Voilà cette fic se termine avec ce dernier chapitre. Merci à vous toute pour m'avoir rewiewé cela fait toujours extrêmement plaisir. En espérant que ce chapitre vous plaira autant que les autres. BONNE LECTURE.


Chapitre 10 :

Le chauffeur arrêta son taxi à la hauteur du 1054 Barnes Avenue, jeta un coup d'œil à son taximètre et se retourna vers son passager l'air soucieux.

- Nous y voilà, Roxborough, à l'adresse indiquée, dit-il. Ça fera vingt-six dollars tout rond.

- Quoi ? Oh, oui, bien sûr…

Draco sortit son portefeuille, en tira trois billets de dix dollars et les tendit au chauffeur, un cubain aux cheveux noirs gominés et aux avant-bras couverts de tatouages.

- Gardez la monnaie, dit-il.

- Merci bien, monsieur. Et j'espère que ça s'arrangera.

- Je vous demande pardon ?

- Votre problème, quel qu'il soit, je souhaite qu'il se règle – cela dit sans vouloir être indiscret bien sûr, mais s'il s'agit d'une histoire de coeur, bon courage ! Dix ans que j'essaie de me rabibocher avec ma Louisa. Il y a des jours où je me dis que j'ai plus de chance de gagner au loto, ou de voir Fidel Castro démissionner.

Draco eut un sourire crispé. Il salua le Cubain, agrippa la poignée et descendit.

Il était un peu plus de midi, et il faisait une chaleur étouffante sur Philadelphie. C'était la première fois qu'il mettait les pieds dans cette ville, l'une des plus ancienne es Etats-Unis, aussi célèbre pour son père fondateur, le quaker William Penn, que pour son équipe de football les Eagles. Mais c'est à peine si il avait vu défiler les rues depuis l'aéroport, trop préoccupé par ce que lui réservait sa confrontation avec Harry.

Devant le perron du 1054, il hésita un instant, conscient que sa présence ici, outre qu'elle était inopinée, était peut être aussi indésirable. Mais il n'avait pas fait tout ce chemin pour tourner les talons à deux mètres du but. Cette situation n'était sans doute qu'un stupide malentendu, et il ne supportait pas l'idée que Harry pût croire le contraire une heure de plus.

Un gosse passa devant lui en skateboard, manquant lui rouler sur les pieds. Il inspira profondément, avant de se décider à grimper les marches. Parvenu en haut du perron, il sonna et attendit.

Une grande femme rousse en robe chemisier émeraude assortie à ses yeux lui ouvrit. Son visage exprimait une grande douceur et elle souriait.

- Oui ? dit-elle.

- Je m'appelle Draco Malfoy, madame… Etes-vous madame Potter ?

- C'est moi. Qui êtes-vous ?

- Je suis un ami de votre fils, Harry. Un ami de New York.

- Oh, j'imagine qu'il en compte beaucoup là-bas, mais… vous êtes le premier qui vient le voir ici.

Elle le toisa un instant, sans se départir de son sourire, et dit :

- Entrez. Il est dans le jardin, je crois. Je vais le prévenir.

Draco pénétra dans l'étroit couloir en piétinant et murmura un « merci » de petit garçon.

Harry taillait un lilas de Californie envahissant dans le fond du jardin quand son œil fut attiré vers la terrasse de la maison. Il vit sa mère qui lui faisait signe en agitant le bras.

- Tu as de la visite, s'écria Lily Potter.

De la visite ? Mais qu'est-ce que ?...

Il referma son sécateur, s'essuya le front du revers de la main et, relevant les yeux, il le vit.

Oh, Seigneur…

Draco se tenait sur la terrasse, plissant les yeux dans l'éblouissement estival. Il portait une veste pantalon en lin beige froissés, mais qui n'ôtaient rien à sa distinction naturelle. Harry le trouva superbe, comme d'habitude, quoique l'air singulièrement embarrassé.

Le plus étrange, c'était sa présence ici, chez ses parents. C'était comme si sa vie à New York et toute son enfance et son adolescence venaient de se télescoper. Il en éprouva un instant de vertige. Que faisait-il là ? Oh, Hermione, Hermione…

- Bonjour, lui dit-il en tripotant le sécateur couvert de sève.

- Bonjour. Je… je tenais à venir te voir. Je t'ai attendu à Washington. Je n'ai pas compris, je… j'aimerais que tu me donnes au moins une explication.

Levant les yeux vers l'étage, Harry surprit sa sœur à la fenêtre. Elle souriait benoîtement, ravie d'assister à la scène. Harry lui jeta un regard noir, et la jeune femme referma la fenêtre d'un air dépité de petite fille à qui on a dit de ranger immédiatement sa chambre.

- Il n'y a pas grand-chose à dire, répondit Harry sans cesser de tripoter nerveusement le sécateur. Je voulais prendre un peu de distance, c'est tout.

