Salut à toutes, me revoilà avec ce nouveau chapitre...Je crois bien que c'est celui avec lequel j'ai pris le plus de plaisir, j'espère que ça sera pareil pour vous!!
Un bisou à toutes les anonymes, à qui je ne peux pas répondre pas PM, vos reviews sont vraiment revigorantes : )
Et un bisou tout particulier, accompagné d'un grand merci, à Lila Flow, ma beta toute neuve!!!!
Oubliez pas de me laisser pleins de reviews!!! Je vous adore!!!
Deb
10. Ma faiblesse, ta force.
Tout cela était d'un ridicule pesant. Cette obsession que chacun avait pour l'autre, et cette barrière qu'ils mettaient pourtant entre eux. Nul ne pourrait jamais les comprendre. Même si on ne parlait pas de sentiments, leur relation était incompréhensible : deux jeunes adultes de sexe opposés, vivants ensemble, et qui s'attirent mutuellement, d'une attirance plus forte que toutes celles qu'ils avaient subi avant. La fin de l'histoire n'était pourtant pas difficile à trouver : ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants...
Mais pas Tom et Anna. Non, eux préféraient se faire souffrir, se jouer des tours, parier sur leurs forces. Echanger leurs rôles, tantôt chat, tantôt souris, tantôt bourreau, tantôt victime...Le sado-masochisme qui transpirait de leurs actes était palpable, même si aucun d'eux ne semblait s'en rendre compte. Ils continuaient de vivre cette monotonie, qui ressemblait plus à des montagnes russes qu'à la routine classique.
Le prof de potions avait enfin daigné les remettre ensemble. Vespa lançait des regards plein d'espoir à Tom, depuis le premier rang, qu'il ignorait poliment. Pourtant, Anna était toujours jalouse. Jalouse de cette crinière blonde et disciplinée qui battait ces frêles épaules, jalouse de ce sourire aguicheur qui allumait ce visage pointu, jalouse de ces grands yeux gris bleuté qui lui lançaient des éclairs...
Tu es jalouse, remarqua Tom avec un sourire narquois.
Rêve, rétorqua-t-elle.
Alors, pourquoi la fusilles-tu du regard ?
Pour toute réponse, l'ukrainienne se contenta de jeter un regard rougeoyant à son colocataire. Bien sur qu'elle était jalouse, mais il l'était aussi, elle en était sûre. Elle en avait eu la preuve deux soirs plutôt, quand elle embrassait Stew, dans une position plutôt suggestive, et que Tom avait déboulé dans sa chambre comme un damné, prêt à trancher toute partie du corps de Stew qui ait ne serait-ce que frôler la peau de sa chère Anna.
Le sujet était évité. Tom avait prévenu Anna, mais elle n'en faisait guère cas, elle était pratiquement sûre qu'il ne ferait aucun mal à ce pauvre Stew. Du moins, elle en fût sûre jusqu'à ce fameux après-midi. Alors qu'ils étaient en plein cours de Métamorphoses avec ce vieux fou de Dumbledore, un autre professeur (celui de Botanique, elle en était presque sûre) entra dans la salle.
Il venait de découvrir ledit Stew dans une des serres, à la limite de l'agonie. Il avait été anéanti d'un coup de baguette, et puis on l'avait saupoudré de plantes carnivores, qui avaient commencé à entamer sa chair avant que le professeur ne le découvre. L'élève avait été placé en quarantaine à l'infirmerie, et peinait à se remettre de ses nombreuses et douloureuses blessures.
A l'annonce de ce qui était arrivé, Anna s'était figée. Pas besoin d'être un génie pour comprendre. Le pauvre Stew subissait les conséquences de ses actes à elle...Si le sentiment de culpabilité naquit dans son estomac, il fut aussitôt rejoint par un élan de regret. Elle aurait souhaité aller s'excuser auprès de cet innocent dont elle avait profité, mais Tom avait formellement interdit au garçon de parler à Anna, et elle ne voulait pas le mettre en danger, du moins pas plus que ce qu'il n'était déjà.
