Helloooo ! De nouveau, merci pour vos encouragements et pour vos reviews . Je deviens accro… bah, pas grave. Ya pire comme addiction. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.

Clin d'œil à Oznela (ta review m'a inspiré pour la première phrase ) )

Chapitre 10

« L'enfer est vide, tous les démons sont ici. »

W. Shakespeare, La Tempête

En toute honnêteté, Harry faillit prendre la poudre d'escampette suite aux paroles de Riddle. Les seules choses qui l'en avaient empêché était son état physique et la main de Dumbledore posée sur son épaule. Le vieil homme s'empressa de rassurer le jeune homme.

« Ne t'inquiète pas Harry, je te promets qu'aucun d'entre nous ne posera la main sur toi. Tom a juste…hum… choisi les mauvais mots. » Il lança un regard réprobateur à son ancien élève.

Le noble se contenta de sourire et haussa nonchalamment les épaules.

« … Qu'est-ce qu'il entendait par intimité ? » demanda Harry, une fois la surprise passée.

« Eh bien, c'est un peu difficile à expliquer… disons qu'il s'agit de pénétrer au plus profond de… »

Les couleurs désertèrent le visage du jeune homme.

« Par pitié Albus, arrête-toi tout de suite ! Tu ne fais qu'empirer les choses. » s'exclama Grindelwald, avant de se tourner vers le plus jeune occupant de la pièce.

« Ces rituels n'ont rien de physique. Il s'agit d'une rencontre entre nos âmes dans le monde spirituel. C'est pourquoi Riddle parlait d'intimité : notre âme, dépourvue de son enveloppe charnelle, est complétement exposée aux autres. Par cette rencontre, nous en apprendrons plus sur toi que si nous avions passé cent ans à tes côtés. : Tu ne pourras pas nous mentir, tu ne pourras rien nous cacher, et tu en apprendras sûrement plus sur toi-même que ce que tu imagines. »

Lorsque Grindelwald se tut, Harry resta bouche-bée. Il ne savait pas s'il devait s'inquiéter ou pas. À peine quelques instants plus tôt, on l'avait bombardé de nouvelles plus incroyables les unes que les autres… et maintenant on lui parlait d'âme et de monde spirituel ? Oh ! Le concept d'une âme ne lui était pas étranger. Après tout, on lui avait suffisamment rabâché les oreilles sur le paradis et l'enfer, et nombreux l'avait déjà condamné à la damnation éternelle, comme son si sympathique oncle Vernun et les puritains. Mais était-il vraiment possible de communiquer avec les âmes des autres personnes ? Et surtout, était-il possible que son âme sorte de son corps sans qu'il ne meurt ?

Son étonnement dû se lire sur son visage, car Dumbledore reprit bientôt la parole.

« Mmmh… Je crois que tout ceci doit te sembler un peu trop abstrait pour l'instant. Pourquoi ne pas passer à la pratique ? Tu comprendras par toi-même une fois que nous aurons commencé le rituel.»

« Et vous pouvez me promettre que je ne risque rien ? » demanda Harry d'une voix hésitante.

Dumbledore hocha la tête et lui sourit. « Je puis t'en faire le serment. Et crois-moi sur parole, un serment n'est pas donné à la légère chez nous. Maintenant… Tom ? Si tu nous montrais le chemin vers ta cave pour que nous puissions nous y mettre? En passant, je te serai gré de bien vouloir cesser de tourmenter notre jeune ami. La situation est déjà assez compliquée pour lui, inutile de l'effrayer pour rien. »

Le noble, qui n'avait pas quitté Harry des yeux, se tourna vers son ancien mentor et lui jeta un regard froid tout en relevant le menton.

« Pour ma part, je vous serai gré de bien vouloir cesser de me donner des ordres, vieillard. Non seulement vous n'êtes plus mon professeur, mais en plus vous vous trouvez actuellement chez moi, en ma demeure. Or, si je me souviens bien, vous insistiez toujours sur le respect qu'un invité devait à son hôte durant ma formation… »

« … ainsi que sur le respect que l'un devait à ses ainés. Mais tu n'as jamais fait grand cas de mon enseignement, n'est-ce pas Tom ? » ajouta froidement Dumbledore.

