Xim : Bien sur qu'elle est toujours fragile ! Mais ca changera .. Peut etre ? :p Madara arrivera .. Bientot. Peut être. :D


Midori avait passé une bonne nuit. Pas parce qu'elle avait la tête vide, mais bien parce que sa journée avait été fatigante. Entre son test d'endurance, la concentration qu'elle avait dû émettre durant l'après midi, le diner avec Hashirama. Mais ça avait été une bonne journée et elle avait l'impression d'être toujours un peu plus intégrée, à chaque pas qu'elle faisait.

Si bien qu'après une bonne douche, elle se rendit à la cuisine et trouva un post-it fluo sur le frigo qui disant :

- Pas de réveil personnalisé ce matin, j'ai une urgence. N'oublie pas d'aller voir Hashi. T.

La jeune femme ne manqua pas de sourire en voyant à quel point Tobirama prenait soin d'elle et se servit un café qu'elle avala rapidement avant de se presser de rejoindre le Central, qui n'était pas si loin, en volant. Même si le chemin était plutôt court, elle voulait en profiter pour voler.

Hashirama l'accueillit dans son bureau avec son sourire habituel, même si son regard était plutôt concerné et Minato était présent, lui aussi. Tous deux étaient déjà penchés sur la nouvelle affiche.

Midori s'approcha avec une certaine timidité, les salua poliment et regarda son oeuvre. Contrairement à l'ancien arbre, celui ci était beaucoup plus coloré. Peut être que les couleurs étaient devenues fades, sur l'ancien, depuis le temps mais celui ci était très beau, dans un sens. Et elle remarqua enfin les noms des frères d'Hashirama et de Tobirama, notés près d'eux.

- Bien, Midori, si tu as .. le moindre doute à propos d'une relation, tu n'hésites pas à le dire, d'accord ? Demanda Hashirama.
- Oui mais … hésita-t-elle. À quoi ça sert, exactement ?
- Les lignées sont importantes pour déterminer notre puissance, et celle des Uchiha, répondit-il.

Sans un mot, il indiqua à la jeune femme de venir du même côté qu'eux et observa un instant les noms par dessus son épaule avant de pointer celui de son ancien voisin de chambre du doigt.

- Tu peux me parler de lui ? Demanda-t-il. J'ai appelé ton père, mais il n'a aucune idée de qui c'est.
- Je .. ne sais pas grand chose sur lui, répondit Midori en soupirant. Tout le monde disait toujours qu'il était juste un bâtard dégénéré. Il n'avait même pas le droit de porter le nom d'Uchiha, contrairement à tous les autres.
- Rien d'autre ?
- Je sais qu'il passait beaucoup de temps au Château. Il n'en sortait pas souvent et il adorait la bibliothèque. Il connaissait certains livres par coeur. Et puis .. c'était un bon garçon.
- Et tu ne sais pas à qui il est affilié ?
- Non. Tout le monde disait qu'il était un cousin éloigné de Madara et d'Izuna. Izuna l'a d'ailleurs confirmé plusieurs fois mais je ne sais pas de quelle branche il vient.
- Et .. tu es sure qu'il est un Uchiha ? Qu'il n'est pas humain ?
- Il a le physique typique d'un Uchiha, affirma Midori. Cheveux noirs et épais, yeux rouges.
- Par de signe particulier ?
- Juste .. un tas de cicatrices.
- Des cicatrices ? Questionna Hashirama, suspicieux.
- Mais je pense que ça vient de la consanguinité. Lui et .. elle, dit-elle en pointant deux noms, en possèdent aussi de très importantes.
- Je vois.

Hashirama échangea un regard avec Minato, qui leur sourit avant de quitter le bureau en enroulant l'arbre, sûrement pour aller l'accrocher à la bibliothèque et Midori allait le suivre mais le Senju l'interpela.

- Pas si vite.

Les joues roses, la jeune femme se tourna vers lui, les mains jointes et Hashirama prit place à son bureau.

- Vous êtes bien rentrés, hier soir ?
- Parfaitement, sourit-elle. Et je ne me suis pas endormie en vol.
- Minato m'a fait part de ta demande. Pour que tu prennes des cours de vol plus .. poussés.

Midori baissa immédiatement les yeux, prête à entendre un refus.

- Je comprends ta volonté. Minato est .. impressionnant, quand il s'y met. C'est la personne la plus rapide du clan. Mais c'est une technique de combat mortelle.
- C-ce n'est pas grave.
- Je n'ai pas dit que je refusais, sourit Hashirama. Vu ton endurance naturelle, tu devrais même la maitriser assez rapidement. Mais tu dois me promettre de ne jamais l'utiliser en ville.
- J-je .. Enfin, merci, mais Minato ..
- Minato l'utilise depuis près de quarante ans, argumenta-t-il. Je ne le laisserai pas faire s'il ne m'avait pas sauvé plusieurs fois la vie grâce à cette technique. Il a beaucoup de précision. Tu comprends ?

