Hello hello :)

Un énorme merci pour ces retours, qui je vous assure, me rechauffent le coeur à chaque fois !

Quand j'ai commencé à créer cette histoire, qui m'est venue presque naturellement quand j'ai écrivais Kiken Raun Bilaik Mou Kom Kiken Thru, je me suis surprise à me dire que je refusais tellement la perte de Lexa que je voulais la faire revivre aux côtés de Clarke, et je voulais qu'ensemble, elles fassent l'impossible. Je voulais que Lexa survive à cette balle qui nous a tant pris à tous.

Ecrire leur relation, écrire Lexa, c'est juste... ouah. Chaque chapitre est un délice pour moi. Alors merci infiniment de partager ca avec moi, chaque review me donne le sourire et j'espère que vous ne me détesterez pas trop pour la suite. J'espère que vous pourrez toujours, après avoir terminé cette histoire, vous dire que oui... Lexa est intouchable. J'espère réussir à contribuer à la faire vivre, encore et encore, dans nos mémoires et dans nos coeurs.

Lexa est une icone, Lexa est une source d'inspiration, et un modèle de courage, de compassion, de force.

"Attack her and you attack me !"

Bonne lecture :)


Je sors la tête haute et le regard ferme et dur, pour leur faire face, sous l'agitation de leurs cris de protestation, d'indignation et de mécontentement. Indra et Octavia maintiennent l'ordre au sein des nôtres, tant bien que mal, tandis que Bellamy est en train de calmer un homme de Skaikru, qui visiblement ne comprend pas le fait qu'Echo soit toujours en vie. Ils ne comprennent pas mon intervention en cellule, et commencent à douter de mes véritables intentions. Pourtant la détermination dont je fais preuve ne permet à aucun d'eux de me défier, ou de mettre en doute ma légitimité à les commander. Abby arrive précipitamment, et lorsque je croise le regard incompréhensif de Luna, je m'y arrête dedans un instant, juste avant qu'elle ne le détourne. Puis je scrute cette assemblée, mêlant des hommes armés de lances et d'épées réclamant vengeance, à d'autres munis d'armes automatiques hurlant leur envie de justice. Je garde pourtant mon calme, et Indra se place malgré tout à mes côtés, alors que Luna reste légèrement en retrait. Bellamy affiche un air relativement inquiet, ne sachant pas combien de temps l'ordre va ainsi pouvoir être maintenu, sans aucun débordement plus grave que celui dans la cellule. Son inquiétude ne concerne pourtant pas uniquement cette récente émeute, et je plisse légèrement les yeux à son égard pour percevoir dans le fond des siens sa principale interrogation. L'ai-je tuée ? Je m'avance au milieu de mes hommes, mais aucun ne me menace ou ne m'approche de trop près. Je vois Indra ordonner à Octavia d'un regard silencieux de venir se placer à ma droite pendant qu'elle-même se trouve à ma gauche. Mais je lui fais signe de la main que c'est inutile. Abby se positionne aux côtés de Luna, et tente de lui demander quelque chose que je n'entends pas au milieu du bruit ambiant, mais à laquelle Luna ne répond pas, le regard toujours posé sur moi. Je sais à quoi elle pense. Je sais qu'elle ne peut s'empêcher de m'en vouloir de l'avoir épargnée, même si elle me donne raison. Echo nous a meurtries aujourd'hui, comme nous ne l'avions pas été depuis que nous l'avons perdue. Le cœur de Luna saigne, encore aujourd'hui. Il saigne toujours pour son frère, qu'elle a tué de ses propres mains, et pour sa sœur, qu'elle n'a jamais vengée, alors qu'elle aurait pu le faire, à maintes reprises. C'est donc en plongeant mon regard dans le sien que je prends enfin la parole, devant la totalité de mes hommes, tous impatients et à présent rassemblés autour de moi. Certains doutent, tandis que d'autres s'en remettent inconditionnellement à ma décision. Ils sont donc partagés. Mais il est maintenant temps de tous les unir derrière moi, ensemble, sans permettre à leurs idées ou à leurs peurs de les diviser. Il est temps d'en faire une seule et même arme, devant laquelle Azgeda tremblera.

« Notre guerre ne fait que commencer. » commencé-je d'une voix forte et puissante, dans un regard combatif qui attire tous les leurs. « Azgeda a cru pouvoir tous vous asservir et vous diriger d'une poigne de fer, pensant que personne ne s'opposerait à eux. Ils ont tué bon nombre des nôtres, et aujourd'hui il est temps de réclamer justice pour cela. Les morts sont partis, mais les vivants ont faim. Faim de justice. Allons reprendre ce qui nous appartient. Allons reprendre ce qu'Azgeda pense aujourd'hui enfin posséder… Mais je suis là. JE SUIS HEDA, et si Roan l'oublie, je vais le lui rappeler, comme à n'importe quel homme qui s'élèvera contre moi. Nous allons reprendre Polis. Je ne laisserai pas la Coalition s'effondrer, je ne laisserai pas nos peuples trembler et être faibles devant Azgeda. Je ne laisserai pas un seul homme de plus mourir sous l'une de leurs épées. Roan se croit à l'abri derrière les murs de la Capitale, le reste de son armée se croit toujours la plus puissante... Alors, Floukru, Trikru et Skaikru, ensemble, faisons-leur savoir que le pire est à venir pour eux ! » m'écrié-je sous les cris de guerre de mes guerriers.

Je vois Indra lever subitement son épée, et crier à son tour. Dans un sourire satisfait, je les regarde s'élever tous ensemble à mes côtés. Mais l'un des Skaikru fait soudainement un pas en avant, surprenant certains guerriers de Trikru. Puis il prend la parole, sous le regard attentif de Bellamy.

« Et comment allons-nous faire savoir à Azgeda que nous arrivons, Commander ? » me demande t'il, en obtenant le soutien de certains autres membres de l'assemblée.

« Tuons leur chef des armées, Heda ! » proteste un autre guerrier, soulevant par là-même un nouvel élan de protestation face à ma décision d'épargner Echo pour le moment.

Je relève le regard, et ne perds pas mon calme pour autant face à la situation qui peut malgré tout s'envenimer rapidement. Je dois les contenir et les rallier à une cause qu'ils estiment tous juste. Ils réclament justice, en tuant celle qui leur a tant pris. Je finis donc par durcir à nouveau mon regard, pour imposer ma décision.

« NON ! » leur réponds-je fermement. « Echo paiera pour ses crimes, mais pas maintenant. Je veux voir son Roi trembler devant moi. Je veux le voir comprendre que son armée entière est tombée, que la vie du meilleur de ses guerriers, du chef de son armée est entre mes mains, comme celle de chaque homme sous son commandement, et que son seul choix est de renoncer à cette guerre qu'il a entreprise contre moi. Il s'attaque à ma Coalition. AI LAIK HEDA, JOMP EM OP EN YU JOMP AI OP ! » m'écrié-je avec force.

Les poings levés de mes hommes et leurs cris de guerre viennent soutenir la détermination de mon regard. Azgeda va bientôt voir une armée entièrement se dresser face à eux. Une armée qui va déferler sur eux, sans qu'ils ne puissent rien faire, et réclamer ce qui lui revient de droit. Je peux voir dans chacun de leur regard qu'ils s'en remettent à nouveau à moi. Dans un sourire, je sors à mon tour l'une de mes épées et la brandis, portée non plus seulement par ma seule main, mais par celle de tout mon peuple. A présent, je peux voir la fierté d'être à mes côtés dans chacun de leur regard, et leur envie de vaincre enflamme littéralement le mien.

« Qu'on m'amène un prisonnier ! » ordonné-je à Octavia, qui, après avoir acquiescé, se précipite au milieu de mes hommes.

Abby m'interroge d'un regard inquiet, et redoute malgré tout ce que je peux faire. Je peux en revanche lire de la fierté dans celui d'Indra, qui attend avec impatiente le retour de sa seconde. Pendant que Bellamy déglutit nerveusement, je sens le regard d'une personne peser sur moi. Une personne que je connais si bien, et qui inévitablement attire toutes mes pensées lorsque je sens sa présence à mes côtés. Le regard aimant, fier et reconnaissant de ma mère est une des seules choses qui est encore capable de me faire me sentir une enfant, aussi vulnérable que forte, face à l'amour de l'être qui lui a donné la vie. La voir ainsi vêtue, et portant son épée me réchauffe le cœur. Lorsque mes yeux se perdent dans les siens, elle me salue de la tête, et appose sa main droite sur le manche de l'arme que mon père a jadis portée et brandie fièrement pendant bon nombre de batailles. Je sens mon cœur se serrer et lui accorde un petit sourire. Je n'ai jamais tenu à ce qu'elle prenne les armes, mais savoir qu'elle le fait à mes côtés ne me donne que plus de courage, et me rappelle qu'elle trouve mes choix justes, et qu'elle me soutient. Je ne peux pas lui en demander plus. Mon regard se déporte sur la femme se tenant juste derrière elle, et qui rehausse la tête. Un sourire pendu aux lèvres, les yeux brillants, elle l'incline respectueusement devant moi. Je n'ai pas vu Niylah depuis bien longtemps, mais nous nous connaissons depuis l'enfance. Nos chemins se sont séparés lorsque j'ai été choisie par Anya, tandis qu'elle vivait avec ses parents à la frontière de nos terres. A partir de ce moment-là, nous n'avons que peu été en contact direct, mais il m'est cependant arrivée de la revoir au cours de ces dernières années. Son père est toujours resté fidèle à son chef de clan, et est d'ailleurs mort assassiné par l'armée de Pike. La savoir là, présente à mes côtés malgré ce passé et la perte de son père, me prouve une fois encore que nous sommes tous capables de dépasser notre passé, aussi douloureux soit-il, et de trouver l'envie de se battre pour ne pas le laisser nous consumer. C'est aujourd'hui le moment pour nous de créer un futur bien plus serein. Je la salue, et finis par observer Octavia qui s'avance maintenant parmi nos hommes avec le prisonnier. Il est bien entendu hué et chaque homme le maudit agressivement sur son passage. Je durcis mon regard et l'attends, droite et fière, en relevant mon port de tête. D'un vif coup de pied dans l'arrière de la jambe et en lui appuyant violemment sur l'épaule, Octavia le fait se mettre à genoux juste devant moi. La mâchoire serrée, je lui appose la lame de mon épée sous le menton, et l'oblige ainsi à me regarder. Son visage manifeste autant de peur que de courage à faire face à la mort. Le vert perçant de mes yeux derrière mon maquillage noir le transperce en plein cœur, et il ne tarde pas à rendre les armes, acceptant que son combat est enfin terminé, et se soumettant totalement à mon autorité et ma décision.

