Yuzu: Hello tout le monde! Alors voilà, je me sens un peu patraque ce soir à cause d'un désaccord avec ma mère (ce sont des choses qui arrivent), et j'essayais de me remonter un peu le moral en me plongeant un peu dans la fic - que ma bêta Temperance a continué à corriger - mais je n'arrive pas à trouver les idées pour modifier ce qu'elle m'a indiqué alors... J'ai décidé de vous offrir un nouveau chapitre, en espérant qu'à l'occasion du dixième chapitre vous n'hésiteriez pas à laisser quelques commentaires! (On peut toujours espérer, n'est-ce pas?
En bref, je vous laisse avec ce...
CHAPITRE 10
20 Septembre 1997
Pov Shireen
Le monde est blanc. Tout blanc. Et silencieux. Comme mort. Pourtant la mort est noire, les ombres sont noires, tout est noir dans un monde blanc. La mort est silencieuse. En fait, il me suffit de fermer les yeux pour trouver le noir, la mort. Mais en les ouvrant, tout est blanc.
Et quand ce n'est plus blanc, comme maintenant, c'est qu'un visage se penche dans mon champ de vision. Mr Barns me parle doucement, mais tout est silencieux. Je vis dans un monde blanc de lecture. Lecture de caractères – noirs le plus souvent – d'humeurs – noires en ces temps – de lèvres – dans des tons virant du rose pâle au rouge.
Il est l'heure de ma toilette, dit-il. J'acquiesce et me redresse sur mes oreillers, tirant mes jambes – poids morts et pourtant aussi blancs que mon plafond – pour que je puisse m'asseoir. Mr Barns, en habitué, me prend par les épaules tandis que sa charmante assistante prend mes jambes pour me déplacer sur le fauteuil. J'insiste encore à le manœuvrer seule à l'aide de ma baguette.
La douche est agréable, et l'assistante attentionnée. Je la vois me parler avec entrain des merveilles qui lui arrivent à l'extérieur de mon monde blanc. Tellement qu'elle en oublie quelques fois de parler en face de moi. Tellement que je vois bien qu'elle ne veut pas me parler de ce qu'il se passe réellement au dehors. Tellement qu'elle en oublie que je sais ce qu'il se passe réellement au dehors. Je sais ce qu'il se passe, et je m'inquiète. Pour ce monde blanc, pour la mort et sa surcharge de travail, mais surtout pour ce petit, mon petit, qui n'est plus venu me voir depuis un mois. Lui qui venait toutes les semaines.
Je suis de retour dans mon monde blanc, allongée sur le dos, les yeux fixés sur le plafond blanc. Lorsque je veux lire, je fais léviter les textes devant mes yeux. Mais pour le moment, je crois que je vais simplement mourir quelques instants.
La sensation d'être observée me réveille doucement, et j'ouvre les yeux sur mon monde blanc. Je les baisse vers le fond de la chambre, et sur mon mur blanc se dessinent les contours d'un homme de grande taille, emmitouflé dans une cape noire. L'homme lève une main pâle et presque squelettique vers son visage, et il retire sa capuche.
Une chaleur bienheureuse s'empare de moi, me prend le ventre, me brûle presque mes faibles poumons que je ne sens d'habitude plus. Enfin, la silhouette se brouille, et des larmes, philtres de joie, coulent sur mes joues, s'immisçant dans mes rides pour former des rigoles se déversant dans mon cou.
Mon petit s'avance à mon chevet, et je délaisse le blanc de mon plafond pour le blanc de sa peau.
Il lève ses mains pâles, et forme les signes, bougeant les lèvres en même temps :
- « Vous ne devriez pas pleurer pour moi, Shireen. »
Je tends la main vers lui. M'assurer qu'il est bel et bien là, et après peut être mourir un peu. Il serre ma main dans les siennes. Elles sont chaudes, c'est bien. Mais il est pâle, et tout maigre. Il m'apparaît si jeune, ce garçon… A peine sorti de l'adolescence. Son front marqué de quelques cicatrices laissées par l'acné est la preuve qu'il est trop jeune pour tant de noirceur sur lui. Ses beaux cheveux roux frisés sont mouillés, et son semblant de barbe – preuve encore de sa jeunesse – brille de gouttes éparses aussi.