Midori acquiesça, ravi de pouvoir apprendre quelque chose d'aussi impressionnant malgré la restriction qu'elle allait avoir et Hashirama poursuivit :

- En parlant d'endurance, j'ai rapidement regardé tes résultats, ce matin, avec un .. spécialiste. Il m'a dit que c'était juste au dessus de la moyenne par rapport aux Senju mais plutôt bon pour quelqu'un qui n'avait jamais eu d'entrainement.
- Je vais devoir faire d'autres tests ? Demanda Midori.
- Ça ne dépend que de toi. Si tu veux, pour l'instant, tu peux te concentrer sur la technique de Minato. On a tout le temps pour les tests.
- Je .. vais faire comme ça alors, sourit-elle.
- Ça me convient. Je pense que Minato t'attend à la Bibliothèque maintenant.

Après un nouveau sourire, la jeune femme salua le Senju et s'empressa de sortir du bureau et vola à toute allure jusqu'à la Bibliothèque. Si bien qu'en arrivant, elle faillit rater son atterrissage mais retrouva rapidement l'équilibre en un coup d'elle et traversa, d'un pas rapide, le grand hall jusqu'au bureau de son supérieur.

Celui ci était en train de regarder l'arbre qu'elle avait composé avec intérêt mais à peine fut-elle à côté de lui qu'il lui sourit.

- Nous commençons cet après midi. Je t'emmènerai sur l'un des anciens terrains d'entrainement.
- Merci, s'exclama-t-elle en se retenant de le prendre contre elle.
- Ça me fait plaisir. Et ça n'est pas tous les jours que j'aurais le privilège d'enseigner quelque chose à une descendante de la grande Mikoto Uchiha.

Automatiquement, Midori posa les yeux sur le nom désigné, loin au dessus du sien et demanda :

- Vous la connaissiez ?
- Non, je n'ai pas eu cette chance, sourit-il. Mais nous avons des légendes terribles, à propos de cette guerrière. Elles racontent à quel point elle était puissante. Mais toujours juste et elle n'a jamais tué sans obligation.
- Les nôtres ne disent pas ça, marmonna Midori.
- Les opinions divergent, ça n'est pas étonnant. Mon père l'a combattue et elle l'a tué.
- J-je suis désolée.
- Il ne faut pas. C'était la guerre et chacun devait faire ce qu'il devait pour en sortir vivant. Et tu as eu la chance de ne pas le connaître.
- J'ai connu la guerre, s'indigna Midori, les sourcils froncés.

Surpris, Minato se tourna vers elle en croisant les bras.

Peut être avait-elle parlé un peu vite. Elle n'avait pas connu la guerre à proprement parlé. Pas de la façon dont il voulait sûrement en parler. Ça se voyant, dans le regard bleu de l'homme qui lui faisait face, il avait connu ça, autant qu'Hashirama et que Tobirama, qui en parlaient toujours avec une certaine retenue.

- J-je .. Enfin, les Uchiha se sont entretués et …
- Nous n'avons rien d'important à faire, ce matin, murmura Minato en retrouvant son sourire caractéristique et sa voix douce. Si tu le souhaites, tu peux .. me parler de ça .. ?
- Pourquoi ? Demanda-t-elle, incertaine.
- Parce que c'est comme ça que l'Histoire est écrite.

D'abord mal à l'aise, Midori soupira légèrement et finit par secouer la tête.

- Non, je .. ça n'est sûrement pas comparable à ce que vous avez vécu et …
- Tu es née à une époque différente de la mienne, sourit-il. Si je te racontais mon expérience de la guerre, tu trouverais sûrement ça horrible. Mais je ne te forcerai pas.

Il fallut plusieurs minutes à la jeune femme pour tenter de remettre de l'ordre dans ses idées. Et tandis qu'elle regardait l'arbre avec attention, elle ne pouvait le nier.

Beaucoup de personnes étaient mortes. Pendant la guerre, mais aussi après, et elle avait de la chance d'être passée entre les mailles du filet. Après tout, elle aurait très bien pu mourir, si Hashirama ne l'avait pas sauvée. S'il n'avait pas eu toutes ces capacités médicales ou seulement si elle n'avait pas réussi à passer la Séparation.

