DISCLAMAITIOOOOON ( apprends des mots avec La Thérapie panda ! ) : Non non. Tout cela ne m'appartient pas – enfin si, l'histoire ! -. Les persos appartiennent aux gens qui les ont crée.
NOTE ( A LIRE ) : • Merci à la génialisime Chewre ~
• Pour la réponse aux reviews, en MP mais durant la journée. Je dois publier le chapitre maintenant, mais pas sur d'avoir le temps de répondre aux reviews ! Pour les guest, comme la dernière fois, rendez-vous en bas.
POUR LE CHAPITRE : Raiting T
• POV DEREK
• Family/Drama
BONNE LECTURE~
- CHAPITRE NEUF – AQUARELLE
OLIVVER THE KID - Now You Know
- Papa ?
- Oui, ma puce ?
- Pourquoi Maman, elle est partie ?
- Je n'en sais rien, princesse.
- C'est parce qu'elle ne m'aime pas...
- Bien sûr que non, voyons.
- Papa ? Les baby-sitters elles m'aimaient pas elles aussi. Elles sont toutes parties.
- ... Quoi ?
- Mais Stiles, il est revenu.
- Je-
- Papa ? Est-ce que Stiles il m'aime, lui ?
Deux. Rouge. Trois. Brun. Sept. Noir. Un. Ocre. Quatre. Rose. Roses. Bleu. Pâle. Café...
Une inspiration, une suffocation, une perte de contrôle. Il se retrouva haletant dans son lit, une sueur froide collant les draps à sa peau. Une désagréable sensation de déjà vu qui s'estompa très vite, remplacée par autre chose. De plus fort. De plus puissant. De beaucoup plus prenant. L'air lui manquait toujours, une pression invisible et très forte reposait sur son crâne. Des frissons d'adrénaline lui chatouillaient les côtes. A moins que ce ne soit que le manque d'oxygène. Ou les deux. Des étoiles dansaient devant ses yeux, salissant de leur présence les douces couleurs des réminiscences de ses songes encore présents sur sa rétine. Ne pas perdre le fil, surtout pas. Ses membres semblaient vouloir abandonner la partie alors qu'il se levait, mais il réussit tout de même à quitter sa chambre, non sans s'être cogné contre tous les meubles à sa portée dans la foulée. Il avait beau connaître son appartement mieux que quiconque, les brumes du sommeil encore bien présent en son sein et la sensation insistante d'un travail inachevé rendaient le chemin particulièrement rude. Cela ne l'avait pas pris depuis des lustres. Depuis... bien trop longtemps. Des mois. Des années, peut-être. Était-ce réellement important ? La lumière posée sur son bureau grésilla un instant avant de s'allumer et de danser sur les murs, l'enveloppant dans son cocon chaud et accueillant. Mais il n'avait pas l'esprit à ça. La poitrine compressée du trop plein d'émotion qui le tiraillait, le souvenir fugace d'un goût sucré sur les lèvres, la gorge sèche, il se jeta dans un coin reculé de la pièce auquel il n'avait pas prêté attention depuis bien trop longtemps. Tout contre le mur, dans l'ombre, l'attendait son châtiment. Le pourquoi il en était là aujourd'hui.
Les mains tremblantes, il commença à fouiller. Ses prunelles passaient d'un paysage aux reflets dorés d'un soleil couchant caractéristique à une aquarelle inachevée, en passant par quelques croquis à peine esquissés, aux portraits élogieux de sa femme. Un sourire, deux, trois. Il ne les comptait plus. Peut-être aurait-il dû, à l'époque.
