Hello!

Déjà, je voudrais m'excuser pour ne pas avoir répondu individuellement aux reviews qui m'ont été envoyées sur le chapitre précédent, c'était un cas de force majeure puisque fanfiction . net n'arrête pas de buguer depuis quelques temps et c'est la galère pour faire quoi que ce soit dessus -notamment pour publier les chapitres & répondre aux reviews, ça fonctionne quand ça veut bien et c'est chiant. Bref. Sans plus tarder, je vous livre le chapitre 9 de cette fanfiction, en espérant qu'il vous plaise autant que le précédent. Le chapitre 10 devrait être publié le samedi 10 mars, qui est une date certaine puisque le chapitre est déjà écrit (: Bisous bisous.

Réponse aux reviews (exceptionnellement, je réponds à toutes les reviews, même signées, dans ce chapitre, pour quand même dire de vous remercier un par un...le minimum syndical.)

Miss Granger. Je crois que je vais prendre l'habitude d'aimer te lire. J'aime beaucoup les remarques que tu as faites sur le chapitre précédent, bien qu'elles ne soient pas toutes exactes :p Oui, il y aura un nouveau tournant, mais pas dans le sens où on peut penser, le chapitre 10 est en cela un chapitre charnière dans la relation Théodore/Hermione. La dernière ligne droite pour Théodore? j'ai envie de dire wait and see, parce qu'effectivement, chacun des personnages, quels qu'ils soient, se trouvent à la croisée des chemins. Hermione et Théodore sont majeurs et ne sont plus obligés de rester à Poudlard, même si pour l'instant ils comptent rester pour passer les ASPIC...Mais rien ne se passe jamais comme prévu, et quant à savoir ce qui va se passer, il va falloir attendre, bien évidemment =D De nombreux rebondissements sont encore à prévoir et j'en ai absolument pas fini avec eux. Ils vont avoir évidemment quelques moments cucul et niais bien comme il faut, mais leur destin va rapidement les rattraper, va-t-on dire, et plus vite qu'on ne le pense. (parce que trop de guimauve tue la guimauve, ahem.) Pour Harry & Ron, il faut aussi attendre les chapitres suivants, ayant prévu quelque chose avec eux. Bon, il ne faut pas non plus s'attendre à ce que tout redevienne comme avant tout de suite, surtout du côté de Ron parce qu'il y a eu quelque chose de très fort entre Hermione et lui, mais ça ne saurait tarder. En revanche, le nouveau parallèle que tu as relevé dans l'intrigue Rogue/Lily n'était pas volontaire, j'ai un peu écrit les choses telles qu'elles me venaient et les formuler ainsi était comme une évidence. Le hasard fait bien les choses, dirons nous. Et j'en profite pour rassurer tout le monde, ils ne devraient pas bouder bien longtemps, comme annoncé, beaucoup de choses vont se passer dans le chapitre 10, même si l'ensemble devrait rester extrêmement tumultueux. On va considérer que le présent chapitre est une transition (oui, il faut bien passer du stade "je te déteste, je ne veux plus te voir", à "on passe à côté de quelque chose, essayons quand même, même si on va droit dans le mur.". ) j'espère que ce nouveau chapitre va te plaire, encore merci pour ton commentaire ;)

window-to-the-past. ça me fait plaisir de voir des nouvelles têtes débarquer. Merci beaucoup pour ta review et tes compliments, savoir à quel point ma petite fiction peut te plaire me touche énormément, et ça me motive d'autant plus pour écrire la suite. T'inquiètes, je continue cette fic' tant que je n'ai pas annoncé de façon ferme et définitive que j'arrête, et comme je le dis souvent dans mes notes d'auteur, j'aime trop cette histoire pour la laisser tomber sans en voir le bout. j'essaie toujours de me prémunir contre les éventuels retard dans la publication en ayant quelques chapitres d'avance, et j'ai le plaisir d'annoncer que le chapitre 11 est en cours d'écriture =D Je suis actuellement en vacances, je pourrai d'autant plus écrire que pour une fois, je n'ai pas de partiels d'ici les prochaines semaines donc je suis tranquille (: Encore merci pour ta review, en espérant te revoir pour ce nouveau chapitre (:

yu-chan-x3. Oh, une nouvelle lectrice *contente* Merci beaucoup pour ta review, et surtout pour avoir eu le courage de lire tout ce qui s'est passé avant, parce que les 8 chapitres, il faut se les farcir :D Tes compliments à la fois sur ma plume et mon histoire me font extrêmement plaisir et si les rebondissements te plaisent, d'autres sont encore à prévoir, parce que l'histoire est loin d'être terminée et je n'aime pas m'installer dans une sorte de routine insipide, donc nos deux amoureux ne sont pas encore au bout de leurs peines :D J'espère que cette suite te plaira autant que le reste ;) Bonne lecture!


Everything I know and anywhere I go

It gets hard but it won't take away my love

And when the last one falls, when it's all said and done

It gets hard but it won't take away my love.

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La douleur était une sensation familière, très familière. Une sensation avec laquelle j'ai dû apprendre à cohabiter. J'aurais dû m'y habituer, mais c'était peine perdue. On ne se faisait jamais à ce mal qui nous rongeait de l'intérieur, qui rendait notre âme exsangue et qui nous poussait à demander grâce. Cela faisait une semaine jour pour jour que je ressentais cette douleur, que j'avais ce goût amer sur le bout de la langue. Un goût de sang, un goût ignoble que même le plus fort des alcools ne parvenait pas à faire partir. Blaise avait menti.

C'était une vérité qui faisait mal, qui remuait le couteau dans la plaie béante. Blaise avait menti. N'avait-il fait au fond que de me dire ce que j'avais besoin d'entendre? Ils étaient là. Mais qui ça, ils? Hermione et lui? Non, pas Hermione. Elle n'était plus là de toute manière. Elle m'avait jeté. Et cela était d'autant plus difficile à supporter que j'avais enfin admis avoir des sentiments pour elle. La douleur des sentiments pas réciproques. La douleur du départ de l'être aimé. Mon palpitant qui enflait, et qui n'allait pas tarder à obstruer ma gorge pour m'empêcher de respirer. D'ailleurs, je ne respirais même plus correctement. Je laissais simplement échapper un râle sifflant, tant m'efforcer à survivre m'était pénible. Je n'allais pas bien, et j'étais au fond du trou.

Pourtant, je ne leur en voulais pas. Ni à elle, ni à Blaise. Je n'avais pas le droit de leur en vouloir. Ils n'étaient en rien fautifs dans l'histoire. C'était moi qui avais tout flingué, pour assouvir mon besoin de destruction. Voir Blaise avec mon ex me paraissait être une punition juste et parfaitement adaptée. Pour autant, je ne pouvais plus entendre leurs voix se mélanger, les entendre rire ou se chuchoter des mots doux. Il apparut bientôt que je ne supportais plus les couples tout court, quels qu'ils soient. J'étais bien égoïste de vouloir m'arroger une petite part de bonheur supplémentaire alors que j'avais déjà consommé celui qui m'était imparti, mais je m'assumais. Si je pouvais avoir encore une chance, je la saisirais à pleines mains, je ne la laisserais pas filer. Mais il était trop tard. On ne récolte que ce que l'on sème.

Je me sentais sale. Chiffonné. Brisé. Et une fois de plus, mon regard sombre se posa sur le couple que formaient Blaise et Tracy. Je plissais les yeux. J'aurais dû être content pour eux, être ravi que Blaise perce enfin sa carapace de gros dur pour laisser entrer le sentiment amoureux, mais je n'avais pas le cœur à me réjouir, j'en étais tout bonnement incapable. Voir les autres heureux m'écœurait. Je finis par me lever brusquement, sous le regard étonné de mes compagnons, et j'étais sorti de la salle commune, pour m'isoler comme je le faisais souvent ces temps-ci.

Mes pas me guidèrent jusqu'à la salle de bain des préfets. Je compris alors ce dont j'avais absolument besoin. Un bain. Ce n'était peut-être pas grand-chose, moi-même je passais des heures sous la douche pour méditer, mais cette fois, j'avais besoin de m'accorder un petit moment de tranquillité, j'avais besoin de délasser mon corps tendu à outrance, un vrai sac de nœuds. J'avais alors fait couler l'eau, attendant patiemment que la baignoire d'une dimension olympique se remplisse enfin. Je m'amusai un peu avec les produits parfumés et moussants, m'émerveillant du fait qu'il y en avait vraiment pour tous les goûts.

Non sans réprimer une grimace, je me défis de mon uniforme, frissonnant à cause du courant d'air qui effleurait ma peau nue, avant de me glisser dans l'eau brûlante pour m'y oublier. Machinalement, je regardais ma peau meurtrie, m'inspectant minutieusement. J'émis un soupir teinté d'amertume lorsque mon regard se heurtait à diverses cicatrices, qu'il fallait toucher pour se rendre compte de leur existence. Des ecchymoses étaient apparues de nulle part, mais cela n'était en soi guère étonnant, ma peau marquait très facilement. D'autres cicatrices, au contraire, apparaissaient distinctement. Des blessures mal refermées, parfois à la va-vite, avec les moyens du bord. Et sur mon avant-bras gauche, celui-là même qui allait recevoir la Marque, ma peau était presque littéralement saccagée, comme si j'avais fait en sorte que mon épiderme ne puisse jamais être marqué par le mal. Au fond, ces mutilations volontaires étaient davantage symboliques, elles n'étaient en rien l'œuvre d'un adolescent perturbé qui nourrissait des pensées suicidaires.