Sans le vouloir, elle se remit à penser à son échappée. À la personne qui lui avait injecté l'adrénaline, comme Hashirama le lui avait indiqué. Elle n'avait pas d'allié, chez les Uchiha, ou plutôt, aucun allié qui aurait pu faire un tel geste. Son colocataire, même s'il avait montré une intelligence importante, cinq ans auparavant, n'avait aucune compétence médicale, ça, elle n'en doutait pas. Et l'infirmerie du Château était toujours surveillée avec soin.

Elle se souvenait d'une voix. Comme d'un murmure, avant de reprendre connaissance mais elle était incapable d'en reconnaître le propriétaire.

Midori ferma un instant les yeux et vit les souvenirs flasher derrière ses paupières. Pas comme lorsqu'elle se souvenait de choses, mais c'était bien une vision qui la prenait. Une vision de son propre passé.

Elle revoyait la cellule, le cadavre près d'elle, ses mains brisées. Elle ressentait la douleur aussi. Pas réellement mais son corps tremblait légèrement, elle le sentait. Puis, l'aiguille dans son cou et cette force qui lui revenait. Encore cette voix, douce, une légère caresse sur sa joue et le vêtement qui était posé sur ses épaules.

Posant une main sur son front, Midori s'appuya contre le mur le plus proche en soufflant longuement et Minato, inquiet, la fit s'asseoir, l'obligea à le regarder dans les yeux.

- Midori .. Midori, regarde moi et repousse les souvenirs ..

En entendant la voix de son supérieur, Midori sortit brusquement de la vision et rouvrit les yeux pour croiser le regard de Minato qui lui sourit, rassuré de la voir revenir à la réalité. D'un geste doux, il la serra contre lui, en l'embrassant sur la tempe et elle murmura, choquée :

- C'est horrible ..
- Le désavantage de descendre d'une lignée puissante, tenta Minato avec humour.

Midori lui répondit d'un sourire, puis d'un petit rire et resta dans les bras de l'autre pendant quelques minutes, jusqu'à ne plus se sentir aussi faible et, consciente de sa position, elle se redressa vivement et se détourna.

- N-n'en parlez pas à Hashirama, s'il vous plait, supplia-t-elle. Je ne veux pas qu'il s'inquiète.
- Je ne dirais rien si tu me tutoies.
- D'accord, acquiesça-t-elle.
- Viens, assieds toi et dis moi ce que tu as vu.

Midori regarda un instant le grand fauteuil, alla s'y pelotonner et se racla la gorge :

- Je me suis vue moi. Mes souvenirs quand j'étais en prison, après qu'Izuna m'ait torturée.
- Ce genre de visions n'est pas rare. Ton esprit cherche à te dire quelque chose.
- Mais quoi .. ?
- En général, c'est un détail que tu as raté. Personnellement, ça m'arrive quand j'ai oublié de fermer la porte de la maison.

La touche d'humour fit de nouveau rire Midori, qui secoua la tête, ne croyant pas que c'était la vérité mais elle ne préféra pas le questionner à ce propos.

- Je … Me souviens de l'alarme quand j'ai passé la Séparation, et du filet et ..
- L'alarme fait partie de l'ancien système de sécurité. Quand quelque chose d'assez .. important survole la Séparation, elle se déclenche. Le filet, j'ai bien peur que ce soit moi.

Surprise, la jeune femme l'interrogea du regard et le sourire de Minato s'agrandit :

- Des armes de .. capture sont cachées partout dans la ville. Et en entendant l'alarme, je suppose que mes habitudes de guerrier ont pris le dessus. Mais quand j'ai vu ton état, j'ai directement appelé Hashirama. Et je t'ai emmitouflée dans la cape qui te couvrait pour te garder au chaud.
- La .. cape ?
- Tu ne t'en souviens pas ? Tu portais une cape et .. c'est tout, en fait.
- Non, je .. je ne sais plus.
- Je suppose qu'Hashirama l'a gardée, si tu veux la récupérer. Ça doit être dans un des sacs d'affaires personnelles de l'infirmerie.
- Je lui demanderai, sourit-elle.

Minato lui caressa lentement la tête pour tenter de la rassurer un peu et, légèrement mal à l'aise, elle finit par demander :

- Est-ce que .. c'est un truc de Senju, d'être aussi … physique ?
- Oui, dit-il simplement.
- Et tous les Senju … ?
- C'est difficile à expliquer, exprima Minato en se redressant. Mais je suppose que tu peux comparer ça au besoin irrépressible des Uchiha à toujours .. coucher. Si je ne me retenais pas, parfois, je lâcherais pas mon fils de la journée.

