Disclaimer : Les personnages appartiennent à Stephanie Meyer, seule l'histoire est de moi. Le contexte et les personnages secondaires appartiennent à Shonda Rhimes.
Note de l'auteure : A l'attention de mes petits loups ! Et oui, me revoilà ! Et avec un nouveau chapitre en plus ! Je suis désolée de l'attente, mais sachez que vous m'avez manqué ! Tout comme mes personnages, d'ailleurs. Et pourtant je n'ai pas écrit une ligne ! Ce qui fait que ce chapitre est le dernier écrit. Je l'avais écrit un peu avant de partir, et l'ai finit juste avant de partir. Mais je n'ai pas eu le temps de répondre aux reviews avant de m'en aller, et donc je n'ai pas pu poster. Je poste mercredi au lieu de dimanche, d'une part parce que je vous ai suffisamment fait attendre, et d'autre part parce que je ne serais pas là du week end ! Je ne pouvais pas vous faire ça !
Sinon, j'ai quand même écrit un peu, puisque j'ai finit le chapitre suivant de Temps qui attend, temps qui espère. Il faut juste que je trouve le temps de répondre aux reviews, et je posterais. Je vais essayer de travailler la semaine prochaine pour la suite des deux fics, histoire d'avoir quelque chose à vous poster le dimanche 27 ! En attendant, bonne lecture, j'espère que ce chapitre vous plaira ! Des bisous tout plein !
Réponse aux reviews :
Mauricette : Ah la la, tes théories…. Je ne peux rien te dire malheureusement, où serait le fun sinon ? Mais tu vas avoir quelques réponses à tes questions dans le chapitre suivant, enfin dans celui que tu vas lire d'ici quelques secondes. Il était temps ! J'espère ne pas t'avoir trop fait attendre, et ne pas te faire trop attendre pour la suite. Je sais où je vais, mais faut-il encore l'écrire… En tout cas, merci pour ton soutien, merci d'aimer ce que j'écris, et merci surtout de me suivre ainsi. C'est toujours un plaisir de lire tes commentaires, et de voir que tu rentres autant dans mon histoire. Bref, je vais m'arrêter avant de me transformer en fleur bleue. J'espère que la suite te plaira. J PS : Non, je n'étais pas en vacances, loin de là !
Grazie : Merci pour ta review, encore ! Ne sois pas trop dure avec Jasper, on dit de ces choses quand on est en colère ! J'espère que les réponses de ce chapitre t'aideront à le voir un peu différemment. Bonne lecture !
Camelia Bella : Merci ! Merci ! Merci ! C'est bien d'être Girl Power, mais que serions-nous sans les hommes ? De qui pourrions-nous bien nous plaindre ? Lol, j'espère que tu aimeras la suite, bonne lecture !
Alex16 : Désolée de vous avoir laissé sur cette fin, mais il faut bien ménager le suspens ! Et pour tout te dire, je ne l'ai pas même fait exprès. Mais j'ai une vie en dehors de cette histoire, et je ne pouvais pas dire : bah non, désolée, mais mes lecteurs attendent ! Sinon, j'espère que tu vas aimer la suite. Bonne lecture !
Romane : Et oui, je suis un peu vicieuse sur les bords ! J'aime torturer mes petits lecteurs ! Non, sérieusement, désolée, mais je ne pouvais pas faire autrement. Mais le voici le voilà, le chapitre des révélations ! J'espère que tu aimerais !
Annetoutsimplement : Non, non, coqs EN pattes ! Lol, je me suis peut-être un peu gourée, désolée… Sinon, voici u des tiroirs qui se révèle… J'espère que tu en aimeras le contenu ! Merci encore pour ta review, c'était… wouaoh ! J'adore quand tu dissèques tout, c'est grandiose ! Continues ! J'adore ! Bref, hâte de lire ce que tu penseras de ce chapitre ! Et bonne lecture J
Larosesurleau : Ah ah ! Désolée, il va falloir lire la suite pour savoir tout ça J Bonne lecture !
G6K : Je suis désolée, mais je crains que les tortures verbales ne soient terminées. Ou tout du moins, réduites fortement. Pour les réponses, par contre, c'est maintenant ! Merci d'aimer, et désolée de t'avoir fait attendre J Enjoy le prochain chapitre !
Paulipopo : Ton surnom est canon ! Sinon, les voici, les réponses à tes questions ! Merci pour ta review, et bonne lecture !
