Voilà que je pense que je n'ai jamais laissé de petits messages avant-chapitre !

Je tiens donc à tous vous remercier pour votre fidélité et vos reviews ! Vos avis sont toujours très positifs, ça m'encourage ! J'espère que la suite vous plaira également ;)


Chapitre 10 : Tout le monde sauf toi

— C'est insensé ! Comment ça a pu se produire ?

— Pourquoi les centaures auraient-ils fait ça ?

— Elle n'a rien fait pour le mériter !

Ginny, Ron et Neville marchaient de long en large devant les portes de l'infirmerie, en parlant à voix haute. Il faisait presque nuit. Madame Pomfresh les avait tous rapidement mis dehors, avant même qu'ils ne puissent se relever du choc que la phrase d'Hermione avait produit. McGonagall avait fait apparaître des chaises pour qu'ils puissent patienter, mais seul Harry s'y asseyait. Elle leur avait dit qu'ils pourraient revenir la voir après que Pompom et elle aient fait un état de sa situation.

Harry n'avait pas dit un mot. Le regard vide, il écoutait à peine les autres. Mais ses pensées volaient à une vitesse vertigineuse dans son esprit.

Pour lui, cela était presque un comble. Cela ne faisait que quelques mois qu'Hermione avait rendu la mémoire à ses parents, et voilà que maintenant c'est elle qui devenait amnésique… « Non ! Pas amnésique ! » se força à penser Harry. Il refusait d'utiliser ce terme. Elle n'était pas malade. Elle avait juste perdu la mémoire à cause de ces foutus centaures. Il se laissa quelques instants submerger par une telle haine qu'il aurait voulu se lever immédiatement et aller montrer à ces sauvages qui était Harry Potter. Il voulait leur faire payer…

Mais la douleur et le chagrin l'empêchaient de bouger et le clouaient sur sa chaise. Pire encore, si cela était possible, il avait le sentiment d'être terriblement égoïste. Car peu lui important si Hermione avait oublié Ron. Ou Neville. Mais pas lui, Harry, son meilleur ami. Les larmes lui montaient presque aux yeux à la pensée qu'elle ait pu oublier tout ce qu'ils avaient parcouru ensemble. La première fois qu'ils s'étaient rencontrés, dans le Poudlard Express. Toutes les épreuves par lesquelles ils avaient dû passer chaque nouvelle année. Tout l'amour qu'elle lui avait tant donné, devenant ainsi, avec Ron, sa première vraie famille. Tout ce temps passé ensemble lors de la chasse aux horcruxes, seuls dans la tente. Et surtout… surtout… ce baiser si passionné qu'ils s'étaient échangés l'été dernier.

Non, il ne voulait pas qu'elle oublie tous ces si bons moments. Ce serait comme si une partie de ses propres souvenirs s'en allait aussi.

À un moment donné, Luna proposa avec prudence d'aller se coucher et de revenir demain matin. La réaction d'Harry ne se fit pas attendre.

— Hors de question.

Et il les défia tous du regard de l'empêcher de rester. Il resterait là toute la nuit s'il le fallait. Il voulait attendre. Attendre que le professeur McGonagall revienne pour leur dire que tout allait bien, qu'Hermione était en parfaite santé. Qu'elle n'avait rien oublié.

Lorsque la porte s'ouvrit enfin, avec fracas, tout le monde se précipita sur la directrice. Alors que Ginny, Ron, Neville et Luna la noyaient de questions, elle leva une main pour les faire taire et se tourna vers Harry.

— Mr Potter, êtes-vous bien sûr de ne pas avoir entendu le sortilège lancé par le centaure ?

Il avait déjà répondu plusieurs fois à cette question. Si elle le lui demandait encore, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose…

— Si le centaure avait lancé le sortilège d'Amnésie, je l'aurais entendu et reconnu, professeur, répondit Harry avec certitude.

Minerva poussa un soupir las de découragement en se passant la main sur le visage.

— Qu'en est-il, professeur ? demanda Ginny en brisant le silence qui s'installait.

— Nous avons fini de l'examiner. Elle a partiellement perdu la mémoire.

— Partiellement ? répéta Ron, la peur dans la voix.

— Que voulez-vous dire par là ? interrogea Neville.