« Azgeda est fini. Dis à ton Roi que j'arrive. » lui ordonné-je, sans dissimuler mon mépris pour son clan. « Dis à ton Roi que son armée est à présent mienne, et que ses heures sur mon Trône sont comptées. Fais savoir à Polis que je suis vivante. Et dis surtout à ton Roi que s'il ose ne serait-ce que caresser l'espoir de perdre sa revanche sur n'importe lequel de mes clans, je le tuerai de mes propres mains. Je massacrerai sans aucune pitié chaque homme s'élevant contre moi. Dis à Roan qu'il n'aura jamais le Heda d'Azgeda qu'il espérait tant avoir, parce que… »

« Nous ne voulons pas de prochain Heda. » s'élève une voix forte et déterminée derrière moi, que je reconnais sans même me retourner, et qu'un léger sourire se dessine sur le coin de mes lèvres.

Clarke s'avance dans mon dos, et ne tarde pas à me rejoindre, alors que je la regarde silencieusement, heureuse et fière de l'avoir à mes côtés malgré mon inquiétude concernant son état. Je la sais bien faible, il y a quelques heures à peine, elle était encore inconsciente. Pourtant, mon cœur ne peut cacher sa joie de la savoir à mes côtés en ce moment. Elle est là où elle estime devoir être, et je ne m'opposerai pas à sa décision. Tout du moins, pas maintenant. Son regard plongé dans le mien, je peux sentir toute sa force se joindre à la mienne.

« Je ne veux pas d'une autre personne pour nous guider, je ne veux pas d'une autre personne pour nous commander. JE NE VEUX PAS D'UN PROCHAIN COMMANDER. » déclare t'elle d'une voix puissante qui me donne un frisson, devant les regards admiratifs de tous nos hommes qui ne tardent pas à crier leur soutien à WanHeda. « Je te veux, TOI. Leksa Kom Trikru. Notre seul et unique véritable Commander. » me dit-elle, son regard plongé dans le mien, me faisant oublier tout ce qui nous entoure, juste avant de regarder à nouveau ce prisonnier suspendu au bout de ma lame. « Dis cela à ton Roi. Dis-lui que Heda arrive. » lui ordonne t'elle.

Je ne peux m'empêcher de repenser à la première fois où elle m'a dit ces mots « Je te veux, toi. ». La douleur de ce moment est pourtant belle et bien associée au plus grand bonheur que je peux actuellement ressentir, qui parcourt chaque centimètre de mon corps, et illumine chaque parcelle de mon âme. J'abaisse mon arme, et fais signe à mes hommes de le laisser partir. Mais juste avant de le libérer totalement, je plonge mon regard déterminé dans le sien, et lui dis d'une voix plus forte et plus menaçante que jamais, sous le regard combattif de Clarke et de chacun de mes guerriers :

« Je suis le Commander du Sang, et le Commander de la Mort est à mes côtés. Dis-lui que NOUS arrivons. »

La peur s'empare littéralement de lui et il se fraie un passage tant bien que mal au milieu de cette armée toute entière qui crie son engouement pour ce qui se prépare, et son dévouement envers nous. Je souris à Clarke de constater cela, et d'un signe de tête, elle se joint à moi pour contempler la force qui s'élève de ces hommes. La puissance et la beauté d'un peuple uni, l'espoir d'un avenir meilleur qui lie un homme tombé du ciel et un homme issu de la terre, qui devant nos yeux se serrent une poignée de main. Les cris s'élèvent et avec eux, mon cœur s'emballe alors que je peux voir au loin ce prisonnier fuir aussi vite que possible ce camp qui sera bientôt le pire cauchemar de tout son clan. Le visage fier et confiant de Clarke, son sourire en coin et la combativité de son regard, me rappellent à chaque seconde pourquoi je me sens aussi forte à ses côtés, pourquoi elle est WanHeda, respectée de tous, et pourquoi je suis tombée amoureuse d'elle aussi rapidement qu'elle est arrivée sur Terre, de manière aussi surprenante et inattendue. De façon aussi naturelle, mais finalement, de façon aussi inconditionnelle. A travers mon regard, elle peut désormais savoir et sentir tout cela, et je comprends alors que c'est ensemble que nous marcherons sur Polis. Elle est prête. Mais elle sait aussi que pour cela, elle doit cependant se retirer, et se reposer. Elle a deux jours pour le faire, pendant que je me charge de l'organisation de notre armée.


Tandis que Clarke s'est retirée, devant aussi gérer la désapprobation de sa mère quant à sa décision de partir malgré tout pour Polis, de chevaucher à mes côtés et mener avec moi ce combat pour notre liberté à tous, j'observe mes hommes s'entrainer sous l'œil attentif des membres de Skaikru, qui sont beaucoup moins à l'aise que nous au corps-à-corps. Au milieu d'eux, Octavia, plus hargneuse que jamais, encaisse des coups, et parvient quand même à mettre trois hommes simultanément à terre. La rage qui habite son regard n'est pas sans me rappeler quelqu'un, et l'espace d'un instant, je pourrai jurer voir Anya appuyée contre un pilier en fer un peu plus loin qui observe la scène, un sourire satisfait pendu aux lèvres. Mais lorsque je cligne des yeux, j'en esquisse un à mon tour en comprenant, que cette brune qui se relève encore et encore, a fait beaucoup de chemin pour en arriver là. Mais elle est aujourd'hui respectée des siens, et d'Indra. Je n'aurai jamais pensé qu'elle s'en montrerait digne, mais force est de constater que je me suis trompée. Lincoln aurait été fier d'elle.

« Elle devient plus forte de jour en jour, Heda. Je ne perçois pas une seule fois de la peur dans son regard… » s'élève à mon attention une voix derrière mon dos.

« Penses-tu qu'ils soient tous aussi fiables qu'elle, Indra ? » lui demandé-je gravement, en la regardant, pendant qu'elle ne détourne pas les yeux de sa seconde, et arrive à ma hauteur.

« Je ne me fierai jamais totalement à eux. Je n'ai rien oublié. » commence t'elle à me répondre de manière ferme. « Mais Kane est mon ami, Lincoln leur a fait confiance et l'a d'ailleurs payé de sa vie. Il est mort pour ce peuple et pour un espoir de paix avec eux. Aujourd'hui, Octavia l'a vengé, et sa place n'est plus parmi eux. J'ai d'ailleurs pensé qu'elle ne reviendrait jamais lorsqu'elle a fui Polis. Alors… Sont-ils tous aussi fiables qu'elle ? Non, Heda. Mais elle n'est plus l'un d'eux. Son cœur est Trikru. A mes yeux, cela la rend plus fiable que n'importe lequel d'entre eux. Mais aujourd'hui, tu nous fédères tous. Ils font partis de la Coalition, et même si tous n'ont pas d'honneur, leurs chefs en ont. Kane et Clarke en ont. Tant qu'eux te suivront, tous le feront, et aucun ne s'opposera à toi sans le payer de sa vie. »

« Que s'est-il passé à Polis ? »

Indra se tend et serre les dents, tout en inspirant profondément. La main empoignant un peu plus fermement son épée, elle finit par me répondre après un instant silencieux.

« Nous étions emprisonnés quand Octavia est arrivée pour nous libérer. Je n'avais aucune idée que tu étais celle qui l'envoyait, je la pensais dans un premier temps seule maitresse de sa décision. Je connais sa fidélité pour moi, ce n'était pas la première fois qu'elle venait me chercher… Si jamais Azgeda l'avait trouvée, ils l'auraient tuée et je n'aurai rien pu faire. Marcus le savait aussi bien que moi, alors nous lui avons demandé de fuir. Mais bien-sûr, elle a refusé. Si j'avais été capable de le faire, je lui aurai rappelé ce qu'il en coute de ne pas obéir aux ordres. Au lieu de fuir, elle a pris le risque d'affronter seule plusieurs gardes d'Azgeda qu'elle a tué devant nous, en nous disant qu'elle ne partirait pas d'ici sans nous. En nous disant que Luna avait besoin de nous pour soutenir Arkadia qui risquait d'être sous peu attaquée, et que mon peuple avait besoin de moi à la tête de mon armée, et de combattre, plutôt que la laisser se faire massacrer par Roan. Elle nous a rappelé à juste titre que nous ne pouvions rien faire de plus désormais à Polis, et que notre présence en tant que prisonniers ne serait pas ce qui nous sauverait désormais. »

Je l'écoute attentivement, contente d'entendre qu'Octavia a mené a bien sa mission, et inspire profondément. Je connais cette culpabilité que je peux lire dans ses yeux, et dans l'expression de son visage.