- Très bien, mais j'aimerais comprendre. Tout allait à merveille entre nous hier matin encore, et brusquement…

- J'ai croisé Duo hier matin à l'Atelier, dit Harry. Il t'attendait.

- Duo ? Duo Maxwell ?

- Oui. Visiblement, vous aviez rendez-vous.

- Quoi ? Ne me dis pas que tu as cru que Duo Maxwell et moi, on ?...

- Tu vas m'expliquer que c'est un malentendu, c'est ça ? qu'il venait poser pour toi ? Comme tout ses potes que j'ai vu défiler à l'Atelier ?

- Non, il ne venait pas « poser », comme tu dis. Duo Maxwell est infirmier.

- Oui, et moi je suis candidat aux élections présidentielles.

- Ecoute, je te demande pardon. J'aurais dû t'expliquer tout cela plus tôt. Hermione est au courant depuis quelque temps. Mais j'ai dû faire mystère de ces rendez-vous à l'Atelier parce que je craignais que la Fondation décide de ne pas miser sur moi… pour des questions d'assurance.

- Qu'est-ce que la Fondation vient faire là-dedans ? Qu'est-ce c'est que ces histoires d'assurance ?

- D'accord. En deux mots, je suis diabétique. Je fais ce que l'on appelle du diabète de type I ; autrement dit, je suis insulino-dépendant, expliqua Draco. En langage clair, j'ai besoin régulièrement d'injections d'insuline. Rien de très grave, c'est parfois un peu contraignant, voilà tout. D'où les infirmiers que tu as vu passer régulièrement à l'Atelier.

Voyant qu'Harry le fixait en silence, il ajouta :

- Est-ce que tu crois sincèrement que je pourrais inventer une histoire pareille ?

Harry se souvint brusquement de son petit laïus, ce soir-là, dans la cuisine, sur le fait de « régulariser sa glycémie », et de son explication des mécanismes métaboliques liés à la consommation du sucre.

Il prolongea quelques secondes encore son silence, puis :

- Non, je ne crois pas, reconnut-il d'un air penaud. Je… je suis désolé.

De soulagement, Draco s'éclaircit la gorge.

- Tant mieux. Parce que je n'ai pas quitté des yeux ton sécateur, rigola-t-il, et je n'étais pas particulièrement tranquille.

Harry mit ses mains dans le dos pour faire disparaître l'objet, et se mit à rire doucement. Il sentit une larme perler, qu'il neutralisa d'un battement de cils.

- J'ai été idiot, pardonne-moi, souffla-t-il en osant enfin affronter le regard de Draco.

Il fit un pas vers lui et se blottit tout contre son torse. Draco le prit dans ses bras.

- Je t'aime, dit Harry d'une voix suffoquée.

- Je t'aime aussi, dit Draco.

- Dire que j'ai osé manquer ton expo ! Tu n'imagines pas à quel point je m'en veux.

- Tu auras l'occasion de revoir ces peintures. Des portraits de chanteurs de rap, exclusivement. Je les ai peints pour toi. La plupart étaient présents hier à la galerie.

- Non !

- Si. Il y avait là Missy Nelly, Chuck Ol'Dirty, Foxy Z, et j'en passe.

- Je suis le dernier des idiots.

- Non, sûrement pas. Je crois que j'aurais réagi de la même manière que toi.

Harry se blottit contre lui, enfouit son visage dans le creux de son cou et se perdit dans son délicieux parfum boisé.

- Je t'aime, murmura-t-il encore.

Draco s'écarta quelque peu, lui saisit le menton et l'embrassa à pleine bouche. Harry se perdit dans ce baiser. Dieu que cela lui avait manqué ! Dire qu'il avait failli tout gâcher pour un stupide malentendu ! Il se jura solennellement que cela ne se reproduirait plus. Au moindre problème, il parlerait à Draco et tout s'arrangerait.

Ils furent interrompu par l'arrivée de James Potter sur la terrasse. Harry prit doucement Draco par la main, le fit pivoter sur ses talons et lui dit :

- Je te présente mon père, James.

Draco tendit chaleureusement la main au portrait craché d'Harry avec quelques années de plus et des yeux bleu lagon au lieu de vert émeraude, qui lui rendit son salut en souriant.

- Papa, voici Draco. Je suis certain que vous allez merveilleusement vous entendre.

Et tout trois regagnèrent la maison.

FIN


Et voilà ! FINI ! Vous avez enfin la réponse à toute vos questions ! Alors qu'en avez-vous pensé ? J'espère que ça vous a plu. En tout cas j'ai adoré l'écrire. Je vous remercie encore d'avoir lu jusque là et vous fait pleins de bisous.
Maintenant je vous donne rendez-vous sur ma nouvelle fic, "Passion à travers le temps" qui se passe en Ecosse. Et c'est toujours un Harry/Draco mais cette fois Harry est un superbe Highlander du XVIe siècle, MIAM ! Alors venez lire please et me donner votre avis !

Bisous

lapetiteallemande