Bonjour tout le monde :) Voici le nouveau chapitre du tome 3 d'Anthony McKinnon :)


Chapitre 9 : Enterrement, Organisation et Retour

Le surlendemain, le 26 décembre, l'enterrement put enfin avoir lieu. Le corps avait finalement été rendu le 25, en raison d'un problème administratif. Anthony s'était habillé entièrement en noir. Il avait le visage fermé. Il avait suffisamment pleuré quand il avait revu le corps sans vie de Bertus. Désormais, il devait passer à autre chose. Et enterrer son père l'y aiderait.

Pratiquement toute la famille, plus ou moins proche, était présente. Même Eileen Rogue, pour encore quelques temps, et Severus étaient venus. Anthony le leur avait demandé. Il aurait besoin de ses amis, il le savait. Saphir et sa mère étaient bien présentes, avec les parents d'Eiréné. Et Evans.

La rouquine avait été conviée par Marlène et Alice. Et il n'avait certainement pas eu à cœur de refuser cela à ses cousines. S'il faisait venir les amis qu'il avait, elles pouvaient bien inviter les leurs. Il y avait donc toutes les filles de Gryffondor de son année, puisqu'elles formaient un groupe plutôt soudé.

Tout le monde était arrivé le 25 au soir et dormait sur place. Certes il y avait eu plus joyeux comme dîner, mais cela avait été intéressant. Il avait pu bénéficier d'informations apportées par Eiréné. Il avait ensuite pris à part les personnes les plus âgées, dans l'ancien bureau de son père, désormais le sien.

Ariane avait fait apparaître des chaises pour faire asseoir tout le monde, celui étant désormais le Lord McKinnon s'installant dans le fauteuil du maître des lieux. Ce dernier attendit que le silence se fit, ce qui arriva assez vite. Tous, à part sa mère, étaient curieux de la raison pour laquelle il avait décidé de faire cette réunion dans le bureau et non ailleurs. En effet, il était protégé contre les personnes écoutant aux portes et autres sortilèges permettant d'entendre ce qu'il s'y disait.

« Je pense que vous vous demandez toutes et tous pourquoi je vous ai fait réunir ce soir et particulièrement dans le bureau. La raison est assez simple. Bien entendu, ce qui sera dit dans cette pièce ne sortira pas de cette pièce. Et je pense que je mettrais un contrat sur la tête de la personne, ou des personnes, qui nous trahira. »

Il était mortellement sérieux. Il ne comptait pas mettre inutilement la vie d'un certain nombre de personnes en danger.

« Lord Arcturus Black va bientôt changer de camp au Magenmagot et passer chez les neutres. Je pense que certaines personnes parmi en ont déjà entendu parler. »

Il regarda particulièrement les grands-parents de Severus, certainement déjà au courant de part leurs contacts réguliers avec certaines familles soutenant Voldemort, même s'ils étaient normalement neutres.

En effet, leur position était dans la même veine que celle de d'autres familles, non présentes ce soir-là. Ils avaient quitté le camp de Voldemort pour rejoindre celui opposé parce que Tom Jedusor s'en était pris à des sang-purs et à des nobles et que lui-même n'était pas sang-pur ou noble.

« Je sais également que certaines personnes parmi vous ne comptent pas réellement défendre les sang-mêlés et les nés-moldus. Malheureusement pour elles, et celles qui ne sont pas présentes mais qui pensent la même chose, je suis sang-mêlé et la personne qui possède le titre de Lady McKinnon, ma mère, est née-moldue. »

Evidemment, quelques visages tiquèrent légèrement. C'était une version brute, mais parfaitement juste. Et il valait mieux être honnête dès le départ.

« Peu après l'annonce de la mort de mon père, lord Black est venu à Caisteal Maol demander à me parler. Intéressé, j'ai accédé à sa requête. Après tout, je ne risquais rien ici et cela pouvait être intéressant. »

Il patienta quelques secondes, pour capter l'attention pleine et entière de son auditoire.

« Il m'a d'abord demandé que la mort de mon père ne remette pas en cause un accord passé entre nos deux familles. Je l'en ai naturellement assuré, puisque nous sommes une famille de parole. Je pense que vous pouvez deviner ce qu'il peut contenir. Je n'en dirais plus qu'aux membres directs de la famille. »

Bon, il n'y eut aucun surpris. Un revirement des Black était déjà dans toutes les conversations depuis plusieurs mois et cela n'avait rien de choquant que les deux plus grandes familles aient passé un accord en ce sens.

« Il m'a également fait une deuxième proposition, fort intéressante. Il m'a justement fait remarquer que les Mangemorts étaient une organisation très secrète dans le sens où elle était en réalité très peu connue des gens et non-officielle. De même, elle était probablement impossible à infiltrer. »

En réalité, elle avait été infiltrée dans le canon par Severus. Mais c'était différent puisqu'il était devenu agent double après son engagement. Ce n'était pas un plan prévu à l'origine. Par conséquent, cela ne faisait que rendre la tâche plus difficile. Et Anthony ne voulait pas jouer avec la vie des gens comme un marionnettiste avec ses jouets.

« Il a donc proposé, et son idée est magnifique, de créer un groupe, lui aussi secret, dont le rôle serait de lutter contre les Mangemorts et l'autoproclamé Lord Voldemort. »

Il voulait savoir les personnes au courant. Et, bien sûr, les Prince l'étaient. Ils étaient une vieille famille sur le déclin et leur siège au Magenmagot ne tenait plus à grand-chose, n'étant plus soutenus par une famille plus importante. Ils n'auraient eu, en réalité, que deux choix. Soutenir les Black et les McKinnon ou rejoindre Voldemort, sans avoir vraiment à lui apporter quelque chose.

Il n'était pas étonnant qu'Arcturus Black ait recruté cette famille. Ou du moins se soit mis en contact avec elle. Ils étaient toujours un ajout bienvenu et étaient, en général, très forts dans les Potions. Anthony savait que c'était plus que le cas avec Eileen Rogue et Severus. Aussi, ils seraient vraiment très utiles.

Les visages des familles alliées ou liées aux McKinnon furent, eux, remplis de surprise. Il était vrai que ce genre de proposition n'était pas vraiment prévisible. Néanmoins, il comptait bien leur donner d'autres informations.

« Pour connaître à l'avance les projets de l'ennemi, nous n'userions pas d'agents doubles. Cela serait bien trop dangereux pour l'organisation. A la place, nous utiliserions des technologies moldues détournées. Ces derniers disposent de tout un arsenal pour espionner des gens. Nous pourrions les adapter au monde sorcier et ainsi les utiliser à notre profit.

