CHAPITRE NEUF : MA TANTE, MON PETIT AMI ET MOI, UNE HISTOIRE CROISEE
Je rentrais rapidement à la maison et allais prendre une douche. L'eau chaude détendit mes muscles et mes douleurs musculaires disparurent. J'entendis mon portable sonner mais je le laissais. J'appellerais Scott plus tard. Je sortis de la douche et m'enroulais dans une serviette. Quand je retournais dans ma chambre, je trouvais Derek assit dans mon fauteuil de bureau. Il me lança un regard noir. Je savais qu'il allait m'engueuler parce que, je le savais, Scott l'avait prévenu, et je ne l'avais pas appelé pour le rassurer sur ma petite personne. Je me rendis compte de la tenue dans laquelle j'étais. Je portais seulement une petite serviette.
- « Salut mon amour, le saluais-je ironiquement.
- Pourquoi tu n'as pas répondu à ton téléphone ? me demanda-t-il de but en blanc.
- Et bien, j'ai pris une douche, comme tu peux le voir.
- Scott m'a dit que tu t'étais fait attraper par l'Alpha.
- Attraper est un bien grand mot. On a juste eu une petite discussion. Il est très possessif ce garçon.
- Ce n'est pas drôle Aurela. Je me suis inquiété !
- Tu t'es inquiété ? » demandais-je en souriant et en m'approchant de lui.
Je m'assis sur ses genoux et enroulais mes bras autour de sa nuque. Je passais mes doigts dans ses cheveux et je sentis sa peau se couvrir de chair de poule.
- « Oui, je me suis inquiété. C'est si étonnant que ça ?
- Et bien oui. Mais je dois dire que je suis flattée que tu te fasses du souci pour moi.
- Ne recommences pas d'accord ?
- Promis, je t'appellerais au moindre problème.
- Parfait.
- Tu es mignon quand tu es inquiet.
- Je n'aime pas être inquiet.
- J'ai vu ça. Je peux me faire pardonner comment ? »
Je le vis sourire et je savais déjà que j'étais pardonnée.
- « Et bien, y'a bien quelque chose que tu pourrais faire effectivement.
- Et c'est quoi ? »
Le loup garou passa sa main sous ma serviette et je me mis à rire. J'esquivais ses mains et me relevais.
- « Tu es bien entreprenant. Ma mère est en bas. Tu es en train d'essayer de déshabiller ta petite amie, chez elle, dans sa chambre avec sa mère juste dans la pièce en dessous. Mère qui fait partie d'une famille de chasseur de loups garous. Tu aimes les risques mon cœur ?
- énormément. Tu n'imagines pas à quel point.
- Il faut que tu t'en ailles Derek. Je vais aller me coucher et si jamais ma mère monte, tu risques d'avoir de sacrés problèmes. Et je ne veux pas que tu ais de problèmes. On se voit demain.
- Tu me promets que tu ne ressortiras pas ce soir.
- Promis. Maintenant va-t'en.
- Tu me jettes dehors ?
- Oui. Je te rejoins demain chez toi.
- Ok. »
Derek se leva et allait passer par la fenêtre quand je le rattrapais par le bras.
- « Attends, chuchotais-je.
- Quoi ?
- Il y a le bal du lycée dans deux semaines.
- Et ?
- Je n'ai toujours pas de cavalier. Et j'aurais voulu que tu viennes avec moi.
- Tu veux que je sois ton cavalier pour le bal de ton lycée ?
- Et bien oui. On sort ensemble alors je me disais que l'on pourrait y aller ensemble. Après si tu veux pas, je peux très bien demander à quelqu'un d'autre. Ça n'a pas vraiment d'importance et…
- J'irais avec toi. Pas question que tu y ailles avec un autre gars que moi.
- Jaloux ?
- Non. Possessif.
- C'est pareil.
- Pas vraiment non.
- Alors on se voit demain.