Rosabella01 : Dommage que tu ne t'en souviennes pas, mais je te promets que ça n'a rien à coir avec ma fic. Tout sort de mon crâne, à tel point que je me demande parfois s'il n'y a pas plusieurs personnes là-haut, lol ! Sinon, les voici, les fameuses réponses à toutes nos questions. J'espère que cela te conviendra ! Bonne lecture J
Hp-draco : J'en conclue que tu aimes les fics centrées sur le perso de Draco ! Perso, j'adorerais en faire une, mais je trouve le personnage compliqué et j'ai peur de ne pas respecter la trame de son caractère. Et je déteste les fics qui dénaturalisent le personnage, lol. Du coup, j'ai un peu la frousse de m'y confronter. Et puis, j'ai déjà du boulot avec mes deux fics en cours. Bref, lol. Merci pour ta review qui m'a fait très plaisir. J'espère qu'elle continuera à te plaire. Sur ce, bonne lecture J
Oliveronica Cullen Masen : La voici ! Merci de me lire :J
Chanur : Euh… Je crois que ta review est incomplète. Je n'ai pas la fin de ta phrase, mais je crois que j'ai compris le sentiment principal, lol. Mais tu sais, parfois, quand on est en colère, on dit des choses qu'on ne pense absolument pas. Enfin, peut-être que tu le comprendras un peu mieux à la fin de ce chapitre. Sur ce, bonne lecture, et merci encore pour tes reviews !
DiNozzo-NCIS : Bon, toi, tu es un(e) fan d'NCIS ! Que penses-tu du départ de Ziva et du double épisode d'introduction de la dixième saison ? Sinon, merci pour ta reviex, et j'espère que la suite va te plaire J
Nina12 : J'adore tes commentaires, j'adore le fait que tu aies commenté chaque chapitre que tu as lu ! Merci infiniment, j'espère que tu aimeras le suivant, et que tu le commenteras également !
Chapitre 9 :
I let you see the parts of me
That weren't all that pretty
And with every touch you fixed them
Now you've been talking in your sleep oh oh
Things you never say to me oh oh
Just give me a reason
Just a little bit's enough
Just a second we're not broken just bent
And we can learn to love again
It's in the stars
It's been written in the scars on our hearts
We're not broken just bent
And we can learn to love again
Just give me a reason - Pink
Personne n'avait rien dit. Bella avait immédiatement contacté Jo, l'interne, et lui avait demandé, à titre personnel, de rester auprès de Rosalie jusqu'à ce que quelqu'un de la famille ne vienne prendre le relai.
Alors qu'ils sortaient tous de l'hôpital, ils se dirigèrent vers différentes directions, puisqu'ils étaient venus à plusieurs voitures. Elle vit qu'Emmett était toujours déboussolé, tout cela était un peu trop pour lui, et elle ne voulut pas le laisser seul, alors que Jasper et Alice prenaient la voiture de cette dernière, et que Carlisle et Esmée se dirigeaient vers la leur.
- Emmett, tu viens avec moi.
Il ne releva même pas la tête vers elle alors qu'elle l'apostrophait, et se contenta de la suivre, la tête toujours baissée. Il semblait soulagé que quelqu'un pense pour lui, qu'elle lui dise quoi faire et quand, comme incapable de penser à lui, de prendre n'importe quelle décision. Elle se doutait qu'il était encore très secoué par tous les événements des derniers jours, et autant elle savait attendre ces explications depuis des années maintenant, autant elle n'était pas sure que le moment soit bien choisi, et surtout qu'Emmett supporterait d'autres révélations et d'autres changements.
Alors qu'elle démarrait, elle jeta un coup d'œil en coin à son ami. Il avait les deux coudes posés sur ses genoux, légèrement espacés, la tête entre les mains. Il s'ébouriffa les cheveux, se releva et se secoua la tête, comme pour se débarrasser de quelque chose, ou de quelques idées morbides.
Elle le tira de ses pensées, lui parlant d'une voix étrangement basse.
- Ca va ?
Il tourna la tête vers elle, apparemment surpris qu'elle ne lui adresse la parole. Il allait pour dire quelque chose, puis sembla se raviser. Au lieu de quoi, il tourna la tête vers la route avant d'ouvrir la bouche.
- Non. Rosalie devrait être là. Elle les a attendus plus de cinq ans ces fichues explications.
- Je sais.
Le silence reprit ses droits jusqu'à la maison des Cullen.
Une fois arrivés et garés devant la maison, alors qu'Emmett amorçait déjà le geste de sortir de la voiture, Bella resta fermement assise au volant. Il se retourna vers elle et referma la portière de la voiture. Il s'assit et ne dit rien pendant plusieurs minutes, semblant vouloir lui laisser le temps de se reprendre. Bella avait les poings crispés sur le volant. Arrivait enfin un moment qu'elle avait longtemps attendu, et pourtant, elle n'était pas sure d'en avoir réellement envie. Pas maintenant. Elle avait peur d'avoir encore plus mal en sortant de cette maison qu'en y entrant. Elle fut sortie de ses pensées par Emmett, qui la fixait un sourire timide aux lèvres.