Une feuille vierge. Le corps parcouru de soubresauts d'excitation, il la déposa précipitamment sur le sol. Ses mouvements saccadés l'avaient presque abîmée. Une nouvelle vague de tremblements, puis la panique, encore. L'air le fuyait comme la peste, il ne savait plus où donner de la tête, et en même temps, il ne pouvait cligner des yeux, de peur de perdre les vestiges du songe imprégnés sur sa rétine et qu'il se refusait de perdre. Pas encore. Pas cette fois. Il mit à sac son bureau, tentant de retrouver les instruments qu'il avait longuement laissés à l'abandon, tout comme la peinture. Certains tubes avaient durci et étaient inutilisables, il avait depuis trop longtemps négligé ce pan de vie et aujourd'hui, tout le lui rappelait douloureusement. Un peu d'eau, des couleurs claires, des mouvements amples. Les minutes défilèrent telles des secondes et lui se retrouva très rapidement les mains couvertes d'eau colorée. Il avait essuyé quelques gouttes de sueur du revers de la main et n'ignorait pas que son front devait désormais être barré de bleu. Ou de vert. Ou encore de rose, qu'en savait-il. Sur son support, les couleurs se mélangeaient, se superposaient, prenaient vie pour illustrer les bribes fugaces des songes puissants qui l'avaient sorti du néant abyssal qu'avait été sa nuit.
Le point final, enfin. Vidé de toute énergie, tremblant de fatigue, ses yeux se perdaient dans l'arabesque aux couleurs pastel. Pour l'œil novice, ce n'était qu'une aquarelle comme une autre. Mais à la vision de cette toile gondolée par l'humidité, se superposait les morceaux de son rêve. Religieusement, sa main crocheta le pinceau le plus fin qu'il puisse trouver ainsi que l'encre de chine noire. Sans attendre que ce soit sec, il encra les détails, imprimant pour l'éternité son songe sur cette feuille de papier. L'encre se dilua à certains endroits, comme il le désirait, donnant peu à peu vie à une scène d'un quotidien nouveau à laquelle il voulait assister tous les jours.
Ses mains s'étaient mues d'elles-mêmes, son esprit s'était seulement accroché aux limbes qui le hantaient. Devant lui, pour l'éternité, Sarah était assise à même le sol, les yeux fermés et riait aux éclats. Moon se frottait à son menton, debout sur ses pattes arrière, et s'appuyait sur les épaules de sa fille. Techniquement, ce n'était pas parfait. Esthétiquement, ça avait son charme. Pour lui, c'était une torture.
Comment en était-il arrivé là ?
Il recula. D'abord doucement, puis de plus en plus frénétiquement, s'éloignant de cette scène trop réelle pour être supportable. La frénésie artistique ne l'avait pas pris depuis bien longtemps et il fallait que ce soit la première chose qu'il ait besoin de peindre ?! Pourquoi le sort s'acharnait-il ainsi sur lui, lui rappelant à chaque instant que Dieu avait fait en sorte qu'il échoue dans son rôle de père ?
Ses bras s'agitèrent contre le bureau alors que son dos heurtait brutalement le mur. Il ne fit pas attention à la douleur, celle de sa poitrine annihilait tout. Des feuilles, des dossiers méticuleusement classés tombèrent sur le sol, s'éparpillant dans un chaos sans nom.
Un bruit métallique, un socle qui tombe sur le sol. Tremblant, ses membres crispés, il réussit tout de même à attraper le téléphone à quelques centimètres de lui. Téléphone. Oui, c'est ça. Il devait appeler... appeler... quelqu'un. Un numéro s'imposa de lui-même. Il le composa, refusant toujours de quitter cette ... chose des yeux un seul instant. Avait-il peur qu'il disparaisse ? Ou que cela se jette sur lui pour l'engloutir ? Il n'en savait foutre rien.
Une tonalité. Deux. Trois.
- « ... 'lô... »
- Je n'en peux plus...
Sa voix était rauque, tremblante. S'entendre ainsi l'achevapour de bon. Son estomac noué remonta le long de sa gorge pour se perdre sous ses cheveux. Ses yeux se fermèrent, son crâne rencontra violemment le mur et les larmes coulèrent, enfin.
- « ... D'rek ? T'as vu l'heure qu'il est ?! »
- Laura... Chuchota-t-il avant que ses sanglots ne l'étranglent et qu'aucun son ne traverse ses lèvres entrouvertes, mis à part quelques gémissements de douleur.
- « ... Derek ? »
La voix de sa sœur était plus claire. Entendre son petit frère pleurer l'avait définitivement réveillée. Derek se l'imagina redressée dans son lit, ses longs cheveux coulant sur ses épaules, les yeux encore gonflés de sommeil et la marque de l'oreiller imprimée sur la joue, un air inquiet tirant ses traits. Cette fausse vision le rassura un peu, même si ses pleurs ne voulaient plus le quitter.
