Dain avait été mis au courant de la tentative d'empoisonnement et aussi de la mort mystérieuse de celui qui en était très probablement responsable. Il y avait alors eu une violente dispute, Dain et Balin ayant dû intervenir simultanément pour calmer le jeu : en effet, Oldor avait mis en doute la présence d'une substance toxique dans la nourriture préparée par deux membres du groupe. Sarcastique, il avait fait remarquer que la compagnie de Thorin semblait absolument voir des empoisonneurs partout. Peut-être, avait-il ajouté, veulent-ils absolument faire croire que leur protégé, leur petit roi a été victime d'une machination, ceci dans le but de dissimuler la vérité : au fond, Kili n'était qu'un déserteur. Enfin, avait dit Oldor avec hargne, quand on mange trop goulûment on peut très facilement s'étouffer sans pour cela que le poison soit en cause.

Ce n'était assurément pas la chose à dire : changeant brusquement de visage, Dwalin avait saisi le nain par le col et l'avait traîné vers la porte :

- Eh bien tu vas le manger, ce ragout ! avait-il explosé. Tout est resté en place depuis midi. Et je te jure que tu vas l'avaler, de gré ou de force ! Quant ta gorge va commencer à gonfler comme le ventre d'une fille enceinte, quand tu manqueras d'air, on en reparlera. Ne t'inquiète pas, Oïn sait ce qu'il faut faire. Il a sauvé Bombur, peut-être qu'il te sauvera aussi. Même si à mon avis ce serait du temps perdu.

Dain et Balin n'avaient pas été trop de deux pour lui arracher Oldor des mains et ensuite pour calmer les esprits. Car les autres membres de la Compagnie, s'estimant insultés, étaient disposés à prêter main forte à leur ami. Les nains ont la tête près du bonnet (ou du capuchon) et ont toujours tendance à mal réagir quand on leur chauffe la bile. Oldor d'ailleurs n'apprécia pas du tout non plus mais en l'occurrence il ne faisait pas le poids, seul contre tous. Connaissant Dwalin, ce dernier avait la ferme intention de mettre ses menaces à exécution. Ceci dans l'approbation quasi générale. Oldor échappa de peu à un vilain moment.

A peine le calme revenu, Lothar faillit à nouveau mettre le feu aux poudres en disant que d'après ce qu'il savait, Fugrul était ivre mort lorsqu'il avait basculé dans la citerne. Abruti par l'alcool, il devait s'être rendu dans ces caves sans trop savoir ce qu'il faisait ni pourquoi et avait basculé par-dessus le parapet.

Lorsque Dwalin et Nori avaient raconté à leurs amis ce qu'ils avaient découvert, Oïn avait absolument voulu voir le cadavre.

- Ça ne sert plus à rien, avait fait observer Nori, pratique. Il est mort. Tu ne peux plus l'aider. Et jamais nous ne pourrons lui poser nos questions.

- Je veux le voir quand même.

- J'aimerais venir avec vous, avait alors dit Bilbon.

- Non, vous devez rester couché.

- J'attrape mal au dos et aux cuisses à force de rester allongé. Marcher un peu me fera du bien.

- Ce n'est pas prudent.

Mais le hobbit avait tant insisté que le guérisseur avait finalement donné son accord, tout en bougonnant que « si vous tournez de l'œil, vous ne vous plaindrez pas ».

A présent le soir tombait sur la Montagne Solitaire et la Compagnie se trouvait, presque au complet, en compagnie de Dain, Lothar et Oldor. Seuls manquaient Bilbon, qu'Oïn avait renvoyé au lit après leur petite excursion de l'après-midi, Bombur qui n'était pas encore très bien et Bofur qui était resté auprès d'eux.

- Peu importe qu'il soit mort de façon accidentelle ou non, au fond, disait Balin, accablé. Il ne parlera plus, comme le dit Dwalin. Nous ne saurons jamais s'il a agi de lui-même et pourquoi. Ni si c'est lui qui a empoisonné Kili et ce que Kili est devenu, qu'il soit mort ou vivant. Le couronnement aura lieu dans deux jours. C'est comme ça.

Dain hocha lugubrement la tête :

- Ça ne me fait pas plus plaisir qu'à vous, assura-t-il. D'ailleurs, à ce propos j'ai réfléchi. Je voulais vous proposer quelque chose.

Tout le monde tourna les yeux vers lui.