- D'accord à demain. »
Derek se pencha vers la jeune femme et pressa ses lèvres contre les siennes. Aurela ferma les yeux pour savourer le moment et Derek sauta par la fenêtre. J'enfilais un pyjama et me glissais sous mes draps. Je m'endormis rapidement.
Le lendemain matin, ce fut les rayons du soleil sur mon visage qui me réveilla. J'eus du mal à me lever mais je finis par sortir de dessous mes draps. J'enfilais une robe moulante noire qui m'arrivait à mi-cuisse et une paire de bottes noires et me fis une tresse que je fis passer par dessus mon épaule. Je mis ma veste en cuir et je rejoignis ma mère dans la cuisine. Kate s'y trouvait et elle buvait un café avec mon beau-père et ma mère. Je lui fis la bise et embrassais ma mère ainsi que Robert. La deuxième phase de mon plan pouvait aisément se dérouler maintenant si je m'y mettais. Allons-y.
- « Les mioches ne sont pas là ? demandais-je en prenant un pain au chocolat.
- Ils sont partis à un anniversaire, me répondit Rob. Et toi ?
- Et bien, moi je suis là comme tu peux le voir, dis-je en riant.
- Non, je voulais dire, où vas-tu habillée aussi joliment ?
- Oh ça. J'ai rendez-vous.
- Avec qui ? me demanda ma mère.
- Avec mon petit ami.
- Tu as un petit ami ? s'étonna Kate.
- Oui. »
Robert et ma mère ne s'étonnèrent pas de savoir que j'avais un petit ami. Je ne leur parlé pas beaucoup de ma vie sentimentale et maman savait que j'étais un loup garou. Même Robert, qui pourtant était aussi un chasseur. Il savait que je sortais avec un autre loup garou, plus vieux que moi. Pas plus, pas moins. Il fallait qu'ils soient un minimum surpris tout de même.
- « Et qui est l'heureux élu ? me demanda ma tante.
- Derek Hale. »
Ça y est. Je venais de lâcher la bombe. Robert haussa un sourcil en avalant une gorgée de café. Je pouvais voir son sourire derrière sa tasse. Kate, elle, avait recraché le café qu'elle s'apprêtée à boire. Ma mère, elle, retenait à grande peine son fou rire. J'aurais dût deviner qu'elle le savait déjà. Ma mère savait toujours tout.
- « Derek Hale ? Tu n'es pas sérieuse ? s'étouffa Kate.
- Et bien si. Ça fait un mois. Et il est génial.
- Ça se passe bien entre vous ? me demanda Robert comme si de rien était.
- Oui. Il va m'accompagner au bal de promo.
- Tu ne peux pas sortir avec lui Aurela ! s'écria Kate.
- Et pourquoi ?
- Mais…il est trop vieux pour toi ! Et si tu te souviens bien, je suis sortie moi-même avec lui et ça s'est très mal terminer.
- Oui, je m'en souviens, dis-je. Vous avez rompu juste après l'incendie de sa maison. Mais vous ne sortez plus ensemble alors je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas sortir avec lui.
- Mais enfin Ela…
- Elle n'a pas tord, tu sais Kate. Il n'y a plus rien du tout entre toi et ce Derek. Alors je ne vois pas ce qui empêche Aurela d'être avec lui.
- Il a six ans de plus qu'elle !
- Et alors ? répondit Robert. Si ce garçon se comporte bien avec elle, pas besoin d'en faire toute une histoire.
- Je ne vous comprends pas, s'outragea Kate.
- Il n'y a rien à comprendre Kate, répondit Solena. Tu n'as qu'a invité ce jeune homme à venir diner ici un soir dans la semaine, ajouta-t-elle en se tournant vers moi.
- Parfait, je lui dirais. Je dois y aller ou je vais finir par être vraiment en retard. A ce soir. »
Je les saluais et sortis en courant de la maison. Kate venait de prouver que Derek la mettait mal à l'aise. J'avais soulevé le sujet de leur rupture tout de suite après l'incendie. Robert était, ce que l'on appelle, un curieux maladif. Il va vouloir absolument tout savoir. Rob respecte aussi beaucoup le code d'honneur des chasseurs. Et sur ce coup là, Kate avait enfreint toutes les règles. Et si Rob découvre la vérité, il allait se mettre très en colère. Et Kate allait passer un sale quart d'heure. Ça s'était certain.
