Zébre.

Dimanche après-midi. Alors que Daisuke a terminé ses devoirs en fin de matinée, sa mère et son grand-père ont décidé de le récompenser en lui offrant une petite sortie en famille. Bien sûr, ces deux personnes se sont gardés de lui demander son avis et c'est en faisant une tête effroyable que le jeune homme marche derrière ses aïeux. Quelques minutes plus tard, le trio foule le sol d'une galerie d'art et bizarrement, Daisuke trouve la situation un tantinet comique. En effet, l'adolescent passe déjà une bonne partie de ses soirées à voler des œuvres d'art à droite et à gauche, pourquoi venir en regarder d'autres alors qu'il aurait pu profiter de son après-midi pour se reposer ? Sa famille souhaite le tuer à petit feu ou quoi ? A moins que…

« Le prochain tableau que je dois voler se trouve ici, c'est ça ? »

Suite à cette question prononcée sans la moindre discrétion, le vieil homme et sa belle-fille sursautent. Alors que le grand-père se retourne pour répondre à son petit fils, la femme place sa main devant sa bouche et tente d'étouffer un rire.

« Tu es malade ou quoi ? L'enguirlande son ancêtre. Tu veux qu'on se fasse repérer ou quoi ?

- Pourquoi pas ? »

Suite à cette réponse, l'ancien voleur s'interroge. Se pourrait-il que Daisuke ne souhaite plus être Dark, le célèbre criminel qui ose troubler la quiétude de cette ville ? Peut-être que l'enfant cède doucement à cette pression qui ne cesse de peser sur ses épaules et cela expliquerait pourquoi il a été retrouvé sur le toit de son école, l'autre jour, légèrement alcoolisé. Voulant comprendre ce qui se passe dans sa tête, Daiki s'approche de lui et l'invite à le suivre pour être à l'écart des nombreux visiteurs qui rôdent au sein de la galerie. L'adolescent refuse catégoriquement et poursuit dans son insolence.

« Pourquoi ? Tu as peur que la police arrive ici pour nous arrêter ?

- J'ignore ce que tu cherches à obtenir en agissant de la sorte Daisuke mais dis-toi que je ne te laisserais pas faire, le menace son grand-père.

- Parce que ce n'est pas déjà le cas ? Cet après-midi, j'avais l'occasion de me reposer un peu mais non, il a fallu que vous m'ennuyer avec votre idée de sortie. Tu crois que j'en ai pas marre de mener une double-vie alors que je souhaite être un gamin normal ? Si on me donnait le choix de changer de famille mais surtout, de vie, je n'hésiterais pas une seule seconde, crois-moi. »

Surpris par ce qu'il vient d'entendre, le vieil homme ne dit plus rien et voilà qu'il voit son petit-fils lui tourner le dos pour se diriger tranquillement vers l'entrée de la galerie. Une fois que l'enfant a quitté les lieux, Daiki ignore toujours quoi faire lorsqu'il est rejoint par sa belle-fille.

« Tu crois que ton fils était sincère ? Demande-t-il.

- J'en ai bien peur.

- Qu'est-ce qu'on peut bien faire pour le convaincre du bien fondé de sa mission ?

- Je n'en sais rien mais pour le moment, je crois qu'il vaudrait mieux qu'on le laisse respirer. »

Pendant ce temps, Daisuke marche dans une rue de la ville lorsque son regard est attiré par des poubelles reposant dans une ruelle. Intrigué par ce qu'il est en train de voir, l'adolescent désire en avoir le coeur net et se montre surpris lorsqu'il se rend compte qu'un tableau a été jeté aux ordures. La toile tendue et recouverte de peinture présente un joli zèbre broutant paisiblement dans une savane jaunie par le règne incessant du soleil. Ayant pitié de cette œuvre, Daisuke la prend rapidement dans ses mains et promène son regard tout autour du cadre pour être sûr que le tableau n'a pas été dégueulassé.

« Pose ce tableau et retourne-toi lentement. » Lui recommande une voix familière.

Très vite inquiet, le garçon décide de se montrer obéissant et tourne sur ses talons. A ce moment, il se rend compte que la personne qui vient de lui adresser ces quelques mots n'est autre que ce satané Satoshi Hiwatari.

« Bonjour. » Lui dit Daisuke.

De son côté, son interlocuteur se garde de lui retourner la politesse mais se permet un sourire sur ses lèvres. Ensuite, l'adolescent à la chevelure claire dévoile le pot-aux-roses.

« Je savais très bien que tu allais tomber dans mon petit piège.

- Quoi ?

- Tu as très bien entendu et j'avais raison de suivre mon instinct. Comment se fait-il que tu te sois rendu à cette galerie d'art si ce n'est que pour y faire un repérage des lieux ?

- Ne dis pas n'importe quoi s'il te plaît et depuis quand aimer l'art est devenu un crime ?

- Depuis que Dark traîne dans les parages. »

S'il pouvait, Daisuke s'autoriserait une transformation pour mettre le second adolescent hors d'état de nuire et une bonne fois pour toute. A force de le suivre comme il le fait, le fils d'Emiko sent que sa patience est en train d'atteindre ses limites et peut-être qu'un jour, il passera de voleur à tueur. Cherchant une idée pour se sortir de cette situation, le jeune maître de Wish se montre surpris lorsqu'une ombre se glisse dans le dos de l'enquêteur. Quelques secondes plus tard, le piégeur repose sur le sol totalement inconscient et l'identité de la personne se relève alors.

« Grand-père ?

- Je savais très bien qu'il était en train de nous suivre et j'attendais le bon moment pour lui donner une bonne leçon. Et dire qu'à ton époque, je n'avais aucun pot-de-colle au postérieur. Les choses ont bien changé.

- Merci. »

L'adolescent baisse son visage et tente de se maîtriser. Ensuite, il ramasse le tableau et fait part de son envie de le ramener à la maison, ce que le chef de famille accepte sans trop se poser de question. Toutefois, c'est suite après vu le regard noir qu'a jeté son petit-fils sur Satoshi qui l'inquiète grandement.