- Allez Bella. C'est juste un mauvais moment à passer.
Elle lui sourit, comme elle put, et s'extirpa de la voiture.
Quand ils rentrèrent dans la maison, ils se rendirent directement dans le salon où le reste de la famille les attendait. Rosalie manquait cruellement à l'appel et chacun en était conscient. Les autres étaient déjà assis, couplés. Bella serra la mâchoire en avisant les mains reliées de Jasper et d'Alice. Emmett le remarqua et attrapa sa main à son tour alors qu'ils prenaient place sur un canapé, leur faisant face.
Carlisle fut le premier à prendre la parole au milieu d'un silence gêné.
- Bien. On vous écoute.
Jasper prit une profonde inspiration, comme pour y chercher du courage.
- Alice et moi ne sommes pas mariés.
Esmée l'interrompit.
- Nous savons ça, Jasper.
- Non, ce que je veux dire, c'est nous ne le sommes ni officiellement, ni officieusement.
- Je… je ne comprends pas, finit par répondre sa mère, semblant véritablement perdue.
Il hésita un instant, et Alice serra sa main plus fort. Il se tourna vers elle, et son sourire, reconnaissant, tendre, porta un nouveau coup à la poitrine de Bella. Qu'il en finisse, se dit-elle.
- Nous ne sommes pas ensemble, et ne l'avons jamais été.
Les réactions ne se firent pas attendre. Les « Quoi ? », les « Comment ? » et les « De quoi tu parles ? » s'entrechoquèrent et bien vite ils ne s'entendaient plus parler. Sauf Jasper et Bella. Le premier ne quittait pas la deuxième du regard, qui elle, avait entrouvert la bouche pour parler et s'était interrompue. Pour dire quoi ? Elle ne comprenait pas. Elle n'y comprenait rien.
- Explique-toi, intervint Carlisle.
Jasper reporta son attention sur son père, détournant difficilement le regard de Bella.
- Il y a plus de cinq ans maintenant, je travaillais pour le bureau du procureur. A l'époque, tous les flics de la ville tentaient de mettre la main et de coffrer Aro Volturi. Avec lui, ils auraient pu mettre à terre une bonne partie de la mafia italienne de Seattle, puisqu'il en était à la tête. Alors quelle aubaine quand sa belle-fille elle-même s'est présentée de son propre chef au bureau du procureur. On a gardé l'information la plus secrète possible, pour éviter les fuites, même au sein de la police.
- J'étais enceinte, intervint Alice, les larmes aux yeux, et je ne voulais pas que cet enfant naisse dans ce milieu, dans ce monde là. Si jamais c'était un garçon, je savais quel serait l'avenir qui lui serait réservé. J'avais peur de la vie que je lui offrais. Mais je n'avais nulle part où aller…
Elle s'interrompit, incapable de continuer. Ses yeux étaient fuyants. Jasper prit la relève à son tour.
- Elle nous donnait des informations. J'étais son référent, la personne avec qui elle communiquait. J'étais le plus jeune du bureau et donc le moins reconnaissable. On se retrouvait toujours au même restaurant. Le problème c'est que les informations qu'elle nous donnait ne faisaient pas suffisamment avancer le dossier. Jamais rien de concluant. Aro ne lui faisait pas assez confiance. Et puis un jour elle m'a appelé en pleurant, et je lui ai donné rendez-vous à notre place habituelle.
Il secoua la tête, comme pour se sortir de ses pensées, ou pour se reprocher quelque chose.
- J'ai été stupide. Imprudent même. J'étais inquiet et au lieu de l'attendre à l'intérieur comme d'habitude, je l'ai attendue à l'extérieur.
Alice lui adressa un regard indulgent.
- Tu sais bien que ce n'était pas ta faute. Ils nous auraient vus quand même, ils seraient rentrés dans le resto. Et puis, j'ai tout autant ma part de responsabilité dans cette histoire. Si je ne t'avais pas sauté dans les bras…
Bella retint sa respiration. C'était ridicule, vraiment, mais l'imaginer lui sauter dans les bras comme le premier film à l'eau de rose lui serra les entrailles. Elle apprenait qu'ils n'étaient pas ensemble, que leurs lèvres ne se touchaient jamais, qu'ils ne faisaient pas l'amour, qu'elle n'avait pas droit à toutes ces caresses qu'elle, elle connaissait par cœur, et la jalousie la prenait parce qu'il l'avait brièvement serrée dans ses bras ? D'un autre côté, elle n'y croyait pas vraiment à toute cette histoire. Pas encore. Elle venait de passer des années à la haïr, à penser qu'il l'avait trompée, qu'il avait pourri tout ce qui avait fait leur histoire et leur vie jusqu'à ce moment, pour apprendre que… que quoi, au juste ? Elle n'avait pas encore apprit grand-chose.
