Auteur : jharad17
Titre original : The Wrath of Rogue qui signifie La Colère de Rogue.
Traducteur : Dyneen
Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.. Les autres intervenants de l'histoire sont à jharad17.
Genre : Relation père/enfant SR/HP
Rating : A prioriT, mais jharad17 avait aussi mis T pour la première partie (pour ma part j'ai préféré la mettre en M mais bon…)
Remarques : Elle fait 22 chapitres pour le moment et j'ai bien évidemment l'autorisation de l'auteur pour la traduire en français.
Je n'ai plus d'accès Internet la semaine donc il m'est difficile de répondre aux reviews, mais je tiens à vous assurer que tous vos messages m'ont fait très plaisir. Un GRAND MERCI à tous !
La Colère de Rogue
Chapitre 10
L'agitation dans le salon de Severus qui se faisait entendre à travers le couloir jusqu'à son étude, l'incita à refermer brusquement son livre. Le couloir était court, mais semblait plus long que nécessaire cette fois-ci, et il avait sa baguette magique sortie avant qu'il n'ait tourné le dernier angle. Quand il aperçut une tête de cheveux noirs ébouriffés semblant à la dérive parmi une mer de roux, il rangea sa baguette magique tout aussi rapidement.
« Harry, » dit-il, en captant le regard du garçon. Il n'était pas préparé à recevoir le garçon quand il se jeta de lui-même dans ses bras, mais il attrapa néanmoins Harry et le serra étroitement contre lui. « Est-ce que quelque chose ne va pas ? » murmura-t-il dans les cheveux du garçon. « Est-ce que tout va bien ? »
« Je ne savais pas où vous étiez, » laissa échapper Harry. « Vous aviez dit que nous nous verrions, et … »
« Chut, petit. Je suis là. » L'avalanche de mots de Harry lui saisit le cœur. Comment pouvait-il avoir tant manqué au garçon alors que juste une matinée s'était écoulée ? Pas que son fils ne lui ait pas manqué, mais il pensait que Harry s'amusait avec ses nouveaux amis.
« Désolé, Père, » Ses mots étaient chuchotés, difficiles à entendre à moins d'y faire attention. « Désolé. »
« Tu n'as pas à être désolé pour ça, » lui dit Severus. « Je suis là maintenant. Allons déjeuner, d'accord ? Les Weasleys doivent nous attendre. »
Harry hocha la tête contre son torse, où ses poings étaient accrochés à la robe de Severus. « D'accord. » Il jeta un coup d'œil autour de lui timidement et donna à Molly un léger sourire, mais il ne la regarda pas dans les yeux. « Désolé, Mme Weasley. »
Le regard de Molly resta sur Severus, même pendant qu'elle disait, « Nous allons très bien, mon chéri. » Puis elle dit à ses enfants, « Il est temps de se laver les mains. Ronnie et Ginny, passez devant. » Elle saisit une oreille à chacun de ses jumeaux pendant qu'ils essayaient de passer rapidement près d'elle, et les arrêta vivement. « Je ne sais pas ce que vous avez prévu tous les deux – vous étiez à plus de deux pas devant moi la moitié du temps – mais je ne veux pas que vous fassiez les polissons dans les appartements du Professeur Rogue, est-ce que c'est clair ? »
« Oui, Maman, » répondirent-ils ensemble.
« Nous n'avons même jamais rêvé- »
« -de faire quelque chose ici, Maman. »
« Aucun souci, honnêtement. Pour qui- »
« -nous prends-tu ? »
« Pour une paire de fauteurs de troubles, » répondit-elle, et elle donna ensuite à Severus un sourire ironique.
Il se renfrogna, n'ayant jusqu'à ce moment pas réalisé qu'il avait réellement laissé un essaim de Weasleys entrer dans son lieu de paix et de répit. Il lança un de ses meilleurs regards d'intimidation aux deux garçons, et les observa avec satisfaction alors qu'ils déglutissaient simultanément. S'il y avait des polissons… Et bien. Il avait énormément appris lors de ses conflits avec les Maraudeurs.