« J'ai bien failli ne pas l'écouter, me demandant même si je serai désormais capable de mener à nouveau dignement le reste de mon armée. Elle en serait surement bien plus capable que moi, mais le problème était qu'elle ne serait jamais partie sans moi. »

« Et elle a eu raison, Indra. »

« Pardonne-moi d'avoir failli, Heda. J'ai été faible. » m'avoue t'elle, honteuse d'elle-même.

J'inspire profondément.

« J'ai été faible en mettant Octavia en danger, en abandonnant mon peuple, et en abandonnant la Coalition. Anya aurait eu tellement honte de mon comportement, je ne mérite pas l'honneur d'être encore à tes côtés. » me dit-elle en serrant les dents.

« Notre véritable faiblesse n'est pas d'avoir des sentiments, Indra. Notre véritable faiblesse est de nous cacher d'eux. »

Lorsque je lui dis cela, je la vois déglutir, la gorge serrée et les lèvres pincées.

« Kane a choisi de rester là-bas, c'est cela ? » reprends-je, tout en déportant à nouveau mon regard vers elle.

« Oui, et je l'ai laissé faire. Fuir Polis était selon lui donner une raison supplémentaire à Roan d'attaquer rapidement Arkadia. Il nous a donc demandé de trouver Luna et de protéger ce qu'il restait à protéger, s'en remettant à Clarke qui avait disparue, et qui pour lui, représentait malgré tout notre meilleur espoir. Il espérait qu'elle soit retournée auprès de sa mère. Avant qu'on ne quitte la cellule, il m'a remis ceci, et m'a demandé de le remettre à Abby, en son absence et en l'absence de Clarke. » continue t'elle, en sortant d'une de ses poches la broche de Chancelier, qui est pour la Skaikru le poste équivalent à leur chef de clan. « Mais lorsqu'il m'a demandé cela, il m'a aussi transmis un message pour elle : il porte la marque de ta Coalition, et son allégeance ainsi que celle de son peuple envers elle est le seul moyen d'assurer sa sécurité. On doit se battre pour sauver la Coalition. C'est pour cela qu'il est resté à Polis. Pour donner un peu plus de temps à Clarke. Cette insigne, c'est véritablement à Clarke qu'elle revient. Abby ne doit jamais s'opposer à sa fille, voilà son message. »

Je plonge mon regard dans le sien, et finis par saisir cette broche, que je remettrai en mains propres à Abby.

« S'il savait que tu es en vie Heda, les ordres de Kane seraient de te suivre. Il nous a fait promettre de faire marcher Trikru et Skaikru côte-à-côte, quoi qu'il arrive. C'est un homme d'honneur, à qui j'ai appris à faire confiance, et que j'estime énormément. »

« Je me chargerai de délivrer le message à Abby. Ainsi qu'à Clarke. Et nous marcherons tous ensemble sur Polis. Je n'abandonnerai pas Kane, s'il est toujours en vie. » lui confirmé-je dans un signe de tête, auquel elle répond respectueusement, juste avant de s'éloigner en direction de sa seconde, et de faire tomber son épée, pour se mettre en garde face à elle, ce qui ravie Octavia qui s'en sent immédiatement honorée.

Pendant que je les regarde avec fierté, je fais tourner lentement cet objet entre mes doigts. Je ne sais pas si Kane est toujours en vie, ni si Roan ne va pas le faire tuer en sachant que j'arrive. Dès qu'il le saura, la survie de Kane ne sera absolument plus assurée, mais c'est bien son sacrifice qui a donné le temps nécessaire à Clarke pour me trouver, et qui a finalement sauvé Arkadia en lui accordant le répit nécessaire. Je serre la mâchoire, et durcis mon regard en pensant qu'il va maintenant falloir que je parle à Clarke de mes projets… Et à Abby, qui va devoir accepter que sa fille parte pour la Capitale, qui lui aura très certainement déjà pris l'homme qu'elle aime.


Lorsque je pousse la porte de l'infirmerie, mon regard croise immédiatement celui de Clarke, assise en bord de la table d'examen, qui s'empresse de retirer sa main jusqu'à présent recouverte par celle de la personne qui se tient toujours dos à moi. Lorsqu'elle m'entend entrer, cette dernière se retourne sereinement, et m'adresse un regard malgré tout surpris, sous celui complètement confus et mal-à-l'aise de Clarke. Je stoppe mes pas, et les observe un instant, brisant ce qui apparemment s'apparente à un lien relativement intime. Clarke reste silencieuse, complètement gênée de ce geste qu'elles partageaient, et surtout devant moi. Je peux presque voir de la panique dans son regard, dans lequel je plonge le mien, tout en rehaussant la tête. Niylah baisse les yeux, respectueuse comme à son habitude, puis regarde ensuite Clarke, avant d'esquisser un léger sourire. Dans un petit soupir, elle finit par totalement se retourner face à moi, pendant que Clarke lui adresse un petit sourire gêné, au travers duquel elle semble s'excuser. Je peux alors comprendre que nous sommes deux dans cette pièce à ignorer la réelle nature de la relation de Clarke avec l'autre. Puis mon regard se déporte vers Niylah, qui ne tarde pas à tenter de s'éclipser, mais je lève subitement la main en lui demandant silencieusement de ne pas sortir. Je reste néanmoins contrariée et attends de Clarke quelques explications. Lorsque je les vois toutes les deux arborer ces attitudes, je comprends rapidement que quelque chose s'est passé entre elles et je ne peux m'empêcher de regarder sévèrement Clarke, à qui je reproche de ne m'avoir rien dit. Quelle est la réelle nature de leur relation ?

Clarke finit par se lever pour me faire face, en grimaçant légèrement sur la douleur que son bras lui procure lorsqu'elle s'appuie dessus pour se laisser glisser sur le sol, le tout sous le regard protecteur et inquiet de Niylah, qui ne peut masquer son affect pour elle. J'inspire profondément et déglutis, avant de m'avancer à sa rencontre. Malgré mon envie de l'enlacer, je n'en fais rien et me positionne face à elle, en attendant patiemment qu'elle prenne la parole.

« Lexa… » tente t'elle d'une voix confuse, presque suppliante.

Je sais qu'elle peut lire la contrariété dans mon regard et sur chacun des traits de mon visage. Je croise mes bras sur mon abdomen, et déporte mon regard sur Niylah qui ne tarde pas à s'approcher pour arriver à la hauteur de Clarke, juste avant de lui poser une main compatissante sur l'épaule. Je serre les dents, et tente de me contenir. Je connais Niylah depuis des années, et finalement, ce n'est pas à elle que je reproche quoi que ce soit. Mais je sais que Clarke me cache quelque chose, et je ne partirai pas d'ici avant qu'elle ne m'ait dit de quoi il s'agit.

« Malgré tout le respect que je te dois, Heda, je pense que je n'ai pas ma place ici. Je serai dans la réserve à comptabiliser les ressources restantes. » nous dit-elle, tout en attardant son regard dans celui de Clarke, qui se contente d'acquiescer d'un signe de tête.

Une fois Niylah sortie, je fais silencieusement quelques pas sur le côté, pendant que Clarke s'appuie à nouveau contre le lit, visiblement épuisée. Lorsque je la vois peiner à se soutenir, je me rapproche d'elle et lui saisis naturellement le bras pour l'aider. Elle pose alors sa main sur la mienne, et m'invite à la regarder à nouveau. Dans son regard, il n'y a que de l'amour mêlé à de la culpabilité.

« Niylah m'a accueillie quelques fois lorsque je vivais dans les bois. Elle m'a permis de me cacher, alors que j'ignorais qu'elle savait qui j'étais réellement. Je pensais être chez elle incognito et donc ne pas la mettre en danger… Elle a fait comme si de rien n'était, et m'a même protégée quelques fois lorsque des hommes me recherchaient. Elle a été la bienveillance dont j'avais besoin, m'a laissé l'espace nécessaire, et a été d'un très grand soutien. Je… » continue t'elle, en appuyant davantage sa main contre la mienne, « Ce n'est arrivé qu'une seule fois, et j'en suis profondément désolée, crois-moi. » finit-elle par m'avouer, dans un regard empli de remords, qui pourrait laisser croire à n'importe qui que le monde entier repose sur ses épaules.

Je me lève subitement, et sens mon coeur se serrer, tandis que ma gorge se noue d'une manière si douloureuse que j'ai envie de crier pour la libérer. Je déglutis tant bien que mal, et lève les yeux au ciel, dos à Clarke dont je ressens la nervosité parcourir chaque parcelle de ma peau, qui frissonne de manière incontrôlable à cette idée.

« Lexa… »

« Je dois parler à ta mère. Repose-toi. » lui réponds-je, en la regardant d'un regard dur et fermé, juste avant de prendre la direction de la sortie.

« Lexa ! » m'appelle t'elle encore, sans que je ne me retourne, trop contrariée pour l'écouter me parler de son aventure, aussi brève fut-elle.