Elle allait leur demander de continuer, mais Emmett la devança.
- Arrêtez de vous renvoyer des politesses un instant, et expliquez-vous. Ça n'a aucun sens tout ça.
Jasper et Alice tournèrent la tête, non vers lui, mais vers elle. Puis reprirent le fil de leur histoire.
- Elle était en pleurs quand elle est arrivée. Elle a couru vers moi et je l'ai réceptionnée. Je l'ai réconfortée.
Il haussa les épaules en signe d'impuissance, comme pour lui expliquer qu'il ne voyait pas bien ce qu'il aurait pu faire d'autre. Cette histoire avait du tourner et retourner dans sa tête des centaines de fois, si elle était à l'origine de son départ.
- Le problème, c'est que deux des hommes de main de Volturi nous avaient suivis. Et il ne fallait pas être devins pour comprendre ce qu'ils s'imaginaient. Pas question après ça de renvoyer Alice chez elle. Nous l'avons cachée, mais elle ne rentrait pas dans le programme de protection des témoins, puisqu'il n'y avait officiellement aucune affaire en cours.
Il s'arrêta, hésitant sur la suite. Cherchant les mots, certainement. Comment expliquer. Comment leur expliquer.
- Il valait mieux que les Volturi pensent qu'Alice avait une liaison, plutôt qu'elle donnait des informations au bureau du procureur. C'était bien moins dangereux.
- Pourquoi ?, intervint Bella.
Elle avait besoin de savoir. Chaque détail. Besoin de comprendre chacun de ses raisonnements. Ces événements avaient changé sa vie de façon drastique, et avaient bien failli l'envoyer directement dans la tombe, les deux pieds devant. Alors elle se disait qu'elle avait tous les droits de savoir, et qu'ils avaient le devoir de tout lui dire.
Jasper se tourna vers elle, comme rassuré de lui voir enfin une réaction.
- Alice ayant une liaison, ça ne posait problème qu'à son mari, Aro Volturi ayant d'autres problèmes sur le moment. Quelques histories avec les Irlandais. Caïus voudrait se venger, c'était certain, mais Aro ne prendrait pas part à l'affaire. Et si Caïus devenait trop obsédé par cette histoire, Aro l'aurait replacé rapidement sur le chemin de ses priorités. Par contre, s'ils avaient apprit qu'Alice donnait des informations sur eux au procureur, Aro se serait complètement impliqué, et il ne faisait aucun doute qu'il l'aurait fait tuée.
Il y eut un long silence avant que Carlisle ne prenne la parole, le médecin en lui reprenant du service. Pragmatisme et logique.
- Donc, maintenant, … vous … vous êtes revenus à la case départ ?
- Pas vraiment, répondit Jasper, Aro Volturi a été arrêté et mis en prison pour une très lourde peine il y a près d'un an. Mais ils n'avaient rien contre Caïus et son père s'est dépêché de le décharger de toute responsabilité dans ses affaires, histoire qu'il puisse reprendre la suite en toute impunité.
Bella comprenait jusque là. Tout cela paraissait logique et elle saisissait pourquoi ils avaient choisi de laisser croire aux Volturi qu'ils avaient une liaison. Mais pourquoi le leur faire croire à eux ?
- Ok. maintenant, si vous nous expliquiez pourquoi vous avez cru bon de nous servir le même mensonge, à nous, Jasper ? Ta famille ?
Emmett. Encore et toujours. Les bonnes questions, au bon moment. Et il n'avait toujours pas lâché sa main. Bella le bénit d'être là pour elle, et d'être ce qu'il était.
- Au moment où ils nous ont vus, ils n'avaient aucune idée de qui j'étais. Et ils ne m'avaient vu que de loin, approximativement. Je savais qu'ils mettraient un moment à savoir qui j'étais. Mais je savais aussi qu'ils y arriveraient. Et moi ici, en contact avec vous, ce n'était pas seulement moi que je mettais en danger. Merde, je connaissais la mafia. Je travaillais sur ce dossier. Je savais tout de leurs méthodes d'intimidation, et de torture. Ils auraient commencé par Bella. Moi parti, avec Alice sans doute, coupant tout contact avec ceux que j'aimais… vous ne leur serviez plus à rien.