- « Derek, p'tit frère. Qu'est-ce qu'il se passe ? »
- J'ai raté quoi, Laura ? Qu'est-ce que j'ai raté et qu'est-ce que j'ai... qu'est-ce j'ai foiré, qu'est-ce que j'ai fait ?
- « Derek, respire ! »
Ses larmes roulaient sans se stopper. Le barrage avait craqué et il se retrouvait submergé.
- « Derek, qu'est-ce qu'il se passe ?! Parle-moi ! »
- Sarah... Je-Je n'en peux plus. Je veux... je veux... Est-ce qu'elle me hait ?
- « Ta fille t'aime, p'tit frère. Calme-toi, voyons. »
- Alors pourquoi elle ne me PARLE PAS ?!
Sa voix dérailla et il ferma les yeux un peu plus fort, plantant ses dents dans sa lèvre inférieure. Elle s'ouvrit sous la rudesse du coup. Le goût métallique du sang envahit sa bouche et il gémit de nouveau.
- « Il-Il faut lui laisser du temps Derek, elle- »
- Un an, Laura. Ça fait un an qu'elle n'a rien dit. Je ne peux même pas la prendre dans mes bras. Je... je... je veux mon bébé... je veux retrouver mon bébé...
Il s'était affaissé sur lui-même et se retrouvait maintenant recroquevillé sur le sol, le corps parcouru d'un tout autre style de soubresauts que lorsqu'il s'était réveillé. Tout ce qu'il avait accumulé depuis le début du mutisme de sa fille, de son enfant, de son bébé chéri, lui revenait en plein visage et il se sentait minable.
- « Derek, ce n'est pas de ta faute. »
- Bien sûr que si, c'est de ma faute... Sa voix n'était plus qu'un murmure. Elle a peur. Elle a toujours peur. Et moi je n'ai pas les épaules pour l'aider. Je suis impuissant - quel parent digne de ce nom ne peut rien faire devant la détresse de son enfant, hein ? Qu'est-ce que je vaux ?
- « ... 'Rek... »
- Ça fait un an, Laura... Un an que je n'ai pas entendu son rire. Un an qu'elle est éteinte. Et moi, tout ce que je peux faire, c'est la regarder s'ouvrir un peu plus à son baby-sitter... Je ne vaux rien...
- « Derek, dis pas ça... P'tit frère, calme-toi. Qu'est-ce qu'il se passe avec le baby-sitter ? »
- R-Rien. Enfin plus qu'avec moi en tout cas. Stiles a... en un mois, il a réussi là où j'ai échoué. Elle... elle a cette étincelle dans les yeux...
Il réussit à sourire à travers ses larmes.
- Elle... elle a eu sa première crise avec lui. Et lui, il est revenu. Il n'a pas fui, Laura... Il n'a pas fui...
- « 'Rek. Pourquoi tu pleures ? »
- ... Qu-Quoi ?
- « Pourquoi tu pleures ? Ce n'est pas un bon signe plutôt ? »
- ... Je...
- « P'tit frère. S'il est revenu, c'est qu'il est prêt à t'aider à supporter la situation. Tu n'as pas à le prendre comme un ennemi qui veut te prendre ta fille. Mais comme un allié pour aider Sarah. »
Il ne lui répondit pas, reniflant seulement. Il l'entendit soupirer à l'autre bout du fil, puis un bruit de ronronnement. Elle devait avoir mis sa machine à café en route.
- « Chéri, je sais que c'est dur pour toi. Tu as toujours fait face à ce qui nous arrive avec calme et un sang froid à toute épreuve. Mais ça te pèse et c'est normal. Tu es humain, p'tit frère. Mais Sarah t'aime. »
- Pourquoi elle a peur de moi alors... Chuchota-t-il la gorge nouée.
- « Pourquoi aurait-elle peur de toi ? »
- Je... je ne peux pas la prendre dans mes bras... Je suis son père, elle ne devrait être en sécurité qu'à un seul endroit, c'est dans mes bras. Mais ça l'effraie, c'est la seule chose qu'on peut lire dans ses yeux. Elle a peur...
