Avant l'Aurore

Traduction par Del Naja

Disclamer : Personnages et lieux à JK Rowling, l'histoire est celle de Snarkyroxy, je ne fais que la traduction.

Le petit mot de moi : Je tiens tout d'abord à vous remercier pour vos si gentilles reviews, vos encouragements m'ont été très nécessaires, je déménage et la je cherche des apparts donc c'est pas facile, plus le boulot à côté c'est pas trop la joie… De plus je n'ai pas répondu à tout le monde pour les reviews car j'ai eut des pépins avec foufounepasnette, rien de bien grave c'est juste que quand je cliquais sur les liens pour faire mes RARs mon serveur internet se déconnectait… Ma foi je cherche plus à comprendre, maintenant c'est revenu à la normale.

Enfin ça s'était "à la normale" pour mercredi eh oui parce que bien sûr quand j'ai voulu updater ce chapitre jeudi après-midi, je n'ai pas pu, foufoune avait des gros bugs, que ça soit de chez moi, de la fac, ou bien du boulot, rien ne marchait ça me mettait une "fucking" d'erreur avec mon doc, impossible de télécharger le chapitre... GGGRRR! Mais le principal c'est que oh miracle j'ai eut une petite lucarne pour me faufiler et réussir à charger ce chapitre, donc au lieu de jeudi ben c'est pour samedi, désolée éè...

Voici le chapitre tant attendu, il est plus long que les autres donc j'espère qu'il vous plaira, le onze est d'ors et déjà traduit mais pas tapé, il n'attends plus que mes petits doigts de fée !

Bonne lecture !

Chapitre dix : Résolutions

L'infirmerie était déserte quand Hermione passa doucement la double porte. En inspectant de plus près, elle trouva Madame Pomfresh dans son bureau faisant l'inventaire du placard des potions médicales, un parchemin et une plume flottaient dans les airs à côté d'elle, enregistrant les indications qu'elle murmurait.

Hermione frappa légèrement sur le montant en bois de la porte et la Médicomage, sans voir la Préfète-en-chef, lui signala en silence d'attendre un moment. Elle finit de cataloguer les dernières bouteilles du placard, avec sa baguette elle tapota sur le parchemin mouvant en murmurant « finite tabula ». La plume et le parchemin tombèrent inanimés sur son bureau, elle se tourna vers Hermione.

« Oui, miss Granger » dit-elle brusquement. « Que puis-je faire pour vous ? »

« Il me semble que je me suis blessée à l'épaule, » dit Hermione en grimaçant. « Je crois que j'ai du porter trop de livres dans mon sac ».

La Médicomage signifia sa désapprobation, puis poussa Hermione hors de son bureau, la dirigea vers le lit le plus proche et enfin, tira le rideau pour les isoler de la porte. Prenant le bras d'Hermione avec douceur dans sa main, elle le fit bouger de la même manière que Rogue l'avait fait plus tôt et arriva à la même conclusion.

« C'est juste une entorse, ma chère » dit-elle. « Ca guérira facilement ».

Hermione ne bougeait pas.

« Et bien, allez miss Granger ! » s'exclamât-elle avec impatience. « Enlevez ça. Vous ne croyez tout de même pas que j'allais vous soigner avec toutes ces couches de vêtements ? »

Hermione rougit, réalisant pourquoi Rogue semblait vaguement mal à l'aise lorsqu'elle lui avait demandé de faire la démonstration du sortilège sur elle. Elle quitta sa cape, son gilet de laine et avec l'aide de la Médicomage réussit à extraire son bras douloureux de la manche de sa chemise.

Avec intérêt, Hermione regarda la Médicomage sortir sa baguette, mais au lieu de la poser directement sur son épaule, Madame Pomfresh plaça le bout de sa baguette sur sa propre main, posée sur l'épaule d'Hermione, et prononça l'incantation « curare tenderè » enfin elle intervertit ses mains et répéta le sort.