Il se tourna vers elle, et haussa les épaules encore une fois, impuissant, tout comme à l'époque. La façon dont il la regardait…
- Quel autre choix j'avais ?
Puis, plus doucement.
- Je voulais attendre la fin de tes examens. Alors on a tout mis en place avec le procureur, et une semaine après, nous étions partis.
Que dire ? Que faire ? Alice et Jasper attendaient très certainement leurs réactions, mais personne ne disait mot, chacun étant occupé à tenter de prendre la pleine mesure des révélations qui venaient d'être faites. Bella était certaine que Carlisle et Esmée s'empresseraient de lui pardonner, trop heureux de retrouver le fils qu'ils pensaient avoir perdu. Après tout, il n'y avait rien à pardonner, n'est-ce pas ? Elle savait qu'il disait la vérité. Au fond d'elle-même, elle avait toujours su que tout ceci n'avait aucun sens. Qu'il la quitte passe encore, mais qu'il quitte toute sa famille, sans presque jamais donner signe de vie ? C'était déjà beaucoup plus difficile à croire connaissant Jasper.
Mais elle ? Etait-elle prête à pardonner ? Après tout ce qu'elle avait vécu ? Elle savait qu'elle n'avait plus vraiment de raison de lui en vouloir. Et pourtant, cette rancœur ne disparaissait pas. Et ce ne serait pas le cas tout de suite. Comment faire disparaitre cinq années de souffrance ? Comment faire disparaitre toute cette colère, toute cette rancœur, qu'elle avait cultivée pendant si longtemps ?
Il y avait une question, pourtant…
- Tu dis que tu es parti pour nous protéger, pour me protéger. Mais pourquoi m'avoir fait croire que tu me quittais pour une autre ? Que tu me trompais ? Je… je ne comprends pas.
Il se tourna vers elle, le regard presque suppliant. Il voulait qu'elle comprenne, qu'elle le comprenne.
- Je ne pouvais rien te dire, Bella…
- Je sais, le coupa-t-elle, plus virulente. Je comprends bien cette partie-là. Mais tu n'étais pas obligé de me faire croire qu'il y avait quelqu'un d'autre…
Il détourna les yeux.
- Je ne t'ai jamais fait croire ça. Tu en as tiré tes propres conclusions. Si j'étais parti comme un voleur, tu aurais tenté de me retrouver…
- Mais la lettre…
Il la regarda à nouveau dans les yeux, excluant clairement les autres de la conversation, mais ils écoutèrent consciencieusement chacun de ses mots.
- Je n'ai pas menti dans cette lettre. Je n'ai fait que te dire ce que je pouvais te dire. Tu en as tiré tes propres conclusions. Mais je n'ai jamais…
Bella chercha. Elle connaissait cette lettre sur le bout des doigts. Pourtant, elle ne l'avait jamais relue, après ces quelques jours, les derniers qu'elle avait passés dans leur appartement. Mais les mots n'avaient jamais voulu quitter sa mémoire. Malgré tout ce qu'elle avait pu faire pour les oublier.
« Bella,
Quand tu liras cette lettre, je serais parti. Et je ne peux pas t'expliquer pourquoi. J'aurais aimé rester, t'épouser et passer ma vie à tes côtés, crois-moi, mais cela ne m'est plus possible.
Peut-être nous sommes-nous rencontrés trop jeunes, peut-être avons-nous fait les mauvais choix à un moment donné. Très certainement même. Je ne suis plus capable de tenir mes promesses, je ne peux pas continuer à vivre cette vie. Crois-moi, si je restais, nous en souffririons tous deux tellement.
J'ai rencontré une femme, et je pars avec elle. N'essaie pas de me retrouver, cela ne servirait à rien. Je sais à quel point tu vas me haïr, et même si les choses sont probablement mieux ainsi, mon cœur se brise à cette pensée. J'aurais aimé pouvoir te dire tout ceci en face, j'aurais tant aimé pouvoir tout t'expliquer.
Tu n'imagines pas à quel point il m'est difficile de partir, de te quitter, de tous vous quitter. Mais je ne peux pas la laisser. Ma place est auprès d'elle désormais.
Prends soin de toi, je t'en prie. Vis, aime, sois heureuse, sans moi. C'est tout ce que je te demande. Tu me jugeras hypocrite, mais je pense vraiment qu'en partant, et en coupant tout contact avec toi, je le fais pour ton bien.
Je ne t'oublierais pas, jamais. Tu seras toujours dans mes pensées. Une partie de mon cœur te sera toujours réservée, à toi et à tout ce qu'on a vécu. Et j'en chérirais chaque moment, tant que je vivrais.