— Je veux dire par là qu'elle n'a pas tout oublié. Elle sait qui elle est et où elle est. Elle n'a également perdu aucune de ses connaissances magiques.

Ginny, Neville et Luna poussèrent un soupir de soulagement. Mais Harry et Ron craignaient le pire.

— Que… Qu'a-t-elle oublié, alors ? demanda Ron.

Harry se rendit alors compte que Ron aussi devait souffrir de penser qu'Hermione l'avait oublié. Il était encore officiellement son petit ami.

— Accrochez-vous, répondit McGonagall avec tristesse. Elle a oublié toutes les personnes qu'elle a pu côtoyer tout au long de sa vie. Sa perte de mémoire se résume à cela. Elle ne connait… plus personne.

Ginny plaqua sa main sur sa bouche. Ron se cacha le visage des mains, peut-être pour dissimuler des larmes. Luna resta inexpressif et Neville donna l'impression de s'être pris un coup de poing. Pour Harry, le monde sembla basculer.

— Sauf une seule personne, ajouta la directrice avec gravité.

Harry releva la tête, ne croyant pas ses oreilles. Ron retira ses mains et fit effectivement découvrir ses yeux brillants. Tout le monde avait les yeux posés sur le professeur de métamorphose, attendant qu'elle continue.

— Sa réaction de tout à l'heure l'a clairement montré. Nous ne savons pas pourquoi, Mr Potter, mais Hermione vous connait encore.

Les yeux d'Harry s'ouvrirent en grand sous la stupeur. Cette fois, c'est lui que les autres regardaient. Il amorça alors un geste pour se précipiter dans l'infirmerie. Mais McGonagall le retient en posant une main sur son torse.

— Je tiens à être claire, Potter. Hermione vous connait, mais elle n'a pas pour autant de souvenirs liés à vous. Simplement, bien qu'il n'y ait aucune raison à cela, vous n'êtes pas un inconnu pour elle.

Le Survivant resta un instant silencieux, mesurant ces paroles. La douleur s'imprima sur son visage aussi vite que l'espoir était venu. Il dit alors :

— Sa personnalité a-t-elle été affectée ?

— Seul le temps nous le dira, lui répondit le professeur.

Et Harry se précipita à l'intérieur de la salle. Les autres voulurent le suivre, mais le chemin leur fut barré.

— Hermione a déjà subi beaucoup pour ce soir, elle n'a pas besoin de choc supplémentaire avec vous tous autour d'elle. Harry sera le seul à la voir ce soir, étant donné qu'il est la seule personne qu'elle connaisse. Je veux que vous retourniez immédiatement dans vos dortoirs, vous reviendrez la voir demain.

McGonagall resta catégorique malgré leurs protestations.

Lorsque Harry fut entré dans l'infirmerie, il chercha très vite sa meilleure amie des yeux. Il s'attendait à la voir bouleversée, voir même en pleurs ou les yeux rougis. Mais elle était en position assise et semblait relativement calme, fixant simplement le plafond. Lorsqu'elle le vit, un immense sourire s'étala sur son visage. Elle lui fit même signe de venir en écartant ses bras. Harry n'hésita pas et courut la serrer contre lui.

— Harry, dit-elle simplement.

— Comment te sens-tu ? demanda-t-il en s'écartant.

— Bien.

— Bien ?

— Maintenant que tu es là, répondit-elle en souriant de plus belle.

— Tu… Est-ce que tu as vraiment… ?

Le sourire d'Hermione s'effaça et elle baissa la tête.

— Perdu la mémoire ? Je ne sais pas… Je sais juste que je n'ai reconnu personne tantôt, lorsque je me suis réveillé.

— Et moi ?

Elle leva les yeux vers lui et se concentra en plissant légèrement les yeux. Des larmes apparurent alors à ses yeux. Il s'en voulut de l'attrister.

— Je te connais, Harry. Mais… Je n'ai aucun souvenir. Je sais juste que je te connais.

Ce fut autour d'Harry d'avoir les larmes aux yeux.

— Tu ne te souviens donc pas de tout ce que nous avons vécu ensemble ? Tout ce qu'on a partagé, nous deux, mais aussi avec les autres que tu as vues tantôt ?

Cette fois, Hermione fondit carrément en larmes.