Quand il se releva de sa position accroupie, Harry s'accrochait toujours à lui, et donc il souleva le garçon avec lui, et l'installa sur une hanche. Harry enroula ses bras autour du cou de Severus, pas trop serrés cependant, et reposa sa tête sur l'épaule de son père. Severus ne s'était pas attendu à ce que Harry soit aussi… collant, mais, d'un autre côté, il était peu disposé à laisser le garçon descendre. Il tapota le dos de Harry pendant qu'ils allaient jusqu'à la cuisine, pour se laver les mains, et pouvoir parler tranquillement tous les deux pendant une minute.
Arrivé à l'évier, Severus assit Harry sur le comptoir de droite, et laissa couler l'eau jusqu'à ce qu'elle soit chaude. « Est-ce que tu t'es amusé ce matin ? » demanda-t-il d'une voix basse.
Harry hocha la tête, en étudiant ses mains avant de se fixer sur une petite cal de son pouce.
« Harry, s'il te plaît, regard-moi quand nous parlons. »
Harry le fit, mais ses dents se saisirent de sa lèvre inférieure, et il semblait très nerveux pour quelqu'un qui s'était amusé. « Désolé, Père. »
« Tout va bien. Est-ce qu'il y a quelque chose qui t'es arrivé ce matin pour te rendre si… mal à l'aise ? » Il essayait de ne pas dire le mot 'effrayé' quand il parlait des émotions de Harry, étant donné que le garçon clamait presque aussitôt qu'il ne l'était pas. C'était un autre héritage de ces damnés Moldus, cette croyance qu'il ne lui était pas permis d'avoir la même gamme d'émotions que tout le monde. Severus ne voulait pas que Harry soit effrayé par tout et n'importe quoi, mais il ne voulait pas non plus que le garçon pense qu'il n'avait pas le droit de l'être si c'était justifié.
« Non, mons- non, Père… pas vraiment. »
Severus haussa un sourcil et regard Harry paisiblement. « 'Pas vraiment' ressemble presque à un oui. Pourrais-tu m'expliquer ? »
« Et bien… » Un regard d'embarras traversa le visage de Harry, et il haussa les épaules.
« Tu peux me le dire, » indiqua calmement Severus. « Je ne serai pas fâché. »
« Pas même contre George ? » Une fois que les mots furent sortis, les yeux de Harry s'élargirent d'une crainte évidente, et il mit rapidement une main devant sa bouche.
Severus prit une lente inspiration et se rappela à lui-même que Harry n'était pas blessé, et que donc il n'avait aucune raison d'attacher par les pouces le jumeau au plafond. « Pas même contre George, » parvint-il à dire. « Qu'a-t-il fait ? »
La lèvre inférieure se retrouva de nouveau entre les dents, et Severus utilisa son pouce et son index pour la tirer doucement avant que Harry ne puisse se mordre assez durement pour se faire saigner. Harry ferma brièvement ses yeux et se pencha presque dans sa main avant qu'il ne chuchote, « Il… Il m'a juste attrapé sous les bras pour me soulever. J'étais…. Je veux dire, je ne m'y attendais pas, mais il a dit qu'il était désolé. »
Severus hocha la tête, et repoussa les cheveux du garçon loin de son visage. Cette fois, Harry approfondit le contact. « Et je suis sûr qu'il l'était. Est-ce que tu souhaites que je lui parle ? »
Les yeux de Harry s'ouvrirent instantanément et il s'éloigna. « Non, monsieur, je veux dire, non, Père. Ron lui a déjà crié dessus. Et Mme Weasley lui a dit de ne pas me faire peur, mais je n'avais pas peur. »
« Bien sûr que non, » dit Severus avec douceur, et il touchait la main de Harry maintenant, la tapotant lentement en même temps qu'il lui parlait. Même si Molly ne le lui avait pas indiqué, il aurait su combien le garçon était en manque d'affection, et que tous les contacts ne blessaient pas. Severus n'était pas à l'aise lui-même, avec le toucher des autres, mais il savait que Harry avait besoin d'un tel réconfort, et le faisait donc pour le bien de son fils. « Mais tu sais, il est normal si quelque chose t'effraye beaucoup, d'avoir peur. Tout le monde a peur parfois. »
« Pas vous, » chuchota Harry. Ses yeux étaient écarquillés comme il regardait le visage de Severus, le vert si foncé qu'il en était presque noir.
« Même moi, » répondit Severus.