Avec un petit rire, Midori secoua la tête et ils passèrent la matinée à ranger le bureau, pour le préparer aux futures recherches qu'ils allaient devoir faire. Mais Midori n'attendait qu'une chose. Enfin pouvoir aller s'entrainer. Elle ne pensa d'ailleurs qu'à ça, durant toute la matinée et après un déjeuner rapide en ville, Minato entraina son élève vers les hangars proche de l'ancien quartier d'entrainement pour en sortir une voiture et lui indiquer de monter.

- On peut voler .. dit-elle en zyeutant la voiture avec méfiance.
- Crois moi, jeune fille, après l'entrainement, tu seras bien contente d'être en voiture.
- Je .. peux te suivre, pour l'instant ?
- Si tu veux.

Presque immédiatement, Midori décolla pour rejoindre une altitude plutôt basse, mais tellement plus agréable qu'une voiture qui la rendrait sûrement malade et suivit Minato à partir de là. Celui ci s'amusa même à l'obliger à pousser sur ses ailes un peu plus, alors qu'ils étaient sur une route déserte, juste pour voir si elle réussirait à rester à sa hauteur mais Midori était naturellement douée avec ses ailes, ça ne faisait aucun doute. Et leur forme allongée et leur finesse ne faisait que l'aider.

Quand ils arrivèrent au terrain d'entrainement, la jeune femme se laissa descendre lentement, observant avec attention la poussière qui s'élevait autour d'elle alors que ses ailes battaient l'air avec force et Minato la rejoignit à sa façon, faisant briller ses plumes au soleil.

- Essaye de tendre tes ailes au maximum, murmura-t-il en appuyant doucement sur son épaule pour la faire s'asseoir. Je vais d'abord vérifier qu'elles sont bien développées.
- Sinon quoi .. ?
- Sinon, tu pourrais te blesser et te retrouver clouée au sol pendant des mois.

N'ayant pas spécialement envie d'être privée d'une telle sensation, Midori se laissa faire et sentit ses appendices frémir d'une certaine excitation tandis que Minato vérifiait la formation de chaque os, suivait lentement ses ligaments et ses tendons des doigts pour s'assurer qu'ils ne possédaient pas de faiblesse.

De base, les ailes de chaque clan étaient très semblables. Elles possédaient toutes deux quatre os porteurs, qui reliaient les ailes à la colonne vertébrale mais leur évolution différente avait donné à chacun quelque chose de plus. Les Uchiha avaient hérité de leurs griffes acérées et mortelles, et les Senju avaient gagné des plumes, qui rendait leur vol plus léger et plus simple.

Cependant, toute la structure des ailes était identique et Minato, qui avait été instructeur de vol pendant quelques temps, connaissait tout ça par coeur.

Il fut d'ailleurs surpris de constater que ces ailes là étaient particulièrement musclées, malgré que Midori ne les ait que très peu utilisées mais il devait se rendre à l'évidence. Elle n'était pas comme tout le monde. Sa condition d'hybride se reflétait dans la forme particulière de ses ailes et elles s'étaient développées très rapidement. Et elles étaient assez puissantes pour qu'elle le surpasse, un jour, en terme de vitesse.

- Regarde moi, appela-t-il.

Midori redressa la tête pour observer Minato et celui ci étendit un instant ses ailes magnifiques avant de lui montrer le mouvement à faire.

- Le mouvement en lui même n'est pas difficile. C'est comme si .. tu faisais claquer un fouet, si tu veux.

La comparaison donna légèrement la nausée à la jeune femme, qui préféra détourna les yeux.

- Ou comme si tu secouait un drap, ajouta Minato sans montrer à quel point il était désolé. Un petit coup sec.

Midori acquiesça doucement et Minato lui montra la technique à vitesse réduite, pour qu'elle puisse l'observer plus facilement.

- Au début, tu auras sûrement du mal à trouver l'équilibre à l'atterrissage. Je ne te raconte pas le nombre de fois que je suis tombé quand je l'ai développée.
- Est ce que .. je peux réellement me faire mal ?
- Même si elles sont une partie de toi, tes ailes peuvent devenir assez indépendantes. Je suppose que tu ne réfléchis pas beaucoup, quand tu voles, si ?

Midori secoua la tête et Minato reprit :

- Si elles sentent que tu vas te mettre en danger, elles refuseront de t'écouter. C'est un peu comme si elles avaient leur volonté propre mais à force de travailler et de voler, votre lien sera plus puissants et tu n'auras plus à penser à ce que tu veux faire. Ça sera inconscient, comme quand tu marches ou que tu respires.

Impressionnée, la jeune femme sourit légèrement en regardant ses ailes et en se demandant surtout si c'était pour ça qu'elles s'étaient manifestées alors qu'elle en avait le plus besoin. Parce que sans elles, elle ne serait sûrement plus de ce monde.

- Ferme les yeux, murmura-t-il après un temps. Et essaye d'imaginer ton environnement exactement comme il est.