— Je suis désolé, dit-elle en enfouissant son visage dans ses mains.

Harry se rendit alors compte qu'il l'accusait… et il se sentit complètement stupide. Il refoula ses larmes et la prit à nouveau dans ses bras. C'est maintenant qu'elle avait le plus besoin de lui, il ne devait pas l'abandonner.

— Hermione, excuse-moi. Ce n'est pas ta faute, je ne voulais pas t'accuser de quoi que ce soit.

— Le professeur… m'a expliqué comment c'est arrivé… les centaures et tout ça… C'est vrai que tu étais avec moi ?

— Oui. J'aurai d'ailleurs dû te protéger, je suis désolé.

— Ce n'est pas ta faute non plus…

— Je te jure de t'aider à retrouver la mémoire.

Hermione renifla et s'essuya le visage.

— C'est possible ?

— Peu m'importe que ce soit impossible. On y arrivera. On surmontera cela ensemble.

Elle eut alors un petit rire.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

— Et bien, commence par me parler de toi alors !

Elle replia ses jambes et Harry s'assit en tailleur sur le lit. Il commença alors à parler de lui, de comment elle et lui s'étaient rencontrés, mais aussi de la raison de sa célébrité dans le monde des sorciers. Ce qui l'obligea à lui parler également de Voldemort et de la guerre qui venait de finir. Il lui relata aussi brièvement leurs années à Poudlard.

— Tu es donc un grand sorcier, Harry !

— Je suis loin d'être aussi brillant que toi, Hermione, plaisanta-t-il. Je te l'ai dit, je n'aurais jamais fait tout cela sans toi à mes côtés. Et tu es la meilleure élève de l'école !

Elle rougit, ce que Harry trouva très mignon.

— Je suis sûre que tu exagères ! dit-elle en lui tapant le bras.

Ils se regardèrent pendant quelques instants en souriant. Aussi bizarre que cela paraissait, Harry se sentait très bien en sa présence. Il aurait pensé qu'il y aurait eu un certain malaise entre eux, mais il n'en était rien. Hermione était toujours elle-même.

— Et donc, nous sommes bien meilleurs amis ?

— Oui, Hermione.

Cette perspective semblait la réjouir. Elle sourit de plus belle. C'était la deuxième fois qu'elle lui posait la question.

— Demain, je te présenterai Ron !

— Qui est-ce ?

— Ron…

Harry hésita. Devait-il lui dire qu'il était son petit ami ? Il valait mieux peut-être y aller petit à petit.

— Ron est aussi notre meilleur ami, poursuivit-il. C'est le roux que tu as vu tantôt. Mais il y a aussi sa petite sœur Ginny, Neville et Luna.

— Très bien. J'ai hâte.

Harry regarda sa montre. Elle indiquait plus de 3h du matin, le temps avait filé rapidement. Il était d'ailleurs étonnant que Madame Pomfresh ne fût pas venue le mettre dehors, mais elle devait déjà dormir.

Harry sauta à terre.

— Il est super tard ! dit-il en s'étirant. Je dois y aller.

— Non, s'il te plait !

Hermione le retint par la main, le regard suppliant.

— Tu ne pourrais pas dormir ici ? Il y a plein de lits !

L'Elu regarda autour de lui. Il est vrai que la proposition était alléchante. Il était fatigué et n'avait pas sa cape d'invisibilité avec lui, il risquait de croiser Rusard sur son chemin. Et puis, il ne pouvait résister à Hermione, à sa voix, à son visage, à ses mains chaudes contre la sienne…

— Tu le veux vraiment ?

— Oui, s'il te plait, je ne veux pas passer la nuit seule.

— Elle est déjà bien entamée, ricana Harry.

— Arrête de faire l'idiot, tu as bien compris ce que je voulais dire ! dit-elle en riant à son tour.

— Bon, c'est d'accord je reste, dit-il en s'installant dans le lit voisin.

— Chouette ! exulta-t-elle.

— On ne va faire que dormir, Hermione…

— Je sais, mais je suis contente quand même !

Après s'être souhaité bonne nuit, Harry se surprit à se sentir pressé d'être demain. Malgré les circonstances, tout s'était bien passé. Il se souvint alors d'une chose qu'il avait complètement oubliée : le match de Quidditch !