.
« Lâchez-moi, bâtards d'elfes ! Saloperie d'Oreilles Pointues ! J'espère que vous allez crever votre morsure, sale ordure ! »
Lorsqu'ils entrent dans la salle du trône, Bilbo est plus que choqué de voir son fils avec des Elfes (surtout Thranduil blessé au bras) et Thorin furieux de se retrouver face au Roi Elfe. Tauriel lâche le petit garçon qui court rejoindre son maternel qui le prend dans ses bras. Erline leur tire la langue, furieux,... mais se fait gronder par Bilbo. Le médecin arrive et bande le bras du Roi Elfe.
« Que voulez-vous, Thranduil ?
_Un dédommagement, Roi Thorin ! déclare l'Elfe. Vous savez pour le Warg qui rôde dans vos plaines ?
_Vous parlez de la Bête ? s'étonne Kili.
_La Bête ? Ainsi donc, vous saviez ce qu'était cette Bête qui s'en prend aux moutons des Hommes ?
_ Nous le soupçonnions. Est-ce elle qui vous a fait cela ? demande Thorin.
_Demandez donc à votre fils ! Il était présent lors de l'attaque. »
Tous se tournent vers Erline qui a la tête basse et qui se tait.
« C'est vrai, Erline ? » s'inquiète Bilbo.
L'enfant reste silencieux, refusant de parler. Bilbo soupire, le pose sur le sol et le force à le regarder.
« Je ne te gronderais pas, Erline. Mais dis-nous la vérité. Étais-tu là ou pas ? »
Erline hésite un instant puis hoche la tête. Thorin soupire, Fili et Kili se regardent étonnés, et Frodon se mord les lèvres. Le gamin refuse d'expliquer quoi que ce soit d'autre. Et Frodon sait qu'Erline ne dira plus rien. Tauriel doit le comprendre au regard de Kili car elle se permet d'avancer jusqu'au petit Prince et s'agenouille devant lui.
« Prince Erline... tente-t-elle. Que faisiez-vous seul là-bas, avec cette Bête en liberté ?
_Je pêchais ! Parce que moi, j'ai le droit ! Vous, vous blessiez les biches sans les tuer ! Et en plus vous aviez pas le droit d'être là ! » s'énerve Erline, furieux.
Thorin lance soudain un regard furieux vers Thranduil. Les deux Rois se fusillent du regard mais Tauriel n'en tient pas compte.
« Vous pêchiez sans canne à pêche, Prince ?
_J'ai pas besoin de canne à pêche ! Mes mains sont suffisantes ! Ça blesse pas comme vos saletés d'arcs ! »
Bilbo lève les yeux au ciel, se demandant ce qu'il a fait aux Valars pour avoir un fils aussi buté que son père. Thranduil se retient de rire.
« Ainsi donc, vous n'éduquez pas votre fils, Roi Thorin ?
_Lui au moins connaît les limites de notre Royaume ! grogne Thorin.
_Mais il traîne avec les bêtes sauvages. À croire que les chiens ne font pas des chats ! »
Legolas se sent mal à l'aise. Thorin sent la colère montée en lui et il s'apprête à se lever, près à étriper le Roi Elfe, mais Bilbo et Frodon ont le réflexe de retenir le Roi Nain. Les sujets présents ne savent plus quoi faire. Erline s'énerve également.
« Toi, tu la ferme ! Quant on est pas capable de respecter les règles, on ne prétend pas être un Roi ! » grogne-t-il.
Thranduil se contente d'éclater de rire. Thorin est presque prêt à frapper Bilbo et Frodon pour tuer le Roi Elfe... mais Erline trouve soudain de quoi énerver le Roi Elfe.
« Moi, je sais pourquoi elle t'a mordu, la Bête ! dit-il, surprenant tout le monde. Tu pues tellement qu'elle t'a pris pour un bouc ! »
Les nains présents éclatent de rire, Bilbo ne sait plus où se mettre et Thranduil pâlit de colère.
