Ce ship était un cadeau pour Elena.V qui m'avait demandé un O.S. sur "la relation filiale Gibbs/Ziva" mais pour être franche çà n'y ressemble pas du tout. J suis très peu fière de ce ship que je lui avais concoctée mais le thème n'était pas vraiment dans le registre habituel qui m'inspire. Bonne lecture.
La meilleure excuse qu'il soit...
La mine affolée qu'affichait ma collègue préférée, en sortant précipitamment de l'ascenseur, provoqua chez moi une vive inquiétude. En effet, il faut dire que je ne l'avais jamais vu dans un tel état. De fait, cette femme, surentrainée par le Mossad, se révèlait, habituellement, difficilement impressionnable. Elle n'a jamais froid aux yeux et fait preuve d'un courage exemplaire, n'hésitant pas à affronter qui que ce soit. Même Gibbs, le grand Gibbs, le Diable en personne, si elle le juge nécessaire.
Attendant qu'elle se soit débarrassée de sa veste en cuir, je l'interpellai.
-Un problème, Ziva?
-Oui! Me répondit t-elle directement en gagnant le centre de l'open-space.
-Oui? Répéta Mcgee en fronçant les sourcils. Lui aussi devait s'interroger sur l'état de notre partenaire.
-Oui, y a problème! Lança ma très attirante équipière.( Oui parce que vous dire le contraire serait mentir, Ziva est extrêmement ravissante...enfin bref revenons au sujet initial: ma très chère coéquipière a des ennuis!)
-Tu peux développer? M'enquis-je, désireux d'en savoir un peu plus.
Elle inspira une grande bouffée d'air puis lâcha d'une traite:
-J' .
Le choc fut terrible. Abominablement terrible. Je voulus croire qu'elle blaguait ou que mes oreilles défaillaient mais le visage honteux de la jeune femme et l'expression horrifiée du bleu me criaient le contraire. Ziva venait de commettre l'irréparable.
Brisant le lourd silence qui s'était soudain abattu sur la salle, j'articulai:
-Tu-as-quoi?
-Tu as très bien compris, DiNozzo!Aboya t-elle, soudain agressive.
Une mouche vola.
-En fait oui j'ai très bien saisi, Répliquai-je, je voulais juste m'assurer que tu ne blaguais pas.
-J'ai une tête à plaisanter? S'exclama la brunette en désignant sa figure de sa main.
Je m'apprêtais à répondre lorsque Mcgee (tiens j'avais oublié qu'il était là celui-là...et puis c'est pas plus mal, je ne serai pas le seul à subir les foudres de notre ninja internationale) nous coupa:
-Les dégâts sont importants?
-Le pare-choc défoncé et un phare cassé... Murmura la nouvellement citoyenne américaine.
-Ah oui...quand même! C'est du grand art. Il est vrai que Ziva David a la réputation de ne pas faire les choses à moitié mais delà à... Ne pus je m'empêcher de commenter. Le regard assassin que me jeta la redoutable tueuse sanguinaire, qui me faisait office de partenaire, me dissuada de poursuivre.
-Je ne voudrai pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais...quoique çà me regarde puisque Tony et moi nous allons aussi bien que toi pâtir de la colère du patron...donc en fait si çà me regarde...
A cet instant précis, je me demandai de quelle manière le cerveau du geek fonctionnait. Ziva, passablement énervée, l'interrompit dans ses méditations.
-Accouche, Mcgee!
-Euh...oui désolé...je voulais savoir si tu roulais vite.
Je vis le sourcil de ma très charmante équipière s'arquer en signe d'étonnement et j'entendis le Bleu bafouiller.
-Ah oui...non tu respectes toujours les limitations de vitesse, toi...
La conversation se ralentissait et je sentais l'ex-officier du Mossad bouillir de rage. Je me dressai de ma chaise et rejoignis la jeune femme.
-Je récapitule. Ziva a été chargé par Gibbs de ramener sa Dodge...d'ailleurs, entre nous, çà vous a jamais choqué cette couleur jaune?...oui bon je continue. Roulant comme une dingue telle son habitude...
Le rouge lui monta au visage, je rectifiai.
Par mégarde donc, elle se prend un lampadaire endommageant ainsi la voiture de notre vénérable patron. Maintenant la question est: doit-elle lui avouer son erreur et être ainsi condamnée, tout comme nous d'ailleurs, à supporter le courroux et la mauvaise humeur de Gibbs ou doit-elle dissimuler l'accident et, ainsi laisser s'abattre sur nous 7 ans de malheur, le poids de la culpabilité et la fureur de Gibbs quand il se rendra lui-même compte du crime? Dans les deux cas elle nous entraine dans sa chute avec elle. Reste donc à savoir qu'elle est le meilleur choix? Etre courageux ou ne pas l'être? To be or not To be? Excellent film avec Carole Lombard, tous ces quiproquos...
-Tony, il n'est pas question de quiproquos là... Me coupa Mcgee.
(Sans blague, il comprend vraiment rien, celui-là?)
-Le mieux serait de tout lui confesser maintenant, Zee-Vah avec une très bonne excuse de surcroit. Conseillai-je.
-Je suis de l'avis de Tony.
-Pour une fois! Merci Mc-soutient.