L'animosité entre les deux hommes surprit Harry. Certes, il avait déjà compris qu'il y avait quelques différents entre ces deux-là, mais la tension dans l'air indiquait que cela allait bien plus loin qu'une simple mésentente ou divergence d'opinion. Il risqua un coup d'œil vers l'autre vieillard, Grindelwald. Celui-ci ne semblait pas prêter grande attention à l'échange, se contentant de vider son verre tranquillement.

Tandis qu'Harry était occupé à observer l'homme, Riddle continua sur sa lancée, ignorant les propos de son ancien professeur.

« Quant à Harry et moi… Cela ne vous regarde d'aucune façon. Néanmoins, si ça peut vous aider à dormir la nuit, sachez que ce n'est qu'un petit jeu entre nous, une passe d'arme inoffensive, un exutoire pour notre rancœur réciproque… car s'il m'en veut encore pour la mort de Black, et de mon côté j'avoue être quelque peu chagriné par la destruction de mon manoir. Mais mieux vaut cela qu'un affrontement direct, n'est-ce pas ? En plus… »

Il captura le regard d'Harry qui avait reporté son attention sur le noble.

« … qui aime bien, châtie bien. » dit le noble en offrant un sourire prédateur à l'adolescent.

Le jeune homme aux yeux vert ne put s'empêcher de frissonner. Il se souvint alors des services que Riddle comptait lui demander… il avait d'abord pensé qu'il profiterait de son expérience de voleur, mais en considérant le comportement récent du noble, ses allusions… peut-être comptait-il profiter de quelque chose d'autre. Peut-être qu'il y avait une autre raison que la nature ou la personnalité du noble qui expliquait l'absence d'une Lady Riddle. Harry avala sa salive et se ressaisit. Il espérait de tout cœur que Riddle ne serait pas son mentor, car il n'osait imaginer ce que ce serait de passer une décennie en compagnie du noble. Cependant, ce n'était pas le bon moment pour exprimer ses craintes.

Des craintes que partageait un vieillard aux yeux bleu, à qui le sourire de l'aristocrate n'avait pas échappé.

Grindelwald, qui avait fini son verre de vin, s'avança soudainement vers la porte d'un pas ferme.

« Bon! Albus, arrête de traiter le gamin comme s'il avait encore vingt ans. Riddle, soit gentil avec l'autre gamin tant que son professeur n'a pas été choisi. Celui-ci te donnera l'autorisation ou pas de le harceler plus tard. Enfin, ... »

Il ouvrit la porte et la maintint ainsi avant de se tourner vers les autres occupants de la pièce.

« … descendons dans cette satanée cave, et qu'on en finisse. Non seulement l'enfant pourra commencer son apprentissage, mais nous pourrons également retourner aux autres affaires qui nous attendent. »

« L'enfant est là, vous savez ? Et il n'apprécie guère qu'on parle de lui comme si ce n'était pas le cas. » Ne put s'empêcher de faire remarquer Harry d'un ton amer.

« Tsss, ne soit pas si susceptible gamin. Allons-y.»

Les autres hommes acquiescèrent. Riddle prit la tête de leur petit groupe, tandis que Dumbledore restait aux côté d'Harry. Grindelwald ferma la marche, faisant claquer la porte du petit salon une fois qu'ils furent tous dehors.

…..

Les couloirs souterrains du manoir Riddle étaient aussi accueillants que le hall d'entrée, si ce n'est que l'absence de toute lumière du jour les rendait encore plus sinistres. Le sol était recouvert de pavés inégaux et pour illuminer le passage, on avait allumé des torches avant de les pendre au mur.

Un instant, Harry eut du mal à respirer. Sa visite à la Tour lui revint à l'esprit, ses labyrinthes de pavés crasseux et les sons, les cris… heureusement, Riddle semblait accorder plus d'importance à l'hygiène : les traces de moisissures, bien qu'inévitables, n'étaient pas aussi nombreuses et ils ne rencontrèrent aucun rats en cours de route.

Néanmoins, malgré les quelques différences entre les deux lieux, Harry ne put s'empêcher de trembler quand ils s'arrêtèrent devant une porte. Inconsciemment, il s'attendait presque à trouver un autre cadavre de l'autre côté, à revoir son parrain occupé à baigner dans son propre sang…

Lorsque Riddle tourna la poignée, le souffle du jeune homme s'accéléra. Des larmes lui montèrent aux yeux et sa poitrine se fit douloureuse.

Dumbledore s'en rendit compte.

« Un instant Tom, s'il-te-plait. »dit-il alors que le noble avait déjà entrouvert la porte.