La jeune femme s'exécuta, tentant de se souvenir du paysage en détails, en vain. Elle avait seulement vu que c'était un terrain vague, où la végétation était importante, à part là où elle était assise. Là, il y avait un espace sans herbe, de terre battue.

Elle allait ouvrit la bouche, mais Minato lui attacha un bandeau autour des yeux et lui fit baisser la tête.

- Pour te déplacer comme je le fais, tu dois savoir observer. Ton environnement est primordial. Tu ne peux pas traverser la matière et en général, tu devras te déplacer en ligne droite. Ça n'est pas comme si tu disparaissais d'un endroit pour apparaître à un autre. Tu te déplaces juste à vitesse extrême. Tu comprends ?
- O-oui.
- Pour que ça fonctionne, tu ne dois pas penser à battre des ailes, ni à ce qui pourrait te ralentir. Tes ailes doivent te pousser, en une seule fois et te placer là où tu l'auras décidé, au centimètre près.
- D'accord.
- Je vais m'écarter, et tu devras essayer de te diriger sur ma voix. Je ne te mettrais pas en danger, d'accord ?

Midori acquiesça doucement et Minato l'aida à se remettre sur ses pieds avant de s'écarter et siffler doucement.

Mal à l'aise, la jeune femme se pinça les lèvres. Voler en conditions normales était un plaisir, pour elle. Parce qu'elle adorait sentir l'air frais s'engouffrer dans ses vêtements, elle adorait regarder la ville de haut, observer ce qui s'y passait, se sentir aussi légère qu'une plume. Mais là, elle était privée de sa vue, elle ne savait pas exactement où Minato se trouvait, ni à quelle distance.

Et si elle allait trop loin ? Et si elle lui faisait du mal, avec ces griffes qu'elle avait au bout des ailes ?

Midori ne voulait pas mal faire. Elle ne voulait pas prendre de risque et n'avait aucune confiance en ses appendices. Ses ailes frémirent un instant, bien qu'elles reposaient au sol et la jeune femme se sentit légèrement mal. Si elle avait eu ses ailes blanches, ses ailes lui venant de sa mère, peut être aurait-elle eu plus confiance en elle. Peut être se serait-elle sentie moins … imparfaite.

Un mouvement dans son dos la fit sursauter et Midori se retrouva dans les bras de Minato, qui la réceptionna avec douceur contre lui. La jeune femme était choquée. Elle ne comprenait pas ce qui venait de se passer et n'avait rien demandé !

Ses ailes agrippèrent le sol, tendues et Minato écarquilla les yeux. Il ne savait pas ce qui se passait dans la tête de Midori, mais ça n'était pas bon, et si elle continuait comme ça, il ne pourrait sûrement rien faire. Il avait déjà vu ce phénomène, une fois. Il avait déjà vu un homme se battre contre sa nature et son propre sang. Tobirama était passé par là, lui aussi, quand il ne s'était plus supporté et même si ça avait été moins impressionnant, parce qu'il ne possédait pas les mêmes armes que Midori, ça n'en avait pas été moins effrayant.

Tirant les cheveux de la jeune femme pour lui faire relever la tête, Minato arracha son bandeau et se pinça les lèvres en voyant ses yeux révulsés et, d'un mouvement rapide, il la tacla au sol.

Le choc fut assez brusque pour assommer Midori pendant quelques secondes et un blanc total s'installa dans son esprit avant qu'elle rouvre lentement les yeux et cligne plusieurs fois en sentant que son corps était douloureux. Elle ne savait pas comment elle était tombée, elle ne savait pas pourquoi ses ailes semblaient si .. tristes ? Elle ne trouvait pas d'autre mot pour définir ce qu'elle semblait ressentir.

Mais le visage de Minato, à quelques centimètres du sien semblait inquiet. Qu'avait-elle fait ?

- Midori, murmura-t-il en caressant son visage. On va faire un autre exercice. Je n'aurais pas dû te faire commencer par ça. Tu es d'accord ?

La jeune femme acquiesça lentement, en cherchant surtout à retrouver son souffle et Minato la fit s'asseoir, lui plaça les jambes contre la poitrine et murmura :

- Je veux que tu les écoutes ..
- Q-que je les écoute ? Répéta-t-elle, incertaine.
- Fais en sorte qu'elles te tiennent en douceur. Comme une mère tient son enfant.

Méfiance, Midori regarda un instant ses ailes. Elle ne comprenait pas le but de l'exercice. Elle voulait simplement tout arrêter et rentrer et ne parler à personne. Mais Minato, en expert, les manipula doucement, pour les enrouler autour de la jeune femme, sourit en sentant, sous ses doigts, qu'elles étaient parfaitement réceptives à ces mouvements et Midori croisa lentement les bras sur son ventre.