-Si l'excuse vient de Tony, personnellement je préfère ne pas trop compter dessus. Nous avertit ma charmante partenaire.
(Comment pouvait-elle être toujours aussi arrogante quand il s'agissait de moi? Incroyable!)
Passant outre, les répliques méprisantes de la jeune femme, j'annonçai:
-Feu de Camp!
-Ah Non! Protestèrent d'une même voix mes deux compagnons.
-Ecoutez, il est question de notre survie à tous, alors mettez y un peu du votre, s'il vous plait!
Résignés, ils trainèrent leurs chaises vers l'espace libre et je les imitai.
-Un animal qui traversait la route? proposa Timothy.
-Hum...pourquoi pas? Acquiesça la jolie brune en haussant les épaules.
-Après c'est un peu basique. Moi je dirai plus une vieille poussant son landau...un peu comme dans Speed quand Sandra Bullock arrive à fond avec le bus...
-Ah oui je l'ai vu celui-là! S'exclama Ziva en claquant des doigts, ...Et là elle renverse une poussette pleine de canettes...
-Par pitié, Ziva, t'y mets pas toi aussi! L'implora notre petit schtroumpf grognon.
-Ou la cargaison d'un camion qui s'est déversée sur la route, et, Ziva, tentant de l'éviter, a, un peu, beaucoup, braqué sur la gauche? Proposai-je.
-Et pourquoi pas un parachute qui s'est abattu sur mon pare-brise dissimulant une partie de mon champ de vision de la route? Se moqua durement la jeune femme.
Timmy fit craquer ses doigts.
-Une racine qui dépassait sur la chaussée?
-Tsss et après on ose railler mes références cinématographiques?
-Je pourrai dire que la voie était glissante à cause du verglas... Hasarda la coupable.
-Au mois d'avril? Tu plaisantes, j'espère?Remarqua Timothy.
La brunette poussa un long soupire. J'en profitai pour la dévisager. Je la voyais mal à l'aise, gênée, contrite. Gibbs lui avait donné toute sa confiance en la priant de ramener sa voiture. Crédit qu'il lui avait toujours accordée au cours de ces six années qu'elle a passées à nos côtés et, voilà qu'elle avait comme failli à une mission de haute importance.
D'ailleurs je crois que c'est bien plus une histoire de confiance entre ces deux là. Il y a autre chose, c'est certain. J'ai toujours eu cette impression qu'un lien fort existait entre eux depuis le début. Différent de celui que Jethro entretient avec le reste de l'équipe. Un rapport bien plus fort que de l'amitié, mélangeant admiration, confiance et protection.
Elle paraissait songeuse, soudainement, contrairement à ce brave Mcgee, terrorisé à l'idée de se retrouver face à un Gibbs en rage.
-Et si tu lui disais que tu as perdu le contrôle de ta voiture en voulant esquiver un véhicule en train de te faire une queue de poisson?
-Ou un conducteur qui t'a grillé une priorité. suggérai je.
Nous étions étonnement calmes lorsque le patron débarqua dans l'open-space. Surpris par notre incroyable sagesse, il nous interrogea.
-Vous allez bien?
(C'est terrible! Lorsqu'on se chamaille, on se prend des tapes et si l'on est paisible, on nous demande si tout va bien...ah la hiérarchie!)
-Oui...oui. Balbutia mon voisin de bureau.
Mon regard se dirigea inévitablement vers ma collaboratrice. Prenant une grande inspiration comme pour se donner du courage, elle s'extirpa de son siège et vint se placer devant le bureau de notre respectable chef.
-Patron...
-David?
-Je vais pas y aller par quatre chemins, trouver une excuse ne servirait à rien (Ah oui? On a passé plus d'une heure à chercher une excuse potable et voilà ce qu'elle nous fait...elle est bien bonne celle-là), donc autant vous annoncer directement que j'ai démoli l'avant de votre voiture....
Elle plissa les paupières redoutant la sentence tomber tel un couperet s'abat sur sa victime. Mais rien. Rien? Rien. Gibbs ne sourcilla même pas.
(Le calme avant la tempête) songeai-je.
Enfin il contourna son bureau et lui appliqua une tape sonore sur le crâne avant de quitter la salle.
-La prochaine fois apprenez à vous servir du frein, David!
La jeune femme se massa doucement la partie endolorie de sa tête, et, encore ahurie, constata.
-Je crois qu'il ne m'en veut pas.
(Un père pardonne toujours tout à ses enfants...comment n'y ai je pas songer plutôt? Quel idiot! Gibbs est pour nous tous un mentor voire un père spirituel pour la plupart d'entre nous comme Ziva. Il est cette figure paternelle qu'elle a toujours idéalisée: un modèle, loin de l'image que lui renvoie actuellement son père biologique.
Pour lui, en revanche, elle est cette enfant qu'il a perdu, cette femme à qui il aurait voulu que sa fille ressemble. Non pas que je pense que Gibbs aurait souhaité que Kelly soit une tueuse du Mossad mais plutôt qu'elle ait le courage, la force et la grandeur d'âme de l'israélienne.
Après tout comme l'a dis ce brave Dennis Lord "Un père n'est pas celui qui donne la vie, ce serait trop facile, un père c'est celui qui donne l'amour.") .
FIN