A regret, je retire ma main, et me redresse sur mes oreillers. Je tapote le matelas à côté de moi et il s'y assied, sa cape noire contre mes draps blancs. Je le fixe dans ses yeux bruns brillants d'un malaise que je ne m'explique pas… Encore.
- « Comment vas-tu, mon petit Edward ? Tu es si maigre, manges-tu à ta faim ? »
- « Oui, Shireen, ne vous inquiétez pas pour moi. Je suis navré de n'avoir pu vous visiter ces derniers temps. J'ai… »
Ses mains se figent, il tremble de tout son corps, et fais retomber mains et yeux sur ses genoux.
Je me souviens de quand il était un petit garçon de sept ans que je soulevai sans mal sur mon plan de travail. Il était si petit à l'époque que ses pieds ballotant n'atteignaient pas la moitié de la hauteur du meuble. La hauteur ne le rassurait pas, alors le plan de travail était sa punition lorsqu'il m'empêchait de préparer les mets choisis pas ses parents pour le souper. Il adoptait alors une expression contrite, et s'étalait en excuses, espérant que je ne le dénonce pas à ses austères et rudes géniteurs. Je ne le faisais jamais.
Je tends la main, et tire sur sa cape pour attirer son attention :
- « Raconte, mon petit, je t'écoute. »
J'aime tant utiliser ce verbe dénué de sens pour moi. Puisque je n'entends pas, je sens et je vois, et cela me suffit.
- « Mes anciens camarades de classe m'ont quelque peu accaparé ce mois-ci… Je suis navré, Shireen… »
Ses yeux ne semblent parvenir à me fixer longtemps, il ne cesse de les baisser sur mes mains. Je me redresse, et tend mes bras, jusqu'à effleurer de mes doigts ses joues pâles et creuses. Il sursaute au contact, mon cœur se réchauffe de sentir les muscles de sa mâchoire se détendre considérablement. Mes mains sur ses joues, il est coincé, j'ai emprisonné son regard dans le mien. Alors, lentement, je m'approche, et dépose mes lèvres sèches et craquelées de vieille femme sur les paupières qui ont gardé cette douceur de l'enfance. La droite, puis la gauche, puis un plus long baisé sur son front. Et je recule mon visage, et je bouge les lèvres, l'une des rares fois que je le fais :
- « Tu peux tout me dire, mon petit Edward, je ne t'ai jamais dénoncé. Je ne le ferais jamais. »
Mon petit referme ses mains sur mes poignets, et rabaisse mes bras sur mes genoux, m'incitant à m'adosser à mes oreillers. Le repos et bienvenu, mais je ne quitte pas les yeux du petit, alors que ceux-ci se troublent de larmes. Ses lèvres tremblent lorsqu'il signe la phrase que j'ai l'impression de l'entendre prononcer avec la voix du petit garçon qu'il était à sept ans :
- « Madame, j'ai commis l'irrémissible. »
Et sur le blanc de son avant bras gauche, se dessine en noir, se tortillant tel le serpent que cette nuance représentait ici, la mort qui règne au dehors.
26 Septembre 1997
Pov Kingsley
Comme toujours lorsque je me trouvais au Ministère, je gardais ma main droite sur mon holster, alors que je suivais Amelia dans les couloirs.
« Que voulez-vous que je fasse pour vous, Amelia ? Mon rapport n'est pas encore prêt…
- Attendez un peu. »
Je la suivis dans l'Atrium, faisant de mon mieux pour éviter de regarder cette horrible statue qui s'imposait en son centre. Une fois qu'on fut sorti par l'accès moldu, Amelia lança un sort d'insonorisation, et nous fit marcher encore deux minutes avant que je ne perde patience :
« Qu'est-ce que vous me voulez, à la fin, Amelia ?