Elle prit grand soin de ne pas regarder Tom, quand on leur dit la vérité sur ce pauvre Stew. Si un regard, complice ou accusateur, s'échangeait entre les préfets-en-chef, le vieux Dumbledore le remarquerait sans doute et s'empresserait d'avoir un entretien privé avec eux et de les cuisiner jusqu'à ce qu'ils passent à table.
En revanche, lorsque le crépuscule arriva, et qu'elle se retrouva seule avec Tom dans le salon de leur salle commune, elle jugea bon de mettre le sujet sur le tapis. Elle se racla discrètement la gorge, et admira quelques instants le visage de son colocataire. Il était à demi-allongé sur le canapé de cuir, et avait le regard fixé dans les flammes, son uniforme nonchalamment déboutonné, sa bouche tordue en une moue aguicheuse. Elle, allongée sur l'épais tapis qui recouvrait le sol, se tenait sur ses coudes, et laissait le feu lécher ses cheveux encore mouillés, répandant cette fameuse odeur de fraise dans toute la pièce.
Tom ?
Il tourna la tête vers elle, ses yeux verts plantés dans le chocolat d'Anna, la moue séductrice toujours sur ses lèvres pleines.
Tu vas me le dire ? Reprit-elle.
Il sourit, et s'étira tranquillement de tout son long. Il semblait réfléchir à une réponse possible, et son sourire se fit pervers.
Tout dépend...
De quoi ?
Et bien, veux-tu savoir si je l'ai fait...Ou bien comment ça s'est passé?
Elle hésita quelques instants. Choisir n'était pas simple, et elle décida de s'épargner cette torture. De toute façon, tous ces ornements n'étaient destinés qu'à la distraire.
Les deux...Le sourire de Tom se fit plus grand.
Et bien...Oui, je l'ai fait, mais j'imagine que tu t'en doutais...Ca s'est passé très lentement. J'avais dans l'idée de ne pas le tuer, et je voulais au moins retirer le plaisir d'en garder des souvenirs plus nombreux...
Le visage d'Anna composa ce masque d'indifférence qui ne trompait plus Tom depuis longtemps. Elle était profondément choquée par son attitude, par ce peu de valeur qu'il donnait à la vie et à la souffrance d'autrui. Quand elle parla à nouveau, sa voix était moins stable, nuancée de trémolos insupportables pour elle.
Pourquoi ?...Il n'avait pas failli à sa promesse, il ne m'avait même plus regardé...
Ca ne suffisait pas. Il serait injuste qu'il s'en sorte sans une égratignure alors que j'ai dû supporter son odeur dans tes cheveux...
Tu es un monstre, Tom !
Avant qu'elle ne puisse réagir, il avait bondi du canapé où il était allongé une seconde plus tôt. Esquivant la table basse, il fit dos au feu et se jeta sur elle, prenant tout de même soin de s'appuyer sur ses poings, de chaque côté du corps frêle, pour ne pas l'étouffer. Contre toute attente, elle se laissa faire lorsqu'il colla son torse à sa poitrine, et qu'il posa sa joue contre la sienne.
Son nez suivit la courbe de sa mâchoire, chatouilla le creux de son oreille, avant d'aller se perdre dans son cou, humant à fond l'odeur sucrée dans ses cheveux et sur sa peau d'ivoire. Leurs deux coeurs battaient la chamade à l'unisson, et ils sentaient chacun leurs respirations se saccader, leurs souffles manquer, leurs cerveaux se vriller...
Je suis simplement jaloux, Anna...
Il parlait avec cette voix cassée, celle qu'elle aimait tant, celle qu'il ne contrôlait pas. Ils avaient tous les deux les yeux fermés, et aucun n'auraient songé à être acerbe à ce moment-là. C'était comme si toutes les terreurs, toutes les aigreurs du passé s'étaient évanouies. Une seconde, ils crurent même qu'ils auraient pu se faire une réelle déclaration.
Bien entendu, aucun d'eux ne le fit, ils se contentèrent de vivre ce moment, bien plus lentement que la décence l'autorisait. Le visage toujours enfouit dans le cou d'Anna, Tom se mit à embrasser la peau bouillonnante, à y donner quelques imperceptibles coups de langue. Tout était très doux, très lent, comme si le temps avait ralenti.