« Qu'y at-il ? » demanda Riddle avant de poser les yeux sur Harry. « Qu'est-ce qu'il a ? »

Dumbledore prit un air songeur, observant le jeune homme qui n'avait rien remarqué de cette interruption tant sa crise et ses flashbacks accaparaient son attention.

« Tu as bien dis qu'il avait découvert son parrain dans une cellule à la Tour ? »

« En effet. »

« Mmmh… puis-je savoir quelle sorte d'éclairage tu as installé dans cette pièce ? »

Le noble eut l'air agacé. « Qu'est-ce que vous croyez, vieillard ? Avec des torches évidemment. Ce n'est pas comme s'il y avait trente-six façons d'éclairer une salle en sous-sol. »

« Je vois… c'est bien trop semblable à un cachot… Si cela ne vous dérange pas, laissez-moi y entrer en premier et y apporter quelques modifications avant que nous commencions. » dit Dumbledore aux deux autres adultes.

« Albus… » commença Grindelwald.

« Ne t'inquiète pas Gellerd. Je ne ferai rien qu'y puisse nuire au rituel. En plus, je pense qu'il vaut mieux que le jeune Potter soit sain d'esprit pour y participer. »

« … D'accord. Préviens-nous quand nous pouvons entrer. Riddle, laisse-le passer. »

Presque à contrecœur, le noble s'éloigna de la porte pour faire place à son ainé.

Quand Dumbledore entra dans la pièce, il sut qu'il avait pris la bonne décision. Tom n'avait jamais été particulièrement doué pour la décoration, encore moins pour conférer à une pièce une ambiance chaleureuse et accueillante. Les torches éclairaient à peine la pièce tandis que leurs flammes vacillantes jetaient des ombres menaçantes sur le sol et les murs, aussi nus l'un que l'autre. La seule particularité du lieu était les symboles complexes dessinés par terre : Le plus important était un Triquetra, symbole du lien entre l'esprit, le corps et l'âme – parmi ses nombreuses significations. Dans la partie centrale du Triquetra se trouvait une croix dont chaque extrémité était surmontée par un petit triangle, le symbole du voyage.

Dumbledore prit soin de ne pas marcher sur le dessin. Utiliser ses pouvoirs en étant en contact avec un symbole magique n'était jamais une bonne idée quand on ignorait quelles en seraient les conséquences. Il alla se placer du côté de la pièce opposé à la porte.

Il ferma les yeux. Il avait pleinement conscience de chaque torche grâce au feu qui entrait en résonnance avec ses pouvoirs. Ce qu'il fit ensuite, il ne pourrait jamais en expliquer le processus à qui que ce soit qui ne partageait pas ses facultés. Si un spectateur avait été présent, il aurait vu les flammes des torches perdre de leur vivacité, perdre de leur ampleur, pour ne devenir qu'une lueur au sommet d'un bâton en bois. Cette lueur, en dépit de sa petite taille, n'émettait que chaleur et réconfort. Après un moment, les différentes lueurs dans la pièce s'élevèrent et vinrent se rassembler au centre de la pièce. Elles se fondèrent les unes dans les autres, formant une imposante sphère lumineuse… qui explosa soudainement. Des particules de lumière, encore plus petites que les lueurs précédentes, se répandirent dans la pièce… certaines continuèrent à flotter dans l'air, tandis que d'autres vinrent se coller aux murs et au plafond.

Dumbledore ouvrit les yeux et admira un instant son œuvre… oui, l'effet recherché était bien là. Il espérait seulement que le jeune Potter apprécierait la vision qu'il avait créée pour lui.

Il se redirigea vers la porte et déclara d'une voix forte « Entrez donc mes amis. »

La porte s'ouvrit, deux hommes et un adolescent entrèrent.

Ils ne firent qu'un pas dans la pièce avant de s'arrêter, complétement sidérés par le spectacle qui les accueillit. L'émerveillement du jeune homme était tel qu'il cessa de trembler, que son souffle s'égalisa et que toutes pensées se rapportant à la sinistre prison s'envolèrent de son esprit.

Car ce n'était pas une sombre cellule qui se trouvait devant lui. Pas de corps au sol, pas de torches brûlant d'un feu menaçant et moqueur, pas de trainée pourpre part terre… Rien de tout ça.