Pourtant, la douleur physique me faisait oublier le mal qui me rongeait de l'intérieur et qui répandait ses toxines dans mon système nerveux. Mon sang pourri avait coulé, plus d'une fois, et en soi, il n'était pas si différent des autres. Il avait ce même aspect vermillon, la même texture, la même fluidité. Mon sang était tout ce qu'il y avait de plus normal. Il battait dans mes veines, ma jugulaire drainait toute ma vie. J'étais bien humain, bien vivant, je n'avais rien d'un surhomme ou d'un être supérieur. Dans le fond, nous étions tous faits pareils, reproduits à l'identique. Seule notre enveloppe charnelle différait d'un individu à l'autre, et seul notre esprit avait le mérite de nous appartenir encore. Le constat était sans appel. J'avais encore maigri, si toutefois cela était possible. J'étais pâle, décharné, fatigué. Je ne vivotais même plus. Mon quotidien était devenu une course contre la montre, où il me fallait survivre à tout prix, quoiqu'il m'en coûte. Là où d'autres cherchaient la mort, je me raccrochais à la vie.

J'allais mourir jeune, c'était inévitable. Surtout si comme tous les autres, j'étais voué à tomber sur le champ de bataille. Mon espérance de vie ne s'étendait pas au-delà de cinq ans. Mon âme damnée n'aurait pas assez d'une éternité pour sortir du purgatoire. À moins que j'étais d'office voué aux enfers. Je ne croyais pas spécialement en dieu. De toute manière, le christianisme, ou toute autre forme de religion était incompatible avec notre condition de sorciers. Au regard de tous ces dogmes, nous étions des hérétiques. Ils nous avaient pourchassés sans vergogne, nous suçant jusqu'à la moelle, nous amoindrissant jusqu'à ce que nous ne soyons plus qu'une poignée. Un génocide en bonne et due forme. Pour autant, je croyais en quelque chose. Qu'il existait une vie après la mort. Un au-delà. Lavoisier, un physicien moldu, disait que rien ne se perd, rien ne se créée, tout se transforme. En admettant que notre âme puisse être matérialisée d'une quelconque façon, il était impossible qu'après l'anéantissement de notre enveloppe charnelle, il n'en reste plus rien. C'était tout simplement inenvisageable.

Pour moi, l'enfer était personnifié par ce que nous étions. L'être humain dans toute sa splendeur. L'enfer, c'est les autres. disait Sartre. Il n'avait pas tort. Dans les yeux de nos pairs, on pouvait y lire toute l'abomination de l'espèce humaine, toute son horreur. Horreur qui transparaissait au travers de nos faits et gestes, qui se matérialisait par des crimes odieux, par nos bas instincts. Nous étions des monstres, et depuis l'aube de notre ère, on ne faisait que se voiler la face. Le monde dans lequel nous vivons était le purgatoire. On y restait, le temps de s'expier de nos péchés. Le temps de nous préparer pour l'au-delà. Cela passait forcément par une vie de labeur et de souffrance, notre salut, on devait bien le mériter. Le repos éternel était ni plus ni moins qu'une récompense, la juste contrepartie à notre sacrifice.

sacrifice. Il fallait être fou pour accepter de s'immoler au nom d'idéaux. C'était précisément la raison pour laquelle je ne voulais pas rejoindre Voldemort et ses sbires. Je ne voulais pas que mon sang soit répandu sur l'autel de la violence, que mon corps meurtri serve d'offrande à je ne savais quel dieu cruel. Je ne voulais pas être confronté à ces visions de géhenne, je voulais vivre parce qu'il restait tant à apprendre, tant à découvrir. Si je venais à rejoindre le cercle très fermé des Mangemorts, jamais je ne pourrai vivre tout ça, je connaîtrai une vie entière de frustration et de privation. Une vie entière…Tout était relatif cependant, il fallait comprendre par là ce qui m'en restait. La menace allait se matérialiser, l'épée de Damoclès allait s'abattre sur mon cou fragile. Je compris alors, en mon for intérieur, que mon choix était tout fait. Que je n'allais pas rejoindre Voldemort et les siens, n'en déplaise à mon père qui m'avait spécialement conditionné pour cela. J'étais un esprit libre, un indépendant qui n'avait pas besoin de rallier un clan ou l'autre. Je n'allais pas non plus porter la bannière de Dumbledore, je me battais pour moi, pour mes idéaux. Je me battais pour défendre ce qui m'était cher. Je n'étais pas un meurtrier. Ni même un justicier. Si ça en amusait certains de jouer les héros, grand bien leur fasse. Je n'étais pas de ceux-là.

Tout en me laissant aller à mes pensées, je m'étais davantage laissé glisser dans l'eau, à un point tel qu'à présent, j'étais submergé par le liquide brûlant. J'étais sourd et aveugle, bien au chaud dans mon monde aquatique et sécurisant. Je n'étais pas sans ignorer que d'ici une minute trente, l'air allait se raréfier dans mes poumons, et que ma mort par noyade allait dès lors survenir. Pourtant, je guettais cet instant où ma gorge allait brûler de ce feu invisible, où l'asphyxie couvrirait mon regard d'un voile opaque. Je m'étais enroulé en position fœtal, et en l'espace d'un instant, j'avais eu l'impression d'être un nourrisson dans le ventre de sa mère. Confortable. À l'abri du monde extérieur. Sans connaissances aucune des abominations dont l'être humain pouvait être responsable. Lorsque je rouvris les yeux, une image spectrale flottait à quelques centimètres de mon visage, sous l'eau. Mimi.

Je m'étais brusquement redressé, rejoignant du même coup la surface. Lorsque je fus à l'air libre, j'inspirai une longue goulée d'air, qui me brûla la gorge. Mes yeux piquaient alors que j'étouffais une quinte de toux. Voilà. C'était ça le monde réel. C'était ce lot de sensations désagréables, ces illusions qui se brisaient. Mimi Geignarde était toujours là. Elle me regardait derrière ses lunettes grosses comme des loupes, la curiosité transparaissant dans son regard laiteux.

-C'est devenu une manie de venir m'espionner pendant que je prends mon bain? Grondai-je en fusillant le fantôme du regard.

-Un peu de plus et tu te noyais. Murmura Mimi d'un ton plaintif. C'est une bien drôle façon de me remercier de t'avoir sauvé la vie.

-Sauvé la vie? m'écriai-je, interloqué. Mais…Je n'étais pas en danger de mort!

-Que tu dis. Rétorqua le fantôme, l'air mauvais. J'ai bien vu ce que tu étais en train de faire, et si je n'étais pas intervenue, tu aurais continué à couler au fond de la baignoire!

-Qu'est-ce que tu me veux? Je m'enquis avec aigreur, davantage dans l'optique de couper court au débat cependant.

-Je voulais simplement savoir comment tu allais depuis la dernière fois. Déclara Mimi d'un ton badin.

-C'est tout? M'étranglai-je, en réprimant une quinte de toux. Et…Et tu viens exprès me déranger dans mon bain pour me demander comment ça va?

-Comment pourrais-je te le demander autrement. Soupira Mimi Geignarde en levant les yeux au ciel. Tu es presque toujours introuvable ces temps-ci.

-Eh bien, rétorquai-je en serrant les dents, peut-être que je suis introuvable parce que je n'ai pas envie qu'on me trouve.

-Et pourquoi ne veux-tu pas que l'on te trouve? Tu cherches à fuir quelque-chose? ou quelqu'un?

-Que veux-tu dire? M'enquis-je en fronçant les sourcils d'un air suspicieux.

-Figure toi, gloussa Mimi, que j'ai vu plusieurs fois Hermione Granger dans mes toilettes cette semaine. Et elle n'avait l'air pas bien du tout.

Mon estomac se contracta douloureusement lorsque ce maudit fantôme prononça le patronyme de ma meilleure amie. Enfin, de mon ex meilleure amie, puisque maintenant, nous n'étions plus rien du tout. Ce fut à mon tour de lever les yeux au ciel, agacé. Pourquoi fallait-il, par merlin, que tout le monde ramenait tout à Hermione Granger? Je dardai sur Mimi une œillade venimeuse, avant de croiser mes bras sur mon torse, légèrement boudeur.

-J'ai surpris une conversation entre Hermione et une gamine de sa maison…Katherine, je crois. Éluda Mimi, espérant ainsi piquer ma curiosité. Miss je sais tout était en train de pleurer, comme d'habitude. Elle se lamentait et demandait à la petite Katherine pourquoi elle avait tout gâché…Tu lui manques, tu sais?

-Qu'est-ce que ça peut me faire? Grondai-je, piqué sur le vif.

Je venais de faire preuve d'une mauvaise foi affligeante. Bien sûr que je ne m'en foutais pas. Au contraire. Savoir Hermione malheureuse me mettait les tripes en vrac et m'angoissait plus que de raison. Pourtant, je devais me faire violence, ne pas m'en préoccuper. Hermione avait été on ne pouvait plus limpide sur ce point: elle ne voulait plus me voir. Parce que si j'en avais eu la possibilité, si j'avais obéi aux sentiments que j'éprouvais pour elle et non à ma raison, je serais déjà revenu vers elle pour la prendre dans mes bras, pour la délivrer du mal qui la rongeait. Cependant, une autre part de moi voulait qu'elle souffre, qu'elle endure ce que moi j'endurais, qu'elle regrette sa décision, qu'elle revienne ramper à mes pieds. Je savais également qu'une telle chose était impossible, qu'elle ne reviendrait pas, Hermione était trop fière, ridiculement trop fière. Nous étions dans une impasse et nous n'avions plus aucune marge de manœuvre possible.

-Oh, mais je disais simplement cela à titre d'information, ne te vexe pas! S'indigna le fantôme de jeune fille en adoptant aussitôt un ton larmoyant. Qu'est-ce que tu peux être désagréable, comme garçon, tu es le portrait craché de ton père.