Tu ne peux pas imaginer...il embrassa son cou...Combien j'ai envie de toi...Sa langue suivit lentement le dessin de sa clavicule...Constamment.
Sa bouche arrivait maintenant au niveau du manubrium d'Anna, mais au lieu de descendre le long du sternum, comme elle s'y était attendue, il la fit remonter doucement la pente de sa gorge.
Chaque jour...il déposa un léger baiser sur sa peau...Chaque nuit...nouveau baiser, plus haut...C'est insupportable...
En temps normal, Anna aurait été à la fois fière et embarrassée par de telles paroles. Mais les baisers de Tom étaient trop bons, la chaleur de son corps sur le sien trop réconfortante, et il ne lui fallut que trois secondes pour oublier le garçon qui agonisait en ce moment même par sa faute.
La colère qui m'a envahie...il embrassait maintenant son menton, remontait vers sa mâchoire, puis le lobe de son oreille...Quand j'ai vu que tu lui donnais plus de toi que tu ne le fais avec moi...
Son visage remonta en face de celui d'Anna. Leurs nez se frôlaient, et leurs yeux étaient intensément plongés dans ceux de l'autre. A bout de souffle tous les deux, leurs haleines se mêlaient contre les lèvres de l'autre. L'une, bouillante et sucrée, qui vrillait encore plus l'esprit de Tom. Et l'autre, plus neutre mais toute aussi chaude, qui donnait des maux de tête à Anna tant elle la perdait.
Je...elle referma les yeux pour se concentrer sur ses mots plutôt que sur le visage de Tom...Je faisais semblant...
Je le sais bien...il ricana faiblement...Je l'aurais tué s'il en avait été autrement...
Il repositionna un bras sur le tapis, et coucha un peu plus son corps sur celui d'Anna. Il sentait parfaitement les hanches de celle-ci sous les siennes, ses jambes qui s'écartaient docilement, son ventre qui se soulevait au rythme d'une respiration saccadée, la poitrine sous laquelle le coeur s'affolait. De nouveau, ils se plongeaient dans le regard flamboyant de l'autre.
Les mains d'Anna, qui avaient été inertes jusqu'à présent, vinrent prendre en coupe le visage de Tom. Chaque paume, d'une douceur et d'une chaleur rarement égalée, vint caresser faiblement les joues d'albâtre du futur Seigneur des Ténèbres.
Lentement, appréciant la chaleur qui encadrait maintenant son visage, Tom fit descendre son visage sur celui qu'il aimait tant. Ses lèvres se posèrent sur celles d'Anna, presque aussi doucement que le jour où il l'avait embrassé sur le canapé. Quelques secondes de pure tendresse naquirent de cet échange, puis tout s'emballa.
Anna, mue par une sauvagerie propre à son peuple, passa sa langue sur la lèvre inférieure de Tom, y laissant une envie tracée aussi nette qu'un tatouage au fer rouge. Ce dernier poussa sa langue dans la bouche d'Anna, qui l'accueillit pour le moins chaleureusement.
Le bout de leurs langues se touchèrent, déclenchant un spasme d'excitation et de plaisir dans chacun des deux coeurs. Puis, tantôt doucement, tantôt avec plus d'entrain, la surface des deux langues se caressèrent, détectant le goût de l'autre, apprenant toujours plus à le connaître, à le savourer.
Les mains d'Anna caressèrent du bout des doigts le visage de Tom, descendant en passant par la mâchoire, la gorge, les bras, puis revenant vers la clavicule, les pectoraux, le ventre ferme, jusqu'à arriver à la boucle de sa ceinture. Elle sentit le corps au-dessus d'elle se crisper, et ne fit pas ce qu'il attendait d'elle, voulant comme lui prolonger ce moment fantastique et inconnu.
Elle remonta ses doigts doux et chauds sur la chemise blanche, commençant à la déboutonner par le bas, et prenant bien soin de caresser lentement et tendrement chaque nouveau lambeau de chair découvert avant de s'attaquer à un autre bouton de nacre. Tom grogna de plaisir sous ses caresses, et une vague de fierté envahit l'ukrainienne.