À la place, c'était comme si quelqu'un avait capturé une parcelle d'un ciel nocturne étoilé, le ciel d'une nuit d'été, et l'avait enfermé dans cette pièce; les lueurs qui les entouraient étaient semblables aux étoiles qu'Harry avait si souvent admiré durant la nuit, qui lui avait apporté réconfort et espoir. Celles qui flottaient lui donnaient l'impression d'être au centre d'une nuée de lucioles… il tendit la main, et l'une de ces lueurs vint se poser sur son doigt avant de reprendre son envol et de rejoindre ses congénères dans leur danse lente et pleine de grâce.

Un instant, Harry oublia tous ses tracas. La mort de Sirius, Riddle, l'univers inconnu qui l'attendait n'avaient plus aucune d'importance. Une bouffée de joie envahit son cœur… Maintenant il en était certain, ces hommes n'étaient pas des adorateurs sataniques. Ce qui se trouvait devant lui ne pouvait pas être l'œuvre du diable. C'était un miracle. C'était de la magie. C'était le monde auquel il était destiné... et dont il voulait faire partie. Il voulait lui aussi pouvoir créer une telle vision, une vision qui donnerait à chacun l'impression d'être en plein songe, chasserait leur souci et apaiserait leur âme ne serait-ce que pour un court instant.

Il sourit à pleine dent en se tournant vers le vieil homme à la barbe et aux yeux bleu brillants. Celui-ci le regardait comme s'il savait exactement ce qui se passait dans la tête du garçon.

Harry, ayant retrouvé ses esprits, s'avança vers le symbole dessiné au sol, puis se tourna vers les deux hommes qui étaient encore devant la porte. Il haussa un sourcil et ne put retenir un sourire en coin.

« Et si nous commencions ce rituel ? »

….

Se rendre dans le monde spirituel, se détacher de son enveloppe charnelle était une expérience particulière et étrangement… aisée, au grand soulagement d'Harry.

En dépit de son regain d'assurance et de sa bonne volonté, il avait été un peu perdu une fois confronté aux motifs complexes dessinés sur le sol. Heureusement, Dumbledore lui avait rapidement indiqué où se placer – au centre des dits-motifs – et lui avait fourni toutes les instructions nécessaires tandis que Riddle, Grindelwald et lui-même avaient pris place à chaque extrémité du triquetra.

Le jeune homme n'avait pas eu grand-chose à faire, juste fermer les yeux et faire le vide dans sa tête. Après, lui avait dit le vieil homme, il glisserait dans le royaume des âmes aussi facilement que s'il s'endormait. Harry avait eu des doutes sur la simplicité du processus. Non seulement il n'avait jamais été facile pour lui de faire « le vide dans sa tête » à cause des multiples soucis et tracas qui le hantaient au quotidien, mais en plus le sommeil semblait prendre un malin plaisir à la fuir en temps normal. Cependant, il découvrit rapidement que son inquiétude n'avait pas raison d'être. Peut-être était-ce à cause des symboles magiques, peut-être était-ce parce qu'il était déjà physiquement et mentalement épuisé suite aux derniers évènements… quoi qu'il en soit, dès qu'il ferma les paupières, il eut l'impression d'être aspiré dans un gouffre obscure et perdit toute prise sur la réalité.

Il y eut un moment de flottement. Un moment de solitude. Un moment de silence. S'il devait décrire ce qu'il ressentit en cet instant, Harry supposait que l'impression était la même que celle que quelqu'un devait éprouver quand il se noyait. Non pas quand l'eau emplissait les poumons et qu'une douleur inimaginable assaillait le malheureux, mais à l'instant précis précédant son trépas. Ce bref instant où le noyé ne sentait plus la douleur, où ses seuls compagnons au fond de l'océan étaient le silence et l'obscurité de l'abime dans laquelle il sombrait lentement, tout doucement.

Vous vous demanderez sûrement comment Harry connaissait une telle sensation ? Disons que certaines personnes apprécient moyennement qu'on tente de chaparder leur bourse et pouvait se montrer particulièrement vindicatives quand elles mettaient la main sur le jeune voleur inexpérimenté. Au final, il n'avait dû sa survie qu'au sauvetage de dernière minute de Rogue… encore une fois. Rogue… Harry se demandait ce que faisait l'homme. Était-il à sa recherche ou le croyait-il mort ? Peut-être qu'il aurait l'occasion de revoir l'alchimiste pour le rassurer…