« Espèce de... grogne-t-il, prêt à frapper l'enfant qui court se cacher derrière Frodon.
_Laissez-le tranquille ! ordonne Thorin, détournant l'attention de Thranduil. Mon fils n'a pas tort. Vous sentez vraiment le bouc. En vous mordant, le Warg vous a-t-il baver dessus ? »
Le fier Roi Elfe se fige et tremble de rage contenue. Erline éclate de rire derrière les jambes de son cousin Hobbit et Kili et Fili se retiennent de rire comme des gamins. Bilbo, qui a rejoint son époux, lui frappe l'épaule et le fusille du regard. Legolas se met à parler en elfique à son père pour le calmer... mais Thranduil se met à hurler en elfique, visiblement énervé. Tauriel jette un appel à l'aide silencieux à Kili à travers ses yeux verts. Kili ne peut que hausser les épaules. Il ne comprend pas bien l'elfique et donc ne peut que faire des suppositions sur la colère du roi. Enfin, Thranduil se calme et redresse la tête vers Thorin.
« Vous me prenez pour un imbécile, Roi Thorin. Mais j'entends les plaintes des Hommes et beaucoup me demandent de l'aide. Et avec ce qu'il vient d'arriver, je pourrais accepter... mais votre réputation en tant que Roi va baisser. Les Hommes ne verront plus le Souverain que vous voulez être ! » dit-il avec un petit sourire.
Le Roi Nain se fige et la colère remonta soudain tel une flèche. Il serre ses poings tellement fort que ses doigts semblent s'enfoncer dans sa paume. Thranduil pensait-il devenir le Roi le plus aimé des Hommes en les débarrassant de la Bête ?
« Vous ne pourrez faire mieux que nous ! grogne Thorin. Nous faisons déjà des battues tout les jours et aucun résultat n'a prouvé que les Elfes avaient fait mieux.
_Si tel est le cas, déclare Thranduil, rassemblons nos forces contre cette Bête ! À moins que vous n'aillez un autre plan. Vous comptez régler cela comment, Roi Thorin ? »
Erline est figé sur place. Non ! Son père ne pouvait pas s'allier aux Elfes ! Surtout pour tuer Belle !
« Non, papa ! Tu ne peux pas faire ça ! » s'affole-t-il en courant vers son père.
Sans lâcher Thranduil des yeux, Thorin repousse doucement son fils. Les deux rois se regardent dans les yeux puis, presque froidement, le Roi Nain déclare :
« Organisons une battue ! Et on l'aura cette Bête ! »
Erline est figé sur place à cette déclaration. Son cœur se met à battre dans ses oreilles. Le roi Thranduil semble aimé cette proposition.
« Je veux tout vos guerriers dans ce cas !
_Les meilleurs du Royaume ! Mais j'en veux autant de votre part !
_Sans problème ! sourit Thranduil. Si nous sommes d'accord, disons demain, à l'aube, devant la Montagne !
_C'est parfait ! approuve Thorin.
_Non ! s'affole Erline en se jetant au bras de son père. Non papa non ! Ne fait pas ça !
_Erline ! Ça suffit ! gronde le Roi en repoussant son fils qui tombe sur le sol. Cette Bête est dangereuse et doit être tuée ! L'accident d'aujourd'hui le prouve ! Alors maintenant, files dans ta chambre ! »
L'enfant le regarde, stupéfait, les yeux remplis de larmes. Mais avant que Bilbo n'ait le temps de le redresser, le petit garçon se lève, furieux, et s'enfuit en courant vers sa chambre. Thorin et Thranduil sont tellement occupés à préparer la battue du lendemain qu'ils ne le remarquent pas... mais Bilbo, lui, remarque que son fils est triste pour la bête.