- « Malheureusement, elle a peur de tout le monde. Il faut lui laisser le temps. »
- Du temps, encore du t-
- « Ne t'énerve pas ! Je sais que tu n'en peux plus d'entendre ça, mais c'est vrai ! Il faut lui laisser le temps de faire face à ses démons ! »
- Elle est trop jeune pour ça, je-
- « Bien sûr qu'elle est trop jeune. Mais tu es là. »
- Elle ne-
- « Laisse-moi finir ! »
Il déglutit sous la colère qu'il entendait dans la voix de sa jumelle. Il n'aurait jamais dû l'appeler.
- « C'est ta fille. Tu es à ses côtés depuis sa naissance, contrairement à l'autre c-... Contrairement à l'autre. Même si elle ne le montre pas, je suis sûre, je SAIS qu'elle te considère toujours comme le papa gâteau que tu étais. »
Il pouffa un peu. Désormais, il y avait un sourire dans la voix de Laura.
- « Ouais D'rek. T'étais gâteux avec elle. Tu es sa constante, son ancre. Elle a perdu sa mère certes, mais je sais qu'au fond d'elle, la seule personne qu'il lui faut, c'est toi. Pour le moment, elle est bloquée, d'accord ? On ne peut pas y faire grand chose sauf l'épauler, la rassurer, l'aimer tout simplement. Elle a besoin de toi et elle sait qu'elle peut compter sur toi. Bordel, t'es quand même le père du siècle ! »
Il poussa un petit soupir. Au fil de ses paroles, il s'était détendu. Il ne sanglotait plus comme un enfant, il était juste là, inerte sur le sol, les membres mous mais les larmes toujours présentes.
- On a pris un chien. Déclara-t-il soudainement d'une toute petite voix.
- « Ah oui ? »
- Hm... Stiles l'avait emmenée dans une animalerie pour récupérer quelque chose et Sarah avait joué avec un chiot qu'il y avait là-bas. Il m'en a parlé, et même si au départ je n'étais pas très chaud... Tu devrais la voir avec cette boule de poil, elle... elle...
Il rit tendrement à travers ses larmes. De l'autre côté du fil, il entendit Laura renifler en riant elle aussi. Oh... Il l'avait fait pleurer... Bravo. Bien Derek, faire pleurer sa sœur, tu es vraiment le roi des boulets !
- Désolé... Marmonna-t-il d'une voix enraillée.
- « Ne t'excuse surtout pas. » - Elle renifla une seconde fois, se moucha même, puis s'éclaircit la voix - « Je suis contente pour vous. »
- Pourquoi ?
- « Tu devrais t'entendre parler. A t'entendre, ce chiot est une lueur d'espoir. Sarah l'aime, ce chiot ? »
- Elle et Moon sont très amies, oui. Elle... elle la caresse et l'enlace sans avoir peur...
- « Mais c'est parfait ! »
- ... C'est Stiles qui a eu l'idée.
- « Faut le garder ce p'tit. » Ricana-t-elle, arrachant un sourire à son frère.
- Hm... Il veut rester...
Ils restèrent quelques longs instants sans parler, appréciant juste la fausse proximité de l'autre créée par la communication téléphonique.
- « Tu devrais lui en parler, tu sais. » Déclara enfin Laura d'une voix douce.
- Lui parler de quoi ?
- « A Stiles. Tu devrais lui parler de tes peurs et de tes craintes. »
- Ça va pas la tête ? Je ne vais pas parler de ça avec un inconnu. Grogna Derek en se redressant enfin, essuyant ses joues.
- « Je suis pourtant très sérieuse. Tu devrais faire un pas vers lui comme lui a fait un pas vers vous, en restant malgré tout. »
- Je—
- « Tu sais que j'ai raison. Ça te déchargerait d'un poids. »
- ... Je... je le connais à peine. Je sais que Sarah est entre de bonnes mains, mais... Je ne sais pas, cette situation est surréaliste.
- « Après toutes ces semaines, tu ne lui fais pas encore confiance ? »
- Je... Non. Soupira-t-il enfin.
- « Et tu ne crois pas qu'il serait temps ? » Soupira sa sœur.
Il se l'imaginait sans problème lever les yeux au ciel, tic qu'ils avaient tous les deux hérité de leur défunte mère.