Le court de ses pensées fut interrompu lorsqu'il regagna contrôle de son corps. Sauf que… ce n'était pas son corps. Enfin, cela l'était peut-être si les magiciens lui avaient jeté un sort pour le transformer en quelque sorte d'animal : au lieu de se tenir debout sur deux pieds, c'étaient grâce à quatre membres qu'il gardait l'équilibre, dont ses mains qui avaient été remplacées par des… sabots ? En plus, sa tête lui semblait inhabituellement lourde, comme si deux protubérances avaient poussé dessus. Il sentit la panique monter et prit une profonde respiration dans l'espoir de se calmer. Lorsqu'il expira, dégageant une plus grande quantité d'air qu'il n'en avait l'habitude, il remarqua une plume noire corbeau virevolter. Il eut besoin de quelques secondes avant de comprendre que cette plume s'était détachée de lui-même.

« Ta forme spirituelle est forte impressionnante, Harry »

Il tourna la tête, s'attendant à voir Dumbledore devant lui dans l'obscurité. Cependant, à sa grande surprise, à la place du vieillard se trouvait un oiseau. Un oiseau tel qu'Harry n'en avait jamais vu auparavant : le corps de l'animal était délicat, une petite houppette se dressait à l'arrière de son crâne. En dépit du corps frêle, la taille de ses ailes devait facilement rivaliser avec celles d'un aigle. Mais le détail le plus marquant était la queue de l'oiseau. Certes, Harry avait déjà vu des dessins d'oiseau à queue dans les livres des Grangers, mais jamais aussi impressionnantes. C'était comme si l'oiseau était muni de trois ailes au lieu de deux. Quant à la couleur de l'animal… Harry ne connaissait pas de nom précis pouvant la décrire. C'était comme si l'oiseau était fait d'eau. Au niveau de ses ailes, c'était comme si le courant d'un fleuve le traversait. Bleu, gris, verts et autres tons de la même gamme se mélangeaient, tandis que son corps était aussi azur que la mer qui bordait les côtes des îles paradisiaques.

« Ah ! Je vois que mon apparence te prend un peu au dépourvu, j'admets qu'il y a quelques différences avec mon physique habituel. » dit l'oiseau en s'approchant.

« Du… Dumbledore ? »

« Oui Harry. Ce que tu vois est la forme que prend mon âme dans le monde spirituel. Les humains normaux ne changeraient pas beaucoup, si ce n'est qu'ils perdraient un peu de couleurs et de matière, mais pour les gens comme nous, notre ascendance surnaturelle transparait et influence notre apparence. »

« Vous voulez dire que nous avons le même…euh… physique que notre ancêtre fée ? » demanda Harry en observant l'oiseau avec curiosité.

« Pas exactement le même… juste quelques caractéristiques. Dis-moi, peux-tu deviner de quelle nature sont mes ancêtres ? »

Harry secoua directement la tête en signe de négation. Un geste particulièrement désagréable avec les poids sur sa tête.

« Evidemment. » dit l'oiseau, Dumbledore, d'un ton bienveillant. « Les croyances païennes ne sont plus aussi répandues qu'autrefois… laisse-moi t'éclairer. Mon arbre généalogique compte deux créatures surnaturelles, l'une d'entre elle était une naïade, une fée des eaux, tandis que l'autre était un phœnix. Ceci explique mon affiliation avec les éléments. »

« Et-Et moi ? À quoi je ressemble ? » demanda Harry. « Je veux dire…. »

« Je comprends, tu dois être quelque peu désorienté par ta nouvelle forme sans savoir exactement en quoi elle consiste. Laisse-moi te décrire. »

Dumbledore se mit à survoler Harry, avant de revenir se placer devant lui.

« Eh bien, pour faire simple, tu es un cerf mon garçon. »

« Un cerf ?! » s'exclama Harry de surprise. Puis il réfléchit. En effet, un cerf expliquait les sabots, les quatre pattes et les poids qui devaient en fait être ses ramures. Toutefois…

« Je n'ai pas de plume ? »

« Si. C'est étrange… », dit l'oiseau d'eau, pensa Harry avant que l'animal ne continue. « Ton pelage n'est pas un pelage à proprement parlé. Tu es recouvert de plumes noires… tes yeux, en revanche, ont exactement la même couleur que ton toi humain. Aussi verts et brillants que deux émeraudes. »

« Et donc ? Une idée de quelle fée pourrait être mon aïeule ? De la nature exacte de mes pouvoirs ? Et maintenant que j'y pense… » Il observa son environnement. L'obscurité s'étendait à perte de vue. « Où sont Riddle et Grindelwald ? Comment en quoi consiste ce fameux test dont vous n'arrêtiez pas de parler ?»