Je quitte rapidement la pièce, et marche d'un pas déterminé dans ces couloirs qui me paraissent si peu avenants et si froid, en particulier en ce moment. Le visage fermé, la mâchoire serrée et le regard haut, tous ceux que je croise me saluent respectueusement, et je peux voir des hommes se hâter dans les préparatifs de la guerre à venir. Abby n'étant pas auprès de sa fille, je suis presque sûre de savoir où la trouver. Je tourne alors à gauche, et arrive devant une énorme porte faite d'acier, gardée par deux hommes qui s'empressent de l'ouvrir sur mon passage. Je la traverse et pénètre dans un grand hangar, qui leur sert d'entrepôt. L'agitation y est à son comble, certains fouillent des caisses pour y attraper des armes à feu et des munitions, d'autres compartimentent les provisions pour les lister. J'entends à peine les salutations de mes hommes qui sont en train de prêter main forte aux membres de mon treizième clan, tant mon esprit est ailleurs. Mais lorsque mon regard croise le sien, je lui accorde quelques instants et stoppe mes pas, juste avant de dévier dans sa direction. Un carnet de notes à la main, Niylah me regarde approcher, et décide alors de le poser sur la caisse ouverte juste devant elle. La douceur de son visage me ramène à l'évidente réalité qu'elle a su apporter à Clarke ce dont elle avait besoin au moment où elle en avait besoin, alors que je venais de la trahir devant les portes de Mount Weather pour sauver mon propre peuple. J'enrage et ai envie de la blâmer, et pourtant je n'y parviens pas. Clarke avait besoin d'elle et elle était là. Suite à ma décision, elle a eu besoin de s'isoler, et Niylah l'a accueillie et protégée. Je ne pouvais pas attendre mieux d'elle. Si j'avais pu dire à Clarke tout ce que ma décision me coutait au moment où je l'ai prise, si elle avait été capable de comprendre que je faisais réellement ce choix avec ma tête et non mon cœur… Si elle avait senti le déchirement que j'ai ressenti lorsque je lui ai tourné les talons, et les larmes que j'ai ravalées en sentant son désespoir, elle n'aurait peut-être pas cherché du réconfort dans les bras d'une parfaite inconnue. Si elle ne m'avait à ce point haïe pour une décision qu'elle-même n'aurait pas hésité une seule seconde à prendre…Dans le regard de Niylah, je peux néanmoins voir toute la confusion qu'elle éprouve face à cette situation gênante. Lorsque nous étions enfants, il m'est déjà arrivé d'y être confrontée, bien qu'il ne s'agissait pas d'une histoire de coeur à l'époque. Elle finit par relever les yeux vers moi, m'offrant ainsi toute sa sincérité, juste avant d'esquisser un léger sourire.

« Elle n'a jamais voulu me dire la réelle raison de sa fuite. La grande WanHeda, qui un jour, a débarqué chez moi, me demandant de m'occuper de son butin. Puis, se sentant en sécurité, elle est revenue le lendemain, et le jour d'après, et celui encore d'après. J'ai de suite su qu'elle fuyait quelque chose de trop lourd à porter pour elle, mais ne lui ai jamais posé la question de savoir ce que c'était. A la seconde où elle a franchi la porte, j'ai pourtant su QUI elle était. Là où moi je ne lui portais que de l'admiration pour sa victoire contre la Montagne, elle ne le voyait pas ainsi. Elle ne voyait aucun honneur ni aucune fierté dans son geste. Aucune victoire. J'ai donc fini par me dire qu'elle ne fuyait que son geste dont elle était incapable d'apprécier la grandeur des conséquences, parce qu'elle refusait de voir qu'elle venait de mettre fin à des décennies de souffrance pour nous, mais en fait… »

Je me tends face à elle et inspire profondément, tout en restant silencieuse. Je ne peux pas lui donner tort, je sais pertinemment que Clarke m'a profondément détestée et blâmée pour ce qu'elle considérait être une trahison de ma part.

« Je sais aujourd'hui que la réelle raison était qu'elle te fuyait, toi. Son cœur était meurtri, et elle ne se considérait à ce moment-là que l'ombre d'elle-même. Je n'ai fait que l'écouter. Si j'avais su… Mais j'ai toujours respecté l'intimité de ses pensées et de ses sentiments, et je pense aujourd'hui que les blessures de son cœur étaient bien trop profondes pour qu'elle accepte de les partager avec moi. »

« Tu as préféré partager son corps… » lui lancé-je, avec sarcasme.

« Elle ne m'a jamais donné plus que cela, et je ne lui demanderai jamais plus. Tu es la seule qui possède son cœur, maintenant c'est chose évidente, et tu as su le panser là où elle n'a laissé personne d'autre le faire. Quand je l'ai revue l'autre jour, je l'ai bien compris. Il n'y a que toi depuis le début, depuis qu'elle te connaît. Tu le sais Lexa, sinon tu m'aurais déjà tuée. »

« Elle t'a remis la Flamme, c'est ça ? »

« Oui, et je l'ai cachée comme elle me l'a demandé. Si j'avais su que tu étais en vie… Lorsqu'Indra est venue me chercher, j'ai saisi comme chacun d'entre nous cette chance de m'élever enfin contre Azgeda. Si Clarke n'était pas passée juste avant je ne l'aurai peut-être pas fait, mais son passage n'était pas anodin. Elle n'a jamais voulu me dire où elle allait, et m'a juste demandé de la protéger à tout prix. Elle fera tout pour toi, Heda… et elle fera tout pour tous nous sauver. Vous représentez l'espoir que notre peuple n'a plus depuis ta chute, et ensemble, vous êtes plus fortes que jamais. »

Je relève les yeux vers elle, en sachant qu'elle a raison, mais reste pourtant silencieuse un instant. La gentillesse et la bienveillance qu'elle dégage, et ce depuis toujours, me font lever les yeux au ciel, lui concédant qu'elle est plutôt clairvoyante de la situation. Je n'arrive pas à lui en vouloir d'avoir protégée Clarke, et je sais à quel point elle nous est dévouée. Je me contente cependant de m'en remettre à la décision de Clarke, que je sais raisonnable et judicieuse concernant la Flamme. Personne n'ira la chercher auprès de Niylah.


Le soleil est à son zénith, alors que je déambule au milieu de mes hommes qui se préparent tous au combat à venir. Je marche la tête haute dans ce camp que j'ai bien failli détruire jadis, et qui aujourd'hui regroupe la quasi totalité de mes forces armées. Je sens les regards respectueux se poser un à un sur moi, et les salutations battent leur plein sur mon passage, pendant j'inspire profondément en observant un peu plus loin sur ma gauche Indra et Octavia qui entrainent leurs hommes. Cette dernière se détourne vers moi en me voyant approcher, juste avant de me saluer respectueusement et de venir à ma rencontre. Mais je ne m'attarde pas très longtemps à leurs côtés, et après avoir entendu de très bonnes nouvelles sur la motivation de mes hommes à marcher sur Polis avec moi, je leur adresse un petit sourire en coin soutenu par un regard déterminé avant de prendre congé d'elles. Voir cette osmose dans ce camp et entre tous ces hommes me réjouit, et c'est avec fierté que je m'imprègne de la force qui se dégage de ces cœurs battants à l'unisson dans un but commun. Leur liberté et notre survie à tous dépendent de notre réussite, et je ne laisserai rien ni personne se mettre en travers de mon chemin et de notre victoire. Chaque homme témoigne de son implication dans cette guerre pour la liberté, et chaque volonté est de fer. Je suis là, et je compte bien les mener vers cette paix à laquelle j'aspire tant. Vers cette paix pour laquelle tant d'entre nous sont déjà tombés, et vers cette paix pour laquelle je donnerai ma vie. Vers cette paix que nous leur avons déjà fait toucher du bout des doigts avec Clarke, même si cela a été de courte durée et incompris par certains. Au moment où je pense cela, mon regard croise celui de Bellamy, qui serre l'épaule d'un geste convivial à l'un des membres de Skaikru, juste avant qu'il ne relève la tête en se pinçant légèrement les lèvres. Je ne stoppe pas mes pas, et peux le voir appuyer longuement son regard dans le mien, avant qu'il n'incline respectueusement la tête à mon égard. Je ne lui fais pas confiance, et je ne pourrai jamais totalement le faire après ce qu'il s'est passé. Mais une chose me paraît claire aujourd'hui, pour sa sœur et pour Clarke, il ne fera plus demi-tour. Et si cela devait être le cas, je n'hésiterai pas à le tuer. Mais il m'a encore prouvé récemment que m'en remettre à Clarke n'est peut-être pas une mauvaise idée, et un risque que je dois prendre. Je finis par briser cet échange silencieux, pour pénétrer à l'intérieur de « l'Arche » comme ils l'appellent. La main posée sur mon épée, et le buste droit, j'avance d'un pas assuré vers cette pièce dans laquelle je sais que je vais retrouver Raven, qui m'a faite demander quelques minutes plus tôt. Cela fait maintenant deux jours que nous sommes ici, et demain nous allons enfin marcher sur Polis. J'ai donc passé la journée d'hier à mettre en place notre plan de bataille, et faire le tour de notre armée, nos provisions et motiver nos troupes. Mes ordres ont été distribués et l'ordre maintenu par mes chefs de rangs et de clans. Clarke se repose toujours, et reprend des forces, sa mère y veille. Après concertation avec Indra et n'en déplaise à son frère, j'ai ordonné à Octavia de prendre le commandement de l'armée de Skaikru, secondé par son frère. Je sais qu'elle le maintiendra dans les rangs, et ce clan a besoin d'être mené par l'un des « leurs » pour se sentir en sécurité. Clarke n'étant pas totalement en état, jusque là, Octavia est pour moi la meilleure personne capable de les mener à mes côtés. Tous savent que son cœur est Trikru, mais tous connaissent aussi son désir de paix entre tous les clans, ce même désir pour lequel Lincoln est mort. Son exécution a aussi rendu une partie des hommes redevables à Octavia, tous ceux qui ont suivi Pike dans sa folie meurtrière savent qu'ils portent le sang de plusieurs centaines d'hommes sur leurs mains, y compris celui de Lincoln. Ils redoutent donc son désir de vengeance, et marcher à ses côtés et aux miens, est pour eux la meilleure façon de se racheter et pouvoir espérer une paix durable. Avec Indra à la tête de Trikru, Octavia à la tête de Skaikru et Luna à celle de Floukru, sous mon commandement et celui de Clarke, Azgeda n'a aucune chance. Lorsque nous serons arrivés à la Capitale, les autres clans s'inclineront, les forces de Roan seront trop faibles, même si je sais pertinemment qu'il les a déjà rassemblées aux portes de Polis. Mais il n'a plus la chef de son armée, qui sans elle, est fragilisée, bien que cela ne soit qu'une question de temps avant qu'il la restructure, par la force s'il le faut. C'est pour cette raison que nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre davantage. Nous partirons à l'aube.