« Vraiment ? »
« Oui, vraiment. » Il n'entrerait certainement pas dans des détails au sujet de la plupart des choses qui l'effrayaient, mais il y avait une chose qu'il pouvait dire. « Je suis effrayé à chaque fois que tu es en danger, Harry, » admit-il. « Effrayé de te perdre, toi qui est la meilleure chose dans ma vie. J'ai été très effrayé, par exemple, quand tu as été blessé par le calmar géant. »
« Vous l'étiez ? » La voix de Harry était très faible, et ses yeux étaient encore plus larges, si cela était possible.
« Je l'étais. »
« J'suis désolé, Père. »
« Non, Harry, s'il te plaît ne le soit pas. Je n'ai pas dit cela pour te faire sentir coupable, juste pour que tu saches que je suis inquiet parfois. Que moi-aussi, je peux avoir peur. » Il pinça un peu ses lèvres. « Chaque fois que tu quittes ces appartements et que je ne suis pas avec toi, je m'inquiète. Mais je me dis que c'est parce que je suis ton père. Je ne le serai pas sinon. »
Un minuscule sourire apparut, et Harry pencha sa tête, pour le cacher. La main de Severus qui tapotait glissa sur le côté, et l'autre aussi, et Harry enroula ses deux bras autour de la taille de son père. Il reposa ensuite sa tête sur le torse de Severus. Severus engloba l'arrière de la petite tête de son fils avec une de ses mains, et frotta de doux cercles dans le dos du garçon avec l'autre.
« Es-tu prêt pour le déjeuner maintenant ? »
Harry hocha la tête contre son torse.
« Alors il est temps de se laver les mains. L'eau devrait être suffisamment chaude maintenant. »
Harry rit doucement, d'un son musical aux oreilles de Severus, et fit comme il avait été dit. Ils rejoignirent ensuite ensemble les Weasleys, qui étaient déjà à table. Cette fois, Harry marchait à ses côtés, bien qu'il ait gardé une prise serrée sur la main de Severus, comme s'il ne voulait jamais plus le laisser partir.
Après qu'ils se soient assis, avec Harry juste à sa droite, Severus tapa sa baguette magique sur la table et la nourriture apparue. Il s'était arrangé plus tôt avec les Elfes de Maison, ainsi tout était frais et chaud. Harry resta la bouche ouverte devant la table, comme s'il n'avait pas vu la même chose se reproduire jour après jour… mais Severus avait mieux à faire que de le lui rappeler. En outre, il faudrait probablement un long moment avant que Harry ne considère comme acquis des choses telles que la nourriture, qu'importe la façon dont elles arriveent sur la table. Sans compter que les enfants Weasleys avaient aussi ouverts la bouche comme des poissons, enfin, jusqu'à ce que leur mère ne leur lance un regard.
Et ensuite, soudainement, il y eut plusieurs mains qui vinrent prendre la nourriture et on entendit de bruyantes mastications. Molly observait avec attention sa couvée, mais les laissait faire de nombreuses choses que Severus n'aurait pas permises, bien que rien ne fût réellement grossier ou dommageable.
Il nota que Harry était revenu dans son ancienne habitude de ne pas prendre de nourriture tant que chacun n'avait pas commencé à manger, et même alors il regarda d'abord Severus pour s'assurer qu'il en avait le droit. Severus lui donna un minuscule signe d'assentiment, en sachant qu'ils allaient devoir parler de ce comportement tôt ou tard, mais ne voulant pas parler avec son fils de ce sujet devant tous ses amis. Même avec la permission accordée, Harry prit de minuscules portions du poulet, de riz et de légumes mélangés, mais Severus veilla à ce que son verre soit plein de jus de citrouille. Et il s'assurerait que Harry ait plus à manger s'il finissait ce qu'il avait pris.
Il jeta un coup d'œil autour de lui une fois que Harry eut commencé à manger, et vit que Molly l'observait avec une froide expression. Peut-être que Harry et lui devraient avoir cette discussion plutôt tôt que tard finalement.
Le repas se poursuivit rapidement, avec Molly qui semblait de partout, coupant le poulet de Ginevra, veillant à ce que les jumeaux ne fassent rien de terrible à la nourriture de Ron, et qu'ils mangent tous une bonne part de légumes. Ses enfants étaient grands, sauf la plus jeune, et Harry les observaient avec de grands yeux.