« Tant de questions… » s'il avait pu, Harry était certain que Dumbledore lui aurait offert un sourire bienveillant.

« Pour être honnête, je ne sais pas encore qui pourrait être ton ancêtre… ta mère avait une forme très semblable à la tienne : une biche recouverte de plume aussi noire que l'encre. Je suppose que vous tenez cela de Morgane qui, d'après les dires, prenait l'apparence d'un corbeau dû à son affiliation à Morrigan, la déesse irlandaise de la guerre. Ceci pourrait expliquer tes habilités au combat… Cependant, les habilités de la fée verte n'ont jamais été explicitement partagées…et pour le reste, pour ta part cervidé… je l'ignore. Pour l'instant. »

« Mais alors, comment sait-on avec qui j'ai des affinités magiques, si ma nature te mes pouvoirs ne sont pas clairs ? »

« Nul besoin de connaitre tout cela d'avance. Tu vas voir… Oh ! Et pour Tom et Gellert, tu les rencontreras tour à tour. Pour ton premier voyage spirituel et pour le test, il eut été dangereux de t'exposer directement à nos trois présences en même temps. »

« D'accord… et donc, le test ? » demanda Harry avec une légère impatience. Non qu'il n'apprécie pas l'expérience de se trouver dans la peau – ou les plumes plutôt – d'un cerf… mais s'il était possible d'en finir rapidement, il était partant.

« Oui, le test… il faut que nos âmes entrent en contact. La sensation risque d'être surprenante, mais je t'assure que tu ne risques rien. »

Et sur ce, Dumbledore s'approcha et posa sa tête contre le front d'Harry.

Tout à coup, le jeune homme fut assailli de visons.

Trois enfants, une fillette et deux garçons, jouant gaiement dans les prés. Un jeune homme roux manipulant le courant du fleuve pour créer toute sorte de figure. Un adulte à l'allure fière, avec un emblème en forme de griffon sur la bannière qu'il porte sur son épaule. Un jeune homme aux boucles blondes lui souriant d'un air tendre. Un jeune garçon crasseux aux cheveux sombre et aux yeux rubis. Deux rouquins se disputant. Une jeune fille dans un cercueil… Puis les images cessèrent, il se retrouva entouré de lumière, de blanc, et devant lui se tint l'un des roux qu'il avait vu précédemment. Il lui lança un regard froid et autoritaire.

« Va-t'en. Tu n'as aucun droit ici. Tu n'as aucun droit sur ces visions. »

« Que… où est Dum..» commença Harry avant d'être interrompu.

« Va-t'en. Tu n'as aucun droit ici. Les souvenirs de mon frère ne seront pas partagés avec toi, maître d'Avalon. Ton sort n'est pas lié au sien. Les fils de vos destinées se croisent certes mais ne s'entremêlent guère. Un autre a cet honneur .Un autre portera ce fardeau. »

Sans plus de préambule, la lumière laissa place à l'obscurité.

Tout à coup, Dumbledore, toujours sous sa forme d'oiseau, se tenait à nouveau devant lui.

Tous deux restèrent silencieux un bon moment, avant que l'oiseau ne prenne la parole.

« Ta vie n'a pas été facile, n'est-ce pas mon garçon ? »

« Vous avez vu… ? »

« … Pas tout. Seulement des fragments de souvenirs, et pas plus tard que tes dix ans... Je dois avouer avoir été surpris par l'agressivité avec laquelle ton inconscient m'a repoussé, Harry. »

« Mon inconscient ? Comme… comme l'homme dans votre… »

« Aaah… Abelforth. De son vivant mon frère était déjà difficile, mais j'imagine que le spectre de mes souvenirs n'a rien fait pour améliorer son caractère. »

« Votre frère ? »

« Oui. Non seulement la Magie et le Destin s'exprime dans ces visions… peut-être t'auront-ils adressé quelques messages cryptés… mais pour protéger notre esprit des intrusions indésirables, nous reprenons aussi quelques chose qui nous est familier et qui nous apporte du réconfort. Je me disputais souvent avec mon frère mais… la famille a toujours été sa première priorité. Il était toujours là pour ma sœur et moi. »

«… Qui avez-vous vu ? »

« Hum ? »

« La personne qui vous a rejeté, qui était-ce ? » demanda Harry.