Je pousse la porte de la salle informatique dans laquelle se trouvent Luna, tout sourire, et Raven, qui saute de joie, le visage radieux. Lorsqu'elles m'aperçoivent, les deux reprennent contenance, et une ambiance beaucoup plus sérieuse tombe intensément et instantanément sur la pièce. Luna se redresse et croise ses mains devant elle, tout en jetant malgré tout un regard en coin et un sourire dissimulés à la jeune ingénieure, qui ne peut s'empêcher de faire subitement demi-tour, faisant voler dans les airs sa longue queue de cheval. Elle saisit d'une manière brusque un papier posé sur le bureau et s'approche à nouveau de moi, sous un regard presque protecteur et fier de Luna, qui ne manque pas de m'échapper. Elle me présente le papier dans un grand sourire et lorsque je le saisis sans manifester quoi que ce soit d'autre, et pose mes yeux dessus, je peux y voir un code entouré de manière si brutale que le papier en est presque déchiré. Je lève un sourcil à son intention, impatiente qu'elle me confirme ce que j'en déduis.

« J'ai le code ! » finit-elle par enfin me dire, en rehaussant fièrement son port de tête.

Je lance un regard silencieux à Luna, dans lequel elle comprend qu'enfin le moment tant attendu est arrivé. Mais dans le sien je peux y lire autre chose, une fierté personnelle lorsque cette fille finit par nous obtenir cette solution salutaire pour tous nous sauver. Nous savons depuis le début que le rôle de Raven est capital, et c'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai demandé à Luna de veiller personnellement sur elle durant ces deux derniers jours. Dans son attitude, et la façon qu'elle a de la regarder, je comprends qu'une certaine complicité s'est créée, et que ce lien dépasse désormais les rôles respectifs qu'elles ont à tenir. Raven la cherche du regard et la trouve, et dans les yeux de Luna brille une étincelle que je ne lui ai pas revue depuis une éternité. Elle est attachée à cette fille, pourtant si différente d'elle. Je rends à Raven son bout de papier, et la remercie d'un regard silencieux, mais pourtant bien parlant.

« Je vais prévenir Clarke. » s'empresse t'elle de me dire, alors qu'elle s'apprête à quitter la pièce, et que j'acquiesce. « Commander… » m'interpelle t'elle subitement en revenant légèrement vers moi, « …Cela signifie que la Flamme sera détruite, de manière irrémédiable. »

« Je sais. » lui réponds-je sans aucun doute dans la voix, suscitant une légère surprise de sa part.

« Clarke avait l'air de… »

« Clarke sait qu'il faut faire ce qui est nécessaire. Notre priorité est de sauver tout le monde. Tu dois faire ce qu'il faut pour arrêter cette menace. » la coupé-je avec détermination.

Luna ne détache pas son regard de Raven, et l'observe même passer l'angle de la porte en boitillant après qu'elle m'ait adressé un regard sincèrement reconnaissant pour ma réponse. Puis Luna finit enfin par poser à nouveau son regard dans le mien, tout en esquissant un sourire avant de lever les yeux au ciel. Elle étouffe même un petit rire moqueur concernant la réaction excentrique de Raven. Je fais quelques pas en avant et me retourne à nouveau vers elle qui a à présent saisit son épée, et la reporte à sa ceinture avant de me faire face.

« Nous allons enfin pouvoir partir sur Polis pendant que… »

« Raven ira entrer les codes dans l'espoir que nous soyons tous sauvés. » me coupe t'elle, en baissant les yeux, avec une pointe d'inquiétude dans la voix. « J'espère qu'elle pourra mener à bien sa mission… »

« Nous allons lui donner le temps nécessaire pour cela. Marcher sur Polis gardera aussi les regards d'Azgeda braqués sur nous, Raven aura le passage libre et Roan ne pense actuellement qu'à protéger ce qu'il a pris illégitimement et il le sait. La recherche de la Flamme n'est désormais plus sa priorité, il sait que je suis en vie, et il sait que j'arrive. » lui dis-je, d'un ton assuré, et déterminé. « Raven devra faire vite, mais c'est ainsi aussi que nous assurerons aussi sa sécurité. Je vais la faire accompagner. »

Lorsque je dis cela, Luna relève subitement le regard, contrariée. Elle serre légèrement les dents, avant de reprendre la parole :

« Qui va l'accompagner ? »

Elle n'attend même pas la réponse pour manifester une inquiétude certaine. J'inspire profondément et lie mes mains devant moi avant de faire quelques pas sur le côté. Puis je me retourne à nouveau vers elle, qui n'a pas bougé et est toujours tendue, attendant impatiemment ma réponse qui tarde à venir. Et pour cause… Je sais que Raven doit être protégée, et celle qui est le plus à même de le faire, c'est Luna. Mais j'ai aussi besoin d'elle pour marcher à mes côtés sur Polis. Je serre les dents face à la difficulté de la décision que je dois prendre, avec pourtant une impression qu'elle ne me revient pas de droit. Son attachement pour Raven est visiblement sincère, et bien que la raison m'échappe, sa clairvoyance et son aptitude au combat la désignent sans nul doute possible comme étant la plus à même de la protéger envers et contre tout. Je finis donc par me retourner vers elle.

« Si tu veux le faire, accompagne-la. » lui dis-je fermement.

« Tu veux que je l'accompagne ? » me demande t'elle, complètement surprise par ma réponse.

« Je veux que Raven soit en sécurité. Il repose autant de choses sur elle que sur le fait qu'on reprenne Polis. Nous devons être sur deux fronts, et gagner sur les deux, sinon l'un sans l'autre ne servira à rien. Tu es surement la plus à même de protéger Raven, et j'ai confiance en toi. Tu sais tout ce qui repose sur elle. »

« Nous devons reprendre Polis. » me lance t'elle sur un ton presque réprobateur.

« Je reprendrai Polis, avec ou sans toi. » lui réponds-je, plus déterminée que jamais.

Soudain, la porte s'ouvre violemment, laissant apparaître Clarke et Bellamy qui pénètrent rapidement dans la pièce. Son regard croise le mien, ce qui n'a presque pas été le cas depuis deux jours. Le bleu de ses yeux se heurte au vert des miens, et Clarke ne tarde pas à froncer les sourcils tout en jetant un regard furtif à Luna, bien qu'en s'adressant à moi.

« Je viens de croiser Raven, ca y est, elle a réussi. Elle doit partir rapidement, alors qui l'accompagne ? » s'empresse t'elle de nous demander, comme si elle avait été présente quelques instants plus tôt dans la pièce pour assister à notre conversation.

Je me redresse et appuie mon regard dans celui de Luna, invitant Clarke et Bellamy à faire de même. Ce dernier s'avance un peu plus dans la pièce, et, tout en nous faisant face, lance à haute voix un « Je vais le faire. » assuré. J'incline la tête à son égard, satisfaite d'entendre cela, bien que Luna sache qu'elle a toujours la possibilité de le faire, ce qui me rassurerait davantage.

« Luna… » lui demandé-je de se prononcer, devant l'air interrogateur de Clarke qui ne comprend pas ma décision.

Il lui paraît évident que Luna doit m'accompagner à Polis, mais pour moi il en est autrement. Protéger Raven est aussi important que de reprendre Polis, bien-sur que Clarke le sait, mais cela ne l'empêche pas de protester silencieusement. Je le vois à l'expression de son visage, ouvertement contrariée. Sa lèvre supérieure se relève légèrement, et je la sens chercher le soutien de Bellamy qui visiblement ne comprend pas non plus. Il se contente de déglutir, en serrant la mâchoire, tandis que Luna, elle, inspire profondément, comme prise entre deux feux. Mon regard s'intensifie, et l'espace d'un instant, personne ne bouge dans la pièce. Un silence solennel s'en empare, jusqu'à ce que Luna finisse par le briser.

« Je t'accompagne à Polis. » me répond t'elle, d'une voix posée mais bien ferme et déterminée.

Dans mon regard, elle peut alors comprendre que je lui demande si elle est sûre d'elle, et elle finit par hocher la tête pour confirmer sa décision. Je peux entendre son cœur battre la chamade d'ici, et deviner son tiraillement entre son devoir, qui lui impose de sauver son peuple et marcher à mes côtés, et son cœur qui la supplie de ne pas faire la même erreur deux fois en laissant quelqu'un qui lui est cher sans défense. La culpabilité de la mort de Costia la ronge toujours, et contrairement à elle, Raven n'est pas réellement en mesure de se défendre. La laisser partir sans réelle protection est presque comme l'abandonner. Mais ne pas venir avec moi est en un sens abandonner son peuple tout entier, et les responsabilités qu'elle a de nouveau embrassées à mes côtés.