-Comment est-ce que cela prendrait forme, demanda le père de Frank Londubat ?

-Nous en sommes encore à y réfléchir. Mais les idées sont les bienvenues, déclara Anthony. L'idée n'a été lancée qu'il y a peu. Rien ne vous empêche de chercher autour de vous des personnes qui seraient prêtes à y entrer. Je précise qu'il n'est pas forcément important de savoir se battre. Il n'y aura pas que des soldats. »

L'annonce se termina rapidement après ces dernières phrases. Tout le monde sortit rapidement du bureau pour aller se coucher. Mais Anthony n'avait pas vraiment envie de dormir. Bien au contraire. Il était parfaitement éveillé. Il songea à prendre une Potion de Sommeil Sans Rêves avant de renoncer. Cela ne servirait à rien. Alors autant s'occuper un peu.

Il alla vers le salon principal. Il regarda d'un air absent les différents portraits racontant les moments importants de l'histoire de sa famille. Y serait-il un jour ? Il n'en savait rien. Il ne savait pas trop s'il le voulait. Le mariage de ses parents, le premier d'un Lord McKinnon avec une née-moldue, y était.

En passant à travers les fauteuils, il remarqua une chevelure rousse. Il reconnut très vite celle d'Evans. Marlène avait les cheveux d'un roux plus clair. Et il l'avait suffisamment vue pour arriver à la distinguer de d'autres chevelures. Il se demandait ce qu'elle faisait dans le salon. Il y avait d'autres endroits pour travailler. Néanmoins, désireux de ne pas changer son comportement et ses intentions à cause de la présence d'Evans, il continua son chemin et alla sur un fauteuil, près d'elle.

Il récupéra quelques parchemins et prit livres dans la bibliothèque sur la technologie, particulièrement celle des radios. Cela lui serait fort utile pour son baladeur sorcier. Il avait envie de se changer les idées et penser à son sortilège de Grenade Défensive lui ferait trop songer à son père.

Le fait de travailler à proximité de l'adolescente le dérangea beaucoup moins qu'il n'aurait pu l'imaginer. Pas du tout même, songea-t-il au bout de quelques minutes. Il travaillait depuis un temps indéterminé quand il entendit Evans dire quelques mots. Il fit d'abord semblant de ne pas entendre. Mais renonça quand elle continua.

« Je sais que tu as entendu. Je te connais suffisamment pour le savoir. »

Aussitôt, Anthony releva la tête et demanda poliment :

« Qu'est-ce que tu as dis ?

-Que j'étais triste pour ton père, répéta Evans à contrecœur. Je… Je sais qu'il était un homme bien et d'après Marlène et Alice, il était un père formidable. Je suis triste qu'il soit mort.

-Tu ne le connaissais pas vraiment, lui fit remarquer le garçon.

-Peut-être. Mais je sais qu'il avait placé notre maison sous des sortilèges de protection, au cas où. Et rien que pour ça, je l'en remercierai toujours. Même s'il n'est plus là pour que je le lui dise de vive voix.

-Je pense qu'il s'en doute, haussa-t-il les épaules. »

Ils repartirent dans un profond silence mais Anthony ne pouvait plus travailler. Car une phrase d'Evans l'avait particulièrement perturbé. Bertus avait dressé des sortilèges au-dessus et autour de la maison de la famille de son ancienne amie. Or, son père était désormais… mort. Il arrivait au moins à le penser, restait encore à le dire.

Le fait que son père soit mort voulait dire que les sorts risquaient de disparaître assez rapidement de la maison des Evans. Peut-être même qu'ils étaient déjà disparus. Ce n'était pas du tout impossible. Il n'avait pu rendre permanent les enchantements avec des runes ou en les enfermant dans la pierre. Ils allaient donc se dissiper, si ce n'était pas déjà fait.

Et cela signifiait une chose. Evans et toute sa famille étaient en danger. Son cœur se serra à cette idée. Certes il n'était plus ami avec elle. Mais il tenait encore à la rouquine. Et bien plus qu'à une simple camarade de classe. Sans compter qu'il ne serait pas digne de succéder à son père s'il décidait de la mettre sciemment en danger. Ce n'était pas lui.

Anthony rassembla tout son courage pour prendre la parole et commencer lui-même une conversation avec elle. Puis, il se lança.

« Je demanderai à ma mère d'aller vérifier les enchantements sur ta maison. Ils risquent de disparaître puisque mon père est… parti. – Il n'était pas parvenu à le dire visiblement.

-Merci à toi, lui sourit-elle gentiment, visiblement contente qu'il ait proposé la chose. »

Le sourire d'Evans fit fondre le cœur d'Anthony. Elle était plus que mignonne quand elle souriait. Elle était belle. Néanmoins, ses yeux étaient tristes et il le voyait parfaitement. Cela lui fit de la peine. Il espérait que ce n'était que momentané. Mais il n'allait pas avoir la réponse de sitôt puisqu'elle monta se coucher peu après leur échange. Lui-même la suivit quelques minutes plus tard, subitement fatigué.

Le lendemain fut le jour de l'enterrement. Personne ne prononça réellement un discours. Il fut fait relativement rapidement. Cela commença par un défilé de personnes devant le cercueil, ouvert, de Bertus. Anthony tenait sa petite sœur par la main. Il serrait avec l'autre celle de sa mère, dont les larmes coulaient silencieusement sur ses joues. Il n'osait imaginer ce qu'elle vivait.

Elle venait de perdre l'homme dont elle était amoureuse depuis Poudlard. Pratiquement depuis sa Quatrième Année, même s'il ne l'avait pas remarqué de suite. Elle avait dû le draguer elle-même lui avait-elle raconté un jour. Et ce n'était que bien plus tard qu'ils étaient sortis ensemble avant de se marier rapidement, surtout parce qu'elle était enceinte.

Anthony était en effet arrivé un peu plus vite que prévu. Mais il avait toujours été désiré disaient-ils tous les deux. Et ils l'aimaient tendrement. Oui, il espérait ne jamais vivre ce qu'elle vivait en ce moment. Il était impressionné par la force de caractère de sa mère. Il ne l'avait pas vu s'effondrer un seul moment en public ou devant eux. Même lui avait pleuré devant Elisa.

Lui enterrait son père. Certes, c'était beaucoup plus tôt que prévu. Mais c'était dans l'ordre logique des choses. Elle perdait l'amour de sa vie des décennies trop tôt par rapport à l'espérance de vie moyenne d'un sorcier. Il se demandait s'il arriverait à être aussi fort qu'elle si cela devait arriver, ce qu'il n'espérait pas du tout.