Je t'aime,
Jasper. »
Alors qu'elle repassait encore et encore chaque mot que contenait cette lettre dans ses pensées, elle se rendit compte qu'ils n'avaient plus la même signification qu'ils avaient toujours eu pour elle. Maintenant elle comprenait ce qu'ils disaient. Maintenant, connaissant toute l'histoire, elle était capable de lire entre les lignes.
- Jasper, tu… je te crois pour le « nous n'étions pas ensemble », c'est pour le « nous ne l'avons jamais été » que… je ne comprends pas. Je veux dire, vous avez vécu ensemble pendant plus de cinq ans, vous faisant passer pour un couple, élevant un enfant ensemble…
Elle savait qu'elle était ridicule. Elle aurait voulu ne pas poser cette question. Après tout, il était normal qu'elle pose la question pour le temps où ils étaient ensemble. Mais aujourd'hui ils ne l'étaient plus et il n'avait plus de compte à lui rendre. Sa question n'était absolument pas légitime et elle se faisait l'image d'une petite amie jalouse. Elle regretta ses mots au moment où ils passèrent ses lèvres. Mais elle n'avait pas pu s'en empêcher.
La question le surprit, et Bella se morigéna davantage encore. Cependant, quand il lui répondit, il crocheta son regard au sien et ne quitta pas ses yeux du regard, articulant un peu trop chacun de ses mots, comme s'il souhaitait faire en sorte qu'elle le croit, coûte que coûte. Comme si cela avait énormément d'importance. Comme si son avis était plus important que celui de n'importe qui.
Pourtant, ça n'était pas le cas.
- Non, nous ne… Nous avons vécu ensemble, au début. Et puis, Alice a rencontré quelqu'un, et c'est lui qui a vécu avec eux, c'est lui qui a élevé Tom. Il n'est pas là aujourd'hui pour des raisons évidentes, mais… moi je vivais dans l'appartement du dessus. Je…
Il cherchait ses mots, mais n'eut pas le temps de les trouver. Et le monde extérieur se rappela à eux.
- Oh, Jasper, s'exclama Esmée, courant dans les bras de son fils et le serrant si fort pour la première fois depuis des années.
Carlisle se contenta de poser la main sur l'épaule de son fils, mais le regard qu'il lui portait ne trompait pas. Il semblait si fier de lui, si fier de son fils, fier qu'il ait fait les choix qu'il avait faits. Mais Bella ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas être fière de lui. Elle ne pouvait pas lui pardonner si facilement.
Même Emmett lui serra la main. Même lui la lâchait. Elle avait l'impression qu'on l'abandonnait, qu'on se rangeait de son côté à lui.
Comme si la vie devait reprendre comme si rien ne s'était passé. Comment gérer toute cette souffrance si elle n'avait même plus de bouc-émissaire ? Comment s'empêcher de l'aimer à nouveau, de l'aimer davantage, si elle ne pouvait plus l'accabler de tous ses malheurs ? Comment gérer leur proximité si elle n'avait plus de raison de l'ignorer ? De le détester ? De tenter de le blesser ?
Alors elle fit un pas en arrière, puis un deuxième. Ils tournèrent tous la tête vers elle, et Emmett l'apostropha, les sourcils froncés.
- Belle, mais qu'est-ce que tu…
Mais elle l'arrêta tout de suite, le coupa avant qu'il ne continue. Que croyaient-ils ? Qu'elle allait lui sourire, lui dire merci, le prendre dans ses bras, peut-être ? Et redevenir la Bella d'avant ? Mais la Bella d'avant était bel et bien morte, elle ne reviendrait pas. Elle n'existait plus. On ne pouvait pas revenir en arrière juste par quelques jolies paroles. Quelques soient les causes, les conséquences en avaient été les mêmes. Il était bien parti, il l'avait bien abandonnée, elle, alors qu'il avait conscience de ce que ça lui ferait.
Et il état parti pour une autre, quoi qu'ils en pensent.
Quelques soient les buts qui l'avaient motivés, rien n'avait changé au final. Il l'avait abandonnée. Ils n'étaient plus ensemble. C'était fini. Il ne l'aimait plus. Et elle se rendit compte que c'était toujours aussi difficile. Elle avait rêvé qu'il revienne, qu'il lui dise que tout ça n'était pas réel. Et quelque part, c'est ce qu'il faisait. Mais cinq ans trop tard. Et elle se rendait compte que ça ne soulageait pas la douleur. Pire, elle se rendait compte aujourd'hui que c'était le même Jasper, et qu'elle l'aimait toujours. Et c'était pire que tout.
- Je… je suis désolée…. Mais… mais… je ne peux pas.