« En fait… deux personnes m'ont repoussé. Un homme au nez crochu, vêtu tout de noir et les cheveux quelque peu… graisseux, m'a d'abord jeté un air dédaigneux avant de me fermer la porte au nez. Curieux personnage. Ensuite, c'est une femme qui s'en est prise à moi. Ta mère je crois…. Vous avez les mêmes yeux. »

La gorge d'Harry se serra. Avec les explications de Dumbledore il n'était pas surpris d'apprendre que Severus Rogue était la personnification de ses défenses mentales, mais que sa mère soit là, alors qu'il ne s'en souvenait même pas… La femme avait dû lui être chère. Durant la courte année de vie qu'il avait passé à ses côté, il avait dû lui faire entièrement confiance, il avait dû créer un lien exceptionnel avec elle… avant qu'elle ne soit cruellement assassinée.

« Harry… Je vais me retirer à présent. »

« Donc… vous ne serez pas mon professeur ? » Le jeune homme ne put dissimuler la note de déception dans sa question.

L'oiseau soupira. « Hélas, le rejet est clair et net des deux côté. Cela dit, si tu as la moindre question dans le futur, le moindre problème, n'hésite pas à venir me voir. Je t'aiderai au meilleur de mes capacités sans empiéter sur les privilèges de ton enseignant. »

« Merci. »

« … Je pense que Gellert sera le suivant. Bonne chance pour la suite. »

Le jeune homme se contenta d'hocher la tête. Des tentacules d'ombre entourèrent Dumbledore et bientôt le jeune homme se retrouva à nouveau seul dans l'obscurité.

« Tu as donc hérité des plumes de Morgane. »

Harry sursauta. Enfin, autant qu'un cerf pouvait sursauter. Il n'avait rien senti, n'avait rien vu venir, et pourtant Grindelwald se tenait là, devant lui. Du moins, la voix qu'il avait entendu appartenait à Grindelwald. La créature qui se dressait devant lui n'avait rien d'autre en commun avec le vieil homme, si ce n'était pour la chevelure grise-argentée qui lui tombait sur les épaules et ses yeux perçant.

Contrairement à celles d'Harry et de Dumbledore, la forme spirituelle de Grindelwald avait une allure humanoïde. Cependant, elle n'avait rien de rassurant. Harry avait l'impression de se trouver devant la faucheuse personnifiée : une grande et mince silhouette vêtue d'un manteau aussi sombre que l'obscurité environnante. Un large chapeau, noir lui-aussi, recouvrait le haut de la tête de l'homme. Le teint de sa peau était blafard, presque maladif, et ses doigts crochus étaient refermés autour du manche de sa faux dont la lame brillait d'un éclat menaçant.

« … Je me demande quels sont les pouvoirs que t'aura transmis l'ensorceleuse… personne ne sait exactement où les siens se limitaient. Ton apparence de cerf, par contre, est une surprise.» dit Grindelwald, faisant fi de l'impression qu'il faisait sur le jeune cerf devant lui.

Harry avala sa salive.

« D-Dumbledore a dit la même chose. Euh… juste pour savoir… vous n'êtes quand même pas la Mort ? »

Les yeux de l'homme, de la créature, brillèrent et il rit tout bas en s'approchant d'Harry.

« Aucune fée ne peut se vanter d'incarner la faucheuse, gamin. Même pas moi... Mon ancêtre était Ankou. »

« Ankou ? »

Grindelwald tendit la main, et pointa l'un de ses doigts squelettiques à quelques millimètres du front d'Harry.

« Il récoltait les âmes ou marquait, d'une seule touche, les futurs macchabés. Il n'est pas la Mort même et ne la contrôle guère, il n'en est que le serviteur… Toutefois, il n'en sera pas éternellement ainsi… et tu pourrais bien m'aider à changer les choses.»

Avant qu'Harry ne puisse comprendre ce qu'il voulait dire par là, leurs âmes entrèrent en contact.

Deux adultes, une femme et un homme se disputant. L'homme frappe la femme. Du sang coule. Une femme plus âgée. Un jeune garçon roux lui lançant un regard adorateur. Une femme élégante avec un livre à la main et entourée de bannières sur lesquelles se trouve l'effigie d'un corbeau. Une étreinte passionnée. Un cimetière, les tombes tremblent, la terre se soulève. Un groupe d'enfant, crasseux, miséreux, affamés…

« Il suffit. » dit une voix calme mais ferme derrière Harry.