- « Écoute Derek, je comprends parfaitement que tu ailles mal en ce moment, mais justement. Avec tout ce que tu me racontes, j'ai plus envie de prendre Stiles comme une bonne chose. Mais toi, tu t'y refuses. Tu as toujours eu du mal à donner ta confiance, d'accord. Mais là on ne parle plus seulement de toi, mais aussi de ta fille. »
Derek sentit son cœur se briser un peu plus. Oui, il le savait que sa fille était l'enjeu principal de cette situation. Le silence s'installa, lourd cette fois-ci. Lui était vide, perdu dans ses pensées les plus noires, elle soupirait bruyamment, regrettant déjà ses paroles un peu trop acerbes, même si elle pensait chacun des mots qu'elle avait prononcé. Il l'entendit jurer.
- « Je viens ce week-end. »
- Laura, je—
- « Non négociable Derek. Retourne te coucher. Tu as besoin de sommeil. »
Et sans plus de cérémonie, elle raccrocha.
Derek resta de longues minutes ainsi, toujours allongé sur le sol, son téléphone toujours accroché à son oreille. Il aurait aimé la rappeler, s'excuser de l'avoir énervée, lui demander pardon de lui causer autant de tort, de réussir à la blesser alors qu'ils étaient si loin l'un de l'autre et... Il poussa un petit soupir.
Pourquoi avait-il l'impression de briser tout ce qu'il touchait ?
.*.
Il ne vit même pas la fin de la semaine passer.
Son humeur et ses états d'âme jouaient au yo-yo avec ses nerfs et Derek sentait la crise de nerf pointer le bout de son nez. Pendant trois jours, il se sentait couler. Les mots de Laura tournaient et retournaient encore dans son esprit et lui collaient à la peau. Il ne pouvait pas s'en débarrasser et ça le minait. Certes, elle avait raison, mais lui venait seulement d'en prendre conscience, de mettre des mots sur ce qu'il ressentait. Jusqu'alors, il avait toujours fait l'autruche et à voir où il en était maintenant, ça ne lui avait pas réussi. Loin de là même. Cette révélation le mettait au plus mal.
Toutefois, à chaque fois que Stiles et Sarah l'accueillaient le soir, un sourire éblouissant pour le premier et une étincelle dans les prunelles pour la secondes, sa peine s'allégeait un peu. Depuis la crise de Sarah, l'étudiant avait pris l'habitude de rester un peu avant de repartir, juste pour le plaisir de lui parler de tout et de rien. Même si Derek ne lui répondait que par quelques onomatopées ou discrets mouvements de tête, le jeune baby-sitter ne s'en formalisait pas et continuait de disserter sur son dernier livre lu et qu'il recommandait chaudement à Derek - il avait eu l'occasion de fouiller dans sa bibliothèque et leurs goûts littéraires se ressemblaient beaucoup -. Le pire dans tout ça ? Derek l'avait écouté et s'était justement renseigné sur ces textes. Et Stiles tombait rarement à côté.
En fait, jusque là, il avait eu tout bon.
Malheureusement, quand l'heure sonnait et que Stiles repartait avec fracas, il emportait avec lui son sourire et son enthousiasme, laissant derrière lui le fantôme fugace d'un rire joyeux. Et l'appartement retombait dans ce silence lourd qui étouffait toujours un peu plus le père.
Il n'avait pas encore eu le courage de parler à Stiles. De lui demander son aide. Il en avait besoin, il le savait, il en avait pris conscience, mais... comment aborder cette conversation, hein ? " Tiens, ta paye. Ah, et au fait, je suis en train de tomber en dépression à cause de ce que je vis avec ma fille. Ça ne te dit pas de m'aider à remonter la pente ? "
Vraiment ?
Non seulement ça ne lui ressemblait pas, mais en plus, il n'était pas comme Laura. Elle n'avait jamais eu aucun scrupule, aucun tabou, une verve facile et n'hésitait jamais à dire ce qui lui passait par la tête, ne mâchant jamais ses mots. Derek lui, avait toujours été plus réservé. Oh bien sûr, il fut une époque où tous deux se ressemblaient sur bien des points, mais elle était révolue. La perte prématurée de ses parents, puis celle de sa femme et enfin le mutisme de sa fille ne rendait pas les choses faciles pour Derek. Et sans Laura à ses côtés, c'était dur. Certes, il y avait toujours Peter près de lui, mais comme il était aussi son patron, même quand il le voyait en dehors de leurs locaux, il avait toujours l'impression d'être au boulot.