« Bien… » conclué-je. « Raven partira donc avec Bellamy et Niylah. »

« Mettons une autre personne avec eux. » insiste Clarke.

« Non. » réponds-je sèchement, la mettant en colère.

« On ne peut pas prendre le risque de les laisser partir seulement tous les trois. En plus, on pourrait avoir besoin de Bellamy ici. » proteste t'elle, en se plantant face à moi.

Je serre les dents, et m'apprête à lui répondre, lorsque Bellamy prend la parole.

« Je serai plus utile avec Raven. » tente t'il de lui expliquer en s'approchant d'elle à son tour, pendant qu'elle se retourne vers lui. « Elle a besoin d'être protégée, Niylah est une bonne guerrière, et personne n'a réellement besoin de moi ici. Octavia… n'a plus besoin de moi, elle a des centaines d'hommes derrière elle, et Indra. Et toi… » continue t'il en plongeant son regard dans le mien. « Toi, tu as Lexa. »

Clarke se retourne vers moi un court instant, avant de se résigner à lui donner raison. J'inspire profondément, et empoigne le pommeau de mon épée à ma ceinture. Bien-sur que je protègerai Clarke, il n'a jamais été envisageable qu'il n'en soit pas ainsi. Cette dernière esquisse un léger sourire confus et maladroit à mon attention, auquel je ne réponds pas nécessairement.

« Bien… Je vois que je n'ai pas réellement le choix. » concède t'elle, en se retournant vers les deux autres.

« Je vais préparer le Rover, nous partirons dès que possible. Normalement nous pourrons être à Polis dans trois jours maximum, j'ai étudié le plan de route. » m'affirme Bellamy.

« Très bien. Vois avec Nyilah pour les détails.» lui ordonné-je.

Il acquiesce et appuie son regard un court instant dans celui de Clarke qui incline alors légèrement la tête, juste avant qu'il ne prenne la direction de la sortie. A ma grande surprise, et alors que je m'attends à ce qu'elle me demande des explications, elle n'en fait rien et prend la direction de la sortie à sa suite, sans un mot de plus. Je la regarde s'éloigner, et aperçois furtivement le dernier regard en coin contrarié qu'elle m'adresse. Contrarié et malgré tout désolé. Elle sent comme moi qu'une certaine tension persiste entre nous depuis deux jours, et je ne lui ai absolument pas laissé la moindre occasion de s'excuser ou encore s'expliquer quant à sa relation avec Niylah, trop occupée à gérer mes hommes et elle, à se reposer. Je ne suis d'ailleurs toujours pas sûre que son état lui permette de chevaucher à mes côtés vers Polis comme elle compte le faire, mais nous parlons de Clarke. Il me sera presque impossible d'entacher sa détermination à se tenir avec moi à la tête notre armée. Luna s'apprête à sortir à son tour de la pièce lorsque je l'interpelle :

« Es-tu sûre de toi ? » lui demandé-je à nouveau, stoppant de manière nette ses pas.

« Oui. » me répond t'elle, sans même se retourner, mais en relevant la tête.

« Je te connais Luna. » reprends-je, en m'avançant à sa hauteur.

« Je t'ai dit que je serai à tes côtés cette fois-ci. » me répond t'elle en me faisant maintenant face.

« J'aurai aimé qu'elle soit là aujourd'hui, tout comme toi. » lui confessé-je.

« Costia aurait été là, à tes côtés. Elle aurait été là sans jamais reculer, sans jamais faiblir. Liam aurait été là, Anya et Astria aussi. Là où aujourd'hui je vais me tenir, parce que nous n'avons plus le choix... La guerre est à nos portes, et est aussi la seule voie possible à emprunter pour retrouver cette paix à laquelle nous aspirons tous. J'ai passé du temps avec Raven, c'est une personne forte, très forte. Blessée oui, mais sa force est toute autre. Elle est dans la pureté de son cœur, et dans sa détermination. Alors oui, Lexa, j'ai appris à la connaître en passant ces deux jours constamment avec elle, et à travers elle, j'ai aussi appris à leur faire confiance. Et oui, je tiens à elle. Mais ma place est à tes côtés, pour qu'on en finisse une bonne fois pour toutes avec Azgeda. » finit-elle par me répondre, avec une détermination sans faille.

Je lui adresse un sourire complètement satisfait par cette réponse.

« Alors, allons préparer nos hommes. » lui dis-je, en sortant d'un pas déterminé de la pièce, pendant qu'elle se tient à mes côtés.


Du haut d'une de leur tour de guet comme ils les appellent, j'observe l'ensemble de notre armée s'atteler aux derniers préparatifs. Les mains agrippées au rebord, je suis plus concentrée que jamais. Devant moi, Raven enlace Luna à quelques dizaines de mètres en contre-bas. De son geste se dégage beaucoup de douceur et de leur accolade beaucoup d'affection et de sincérité. La main de Luna vient délicatement effleurer la joue de son amie, et sur son visage un léger sourire se dessine lorsque leurs regards se mêlent. Raven la serre à nouveau dans ses bras, avant de mettre son sac sur le dos sous le regard protecteur et malgré tout un peu inquiet de Luna. Puis elle fait demi-tour, et se précipite d'un pas bancal à cause de sa jambe vers le Rover garé proche de l'entrée. Lorsqu'elle s'en rapproche, elle lève les yeux vers moi, et je peux alors lire toute sa détermination à aller au bout de sa mission. Niylah est déjà assise dans le véhicule, et Clarke appuyée à sa fenêtre en train de lui parler. Bellamy fait signe pour qu'on ouvre les portes juste avant de prendre place au volant, et j'ordonne alors à Indra d'un signe de tête de faire dégager totalement le passage. Pendant qu'elle crie ses ordres, Luna rejoint le Rover et adresse un dernier sourire à Raven qui vient d'enlacer Clarke pour lui dire au revoir, avant de prendre place sur le siège passager. Cette dernière lui ferme la portière, et Bellamy commence à faire ronronner le moteur. Une fois le passage entièrement dégagé, le regard de Clarke se porte vers moi, et elle ne tarde pas à monter rapidement les marches pour venir me rejoindre en haut de la tour. Ensemble et silencieusement, nous les regardons partir dans un léger nuage de poussière, pendant que les portes du camp se referment derrière eux. Puis je me retourne à nouveau vers ce qu'il se passe à l'intérieur, et Clarke fait de même. Nous observons l'euphorie et la peur de chaque homme qui s'élèvent de l'intérieur de ces murs, la détermination de se battre pour notre liberté et l'appréhension de ce que demain réserve. Chacun aborde l'avenir différemment, mais une seule chose leur est commune : la liberté. Après ce que nous avons tous vécu, je ne laisserai personne nous priver à nouveau de notre droit d'exister, et d'exister librement et ensemble. Je sens le regard de Clarke se déporter vers moi, et perçois sa confusion, bien que je regarde toujours nos hommes en contre-bas. Soudain, un grand éclat de voix attire notre attention, et je durcis mon regard en voyant le tableau qui se déroule au loin devant nous sur la droite. Un homme lève violemment son verre en l'air, visiblement alcoolisé, et crie à tout va des choses presque incompréhensibles, surtout pour nous qui sommes loin. Je le reconnais, et serre instantanément la mâchoire. Si l'un de mes hommes ne l'avait pas rapidement stoppé, juste avant que son ami Monty n'intervienne en le soutenant parce qu'il ne tient même plus debout, après lui avoir pris son verre et l'avoir jeté, je serai descendue le faire moi-même. Je l'aurai volontiers ramené à sa réalité, et surement pas en lui offrant le verre de l'amitié !... J'agrippe encore un peu plus fort le rebord, en déglutissant, et entends Clarke souffler fortement de désespoir. Alors qu'ils sont sur le point de rentrer à l'intérieur de l'Arche, Monty lance un regard réellement inquiet et concerné à Clarke, qu'il sait observer la scène à mes côtés. Jasper relève à son tour ses yeux globuleux, et lorsqu'il nous voit, il lui reste assez de lucidité pour nous saluer d'un geste hautain et narquois de la main, comme pour mettre à l'épreuve notre indulgence à son égard. J'inspire profondément et lui déverse toute ma haine et ma colère. Si Clarke ne se tenait pas entre lui et moi, je l'aurai déjà fait enfermer depuis bien longtemps pour éviter qu'une telle attitude, qui peut s'avérer plus menaçante que jamais par les temps qui courent et ce qui se prépare, ne risque de mettre en péril la bonne cohésion qui règne actuellement dans nos rangs. Je sais que Jasper tient des propos anti-guerre, nous pensant d'ores-et-déjà tous condamnés, acceptant donc de se faire massacrer par Azgeda, puisque de toute manière, les radiations nucléaires auront à terme raison de nous. Il laisse le désespoir s'emparer de lui depuis bien longtemps déjà, et n'a aucun scrupule à le laisser également se répandre parmi nos hommes. Je ne peux tolérer cela plus longtemps. Ayant assisté à la scène, Indra lève les yeux vers moi, attendant mes ordres. J'incline la tête, et elle demande donc de suite à Octavia de l'accompagner. Surprise, Clarke se retourne subitement vers moi.

« Qu'est-ce que tu fais ? »

« Je le fais enfermer, il est trop menaçant maintenant pour le reste de nos hommes. »

« Jasper ne ferait pas de mal à une mouche, il est simplement perdu, et… » tente t'elle de le défendre.