- Allez, ferme les yeux.

La jeune femme s'exécuta, mal à l'aise et Minato resserra doucement les ailes autour d'elle avant de murmurer :

- Tes ailes sont une des parties les plus importantes de toi mais elles sont sensibles. Je ne sais pas à quoi tu pensais, ni pourquoi tu le pensais. Mais si elles … se sentent rejetées, elles disparaitront.

Midori se pinça les lèvres, pour ravaler ses larmes et Minato continua :

- Mais si tu apprends à les aimer, si tu les acceptes sans condition, elles seront ta meilleur arme.
- J-je … bégaya-t-elle.
- Je vais m'écarter. Si tu as besoin de parler, adresse toi à elles, pas à moi. Mais n'oublie pas que tu n'as pas besoin d'ouvrir la bouche pour ça.

Minato s'écarta, en espérant de tout son coeur que la cérémonie allait fonctionner.

Cette pratique avait été, pendant plusieurs générations, un rituel de passage pour chaque personne qui développait ses ailes. Lui même n'en avait jamais entendu parler avant de lire à ce propos dans un ancien manuel d'instruction dont l'époque était révolue depuis longtemps et il n'avait jamais pensé que les ailes puissent être aussi importantes dans la vie d'un être vivant.

Pour faire simple, c'était comme si elles contenaient tout les pouvoir de la personne. Le taux de protéine qu'Hashirama avait ensuite identifié ne faisait que le confirmer et, mêmes s'ils n'avaient pas encore pu réellement comprendre comment cette relation était possible, cette indépendance entre le porteur et ses appendices, ils avaient compris que c'était quelque chose à respecter avec beaucoup de zèle.

Ainsi, quand Tobirama avait perdu l'esprit, s'était enfermé chez lui, il commença à perdre ses plumes. Elles s'entassaient sur le sol, mortes et noirâtres jusqu'à ce qu'Hashirama décide de le sortir de cette état de léthargie. Et pour l'aider à reprendre confiance en lui, Minato avait pratiqué ce rituel avec lui.

Et plus jamais il n'avait eu de problème de plumes après ça. Au contraire, même, il avait toujours été enthousiaste à l'idée de voler et faisait une confiance aveugle en ses ailes.

Minato espérait de tout son coeur que le rituel fonctionnerait avec Midori aussi. Il ne savait pas ce qui s'était passé dans son esprit, ce qui avait provoqué ce malaise mais il pensait que s'il n'avait pas été là, les conséquences auraient sûrement été plus délicates que ça. Là, au moins, il avait pu arrêter Midori avant qu'elle ne commette l'irréparable et perde sa faculté de voler. Elle qui semblait tellement apprécier ça.

Midori ne savait pas quoi penser. Que devait-elle penser, après tout ?

Elle se sentait étouffée par une telle position. Ses ailes enroulées autour d'elle, serrées, lui laissant à peine l'espace pour respirer. Et si elles essayaient de la tuer ? Oh, jusqu'ici, elle n'avait jamais imaginé que quelque chose de ce genre puisse arriver mais après tout, Tobirama lui avait dit et prouvé que c'étaient bien des armes, qui étaient accrochées à ses ailes.

Ses appendices frémirent légèrement et Midori sentit une sorte de culpabilité, mêlée à une légère angoisse remonter dans ses tripes. Mais ça ne lui appartenait pas. Ça ne venait pas de son coeur, mais de bien ailleurs. Était-ce seulement possible ?

D'abord têtue, et terrorisée, Midori n'osa rien dire. C'était bien la première fois qu'on lui disait de parler à des ailes !

- Pourquoi vous ne m'avez pas sauvée avant ? Demanda-t-elle enfin. Vous saviez toute la vérité sur moi, sur ce que je suis et j'ai subi tout ça sans aide …

Une douleur vive l'accabla, au niveau des tempes et elle dut y poser les mains tandis qu'une vision venait prendre possession de son esprit. Mais elle était différente des autres, et ne renvoyait que l'image de ses premières ailes arrachées, ainsi qu'un sentiment d'insécurité.

- V-vous ne vouliez pas subir la même chose .. souffla-t-elle comme si c'était l'évidence même en se pelotonnant sur elle même. Alors pourquoi être apparues quand j'ai été .. ?

La douleur. C'était la réponse que Midori reçut, même si elle ne la revécut pas. Elle ne savait pas d'où lui venait cette idée, ne comprenait pas ce qui se passait dans son esprit mais c'était comme si elle pouvait directement communiquer avec .. elles.