Finalement, l'enterrement proprement dit passa assez rapidement. Le cercueil fut fermé puis déposé dans un gisant apparu par la magie présente dans la crypte familiale. Un dernier hommage fut rendu à Bertus McKinnon avant que tout ne le monde ne rentre dans la partie principale du château.

Le déjeuner consécutif fut malgré tout assez sinistre. Les gens n'osaient pas tellement parler. On venait d'enterrer un mort après tout.

L'après-midi venue, Anthony récapitula avec l'aide de sa mère et de ses deux cousines les plus proches tous les comptes familiaux. Et il y avait largement de quoi faire puisqu'ils ne terminèrent que très tard dans la soirée.

Anthony voulait avoir la meilleure vue possible des finances de la famille. Cela lui permettrait de savoir ce qu'il pourrait engager comme dépenses dans l'organisation qu'il allait mettre sur pied avec Lord Black. Il ne voulait pas prendre le risque de s'endetter et de mettre sa famille sur la paille.

Les jours suivants, Anthony laissa la gestion de la fortune familiale proprement dite à ses grands-parents. Ils étaient parfaitement aptes à le faire et s'étaient proposés très rapidement. Il avait accepté tout aussi vite. Il voulait se consacrer à ses propres projets. Et parmi eux, il y avait désormais l'organisation qu'il allait devoir fonder. Sans compter ses autres projets un peu plus anciens.

Alors il répartit son temps de travail. Le matin, il faisait les devoirs pour Poudlard et s'occupait du courrier que lui seul pouvait traiter. Il n'y avait pas grand-chose, mais il fallait le faire. Puis, l'après-midi, il le consacrait aux différents projets, essayant de passer de l'un à l'autre.

Il travaillait aussi tous les soirs sa Magie Sans Baguette avec Saphir, Marlène et Alice. Ainsi que son Occlumancie. Surtout qu'il était Lord McKinnon. Il était dans l'obligation de la travailler s'il voulait se montrer digne de la charge qui était la sienne.

Très vite, sa correspondance avec Lord Black, très régulière, déboucha sur des rencontres dites de travail. Il s'agissait de voir ce qui pouvait être fait au niveau de l'organisation secrète, de son fonctionnement et tout ce qui pouvait tourner autour.

Dès la fin de la première semaine de vacances, ils tombèrent d'accord sur les grandes lignes de la structure de celle-ci. Il y aurait à sa tête un bureau directeur composé des deux Lords ou du représentant de chacun d'eux mais aussi d'un trésorier et des directeurs des différentes divisions.

Oui, ils prévoyaient un trésorier. Pour éviter des guerres de clocher, Anthony avait suggéré que tout le monde voulant donner de l'argent mette dans un pot commun, ou plutôt un coffre à Gringotts, qui pourrait ainsi être régulièrement alimenté. Un trésorier serait donc chargé de gérer l'argent, avec l'aide d'un comptable gobelin. Puisqu'il en existait des indépendants.

Puis, il y aurait plusieurs divisions. La principale d'entre elle serait la Division Combat, nommée ainsi en attendant de trouver un meilleur nom. Comme son nom l'indiquait, elle regrouperait toutes les personnes allant ou pouvant aller sur le terrain. Il restait encore à organiser les modalités exactes. Mais à part certains postes, cela ne serait pas refusé à des volontaires, s'ils avaient un niveau suffisant.

Il y aurait également la Division Recherche. Elle serait chargée de chercher de nouveaux sortilèges, enchantements, potions, objets moldus pouvant être modifiés ou encore d'autres choses qui pourraient être utilisées au combat, ou pour espionner les Mangemorts.

Enfin, la plus discrète de toutes, la Division Renseignement. Elle serait tout simplement chargée de l'espionnage des Mangemorts et de la mise en œuvre des systèmes permettant ce dernier, ainsi que l'exploitation de leurs données. Ses membres n'iraient jamais sur le terrain. Ou alors à l'arrière des combats, bien protégés, pour aider les combattants.

Les deux lords établirent aussi l'ébauche d'un règlement. Il ne fallait pas utiliser de Sortilèges Impardonnables. Il serait trop stupide de se faire capturer et emprisonner à vie à Azkaban avec les personnes qu'ils pourchasseraient. De même, la torture serait interdite. Et le Veritaserum ne serait pas considéré comme de la torture.

Tout cela prenait lentement mais sûrement forme. Ils devaient négocier âprement chaque point. Mais ils finissaient tout de même par souvent tomber d'accord. C'était dans l'intérêt commun des deux familles. Et du Royaume-Uni magique.

Les deux seigneurs se revirent le dernier jour des vacances. Cette fois, et fort exceptionnellement, Anthony s'était rendu en visite chez Arcturus Black, accompagné par son grand-père. Ce dernier était un redoutable duelliste. Et il lui servait à la fois de garde du corps et de conseiller.

« Cela ne vous fait-il pas étrange de voir nos deux familles s'allier contre un même ennemi, demanda lord Black à la fin de la réunion, alors qu'ils prenaient des rafraîchissements ?

-Pas tant que ça, avoua Anthony. Je suis encore jeune. Je n'ai pas connu toute l'animosité entre nos deux familles. Sans compter que je suis loin de détester vos deux petits-fils. Cela ne m'est donc peut-être pas aussi étrange qu'à vous-même.

-Peut-être avez-vous raison, accepta l'hôte. Peut-être aussi que cela ouvre indirectement une nouvelle ère dans la politique du pays, fit-il presque plus pour lui-même que pour ses invités.

-Que voulez-vous dire par là, demanda Anthony, perturbé par cette phrase ? »

Le regard de Lord Black se posa, presque désabusé, sur son homologue.

« Ce monde britannique magique arrive à bout de souffle. Je le vois fort bien. Nous n'avons pas été touchés par Grindelwald, fort heureusement. Du moins pas directement. Mais ce Tom Jedusor est tout de même dangereux. Il n'est pas arrivé là par hasard.

-Je le sais, pour ce dernier, lui fit remarquer le garçon.

-Je m'en doute, sourit doucement le vieux lord. Je m'en doute. Mais du haut de mes plus de soixante-dix ans, je peux t'assurer que ce monde coure à sa fin. Il ne sera plus jamais le même. Même si Jedusor venait à disparaître à jamais ce soir.

-Disparaître, pas mourir, fit semblant de remarquer Anthony ? »

Et pour cause. Il savait parfaitement ce que voulait dire Lord Black. Il savait qu'il y avait déjà des Horcruxes. Bien trop selon-lui. Et c'était un problème énorme dans ses plans. Ils étaient loin d'être simples à gérer. Surtout quand on avait la localisation d'un seul d'entre eux.