Il savait qu'il avait besoin d'aide mais il ne savait pas comment en demander.
Ainsi, il en était là.
En ce samedi matin, enroulé dans ses couvertures, il était toujours au fin fond de son lit et repoussait le plus possible la sortie de son petit cocon. Il avait pris sa journée de libre, prévenu Stiles de ne pas se déplacer pour rien et Laura devait bientôt arriver. Chose qu'il redoutait plus que tout, parce qu'il savait très bien qu'il allait en prendre pour son grade. Comprenez donc son envie de ne pas quitter son lit. Il ignorait si Sarah était levée, et malgré toute la culpabilité qu'il pouvait ressentir, il n'en avait rien à faire.
Derek ne faisait que soupirer à s'en fendre l'âme, s'enterrant un peu plus dans son oreiller, histoire d'éteindre le feu déluré qui lui ravageait le cœur. Mais rien à faire.
Alors il soupira de nouveau, plantant ses dents dans son oreiller avant de rabattre sa couette sur sa tête. Pour ne plus jamais bouger. Hors de question. Ici, il était totalement hors du temps et ça lui convenait parfaitement. Pas bouger. Pas. En. Vie.*
Les minutes défilèrent et il était tranquille. Ses yeux se mirent à papillonner et très vite, il se sentit partir dans les limbes du sommeil. Il en avait besoin, cela dit. Malheureusement, même dans sa propre demeure, même dans son lit fort confortable, il ne pouvait être tranquille. La porte de sa chambre s'ouvrit doucement.
Hors de question de bouger.
- Tu boudes ?
Pas de mouvement de sa part. Un soupir provenant de la porte.
- Tu sais que j'ai dû préparer son petit déjeuner à ta fille quand même. Père indigne.
Le matelas s'affaissa derrière lui et une main chercha à dégager son visage. Agrippant un peu plus la couette pour qu'elle reste bien en place, il poussa un grognement de mécontentement.
- Range-moi ces crocs, tu ne me fais plus peur depuis longtemps.
Laura - car c'était elle pour ceux qui ne l'auraient pas reconnue - réussit tout de même à tirer la couette pour dégager le visage de son frère et elle se pencha en avant pour lui offrir un superbe sourire.
- Cela dit, je crois que tu ne m'as jamais vraiment fait peur, p'tit frère.
Il grogna de nouveau, arrachant un gloussement à sa sœur - Sérieusement, pourquoi toutes les filles gloussaient ? -. Elle entreprit la quête saugrenue de l'escalader pour s'asseoir fièrement à cheval sur lui, sautillant un peu pour le faire réagir comme il se devait. Derek toussa, son souffle quittant ses poumons sous son poids.
- Laura ! Ronchonna-t-il en sortant son bras de son cocon pour l'agripper et lui faire quitter sa place. T'es lourde !
Sa sœur se mit à rire avant de se laisser tomber à ses côtés, s'installant confortablement face à lui pour le regarder tendrement. Derek détailla quelques instants ce visage plus féminin que le sien mais possédant incontestablement les mêmes caractéristiques, ses longs cheveux noirs coulant sur ses épaules et encadrant son visage pointu, ses yeux rieurs, ses lèvres fines, son petit grain de beauté au dessus de son œil droit.
- Derek ?
Il ferma les yeux et se roula en boule.
- Arrête de faire l'enfant, ça ne te va pas.
- ...-eu.
- ... Quoi ?
Il releva légèrement son visage de l'oreiller dans lequel il comptait s'étouffer.
- 'Fais c'que j'veux.
- Très mature.
- Pas envie d'être mature.
- Derek... Grinça sa sœur.
Il avait envie de lui tirer la langue, mais en bon homme, père de famille à la situation stable, il ne le fit pas. Il lui restait un peu de dignité tout de même. Il ne lui répondit pas pour autant, restant ainsi, les yeux clos, souhaitant s'endormir pour ne plus se réveiller.