Plusieurs fois, Ron essaya d'introduire Harry dans la conversation, avec des questions sur le Quidditch ou sur Tarte à la Mélasse – qui était assise aux pieds de Harry, en le regardant avec ses yeux bleu glacé – mais Harry n'y participait pas. Juste comme il l'avait été dans la Grande Salle, il était intimidé et presque silencieux. Severus ne savait pas si c'était du à la nouveauté des personnes avec qui il était, ou leurs nombres, ou parce qu'il essayait de manger avec un bras enroulé autour de son assiette, assiette qu'il avait tiré près du bord de la table et sur laquelle il était penché, comme pour la protéger des autres. Ce n'était pas quelque chose que Harry faisait – enfin plus – quand ils mangeaient juste tous les deux ensemble.
Finalement, le déjeuner se finit, et Severus souhaitait pouvoir aller s'allonger, alors qu'il avait un début de migraine. Hélas, il avait deux classes cet après-midi, et beaucoup d'évaluations à corriger… Et en plus il devait avoir cette discussion avec Albus sur Rusard, maintenant que sa potion était prête. Il s'excusa donc, alors que les enfants en étaient encore au dessert, et se leva de table.
Harry observa son mouvement avec une angoisse à peine déguisée, et cette lueur dans les yeux de son fils retourna profondément quelque chose dans le cœur de Severus. Il avança sa main pour toucher la tête du garçon, et Harry se pencha vers lui une nouvelle fois, presque de la même façon qu'un fléreur. « Je te verrai pour le dîner, » promit-il. « Je suis sûr que tu vas passer un bon après-midi avec les Weasleys. D'accord ? »
« Oui, Père, » vinrent les mots chuchotés, et il sut que Harry se forçait à être courageux.
Avec un soupir, il caressa de nouveau les cheveux de Harry, et ensuite tapota une fois de plus son dos, peu disposé à partir. « Es-tu déjà allé rendre visite à Hagrid ? »
« Oh ! Oh, non ! » Harry baissa ses yeux sur Tarte à la Mélasse, et puis revint vers son père. « J'ai oublié, avec les leçons et le reste… J'suis désolé, Mel ! » Le fléreur en question se mit sur ses pattes arrières et s'étira jusqu'à ce que ses pattes de devant se posent sur la jambe de Harry. Ce dernier lui caressa sa tête, et lui gratta derrière ses oreilles, mais il semblait toujours malheureux.
Severus murmura, « Je suis sûr qu'elle ne t'en veux pas. Elle a pris un bon petit déjeuner. Vois si tu ne peux pas rendre visite à Hagrid cet après-midi, cependant. »
« Oui, Père. Dès que je pourrai. »
« Bien. » Il regarda Molly, et assuma la pâleur de son visage qu'il devait laisser paraître. « Est-ce que vous allez travailler ici cet après-midi ? »
« Oh, non, Severus. Albus nous a, avec bonté, accordé la permission d'employer une salle de classe vide. » Elle sourit. « Ne vous inquiétez pas, votre demeure restera en sécurité de cette horde. »
Il en doutait beaucoup, mais tout ce qu'il dit fut, « Ah. Bien. » Il devait vraiment y aller, maintenant, car les devoirs ne se corrigeraient pas tous seuls, donc il dit une fois de plus à Harry qu'il le verrait au dîner, et laissa ensuite le garçon assis à table. Il put sentir le regard de son fils le suivre jusqu'à ce que la porte de leurs appartements ne se ferme derrière lui.
Mme Weasley les laissa tous finir leur dessert et leur fit ensuite se rincer la figure et les mains une nouvelle fois avant de les mener hors des cachots dans une salle de classe du deuxième étage. Harry n'avait jamais été dans celle-ci auparavant – il en avait 'sploré certaines avant avec Drago, et ensuite avec Ron et Charlie, mais il n'était pas encore allé dans toutes les classes. Celle-ci avait au moins une douzaine de bureaux avec des chaises, dont certains furent transformés par Mme Weasley en deux tables basses et larges d'un geste de sa baguette magique.
Harry n'était toujours pas habitué à la magie, et il resta bouche bée devant les tables, pas convaincu qu'elles n'allaient pas se retransformer immédiatement.