Passant ses paumes de chaque côté de ses pectoraux saillants, elle le défit entièrement de sa chemise. Elle s'appliqua ensuite à dénouer sa cravate verte et argentée, les yeux toujours fermés, la bouche toujours actrice d'un baiser passionné. Lorsque son torse fut parfaitement nu devant elle, Anna encercla sa nuque de ses mains, scellant leurs deux visages plus que de raison.
Il détacha ses lèvres de celles épaisses et rouges d'Anna, haletant. Jamais il n'avait goûté à un aussi bon baiser, peu importe le nombre de filles qui avaient collé leurs langues à la sienne. Il ouvrit la bouche, comme s'il allait dire quelque chose. Il avait l'air étonné lui-même de se mettre à parler, comme s'il ne contrôlait pas ce qui allait franchir ses lèvres. Anna attendit, haletante elle aussi, qu'il dévoile ses pensées.
Au lieu de ça, un fracas les fit tout deux sursauter. Ils se relevèrent aussi vite qu'ils le purent, leurs jambes un peu chancelantes. Un miaulement agacé retentit, et ce fut Tom qui compris le premier qui était responsable de cette insupportable interruption. Il soupira, profondément vexé.
Sur une petite commode, Nitch vrillait d'un regard assassin un hibou des marais, qui le lui rendait bien, à l'abris derrière le double vitrage de la fenêtre. Tom, toujours torse nu, alla ouvrir la fenêtre, et laissa entrer un vent qui glaça ses dernières ardeurs.
Violemment, il saisit le rapace entre ses mains et le posa sur la commode. Anna poussa un grognement et vint retirer Nitch, le blotissant dans ses bras tout en jetant un regard assassin à son colocataire. Tom défit le bout de parchemin de la patte de l'oiseau, et l'entrouvrit prudemment. Soudain, il poussa un grognement agacé. Vraiment, cet abruti le lui paierait. Alors qu'il était si proche du but, que Anna était si ouverte, que ses armes étaient baissées. Il s'était sentit faible lui aussi, faible d'aimer autant le simple contact du satin de sa peau, de la soie de ses cheveux, du chocolat de ses prunelles, de l'odeur de fraise qu'elle dégageait...
Qui est-ce?
Sa voix, bien que visiblement trop cassée pour faire croire qu'elle était décontractée, sonnait toujours comme la mélodie du bonheur aux oreilles de Tom. Il secoua la tête, s'en voulant d'avoir pareilles stupides idées. Sans lui répondre, il s'éclaircit la gorge et lut tout haut.
Chère Mlle Stavinsky, cher M Jedusor,
J'ai l'honneur de vous inviter à venir boire le thé dans mes appartements, en compagnie de certains de vos camarades. Nous discuterons de choses et d'autres, de votre scolarité ou de vos occupations externes, dans un cadre convivial je l'espère.
Je vous attendrai dès 20 heures, dans mon bureau dont vous connaissez déjà l'emplacement, j'en suis sûr.
Amicalement,
Professeur Horace Slughorn, directeur de notre chère maison.
Tom souffla. Ce vieux fou avait beau être à ses pieds, il continuait de l'embarasser avec ces réunions pesantes. De son côté, Anna affichait cette même expression curieuse et candide qui donnait des vertiges à son colocataire.
Boire le thé avec un professeur?
C'était le genre de chose qui ne se faisait pas du tout à Durmstrang, et qu'elle n'avait pas encore vu faire ici, malgré les nombreux rendez-vous avec Dumbledore. Apparement, même cinq mois après son arrivait, elle avait encore quelques surprises dans ce collège. Tom soupira.
Oui, ce sont des espèces de réunions que Slughorn donne avec ses chouchous. Dès qu'il juge qu'un élève est hors du commun ou s'il a des origines louables, il est bon pour le Club de Slug...
Le Club de Slug...
Tom ne répondit pas, elle avait dit ça d'un air pensif, plus pour elle-même que pour son interlocuteur. En réalité, elle se demandait quelle était sa place dans ce genre de réunion. Oui, elle était de sang-pur, oui, elle était une excellent élève, mais non, les échanges conviviaux n'étaient vraiment pas faits pour elle, et même le directeur de leur "chère maison" aurait dû s'en douter...