Elle tourna les talons, et sans un regard en arrière, s'élança vers la sortie. Les autres, trop choqués pour réagir, ne la suivirent pas tout de suite. Et quand ils le firent finalement, elle était déjà au volant de sa voiture et enclenchait la marche arrière. Elle pleurait trop pour pouvoir distinguer l'expression de leurs visages alors que déjà, elle s'éloignait.
Sans qu'elle ne s'en rende compte, sa conduite la ramena au seul endroit où elle avait vraiment envie de se trouver, et elle se garait sur le parking de l'hôpital.
Elle montait précipitamment jusqu'à la chambre de Rosalie, espérant bêtement qu'elle serait réveillée, et qu'elle pourrait lui parler. Mais bien sur, elle était toujours inconsciente. Elle le savait, pourtant. Sur place, elle remplaça Jo, qui ne lui demanda rien malgré les nombreuses larmes qu'elle ne contrôlait pas et qui ravageaient son visage. Elle ne lui posa pas de question, se contentant de s'éclipser discrètement de la chambre. Elle lui en était reconnaissante ; en fait, elle l'appréciait de plus en plus.
Elle s'assit aux côtés de son amie, de sa meilleure amie qui, elle en était sure, elle, l'aurait comprise. Elle s'attendait presque à voir entrer Alex, prévenu par sa copine, mais ne le vit pas arriver, et elle se rendit finalement à l'évidence : Jo ne l'avait pas prévenu. Elle la bénissait de nouveau. En cet instant, elle n'avait besoin que de Rosalie. Qu'à cela ne tienne, elle se mit à parler, à raconter, à s'expliquer, pendant ce qui lui parut des heures. A la fin, elle était vidée, elle n'avait plus de larme à verser, mais bizarrement apaisée. Alors elle se tut, et se contenta de lui tenir la main.
Jusqu'à ce qu'elle se rende compte d'une présence à ses côtés. Emmett. Bien évidemment. Il prit lui aussi son temps avant de parler.
- C'est Jasper qui m'a dit que je te trouverais ici.
Elle répondit, sarcastique.
- Il me connait si bien…
Il sourit, faiblement, avant d'ajouter :
- Non, pas tant que ça. Il voulait venir. Je lui ai dit que c'était une mauvaise idée.
Et comment. Mais elle ne répondit pas. Pas tout de suite, en tout cas. Quand elle le fit finalement, sa voix était si chevrotante qu'elle eut l'impression que les sons avaient remplacé les mots. Elle ne lâcha ce qu'elle avait sur le cœur que dans un murmure, à peine audible.
- Je ne peux pas…
- Je sais. Je sais, Bella.
Et sa main retrouva le chemin de la sienne.
- Je sais ce que tu as traversé. J'en sais une partie, tout du moins.
Puis, d'une voix plus douce, s'excusant presque :
- Mais tu dois comprendre que pour nous…
- Je sais, Emmett. Je comprends parfaitement. Et bien sur que je ne vous en voudrais pas pour ça. Mais ne me forcez pas à… rien que le fait d'être cordiale avec lui prendra certainement du temps. C'est toujours si douloureux…
Il ne dit rien pendant un moment, et elle finit par se tourner vers lui. Quand il vit l'état de son visage, il prit la pleine conscience de ce qu'elle voulait dire.
- Ça ne change rien, tu sais… pour moi, ça ne change rien. La… douleur… les choix que j'ai fait après… ça ne change pas ce que j'ai vécu. C'est comme si tout à coup, je n'avais plus le droit de ressentir ce que je ressens, alors que c'était vrai quelques minutes avant. Mais je ressens toujours la même chose. Ça fait mal de la même façon…
Il ouvrit les bras, et elle s'y engouffra avec plaisir. Non, avec besoin.
- Bien sur, Bella. Je comprends. Tout le monde comprend.
Ils restèrent ainsi de longues minutes, et les larmes revinrent, sans qu'elle ne puisse rien y faire. Il la laissa pleurer tout son soul contre son épaule, alors qu'elle tâchait de comprendre comment leurs vies pouvaient en être arrivées là où ils en étaient. Comment une toute petite erreur de parcours, qu'elle n'avait même pas commise, dont elle n'avait même pas connaissance, dont elle n'avait même pas conscience, pouvait avoir pourri tout ce qu'elle avait acquis dans sa vie, nécrosant sa poitrine et n'y laissant qu'un énorme trou béant. Trou qu'elle avait mis des années à combler, et encore, plutôt de façon chaotique. Et aujourd'hui, tout ça était de nouveau en danger.
Elle finit par se redresser, et lui sourire faiblement à travers ses larmes.