-Je te demande pardon? Crachai-je avec hargne. Il me semble que tu sois plutôt mal placée pour juger les autres comme tu le fais. Je t'interdis de me comparer à lui, tu m'entends? Ce n'est pas parce que tu es morte que…

-Tout le monde rappelle à Mimi qu'elle est morte! Sanglota le spectre dans une longue plainte déchirante. Tout le monde se fiche bien qu'elle ait des sentiments, peu importe puisque de toute manière elle est morte! J'ai toujours été persécutée de mon vivant, pourquoi cela changerait-il? Embêtons Mimi! Elle ne pourra pas se suicider puisqu'elle est déjà MORTE!

Son hurlement strident me glaça les entrailles, alors que le fantôme continuait à faire des loopings dans les airs, me donnant le tournis. Je n'avais vraiment pas apprécié ses propos. J'avais toujours eu un rapport plus ou moins intime avec la mort, la Faucheuse faisait partie intégrante de ma vie, ce qui était en soi bien ironique. Et qu'elle utilise ce fumeux prétexte pour se rendre plus pathétique encore avait le don de me foutre les nerfs en boule. Non, je ne l'aimais vraiment pas, c'était ferme et définitif. Mimi m'exaspérait, nonobstant le fait qu'elle détienne des informations sur ma famille que je ne convoitais plus vraiment. Mimi avait eu une existence minable et elle se gargarisait en se ménageant des petits suspenses, n'importe quoi susceptible de la rendre plus intéressante aux yeux d'autrui.

Tout en soupirant lourdement, je sortis de l'eau, ignorant que le fantôme était toujours là. Qu'elle aille se faire voir. Je n'étais plus d'humeur à la supporter. J'attrapai la serviette éponge avant de la nouer autour de ma taille, puis je ramassai mon uniforme et le reste de mes vêtements. J'allai me réfugier derrière le paravent, quand la porte de la salle de bains s'ouvrit, laissant entrer non pas une mais deux personnes. Mes lèvres s'étirèrent en un sourire mauvais. Ils s'étaient tous donnés le mot ou bien? N'avais-je donc pas le droit de profiter de cette fichue salle de bains sans qu'une tierce personne ne vienne me déranger? D'autant plus que les deux personnes qui venaient de rentrer étaient des filles et pas n'importe quelles filles.

-Hermione et Katherine. Les saluai-je, légèrement acerbe.

-Théodore. Rétorqua Hermione, tout aussi sèchement.

-Hermione doit te parler. Ajouta Katherine, précipitamment, en poussant Hermione vers moi.

-Elle ne peut pas me le dire elle-même? Grognai-je, acide. Aurait-elle perdu sa langue?

-Je vous ai déjà dit, à toi comme à Matthew, d'arrêter de vous mêler de nos affaires! s'écria Hermione, rouge de colère, en toisant Katherine d'un regard furibond.

La fillette, pleine d'aplomb, n'en démordit cependant pas. Elle me glissa un regard en coin, puis s'adressa de nouveau à Hermione, avec un culot qui nous estomaqua tous les deux.

-On se mêlera de vos histoires tant que vous serez incapables de les gérer par vous-mêmes. Vous vous comportez vraiment comme deux idiots. Tu l'aimes, il t'aime, alors pourquoi vous faites tant d'histoires? Il n'y a rien qui vous empêche de…

-Je t'ai déjà dit que je sortais tout juste d'une histoire, ma propre moralité m'empêche de me jeter dans les bras du premier venu sitôt après avoir rompu avec mon précédent petit copain. Gronda Hermione tout en fusillant Katherine du regard.

Et moi, ça me faisait lever les yeux au ciel. Katherine savait-elle qu'Hermione avait exactement avancé les mêmes raisons quelques jours plus tôt? Apparemment, oui, puisque Katherine décida tout bonnement de l'ignorer, pour mieux continuer à la sermonner.

-Avoue plutôt que tu as peur. grinça la gamine, arrachant à Hermione une expression indignée. Je dirais même, vous avez peur, parce que vous ne savez pas où tout cela va bien pouvoir vous mener. Vous avez peur, alors, par lâcheté, vous fuyez, parce que vous êtes incapables d'assumer ce que vous ressentez l'un pour l'autre.

-On assume parfaitement!

Je jetai un regard en coin à Hermione, qui piqua un fard avant de regarder le bout de ses chaussures. Hermione et moi venions de protester exactement en même temps, preuve tangible du lien très fort qui existait entre nous. Et ce, d'autant plus que l'on venait de presque s'avouer nos sentiments. Certes, Katherine Donovan nous avait aidés un peu, mais ce n'était pas rien. Alors, oui, peut-être était-ce la peur et l'insécurité qui nous empêchait d'être ensemble pour de bon. Ni l'un, ni l'autre, n'aimions prendre de risques, nous préférions avancer en terrain connu, et stable de préférence. Se risquer à aimer, c'était comme sauter à l'élastique sans élastique, c'était terriblement grisant, mais terriblement dangereux aussi, on savait que la chute était inévitable, qu'il n'y avait pas de garde-fou pour nous rattraper. Peut-être que Katherine, toute jeune fût elle, avait raison. Notre petit jeu du chat et de la souris n'avait que trop duré. Qu'il était peut-être temps de passer à la vitesse supérieure. Qu'il était temps, enfin, de prendre des risques, de nous prouver que l'attente valait le coup.

Pourtant, l'un comme l'autre étions incapables de briser cette distance ténue qui existait encore entre nous. Peut-être parce que nous nous connaissions depuis bien trop longtemps. Hermione était à la fois ma meilleure amie, ma confidente, ma sœur et mon premier amour. Mon seul amour, d'ailleurs. L'amour de ma vie. Peut-être exprimai-je les choses avec bien trop d'emphase, mais c'était la stricte vérité. Pour autant, dans la liste précédemment dressée, un élément gênait plus que les autres. ma sœur. La sœur que je n'avais jamais eue, bien qu'il n'y avait pas de lien de sang entre nous. Ni même par alliance. Et peut-être qu'Hermione pensait de même, de son côté. Elle avait tout été pou moi. Tout. Elle était la seule famille qui me restait, au même titre que ses parents. Parfois, ce problème m'avait effleuré l'esprit. Ses parents me considéraient comme leur propre fils et son père m'appelait fiston. Un tel lien existait entre nous qu'il me paraissait inenvisageable que le désir et la luxure ne viennent s'immiscer là dedans pour tout foutre en l'air, pour rendre notre relation encore plus malsaine qu'elle ne l'était déjà.

Et pourtant…Je la désirais. Depuis que j'avais eu le malheur de goûter à ses lèvres, à sa peau, je ne voulais que m'y plonger encore, avoir tout le loisir de caresser sa peau, d'embrasser son épiderme. J'éprouvais envers elle un fort désir sexuel, plus encore depuis que nous avions failli coucher ensemble. Pire encore, j'avais nourri une forte addiction, qui avait eu des effets désastreux, surtout sur moi. Hermione n'avait fait que subir les dommages collatéraux. Son seul contact suffisait à m'électriser tout entier, ses seuls baisers suffisaient à attiser le brasier qu'abritait mon for intérieur, déchaîner l'océan de passion qui déferlait en moi. Il n'y avait qu'avec elle que je me sentais enfin entier, et aucune autre fille n'avait été capable de combler ce vide qu'elle avait laissé en moi si longtemps. Et même encore maintenant, alors que je l'avais retrouvée, je ressentais ce même désir, cette même frustration lorsqu'elle m'échappait une fois encore.

Je me pinçai l'arrête du nez, comme à chaque fois que j'étais tendu. Rageusement, je disparus derrière le paravent pour me rhabiller. En moins de temps qu'il fallait pour le dire, j'étais parfaitement séché, seuls mes cheveux demeuraient humides, et j'étais de nouveau vêtu de mon uniforme. Je jetai la serviette roulée en boule à terre, puis je sortis de ma cachette de fortune. Je n'adressai pas un regard à Hermione et à Katherine lorsque je sortis de la pièce.

-Théo…protesta Hermione, doucement.

Je ne fis pas demi-tour. J'étais bien décidé à regagner la salle commune. Néanmoins, une fois sorti de la salle de bains des préfets, je fis une halte et m'adossai au mur tout en fermant les yeux pour oublier la douleur qui me martelait les côtes. J'avais le cœur en miettes, une fois encore. Mais il ne fallait pas se foutre de la gueule du monde non plus. J'étais peut-être amoureux, mais pas non plus complètement naïf. Ce serait se leurrer que de penser qu'il suffisait que je claque des doigts pour qu'Hermione me tombe enfin dans les bras. En théorie, c'était probablement possible, mais dans les faits, trop de choses avaient été dites pour que je puisse pardonner. Je n'avais toujours pas digéré le fait qu'Hermione me considère comme une espèce de salaud qui baisait la première venue juste pour passer le temps. Que j'avais possiblement parié sur la perte de sa virginité avec mes potes. Je voulais bien admettre qu'elle m'avait dit toutes ces choses sous le coup de la colère, mais même en admettant cela, la pilule ne passait toujours pas, elle était toujours aussi amère, elle s'était coincée dans ma gorge et m'obstruait la trachée. Elle n'avait pas eu le droit de me dire tout ça, surtout pas alors qu'elle me connaissait depuis tellement longtemps, qu'elle savait comment j'étais, et non pas ce sordide personnage qu'elle se plaisait à imaginer.