« Tournez-vous » indiqua la Médicomage, un instant plus tard, Hermione sentit des mains osseuses qui massaient avec soin l'articulation de son épaule. Elle était surprise de sentir la douleur de ses muscles disparaître à chaque passage des mains froides de l'infirmière.

« C'est un sortilège peu ordinaire » commenta t-elle. « Je n'ai jamais entendu parler d'un sort où la magie est pointée aussi bien sur celui qui lance le sort que le receveur ».

« C'est souvent le cas avec le moindre sortilège de Guérison » lui dit Madame Pomfresh, en tendant son bras et en le tordant dans diverses directions. Satisfaite qu'il n'y ait plus de douleur, elle aida Hermione à remettre sa chemise, pendant qu'elle continuait son explication. « C'est bien plus agréable pour le patient d'être soigné par une main plutôt que par une dure baguette. Cette année, vous apprendrez plusieurs sortilèges de ce type, bien que cela demande beaucoup de la part du guérisseur. Le charme que j'ai lancé fait appel directement à la magie du jeteur de sort, à travers ses mains un très grand niveau de concentration est demandé afin de canaliser le flux magique ailleurs que dans une baguette ».

Hermione était fascinée. « J'approfondirais beaucoup afin de le tester », dit-elle. « Je suis désolée de manquer le reste de votre classe sur les Potions Médicales, qui doit sûrement aussi être très intéressante. Est-ce que le professeur Dumbledore vous a parlé du nouvel arrangement ? »

« Il l'a fait », répondit la Médicomage en retournant à toute vitesse dans son bureau. « J'aurais du dire que c'est une honte pour vous de perdre la moitié de mon cours, cependant je ne doute pas de vos capacités à accomplir vos autres assignations. Le professeur Rogue m'a toujours fourni des potions exemplaires et j'ai toute confiance en vous pour en faire de même ».

Hermione la suivit à travers l'autre pièce encombrée, et Madame Pomfresh lui tendit le rouleau qu'elle avait ensorcelé tout à l'heure afin de cataloguer le placard.

« Qu'est-ce que c'est ? »

« Un inventaire des besoins en potions médicales courantes », répliqua Madame Pomfresh. « Le stock actuel est inscrit d'un côté et de l'autre ce sont les estimations des besoins sur les six mois à venir, calculées selon les dates et les usages des six mois précédents pour lesquels j'ai eu besoin d'un renouvellement des potions périssables ».

Hermione déroula et porta son regard sur la liste. Elle était énorme.

« Waow », murmura t-elle, « je ne m'étais jamais doutée que l'école avait besoin de tout cela. Est-ce le professeur Rogue qui les prépare toutes ? »

« Oui, en effet », affirma Madame Pomfresh. « C'est un coup de chance que Dumbledore a engagé un maître des Potions qui veuille bien toujours faire les tâches contraignantes plutôt que de les déléguer à des apprentis. Commander tout cela par hiboux postaux avait été un cauchemar absolu ».

« Le professeur précédent ne les faisait pas ? » demanda Hermione avec intérêt. Il lui semblait absurde d'avoir à commander des potions en dehors d'une école qui enseignait l'art de la préparation des potions.

« Non », répondit-elle. « Ce vieux tout pompeux était catégorique sur le fait que tout son temps libre en dehors des cours devait être consacré uniquement à ses recherches, ce qui je peux vous dire, n'en valait pas tous ces ennuis. Alors que sans abandonner ses aboutissements dans son domaine, le jeune professeur Rogue avait réussit à réapprovisionner le stock de mon infirmerie et cela dure depuis vingt ans ».

