Albert: Bon, et bien nous allons y aller.
Rebecca: Je pense que je vais rester ici moi. On ne peut pas abandonner Richard.
Albert: Non, c'est sûr. Séparons nous en deux groupes de trois dans ce cas. Rebecca, tu restes donc ici avec Richard, et Chris c'est pareil. Jill et Barry, vous venez avec moi.
Jill: Pour chercher Enrico ?
Albert: Oui.
Chris: Je devrais peut-être y aller à la place de Jill non ?
Albert: Non, il faut équilibrer les équipes. Tu ne douterais pas d'elle quand même ?
Chris: Non, mais c'est juste que c'est dangereux alors...
Jill: Ça ira Chris, je suis bien entourée.
Chris: Heu.. que...
Albert: Tu vois, tout ira bien qu'elle te dit. Bon, et surtout vous ne bougez pas d'ici. On garde le contact radio. Restez à l'affût.
Chris: C'est plutôt à moi de dire ça. Vous faites gaffe !
Rebecca: Oui... Attention à vous.
Les trois S.T.A.R.S prêts à partir reprenaient leur arme en main. Barry fit un petit signe de tête complice à Chris et Rebecca, qui renvoyèrent le geste aussitôt. Quand les deux hommes passèrent la porte, Jill fixa Chris un petit instant avant de la passer à son tour et la refermer. Le bruit de leurs pas s'estompaient de seconde en seconde, jusqu'à devenir inaudible.
Chris: Bon, et bien il ne nous reste plus qu'à attendre.
Rebecca: Pfiouuuuu, quelle nuit !
Chris: Jamais j'aurai pensé vivre une chose pareille de toute ma vie.
Rebecca: C'est vrai que c'est loin d'être imaginable.
Chris: Tu devrais essuyer ton visage.
Rebecca: Ah, heu.. Oui ! J'avais presque oublié.
Elle sortit de sa sacoche blanche de petites compresses ainsi qu'un spray antiseptique. Elle en aspergea sur les fameuses rondelles de ouate et enlevait les traces de sang qu'elle avait sur le visage.
Chris: Tu es blessée ?
Rebecca: Ah heuu...non. C'est pas le mien, c'est celui de Richard. C'est juste que maintenant il est tout sec et j'ai que ça pour l'enlever, alors voilà.
Chris: D'accord.
Rebecca: Je pue le désinfectant maintenant, pouuaaah !
Chris: Tu pourras prendre une bonne douche en rentrant, ça partira.
Rebecca: J'aimerais tellement... Tu crois vraiment qu'on arrivera à partir d'ici ?
Chris: Il n'y a pas de raisons !
Rebecca: Je sais pas, il y a déjà eu tellement de morts...
Chris: Nous allons nous en sortir, c'est qu'une question de temps Rebecca. Ok ?
Rebecca: Huuuuum... Ouais, certainement...
Chris: C'est ta première intervention je crois, non ?
Rebecca: Malheureusement. Tu parles d'une première !
Chris: C'est la première fois que nous sommes confrontés à une situation si... particulière.
Rebecca: Et bah j'espère bien ! Je ne veux plus jamais revivre ça. Tu vas me dire, les sacrifices font partie du métier mais bon...
Chris: Oui c'est vrai, mais là il n'y a rien de normal. Tu le sais aussi bien que moi.
Rebecca: Oui oui...
Chris: Ouais ouais...
Rebecca: Je suis en train de repenser à ce qu'a dit le capitaine Wesker.
Chris: Quoi donc ?
Rebecca: Il faut équilibrer les équipes... Je ne pensais pas que mon supérieur était un macho.
Chris souria. Malgré les événements, un peu de gaieté arrivait à trouver sa place dans ce manoir de l'enfer.
Chris: Depuis que je le connais, il est comme ça. Tu verras, quand on sera rentrés, t'en verras d'autres de lui. Il est comme il est mais, c'est un homme plutôt agréable au final.
Rebecca: Ça surprend quand même.
Chris: Je suis habitué mais quand j'ai débarqué au S.T.A.R.S, moi aussi ça m'avait turlupiné. Même sidéré ! Mais je l'ai bien vécu et maintenant je fais avec.
Rebecca: Je m'en souviendrais !
Chris: Richard n'était pas armé ? J'ai beau regarder je ne vois aucune arme sur lui.
Rebecca: Si si, il avait un fusil à pompe mais il l'a lâché quand le serpent l'a mordu.
Chris: Ah bon ?!
Rebecca: Ouais. D'ailleurs Wesker ne t'a même pas rendu le tiens en partant.
Chris: Je m'en fiche de ça. Est-ce qu'il était chargé ?!
Rebecca: Le tiens ? Bah je sais pas, à toi de me le...
Chris: Non mais celui de Richard !
Rebecca: Ouais il me semble bien. Mais pourquoi ?
Chris: Comme ça. C'était où exactement en fait ?
Rebecca: Bah tu vois, la porte d'où vous sortiez quand on s'est retrouvés ?
Chris: Oui oui bien sûr oui.
Rebecca: Et bien en la regardant, c'était la porte juste à gauche.
Chris: C'est un couloir plongé dans le noir non ?
Rebecca: Oui ! Comment tu sais ?
Chris: J'y suis passé avec Jill peu avant. Il y avait même un miroir brisé non ?
Rebecca: Heuuu je ne sais plus. Mais je comprends pas, on vous a pas vus.
Chris: Vous deviez être dans le grenier dont tu nous parlais tout à l'heure. Là où ce serpent est. On a pas traînés alors c'est fort possible qu'on soit passés à ce moment là. C'était quelle porte ?
Rebecca: Baaaah, en partant de l'entrée du couloir depuis le hall c'est la première à droite.