« Je sais, de ma part Bellatrix, qu'il dit être allé plus loin que tout le monde sur le chemin de l'immortalité et de la magie noire. Et j'ai bien peur de ce que cela pourrait signifier.

-Des Horcruxes, fit une voix derrière Anthony. »

Ce dernier se retourna et fixa son grand-père, les yeux ronds. Il avait le regard sombre. Il échangea un regard leur hôte, tandis que le garçon demandait, pour ne pas se faire griller :

« Des quoi ?

-Des Horcruxes, reprit Arcturus Black, la voix soudainement plus sombre. Une chose que même nous, les Black, n'osons pas faire. Il s'agit de scinder son âme en deux parties à la suite d'un rituel particulièrement horrible. Pour être achevé, il doit commettre un meurtre de sang-froid. Sans torture ni rien d'autre. Juste un meurtre. »

Anthony eut du mal à déglutir. Oui, il connaissait vaguement le principe et le résultat. Mais se l'entendre dire, comme ça, de vive voix, par quelqu'un qui s'y connaissait manifestement très bien, était quelque chose de réellement terrifiant. Surtout quand on connaissait la suite.

« Et il n'existe aucun moyen connu de les détruire. A part le Feudeymon. Que moi-même je n'arrive pas à maîtriser alors que je fais de la Magie Noire depuis mon enfance.

-Mais peut-être parviendrons-nous à trouver d'autres choses pour les détruire, si tant est qu'ils existent vraiment, sourit Anthony, faisant semblant d'espérer quelque chose. »

La conversation se termina peu après. Mais le travailla toute la soirée. Le lendemain, il n'y pensait plus vraiment. C'était le moment du retour à Poudlard. Et donc du voyage dans le Poudlard Express. Cela lui fit réellement bizarre de ne pas dire au-revoir à son père. Alors il embrassa pour deux sa petite sœur, qui le lui rendit encore plus, toute contente d'avoir été embrassée par son grand-frère adoré.

Ce fut sa tante qui l'emmena à King's Cross avec Marlène. Les deux adolescents montèrent rapidement dans le train et trouvèrent tout aussi vite un compartiment vide. Ils étaient arrivés avec trois quart d'heure d'avance justement dans ce but. La rouquine sortit un ouvrage qui n'intéressait guère le garçon. Ce dernier se mit alors à songer à ses différents projets et à leur état d'avancement.

Le groupe secret prévu avec Lord Black avançait rapidement. Bien sûr, le rythme allait maintenant ralentir puisqu'Anthony rentrait à Poudlard et ne serait plus aussi souvent disponible. Mais il avançait. Il avait bon espoir de terminer de le mettre sur pied d'ici les vacances de printemps. Ou alors d'ici la fin de l'année scolaire. Ouaip, c'était peut-être plus réaliste.

Penser à cela lui faisait directement penser à l'Ordre du Phénix et à sa fondation. Il se demandait en permanence comme Dumbledore avait pu s'y prendre. Pour la deuxième version, il avait pu s'appuyer sur les anciens membres qui avaient pu en recruter de nouveaux. Mais la création de la première version était un mystère. Surtout, il se demandait si elle aurait encore une existence à l'avenir.

En effet, si la guerre durait encore à sa sortie de Poudlard, il pouvait déjà faire le compte des gens qui voudraient rejoindre cette organisation s'il le leur demandait. Il pouvait déjà compter sur tous les garçons de son dortoir, à l'exception peut-être de Peter. Il pouvait aussi compter sur tout le dortoir des filles, Marlène et Alice en tête. Il y aurait naturellement Severus et Saphir, peut-être d'autres Serpentard. Très certainement aussi certains Poufsouffle comme les deux Abbot ou Wilfried Bones.

Bien sûr, cela restait hypothétique pour le moment. Ils pouvaient toujours remporter la victoire entre temps. Ce qu'il espérait d'ailleurs. Il ne voulait pas avoir à se battre à la fin de son temps de passage à Poudlard.

Mais il songea bien vite à autre chose. Tout d'abord à son Sortilège de Grenade Défensive. Il l'avait, pour ainsi dire, terminé durant les vacances. Il avait été prioritaire sur le baladeur sorcier. Il restait encore à le maîtriser parfaitement et à s'entraîner longuement à le maîtriser. Il avait établi une formule assez simple qui était « Granatus ». Or c'était de ce mot que venait le mot « grenade ». Il trouvait cela plutôt sympa.

Le sortilège fonctionnait désormais parfaitement. Et c'était pour lui une excellente nouvelle puisqu'il allait pouvoir se consacrer désormais à d'autres projets. Comme le baladeur sorcier ou les réflexions sur les objets moldus qu'ils pourraient transformer pour les adapter à une utilisation par des sorciers. Sans compter le CAC, le CES, la magie sans baguette et l'Occlumancie.

Pendant les vacances, Anthony avait aussi travailler sur son projet de baladeur sorcier. Il en avait profité pour décortiquer complètement une radio moldue dans laquelle on insérait des cassettes. Il l'avait démontée entièrement pour l'analyser. Il savait que ce serait compliqué comme projet, mais il voulait absolument en avoir. Il attendait d'être à Poudlard désormais pour pousser un peu plus loin l'analyse.

Mais ce projet n'avait pas été beaucoup travaillé en dehors de cela. Il s'était beaucoup concentré sur la magie sans baguette. L'avantage était qu'elle l'épuisait physiquement et psychologiquement. Ainsi, il pouvait dormir plus facilement. En effet, pour chaque séance de travail, qui étaient régulièrement toujours plus longues, il devait se concentrer à fond. Or, cela l'épuisait tout autant que l'effort physique demandé par la pratique de la magie.

C'était comme cela qu'il avait aussi réussi à penser à autre chose qu'à la mort de son père. Il savait que ce n'était pas forcément le meilleur moyen, mais c'était tout de même plutôt utile. Surtout que cela le faisait énormément progresser dans le domaine. Il arrivait désormais à faire tomber quelques gouttes d'eau dans un verre sans trop se fatiguer. Remplir le verre ainsi le vidait de ses forces et le faisait dormir pendant une grosse dizaine d'heures.

Il progressait lentement mais sûrement. C'était ce qui lui permettait de ne pas se décourager. Faire des progrès relativement minimes mais de manière régulière ne faisait que l'encourager à continuer. Bien sûr, il ne finirait probablement jamais d'apprendre cette magie. Mais c'était motivant, et c'était le plus important.