Hermione n'avait jamais réfléchit aux recherches de ses professeurs et à leurs aboutissements, alors que dorénavant elle pensait qu'il était naïf de croire que leurs contributions dans leurs domaines spécifiques s'arrêtaient à la salle de classe. Elle savait pour avoir discuté avec sa Directrice de Maison que le professeur de Métamorphose avait eut un rôle significatif dans l'introduction des nouvelles lois sur les Animagi ainsi que dans l'élaboration de sortilèges de détection afin de se prémunir contre la présence de sorciers ou sorcières déguisés ou dissimulés. Cela tombait sous le sens que Rogue, seul pleinement qualifié dans les potions en tant que maître parmi tous les professeurs, avait fait sa contribution dans son domaine de recherche. Elle se fit une note mentale afin de le lui demander, si mardi il était d'humeur à discuter, et s'il ne l'était pas, elle ferait ses propres recherches à la bibliothèque.

La Médicomage parlait encore. « Bien que je sois forcée à le reconnaître, je suis ravie qu'il se soit enfin décidé à prendre une apprentie. Je ne pense pas qu'un autre élève aurait pu mieux convenir au poste que vous ».

« Oh, euh…je ne suis pas une apprentie » corrigea Hermione précipitamment. « Plus une assistante je suppose ».

« Appelez cela comme vous voulez, miss Granger », dit la sorcière plus âgée dans un sourire entendu. « Je parie que vous en apprendrez plus avec Severus en une semaine que lors de tous vos cours de Potions. Il n'a pas la patience d'enseigner à ceux qui ne veulent et n'aiment pas apprendre ».

A qui le dites vous ! Hermione sentait le besoin de dire cela à voix haute. Il était frustrant d'enseigner à des élèves qui sont uniquement en classe parce qu'ils y sont obligés. Si les Potions étaient une matière sélective, le professeur prendrait plaisir et fierté à cultiver le talent des étudiants qui ont un désir authentique d'être dans ce cours. Là encore, sa réputation le précède, pensa t-elle. Si les Potions étaient un enseignement à choisir, il n'y aurait probablement pas de classe.Elle ne dit rien de tout cela à la Médicomage. A la place, elle la remercia pour avoir soigné son épaule et fourra la liste dans une des poches de sa robe. Elle informa la Médicomage qu'elle verrait le maître des Potions mardi après-midi et qu'elle voulait commencer le travail pour fournir le stock de l'infirmerie dès que possible.

Maintenant passons au prochain problème, pensa t-elle en quittant l'aile de l'infirmerie. Elle n'avait aucune idée d'où pouvait être Harry, ou bien alors qu'elle était dans le bureau de Rogue, peut-être que Ron et lui s'étaient déjà parlé et avaient résolu la situation.

Elle chercha tout d'abord dans la tour de Gryffondor. Aucun des deux n'y était, mais Neville et Seamus, qui étaient en plein milieu d'une partie d'échecs, étaient là plus tôt lorsque Harry monta tel une tornade dans le dortoir des garçons et en ressortit toujours aussi brusquement, le balai à la main.

Elle sortit et se dirigea vers le terrain de Quidditch désert, plissant les yeux sur une silhouette solitaire qui volait au dessus du sol en faisait des cercles. Elle monta sur la rangée la plus élevée des tribunes, s'assit et regarda pendant un moment, jusqu'à ce que Harry la remarque et redescende vers elle, désenfourchant avec facilité son Eclair de Feu alors que la queue effleurait les sièges.

Il s'assit à côté d'elle et tous deux se regardèrent pendant un moment avant qu'elle ne parle.

« Il ne voulait pas dire ça, tu sais ».

« Oh, j'y suis » dit Harry sarcastiquement. « Tu lui as déjà parlé et maintenant il t'envoie ici pour faire la paix à sa place ».

« Non » dit Hermione fermement. « Je n'ai pas parlé à Ron. Après que tu aies quitté la Grande Salle, je lui ai dit qu'il n'avait pas à me parler jusqu'à ce qu'il se soit excusé auprès de toi avant ».

« Quoi ! Tu penses que tout ira mieux avec des excuses ? » cracha t-il amèrement. « Ce n'est pas la première fois qu'il dit quelque chose comme ça et tu peux être sûre que ça ne sera pas la dernière ».