Le jeune homme se retourna. Face à lui se tenait le jeune homme roux de la vision.

« Les secrets de Gellert sont les siens. Je te prierais de bien vouloir respecter son intimité… notre intimité. »

Un éclat traversa les yeux bleus du jeune rouquin. Des yeux qu'Harry a déjà vus quelque part.

« Mr. Dumbledore ? » demanda-t-il, incrédule.

« Harry Potter. Gellert te porte un grand intérêt, mais votre association ne pourra mener qu'au Chaos et à la destruction… il y trop de mort en vous deux. La vie qui t'habite ne saura faire face à cette épreuve. »

« Que voulez-vous d…. »

« Non. Ce n'est pas ton épreuve. Ce n'est pas ta responsabilité. Seul le cœur brisé arrêtera le sombre marionnettiste. Va-t'en. »

De nouveau, il se retrouva dans l'obscurité, face à Grindelwald qui l'observait d'un air mécontent, les mâchoires serrées.

« Tss… il n'en restait qu'un… maudite femme. » marmonna la sombre créature entre ses dents.

« Pardon ? » s'enquit le plus jeune. La seule réponse qu'il reçut fut un regard mauvais.

« Je suis impressionné gamin… deux défenses, ce n'est pas rien pour un débutant. » admit Grindelwald à contrecœur. « Je suppose que tu n'as pas été autorisé à passer à travers les miennes? »

Harry secoua la tête. « Non… Dumbledore m'en a empêché. »

La créature sourit d'un air retors. « Ah ! Ce cher Albus… En effet, c'est sûrement la seule personne qui ne me tournera jamais le dos. Il est bien trop amouraché de ma personne pour cela. Enfin, je suppose que tu as dû t'en rendre compte quand tu t'es heurté à ses défenses. Le jeune homme blond qui t'a repoussé ? C'était moi. »

Harry garda le silence. Quelque chose lui disait que l'homme n'apprécierait pas d'apprendre qu'il n'était pas la personne de confiance de l'amant qu'il pensait avoir complétement ensorcelé.

«Ainsi, le rejet est irrévocable... Je dois donc me retirer de la compétition, même si je n'ai pas dit mon dernier mot… ce qui te laisse avec ce cher Tom Riddle. Plutôt amusant que ce soit avec l'homme que tu déteste que tu seras sûrement compatible, n'est-ce pas gamin ?»

Harry ne dit rien, bien trop horrifié par ses perspectives d'avenir pour cela. Riddle serait son professeur ?

« Enfin, vous devez encore passer le test. » fit remarquer Grindelwald. Sa forme perdait de la consistance, se fondant dans l'obscurité. « Si ce dernier n'est pas concluant non plus, je suppose que nous aurons tous les trois un droit sur ton éducation… »

Ainsi, il s'en fut, laissant Harry seul dans l'obscurité.

Son cœur battait comme un tambour. Il avait envie de crier, d'aller se cacher, mais il n'y avait nulle part où se réfugier dans cet océan d'ombres et de ténèbres qu'était le monde spirituel. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était attendre dans l'angoisse l'arrivée de Tom Marvolo Riddle.

Je sais ! Cliffhanger ! Mais… (Regarde les lecteurs avec les yeux du chat potté de Shrek) … « Reviews ? S'il-vous plait (miaou) »

Plus sérieusement, je n'avais pas prévu de finir ainsi. Je comptais faire les trois dans un seul chapitre… mais au final, j'avais envie d'accorder une attention spéciale à la rencontre spirituelle de Harry et Tom et en plus je ne suis pas encore sûre à cent pour cent de comment celle-ci se déroulera. Je vous évite donc une semaine ou deux d'attente en plus.

Sinon, j'aimerai beaucoup avoir vos impressions sur ce chapitre (sur les idées, l'écriture, vos ressentis…). Il me semble être différent des autres dans le rythme, donc je suis curieuse.

Announcement : Celui qui devine de quelle créature/divinité Harry tient son apparence de cerf gagne un one-shot (« I am not throwing away my shot ! » yeah) Harry Potter de son choix ! Pour les personnages, j'avoue être plus confortable avec certains, mais le synopsis est libre

Vu la période (entrée en blocus et examens sous peu) le rythme de parution de toutes mes fics va se ralentir. Je préfère prévenir d'avance.

À la prochaine !