« Je ne vais pas laisser un homme mettre en péril ce qui se prépare, Clarke. » lui réponds-je, avec un son sec et ferme. « Jasper a eu sa chance, qu'il n'a pas su saisir, et dans cet état il est plus dangereux que jamais. »

« Tu ne peux pas l'enfermer, il ne le supportera pas. Lexa, je t'en prie, il est juste désespéré et n'entrevoit pas que nous pouvons réussir. Il n'y croit simplement pas, et tu n'as pas le droit de blâmer un homme parce qu'il perd espoir. » proteste t'elle. « Nous avons failli tous mourir et il y a encore si peu de temps, tu n'étais même pas là pour voir ce par quoi nous sommes passés ! » finit-elle par hausser le ton, plus blessante que jamais dans ses paroles.

Choquée et blessée par ses propos, je durcis les traits de mon visage et ravale difficilement ma salive. Je sens une lame me transpercer cœur, et je serre les dents d'une manière incontrôlable pour ne pas être aussi blessante qu'elle si je lui réponds. Je me redresse alors et la regarde presque dédaigneusement, la blâmant de remettre en cause mon jugement quant à la meilleure chose à faire pour maintenir la bonne cohésion au sein de notre armée. Qui est-elle pour juger ma capacité à mener nos hommes ? Je tente tant bien que mal de me contenir, face à une Clarke qui, en une demi-seconde, réalise qu'elle a dépassé les limites. Son regard change, mais c'est trop tard.

« Je ferai TOUT pour gagner cette guerre. » lui dis-je hargneusement, juste avant de tourner furieusement les talons.

Je n'ai pas de temps à perdre pour l'écouter se confondre en excuses, si jamais elle envisage même de m'en présenter, et connaissant même son orgueil qui peut être parfois démesuré, je ne suis même pas sûre qu'elle en ait réellement eu l'intention. Je n'ai pas envie de me battre contre elle, pas maintenant, et je ne laisserai pas Jasper ou quiconque être un obstacle à la paix que nous cherchons tant à rétablir. Clarke doit pouvoir comprendre cela. Nous n'avons pas toujours le choix et ne devons pas céder à nos états d'âme. La compassion se mérite, et l'indulgence aussi. Elle doit apprendre cela, et je n'ai pas le temps de lui faire la morale, ni même l'envie. Elle a su me blesser en me rendant responsable de ne pas avoir été là, et même si au fond de moi je sais qu'elle n'en pense pas un mot, elle l'a quand même dit. Nous en parlerons plus tard. En attendant, j'ai des ordres à distribuer et le premier sera de maintenir quoi qu'il en coute Jasper éloigné de mes hommes.


Je souffle profondément de soulagement de voir cette journée si pénible enfin se terminer, et retire mon manteau que je balance sur le lit métallique qui se trouve dans le coin de la pièce. La luminosité est très faible, et je n'ai presque pas mangé ce soir. Mon estomac est noué, et ma poitrine douloureuse. La réaction de Clarke un peu plus tôt dans la journée m'a profondément blessée, mais j'aurai surement dû lui laisser une chance de me présenter des excuses. Je n'accepte pas qu'elle remette en cause mon jugement et mon bon sens, mais peux malgré tout comprendre qu'isoler l'un de ses amis ne soit pas une chose facile à concevoir pour elle. Cependant, elle doit aussi être capable de comprendre qu'aucune menace ne peut être tolérée, peu importe d'où elle vient. Il n'y a pas si longtemps, nous avons toutes les deux beaucoup perdu et sacrifié pour en arriver là, et ni Jasper ni personne ne doit pouvoir mettre tout cela en péril, rendant ainsi tout ce que nous avons vécu inutile et vain. Je retire mon poignard de ma cuisse et le dépose sur la petite table qui siège dans la pénombre de la pièce. Abby m'a invitée à loger dans ses quartiers durant mon séjour, qui ne sont à mon goût pas très chaleureux. Aucune bougie, aucun éclairage naturel, juste la lueur atroce des néons. La matière qui prédomine en ces lieux n'est que froide, et la seule chaleur qui y règne vient du cœur des hommes. Je souffle, regrettant le confort de Polis, et l'espace d'un instant je me demande ce que Roan a bien pu en faire. Je sens ma gorge se serrer et saisis malgré tout mes cheveux pour commencer à les lâcher, défaisant mes tresses une à une, en me disant que bientôt Polis retrouvera la vie et la prospérité qu'elle connaissait il y a encore si peu de temps. Puis je saisis un linge posé sur une petite étagère et entreprend de m'ôter mon maquillage, lorsqu'on frappe timidement à la porte.

« Entrez ! »

Sans même me retourner, je sens sa présence envahir la pièce, et je sais pertinemment qui se tient actuellement à l'entrée de la chambre, dans mon dos. Je dépose la glace de laquelle je me sers pour me démaquiller, et appose délicatement la serviette sur la table devant moi. Sans un mot, je me retourne doucement, et lui fais à présent face tandis qu'elle s'avance enfin vers moi en agitant nerveusement ses mains juste devant elle, comme si elle cherchait ses mots. La fatigue se lit sur ses traits tirés, et la lumière n'arrange rien.

« Je suis… désolée, Lexa. » commence t'elle d'une voix douce et emplie de remords. « Je n'aurai jamais dû te parler comme je l'ai fait, ni même remettre en question ta décision. Je … »

La voyant réellement confuse et ne remettant absolument pas en doute sa sincérité, je me radoucis et me détends enfin.

« Je sais que Jasper représente un danger, il est hors de contrôle depuis Mount Weather, et raisonnablement, la meilleure façon de le garder sous contrôle est bien de l'enfermer tu as raison… du moins, tant que nous n'avons pas repris Polis, et que Raven n'est pas revenue. »

Je m'approche délicatement d'elle, jusqu'à pouvoir toucher son visage mais n'en fais rien dans un premier temps. Au lieu de cela, je cherche son regard fuyant et lorsque je le trouve, je m'y accroche jusqu'à l'emprisonner dans le mien.

« Et moi je suis désolée de ne pas t'avoir laissé une chance de t'excuser. Je n'ai pas apprécié que tu remettes en question ma décision concernant Jasper, mais je peux comprendre que voir ton « ami » enfermé n'est pas facile après tout ce que tu as vécu. Tu n'avais pas non plus le droit de me reprocher de ne pas avoir été là, avec vous. Je sais que tes mots ont dépassé ta pensée, mais cela n'en reste pas moins blessant, et injuste.»

« Je sais. »

« Mais j'ai aussi ma part de responsabilité, j'aurai dû te consulter plus tôt. J'aurai pu le faire, et cela n'a pas été le cas. »

Soudain, surprise, Clarke affiche un sourire non dissimulé accompagné d'un haussement de sourcil, quelque peu moqueur, ce qui m'amène à être moi-même un peu surprise et confuse.

« Si j'avais un jour pensé t'entendre t'excuser… » me taquine t'elle, en s'approchant un peu plus de moi d'une allure féline, jusqu'à frôler ma joue en approchant son visage du mien.

« Je sais reconnaître mes torts… Quand j'en ai. » tenté-je de me défendre, sans réelle envie de me battre.

« Je sais. Mais les avouer, c'est autre chose. C'est ce qui fait… de toi ce que tu es. » me dit-elle à l'oreille.

Je lui saisis la joue et ramène son visage en face du mien avant de l'embrasser fougueusement à pleine bouche, tandis que je la sens s'abandonner complètement à mon baiser et à la chaleur de mes lèvres. La douceur des siennes m'a tellement manquée ces deux derniers jours, et je sens chaque parcelle de ma peau frémir au contact de la sienne lorsque ses doigts viennent se promener sur mes avant-bras dans un premier temps, juste avant d'aller se perdre dans ma nuque. Mais alors que je cherche à partager avec elle cette passion infinie, à lui faire sentir à quel point sa présence est importante et son corps rend le mien complètement dépendant à ces moments de bonheur partagés, laissant derrière nous ces derniers jours, elle exerce une légère traction sur ma nuque, brisant ainsi notre étreinte en retenant mon visage entre ses mains.

« Je suis désolée aussi pour Niylah. Les réelles excuses que l'une de nous doit à l'autre, c'est cela. Je te dois des excuses et pas l'inverse. Je t'en voulais tellement, et… elle était là. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, j'étais seule, perdue, confuse, je ne savais plus qui j'étais ni même qui je voulais être… et je m'en veux. » m'avoue t'elle en baissant les yeux et en ayant du mal à déglutir.

Je peux voir sa gorge qui se serre, et je réalise à cet instant toute la chance que j'ai de l'avoir à mes côtés, et à quel point ce qui nous lie est profond. L'honnêteté et la confiance. J'aurai pu la laisser continuer de se confondre en excuses toutes plus sincères les unes que les autres, mais je lui relève le menton, et dans une extrême douceur, lui souris, ce qui la ravit autant que ne la déstabilise.

« C'est ce qui fait de toi… ce que tu es. » lui murmuré-je dans un timide sourire.