Les gens de l'extérieur qui ne connaissent pas Harry, le voient en tant que le Garçon–qui-a-survecu, un jeune homme ayant confiance en lui, étant un talentueux joueur de Quidditch, cependant Hermione savait à quel point il avait si peu confiance en lui, surtout ces derniers temps. Depuis la mort de Sirius dix huit mois plus tôt, Harry avait été hésitant à faire confiance à ses propres intuitions ou à s'appuyer sur ses capacités et compétences en tant que sorcier. Sa trop grande confiance en lui avait coûté la vie à son parrain et il ne voulait pas échouer encore et perdre un de ses amis.

Le commentaire de Ron l'aurait blessé à n'importe quelle période, mais maintenant, alors que Harry avait déjà si peu confiance en lui, c'était comme un coup de poignard dans le dos de la part d'une des deux personnes qui avaient toujours cru en lui et l'avaient toujours soutenu et été près de lui quoi qu'il arrive.

Hermione soupira, cherchant les mots appropriés. « Ron juste… il a dit cela dans la colère du moment. Il ne pensait pas ce qu'il a dit avant d'avoir ouvert la bouche… et je sais que ce n'est pas une excuse », ajouta t-elle rapidement en voyant que Harry avait ouvert la bouche pour répliquer. « C'est seulement qu'il ne se rend pas compte de combien ses paroles peuvent affecter les autres. Il a été direct avec moi, il n'a pas voulu t'insulter ».

« Je sais cela », dit Harry avec calme. « Je… euh… J'ai le sentiment que parfois il est jaloux que je sois celui accapare toute l'attention, que je sois celui qui doit défaire Voldemort ou bien celui qui deviendra un martyr mort… »

« Ne dis pas ça ».

« Je suis celui qui est supposé sauver tout ce putain de monde, » dit-il presque hystérique. « Il ne se rend pas compte que je déteste tout ça. Je déteste être le centre de l'attention, je porte toutes ces attentes sur mes épaules. Quelques fois je me sens comme si je voulais laisser tout tomber, disparaître au milieu de la nuit et ne jamais revenir…mais je ne peux pas, parce que la prophétie dit que c'est moi qui doit jeter le sortilège final ».

Harry craqua et ses mains courrèrent à travers ses cheveux avant de se tourner vers Hermione.

« Et que se passerait-il s'il a raison, Hermione ? » dit-il, ses yeux verts l'imploraient de répondre. « Que se passerait-il si je ne peux pas le vaincre ? Que se passerait-il si Voldemort gagne ? »

« Il ne gagnera pas », dit-elle fermement. « Ron était juste un idiot quand il a dit ça ».

« Mais il n'est pas le seul à le dire », répondit Harry. « J'ai vu comment les gens me dévisagent quand ils pensent que je ne les vois pas. J'ai entendu les membres de l'Ordre parler de moi durant tout l'été, à propos de si je pouvais le vaincre ou non. Et tu sais ce qu'ils ont dit, ce que Dumbledore a dit ? »

Hermione baissa la tête en signe de négation.

« "Il doit le faire". Pas "il le fera"ou "il peut". Si Dumbledore ne pense pas que je puisse le faire, comment pourrais-je y croire moi-même ?»

Le cœur d'Hermione alla directement envers son ami, et elle chercha dans les moindres recoins de son esprit les mots pour le réconforter et le rassurer. Elle aussi avait les mêmes doutes après les deux dernières confrontations que Harry avait eues avec Voldemort. Cependant, elle avait réussit à dépasser cette peur et cette incertitude et cet instant n'était pas le bon pour lui confier ses inquiétudes. Maintenant était le temps pour elle de lui démontrer sa foi, si aveugle qu'elle puisse être.

« Harry » dit-elle se tournant vers lui et en prenant dans sa main celle de son ami couverte par un gant de Quidditch. « Je ne pense pas que ce soit un manque de foi en toi et en tes capacités. Je crois qu'après la première chute de Voldemort et ensuite avec son retour, les gens ont peur d'espérer, ils se préparent pour le pire. Ce n'est pas qu'ils ne croient pas en toi, c'est juste qu'ils ne veulent pas oser penser que tu réussira ».