Mme Weasley lui sourit. « Cela s'appelle la Métamorphose, Harry mon chéri. Tu apprendras comment le faire quand tu rentreras à Poudlard en tant qu'élève. »
« Maman est la meilleure dans cette matière, » dit Fred.
« Elle avait les meilleures notes à l'école, » ajouta George.
« Demande-lui juste. »
« Bien, vous deux, » dit Mme Weasley en riant, « c'est assez. Venez et asseyez-vous aux tables. Fred et George à l'une, Ron, Ginny et Harry à l'autre. Nous allons travailler l'écriture maintenant. Harry, chéri, » commença-t-elle comme les enfants se dépêchaient d'obéir, bien que Fred et George semblent prendre trois fois plus de temps pour s'asseoir réellement, même s'ils se déplaçaient tout aussi rapidement que les autres d'habitude. Harry se retrouva à un bout de la table, avec Ron au milieu, et Ginny de l'autre côté de son frère, près de la table des jumeaux. Mme Weasley se tint debout près de Harry pendant qu'elle continuait, « Combien de lettres connais-tu ? »
Harry se mordit sa lèvre. Père n'avait pas eu vraiment le temps pour travailler sur son écriture ; ils essayaient toujours de réussir à utiliser une plume et de l'encre au lieu d'un crayon. Et même quand il était à l'école dans le Surrey, il n'avait pas beaucoup appris à écrire, pour les mêmes raisons qu'il n'avait pas non plus beaucoup appris à lire. « Je peux écrire mon nom, » dit-il doucement. Il le pourrait probablement.
« Excellent. Nous travaillerons sur ça alors, mon chéri, et nous apprendrons d'autres lettres aujourd'hui, d'accord ? »
« Oui, Madame. »
« Bien, bien. » Elle plaça un morceau de parchemin, qui était plus fin et plus lisse que n'importe quel papier, devant lui, avec une petite bouteille d'encre fermée et une plume toute douce. Elle fit la même chose pour Ginny et Ron, leur donnant des instructions sur ce qu'ils étaient censés écrire, et elle alla ensuite à la table des jumeaux. Ils trafiquaient quelque chose qui disparut immédiatement dans un flash de vert et d'or quand elle atteint leur table.
Harry observa d'abord l'un des jumeaux puis l'autre rouquin jusqu'à la nuque de Mme Weasley pendant qu'elle se penchait en avant pour leur parler plus tranquillement, et il se demanda si elle les grondait. Il pensa que peut-être elle le faisait, quand ils répondirent, « Désolée, Maman, » en même temps, avant qu'elle leur donne aussi du parchemin. « Vous deux écrirez un essai au sujet des ingrédients de potions sur lesquels vous vous êtes renseignés aujourd'hui. Quinze centimètres. Chacun. Faites-moi savoir si vous avez besoin de livres pour faire une recherche supplémentaire. »
« Oui, Maman, » dit George.
« Tout ce que tu veux, » ajouta Fred.
« J'en suis sûre, » répondit Mme Weasley avec un sourire affectueux. « Commencez maintenant. Plus tôt ce sera fait, plutôt nous pourrons retourner dehors. » Elle jeta un coup d'œil sur la deuxième table, sur Ron et Ginny, et puis sur Harry, qui devait encore ouvrir sa bouteille d'encre.
« Harry mon chéri, » dit-elle. « Est-ce que tu as besoin d'aide ? »
Que devait-il dire ? Père lui avait dit plusieurs fois qu'il était là pour aider Harry, mais Père n'était pas ici pour le moment. Et à l'école, les professeurs étaient là pour aider les étudiants, n'est-ce pas ? Mais les professeurs à la vieille école de Harry ne l'avaient pas vraiment aidé. Ils le trouvaient peu coopératif, et facilement distrait, et Tante Pétunia disait qu'il était simplement stupide et paresseux, et ne méritait pas d'être aidé.
