REGINA
Robin semblait incroyablement bien comprendre son interlocutrice. Lui aussi savait ce que c'était que de ne pouvoir se débarrasser d'une réputation, certes méritée, que Regina possédait encore auprès des nouveaux arrivants. Elle avait été ravie d'entendre qu'il comprenait la loi locale qui proscrivait le port d'une arme, et qu'il en toucherait mot à ses hommes. C'était parfait. Mais la conversation fut interrompue par le retour des assaillants qui semblaient cette fois décidés, non seulement à tuer l'ancienne méchante reine, mais à punir l'archer qui avait été si gentiment son protecteur. Après que ce dernier n'ait été blessé, madame le maire mit fin au combat en disparaissant avec Robin dans un nuage de fumée violette, rappelant ainsi aux attaquants qu'elle était toujours détentrice de cette magie puissante qui, de ce fait, faisait d'eux des inconscients suicidaires. A présent téléportés tous deux dans le salon de la maison de Regina, Robin semblait déboussolé. Elle leva les mains vers lui pour le rassurer. -Allons, calmez-vous, nous sommes chez moi. Vous ne risquez plus rien. Elle laissa ensuite seul un court instant pour aller chercher de quoi désinfecter la plaie. Lorsqu'elle revint, elle sourit en le voyant s'extasier devant l'incroyable ressemblance de la « peinture ». -Il s'agit d'une photographie, c'est pour cela que la ressemblance est plus grande qu'avec une peinture, c'est parce que l'image est saisie et reportée sur du papier. Je vous montrerai à quoi ressemble un appareil photo, si vous voulez. Puis, la belle brune, après avoir aidé l'archer à se défaire des tissus qui camouflaient sa blessure, imbiba une compresse de produit. Robin sembla s'inquiéter de ce qu'elle s'apprêtait à faire. -Ne vous inquiétez pas, je vais simplement nettoyer la blessure pour éviter qu'elle ne s'infecte. Regina s'affairait consciencieusement à désinfecter la plaie, ayant beaucoup de mal à ne pas garder ses iris rivés sur son beau blessé. La situation était totalement incroyable, voire incongrue. En mec qui se respecte, Robin avait protesté à l'intention de l'ancienne reine de le soigner, et cela l'avait faite sourire quand elle s'était éclipsée pour aller chercher la trousse de premiers soins. Ses mains, à présent dégantées, étaient précises et avaient presque fini leur œuvre. Il déclara qu'il en fallait plus pour lui faire peur. Elle sourit et n'hésita plus à le regarder dans les yeux. -J'ai cru remarquer cela. Vous avez été très courageux.
La maire de Storybrooke avait un peu de mal quand il s'agissait d'être aimable et complimenter quelqu'un. La seule personne avec qui elle avait l'habitude de le faire était Henry. Et elle n'allait surement pas le féliciter comme un enfant de huit ans… Robin était tout simplement désarmant de surprise : malgré la situation qui devait être bien désagréable pour lui, il arrivait encore à la complimenter, ce qui fit quasiment rougir Regina en même temps qu'un rire, qui visait d'avantage à masquer sa timidité, émanait de sa gorge. -Avez-vous toujours été un éternel flatteur ? Regina déposa la compresse souillée dans la trousse. La plaie de saignait plus, c'était déjà une bonne chose. Un sourire de satisfaction orna les lèvres roses de l'ancienne méchante reine qui attrapa un lot de pansements à strap. -La bonne nouvelle, c'est que la plaie n'est pas assez profonde pour nécessiter des points. Reportant à nouveau sa concentration sur la blessure dont elle s'occupait, madame le maire retira les emballages des pansements et les appliqua un par un le long de la petite ouverture dans la chair de Robin. Tout en terminant de fixer par-dessus tout le cela une compresse stérile, elle contemplait cette déchirure infligée dans l'épaule de l'ancien voleur, elle songeait qu'il aurait une cicatrice par sa faute, parce qu'elle avait voulu bien faire et qu'elle avait foiré en beauté. Elle commençait à se dire qu'elle n'arriverait pas à changer. Elle repensait aux paroles des assaillants, et peu à peu son sourire s'effaçait. Henry serait tellement déçu si elle baissait les bras, mais atteindre le but fixé semblait si difficile, la lumière au bout du chemin semblait si loin, presqu'impossible à atteindre. Il fallait qu'elle arrête de penser à tout cela, car ses émotions menaçaient de gagner la surface, et ce n'était absolument pas le moment de se laisser aller, pas devant ce presqu'inconnu. Et il fallait avouer qu'elle n'avait pas du tout envie de se montrer faible. Déjà qu'il avait jugé nécessaire de lui venir en aide, alors que clairement elle aurait très bien pu se débrouiller seule. Du moins, c'était ce dont elle essayait de se persuader. Bref, malgré les paroles réconfortantes de l'ancien voleur de Sherwood, Regina avait beaucoup de mal à ne pas culpabiliser quant à l'issue des événements. Un innocent avait été blessé en voulant l'aider, la protéger ! Depuis quand personne n'avait voulu aider ou protéger Regina de son plein gré ? Cet homme l'avait fait, cet homme magnifique et courageux, avait fait abstraction du danger pour prendre la défense de la méchante reine, et tout ce qu'il avait récolté, ce n'était qu'une vilaine blessure à l'épaule.
Alors qu'elle luttait contre cet affreux sentiment, Robin parvint encore à la faire sourire, et même rire. Il n'avait pas tort, elle lui devait bien plus qu'un « merci », c'était l'évidence-même. Un diner ou un verre ? Mais il était clair que c'était la moindre des choses ! -Oh, oui bien entendu… C'est le moins que je puisse faire, bredouilla-t-elle avait un sourire qui avait de nouveau gagné ses lèvres. Vous n'aurez qu'à me donner vos disponibilités… A présent que les soins avaient été prodigués, Regina se redressa, lissa machinalement les pans de sa jupe et regarda Robin. Il se faisait tard, elle n'allait pas le laisser rentrer chez lui tout seul alors que les agresseurs étaient encore en liberté. -Vous passerez la nuit ici, c'est plus prudent. On en sait jamais, ils sont peut-être toujours dehors… J'ai une chambre d'amis des plus confortables. Je peux vous offrir quelque chose à boire ? Bien entendu, ça ne comptera pas comme le verre que je vous dois, dit-elle avec un sourire amusé. En attendant sa réponse, elle rangea tout ce qui trainait dans la petite trousse qu'elle déposa sur le guéridon qui avait déjà accueilli la dague qui avait blessé Robin. -Je reviens, annonça-t-elle en emportant aussi la dague qu'elle avait prise avec une autre compresse. Elle alla dans son bureau pour déposer la pièce à conviction sur son bureau. En revenant en direction du salon, elle prit son téléphone sans la poche de son manteau et envoya un sms à Emma, pour la prévenir qu'elle aurait du travail. La maitresse de maison rejoint alors le salon, non sans avoir attrapé une bouteille d'un excellent Whisky. -Alors, partant pour un petit verre ? Il fallait bien admettre qu'après une telle aventure, un petit remontant n'était pas de trop. Regina vint s'asseoir sur le fauteuil situé juste à côté du canapé, posa la bouteille sur la table basse, et attrapa deux verres en cristal dans un petit tiroir de ladite table. Elle ne tarda pas à déboucher le contenant du liquide ambré qui dégageait à présent une agréable odeur.