Je me rendis à la maison de Derek et le rejoignis à l'intérieur. Je déposais mon sac à main sur un meuble encore à peu près en état.
- « Il faut vraiment que tu refasses la déco chéri. Ou que tu déménages et que tu investisses dans une maison habitable. Ça devient urgent, dis-je en sachant que même si je ne le voyais pas, il pouvait m'entendre.
- Comme si ça t'intéressait, entendis-je.
- Evidement que ça m'intéresse. Tu m'intéresses. Tu ne veux pas te montrer ? J'ai l'impression de parler toute seule et entre nous, je suis un peu jeune pour me parler à moi-même, tu trouves pas ? »
Je l'entendis marcher sur les planches du parquet grinçant de l'étage et je le vis apparaître en haut des escaliers. Il descendit lentement les escaliers et il haussa les sourcils en voyant ma tenue.
- « Tu as quelque chose de prévu ? me demanda-t-il.
- Non. Je voulais juste être jolie.
- Tu n'as pas besoin de ça pour être jolie.
- C'est gentil. Il faut que je te dise quelque chose d'important.
- Quoi ?
- Ce matin, Kate était chez moi et j'ai annoncé à ma mère, mon beau-père et aussi à Kate que l'on était ensemble.
- Et ?
- Kate s'est emmêlée les pinceaux et j'ai soulevé le sujet de l'incendie. Robert est très curieux et il est un chasseur. Il va vouloir connaître cette histoire d'incendie et il est très à cheval sur le code.
- Et après ?
- Ma mère veut que tu viennes diner un soir dans la semaine.
- Pardon ?
- Ecoutes Derek, c'est la meilleure solution. Ma mère n'a rien contre toi et Robert non plus.
- Tu veux vraiment que j'aille m'enfermer pendant toute une soirée dans la même maison que toute une bande de chasseurs ? J'aime les risques, chérie mais là c'est du suicide.
- Derek, Kate est en train de se vendre toute seule, on y est presque. Si tu viens diner, ma mère va l'inviter et elle va vouloir refuser. Robert va vouloir fouiner et il trouve toujours. Quand il apprendra ce qu'elle a fait, il l'enverra en prison.
- Et pour l'Alpha ? Pendant que l'on sera entrain de diner tranquillement chez toi, il sera entrain de foutre le bordel quelque part.
- Refuse si tu veux Derek. Mais l'Alpha sera toujours là quand le diner sera finit. Tu ne veux juste pas te retrouver devant Kate.
- Et alors ?
- Et alors ? Tu passes ton temps à fuir les problèmes Derek ! Tu ne pourras pas fuir ma tante éternellement alors autant que tu l'affrontes maintenant.
- Non.
- Tu l'aimes toujours ou quoi ?
- Non bien sur que non. Mais elle a tué toute ma famille Aurela. Je ne suis juste pas sûr de pouvoir me contrôler face à elle.
- Je serais là moi.
- D'accord. J'accepte. Demain.
- Tu vois ce n'est pas si compliqué. »
Je m'approchais de lui et le pris dans mes bras. Il passa ses bras autour de ma taille et il me serra contre lui. Je lui embrassais le visage et je le sentis sourire contre la peau de mon cou.
- « Enfaite, chuchotais-je en souriant. Tu es encore un bébé qui a besoin d'être rassuré.
- Ne dis pas de bêtises. Je ne suis plus un bébé depuis longtemps.
- Avec toi, j'ai l'impression de dire des bêtises à longueur de temps. »
Il allait répondre quand Stiles déboula dans la maison. Quand il vit notre position, il se retourna et dit :
- « Désolé de vous déranger mais on a un problème.
- Quoi ?
- Ta tante a découvert pour Scott. »
Ça, c'était sacrément mauvais pour mon plan.