« Non, Madame, » mentit-il. « Je vais bien. »
« Mais tu n'as pas encore commencé. Est-ce que tu veux que j'ouvre ta bouteille d'encre ? »
S'il disait oui, et qu'elle refusait, il se sentirait vraiment stupide. Mais s'il disait non, il devrait l'ouvrir lui-même, et la dernière fois qu'il l'avait fait, il avait renversé de l'encre de partout. Père avait fait disparaître le désordre d'un geste, mais Mme Weasley ferait-elle la même chose, ou est-ce qu'elle demanderait à Harry de nettoyer ? Et il serait quand même stupide. En hésitant il dit « Oui, s'il vous plaît, M'dame. »
Près de lui, Ron rit, et Harry sentit son visage devenir chaud. Il aurait du dire non, et puis juste nettoyer ensuite. Mais Mme Weasley ne rit pas, ou ne lui dit pas, « Pas de chance, » comme l'Oncle Vernon l'aurait fait, et elle enleva facilement le bouchon, sans en renverser une goutte.
« Voilà, mon chéri. Maintenant, mets ton nom sur le haut de la feuille, et après nous verrons les autres lettres. »
Harry hocha la tête, et fit glisser la petite bouteille, pour qu'il puisse plus facilement l'atteindre. « Oui, M'dame. » Il prit la plume, et la plongea dans la bouteille, puis, quand il la retira, il l'essuya légèrement sur le dessus de la bouteille comme Père lui avait montré, en finissant par une minuscule secousse. Il amena la plume jusqu'au parchemin, et essaya d'écrire son nom, mais l'encre coula en de grandes gouttes noires, et il n'eut plus assez d'encre pour écrire plus de la moitié de son « H ». Il la plongea à nouveau dans la bouteille, l'essuya, la tapota et l'amena de nouveau sur le parchemin, mais eu encore le même problème.
Frustré, il finit de secouer sa plume à la fin de son troisième essai, mais cette fois l'encre goutta aussi bien sur la table que sur le parchemin. Il savait que c'était mieux de ne pas demander de l'aide, cependant, et donc il essaya juste une nouvelle fois. Et encore. Et encore.
Il avait maintenant un parchemin couvert de tâches noires, le faisant ressembler à un chien tacheté, et ses mains étaient trempées d'encre, et tout qu'il avait écrit était H-A-R et la moitié d'un deuxième R. Sa gorge lui faisait mal, et ses yeux le brûlaient, mais il ne pleurerait pas. Les larmes n'aidaient en rien.
« Harry, mon chéri, » La voix de Mme Weasley venait de sa droite près de lui, et il sursauta, en renversant presque la bouteille d'encre. « S'il te plaît, laisse-moi t'aider. »
La gorge serrée, il parvint à hocher la tête, et espéra juste qu'elle ne rirait pas de lui ou ne l'appellerait pas stupide. Elle ne le fit pas, et bien qu'il ne pouvait pas la regarder en face comme il le faisait avec Père, puisqu'elle ne lui avait pas donné la permission, il pouvait sentir son regard, et elle ne semblait pas fâchée. « Nettoyons d'abord tes mains, d'accord ? »
« Oui, M'dame, » dit-il doucement, et elle ondula sa baguette magique et l'encre disparue, juste comme Père l'avait fait. Elles n'étaient même plus collantes. « Merci, M'dame. »
« De rien, mon chéri. Maintenant, essayons de faire les choses autrement- » Puis elle se pencha par-dessus son épaule et s'approcha de son bras… et soudainement Tante Pétunia le lui saisissait parce qu'il avait laissé tomber les fourchettes en mettant la table, et elle mettait sa main sur le brûleur chaud de la cuisinière et il pouvait sentir l'odeur de brûlé de sa main et oh, mon Dieu c'était douloureux… et le choc du souvenir fut si féroce que le garçon s'éloigna vivement de la main qui voulait l'attraper, se précipita sous la table et courut, courut, jusqu'à ce qu'il ait atteint la porte, tourna la pognée, et s'enfuit.
Avant que n'importe qui ne puisse bouger, une trainée de blanc le suivit par la porte et disparut à son tour.
A SUIVRE
Petit mot de la traductrice :
Le souvenir de Harry est un peu hard, même si c'est court !
J'avais oublié de vous prévenir la semaine dernière que le chapitre ne serait mis en ligne que samedi, pas qu'il n'était pas prêt mais comme Internet n'est toujours pas installé chez moi (ça fait plus d'un mois que j'attends !), j'ai quelques inconvénients auxquels faire face. Bref, je suis désolée de vous avoir fait attendre.
A bientôt
Bye