Erline court vers sa chambre, les yeux fermés sous la colère mais malgré tout remplis de larmes. Son père ne pouvait pas tuer Belle ! Son amie devait vivre ! Elle n'était pas méchante, elle n'était pas cette Bête, elle ne tuait pas les moutons. Soudain, il percute de plein fouet les grandes jambes de quelqu'un plus grand qu'un Nain. Un homme vêtu de gris et à la longue barbe blanche.
« Regarde donc où tu vas, jeune prince ! sourit Gandalf.
_J'ai pas envie de regarder où je vais ! grogne Erline. Mon père va faire une chose horrible alors je ne veux même plus être Prince !
_Tu aimes donc tant ce jeune Warg ? »
À cette question, Erline se fige. Il avait pourtant été prudent. Comment Gandalf était-il au courant ? Il regarde vivement dans le couloir mais soupire en voyant qu'ils sont seuls.
« Comment savez-vous pour Belle ?
_Belle ? Un bien joli nom ! sourit le Magicien. Je le sais car je suis Gandalf, mon garçon. Je ne sais peut-être pas tout, mais je sais beaucoup de choses. Et lorsque tu t'es perdu dans la Forêt Noire, Radagast le Brun m'a dit t'avoir vu avec un Warg et même que tu l'aurais protéger. J'ai donc voulu vérifier et j'ai surveillé ton compagnon.
_Vous savez donc qu'elle ne tue pas les moutons ! Ce n'est pas elle !
_Je le sais, jeune Prince. Mais hélas, sans connaître le coupable, je ne peux rien dire à ton père. Mais je t'ai vu lui montrer les pièges et l'apprivoiser. J'ignorais cependant qu'elle avait un nom.
_Ils veulent la tuer, Gandalf ! Papa s'est allié aux Oreilles Pointues pour la tuer ! Il faut les arrêter !
_Sans le vrai tueur de moutons, nous ne pouvons pas grand chose. » soupire Gandalf.
Erline le regarde, les yeux remplis de larmes puis bouscule le magicien pour retourner dans sa chambre... mais le vieil homme lui attrape l'épaule. L'enfant se tourne vers lui pendant qu'il s'agenouille à sa hauteur. Il a un drôle de sourire derrière sa barbe.
« Mais je sais comment on peut la sauver.
_Comment ? demande Erline, reprenant espoir.
_Il faut l'emmener dans un lieu sûr !
_Je lui ai déjà montrer une place pour se cacher...
_La vieille bergerie ne sera pas un refuge. Les Elfes la fouilleront et trouveront Belle. Il faut l'emmener loin d'ici ! »
Erline se fige. Il n'avait jamais été plus loin que la Forêt Noire.
« L'emmener où ? » demande Erline.
Gandalf sourit avec un petit air qu'Erline n'a jamais vu sur son visage. Un air étrange comme s'il manigançait quelque chose.
« Dans un endroit où nul ne pensera à la chercher : dans la Comté ! »
Le lendemain, peu avant l'aube, tout les chasseurs Nains et Elfes se réunissent devant la Montagne. Thorin et Thranduil planifient contentieusement l'itinéraire sur un plan. Kili et Fili sont parmi les chasseurs tout comme Tauriel et Legolas. Soudain, Bilbo et Frodon sortent de la Montagne, inquiets.
« Thorin ! Erline s'est sauvé ! s'affole Bilbo.
_Quoi ?
_On l'a chercher dans toute la Montagne ! explique Frodon. Il a dû encore sortir dans les plaines. »
Thorin se rend soudain compte qu'il n'a pas écouté son fils la veuille. Peut-être qu'Erline s'était sauvé alors qu'il savait qu'il allait y avoir une battue justement pour se faire entendre.
« Bien ! Alors écoutez-moi tous ! On cherche non seulement la Bête mais également mon fils ! Alors si vous n'êtes pas sûr de ce que c'est, ne tirez pas ! Et n'oubliez pas ! Je ne veux pas voir de Nains et d'Elfes faire leur chasse tout seuls ! On reste groupés, en ligne, et on fait du bruit ! Le premier que je vois hors des rangs sans raison, je m'en charge personnellement !