On est forcés d'y aller?
Tom sourit. Il s'imagina une seconde qu'elle disait cela pour rester ici avec lui au lieu d'aller à cette réunion, et pour pouvoir finir ce qu'ils avaient commencé quelques minutes plus tôt...Bien sur, il savait que la seule raison de ce manque d'entrain était qu'elle allait devoir parler, et qu'elle detestait toujours cela...Elle ne parlait qu'avec Tom, en fait. Elle était bien forcée de le faire avec Dumbledore, puisqu'il lui faisait la conversation dès qu'il en avait l'occasion, et avec les quelques élèves qu'elle s'autorisait à réprimander pour remplir son cotât.
Plus ou moins...Mieux vaut y aller, en fait. Je ne tiens pas à me fâcher avec ce bon vieux Slug...
Pourquoi cela?
Un sourire mutin passa sur les lèvres de Tom. Elle le trouvait tellement beau comme ça. Ses traits habituellement si durs et matures, qui devenaient presque frais avec ce sourire. Elle eu soudain l'impression que peut-être, un jour, Tom deviendrait un humain à part entière.
Il fait partie des gens qui...me sont utiles...
Il fuyait toute réponse honnête, et Anna ne l'y poussa pas. Après tout, elle ne tenait pas à une révélation aussi glaçante que celles auxquelles elle avait eu droit quelques jours plus tôt, dans ce même salon. Elle jeta un coup d'oeil à l'énorme horloge, qui affichait 18 heures 30. Elle soupira. Tout cela était si surfait, si inutile...Sans regarder Tom, elle alla s'enfermer dans sa chambre, pour s'y préparer. Et se calmer, occasionnellement. Elle s'assis, dos appuyé contre la porte de bois, tête serrée entre ses genoux.
Elle l'avait tellement désiré, et elle s'en voulait tant pour cela...Elle s'était autorisée des gestes bien trop imprégnés de tendresse, bien trop proches de lui. Elle n'avait pas été violente, pas blessante...Cela n'était encore jamais arrivé, même les baisers les plus tendres qu'ils s'étaient donnés avaient eu lieu dans un contexte de haine ou de défis.
Sans plus réfléchir, elle partit dans la salle de bains, voulant une nouvelle fois plonger dans l'eau bouillante et les parfums sucrés. Une fois dans la pièce d'eau, Anna se déshabilla lentement, voulant passer le plus de temps possible loin de Tom, loin de celui qui la rendait faible.
Elle sauta litteralement dans l'eau, ce qui déclencha un frisson agréable le long de sa colonne vertébrale. Elle songea une seconde à ce qui aurait pû se passer si le hibou ne les avait pas interrompu. La chaleur du corps de Tom sur le sien, son odeur enivrante où elle détectait quelques notes de son propre parfum, ses magnifiques yeux verts plongés dans les siens, ses lèvres pleines qui réchauffaient sa bouche, sa langue humide et tiède qui caressait la sienne avec douceur ou entrain...Elle avait tellement aimé ça, et elle se détestait tellement pour avoir autant besoin de lui...Elle grogna.
Lorsqu'elle sortit de son bain, elle enroula fébrilement une serviette chaude autour d'elle, craignant le courant d'air glacé qui filait dans toute la pièce. Elle se rendit soudain compte qu'elle n'avait rien pris pour se vêtir, et elle se vit une nouvelle fois forcée d'aller dans le salon.
Son coeur manqua un battement lorsqu'elle pénétra dans le salon. Décidément, elle voulait sa mort. Elle était là, habillée d'une simple serviette blanche serrée autour de sa poitrine et qui arrivait de justesse en dessous de ses fesses, les gouttes d'eau qui scintillaient à la surface de sa peau immaculée, ses longs cheveux rendus lisses par l'eau, le visage pâle et démaquillé. Tout simplement sublime, il dû ravaler un trop-plein de salive.
Tom ?