Néanmoins, il avait fini par découvrir quelque chose qui n'était pas précisé dans les livres. Il avait toujours besoin d'eau pour faire de la magie ancienne avec de l'eau. C'était invariable. Il en avait sorti une théorie. Il pensait que c'était parce que les Hommes n'avaient plus l'habitude de la pratiquer. Ils en perdaient donc progressivement les compétences et avaient toujours besoin d'aide.

Ce n'était pas insensé. Marlène, qui avait pour élément principal le feu, était bien plus puissante aux alentours du zénith que de minuit. Saphir, elle, avait toujours besoin de terre et Alice d'un peu de vent. Or, il y avait à foison de ces derniers sur l'île de Skye, même en hiver.

Il avait aussi un peu avancé dans son Occlumancie. Il bâtissait sa forteresse petit à petit. Ou plutôt, il continuait à la bâtir. Il avait à peine terminer entièrement le donjon, qui était assez complexe. Désormais, il s'était attaqué à la cour autour de ce dernier. Elle devait être truffée de pièges en tous genres. Et ces derniers étaient toujours plus dangereux.

Le principal problème de cette défense était qu'il devait toujours trouver de nouvelles idées. Ce qui était parfois particulièrement compliqué. Une fois les pièges habituels passés, il fallait preuve d'inventivité. Et là, ça pêchait. Parce qu'il n'aimait pas faire souffrir les gens, même mentalement. Dans ces moments-là, il imaginait ce qu'il ferait au meurtrier de son père s'il en avait la possibilité et le courage.

Du moins s'il le retrouvait. Car s'ils avaient de fortes présomptions sur quelques personnes, il n'y avait aucune preuve qui serait recevable devant un quelconque tribunal. Par conséquent, il imaginait une tenue de Mangemort lorsqu'il le fallait. Il était certain d'une chose. Il n'aurait pas de repos avant qu'ils n'aient gagné la guerre, même si cela devait lui prendre vingt années.

Il songea alors à quelque chose de plus réjouissant. Peu avant la fin des vacances, Saphir était venu le trouver alors qu'il travaillait sur son projet de baladeur sorcier. Elle lui avait demandé de venir à l'abri d'oreilles indiscrètes. Il l'avait alors suivie, se demandant ce qu'elle lui voulait donc. Il espérait juste que ce ne serait pas quelque chose de grave.

« J'ai trouvé ce que tu m'as demandé de chercher au début des vacances, révéla-t-elle. A propos des Animagi, continua l'adolescente en voyant son regard incertain.

-Qu'est-ce que tu as trouvé, demanda rapidement Anthony, toute son attention désormais focalisée sur elle ?

-La recette exacte, ainsi que la méthode. La bonne nouvelle est que vous avez à peu près tout comme ingrédients ici. Au pire, c'est dans la réserve de Slughorn. Et tu devrais être capable de défaire les sortilèges qui la protègent.

-Il a des sortilèges pour protéger sa réserve, s'étonna le garçon ?

-Evidemment, haussa les épaules la jeune fille. Il nous l'avait dit à nous les Serpentard en début de Première Année. Il avait peur qu'on y vole des choses.

-Mais ça doit être d'un niveau élevé, non, hésita le rouge et or ?

-Pas vraiment. Severus a réussi à plusieurs fois la cambrioler, sans qu'il ne remarque quelque chose, fit-elle avec un large sourire. »

Et il n'y avait pas que le sourire. Son regard pétillait de fierté. Au point que cela interpela Anthony. Est-ce qu'il y avait anguille sous roche ? Cela ne le dérangerait pas, bien au contraire. Elle avait parfaitement le droit d'être heureuse. Et Severus était tout indiqué pour elle, du moins selon lui.

Néanmoins, il mit ces considérations de côté lorsqu'elle lui tendit la procédure pour devenir un Animagus. Ce n'était guère différent de celle indiquée dans le livre de la Réserve à la bibliothèque. Mais il y avait quelques différences qui changeaient probablement absolument tout dans la potion.

Il remercia vivement Saphir pour ses recherches et se promit de surveiller un peu plus sa meilleure amie dans les comportements de cette dernière avec leur ami commun. Il ne voulait pas les mettre ensemble, ils pouvaient le faire, ou non, comme des grands. Mais ce serait intéressant à suivre. Et pourquoi pas donner un petit coup de pouce si nécessaire ?

Il n'y avait guère eu autre chose. Alors il voulut profiter de son voyage en Poudlard Express. Cela lui faisait bizarre de se dire qu'il ne recevrait plus un seul courrier de son père une fois arrivé à l'école. Indubitablement, ces derniers lui manqueraient terriblement. Certes, il y aurait encore sa mère. Mais ce ne serait plus la même chose.

Puis, vers trois heures de l'après-midi, la porte du compartiment s'ouvrit. Ses deux cousines le quittèrent probablement pour aller voir leurs camarades de dortoir et amies. Il n'allait certainement pas leur en vouloir. Elles avaient une vie indépendante de la sienne et il n'exigeait pas que tout tourne autour de lui. Il n'était pas fou non plus.

A peine quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit à nouveau et dévoila les Maraudeurs. Ces derniers étaient visiblement très impatients. Il comprit alors ce que cela signifiait. Ils voulaient des informations sur le projet des Maraudeurs. Résigné, il lança quelques sorts pour s'assurer de ne pas être écoutés et commença ensuite ses explications, relativement brèves.

« En réalité, il y avait bien quelques erreurs dans la recette du livre présent dans la Réserve. J'ai normalement la bonne recette maintenant. Mais le début de la procédure sera identique de ce que j'ai pu lire.

-Cool, fit Potter. On commence quand ?

-Début février, au moment de la prochaine pleine lune. On a un peu de temps et il faut rassembler tous les ingrédients pour la potion avant de la faire. Ce sera préférable. Et je n'ai pas trop envie de devoir défaire les sorts de Slughorn avec une feuille colée dans la bouche.

-Ça marche, répondit joyeusement Black. Tu nous préviendras lorsque tu voudras que l'on monte une expédition, demanda-t-il rapidement ?

-Aucun problème, fit simplement Anthony. »

Il s'était attendu à ce qu'ils s'en aillent, mais aucun ne bougea. Seul Pettigrow sembla mal à l'aise. Comme s'il ne se sentait pas à sa place. Il eut alors l'impression qu'ils voulaient ajouter quelque chose. Curieux, il finit par demander :

« Qu'est-ce que vous voulez d'autre ? »

Les Maraudeurs se regardèrent quelques secondes avant que Black ne prenne la parole.