_Je vous accompagne ! s'exclame Bilbo. Je dois retrouver mon fils !
_Bilbo... si Erline revient à la Montagne...
_Je le connais ! Je saurais le reconnaître de loin ! Et Frodon reste à Erebor au cas où il rentrerait. »
Thorin soupira mais hocha la tête. Soudain, Frodon semble comprendre quelque chose. Il comprend soudain pourquoi Erline allait toujours jouer dans les plaines, ce qu'il faisait dans la bergerie et pourquoi il était contre cette battue.
« Dans quelle vallée allez-vous faire la battue ? demande-t-il.
_À la cascade ! C'est là que les attaques ont eu lieu. répond Kili.
_Elle ne sera pas à la cascade ! Dit le jeune Hobbit, surprenant les chasseurs. C'est la falaise là-bas, qu'il faut bloquer ! Par là, il y a une vieille bergerie abandonnée. Elle a dû se cacher là-bas. En plus, c'est proche de la Forêt Noire. Elle est là-bas, j'en suis sûr ! Et je suis prêt à parier qu'Erline y est aussi ! »
Sans savoir que son cousin vient de comprendre son petit manège, Erline quitte la bergerie avec Belle.
« Ils vont te chercher à la cascade ! On sera tranquille pour partir ! Gandalf connaît un moyen de rejoindre rapidement la Comté ! Là-bas, tu seras en sécurité ! »
Belle gémit puis aboie avant de suivre son ami vers la rivière qui quitte la Forêt Noire. Gandalf leur a donné rendez-vous devant la Forêt, là où la Rivière redevenait vivante.
« On va en profité pour voir si y'a du poisson ! On en aura besoin pour le voyage. »
Mais sans le savoir, Erline descend droit vers la battue. Les Elfes et les Nains avancent en remontant la Rivière, espérant trouver la Bête et leur Prince. Leurs cris affolent les bêtes qui fuient, craignant pour leur vie. Bilbo est inquiet pour son fils, sachant que le jeune Warg est quelque part. Kili et Fili, eux, se permettent de chercher plus leur cousin que la Bête. Celui-ci n'est d'ailleurs plus très loin. Alors que lui et Belle sont en train de pêcher, le gamin entend les cris de la battue. Affolé, il redresse la tête et voit avec horreur les Nains et les Elfes qui approchent. Par chance, ils sont encore loin mais ils avancent vite. Belle se met à grogner et à aboyer.
« Je comprends pas ! Ils ne devraient pas être là ! Papa est persuadé que tu te caches à la cascade ! »
Soudain, tout s'éclaire.
« Frodon... il a dû comprendre ! C'est un manche avec les armes mais il est très malin ! »
Le jeune Prince se met à jurer dans la langue Naine puis, ne voyant pas d'autres solutions, il récupère sa sacoche dans laquelle il a rangé des vivres puis court vers la Forêt Noire.
« Vient ! Gandalf va nous aider ! Faut qu'on le retrouve ! »
Belle hésite un peu... puis elle le suit, sachant qu'il veut lui sauver la vie et qu'elle n'a aucune chance face aux Nains et aux Elfes. Soudain, Kili remarque la silhouette de son cousin, suivit par une énorme masse blanche.
« Fili ! Regarde ! » s'exclame-t-il.
Son frère s'arrêta et regarde la direction pointée pour voir ce qui a alerté son cadet.
« Par Mahal... elle va le dévorer ! Viens ! »
Aussitôt, sans penser à prévenir qui que ce soit, les deux frères courent vers leur cousin, ignorant les Nains et les Elfes autour d'eux. Seul Legolas les aperçoit mais, rapidement, il reprend la battue. Celle-ci continue avec rage et ardeur. Aucun ne veut rentrer sans avoir tuer ou, au moins, blesser la Bête ! Mais Erline ne compte pas les laisser faire. Il se dépêche de courir sur les flancs de falaise, suivit par Belle, pour rejoindre la Forêt Noire. Il n'y avait que là qu'il pourrait trouver de l'aide ou se cacher.