Et dans autant d'espoir qu'on se promet mutuellement que de désespoir de me perdre un jour, elle vient appuyer passionnément ses lèvres contre les miennes, et sa langue vient à la rencontre de ma bouche. Je la serre fort contre moi, et commence à passer mes doigts dans ses cheveux. Clarke et moi avons tellement de choses à régler, demain nous partons en guerre et tout mon peuple compte sur nous. Mais demain n'est pas encore arrivé. L'avenir ne nous fait pas peur, même si nous ignorons ce qu'il nous réserve, et nous décidons, ensemble, de vivre le moment présent. Ses mains passent sous mon haut, et elle le fait remonter le long de mon torse pendant que je lève les bras pour l'autoriser à me l'ôter. Dans un sourire étincelant, je viens me blottir contre elle et ne tarde pas à l'emporter dans l'immensité de la nuit à mes côtés. Elle est une étoile que je ne laisserai jamais s'éteindre. Elle est l'étoile que je désire voir à jamais briller… et illuminer mes nuits. L'aube n'est pas encore là, et lorsque nous la vivrons, nous le ferons côte-à-côte, main dans la main, plus fortes que jamais. Présentement, je laisse ses mains parcourir mon corps entier et son âme enlacer la mienne. Je la laisse m'aimer infiniment, autant que moi je l'aime. D'une manière inconditionnelle et démesurée.


Lorsqu'elle ouvre les yeux, je la regarde en souriant. L'observer dormir de manière si apaisée, si insouciante, me rappelle pourquoi je dois tous les mener vers un avenir meilleur, dans lequel nos nuits pourront être aussi belles, reposantes et innocentes que celles de Clarke lorsqu'elle est dans mes bras, et moi dans les siens. Alors qu'elle s'éveille petit à petit, je saisis doucement la petite boite dans laquelle je conserve ma poudre et y plonge mon index dedans. Je suis presque prête, il ne manque à ma préparation que la mise en place d'une partie du symbole de mon pouvoir. De ma main gauche, je soulève la petite glace, et croise donc mon propre regard dedans, plus déterminé que jamais. Je m'assois sur la seule chaise présente de la chambre, et sais que dans très peu de temps nous devrons marcher au milieu de non hommes pour les mener dignement vers l'avenir qu'on leur promet. Je l'entends gémir en s'étirant mais ne me retourne pas, et commence à tracer le contour de mes yeux de noir. Puis je fais descendre mon index sur ma joue et une larme se dessine alors. Soudain je sursaute légèrement, sentant ses bras m'entourer les épaules. L'odeur de sa peau vient enivrer mes sens, et je souris malgré le sérieux de la situation. Je repense à cette fois où elle est entrée furieusement sous ma tente, alors que j'étais en train de me refaire mon maquillage. Je n'avais pas apprécié, mais qui d'autre que Clarke aurait pu faire cela, malgré mon statut qui lui imposait déjà à l'époque le respect le plus total. Je lui dépose un baiser sur l'avant-bras, et reprends le traçage de ce maquillage que tous me connaissent si bien.

« Le regard que tous respectent… Le maquillage de Heda. » me dit-elle, en m'observant dans le miroir que je maintiens toujours. « J'ai toujours profondément admiré le respect que tous portent à ce masque, et à la femme derrière lui. »

« Ce maquillage n'était pas comme cela au début… » lui confié-je, perdue l'espace d'un instant dans mon passé.

« Que représentent ces larmes ? » me questionne t'elle d'une voix douce.

« Je l'ai modifié après la mort de Costia… Avant, il n'était qu'un simple bandeau noir. » lui réponds-je, en me retournant vers elle. « Il symbolise tout ce à quoi j'aspire, et me rappelle tout ce que j'ai perdu pour en arriver là. Après sa mort, je me suis jurée de ne plus jamais apposer une seule autre larme sur mon visage, et lorsque je suis revenue devant ma Coalition, tous se sont inclinés devant moi, et ont surtout compris que rien n'arrêterait plus ce masque. Mais à la mort d'Anya, une ultime larme y a coulé. Certains le perçoivent comme l'antre de la terre qui s'élève jusque dans mon regard dévastateur, certains le respectent et l'honorent, tandis que d'autres le craignent. A chaque fois que je le trace, il me rappelle que j'ai déjà bien trop saigné. Il nourrit ma détermination, et il est de coutume chez nous d'orner nos visages de maquillage lorsque nous partons en guerre, ou pour moi, lorsque la situation l'impose. »

« Malgré toute la souffrance qu'il représente, il est aussi porteur d'un message bien plus grand. Il te représente toi. Heda. Leksa Kom Trikru. Plus le temps passe et plus ton peuple le voit. Ce masque c'est aussi l'espoir aujourd'hui, ils ne te suivent pas uniquement parce qu'ils ont peur de toi, mais parce qu'ils croient en toi, même en se cachant derrière leur désir de guerre. Ils ne veulent plus faire la guerre pour faire la guerre, ils veulent la faire pour gagner la paix. » me répond t'elle, en déposant ses yeux dans les miens.

Je désigne alors silencieusement la poudre du regard, pendant qu'elle se tient debout face à moi. Je me relève face à elle, et plonge le doigt dans le petit récipient, pendant que Clarke me sourit. Le silence qui nous entoure est bien plus parlant que n'importe quel mot, et la sincérité de nos sourires mêlée à l'intensité de notre détermination n'ont pas d'égales.

« Je pense qu'il est temps que tu me fasses l'honneur de dessiner celui de WanHeda. » me demande t'elle en brisant le silence, avec une détermination dans la voix que j'aime tant lui entendre.

Me conformant à son désir que je partage depuis bien longtemps déjà, je commence alors à lui tracer fièrement le contour des yeux pendant qu'elle les ferme. Lorsqu'elle les ouvre à nouveau, le contraste du bleu de ses yeux sur le noir de son maquillage les rend encore plus perçants. Je la regarde et, satisfaite, m'imprègne de toute la force qu'elle dégage à cet instant, droite, fière, déterminée… belle. Mais alors qu'elle attrape le miroir pour se regarder dedans, j'appose ma main sur la sienne pour lui signifier de patienter encore un peu. La touche finale n'est pas mise, et je lui trace alors délicatement trois larmes qui s'envolent vers le haut, légèrement inclinées vers l'implantation de ses cheveux, de chaque côté de ses tempes.

Je lui tends enfin le miroir et alors qu'elle regarde ce qui sera désormais son masque de guerre, je la vois sourire complètement satisfaite. Elle en comprend totalement le sens sans que je ne lui explique, parce qu'elle accepte enfin totalement et entièrement ce qu'elle est. Sur son visage apparaît désormais le « W » de WanHeda, et certains y verront la force tombée du ciel, là où moi je symbolise la puissance de la terre. Parce qu'entre le ciel et la terre, il y a la vie.


Tous les regards s'inclinent face à nous et les cris s'élèvent sur notre passage. Les premières lueurs du jour apparaissent et tous sont prêts, le passage se créer naturellement devant nous, tandis que nous avançons côte-à-côte, d'un pas simultané, majestueusement. Je peux voir Indra nous saluer toutes les deux respectueusement, et à ses côtés, Octavia regarde Clarke pour la toute première fois avec une fierté non dissimulée. Elle incline à son tour la tête et saisit son épée qu'elle dégaine, pendant qu'Indra fait de même. Ensemble, elles s'écrient pour la victoire à nos côtés. Du cœur de nos hommes, seulement deux mots sont désormais perceptibles au milieu de leur envie de marcher derrière nous. « HEDA »… « WANHEDA »… Lorsque nous arrivons à la hauteur de Luna, elle aussi porte son maquillage de guerre, et je peux la voir appuyer longuement son regard dans celui de Clarke, pour finir par la saluer d'un geste silencieux de la tête, avant de me sourire.

Nos chevaux nous sont amenés, et après avoir regardé fièrement Clarke, nous les montons. Puis je me retourne vers nos hommes, et lève le bras attirant à tous leur attention. Leur impatience se fait sentir, tous comme leur allégeance à notre cause. Luna monte également à cheval, et tous attendent notre signal. Clarke me regarde, pendant que son cheval manifeste lui-aussi son envie d'aller écrire son histoire telle qu'il a envie de la vivre, et non telle qu'Azgeda veut nous l'imposer.

« POUR TOUS CEUX QUE NOUS AVONS PERDUS ! « m'écrié-je, face à cette centaine d'hommes et de femmes prêts à se battre pour retrouver leur liberté.

« ET A TOUS CEUX QUE NOUS ALLONS BIENTOT RETROUVER ! » s'écrie WanHeda, en dégainant à son tour son épée, geste et attitude très symboliques pour nous, ce que l'intégralité de nos hommes ne manque pas de remarquer.

Les cris de nos guerriers me rendent fière et heureuse de me battre à côté de chacun d'eux, et mon regard se pose dans celui de Clarke, dont la détermination est aussi forte que la mienne. Rien ne pourra nous arrêter.

Pendant que nous talonnons nos montures en entrainant l'armée derrière nous, je regarde Clarke dont le corps bouge au rythme des pas de son cheval. Elle appuie son regard dans le mien et me dit dans un sourire fier.

« Nous allons leur apporter la justice. »

« Nous allons leur apporter la paix. » lui réponds-je, plus déterminée que jamais.

Nous pensons toutes les deux à la première fois où nous nous sommes dit cela. Le corps sans vie de la Reine d'Azgeda était derrière nous, mais une partie de mon armée devant nous, massacrée injustement. Aujourd'hui, le Roi d'Azgeda est devant nous, caché derrière des murs en attendant ma venue, mais mon armée entière est derrière moi, cette fois-ci bien vivante et prête à se battre. Les circonstances sont différentes, mais l'espoir que nous apportons aux hommes est le même. Raven reste l'unique inconnue de cette entreprise de paix durable. C'est donc le cœur empli de courage et de détermination que nous marchons dignement vers Polis, en attirant tous les regards vers nous, pendant que les pas d'une multitude d'hommes valeureux résonnent dans nos entrailles. La guerre approche.