Disclaimer : les personnages ne m'appartiennent pas, Spartacus est une création Starz! et de Steven S. DeKnight. Je dois avouer que les scénaristes de Spartacus : Vengeance ont su titiller ma curiosité. Pardonnez les boulettes ou les redites...

Beta : Arianrhod

NB : Spartacus donc, violence, relations entre hommes, jurons et compagnie... un joli petit couple aussi, Nasir/Agron.

NB²: Ok, retard hénaurme, je ne peux que m'excuser platement pour ne pas avoir encore répondu aux reviews ni posté plus vite. Noël est venu et passé, j'ai déménagé, repris le travail... et j'ai eu peu de temps pour me pencher sur mes claviers. Petit chapitre bonus, très court... dès que j'aurai remis la main sur le carton contenant les brouillons de ce Nagron, ça ira mieux... mais ne vous inquiétez pas, je vais terminer cette histoire coûte que coûte, même si c'est goutte que goutte (sorry, humour pourri).

«==========((=0oooO ~~ N ~~ Oooo0=))==========»

Chapitre 10 (bonus)

OoOoOoOoO

Neapolis, ses murs blancs, accrochés à la falaise, ses flots bleus accueillaient les voyageurs par l'odeur pestilentielle de son port. Le vent soufflait du large sans atténuer la puanteur de la cité. Mais après le cloaque suivi par Agron et ses compagnons pour entrer dans la ville, l'air n'aurait pas pu être plus doux. Le chemin le plus court et le plus discret n'était pas le plus agréable. Habillé d'un manteau de marchand, Lucius les guidait sûrement. Il connaissait bien mieux la ville qu'eux et leur parlait en vrai Romain, comme s'ils ne constituaient qu'une escorte de second choix. Quelques verres sifflés dans une taverne pour se remettre de la traversée souterraine et le groupe apprit ce qui les intéressait. Il y avait toujours dans les ports, même les plus petits, une personne qui en échange de quelques pièces d'argent étaient prêts à monnayer les secrets les plus juteux de la cité. Alors apprendre que des galères chargées de vaincus allaient accoster dans quelques jours fut facile et ne leur coûta que quelques chopes de vin. Rome faisait venir à elle des bras des quatre coins de la république et ils n'auraient qu'à choisir le vaisseau le plus intéressant.

Agron était satisfait, son plan avait de bonnes chances de réussir. Il allait pouvoir apporter à Spartacus plus de guerriers. Un des vaisseau, en provenance de Massilia, apportait des esclaves Germains. La guerre faisait toujours rage là où il était né. Son cœur s'envola vers ses montagnes et ses forêts natales. Son peuple se battait contre l'hégémonie de Rome, comme lui-même luttait pour sa liberté. Ses espoirs seraient récompenser, des Germains enchaînés profiteraient sûrement de l'occasion de reconquérir leur statut d'homme libre, par les armes s'il le fallait. Entre les deux bateaux, son choix s'opérait déjà.

Donar l'arrêta alors qu'ils marchaient dans les bas-fonds de la cité pour rejoindre les égouts qui leur permettraient de retrouver la liberté et la campagne. Les yeux brillants vers l'enseigne d'un bordel, l'homme soupesait sa bourse et les quelques talents qu'ils leur restaient avec un sourire égrillard.

- Penses-tu à la même chose que moi ? demanda-t-il, alors que Lucius ralentissait, comprenant à demi-mot l'offre de Donar.

- Non, dit Agron en secouant la tête.

Il savait au ton de sa voix ce qu'il désirait. Mais la mission passait avant tout, même les besoins de la chair. Ils pouvaient libérer des guerriers pour Spartacus, des guerriers germains, forts et courageux. Comme cet homme qui se faisait suppliant, les yeux remplis d'étoiles.

- Agron, mon ami. Cela fait si longtemps que je ne me suis pas perdu dans les bras d'une hétaïre... dit-il d'un ton enjôleur. Cela ne prendra pas beaucoup de temps.

- Tu n'as pas trouvé de ventre amical au campement ? lui Demanda Agron, en allongeant le pas pour dépasser le lupanar que Lucius regardait avec envie.

- Avec Mira maniant le couteau comme Diane la Chasseresse elle-même, je ne m'y risque pas. Et puis, ici tu payes et tu n'es pas obligé de vivre avec. Au temple, tu sais bien que c'est impossible.

- Nous devrions rentrer, tenta le jeune gladiateur. Cependant il ne pouvait pas ignorer la demande de son ami de toujours. Nous leur apportons de bonnes nouvelles. Des guerriers pour Spartacus !

- Agron, sois un homme ! Tout le monde n'a pas de mignon qui l'attend en sécurité.

Le Germain perdit son sang-froid tout à coup et poussa l'homme qui venait de siffler ces quelques mots durement contre le mur du bordel d'où sortaient des rires avinés.