« Vient, Belle ! Dépêche-toi ! » hurle-t-il en voyant les chasseurs se rapprocher d'eux.
La jeune Warg court derrière lui, ne sachant pas très bien quoi faire d'autre. Elle entendait la peur dans la voix de l'enfant. Soudain, elle stoppe net ! Erline s'arrête, étonné.
« Pourquoi tu t'arrête ? T'arrête pas, je t'en prie ! Supplie-t-il lorsque...
_Erline ! Pousse-toi ! »
Le jeune Prince se fige en voyant ses cousins Nains sortirent du bois, faisant face à la Bête. Fili sort son épée et Kili bande son arc, prêt à tuer Belle. Une fois la stupeur passée, Erline saisit un bâton et se plante entre Belle et la flèche.
« Non ! » hurle-t-il.
Ses cousins se figent, ne comprenant pas ce qu'il se passe. Erline se retourne vers son amie et hurle :
« Va-t-en ! Va-t-en ! Sauve-toi ! »
Belle obéit et s'éloigne en courant. Kili reprend ses esprits, bande à nouveau son arc mais son cousin se place encore entre lui et la Bête.
« Pousse-toi ! ordonne Fili.
_Tire-pas ! supplie Erline, les larmes aux yeux. C'est mon amie ! »
Cela bloque Kili dans son élan. Bouche bée, il baisse son arc.
« Qu'est-ce que tu as dis ?
_C'est mon amie ! Je vous interdit de la tuer ! déclare l'enfant, laissant ses larmes de peur coulés sur ses joues.
_Erline ! s'exclame Fili. C'est une bête dangereuse...
_Non ! C'est un enfant comme moi ! Elle est seule, elle n'a personne ! C'est même pas elle qui tue les moutons ! Je le sais ! »
Les deux frères se regardent, ne sachant que faire. Mais le regard d'Erline leur dit que c'est la vérité.
« De toute façon, si vous la tuez, j'me tue avec la flèche que tu avais utilisé ! » menace l'enfant.
Kili range sa flèche et s'approche de son cousin.
« Alors ? Qu'est-ce que tu comptes faire ?
_Gandalf m'a dit de la cacher. De l'emmener loin d'ici. explique Erline. Je vais l'emmener dans la Comté ! Elle sera en sécurité là-bas !
_Tu veux aller dans la Comté tout seul avec cette Bête ? s'affole Fili.
_Belle n'est pas une Bête ! Et Gandalf m'accompagne ! »
Kili regarde son aîné et tout deux hochent la tête.
« On t'accompagne ! déclare Kili. On est déjà passé par ces plaines. On connaît les dangers qui s'y trouvent. On va la sauver, ta Belle. »
Erline les regarde, cherchant une trace de mensonges dans leurs yeux mais il voit qu'ils sont sérieux. Heureux, il serre son cousin aux cheveux noirs dans ses petits bras... mais Fili les ramène à la réalité.
« Il faut maintenant la retrouver avant les chasseurs ! »
Les cousins l'élancent aussitôt à la recherche de Belle. Erline espère juste qu'elle saura quoi faire si elle tombe sur les Nains et les Elfes.
La jeune Warg court, affolée, cherchant à échapper aux chasseurs. Elle savait qu'Erline lui avait dit de rejoindre la Forêt Noire... mais elle ne voulait pas y aller sans son petit Prince. Mais les chasseurs se rapprochent d'elle et elle sent la peur l'envahir. Ils veulent la tuer ! Ils ne la laisseront pas libre ! Affolée, elle continue de courir vers son ancienne demeure : la Forêt ! Erline et ses cousins courent vers la battue. Erline a trouvé des traces de Belle allant par là. La pauvre avait dû avoir peur et perdue le sens de l'orientation. Soudain, il voit les chasseurs et, non loin, courant vers la Forêt Noire, la jeune Warg.