« Nous sommes désolés pour ton père. Je… Si tu as besoin d'en parler avec des gens, on peut t'écouter, proposa-t-il.

-Merci beaucoup, répondit simplement Anthony. »

Et pour cause. Il en avait eu plus qu'assez des phrases comme « mes plus sincères condoléances » de la part de personnes qui n'appréciaient pas son père mais qui le pleuraient, publiquement, comme s'ils avaient été des amis proches. Mais il était touché par la phrase de Black. Ils n'étaient pas qu'une bande de potes s'occupant uniquement d'eux-mêmes finalement.

Peut-être même que dans un avenir plus ou moins proche, ils pourraient devenir plus proches encore que le simple intérêt de devenir des Animagi pour aider Lupin. En tout cas, il retenait l'offre. Cela pourrait toujours être utile, on ne savait jamais. Puis, il remarqua quelque chose. Black semblait aller bien. Alors qu'il était rentré chez lui.

« Comment cela s'est passé chez toi, demanda Anthony au concerné ? Parce que vu les résultats les dernières fois… »

Il ne termina pas sa phrase à dessein. Tout le monde dans le compartiment savait pertinament de quoi il parlait.

« Très bien, sourit-il méchamment. Mon grand-père Arcturus était là. Il a empêché ma mère de faire quoi que ce soit contre Reg' et moi. Elle n'a pas osé s'en prendre à lui. Il a aussi prévenu qu'il passerait toutes les vacances d'été à la maison. »

Ce qu'il venait de dire, Anthony l'interprétait d'une autre manière. Avec le revirement de Lord Black au sujet de la politique à mener, on pouvait en avoir une toute autre lecture. Sirius Black était l'héritier présomptif de la famille après son père. Qui pouvait être sauté par Arcturus si ce dernier le désirait. Aussi, il vaudrait mieux éviter pour leur famille de perdre Sirius. Cela ferait un très mauvais signe quant à leur réorientation politique.

Mais tout cela n'était que pures suppositions. Il n'avait aucune idée de la crédibilité de sa théorie. Peut-être qu'elle était seulement en partie juste. Peut-être même était-elle totalement erronée. Il n'en savait rien. Et ne s'en portait pas forcément plus mal. Et il avait presque envie de croire qu'il se trompait. Cela voudrait dire que Sirius avait quelqu'un d'autre que son frère tenant à lui dans sa famille très proche.

Le reste du voyage se passa en silence. Plutôt relatif puisque les Maraudeurs n'arrêtaient pas de discuter entre eux. Anthony, lui, songeait à ce qu'il pourrait utiliser comme matériel pour espionner les Mangemorts. Certes, il envisageait déjà l'hypothèse du drone. Mais ce serait assez complexe puisqu'il faudrait le commander à distance. Et puis ils pourraient utiliser toutes sortes de drones, des plus petits aux plus gros.

Il y avait aussi le classique matériel d'espionnage, pratiquement inconnu chez les sorciers de manière générale et l'étant totalement chez les Sang-purs en général. L'une des seules exceptions devait être Arthur Weasley. Là, ils avaient encore un potentiel immense comme base de travail. Et ils allaient devoir trier le bon grain de l'ivraie, ce qui n'allait pas être simple.

Finalement, ils arrivèrent à Poudlard. Pris d'une curiosité malsaine, Anthony tenta de voir s'il pouvait voir les Sombrals. Mais ce n'était pas le cas. Il espérait, pour être honnête, ne jamais les voir. Néanmoins, cela signifiait une chose. Il ne fallait pas seulement avoir eu une perte proche et avoir conscience de sa mort.

Il fallait avoir vu soi-même la mort pour les voir. Et cela rendait leur magie d'autant plus intéressante. Même s'il n'avait clairement pas le temps pour cela. Il avait bien d'autres choses à faire que de faire des recherches sur le sujet. Mais pourquoi pas plus tard. Il se le nota dans un coin de sa tête, se jurant de revenir sur le sujet un jour.

Anthony prit l'une des dernières calèches et arriva donc parmi les derniers au dîner. Il repéra un hochement de tête de la part de Dumbledore. Il lui signalait ainsi ses condoléances. Du moins, c'était ce qu'il interprétait. Alors qu'il allait s'asseoir, le professeur McGonagall surgit devant lui.

« Monsieur McKinnon, vous viendrez me voir dans mon bureau après le repas, ordonna-t-elle avec son habituelle voix sèche.

-Bien madame, répondit simplement le garçon, fort surpris. »

Il s'installa au milieu d'élèves de Deuxième Année. Ils l'avaient réclamé pour qu'il puisse parler du CAC, mais pour les plus jeunes. Il les encouragea alors à s'entraîner, même si en toute sécurité. Le rouge et or ne voulait pas causer de problèmes à ces jeunes élèves. Certes, il avait à peine un an de plus qu'eux. Mais quand même. Il les trouvait encore trop jeunes.

Le nouveau chef de la famille McKinnon remarqua qu'Evans avait l'air complètement éteinte. Comme si elle déprimait. Elle semblait ailleurs. Comme si quelqu'un avait pris en elle la capacité de répandre la joie de vivre si communicative et tout l'espoir qu'elle avait dans le monde et les gens.

Il remarqua que ce même espoir s'était fortement aténué en lui depuis la mort de son père. Il n'avait plus l'impression qu'il était invincible. Il s'était attendu à ce qu'il meure vieux et dans son lit, entouré de ses enfants, petits-enfants et même arrière-petits-enfants. Mais ce n'était pas le cas. Et il l'avait enterré.

Mais cela allait au-delà. Il avait l'impression d'avoir perdu ses dernières illusions sur le monde de la magie. Il le voyait beaucoup plus noir désormais. Il y a un an, il n'aurait jamais envisagé ne serait-ce que de commencer à réfléchir à une potentielle et hautement improbable alliance avec Lord Black. Surtout pour lutter contre Voldemort. Cela ne lui serait jamais venu à l'esprit s'il voulait être honnête.

Désormais, il trouvait cela presque évident. Alors même que cela ne devrait pas l'être. Il était arrivé dans le monde de la magie plein d'idées de révolution, pas dans le sens violent, mais en douceur et pour changer les règles et usages. Et là, il se retrouvait à pactiser avec des gens qu'hier encore il considérait comme des adversaires, pour ne pas dire des ennemis.

Evidemment, après le dîner, il alla directement au bureau de sa directrice de maison. Celle-ci arriva à peine deux minutes après lui. Elle le fit rentrer et s'asseoir face à son bureau. Elle s'installa et commença rapidement à parler, avec un ton don qu'il ne lui connaissait pas.