Harry acquiesça de la tête, mais elle pouvait voir qu'il n'était pas totalement convaincu.

« As-tu parlé de cela à quelqu'un ? » demanda t-elle gentiment. « Dumbledore ? Je suis sûre qu'il serait très bouleversé de voir combien tu as mal interprété ses paroles ».

Harry se moqua avec ironie. « Comment peut-on ne pas mal interpréter ce qu'il a dit ? Il ne parle qu'avec des devinettes et des demies vérités ».

Hermione se mordit la lèvre. Elle savait que Harry n'avait jamais entièrement pardonné à Dumbledore pour toutes les informations qu'il avait cachées au jeune homme jusqu'à la fin de leur cinquième année, brisant seulement son silence lorsque cela avait coûté une vie. Ensuite cependant, ils avaient passé beaucoup de temps ensemble. Harry avait souvent été vu en train de rentrer dans bureau du Directeur pour des leçons particulières ou lors des heures libres entre les cours. Elle pensa que cela avait arrangé la situation entre les deux hommes, elle fit part de son avis à son ami.

« Difficilement », dédaigna Harry. « Comment puis-je avoir confiance en tout ce qu'il m'enseigne alors que même maintenant, il ne m'a jamais dit toute la vérité. Je me sens simplement comme étant manipulé pour faire exactement ce qu'il veut se moquant de ce que moi je ressens ».

« Tu n'es pas le seul », murmura Hermione, en pensant à elle et à Rogue. Ils ont certainement été manipulés, bien qu'elle pensait que c'était pour le meilleur.

« Quoi ? »

« Oh, ces trucs que je dois faire avec le professeur Rogue », expliqua t-elle. « C'est l'idée de Dumbledore de nous faire travailler ensemble… ou ses ordres, devrais-je dire ».

« T'as t-il dit pourquoi vous devez travailler ensemble ? »

Elle fit non de la tête.

« Tu vois ! » s'exclama Harry. « C'est exactement ce que je veux dire. C'est comme si nous n'étions que des pions sur son échiquier et que lui seul connaît le prochain mouvement. Ce n'est pas juste. Il attend seulement de moi de combattre au moment voulu, sans savoir comment ou bien pourquoi je dois le faire ».

« Je pense vraiment que tu devrais discuter de cela avec lui, Harry », dit Hermione avec gravité. « Vous êtes les deux personnes les plus importantes dans cette guerre et vous ne pouvez pas œuvrer ensemble sans avoir pleinement confiance l'un dans l'autre. Dis lui simplement comment tu te sens. Il comprendra ».

« Je ne compte pas trop là-dessus. » murmura Harry sombrement.

« Juste, essaye », insista t-elle, « et si ça ne marche pas… peut-être pourrais-tu aller voir quelqu'un d'autre ».

« Qui ? »

« Le professeur Rogue », suggéra t-elle calmement.

« Désolé Hermione », dit-il. « Ce n'est pas parce que pour toi ça se passe mieux avec Rogue que cela signifie que j'ai soudainement décidé de l'apprécier. En ce qui me concerne, il reste un sale type ».

« Je ne te demande pas de l'apprécier » assure t-elle à son ami. « Je, seulement… vous avez plus en commun que ce que tu penses. Il sait comment ça fait d'être manipulé par Dumbledore. Tu peux lui faire confiance ».

« Je peux ? » dit Harry sarcastique. « C'est encore un point que Dumbledore ne veut pas me dire ; pourquoi il sait sans aucun doute et de façon absolue que Rogue est de notre côté. Si je connaissais tous les faits, peut-être que je pourrais avoir moi-même confiance en ce connard ».

Hermione n'était pas prête de divulguer pourquoi elle savait où se situait la loyauté de Rogue, ou bien pourquoi Dumbledore lui avait dit de garder encore un temps cette information secrète envers son ami.