« Ils vont la voir ! S'affole le petit Prince.
_Dépêchons-nous ! » ordonne Fili.
Aussi vite que possible, les trois cousins courent vers Belle, sachant que si les chasseurs la voient, ils ne la rateront pas ! Surtout les Elfes ! La jeune Warg se retrouve soudain à découvert dans une plaine remplie de roches. Erline se fige et son sang ne fait qu'un tour. Là, elle était vulnérable et atrocement visible à cause de sa fourrure blanche.
« Belle ! » hurle-t-il en courant vers elle.
Mais les chasseurs Elfes remarquent vite l'animal blanc au milieu des roches. Ils se mettent à hurler en elfique et tous se tournent pour voir le jeune animal qui tente de s'enfuir. Erline sent son cœur s'affoler. Il court aussi vite que ses petites jambes lui permettent, espérant arriver avant l'irréparable. Les Elfes tirent mais Belle est agile et parvient à échapper en flèches en utilisant les roches... mais Tauriel est la meilleure archère du Royaume et, lorsqu'elle tire sa flèche, Belle se met à japper de douleur. À l'horreur d'Erline du sang se met à suinter de sa patte arrière, souillant sa belle fourrure et la faisant boiter. Le petit Prince sent son cœur se serrer dans sa poitrine.
« Belle ! »
La pauvre bête clopine quelques instants puis, manquant d'équilibre, bascule dans la rivière. Un filet rouge se met à y couler.
« Non ! »
Le cri d'Erline retentit dans toute la vallée. Levant les yeux, tous voient le jeune Prince perché sur des roches, un peu plus haut.
« Erline ! soupire Bilbo en se dirigeant vers lui. Viens, mon chéri ! On rentre !
_Viens, mon grand ! sourit Thorin. C'est fini ! La Bête est morte ! »
Aussitôt tout les Nains et Elfes se mettent à hurler de joie mais lorsqu'Erline se tourne vers eux, ils s'arrêtent. Le regard de l'enfant est remplis de larmes qui coulent sur ses joues, ses yeux semblent furieux et ses poings se serrent convulsivement. Kili et Fili arrivent soudain derrière lui mais le garçon garde les yeux fixés sur son père.
« Assassin... » souffle-t-il, laissant plus de larmes couler sur ses joues.
Tous se regardent, sans comprendre. Qu'arrivait-il au Prince pour qu'il soit dans cet état ? Seuls Kili et Fili le savent. Soudain, au grand choc de tous, Erline se met à hurler à son père :
« J'TE LE PARDONNERAIS JAMAIS ! »
Bilbo et Thorin se figent d'horreur et le petit garçon éclate en sanglots et s'enfuit. Kili et Fili se tournent vers leurs oncles et, à la surprise de ceux-ci, ils ont le même regard que leur enfant : la honte et la colère. Sans un mot ils suivent Erline et disparaissent avec lui dans les bois. Thorin, sous le choc, regarde bêtement l'endroit où se tenait son fils, sans comprendre. Bilbo, lui, sent des larmes couler sur ses joues et sa main se rend directement à l'Anneau. Pourquoi leur fils les détestaient-ils ? Qu'avaient-ils fait ? Malgré le choc, les Elfes et les Nains décident de descendre la rivière pour chercher le cadavre de la Bête, sans savoir qu'en la tuant, ils brisaient une amitié unique et à toutes épreuves.
Partie 2 du chapitre Belle ! Après avoir apprivoisé Belle, Erline doit la protéger et la cacher de tous... jusqu'à penser à fuir vers la comté. mais Belle a-t-elle été tuer lors de la battue? l'Amitié à toutes épreuves entre ses deux êtres est-elle rompue? Ou va-t-elle suivre?
Encore une partie puis je pense au dernier chapitre de l'enfance d'Erline. Je n'abandonne pas ce personnage mais lors de son adolescence, il sera plonger dans la plus grande aventure trilogique: le Seigneur des Anneaux!