Chris: Vous êtes passés par une bibliothèque pour entrer dans le couloir ?
Rebecca: Ouais, nous avons virevoltés dans plusieurs couloirs, après on a montés un escalier et après la bibliothèque c'était le couloir ouais.
Chris: Pourtant il y avait des zombis quand nous sommes passés nous...
Rebecca: Et bien, on se contentait de les faire tomber à force de leur tirer dessus. On s'est frayés un chemin comme ça.
Chris: Ah d'accord, ça explique donc...
Rebecca: Hum... J'ai plus de balles d'ailleurs.
Chris: Ok, je vais le chercher !
Rebecca: Quoi ?! Non ! Non, non et non !
Chris: Il le faut Rebecca, ça peut nous sauver la vie !
Rebecca: Sûrement mais les ordres de Wesker étaient clairs, on ne doit pas bouger d'ici !
Chris: On ne peut pas s'en abstenir ! Ce fusil pourrait bien être notre billet de retour tu sais !
Rebecca: Peut-être mais non, je veux pas que tu partes ! Non seulement Wesker ne veut pas mais en plus tu ne peux pas me laisser seule ici !
Chris: Tu es une S.T.A.R.S Rebecca ! Tu peux t'en sortir seule ! Tiens, voilà mon Beretta avec toutes les munitions que j'ai. Sers t'en pour te protéger au cas où tu aies un quelconque problème. Je sais que je m'en sortirais même avec l'aide de mes seules mains. Au pire des cas, j'ai un couteau de combat. Ne préviens pas Wesker, je reviendrais !
Il posa rapidement son pistolet ainsi que toutes ses munitions sur le couvercle du coffre, à côté de la seringue utilisée par Rebecca juste avant. Il s'avança vers la porte et l'ouvrit. Il partait si rapidement que Rebecca n'eût même pas le temps de prononcer le moindre mot. Il monta l'escalier pour retourner à l'étage et claqua la porte qui menait au balcon, sous les avertissements de Rebecca. Le vent s'était calmé à l'extérieur. La forêt était toujours aussi noire mais très silencieuse. Il se pencha un minimum à la rambarde pour voir le devant du manoir. Plusieurs chiens pouvaient être vus devant la porte d'entrée grâce au clair de lune. Ils grognaient, comme si ils ne connaissaient plus rien d'autre que la rage et la férocité. Ces bêtes, malgré leur statut de chien de garde, devaient être de braves compagnons avant de ne devenir qu'une machine à tuer, sans âme mais exerçant tout de même leur tâche: protéger la résidence des intrus. Chris pénétra encore une fois le hall d'entrée. En face de lui, un chemin en moquette rouge menait au balcon d'en face. Il prit soin de jeter un oeil furtif au rez-de chaussée pour voir si Wesker, Barry et Jill étaient là, mais personne. Seul dans la pièce, il pouvait continuer.
Chris: Alors, la porte du couloir... C'est celle là !
Il allait en direction de ladite porte, commençant à manquer d'assurance. Sa gorge devenait sèche et son coeur battant accélérait la cadence, ce qui lui donnait des sueurs.
Chris: Dans quoi je me suis embarqué ! Ça me paraissait être une super bonne idée, d'en bas...
Il ouvrit enfin la porte, hésitant. Toujours aussi sombre, ce couloir semblait être dominé par les ténèbres. Aussi ténébreux que le destin de ses habitants et peut-être même du sien. Il laissa la porte ouverte afin de faire entrer la lumière du lustre présent dans le hall. Bien que faible, elle lui donnait le courage nécessaire à continuer son chemin.
Chris: Ok, je dois y aller ! Pour moi et pour les autres ! La première porte à droite... Elle est juste là. Bon...
Sa respiration devint plus poussée dès qu'il entrait dans la pièce encore inconnue qu'elle cachait. Il n'y avait rien d'autre que des fenêtres donnant sur l'extérieur et un pilier central. Derrière ce dernier, le chemin continuait directement sur la gauche et une porte ouverte. Quand il la tira vers lui, son premier objectif, qui s'agissait de trouver le grenier, était atteint. La porte qui y menait était en face, en montant quelques marches de bois poussièreuses. Des toiles d'araignée recouvraient la porte. Le regard de Chris se focalisait sur la petite loupiotte au dessus d'elle. Il ne voulait qu'une chose, rester dans la lumière.
Chris: Pfff, ça inspire confiance... C'est juste là, je pique le fusil et je me tire direct !
Il s'avança en gardant la lumière en vue, se concentrant uniquement sur elle. C'est alors qu'un zombi l'agrippa fermement aux épaules. Prit par surprise, Chris était en position de faiblesse et ne tarda pas à tomber à la renverse sous le poids de son agresseur, qui tentait de lui attribuer une morsure fatale dans la région carotidienne.
Il paniquait et tentait de repousser en vain celui qui lui voulait du mal. Un duel de force s'entama, l'un voulant éloigner l'autre, qui au contraire voulait se rapprocher. Les morsures dans le vide du monstre engendraient l'entrechoquement des dents de sa machoire supérieure et inférieure.
Chris: Quelle force ! ... Je ne peux pas...le..repousser !
Rougissant d'effort, Chris poussa de toutes ses forces le torse du monstre puis plaqua son avant bras sur sa gorge pour le tenir éloigné.
Chris: C'est tout ou rien ! Enfoiré !
Dans un geste vif, il saisissa son couteau de survie, alors placé dans son étui au niveau de son pectoral gauche, et l'enfonça brusquement dans le crâne du mort-vivant qui s'effondra aussitôt. Il poussa le cadavre et se releva timidement, reprenant son souffle comme il le pouvait.