« Harry, as-tu confiance en moi ? »

Il la regarda étonnée. « Bien sûr que oui ! »

« Alors crois moi quand je dis que Rogue est sincèrement de notre côté », implora t-elle.

« Ne me demande pas pourquoi, ou comment je le sais. Fais le simplement. Si Dumbledore ne veut pas t'écouter, alors parle au professeur Rogue. Tu n'as pas besoin de l'apprécier, je sais qu'il ne t'aime pas ». dit-elle avec un léger sourire que Harry lui rendit, « mais tu peux avoir confiance en lui, ok ? »

« Mouais » dit Harry. « J'y penserai. Merci de m'avoir écouté. Je crois que j'avais surtout besoin de quelqu'un pour m'écouter pendant que j'évacuais la pression ».

« Quand tu veux », dit-elle en pressant ses mains encore un fois.

Tous deux restèrent assis en silence, regardant à l'horizon le dernier fragile rayon de soleil de l'hiver être capturé par un banc de nuages. Elle frissonna, souhaitant elle aussi pouvoir porter des gants.

« Viens », dit-elle en se levant. « Rentrons et allons parler à Ron ».

Harry se renfrogna et dit « laisse le venir me parler. C'est lui qui a commencé ».

Hermione éclata presque de rire devant le ton de Harry. Il sonnait comme un enfant irascible. « Ne sois pas si mesquin », le sermonna t-elle. « Il doit probablement avoir peur de venir vers toi au cas où tu lui jetterais un mauvais sort ».

Devant le visage quelque peu décomposé de Harry, elle rajouta, « je plaisantais ».

«De toute façon, pas besoin d'aller à l'intérieur », soupira Harry en montrant du doigt le terrain en dessous d'eux. Elle distingua difficilement à travers un épais nuage de poussière la figure solitaire de Ron qui levait avec hésitation son regard sur leurs places dans les tribunes.

« Descendons » dit-elle en tirant derrière elle un Harry rechignant.

Ils rencontrèrent Ron à mi-chemin dans l'obscurité des tribunes, il trépignait d'hésitation comme s'il essayait de jauger les réactions de ses amis. Harry s'appuya brutalement sur un des poteaux en bois à coté de l'entrée des vestiaires et Hermione et Ron le suivirent.

« Regarde ce que- »

« Harry je- »

Allons- »

Tous les trois craquèrent et rirent nerveusement.

« Laissez-moi parler en premier » dit Ron, Harry s'assit en feignant le désintérêt.

« Il n'y a aucune excuse pour ce que j'ai dit au déjeuner, mais je suis sincèrement désolé. J'ai été odieux avec toi, Hermione en faisant cela, ça t'as blessée indirectement mais autant que Harry ».

« Oui, tu l'as fait », dit Harry rudement. Ron était abattu.

« Je devine que c'est à cause du fait que je me sente inutile », continuait-il, « et être vexant est mon seul moyen de faire avec ».

« C'est un peu facile », murmura Hermione.

« Je sais », Ron avait répliqué immédiatement. « C'est juste… tout le monde semble faire quelque chose dans cette guerre. Tout le monde sauf moi. Maman et Papa et mes frères font tous partie de l'Ordre, Harry est la pierre angulaire de la stratégie entière et Hermione, je ne sais pas ce que tu fais avec Rogue, mais je ne peux pas imaginer que cela n'a aucun rapport avec la guerre, n'est-ce pas ? »

Hermione approuva de la tête.

« De plus, personne ne peut me dire ce qu'il est en train de faire », dit-il avec amertume. « Je me sens comme si on me gardait dans le noir et à cause de ça je ne peux rien faire pour aider ».