J'en viens à ressentir une forte bouffée de haine envers Potter et Weasley. C'était de leur faute à eux. C'était eux qui me l'avaient enlevée, qui lui avaient fait subir un lavage de cerveau. C'était à cause d'eux qu'elle avait tant de doutes à mon sujet. Plus rien de ce que je pouvais lui dire lui paraissait sincère, elle doutait, perpétuellement, et cela me tuait à petit feu. Mon palpitant explosa encore, me faisant légèrement siffler de douleur. Mes paupières closes se resserrèrent, comme pour empêcher mes yeux de s'humidifier, de déverser ma peine. Mais ce fut peine perdue. Une perle salée roula sur ma joue, unique et éphémère. Putain, il ne manquerait vraiment plus que je passe mon temps à chialer. Alors, dans un claquement d'étoffe, je fis volte-face, pour détaler dans les couloirs à toutes jambes, ignorant la douleur qui me rongeait la chair, vestige de ma chute de balai, qui, pour une fois, j'avais espéré qu'elle me soit fatale.


Would she hear me if I called her name?
Would she hold me if she knew my shame?

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J'étais aveugle. Aveuglé par la rage, aveuglé par ce profond sentiment d'injustice qui stridulait jusque dans mes tempes, aveuglé par ce que je ressentais et qui avait besoin d'être expulsé. Cette rage sourde démultipliait mon énergie, l'énergie du désespoir. Mes barrières étaient en train de céder une par une. Je savais ce que cela signifiait. Le point de non retour. Les émotions humaines étaient volatiles, elles étaient bien trop fortes pour se laisser museler par la raison. La sacrosainte raison, qui pour une fois foutait le camp devant sa sœur la passion. Je me sentais l'âme d'un papillon de nuit, qui, attiré par la lumière, avait fini par se crasher sur le réverbère et se brûler les ailes. Se brûlait tout court. Dans un tel cas de figure, l'insecte n'avait aucune chance. À danser trop près, à flirter avec le danger, il s'était laissé sombrer.

J'étais tellement aveugle que plus rien n'existait autour de moi. Ni le monde, ni les gens. Les gens qui allaient et venaient, se demandant pourquoi je courais comme un damné. Je voulais simplement leur répondre que je courais parce que j'étais le papillon de nuit qui fuyait la lumière. Mais combien comprendraient vraiment de quoi il en retournait, à travers cette métaphore? Très peu. Trop peu. Les hommes étaient bêtes et méchants. Ils ne comprendraient pas. Jamais. C'est pourquoi il fallait continuer à se taire. À avancer, coûte que coûte. Ne rien avouer, jusqu'à ce que la carafe ne déborde.

-Théodore, faites attention! Me houspilla une voix sévère, une voix que je n'entendis qu'à moitié.

Parce qu'en plus d'être aveugle, j'étais sourd. Sourd au monde extérieur. Sourd à leurs prières. Ce ne fut que quand je me retrouvai projeté en arrière que je compris la gravité de la situation. Je venais de percuter de plein fouet le professeur McGonagall, qui tenait dans ses bras une pile de manuels, traitant tous de la métamorphose, son domaine de prédilection. À moitié étourdi, les reins endoloris par la chute, je me frottai le crâne tout en clignant les yeux d'un air stupide.

-Professeur McGonagall. Balbutiai-je, complètement sonné, en songeant qu'il me faudrait jamais assez d'une éternité pour me faire pardonner.

Je me mordis la lèvre inférieure en la voyant se masser la nuque. Pour elle aussi, le choc avait dû être brutal, à la seule différence près, c'est qu'elle était encore debout. Moi, j'étais à l'image de la tour de Babel. Mus par leur narcissisme et leur arrogance, ils avaient prétendu pouvoir construire une tour qui grandirait au-delà des nuages, qui pourrait enfin atteindre Dieu. Dieu s'est alors montré offusqué par tant de vanité, à un point tel qu'il a fait s'effondrer la malheureuse Babel. Ma propre morgue n'aura fait que contribuer à ma chute, et ce vol plané que je venais de faire n'était que le prélude à un chute plus grande encore, plus douloureuse. À la hauteur du piédestal sur lequel je m'étais hissé. L'on m'avait hissé. m'empressai-je de corriger, comme si le simple fait d'admettre ce sacre forcé allait suffire à m'épargner de la chute qui s'ensuivait inévitablement.

-Pour l'amour du ciel, Théodore, pourquoi courez-vous comme si vous aviez le diable aux trousses? Me gronda la vieille écossaise, dardant sur ma personne un regard courroucé.

Le diable aux trousses? Se rendait-elle simplement compte de l'expression qu'elle venait d'employer? Ce n'était pas une locution à prononcer à la légère quand elle me concernait, quand bien même elle ne serait que métaphorique.

-Mais j'ai le diable aux trousses. Grinçai-je, en faisant directement référence au destin qui m'attendait hors de ces murs.

-Vous voyez très bien ce que je veux dire. Soupira la vielle directrice des Gryffondor en tendant vers moi une main ridée pour m'aider à me relever.

Je fronçais les sourcils face à cette main tendue. McGonagall, tendre la main à un fils de Mangemort ? Là encore, ce geste était symbolique. En prenant cette main, j'allais être lié par une dette tacite dont je ne voulais pas. Me laisser aider par une fervente partisane de Dumbledore revenait clairement à accepter un deal dont je ne connaissais ni les termes, ni la substance. Un vieil adage disait qu'il ne fallait jamais mordre la main qui nous avait nourris, ou le cas échéant, qui nous était venue en aide. En acceptant de saisir cette main toute fripée, j'allais obligatoirement devoir me rappeler qu'un jour, elle m'avait aidé. Non sans grimacer, je finis par me relever. Seul. Sous son regard amusé.

-Je…je suis désolé. Grognai-je tout en secouant la tête d'un air navré. Je ne vous ai pas vue.

-Je me doute bien. Coupa l'écossaise, sèchement. Puisque je vous tiens, autant dire que votre punition est levée. D'ailleurs, comment se passent vos leçons avec Miss Granger et Monsieur Lupin?

J'écarquillai les yeux, sous le choc. Ma punition? Levée? Mais…Mais je n'avais même pas fait un mois de retenue, et elle avait bien précisé que les heures que je ne ferais pas justement en raison de ces leçons seraient reportées le mois prochain. Par quel miracle avais-je donc pu bénéficier d'une quelconque rémission?

-Ne soyez pas étonné. Au vu des rapports que m'ont fait mes différents collègues, il apparaît que vous avez eu un comportement exemplaire, de même que la régularité dans votre travail personnel n'en a pas pâti. Il aurait donc été injuste de maintenir votre punition alors que de toute évidence, vous êtes revenu dans le droit chemin.

-Euh…merci. Bredouillai-je, pris au dépourvu.

Néanmoins, l'expression droit chemin m'avait fait tiquer. Qu'avaient-ils donc tous avec ça? Ils parlaient de moi comme si j'étais à la dérive, comme si j'étais en train de me perdre dans les ténèbres. Je haussai simplement les épaules, avec fatalité. Je me massai la nuque, légèrement endolori. McGonagall, n'en avait apparemment pas fini avec moi:

-Tout va bien, Nott?

Sans doute avait-elle remarqué la gueule de déterré que j'étais en train de faire. Encore une fois, la sonnette d'alarme retentit dans ma tête, m'avertissant d'un danger imminent. Ne pas se laisser amadouer de la sorte. Foutre le camp. Ne pas traîner dans le coin, en somme. Pourtant, ce fut un profond sentiment de révolte qui m'envahit. Pourquoi fallait-il qu'ils me demandassent sans cesse comment j'allais, comme si j'étais moribond? Cela m'irritait profondément à la fin.

-à merveille. Ironisai-je, en m'efforçant d'assortir mes propos d'un sourire narquois, comme je savais si bien les faire.

Mais malheureusement, ce n'était pas à un vieux singe que l'on apprenait à faire des grimaces -loin de moi l'idée de comparer la vieille McGo à une guenon. C'était simplement que la vieille écossaise avait vu passer des dizaines de générations d'élèves, et qu'à la longue, elle avait dû apprendre à déceler le moindre mensonge, faisant d'elle une sentinelle redoutable. Aussi, mon sourire s'étant affalé pour ne plus être qu'une grimace sans réelle signification, elle avait sans doute dû deviner ce qui se tramait en réalité dans ma tête.

-J'ai cru comprendre que vos séances ne se passaient pas très bien. M'asséna finalement la directrice -décidément, un jour, j'allais devoir me faire au fait que ce n'était plus Dumbledore.

Et vlan! Pourquoi m'avait-elle posé la question, alors? Question à laquelle je n'avais pas répondu, par ailleurs, l'ayant d'emblée classée dans la liste des questions à esquiver autant que possible. Seulement, je ne pouvais pas en réchapper éternellement, un jour ou l'autre, j'allais devoir rendre des comptes. Et il semblerait, au vu de l'expression sévère de la vieille McGonagall, que ce moment était arrivé.

-Non, ça ne se passe pas très bien, en effet. Avouai-je en toute franchise, non sans réprimer une grimace au passage. On a du mal à s'entendre avec Hermione en ce moment, alors, ça s'en ressent forcément dans notre collaboration.

Je m'étais efforcé de rester le plus neutre possible -un exploit, quand on savait que le simple fait d'évoquer nos disputes incessantes avait le don de me mettre les nerfs en pelote. Finalement, notre trêve n'aura pas duré longtemps. Les sentiments, inévitablement, avaient fini par prendre le dessus. Et à présent, ils avaient coulé notre relation, étant bien trop lourds à porter. Trop lourds pour nos cœurs trop fragiles. McGonagall me toisa de son sempiternel regard sévère, auquel était venu se mitiger une déception. Qu'y pouvait-on, si ses deux meilleurs élèves étaient incapables de s'entendre, tout du moins, n'en étaient plus capables?