- Tu peux reprendre le tutoiement, Kingsley. Ça ne sert à rien de continuer à faire semblant à l'extérieur du Ministère. »
Je restai silencieux. Amelia poursuivit :
« Dirk Cresswell va être transféré à Azkaban. Ils m'ont obligée à assigner Dawlish pour l'escorter »
Je la regardai du coin de l'œil en fronçant les sourcils. Ca pouvait très bien être un piège, pour me faire révéler des choses sur l'Ordre…
« Que m'a avoué Amelia Bones le 15 Août 1984 ? »
Elle cessa de marcher un instant, me fixant avec un regard désolé, puis elle reprit :
« C'était le troisième anniversaire de la mort d'Edgar. Je t'ai dit que je t'aimais... Et que je me détestais d'être tombée amoureuse du meilleur ami de mon mari. Je t'ai demandé de me laisser t'oublier et de ne m'adresser la parole que dans le cadre du travail. »
Je serrai les dents, et la regardai, alors qu'elle avait ce même regard navré. Je laissai mes yeux tracer le contour de sa mâchoire carrée, et notai les cheveux blancs qui parsemaient ses cheveux d'ordinaire gris. Amelia n'avait jamais été une belle femme, mais j'avais toujours apprécié son esprit vif, et son air de quelqu'un qui ne se laisserait jamais faire. C'était une femme forte, et malgré la guerre que nous avions déjà vécue vingt ans plus tôt, je ne l'avais vue vulnérable qu'au moment de la mort d'Edgar. Et même maintenant, je ne supportais pas ce regard-là, qui m'indiquait encore une fois qu'elle n'avait pas maîtrisé ce qui s'était passé après la mort de son mari.
« Kingsley, écoute...
- C'est bon, Amelia. Je ne vais pas en parler. J'avais besoin de vérifier que c'était toi. On retourne sur Dirk Cresswell. »
Elle acquiesça et j'enchaînai :
« Sa femme et sa fille ne supporteront pas de le savoir là-bas.
- Je peux assigner un partenaire à Dawlish. Tu as une idée ?
- Nymphadora Tonks. Elle est maline, et la dernière fois qu'on s'est vu, elle voulait absolument faire quelque chose pour l'Ordre. Dirk sera entre de bonnes mains. Est-ce que tu as d'autres informations ?
- Dean Thomas ne s'est pas présenté à la commission d'enregistrement. Deux officiels du Ministère vont venir le chercher chez sa mère. Il faut qu'il s'enfuie, mais sa mère est moldue, quelqu'un doit être avec elle pour la protéger. »
Je restai silencieux un instant. Sa fuite ne devait pas apparaître prévue. Si Thicknesse ou Ombrage découvraient qu'Amelia m'avait livré ces informations… Dans ce cas-là, il allait nous falloir quelqu'un susceptible de visiter Dean et sa mère, et qui pourrait les aider.
« Je vais prévenir les jumeaux Weasley, répondis-je finalement. Ils pourront être sur place quand les Mangemorts viendront, et aider Dean à s'enfuir. C'est pour quand ?
- Dans dix jours pour Dean, et ce weekend pour Dirk. »
On continua de marcher en silence. Je ne pouvais m'empêcher de penser à ce jour où Amelia m'avait dit… Depuis ce jour, je ne l'avais plus tutoyée, je ne l'avais plus vue, seulement pour lui livrer mes rapports d'enquête… Elle ne m'avait jamais donné l'occasion de répondre, d'en parler avec elle, ou de parler d'Edgar. Et maintenant qu'elle aussi s'investissait contre Voldemort, il était trop dangereux pour chacun de nous de faire quoique ce soit.
« Amelia… Je vais y aller. Il faut que je prévienne Tonks pour qu'elle sache quoi faire avec Dirk, et aussi les jumeaux. »
Je m'éloignai dans la rue, et juste avant que je tourne à l'angle, Amelia me rappela :
« Kingsley, une dernière chose ! »
Je me retournai et fixai ses yeux gris perçants, qui s'adoucirent légèrement alors qu'elle ajoutait :
« Ne te fais pas prendre. »
29 Septembre 1997
Pov Daphné
Les portes de la salle s'ouvrirent. On entra et j'allai jusqu'à ma place, au premier rang, m'efforçant d'ignorer cordialement le seul autre Serpentard de la classe, qui surpassait même Malefoy en termes d'arrogance.
A la table à ma droite se trouvait Fontana. Elle se tenait seulement sur un pied en s'appuyant sur la table, et grimaçait de douleur.
Je ne parvenais pas à comprendre la logique qui les poussait, elle et ses amis, à s'attirer les foudres des Carrow et de Snape.