« Donc tu préférerais avoir un rôle plus important dans la guerre ? » demanda Harry doucement. « Tu préférerais être celui qui doit faire exploser Voldemort ou se faire tuer ? »

« Non ! » dit Ron horrifié. « Ce n'est pas ce que je voulais dire Harry et tu le sais. Je ne suis pas envieux de ce que tu as à accomplir. Je ne voudrais pour rien au monde être dans tes baskets. Je veux juste être capable de t'aider le moment venu et en ce moment même je ne m'en sens pas capable justement parce qu'on me laisse dans l'ignorance».

« Tu veux aider mais tu ne sembles pas exactement être intéressé par quoi que ce soit de sérieux », dit Harry exaspéré. « C'est toujours Quidditch par-ci, Quidditch par-là. J'aime ce sport aussi mais ces jours-ci, il y a autre chose de plus important ».

« J e ne parle pas de la guerre avec toi, parce que je présume que tu en as marre d'entendre toujours les mêmes choses de la part de tout le monde », répondit Ron. « Je pensais que tu aurais voulu discuter de sujets de la vie normale, oublier la guerre, même si ce n'est que pour quelques minutes le temps d'une discussion sur qui gagnera la Coupe de Quidditch cette année ».

Harry et Ron se regardèrent. Hermione pouvait entendre la sincérité des paroles de Ron et elle savait qu'il n'essayait pas de se faire pardonner de cette manière ses précédentes actions. Il se préoccupait de Harry avec authenticité.

Ron se tourna vers elle. «Et 'Mione, je suis réellement navré pour ce que j'ai dit avant, vraiment. J'arrive à peine à vous voir ces jours-ci, les amis, aucun de vous deux », dit-il en regardant alternativement Harry et Hermione, « et j'aimerai profiter des rares instants le plus possible, vous savez ? »

Il les regardait avec bon espoir.

« Je suis désolé moi aussi », dit enfin Harry. « J'ai du te laisser dans l'ignorance, Dumbledore m'a demandé de ne révéler à personne ce qui se passe pendant nos entrevues mais ce n'est pas juste cette année que cela se produit, n'est-ce pas ? »

Hermione et Ron approuvèrent tous deux de la tête, amusés.

« J'imagine que j'aurais dû savoir depuis le temps que laisser les autres dans l'ignorance, ne fait que mettre des vies en danger, et je serais bien stupide de risquer la vie de mes amis en répétant les mêmes erreurs que Dumbledore a commises avec moi. Mais je ne peux pas tout te dire », dit-il en regardant Ron. « Tu comprends, n'est-ce pas ? »

Ron acquiesça d'un signe de tête.

« Mais je te dirai tout ce que je peux… après que tu aies reconnu que les Bombardiers de Brighton sont meilleurs que les Cannons cette saison », finit-il en plaisantant.

Ron ria longuement, secoué de rires par le fait de relâcher enfin toute la tension nerveuse accumulée, c'est alors qu'il se rendit compte que son ami lui avait pardonné. Hermione se mit à rire aussi et tous trois furent entraînés dans un fou rire communicatif.

Ils durent prendre plusieurs minutes afin de s'arrêter de rire, puis Harry se demanda pourquoi ils avaient ri, ce qui les fit repartir de plus belle parce qu'aucun membre du trio ne pouvait se souvenir de la raison.

« Donc, nous sommes toujours amis ? » demanda Hermione, en regardant entre les deux garçons.

« J'espère bien », répondit Ron. « Je promets de ne plus jamais agir comme un sale imbécile ».

Hermione et Harry se moquèrent en riant, ce qui provoqua chez le rouquin une expression contrite emplie d'interrogations.

« Et bien, peut-être pas plus jamais », se corrigea t-il. « Au moins plus jamais envers chacun de vous deux ».

« C'est mieux », dit Harry. « Et je promets de ne plus laisser mes amis dans l'ignorance ».

« Je promets… » commença Hermione. « Hé attendez, je n'ai rien à promettre ! »

« Tu peux promettre de ne jamais plus tricoter un seul chapeau », déclara Harry.

« Oui ! » ria Ron. « Ou de ne plus jamais nous acheter un planning de devoirs ».