-J'ignore ce qui se passe exactement entre vous et cela ne me regarde sans doute pas, mais je crois vous avoir déjà dit qu'il ne fallait pas que vos problèmes rejaillissent sur votre collaboration. Cela est primordial, j'espère que vous êtes en mesure de le comprendre. Ces cours particuliers ont été mis en place spécialement pour vous aider à combler vos lacunes, ce serait la moindre des choses que vous vous appliquiez, nonobstant vos relations plus que tendues avec Miss Granger.

-Dans ce cas, contrattaquai-je avec acidité, pourquoi vous nous forcer à travailler ensemble puisque cela ne marche pas? Ne faudrait-il pas quelqu'un qui soit dirons nous…plus neutre?

Oh, la vilaine impression de déjà-vu. Il m'avait déjà semblé entendre ces mots quelque part, plus précisément au tout début de l'année, où l'un et l'autre venions tout juste de prendre nos fonctions. Et un peu plus de deux mois plus tard, nous en étions au même point. On s'engueulait, on se livrait à des activités pas très catholiques pour de nouveau s'engueuler. Nos disputes incessantes et violentes rendaient notre collaboration difficile…Mais comment expliquer à la vieille McGo que désormais, il n'y avait plus rien, que nous avions tiré un trait sur notre ancienne amitié, qui s'est définitivement perdue? Il n'y avait rien à dire, elle ne comprendrait pas, déjà que pour elle il était inconcevable qu'un Gryffondor et un Serpentard puissent s'entendre comme cul et chemise. Alors d'ici à lui dire qu'Hermione et moi avions étions plus ou moins en train de fricoter ensemble, il y avait de la marge. Cela dit, je venais de faire preuve d'une mauvaise foi affligeante. Travailler avec Hermione ne m'avait jamais posé un quelconque problème, à un point tel qu'on se mettait souvent en binôme dans certains cours. Simplement, en ce moment, ce n'était juste pas possible.

-Vous êtes capables de vous comporter comme de grandes personnes, c'est à vous de régler vos problèmes. Me gronda McGonagall. J'attendais une plus grande implication de votre part, vous me décevez, Théodore.

Cause toujours. avais-je envie de lui lancer, tandis que je lui jetais un regard noir. Vous me décevez. ils avaient tous ce même foutu refrain à la bouche, tous. Rien que je puisse faire était susceptible de les satisfaire, tous autant qu'ils étaient. Et cela me bouffait. Je n'en pouvais plus de faire des efforts, efforts qui au demeurant n'était même pas reconnus.

-Vous m'en voyez désolé. Je répondis platement, avant de tourner les talons et de m'en aller.

Fuir, comme je savais si bien le faire. J'étais incapable de reconnaître mes torts, mais aussi d'assumer les conséquences de mes actes. Les paroles de la petite Katherine me frappèrent de plein fouet, droit entre les omoplates: vous êtes incapables d'assumer les sentiments que vous avez l'un pour l'autre. Ça, entre autres choses. C'était même plus que révélateur. D'un pas rapide, je marchais vers la salle commune de Serpentard, sachant exactement ce que je devais faire: retrouver cette fripouille de Matthew Forbes pour le dissuader, lui et sa copine, de se mêler de nos affaires. L'un et l'autre avaient pris des initiatives malheureuses et venaient de nous faire souffrir inutilement. J'étais certes en colère contre eux deux, mais je n'arrivais pas à leur en vouloir, c'était absurde, ce n'étaient que des gamins. Gonflés, certes, mais des gamins tout de même. Ils étaient jeunes, ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient…

-Sang-pur. Dis-je au tableau qui gardait l'entrée de la salle commune.

L'étrange personnage dans le portrait me toisa d'un air mauvais, avant de pivoter. Je franchis la porte, me retrouvant immédiatement dans la salle commune, comme d'habitude baignée dans la pénombre. Je n'aimais définitivement pas cet endroit. Trop obscur, trop humide, trop glauque, il me faisait penser à mon manoir dans ses meilleurs jours. Partout, il y avait cette même ambiance froide, ce même esprit de compétition, pour quiconque mettait un pied ici avait l'impression d'avoir été jeté dans un panier de crabes. Cependant, la salle commune était indéniablement une bonne planque. Là où nous étions, personne ne pouvait venir nous chercher. personne.

Je trouvai finalement le petit Matthew, assis dans un fauteuil, un gros grimoire sur les genoux. Prudemment, je m'approchai de lui, pour ne pas me faire voir. Piqué par la curiosité, mon regard glissa sur les pages parcheminées et un rictus sardonique se peignit sur mes lèvres lorsque je compris exactement de quoi la page traitait. Je me penchai près de l'enfant, avant de murmurer, diablement amusé.

-Puis-je savoir pourquoi tu lis un livre consacré aux philtres d'amour? Ils sont pourtant très sévèrement réglementés au sein de l'école, pour ne pas dire interdits.

Matthew Forbes sursauta en entendant ma voix, et ferma le livre brusquement, rouge de honte. Il leva son visage vers moi, et eut un regard d'effroi lorsqu'il prit conscience que j'étais là, comme si je venais de le prendre en flagrant délit de bêtise et que j'allais le punir à cet effet. Il avait sur le visage l'expression du coupable, de celui qui venait de se faire prendre la main dans le sac.

-C'est…C'est pour Katherine! S'écria brusquement le garçon blond, qui s'empourpra davantage. Je te jure que je lisais cet article pour ma culture personnelle.

-Et pourquoi Katherine aurait-elle besoin d'un philtre d'amour? M'enquis-je, mi-amusé, mi-suspicieux, alors que Matthew semblait se ratatiner sur place.

-Je euh…Elle est très amoureuse d'un Serdaigle de troisième année, mentit le garçon avec aplomb. Alors, je l'aide un peu.

-Vous êtes sûrs que vous n'êtes pas en train de manigancer quelque chose? Murmurai-je, guère convaincu par ses dires.

-Non! Bien sûr que non! Contredit Matthew avec véhémence -trop pour que cela puisse être crédible.

-Tôt ou tard, je le saurai. L'avertis-je, en le toisant un peu plus sévèrement que je ne l'aurais voulu.

-D'accord. Haleta le gamin, trop impressionné pour continuer à me mentir. C'était…C'était pour toi et Hermione.

-Et qui de vous deux a eu cette brillante idée? Interrogeai-je, toujours aussi moqueur.

-C'est moi. Avoua Matthew, tête baissée. Katherine m'a raconté ce qui vient de se passer dans la salle de bains, et j'ai emprunté ce livre pour me renseigner un peu plus sur la question, voilà tout.

-Et vous croyez sincèrement qu'Hermione et moi avons besoin d'un philtre d'amour? grognai-je, avec une pointe d'amertume.

-Peut-être pas, admit le petit Forbes, mais vous avez sacrément besoin d'aide!

Je soupirai, excédé. D'abord Blaise, puis Matthew et Katherine. Qu'avaient-ils tous à vouloir se mêler de nos affaires, sérieusement? Ils se mêlent parce que vous êtes incapables de le faire par vous-mêmes. Mais faire quoi, au juste? S'avouer nos sentiments? Déjà fait. S'embrasser? Déjà fait, et même plus si affinités. Faire le premier pas vers l'autre? Bon, d'accord, il y avait un peu de ça, mais moi, il était hors de question que je m'y colle une fois encore, j'avais assez donné. Si Hermione désirait réellement quelque chose, c'était à elle de faire le premier pas. Point.

-Et pourquoi penses-tu que nous ayons besoin d'aide?

-Tu sais très bien pourquoi. Riposta le gosse, effrontément. Puisque vous êtes incapables de faire un pas vers l'autre, alors c'est qu'il vous faut un petit coup de pouce.

-Un filtre d'amour ne changera rien au problème. Coupai-je, sévèrement. Ses effets se dissipent au bout de quelques heures, en admettant que ça fonctionne vraiment.

-Mais ça fonctionne! S'insurgea Matthew, outré. Vous avez étudié l'amortentia l'année dernière, non? Enfin, peut-être pas toi vu que tu n'étais pas là, mais…dis, la potion, elle sent quoi pour toi?

Je n'étais pas sans ignorer que l'amortentia avait une odeur très différente d'une personne à une autre. Pire encore, en plus de faire tomber amoureuse la personne qui la boit, l'odeur qu'avait cette potion était caractéristique de ce qui nous attirait. Quand j'avais moi-même senti cette potion pour la première fois, son odeur m'avait particulièrement paru familière. Très familière. Je me frottai nerveusement la nuque, pas vraiment disposé à révéler ce détail à Matthew, mais comme à l'époque, le professeur avait fait un tour de table, ce n'était un secret pour personne. Un instant, je me demandai quelle était l'odeur que sentait Hermione lorsqu'elle reniflait la potion, avant de chasser presque aussitôt cette pensée, bien trop douloureuse.

-Euh…ça sentait la vanille, l'ambre et la cannelle. C'était doux et divinement bon.

-Et cette odeur, ça te rappelle quelqu'un en particulier?

-à ton avis? Grinçai-je avec acidité, non sans grimacer au passage.

Matthew ne dit rien, ayant sans doute compris là où je voulais en venir. Vanille, ambre et cannelle, c'était tout à fait ça. La vanille était l'arôme typique de l'enfance, les filles qui se parfumaient à la vanille affichaient leur peur de grandir, leur syndrome de Peter Pan. L'ambre et la cannelle venaient ajouter une touche de sensualité, qui pouvait faire tourner rapidement la tête. Je connaissais par cœur l'odeur d'Hermione et je ne m'en lassais pas. J'aimais m'imprégner de son parfum capiteux, l'inspirer à pleins poumons. C'était une odeur à la fois douce et exquise, sensuelle et aphrodisiaque, qui tout à la fois exalte et éveille, un vrai régal pour les sens. Hermione, en elle-même, était tout ça à la fois: à la fois forte et déterminée, sensuelle et ingénue, fragile et vulnérable.