Mais alors que la douleur de sa vision se dissipait, Midori se sentait .. apaisée. Elle ne savait pas si elle l'était réellement, ou si elle ne ressentait que ce qui venait de ses ailes mais, avec douceur, ses ailes desserrèrent lentement leur emprise sur elle, sans la relâcher et l'une d'elle vint doucement caresser sa joue.

Alors, Midori pensa qu'elle y avait peut être été fort avec elles. Que même si elle avait peur, même si elle manquait de confiance, elles l'avaient sauvée d'une mort certaine. Qu'elle devait leur en être reconnaissante et leur accorder un maximum de crédit. Et elle comprenaient qu'elles étaient sûrement les meilleurs alliées qu'elle pourrait jamais se faire.

Après tout, peut être allait-elle .. pouvoir se rendre réellement utile, grâce à elles. Les tests physiques, les analyses de sang et son pseudo travail à la Bibliothèque étaient une chose, mais elle ne devait pas oublier qu'une guerre était en cours, depuis des années déjà et que la bataille actuelle se terminerait bientôt. Il ne restait plus beaucoup de sang, dans la réserve de la Machine, Hashirama avait indiqué que le bouclier ne resterait pas actif longtemps avec si peu de liquide et alors, une nouvelle bataille débuterait.

Et si elle continuait comme ça, si elle restait aussi faible, elle n'y survivrait pas. Après tout, elle n'était peut être pas une guerrière, comme les Senju, comme Minato, ou même comme son père mais .. Si elle trouvait un rôle qui pouvait lui convenir, une toute petite chose qui pouvait faire pencher la balance de leur côté .. alors elle pourrait dire qu'elle n'était pas si inutile que ça.

Sur cette pensée, Midori rouvrit les yeux, déterminée à apprendre la technique de Minato et à faire confiance à ses ailes. Il n'y avait pas de doute, c'était un pari risqué, et elle ne savait pas si elle y arriverait aussi rapidement mais tant qu'elle n'essayerait pas, elle ne serait jamais fixée. Ses ailes frémirent à cette idée, visiblement excitée et prêtes à reprendre l'entrainement et d'un battement puissant, elles l'aidèrent à se remettre sur pieds.

Le souffle court et la gorge nouée devant ce qui l'attendait, Midori se tourna lentement vers Minato qui avait observé la scène avec beaucoup d'intérêt. Un tel niveau de communication entre une personne et ses appendices était rare et il était .. honoré d'en être le témoin. Souvent, il avait lu dans les anciens ouvrages de la Bibliothèque des passages parlant d'une fusion aussi étonnante entre l'être et ses ailes mais, même lui qui avait souvent essayé de l'atteindre n'y était jamais parvenu.

Ses ailes à lui lui rappelaient parfois un enfant qui n'a pas vraiment envie de faire ce qu'on lui dit, blasé. Ça ne lui était d'ailleurs pas rare de les imaginer en train de lever les yeux au ciel. Mais elles étaient fiables, et c'était ce qui importait !

Cependant, avant qu'il ne puisse bouger, Midori était devant lui, grâce à une vitesse assez proche de la sienne et même si ses ailes étaient en attente dans son dos, dans une attitude innocente, il savait qu'il n'avait rien à leur apprendre. Qu'elles étaient déjà bien plus douées que tout ce qu'il pourrait leur enseigner.

Mais, souhaitant quand même mettre leur après midi à contribution, ils passèrent des heures à jouer sur le terrain immense qui leur était dédié, l'un poursuivant l'autre à un rythme délirant, jusqu'à ce que le soleil décline et que Minato se rende compte que sa femme allait être infernale qu'il soit autant en retard.

Cette fois, contrairement à l'aller, Midori accepta de monter en voiture, seulement parce qu'elle avait envie de profiter de la présence de son instructeur, appréciant ce qu'il avait fait pour elle et, quand il s'arrêta en bas de son immeuble, elle lui jeta un coup d'oeil timide avant de le remercier avec retenue et se hâta de monter en espérant trouver Tobirama dans l'appartement.

Mais celui ci était totalement vide. Pas de petit message, personne dans la chambre de son hôte et Midori ne trouva que le courage de s'effondrer sur le canapé, toutes ailes dehors et de s'endormir là, exténuée par son après midi.

Ce ne fut que tard dans la nuit, alors qu'elle sentait une couverture être posée avec douceur sur son dos qu'elle se réveilla en sursaut. Ses ailes frémirent légèrement mais Midori se retrouva nez à nez avec Tobirama, qui semblait aussi fatiguée qu'elle mais souriait légèrement.

- Tu sais .. Si un canapé te suffisait, je n'aurais pas pris la peine de te préparer une chambre …taquina-t-il.
- Tu étais où ? Questionna Midori en repliant ses ailes dans son dos et l'air bougonne.