« Monsieur McKinnon, je suis peut-être une enseignante exigeante, mais je suis aussi votre directrice de maison. Par conséquent, je me soucie quand même de mes élèves. Je tiens d'abord à vous dire que je suis désolée pour votre père. Je lui ai parfois parlé quand je travaillais au Ministère et c'était quelqu'un d'extraordinaire en Métamorphose. »

Ça il était au courant.

« Je sais que vous ne voulez pas forcement parler de certaines choses avec des enfants de votre âge ou même plus âgés. Par conséquent, si vous en sentez le besoin, vous pourrez toujours venir me voir.

-Merci madame, répondit le garçon pratiquement à voix basse, touché par la proposition de son enseignante.
-De plus, si jamais, vous avez un problème vis-à-vis de vos devoirs ou avez besoin de repos, vous pourrez venir me voir, je m'arrangerai pour vous fournir le temps nécessaire. Par ailleurs, soyez assuré que le reste de l'équipe enseignante est au courant de votre cas. Ils ont accepté de vous ménager quelques temps.

-Merci beaucoup, professeur. C'est très gentil, murmura-t-il, presque gêné. »

Il était plus que gêné. Mais il n'en avait pas honte non plus. Il ne savait juste pas comment la remercier de tout ce qu'elle faisait pour lui. Concrètement, rien ne l'y obligeait, loin de là. Et pourtant, elle faisait tout cela. Il en était très touché.

Mais leur conversation s'arrêta bien vite et Anthony put alors repartir dans la tour des Gryffondor. Là, il y retrouva un certain nombre d'élèves. Ces derniers s'arrêtèrent plus ou moins de parler en le voyant entrer. Puis, certains d'entre eux le prirent contre eux, lui faisant un grand câlin. Les Gryffondor avaient peut-être une forte tendance à l'individualisme, mais ils restaient très unis dans les moments difficiles des leurs.

Finalement, il partit se coucher, l'esprit quelque peu rasséréné. Et il put dormir plutôt tranquillement, malgré l'absence d'Elisa, qui lui manquait toujours autant.

Les jours suivants, les cours reprirent pour Anthony et ses camarades de classe. Cela signifiait en quelque sorte un retour à la normale pour le Gryffondor. Il reprenait le cours de sa vie comme avant la mort de son père pendant les vacances de Noël. Le premier cours vu fut naturellement la DCFM. Il fut à peu près aussi ennuyant que les précédents, pour le plus grand malheur du garçon.

Le pire fut pendant le cours de Potions de l'après-midi. Certes, Anthony adorait la matière. Mais Slughorn était aux petits soins pour le garçon. Au point d'en devenir excessivement lourd. Il était constamment à côté de lui et semblait le surveiller particulièrement. Le cours passa vraiment très lentement pour le jeune lion.

La fin de la journée de cours fut également un moment bienvenu pour Anthony. Il avait l'impression d'avoir été regardé comme un phénomène de foire. Il avait la curieuse sensation que les gens voulaient absolument observer comment il réagissait à la mort de ses parents. Néanmoins, les sang-purs extrémistes et partisans de Voldemort s'abstinrent de tout commentaire.

En effet, la maison rouge et or avait ouvertement montré son soutien envers le garçon. Tout comme celle des Poufsouffle, via ses deux préfets de Septième Année. Et cela avait rapidement éteint visiblement toute velléité de lui chercher des noises.

Mais il avait aussi pu compter sur Kathleen. Cette dernière l'avait pris à part après le cours de Runes Anciennes, en lui demandant à lui parler en priver. Il avait rapidement accepté. Il se demandait ce qu'elle pouvait bien lui vouloir, puisqu'elle lui avait déjà présenté ses condoléances par Cheminette.

Ils s'installèrent tous les deux dans une salle de classe déserte. Puis, elle commença rapidement à parler, pour briser le silence inconfortable qui menaçait de s'installer.

« Je veux que tu saches que si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux me demander. Je t'aiderai si j'en ai la possibilité, fit-elle, visiblement très à l'aise dans ce rôle. Je sais que j'ai plus tendance à m'occuper d'élèves plus jeunes et souvent des nés-moldus. Mais tu restes pour moi un très bon ami. Et je n'aime pas te voir triste ou abattu. »

Anthony ne pouvait plus dire un mot. Il était touché par la marque d'affection et les paroles de l'adolescente. Elle le considérait comme un ami. Rares étaient les personnes le faisant. Ou du moins qui le lui disaient. Ne pouvant répondre par les mots, il le fit par les gestes. Le rouge et or serra la Poufsouffle contre lui pour la remercier.

Ils se tinrent alors longuement l'un contre l'autre. Il n'y avait aucune ambiguïté du côté d'Anthony dans ce contact. Il la considérait désormais comme son amie. Il n'était plus amoureux d'elle. Il y avait encore deux ans, il aurait été très mal à l'aise en la tenant contre lui. Mais ce n'était plus le cas. Désormais, il savait ce qu'il ressentait pour elle, et ce n'était pas cet amour-là. C'était de l'amitié.

Puis, ils se séparèrent. Mais Kathleen ne s'arrêta pas là. Elle voulait visiblement lui dire autre chose. Il ne savait pas vraiment de quoi elle pouvait bien lui parler. Alors il attendit.

« Je veux te parler d'Evans, Anthony, commença-t-elle prudemment, consciente du sujet sensible que représentait la rouquine pour le garçon.

-Qu'est-ce qu'il y a avec elle, soupira-t-il ?

-Je pense que tu devrais te réconcilier avec elle, fit rapidement la Poufsouffle.

-On ne sera jamais d'accord sur certains points et tant qu'elle ne changera pas d'avis, ce ne sera même pas la peine, décida fermement le rouge et or.

-Et pourquoi ce ne serait qu'à elle de changer son opinion, demanda Kathleen ? Vous pourriez tous les deux vous nuancer.

-Même pas en rêve, s'obstina le nouveau Lord McKinnon.

-Alors mettez au moins tout à plat, supplia presque la jaune et noir. Tu es malheureux depuis que vous avez arrêté de vous parler, je le vois très bien. Et elle est aussi malheureuse que toi. »

Vexé, Anthony ne répondit rien. Il comprenait parfaitement ce qu'elle voulait dire. Il n'était pas triste parce que son père était mort. Cela datait d'avant les vacances de Noël. Un silence plus qu'inconfortable s'installa entre eux.