Mon regard s'assombrit alors que je pensais encore à elle. il fallait toujours que ma vie gravite autour d'Hermione Granger, que je respire le même air qu'elle, que je vive à travers elle. Qu'on le veuille ou non, nous étions un, envers et contre tout, et rien ni personne ne pourrait y changer quoi que ce soit. Notre lien était si fort qu'il en était indestructible, notre amitié était aussi vieille que nous l'étions, ça ne pouvait pas finir comme ça, c'était impossible. Je ne l'acceptais pas. Je ne pouvais pas l'accepter. Qu'est-ce qu'on a fait? Je me raclai discrètement la gorge, avant de reprendre la parole, légèrement tendu.

-Je sais que Katherine et toi vous investissez énormément dans notre cause, et je vous remercie d'y être si attentifs. Mais Hermione et moi sommes de grandes personnes, et si on a décidé de ne pas aller plus loin, on n'ira pas plus loin. C'est une décision qu'on a prise, qu'on a plus ou moins mûrement réfléchie, et qui est pour le moment irrévocable. Il est vrai que je ne serais pas contre l'idée qu'il y ait un nous, mais pour le moment c'est impossible. Je vous prie donc de ne plus vous mêler de nos affaires, sinon je risque d'être beaucoup moins gentil et compréhensif.

-C'est bête. Commenta Matthew avec tristesse. Vous passez vraiment à côté de quelque chose.

-Je vois que tu ne comprends pas. Je…je vais prendre un exemple. Imagine qu'un de tes copains veuille absolument te caser avec Katherine, comment réagirais-tu?

-Je lui foutrais mon poing dans la gueule. Rétorqua Matthew fièrement.

Mes lèvres s'arrondirent en un o parfaitement étonné, et j'arborais à présent une expression outrée que même McGonagall n'aurait pas reniée. J'étais non seulement indigné en raison du vocabulaire employé par le petit, mais aussi par la violence que suggérait ses propos. Et le pire, c'est qu'il était fier de se comporter comme une brute épaisse. Même moi, à mon âge, je n'avais pas notion de jurer autant. En fait, aucun de nous ne tenions de tels propos, à part peut-être Blaise. Mais pour lui, jurer comme un charretier était une -mauvaise- habitude. Maintes fois je l'avais repris après ses trop grands écarts de langage, et maintes fois il m'avait grondé en retour en disant que j'étais vraiment rabat-joie. Je me souvenais parfaitement du moment où j'avais osé jurer pour la première fois, et depuis, il m'arrivait de le faire de temps à autres. Je me souvenais aussi de la fois où Blaise avait réussi à me faire révéler les sentiments que j'éprouvais par Hermione, prélude de l'histoire à rebondissements qui allait s'ensuivre.


FLASH BACK.

Fidèle à mes habitudes, j'étais en train de travailler à une des tables de la salle commune, concentré sur mon devoir de runes anciennes. Avec passion, j'épluchais les manuels que j'avais emprunté à la bibliothèque, Madame Pince m'ayant mis dehors pour pouvoir fermer sa précieuse bibliothèque, mon havre de paix. Tout en rechignant, j'étais retourné à la salle commune des Serpentard, Ombrage ne tolérant pas de toute manière qu'on se ballade dans le château comme bon nous semble. Blaise était en train de jouer aux échecs version sorcier contre lui-même et s'esclaffait de voir ses malheureuses pièces d'échec se faire violemment réduire en miettes. Lorsque mon meilleur ami m'aperçut, il m'interpella d'un air joyeux, enfin, de ce qui semblait s'y apparenter pour un Serpentard. Je fis semblant de l'ignorer, après tout, j'avais du travail en retard et je n'étais vraiment pas d'humeur. Il fallait dire que j'étais si bien à la bibliothèque, d'autant plus qu'Hermione y était elle aussi. Surtout parce qu'Hermione y était. Nous avions bavardé, ri, travaillé, comme nous le faisions toujours. Et une partie de moi-même n'avait pas quitté la bibliothèque, et était restée avec elle.

Blaise renonça bientôt à attirer mon attention. De toute manière, j'étais de nouveau plongé dans mon dictionnaire de runes anciennes et je m'attelais d'ores et déjà à ma traduction. Sur tous les Serpentard présents dans la pièce, cela ne faisait aucun doute que j'étais le seul à travailler, mais qu'importe. Ma réputation de rat de bibliothèque n'était pas à refaire. Les pro-Malefoy m'avaient même taxé de casse-pieds notoire, de rabat-joie en chef, et autres qualificatifs bien sympathiques du même genre. Tout ceci provoquait en moi une profonde indifférence, et c'était en haussant les épaules que j'accueillais leurs sarcasmes: ils pouvaient mettre en œuvre tous les moyens possibles et imaginables, ils ne m'atteindront pas, tous autant qu'ils étaient.

-Encore en train de bosser? Me houspilla Blaise, légèrement moqueur.

Je ne pris même pas la peine de lever la tête, me contentant d'arquer simplement un sourcil. Inlassablement, je continuais à écrire sur mon parchemin, calligraphiant soigneusement les symboles runiques dans une table, où je notais également la signification.

-Je n'ai pas encore fini ma traduction de runes anciennes. Répondis-je évasivement.

-Pas encore? Tu as passé toute l'après-midi à la bibliothèque.

-J'étais pas seul.

-Ah oui. Grinça Blaise, réprobateur. Ça explique tout.

-Ne t'emballe pas, grognai-je, dépassé par l'esprit tordu de mon ami. Il ne s'est rien passé.

Il ne s'est rien passé. Mais à quoi s'attendait-il au juste? Hermione était mon amie. Seulement mon amie. Pourtant, même cette affirmation, à mes yeux, sonnait faux. Parce qu'en pensant à ce ça que Blaise sous-entendait, une drôle de sensation était née au creux de mon estomac, me rendant tout chose. Une tâche d'encre se forma sur mon parchemin impeccable. Je grognai, pour exprimer mon mécontentement. Je pris ma baguette magique et effaçai la tâche litigieuse. Après ce bref intermède, j'étais de nouveau en train de gratter.

-Et toi? Me questionna Blaise. Tu aurais aimé qu'il se passe quelque chose?

-Hein? M'étranglai-je, interloqué. Mais tu plaisantes j'espère! Hermione est mon amie. Ma meilleure amie!

-C 'est là que tu te leurres, Théo. Les amitiés garçon/fille sont tout simplement impossibles. Tôt ou tard, le désir vient s'y mêler. Et en moins de temps qu'il faut pour le dire, hop, on se retrouve à rouler des pelles à la meilleure copine.

-Ce n'est pas parce que tes hormones bouillonnent que c'est aussi le cas de tout le monde, ne prends pas ton cas pour une généralité.

-Sérieusement Théodore, tu y as jamais pensé?

-Penser à quoi? Sifflai-je, légèrement agacé, agacement qui se traduisait par une pression plus marquée sur ma plume.

-à embrasser Granger! Triompha Blaise, avec un sourire pervers aux lèvres.

-N…Non. Balbutiai-je, alors que mes joues venaient de se colorer d'un beau rouge brique.

Blaise m'étudia un moment, tandis que je continuais à m'empourprer à vue d'œil. Pour un peu, j'aurais pu rivaliser avec les rayures des cravates de ces foutus Gryffondor. Embrasser Hermione. Blaise avait vraiment des idées tordues lorsqu'il s'y mettait. Je connaissais Hermione depuis le berceau, nom de nom, il ne s'agissait pas de n'importe quelle fille de l'école. Même si elle était jolie et célibataire. Néanmoins, le métis pouvait être fier de lui. Il venait de semer le trouble dans mon esprit, et je ne parvenais pas à me concentrer sur mon stupide devoir. Blaise avait vraiment le chic pour poser les questions qui dérangeaient.

-Vraiment? Insista le Serpentard, apparemment pas décidé à lâcher l'affaire.

Je toisai mon ami, froidement. Là, maintenant, tout de suite, il m'enquiquinait. Je n'avais absolument pas envie de répondre à ses questions, préférant garder mes rêves et mes fantasmes pour moi. Parce que oui, j'avais déjà imaginé que j'embrassais Hermione. Je m'étais déjà surpris à imaginer la texture de sa peau, la douceur de ses lèvres, ses jolies lèvres venant s'emparer des miennes pour un baiser comme de ceux qu'on pouvait voir au cinéma. Alors oui, j'avais déjà voulu embrasser ma meilleure amie, j'avais déjà résisté à l'envie de lui prendre la main, et j'avais même rêvé de choses pas très catholiques qui ne se racontaient pas aux autres.

-Bon, on va envisager le problème d'une autre façon. Reprit Blaise, imperturbable. As-tu déjà embrassé une fille en règle générale?

-Non. Grognai-je, en toute franchise.

Non, non, et non! Je n'avais jamais embrassé qui que ce soit et je n'avais pas l'intention de le faire, pas dans l'immédiat. À dire vrai, cette simple idée me révulsait. Il fallait dire que se rouler des pelles, comme disait Blaise, n'avait rien de très engageant au premier abord. Parce que c'était mouillé, parce que ça ne devait pas être génial de se faire nettoyer les amygdales. Le pire était sans doute l'échange de salive, c'était…écœurant, il n'y avait pas d'autre mot pour décrire toute l'horreur qu'un tel acte m'inspirait. Il pouvait bien me traiter de coincé, je n'en avais rien à faire. J'étais effectivement coincé et je ne m'en cachais pas.

-D'accord. Concéda Blaise en soupirant lourdement. C'est encore pire que ce que je croyais.