Snape entra dans la classe et ses yeux se posèrent sur ma voisine :
« Miss Fontana, cette série de retenues vous a-t-elle inculquée un semblant de bonnes manières ?
- Oui, professeur.
- Vraiment ? C'est très surprenant, je m'attendais à ce que vous ayez besoin d'un peu plus de temps pour faire rentrer le message.
- Oui, professeur. »
Snape fronça les sourcils. Je regardai aussi Fontana sans comprendre. Depuis quand avait-elle décidé de laisser parler Snape sans lui répliquer ? Il y avait anguille sous roche. Elle était en train de lui jouer un tour, ce n'était pas possible autrement.
Snape s'adressa alors à la classe :
« Asseyez-vous.
- Oui, professeur.
- Fontana, vous ne parlerez que quand je vous y aurais invitée !
- Oui, professeur. »
C'était ça. Elle n'allait pas arrêter de lui dire ça, peu importait ce qu'il lui dirait. Snape la fixa en plissant les yeux. Il avait compris, et maintenant, elle allait se prendre des retenues supplémentaires. Mais pourquoi faisait-elle ça ? Elle les cherchait tous les trois, alors qu'elle savait qu'ils n'hésiteraient pas à… Se montrer inventifs dans leurs retenues…
« Miss Fontana… Etes-vous sérieusement en train de me faire croire que quand je vous ai dit la semaine dernière de vous adresser à moi en disant 'oui, professeur', vous avez compris que c'était la seule phrase que je vous demandais de prononcer ? » fit-il dans un murmure menaçant, qui me glaça l'échine.
Les autres retinrent leur souffle, alors que Fontana fixait Snape avec un sourire insolent et satisfait. Elle répondit en Ancien Langage, faisant vibrer l'air de la pièce :
« Oui, professeur. »
Du coin de l'œil, je vis que les autres n'avaient pas compris ce qu'elle avait dit. Comprendre la magie de l'Ancien Langage était très différent de comprendre une conversation bateau en Ancien Langage… Et j'eus des difficultés à saisir la réponse de Snape, alors qu'il s'appuyait sur la table de Fontana, approchant son visage à seulement quelques centimètres du sien. Son Ancien Langage était plus profond que celui de Fontana, et résonna dans ma tête, faisant vibrer mes entrailles :
« Fontana… Je vois clair dans votre petit jeu, et je ne suis pas un minimum impressionné par vos… galipettes littéraires en Ancien Langage. Ma patience a des limites, et vous avez posé le pied dessus dès le premier cours. Sachez que vous n'êtes pas Maître de l'Ancien Langage, et encore moins capable de supporter ma colère. Je vous conseillerais de vous calmer, car sinon, vous risquez de regretter vos séjours chez les Carrow. »
XXX
Alors qu'on sortait de la classe en martelant le sol en rythme, je m'arrangeai pour me trouver à côté de Fontana, dans le dernier rang. Une fois dans le couloir, je l'attrapai par le bras :
« Fontana, viens par ici. » murmurai-je en la tirant dans une salle vide.
Quand je me retournai après avoir fermé la porte, je vis que Fontana avait dégainé sa baguette, la pointant sur moi avec un air revêche.
« Qu'est-ce que tu me veux ?!, demanda-t-elle d'un ton ferme.
- Bon sang… Tu deviens parano, Fontana, sérieusement.
- Tu veux que je réagisse comment quand on m'attrape par derrière comme ça, hein ? Dis-moi ce que tu veux, Greengrass. »
Je soupirai et la fixai dans les yeux :
« Pourquoi toi et tes amis faites tout ça ?
- Tout ça quoi ?
- Toutes ces farces aux Carrow, et à Snape. Ce que tu viens de faire en classe, là ! Tu viens de finir ta semaine de retenues, et il te les a doublées. »
Elle fronça les sourcils et me fixa avec méfiance :
« En quoi ça t'intéresse ?
- Je me demande ce qui peut vous pousser à attirer l'attention sur vous. Ils sont en train de vous torturer.
- Parce que justement, ça attire l'attention sur nous.
- Comment ? »
Fontana se retourna et alla se pencher à la fenêtre, en laissant tomber son sac le long du mur. Je m'assis sur une table, derrière elle.