« Vous vous entendiez très bien, finit par dire Kathleen. C'est dommage de casser une amitié si belle parce que vous n'êtes pas fichu de mettre de côté votre foutue fierté. »

Puis, elle quitta la salle de classe. Anthony avait remarqué qu'elle s'était légèrement énervée. Mais il ne voulait rien pardonner à Evans. Elle ne lui avait pas répondu pendant l'été quand il avait voulu lui parler à travers le journal. Alors il avait décidé de ne plus être ami avec elle. Point à la ligne.

Il se sortit bien vite ces pensées de sa tête. Il devait travailler sa Magie Ancienne avec ses deux cousines et Saphir. Il alla les retrouver dans la salle ce classe privatisée. Ces dernières l'attendaient en souriant un peu. Ils travaillèrent rapidement les quelques devoirs qu'ils avaient eu. A quatre, tout allait plus vite. Puis, ils attaquèrent la Magie Ancienne proprement dite.

Les quatre élèves arrivaient à faire quelques petites choses de base, comme allumer une bougie pour Marlène, déplacer des cailloux pour Saphir ou invoquer une petite briser pour Alice. Anthony, lui, arrivait à remplir un verre. Certes, le verre était plutôt petit. Mais il le remplissait quand même.

Désormais, il était d'avancer. Ils avaient les connaissances de base et les maîtrisaient plutôt bien, selon son propre avis. Il fallait avancer, au risque de plafonner rapidement s'ils restaient trop longtemps à vouloir faire la même chose uniquement pour savoir la faire à la perfection. Il fallait voir des choses nouvelles.

« Je pense que nous allons pouvoir passer à l'étape suivante désormais, annonça-t-il au début du cours. Désormais, chacun est libre de faire plus ou moins ce qu'il veut. Mais toujours avec quelqu'un d'autre à proximité pour les premières fois. L'exercice de base ne sera fait que le soir avant de se coucher.

-Mais du coup, qu'est-ce que l'on va faire, demanda Saphir en fronçant les sourcils ?

-Des choses relativement simples malgré tout. Il faut croître progressivement en difficulté. On ira étape par étape pour ne pas s'épuiser inutilement ou mettre notre santé en danger. »

Tout le monde approuva et commença à travailler de son côté. Désormais, aucun des quatre élèves n'avait besoin d'entrer en transe pour observer la magie couler autour d'eux. Il suffisait de se concentrer suffisamment pour le faire.

Anthony se concentra assez pour observer tout autour de lui les courants de la magie aller et venir un peu partout. Il trouvait cela toujours aussi beau. Il savait qu'avant la fin de l'année scolaire, s'il n'y avait pas de contre-temps, ils n'auraient plus besoin de cela pour faire de la Magie Ancienne. Ensuite, ce ne serait qu'une affaire d'entraînement.

Mais pour le moment, c'était nécessaire. Et cela ne le dérangeait pas le moins du monde. Il toucha légèrement la magie bleue, représentant celle de l'eau et se concentra sur quelques gouttes. Puis, il avisa Saphir, qui avait l'air perdue dans ses pensées. Il sourit et commença à imaginer un filet d'eau tombant sur la tête de la jeune adolescente.

Une minute plus tard, il arrivait enfin à en invoquer un dans un verre. Restait désormais à bien viser. Il se focalisa sur elle et imagina le filet en question.

Saphir poussa brutalement un cri de peur pour le moins pathétique. Anthony explosa de rire. Elle tourna la tête vers lui et se précipita sur son meilleur ami pour le chatouiller. Aussitôt, une petite dispute de chatouilles débuta entre eux.

Elle se termina quand Alice et Marlène intervinrent, parce qu'il était l'heure d'aller manger. Mais ils avaient tous les deux un immense sourire aux lèvres. Il ressentait enfin, à nouveau, une certaine joie de vivre.

Plus tard, après le repas, il fit le reste de ses devoirs avec la Serpentard. Ils plaisantèrent encore à cause de l'épisode de la fin d'après-midi. Cela les avait faits bien rire. Ils n'avaient jamais réellement joué à quelque chose ensemble. Ou s'étaient amusés tous les deux. C'était la première fois. Et il aimait ça.

« On devrait peut-être jouer un peu plus souvent, fit le garçon en souriant. Ce serait plutôt sympathique, qu'est-ce que tu en penses ?

-Bonne idée, acquiesça Saphir. Mais la prochaine, je n'hésiterai pas à répondre avec de la terre. »

Ils rirent à nouveau un bon coup avant de se séparer. Anthony partit alors pour sa salle commune. Cette dernière était pleine d'activité. Les élèves étaient heureux de se retrouver tous ensemble. Le voyage en Poudlard Express et le dimanche soir n'étaient pas toujours propices à cela, puisqu'il fallait réorganiser les dortoirs à chaque fois, pour ceux qui étaient partis.

Fatigué, Anthony décida d'aller rapidement se coucher. Il était complètement lessivé par la journée de cours et la pratique de la Magie Sans Baguette. Il n'avait envie que d'une chose, se mettre en pyjama, s'allonger sous sa couette et dormir.

Bien évidemment, il fut stoppé dans sa progression par Potter qui lui annonça une réunion de préparation pour l'expédition dans la réserve de Slughorn le lendemain soir. Le garçon hocha mécaniquement la tête avant d'aller se coucher. Il n'eut pas à attendre longtemps avant de s'endormir. Mais cela lui suffit à réaliser que tout allait être différent désormais.


Réponse à la Review :

Ellie Evans : Déjà, merci beaucoup pour ta review :) Cela me fait très plaisir :) Il n'y aura pas beaucoup de conséquences à long terme sur le caractère d'Anthony. Il a déjà eu un énorme coup avec l'agression en fin de deuxième année. Là, ce sera plus un désir de revanche ou de vengeance contre les Mangemorts, plus qu'autre chose. Sinon, son père est tué durant le tome 3, pas le tome 2 :) Et je ne vois pas trop en quoi c'est ambitieux :) C'est dans l'ordre des choses. C'est une guerre civile que subit le Royaume-Uni Sorcier. A partir de là, n'importe qui peut mourir, surtout s'il est très exposé (et Bertus l'est en raison de son métier).


Note de l'auteur :

Je n'ai rien à dire de spécial aujourd'hui :) A part vous encourager à commenter :) Voir que j'ai une review me fait toujours extrêmement plaisir et remplit mon cœur de joie :) Ah si, une petite chose. J'ai pratiquement terminé l'écriture du dernier chapitre du tome 3. Je devrais commencer l'écriture du tome 4 incessamment sous peu (peut-être avant même la fin de la semaine) :)

Sinon, je vous dis à la semaine prochaine pour le chapitre 10 :)