-Et si tu me fichais la paix? Ronchonnai-je tout en soupirant lourdement. Je dois finir ma traduction.

-T'es vraiment pas drôle par moments. Se plaignit Blaise en levant les yeux au ciel. Dis-moi, ça t'arrive de lever le nez de tes cours? C'est pas comme ça que tu vas faire tomber les nanas.

-Excuse moi d'avoir d'autres priorités dans la vie. Ce n'est pas parce que je n'ai pas de copine en ce moment que je vais mourir puceau. Et si c'était le cas, je m'en foutrais quand même. Parce que je n'ai pas besoin de ça, je vis très bien sans.

-Que tu dis. Répliqua Blaise en m'adressant son sempiternel sourire goguenard. Mais tout le monde tombe amoureux un jour, Théo. Tu as beau être intelligent et cartésien, tu ne passeras pas toujours entre les mailles du filet. Ça te tombera sur le coin de la gueule sans prévenir, au moment où tu ne t'y attendras pas.

-Et toi? Rétorquai-je, de mauvaise humeur. Ça t'es déjà arrivé?

-Non. Admit le métis sans se défaire de son sourire. Mais je ne m'inquiète pas pour ça, j'ai encore le temps. J'ai encore plein de choses à vivre avant de me ranger. Tu devrais te dérider un peu toi aussi, ça ne te ferait pas de mal, bien au contraire.

-J'ai pas envie. Grognai-je, toujours aussi aimable.

-Même pas avec Granger? Insista Blaise, sourcils froncés.

-Même pas avec Hermione. Confirmai-je en opinant du chef. C'est mon amie, Blaise, pas n'importe quelle gourgandine.

-Peut-être, mais même si ça ne me plaît pas, je suis persuadé qu'il y a un truc.

-Quoi donc? M'impatientai-je, souhaitant couper court à la conversation le plus rapidement possible.

-Je ne sais pas, s'entêta-t-il, mais il y a un sacré truc. Mais si, par le plus grand des hasards, tu devais faire ta vie avec une des filles de cette école, laquelle serait-ce?

-Ce serait elle. Soufflai-je, légèrement rêveur, après m'être accordé un moment de réflexion.

Je m'étirai comme un chat lorsque je sentis mes membres s'ankyloser. Je réprimai un bâillement, avant de fixer un point lointain, quelque part entre le tapis persan vert et argent, et le fauteuil en cuir noir resté intact malgré les générations d'élèves qui avaient défilé entre ces murs.

-Et pourquoi elle? Me demanda Blaise, quelque peu intrigué par sa réponse. C'est vrai enfin, Granger n'est même pas jolie, elle a les cheveux touffus, elle a les dents de travers, et elle est mal fagotée. Quel mec sain d'esprit pourrait s'intéresser à elle, franchement?

-Crois moi, je t'assure qu'Hermione est très bien. Elle a arrangé ses dents, tu savais? Son sourire…Non, rien. Puis, tu oublies qu'on est obligés de porter l'uniforme, mais je te jure que pendant les vacances elle a une façon de s'habiller tout à fait classe et élégante. Elle a du goût, elle est particulièrement raffinée.

-Son sourire…Elle te plaît?

-Quoi?

-Je t'ai demandé si Hermione te plaît.

-Eh bien c'est-à-dire que…commençai-je, les joues légèrement roses, tout en me frottant la nuque nerveusement.

-Elle te plaît. Chuchota Blaise, effaré, en répondant à ma place, ce qui eut pour effet de me faire m'empourprer davantage.

-Tudisnimportequoi. Grognai-je, dans un ensemble parfaitement inintelligible.

-Oh, come on, arrête de te planquer Théo, ça t'avance à quoi sérieusement?

-ça m'avance que…Notre amitié est trop précieuse pour la gâcher pour ça.

-C'est quoi, ça? Insista Blaise, déterminé à me tirer les vers du nez.

-Les sentiments que j'éprouve pour elle, voilà, t'es content? Grondai-je, furieux d'avoir été percé à jour de la sorte.

-Très. Railla Blaise, visiblement très fier de lui alors que je m'empourprais violemment tout en le traitant mentalement de tous les noms d'oiseaux que je connaissais, et à mon grand dam, je me rendais compte qu'il n'y en avait vraiment pas beaucoup.

-Tu en penses quoi? Demandais-je finalement, pinçant les lèvres d'un air réprobateur.

-Sérieusement? S'enquit le métis, apparemment surpris que j'en vienne à lui demander son avis. Que tu es vraiment dans la merde.

FIN DU FLASHBACK.


C'était cette dernière phrase en particulier dont je me souvenais, bien que le contenu de la conversation, à la longue, était devenu redondant. Mais ce moment était spécial parce que j'avais admis pour la première fois d'avoir ressenti pour elle des sentiments très forts, qui dépassaient la simple amitié. Je n'avais aimé qu'une seule personne dans ma vie, et c'était Hermione. On me disait volontiers renfermé, incapable de tout sentiment. À tous ceux qui pensaient ainsi, j'avais simplement envie de leur brandir un ERREUR, ils se trompaient lourdement. Si j'avais été incapable d'aimer qui que ce soit, c'était bien parce que j'aimais Hermione, et j'étais somme toute incapable d'aimer plusieurs personnes en même temps. J'étais exclusif et c'était bien mon problème, même en tant qu'ami je n'avais pas toléré qu'elle puisse aller voir ailleurs, cela dépassait mon simple entendement et avait mis à vif ma jalousie. D'ordinaire, je m'accommodais relativement bien de ma solitude, mais pas quand c'était elle qui m'abandonnait, sans elle, je n'étais rien.

Ce fut sur cette terrible conclusion que j'avais relevé la tête, pour regarder le monde autour de moi. Tout en me laissant aller à mes pensées, j'en avais même oublié la présence de Matthew, qui semblait attendre une quelconque réponse de ma part alors que je n'avais plus rien à lui dire. Blaise semblait très occupé à roucouler avec Tracy. Je me disais que peut-être, en définitive, cela pouvait aider d'avoir des couilles, d'oser dire à la concernée qu'on ressent pour elle de la simple amitié. Être sincère. Une fille n'en attendait pas davantage. Pourtant, je lui avait déjà dit je t'aime, elle y avait répondu. Mais peut-être ne l'entendait-elle pas dans ce sens, peut-être que j'avais besoin de tout expliciter, de bien distinguer l'amour de l'amitié. Et j'avais préféré me planquer derrière un je t'aime qui voulait tout dire, plutôt que de dire ce que j'avais exactement sur le cœur, et à présent, je le regrettais amèrement.

Mais c'était de sa faute à elle aussi, bon-sang. Pour une Miss-Je-Sais-Tout, elle n'était pas très futée. Pour autant, il se pouvait également qu'elle avait parfaitement compris, et qu'elle faisait exprès de me faire mariner, juste pour se venger de lui avoir préféré Tracy. Une fille, c'était fourbe, et Hermione n'était en rien une exception au principe, j'avais déjà eu à subir les affres de sa colère, et ce qui s'était passé dernièrement en était un bon exemple. Elle m'en voulait, à mort, et il n'y avait aucun moyen de lui faire entendre raison, elle était désespérément campée sur ses positions, comme une moule à son rocher. Je m'étais heurté à plus buté que moi, et je payais les pots cassés. Game over.

Tout en soupirant lourdement, je détournai le regard du nouveau petit couple et je me promis mentalement d'engueuler Blaise comme il se doit. Il m'avait toujours reproché de m'intéresser à une sang-de-bourbe, que je risquais de perdre plus d'une plume dans l'affaire, que j'allais jeter le voile de la honte sur ma noble lignée, mais je n'en avais eu cure, je ne l'avais jamais écouté. Maintenant, Blaise était précisément en train de roucouler avec une sang-de-bourbe, c'était vraiment l'hôpital qui se foutait de la charité. Oui mais voilà, que Tracy soit une impure n'était pas un fait connu de tous, elle se taisait à ce sujet, il fallait dire que dans une maison comme la nôtre, c'était plutôt mal vu. Et puis, ce n'était pas Granger. Donc, un bon point pour elle. Enfin, je supposais.

Une volée d'élèves investit alors la salle commune, arborant l'air de deux qui en savaient bien plus qu'ils ne devraient. Ils étaient partagés entre l'inquiétude et l'excitation. Enfin, quelqu'un s'était décidé à foutre un coup de pied dans la fourmilière et de bousculer notre quotidien un peu trop tranquille. Les fourmis, c'étaient ces élèves qui gesticulaient dans tous les sens et qui avaient lancé cet avertissement:

-Venez-voir! Il est en train de se passer quelque chose.

L'assemblée des Serpentard ici présents s'échangea des regards étonnés. Ce ne serait pas la première fois qu'à Poudlard, ce serait le branle-bas de combat. Il ne se passait pas une année sans qu'un évènement ne vienne tout chambouler, faire peser la menace plus que jamais. Mais cette année était particulière, plus que les autres en tout cas. Nous n'étions au courant de rien, on vivait en autarcie. Tout le courrier était censuré, plus rien ne filtrait hors de ces murs. Les sorties à Pré-au-lard étaient autorisées au compte gouttes et sur haute surveillance. Si on voulait des informations, il fallait les chercher par nous-mêmes, heureusement que j'avais une poignée d'indics tous prêts à me filer un coup de main en cas de problème. Malheureusement, les indics en question n'étaient pas plus avancés que moi. Bon gré, mal gré, on se hâta au dehors, pour aller voir ce qui était en train de se passer. Je jouais du coude pour me frayer un chemin dans la foule qui apparaissait de plus en plus dense, à mesure qu'on remontait vers la Grande Salle.