Il s'était installé sur le canapé, mais il se releva dès qu'elle s'adressa à lui. Il était fébrile, parce qu'elle était trop tentante, trop indécente, trop sulfureuse et trop candide en même temps pour qu'il le supporte. Elle n'avait donc aucune notion de la pression qu'elle lui mettait en se montrant ainsi ?
Oui...Elle repéra sa voix cassée. Plutôt étrange, d'habitude il n'avait cette voix que lorsqu'il était hors de lui, ou bien qu'ils étaient trop proches l'un de l'autre...Elle fit comme si rien n'était.
Est-ce qu'il faut s'habiller...d'une certaine manière, pour ce genre de réunion ?
Il sourit. Il lui aurait volontiers rétorqué qu'elle aurait mieux fait de rester nue, et surtout, de ne pas aller à cette maudite réunion. Mais bien sur, l'ukrainienne n'aurait pas apprécié sa réponse, et ils se seraient encore fait la tête pendant une bonne semaine.
Non...
D'habitude, il mettait son uniforme pour aller là-bas. Mais d'habitude, les réunions n'avaient pas lieu si tard dans la soirée. Il n'avait pas envie de voir Anna en uniforme, il aimait tellement quand elle s'habillait en moldue...Elle avait des tenues si simples, qui la rendaient si sexy...Il en eu un frisson le long de la colonne vertébrale. Il décida donc de profiter un peu de la situation.
Mais, habille-toi en moldue...C'est ce que nous faisons, en général...
Elle acquiesça, et retourna dans sa chambre. Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir ne serait-ce que s'approcher d'elle et lui prendre un baiser, faire descendre ses mains le long du satin humide de sa peau, la débarrasser de ce morceau d'éponge blanche qui la couvrait...
Il eut l'impression de l'avoir attendue une heure, lorsqu'elle sortit enfin de sa chambre. Une nouvelle fois, il s'était assis sur le canapé, et une nouvelle fois, il se releva lorsqu'elle entra dans la pièce. Il avait mis un jean noir et des baskets moldues, un col roulé noir également, et il avait noué à son cou l'écharpe de Serpentard. Il s'habillait rarement en moldu pendant les cours, mais il devait absolument faire croire à Anna que c'était coutume au Club de Slug.
Elle aussi, avait choisi de jouer avec le noir. Elle portait une tunique de laine grise à manches courtes et col en V, par dessus un jean noir et un col roulé de lycra de la même couleur. Aux pieds, elle avait préféré ses cavalières de cuir, qu'elle portait par-dessus le pantalon, comme toujours.
Elle marchait à grands pas vers lui, une expression machiavélique sur son si doux visage. Elle se posta à seulement quelques centimètres de Tom. Celui-ci ne se contrôlait pas, mais il pouvait facilement imaginer l'expression libidineuse qui flottait sur ses traits magnifiques. Elle approcha son visage du sien, et chuchota, de la même voix sensuelle que le jour où elle l'avait embrassé pour la première fois.
Tu deviens faible, Tom Jedusor.
En temps normal, Tom aurait tué la personne assez inconsciente pour prononcer pareille tirade. Mais il était presque figé devant elle. S'il avait crû la piéger en lui demandant de s'habiller en moldue, elle l'avait largement devancée en se métamorphosant ainsi. Non seulement ses vêtements lui allaient magnifiquement bien, mais elle avait changé du tout ou tout sa façon de se coiffer et de se maquiller.
Ses cheveux, incontrôlable crinière, était restés cette masse lisse et brillante qu'elle avait affiché à la sortie de son bain, sûrement en utilisant un sortilège de lissage...Ses grands yeux étaient entourés par deux épais traits de khôl qui lui donnaient un regard encore plus félin, sa bouche avait été repassé d'un rouge encore plus puissant que celui qui l'ornait naturellement...
Effectivement, il devenait faible, en la voyant. Etrangement, il ne lui en voulut pas pour cette remarque. Peut-être parce qu'il pensa qu'elle ne mesurait pas toute l'envergure de sa phrase, mais peut-être aussi parce que lorsqu'elle avait affiché cette expression machiavélique, il avait pensé qu'un jour, elle deviendrait peut-être aussi forte et immunisée à l'humanité que lui. Une alliée.