« En cinquième année, avec Ombrage, c'était la même chose. Elle se gênait pas pour coller ses retenues dégueulasses aux enfants – ils avaient onze ans ! – mais quand on s'est fait griller dans l'AD, pendant trois semaines, personne d'autre n'a eu de retenue à la Ombrage. Si on fait ça avec les Carrow, c'est parce qu'on espère en partie les pousser à la dépression et les faire fuir, mais surtout parce que leurs retenues sont pires que celles d'Ombrage, et si on peut les empêcher de centrer leur attention sur les plus jeunes, on le fera aussi longtemps qu'on pourra.
- Fontana… »
Elle me regarda avec un sourire sarcastique :
« Quoi, tu as du mal à imaginer que des gens puissent se sacrifier pour protéger ce en quoi ils croient ? Tu sais ce qui me dégoûte ? C'est que vous suiviez tous aveuglément un monstre, sans même vous questionner. Je suis sûre que si on faisait un sondage parmi les Mangemorts, on trouverait que cinquante pour cent d'entre eux le suivent parce qu'ils ont peur, trente pour cent parce que leurs parents et amis le suivent, quinze pour cent parce qu'ils veulent le pouvoir, et seulement cinq pour cent parce qu'ils partagent son avis. Ca fait au moins quarante-cinq pour cent des Mangemorts qui pourraient réfléchir un peu, et choisir une autre voie.
- Quand tu dis 'vous le suivez', tu parles de moi ? Des Serpentards en général?
- Tu vas me dire que c'est hypocrite de porter ce genre de préjugés sur les Serpentards parce qu'une majorité suit Tu-Sais-Qui, alors qu'on se bat contre lui à cause de ses préjugés sur les moldus ?
- Ca me paraît très hypocrite, en effet.
- Oui, et bien je vais te dire une chose. Je connais un Serpentard qui jusqu'à maintenant m'empêchait de penser comme ça. Et finalement, il s'est avéré être le pire traître qui puisse exister, en plus d'être un sale assassin, lâche et sans une once de remords. Ca a tendance à faire réfléchir, ces trucs-là. Maintenant, tu veux me prouver que j'ai tord, montre-moi un Serpentard qui ne pense pas que parce qu'il est de Sang-pur il est supérieur aux autres, ou qui ne cherche pas le pouvoir auprès de Tu-Sais-Qui. »
J'écartai les bras, lui signifiant que je collais à la description. Fontana me regarda avec des yeux ronds et me pointa du doigt :
« Toi ? Mais qu'est-ce que tu fous à Serpentard ? »
Je secouai la tête en levant les yeux au ciel :
« Et voilà. Je ne remercierais jamais assez les gars comme Malefoy et Tu-Sais-Qui pour avoir donné à ma Maison la réputation qu'elle a – à savoir le repère des Mages Noirs et des Sang-pur. Je te ferais remarquer que pour entrer à Serpentard, il faut avoir de l'ambition, être rusé, et pas trop bête. Etre de Sang-pur est un plus, évidemment.
- Alors il faudra que tu m'expliques comment Crabbe et Goyle y sont entrés.
- Oh, eux, ils ont suffisamment d'ambition pour nous tous. Et de toute façon, ils ne correspondent pas du tout aux autres Maisons. Tu les imagines à Serdaigle ? »
Fontana explosa de rire et répondit :
« Même si le Choixpeau était bourré, il ne les aurait pas mis là-bas ! Je n'étais pas encore à Poudlard quand ils ont été répartis, mais ça ne m'étonnerait pas s'ils avaient essayé de mettre le Choixpeau à leur pied ! »
Je ne pus m'empêcher d'accompagner Fontana dans son fou rire, imaginant facilement Crabbe ou Goyle prenant le Choixpeau pour une chaussette. Quand j'avais vu Crabbe monter sur le tabouret et prendre le Choixpeau, j'avais personnellement cru qu'il allait le manger !
Fontana se détourna de la fenêtre et s'assit à côté de moi sur la table. Elle prit une grande inspiration pour se calmer, et je demandai :
« Tu ne vas pas en cours ?
- Toi non plus, tu n'y vas pas. Et c'est Histoire de la Magie, alors sans façon.
- Idem.
- Comment les Carrow réagissent quand c'est un de leurs chers Serpentards qui tord les règles ?