-Préfet de Serpentard, laissez passer. Grognai-je sans me préoccuper de savoir si on m'écoutait ou non, ce n'était pas mon problème.

Je parvins enfin à m'extirper de la foule compacte, et je pus voir quel était l'origine de tant d'agitation. Un petit groupe d'élèves que personne n'avait jamais vus auparavant se tenait là, apparemment blessés et frigorifiés. Hermione et Terry Boot étaient déjà sur le coup, tous empressés qu'ils étaient d'avertir les autorités compétentes. Un murmure d'incompréhension s'éleva de la foule estudiantine, et la silhouette d'Olympe Maxime se détacha nettement, faisant s'écarter les quelques élèves qui s'étaient agglutinés là. McGonagall apparut bientôt, escortée de Rogue, de Lupin et de Rusard, Miss Teigne sur les talons. La garde royale, me permis-je d'ironiser, celle que l'on sortait pour les grands jours, et surtout, quand quelque chose n'allait pas.

-Minerva! Salua la femme au visage olivâtre, vous me voyez soulagée de vous voir enfin!

-Olympe. Répondit McGonagall, en secouant la tête brièvement. Vous me voyez plus que ravie de constater que votre voyage s'est passé sans encombre.

-Il ne pouvait arriver pire malheur que celui qui a frappé mon école. Geignit Olympe Maxime, en profond état d'affliction. Nous avons tout juste eu le temps de nous échapper, il était trop tard pour sauver les autres.

Olympe Maxime débuta alors son récit, qui fut entrecoupé de sanglots incontrôlables. De ce que j'ai pu comprendre, l'académie de magie Beauxbâtons avait été attaquée par l'armée de Voldemort lui-même, en marche sur les institutions qui faisaient tourner le monde magique. Il avait mis l'école française en déroute, tuant ce qu'il pouvait tuer, détruisant ce qu'il pouvait détruire, semant dans son sillage mort et désolation. Un petit groupe d'élèves -pas plus d'une dizaine- avait réussi à échapper au massacre, outre ceux qui avaient tout bonnement décidé de fuir sans demander leur reste, et qui étaient à présent dans la nature.

Une bouffée de haine m'envahit alors, alors qu'il m'apparaissait évident qu'il fallait arrêter la machine infernale, qui s'emballait ces jours-ci. Trop de morts, trop de blessés au nom d'une guerre absurde qui n'en finissait plus. Je détestais la guerre, je détestais ce que j'allais devenir, et pourtant, je ne pipais mot, ayant conscience que quelques regards peu amènes s'étaient tournés vers moi à l'évocation des Mangemorts. M'accuser d'une telle chose en soi était absurde et me révoltait profondément, j'en avais plus qu'assez de ces amalgames stupides, de ces préjugés que l'on pouvait avoir à mon égard. ce n'était pas ce que je désirais.

Minerva McGonagall donna quelques directives. Hermione et moi -comme par hasard- fûmes chargés d'amener les élèves blessés à l'infirmerie, tandis qu'elle avait embarqué Terry pour faire je ne savais quoi et qui n'était pas mon problème. Tout en soupirant, je suivis mon homologue féminine jusqu'à l'infirmerie, suivis par le petit groupe d'élèves qui nous suivait docilement. Putain, mais il se passait quoi par ici? Hermione ne m'accorda même pas un regard. Je crois bien qu'elle avait décidé de m'ignorer, purement et simplement. Faire comme si je n'existais pas, et ça me blessait encore plus parce que quitte à choisir, j'aurais préféré qu'elle me haïsse. Tout, mais pas son indifférence. Pas après tout ce qu'on avait pu vivre.

-C'est à croire qu'ils le font vraiment exprès. Grinçai-je, légèrement sardonique.

Elle ne leva pas le regard, m'ignorant toujours. Je haussai les épaules, nourrissant mes envies de meurtre envers la directrice des Gryffondor. Elle l'avait fait exprès, cela ne faisait aucun doute à ce sujet, je lui en avais même touché mot quelques instants plus tard, notre télescopage dans les couloirs n'étant pas si lointain. Quand je disais qu'il ne fallait pas faire confiance à ces gens là, je ne me trompais pas.

-Dis, tu vas faire la gueule encore longtemps? La houspillai-je avec un peu plus de véhémence, attirant le regard de nos camarades français qui ne comprenaient pas ce qui se passait.

-Tu sais très bien pourquoi je fais la gueule, Théodore. Glissa-t-elle avec un sourire mauvais, tout en accélérant le pas.

-C'est parce que je suis sorti avec Tracy? M'enquis-je en calquant mon rythme au sien, commençant à semer le petit groupe d'élèves derrière nous.

-Entre autres. Murmura-t-elle en levant les yeux au ciel.

-Hermione, c'est quoi ton problème? Ne m'obliges pas à te supplier. L'avertis-je en la distançant légèrement, pour pouvoir la fixer tout en marchant à reculons.

-Mon problème, mon amour, c'est que tu as été trop bête pour comprendre ce que je voulais te dire.

-C'est vrai, ironisai-je en levant les yeux au ciel. Je suis trop con. Excuse moi. Qu'est-ce que tu as voulu me dire que je n'ai pas compris? Dis-le, je ne comprends vraiment pas.

Hermione éclata d'un rire sarcastique, avant de presser l'allure. Je soupirai lourdement, avant de la retenir par le bras. Elle frissonna à mon contact, et darda ses prunelles meurtrières dans mes iris glacés. Elle soutint à grand peine mon regard, et essaya de se dégager.

-S'il te plaît, murmurai-je d'une voix suave. Dis-moi.

-Tu n'as pas compris….haleta-t-elle sous le coup de l'émotion, que…que…par Merlin, je n'arrive pas à croire que je vais le dire. Que je suis…amoureuse de toi.

-Quoi? Balbutiai-je, légèrement interdit.

Sous le choc, je m'arrêtai brusquement. Hermione me rentra dedans, n'ayant pas pu s'arrêter à temps. Je reçus son coude pointu dans les côtes, ce qui me fit siffler de douleur. Elle s'éloigna d'un bond, tandis que je me frottais le côté en grimaçant quelque peu.

-Mais…Mais comment? bredouillai-je, livide. Tu veux dire que…que tu m'aimes…comme ça?

-Quoi, comme ça? Grimaça-t-elle, en haussant un sourcil dubitatif.

-Je veux dire…Plus qu'un ami?

Hermione soupira longuement, avant de se détourner et de se remettre en route.

-C'est précisément ce que j'étais en train de te reprocher. Souffla-t-elle d'une voix brisée, avant de pousser la porte de l'infirmerie, et d'appeler à la cantonade. Madame Pomfresh? On…Il y a des blessés.

Je me raidis imperceptiblement, tandis qu'un frisson insidieux me parcourait l'échine. Était-ce le fruit de mon imagination, ou venais-je réellement d'entendre un sanglot dans sa voix? Et merde! pestai-je en mon for intérieur. Maintenant que j'avais la certitude qu'elle éprouvait des sentiments pour moi, pourquoi étais-je incapable de lui dire que c'était le cas pour moi aussi? Parce que tu as peur. susurra insidieusement la voix de Katherine Donovan. Oui, on avait peur, c'était un fait. On avait peur parce qu'on ne savait pas où tout cela allait nous mener. On avait peur parce qu'on n'était même pas certains que quelqu'un allait nous réceptionner en bas si on jetait dans le vide.

-Hermione…tentai-je, tentative désespérée d'accaparer enfin son attention.

Mais ce fut peine perdue. Hermione ne m'écoutait déjà plus. Elle était en train de discuter avec les élèves dans un français approximatif, probablement pour les rassurer et leur dire qu'ils allaient être pris en charge. Lorsque soudain, mon regard tomba sur un jeune homme qui regardait Hermione de façon un peu trop insistante à mon goût. Il buvait littéralement les paroles de la préfète en chef, et ne cessait de lui sourire. Le goût âcre de la jalousie m'emplit la bouche, tandis que je dardais sur le garçon un regard venimeux, un regard qui signifiait: toi, je ne t'aime pas.


Je suis sadique, hein? Pauvre Théo, il est tellement brisé, tellement meurtri, que j'en ai presque pitié pour lui. Cela dit, il n'est pas au bout de ses galères. Une multitude de choses vont encore se passer. Dans le précédent chapitre, j'avais promis le retour du Théo tête à claques des premiers chapitres…Bon, un peu prématurément, je l'avoue, mais il me faut cet élément déclencheur, je dois encore écrire tout ce qui se passe avant. Pour autant, dans le prochain chapitre, vous aurez aussi envie de mettre des claques à Hermione. Parce que bon, ils se sont certes avoués leurs sentiments, mais non, il va se passer encore deux trois petites choses avant que nos deux loustics se rendent compte qu'ils font de la merde (autant appeler un chat un chat), et qu'ils aient enfin les yeux en face des trous. Je promets qu'Hermione et Théo vont se mettre ensemble très bientôt. Cela est normalement prévu pour le chapitre 10, si je me fie à mon découpage. C'est tout proche, donc. Devraient s'en suivre quelques chapitres purement romance, (enfin, pas trop cucul non plus, ça n'en reste pas moins sombre et chaotique), et puis, la débâcle, le fameux élément déclencheur qui va définitivement faire plonger Théo. Et là, je me rends compte qu'à ce moment, je serai à la moitié de la fic', qu'on va pouvoir commencer la deuxième partie tranquillement, et que ça va me faire tout drôle de voir mon bébé grandir si vite. Bref, tout ça pour dire que comme d'habitude, j'attends vos reviews avec impatience, et à dans quinze jours pour la suite =D

Playlist du chapitre.

Here without you. Three Doors Down.

Tears don't fall. bullet for my valentine.