S'étant attendu à la question, Tobirama prit place à côté d'elle et s'accouda à ses genoux d'un air sérieux. Jamais elle ne l'avait vue aussi sérieux et à présent, Midori redoutait ce qu'il allait dire.

- Hashirama m'a demandé de survoler le pays et de visiter toutes nos bases, expliqua-t-il.
- Vos bases .. ?
- Il pensait que je pourrais .. trouver de vieilles poches de sang. Du sang Uchiha, précisa-t-il en voyant qu'elle ne comprenait pas. Pour la machine.
- Et .. ?
- Et j'en ai trouvé quelques unes, mais peu sont viables.
- Sérieusement, questionna-t-elle en fronçant les sourcils, quand est ce que la barrière tombera ?
- Dans une semaine. Un peu plus, si on a de la chance, murmura-t-il en soupirant.

Midori ferma un instant les yeux, en se disant qu'elle connaissait déjà l'information. Qu'elle savait que ça allait arriver mais l'air grave de Tobirama ne faisait que rendre les choses beaucoup plus concrètes. C'était comme si un compteur venait de débuter dans son esprit et elle savait qu'à présent, chaque minute comptait.

Mais aussi, qu'il allait falloir qu'elle se prépare, avec le reste des habitants de Konoha, à la bataille qui allait suivre.

- Dis moi plutôt comment s'est passé ton entrainement ! S'exclama soudainement Tobirama d'un air enjoué.
- Oh je … sourit Midori en regardant ses ailes. Elles sont très douloureuses ! On n'a pas arrêté !
- Et tu maitrises la technique .. ?

Pour unique réponse, la jeune femme lui adressa un léger sourire et Tobirama y répondit d'un baiser sur la tempe, en glissant un bras autour de ses épaules.

- Je savais que tu y arriverais, dit-il simplement.
- Vraiment ?
- Je n'en ai jamais douté. Et pour tes ailes, je peux faire quelque chose, si tu veux. Mais il va nous falloir de l'espace, et que tu t'installes confortablement.

D'un léger signe de la tête, il lui indiqua sa chambre et Midori, même si elle se surprit à rougir, accepta et s'y laissa mener. Sans un mot, Tobirama se débarrassa de quelques vêtements, avant de pousser ses couvertures au pied du lit et d'indiquer à Midori de s'allonger sur le ventre. Celle ci s'exécuta, se permit même d'attraper un des oreillers de Tobirama dans ses bras pour y poser la tête et sentit l'homme se placer près d'elle.

D'un mouvement calculé, il fit s'étendre les ailes de la jeune femme et entama un massage dont il avait le secret. Combien de fois les siennes avaient-elles étaient douloureuses, après un entrainement difficile ? Et il savait que pour ça, il n'y avait rien de mieux qu'un bon massage ou mieux, un petit tour au lac, non loin de Konoha pour se baigner et laisser l'eau s'occuper du reste.

Midori aurait dû être gênée. Elle savait qu'elle aurait dû l'être, que sa position et celle de Tobirama n'était pas spécialement chaste. Après tout, il était en appui contre elle, de sorte à avoir ses deux mains libres pour s'occuper de ses ailes mais tout ça semblait futile, en cet instant. La pudeur, la gêne, même leur différence d'âge.

Ils étaient dans une bulle.

- Minato a .. commença-t-elle doucement. Il m'a fait .. leur parler.
- Il t'a fait faire le Rituel d'Acceptation ?
- Si c'est son nom, oui, acquiesça-t-elle.
- Je l'ai subi, moi aussi.

Midori ne répondit pas, mais à la place, se souvint de la photographie qu'Hashirama lui avait montrée, la veille et un petit rire la prit.

- Qu'est ce qui te fait rire ? Questionna-t-il tandis qu'elle soupirait de bien être.
- Rien.
- Dis moi, marmonna-t-il, boudeur.
- Je me disais juste que .. commença-t-elle.
- Que .. ?
- Que tu étais mignon, quand tu étais gamin.
- Ne me dis pas que mon frère t'a montré ..
- Si !
- Je vais le tuer, souffla-t-il.

Mais avant que Midori ne puisse défendre le cas d'Hashirama, en lui disant que ça n'avait été que pour l'aider à se reprendre, Tobirama se pencha doucement vers elle et embrassa son épaule. Comme s'il voulait lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à le faire. Qu'il se foutait même qu'elle l'ait vu. Qu'il lui faisait confiance et que de toutes façons, ça ne le dérangeait pas.

Comme s'il lui indiquait d'oublier tout le reste, au moins pour un soir.