- Je ne sais pas si elle m'entend. Alors tu devrais probablement tout lui expliquer quand elle se réveillera.
Il lui sourit, plus authentique cette fois-ci. Elle lui embrassa la joue, celle de Rosalie, puis sortit et décida qu'il était temps pour elle de rentrer chez elle, auprès d'un homme qui lui, ne l'avait jamais abandonné. Un homme qu'elle aimait et qui l'aimait.
Quand elle ouvrit la porte de chez elle, elle se sentit un peu mieux. Retrouver un univers familier devait lui faire cet effet. Elle retrouvait enfin son chez-elle pour la première fois en plusieurs jours. Elle posa ses clefs dans le plat sur la petite table basse de l'entrée, accrocha son manteau au porte-manteau à côté, et allait se diriger vers le salon quand elle remarqua Mike, qui venait d'apparaitre dans l'entrebâillement des deux pièces. En voyant sa mine défaite, il fronça les sourcils, ouvrit les bras et elle s'y engouffra avec joie.
Il la dirigea jusqu'au salon, les assis sur le canapé et la laissa pleurer tout son saoul. Puis, il finit par parler d'une voix hésitante, comme s'il avait peur qu'elle ne se brise.
- Bella… est-ce que… c'est Rose ?
Elle balbutia sa réponse, comme elle put.
- Non. Non, ce n'est pas Rose. Enfin pas seulement. Elle... Il n'y a pas encore de changement. Elle va s'en remettre. C'est Jasper. Faut que je te raconte…
Et elle le fit, pendant ce qui lui parut des heures. Elle lui dit tout, n'omettant que le danger potentiel dans lequel elle se trouvait.
- Tu comprends, tout ça… plus Rose...
- Ça fait beaucoup. C'est peut-être un petit peu trop pour toi d'ailleurs…
Elle le regarda, outrée par ce qu'il sous-entendait, mais son expression n'exprimait que son inquiétude. Inquiétude légitime.
- Non, Mike. Ça n'arrivera pas. J'ai fait cette connerie une fois, et ça m'a emmené droit aux portes de l'enfer. Et puis, de l'eau a coulé sous les ponts depuis. Ça n'arrivera plus jamais. Je me le suis promis. J'ai trop à perdre.
Il parut rassuré, bien que toujours concerné par ce qui lui arrivait. Elle savait qu'elle avait de la chance de l'avoir. Alors pourquoi ne pouvait-elle s'empêcher de penser que si tout ceci n'était pas arrivé, s'ils avaient choisi quelqu'un d'autre au bureau du procureur pour s'occuper de toute cette histoire, elle serait heureuse aujourd'hui ? Peut-être mariée, peut-être maman, qui savait ?
Alors qu'aujourd'hui que tout ceci était arrivé, elle ne se voyait pas avoir des enfants. Ça lui paraissait impossible. Impossible à réaliser. En partant, Jasper avait rouvert des blessures qui étaient déjà là, depuis que sa propre mère…. Il les avait aggravés. Toute cette histoire avait tout gâché.
Elle ne se sentit pas s'endormir dans les bras de son amant, pas plus qu'elle ne le sentit la soulever et l'emmener dans leur chambre, ou la tenir toute la nuit, la veillant dans son sommeil, s'assurant qu'elle ne faisait pas de cauchemars. Mais elle savait qu'elle avait énormément de chance de l'avoir. Parce que, toute cette histoire était arrivée. Rien ne servait de tourner en rond avec des « et si », et des « pourquoi ». C'était arrivé, et elle devait faire avec.
Comme elle avait fait avec ces dernières années. Elle devait continuer sa vie, et chérir ce qu'elle avait, et ce qu'elle avait construit. Parce qu'après tout, même si aujourd'hui elle connaissait la vérité, ça ne changeait rien à la situation. Plusieurs années les séparaient. Tout un monde les séparait. Il n'était plus amoureux d'elle, et elle ne devrait plus l'être de lui. Même si elle l'était. Et puis, aussi, parce qu'elle aimait Mike. Elle l'aimait sincèrement. C'était routinier, confortable, rassurant. Et ça n'était pas forcément mauvais. Elle était bien comme ça, et parfois, la vie, c'était juste être bien.
Voilà, voilà, mes p'tits loups ! N'hésitez surtout pas à poster une review, parce que là je n'ai rien écrit du tout de la suite ! Et vos reviews constituent mon carburant ! Je vais avoir besoin de tout le carburant possible et imaginable lol ! Sinon, j'espère que vous avez aimé ce chapitre, et que l'histoire vous plait toujours autant ! Sur ce, une bonne semaine et j'espère reposter très vite !