- Je leur dis d'essayer d'en parler à ma famille pour voir. C'est la seule utilité que je leur trouve à être des Mangemorts aussi actifs. Et j'ajoute que tout ce qu'on y apprend, c'est comment ces stupides gobelins se révoltent au lieu de rester à leur place. Les Carrow sont tellement cons qu'ils gobent tout alors que je n'en crois pas un mot. Je crois que je pourrais les convaincre sans problème que je suis la fille cachée de Bellatrix et Tu-Sais-Qui. »
Fontana émit un bruit de gorge en retenant son ricanement. Mais elle ne dit rien. Je savais qu'elle se demandait ce qu'elle fabriquait avec moi. Et je me demandais ce que je fabriquais avec elle.
« Et toi ?, fis-je en rompant finalement le silence. Tu leur dis quoi, généralement ?
- D'aller jouer aux billes avec leurs crottes de nez. »
Cette fois, je retins moi-même un ricanement en les imaginant s'exécuter.
« Tout bien réfléchi, je ne pense pas qu'ils aient vraiment besoin que tu le leur suggères, non ? Ils ont l'air d'avoir déjà trouvé cette activité tous seuls. »
Fontana se retourna et tira la table de derrière pour la coller à la notre, puis elle s'allongea dessus. Je fis de même, fixant le plafond comme s'il avait un intérêt particulier. Qu'est-ce que j'étais en train de fabriquer, exactement ?... Je ne voyais toujours pas comment ils pouvaient avoir… le courage de se laisser torturer pour des gens qu'ils connaissaient à peine, voire pas du tout.
« Hey, Fontana… j'ai une dernière question. Comment tu fais pour parler l'Ancien Langage ? C'est inné chez toi ?
- Toi aussi tu le parles, non ?
- Je veux dire tenir une conversation normale en Ancien Langage, pas seulement prononcer des incantations. J'arrive à comprendre ce que toi et Snape avez dit tout à l'heure, mais de là à le faire moi-même…
- Non, ce n'est pas inné. L'Ancienne Sorcellerie est la matière que j'ai le plus travaillée avec les potions. J'ai trouvé des livres d'un Maître de l'Ancien Langage qui a traduit ce qui est considéré comme les cent meilleurs romans de toute l'histoire des moldus. Je les ai lus, avec leur version originale, ou traduction anglaise, à côté. Et l'année dernière, McGonagall – qui n'est pas mauvaise en Ancienne Sorcellerie non plus – avait accepté de parler avec moi presque toutes les semaines pour m'entraîner. Elle est beaucoup moins douée que Snape, mais il n'y avait aucune chance pour que celui-là accepte.
- Ca te dérangerais de m'apprendre ? Rien que de prononcer ou écouter des formules en Ancien Langage, c'est déjà énorme comme sensation, mais pouvoir le parler…
- Ouais… Je peux t'assurer que c'est différent. »
Fontana se redressa et fit venir son sac à elle. Elle fouilla dedans quelques instants, et en sortit un livre qu'elle me tendit. Le titre était écrit en Ancien Langage. Pride and Prejudice…
« La version anglaise est à la fin, donc tu peux t'y reporter. Je ne pense pas que tu connaisses, c'est moldu. Je te conseille de prendre un dictionnaire anglais du 19ième siècle avec toi, parce que ce n'est pas évident quand on ne connaît pas l'orthographe ou les termes d'époque. Après, je te passerais un bouquin plus récent, si tu veux, pour te faire une idée du vocabulaire de maintenant.
- Merci, Fontana. »
Je ne comprenais pas ce qui la poussait à me prêter ce livre. Mais alors que la cloche sonnait treize heures, et indiquait donc l'arrêt des cours de la matinée, on se leva toutes les deux. Au moment où on sortit de la classe, on se sépara. Je devinai facilement qu'elle partait rejoindre ses amis, et je rejoignis Blaise – le seul autre septième année potable de Serpentard – et Astoria.
Fin du chapitre 10
Yuzu: Et bien voilà, merci pour votre attention! Je suis désolée si ce chapitre paraît un peu court, je préfère ceci que de poster des chapitre indigestes. Si vous espérez la suite rapidement, n'hésitez pas à me le faire savoir, ça me donnera peut-être le courage qu'il me faut pour me forcer à avancer un peu :)
A bientôt tout le monde!