- Quelque chose te dérange, frère ? cracha-t-il entre ses dents. Nasir n'est pas un mignon.

- Mes excuses, mon ami, je vois seulement ce qu'il t'apporte. Tout ce qu'on te demande, ce sont quelques heures pour oublier tout ça.

- Nous pourrions en apprendre plus sur les troupes postées ici. Les putains sont toujours à l'écoute, lui glissa Lucius, détache tes mains de son cou ! Tu attires les regards. Je n'ai pas vraiment envie de te fouetter pour ton insolence.

Le Germain relâcha son ami qu'il continuait de foudroyer du regard. Les passants qui s'étaient arrêtés à cause de leur algarade reprenaient leur route sans plus leur prêter d'attention.

-Très bien j'accepte, dit Agron d'une voix sourde, mais le premier qui parle de Spartacus ou de notre mission, je le chaponne moi-même.

Donar s'esclaffa puis souleva le rideau qui cachait autant qu'il dévoilait l'entrée du lupanar, plein à craquer. Agron lui emboîta le pas avec un sourire navré, suivi de Lucius. Il aurait tant aimé prendre déjà le chemin du retour. Bah, le Syrien devrait l'attendre.

Leurs dernières pièces trouvèrent acquéreurs aussi vite que l'amour qu'elles suscitèrent. Agron resta seul à l'entrée à surveiller ses comparses comme un garde du corps revêche. Sa nervosité attira le sourire commercial d'une jeune blonde voluptueuse dont les charmes vaporeux méritaient hommage.

- Crains-tu que ton maître soit attaqué dans ce lieu ? La déesse de l'Amour vous a bénis en guidant vos pas jusqu'ici.

- Je ne crains personne, dit le jeune homme en baissant les yeux sur la créature dont les mousselines ne cachaient rien de ses appâts.

Elle souriait engageante caressant sa peau du bout des ongles.

- Pas même le toucher d'une femme ?

Il jeta un coup d'oeil à Donar qui, les cuisses d'une rousse laiteuse à la taille, dévorait la bouche d'une brune piquante. Il laissa un sourire fleurir sur ses lèvres. Certaines choses ne changeaient jamais. Lucius, lui-même semblait s'en donner à cœur joie en besognant une donzelle.

- Non, dit-il finalement.

- Tu es joli garçon, je pourrais te laisser t'amuser avec moi pour l'amour de la Déesse, souffla-t-elle à son oreille.

- Dominus veut que je monte la garde.

Elle jeta un coup d'œil au vieux Romain qui enfouissait sa tête chenue dans les seins dodus de sa putain.

- Il ne le verra même pas, murmura-t-elle en accrochant sa bouche. Viens, mon bel étalon.

Il résista à sa douce traction. Il sourit en la repoussant gentiment. Malgré sa beauté, elle ne l'attirait pas. Un visage aux traits mâles hantait ses pensées. Elle rit, une cascade de perles qui le fit sourire. Elle était jolie mais son cœur était déjà pris.

- Monte donc la garde, mon beau, si tu préfères te rincer l'œil, cela te regarde. Quelle latifunda possède ton maitre ? Il est au nord de la cité, non ?

Agron se rembrunit. Elle était du genre questionneuse. Il se demanda s'il ne devait pas la saillir pour lui fermer le clapet ou la gifler pour lui apprendre à poser des questions. Elle dut lire la menace dans son attitude car elle l'abandonna pour un nouveau venu qui faisait sonner sa bourse.

Il loua les dieux de l'en avoir débarrassé de cette enquêtrice de lupanar. Donar revint vers lui en réajustant ses vêtements, un grand sourire aux lèvres. Lucius le suivait tout aussi enjoué.

- Quel visage de fin du monde ! Tu aurais dû profiter des plaisirs de cette maison. Tu es bien trop tendu pour ton propre bien.

- venez, rentrons !

- N'oublie pas ton rôle, Agron, lui murmura Lucius en s'appuyant lourdement sur lui.

- Si la queue de Dominus est satisfaite, nous devrions rentrer, maître, dit Agron de manière claire, dans laquelle on sentait pourtant la tension qui continuait de l'habiter.

Lucius roula des yeux et le poussa vers la sortie avant que leur discussion n'attire les curieux.

- Reprends-toi, lui dit-il dans la ruelle reprenant le chemin qui les avait conduit jusqu'ici. C'est ton garçon qui te manque à ce point ou bien le spectacle t'a échauffé les sangs ?

Le regard sombre du jeune homme le fit sourire au grand dam du Germain. Celui-ci restait aux aguets, surveillant les abords. Il n'aurait de répit qu'en arrivant au campement. Ils se fondirent bientôt dans les ombres de la nuit, emportant avec eux des nouvelles qui réjouiraient les rebelles de Spartacus. A cet instant, les Dieux s'attachaient à leurs pas.

OoOoOoOoO

A suivre...

PS
Merci aux reviewers, c'est grâce à vous que cette histoire est lue !