Sa sœur, bien que ne lisant pas dans ses pensées, dut tout de même deviner ce qui se tramait sous ses boucles noires car elle soupira tristement et se rapprocha de lui pour le prendre dans ses bras. Il se crispa au départ, mais l'odeur naturelle des plaines sous la rosée du petit matin de sa sœur l'assaillit et il se détendit instantanément. Son cœur se serra et il s'enterra dans sa poitrine pour inspirer une bonne fois, sa tristesse revenant au grand galop. La main de Laura s'abandonna dans ses cheveux et elle répéta les gestes que leur avait souvent faits leur mère lors de gros chagrin. La tendresse maternelle qui se dégageait d'elle finit d'achever Derek qui se remit à pleurer silencieusement. Il sentit contre son nez le cœur de sa sœur rater un battement et elle resserra sa prise contre lui, quitte à l'étouffer. Mais il ne s'en formalisa pas, il en avait besoin.
Très vite, ses bras s'enroulèrent autour des hanches de Laura et ses doigts agrippèrent le tissu de son dos, s'abandonnant totalement à l'étreinte rassurante de sa jumelle.
Non, vraiment, il n'allait pas bien.
Mais Laura était là. Pour seulement deux jours, certes. Mais elle était bien là.
S'il était l'ancre de sa fille, Laura était définitivement la sienne. Sans elle, si elle n'était pas venue aujourd'hui, Dieu seul sait ce qu'il serait advenu de lui.
Et même si aujourd'hui cela faisait 446 jours qu'elle était partie, au moins, Derek n'était pas seul.
* Dans le sens « Pas envie » et non pas « Pas vivant ». U_u
REPONSES AUX REVIEWS
lucie33 : Ouais, Stiles aime la crème faîche. Il peut en manger un pot complet à la petite cuillère. Comme moi. Huhuhu w
AMADINE2008 : Merci beaucoup pour ta review, mais s'il te plait, retire le capslock la prochaine fois, quand je lis les reviews comme ça, dans ma tête, ça gueule xD
Marion : Naaaaan, je ne veux pas ta mort ! L'échange de peluhe est, à mon sens, tellement significatif... J'aime beaucoup Vitoria et Erica est mon petit coup de coeur. C'est ce genre de personnage que tu ne crée que pour des détails, et au final tu t'y attache autant que pour les persos principaux...
ALORS ?! Comment tu l'as trouvé ma Laura ? xD
Et la musique de ce chapitre ? Elle fait partit de mes préférés, huhuhu.
Tes reviews ne sont pas minable ! Je les attends toujours avec impatience, parce que j'adore te lire, hihihi. MEURCHI POUR TON N'AVIS /O/
P.S : Tu sais quoi ? Tu es la deux-centième review. DÉJÀ ! Mais, arf, tu n'as pas d'adresse Mail... sinon, je t'aurais proposé de me poser 3 questions et je t'aurais répondu. Petit cadeau, comme ça, parce que ça me fait plaisir, que vous me faîtes tous plaisiir, et que c'est NAWEL ! ( On va trouver un moyen ! )
Sasunaruchan : Sisi, come esta ?! Entre les repas de nawel, les chocolats et mes chapitres, va pas mourire x) Tu veux des moments complices ? Tu vas être servis à partir du chapitre 10 ! Et Laura, tu la trouve comment ? Parce que ce que j'ai prévut pour elle est... Gé-ni-al !
Poutoux !
Kassandra : N'est-ce pas ? o/
Tu peux être impatiente, j'espère que ça va te convenir !
Voilà voilà, chapitre cours et pas joyeux, je le sais bien. J'espère tout de même que cela vous plait. J'ai prit du retard, beaucoup. A cause des fêtes et parce que je suis TATA /O/ ( Bon, grande cousine, mais chut, je suis trop heureuse pour le moment ! ) Ce poupon est un amoooour, alors laissez moi gagatiser (:
JOYEUX NAWEEEEEEEEEEL /O/
Votre avis ? Huhuhuhu.
A la semaine prochaine, avec du whisky, des larmes et quelques surprises qui vous ferrons plaisir.
Licorne, paillettes et panda,
xoxo, 'Win.