« Ou de ne jamais plus lire L'Histoire de Poudlard une énième fois ! »

« Ou de ne jamais plus écrire pour un devoir plus que la longueur demandée ! »

« Ou de ne jamais plus sortir de la bibliothèque plus de quatre livres en même temps ! »

Cette litanie d'un ton bon enfant continua lors du trajet que faisait le trio à travers l'obscurité pour rentrer dans le château, la lune était obstruée par de lourds nuages annonciateurs de neige.

Hermione se sentait soulagée, comme si un lourd poids venait d'être enlevé de ses épaules. Elle détestait se disputer avec ses amis, et lors des mois à venir Harry aurait besoin de tout le soutien que ses amis pourraient lui donner.

Alors qu'ils atteignaient le chemin de graviers qui menait jusqu'à l'entrée principale du château, les lourdes portes de bois s'ouvrirent et un brusque jet de lumière éclaira les environs immédiats.

La grande et sombre silhouette qui avait fait un pas à l'extérieur et avait refermé les portes derrière lui, était instantanément reconnaissable par chacun des trois.

« Chut », dit doucement Hermione en poussant Harry et Ron hors du chemin, les dissimulant derrière un large tronc d'arbre tout proche. « On n'est pas supposés être dehors pendant la nuit ».

Ils restèrent en silence, écoutant les pas du maître des Potions lorsqu'il se rapprocha d'eux puis les dépassa. Hermione risqua un rapide coup d'œil en se penchant de derrière le large tronc et elle vit qu'il portait encore ces lourdes robes de velours.

Ils le regardèrent prendre la branche droite du chemin qui menait à l'entrée principale du portail puis vers Pré-au-Lard.

«Viens 'Mione », murmura Ron en la tirant vers la direction du château.

« Je me demande où est-ce qu'il peut bien sortir ? » se moqua Harry à voix haute.

« Pré-au-Lard, certainement » devina Ron. « Les Trois Balais pour un ou deux derniers verres après le travail ? »

Harry ironisa « Je crois qu'un maître des Potions peut se faire lui-même ses propres derniers verres ».

« C'est vrai », concéda Ron, puis il se moqua méchamment. « Peut-être qu'il a un rencard. Qu'est-ce t'en penses 'Mione ? »

« Il me semble me rappeler que tu avais promis de ne plus être médisant », répliqua Hermione sèchement.

« Oh, allez », dit-il affablement. « C'était juste pour plaisanter ».

Elle lui envoya un regard afin de bien lui faire comprendre qu'elle ne trouvait pas cela amusant, puis ils continuèrent leur montée vers le château, évitant les spéculations à propos de leur professeur.

L'idée que Rogue puisse avoir un rencard était absurde, bien qu'Hermione pensait qu'elle aurait nettement préféré cette pensée à l'endroit qu'elle savait où il devait se rendre se soir.

A suivre…

Note de l'auteur : Je m'excuse pour le manque évident de Rogue dans ce chapitre, mais cela était nécessaire pour le développement de l'intrigue. Je promets de ne jamais plus négliger le maître des Potions durant un chapitre entier, je plaide votre indulgence !

Aussi, veuillez rester indulgents pour mon Latin de Barbare :

Finite Tabula : fin de prise de note

Curare tendere : guérir par les mains.

Note de la Traductrice : quant à moi, et bien je vous remercie de continuer à me lire et d'apprécier toujours autant cette histoire envers laquelle je prends beaucoup de plaisir à vous la traduire. Merci de votre patience, de m'avoir lue et de votre fidélité. Félicitations pour tous ceux qui on eut leurs examens et bon courage pour ceux qui sont encore en attente des résultats ou qui passent les rattrapages ! Merci de votre soutien et de l'affection parfois que vous me témoignez à travers vos reviews, je vous adore !

A ce propos en parlant de reviews, on s'approche du cap fatidique des 100 reviews, donc pour le ou la centième il y aura un petit bonus classé M lol ;-) ...

A bientôt

Del Naja