- Voilà, reprit Dain, je pensais... Nous ne pouvons certes plus reculer la date des funérailles et du couronnement. Mais je pourrais me faire couronner par contumace, au nom de Kili. Tant qu'il restera une chance raisonnable de supposer que nous pourrions le retrouver vivant... Ainsi, s'il reparaît ce sera bien lui le roi.

- C'est très loyal de ta part, fit Balin d'un ton funèbre. Seulement voilà : entre les rumeurs qui courent à son sujet et le simple fait que même s'il réapparaissait tu aurais assuré le pouvoir durant un temps, la position de Kili serait alors très fragile. Encore plus qu'elle ne l'aurait été si tout s'était déroulé comme prévu. Et beaucoup de nains, je le crains, continueraient à voir le vrai roi en toi. Pour ne parler que des nains.

- Vous connaissez déjà mon opinion sur ce sujet, intervint Lothar avec son emphase habituelle, qui se mêlait à présent d'amertume. Je persiste à dire que Kili n'a tout simplement pas sa place sur le trône d'Erebor. Je m'en suis déjà expliqué. Trop jeune, trop instable. Il est inutile de me regarder comme ça : je ne mets pas en doute vos connaissances, ajouta-t-il en se tournant vers Oïn qui, le cornet vissé à l'oreille, fronçait les sourcils. Je veux bien croire qu'il y avait dans son vin une plante qui n'aurait pas dû y être. Bien que je ne me l'explique pas. En attendant il a disparu et l'Arkenstone est introuvable. L'Arkenstone qui était sous sa garde et qui...

- Je me fous de l'Arkenstone ! brailla Dwalin, furieux, ce qui lui valut un regard particulièrement aigu de Lothar. Cette saleté de pierre...

Dwalin s'interrompit brusquement et l'on eut l'impression qu'il avalait la boule qui s'était formée dans sa gorge. Puis, un ton plus bas, il poursuivit :

- De toute façon Kili ne s'est pas enfui. On l'a fait disparaître. De même que quelqu'un, sans doute la même personne, a fait trébucher Bilbon dans l'escalier et a versé du poison dans notre ragout.

- Pour l'escalier, fit Oldor, dont les yeux luisaient de haine après l'altercation qui l'avait opposé au guerrier, votre semi homme a très bien pu tomber seul. Quand on a des pieds pareils...

- On l'a fait tomber ! J'ai été voir cet escalier, figurez-vous. A chaque virage, le pilier central comprend une niche destinée à recevoir une torche. Une niche suffisante pour qu'un nain s'y dissimule, surtout à la faveur de l'obscurité. Or Bilbon nous a dit qu'il faisait sombre, ce qui signifie que la première torche en venant du haut était éteinte. De plus, il a buté dans un obstacle... dont on n'a jamais retrouvé trace. Moi je dis que quelqu'un l'attendait et l'a volontairement fait trébucher !

- Cela semble quand même très... enfin, ça fait beaucoup de suppositions, objecta Dain.

- D'autant que tout est allé très vite, certainement. Ce hobbit n'a peut-être pas un souvenir exact des événements.

- Ou il ment ! jeta sèchement Oldor.

- Bilbon Sacquet n'est pas un menteur, intervint alors Oïn. Et il n'a pas l'habitude de prendre des lucioles pour des dragons. Vous ne le connaissez pas. Nous si.

Dwalin pendant ce temps était venu se planter devant Oldor et plantait son regard dur dans le sien :

- Tu m'échauffes sérieusement les oreilles, mon gars, laissa-t-il tomber d'une voix coupante. Combien on t'a payé pour cracher comme ça sans arrêt sur Kili et toute la Compagnie ?

La bouche du nain s'ouvrit toute seule sous le coup de la stupeur et de l'indignation, puis le rouge lui monta au visage. D'une part, Oldor n'avait pas l'habitude d'être tutoyé par le premier venu. Mais surtout, surtout, ce que sous-entendaient les paroles de son interlocuteur...

- Moi ?! fit-il d'une voix que la colère étranglait. Moi ?! Vous osez insinuer que… moi j'aurais… ?!

- Ouais, toi !

- Arrêtez, vous deux, intervint Dain, agacé. Vos disputes ne font pas avancer les choses. Ça ne sert à rien de vous insulter sans arrêt, essayons plutôt de savoir ce qui s'est passé.

Gonflé d'indignation au point de ne plus pouvoir articuler un mot, Oldor lui lança un regard outragé et, fou de rage, quitta la pièce en claquant la porte derrière lui. Dwalin se tourna alors vers Dain et Lothar et répéta lentement :

- Je dis et je maintiens que quelqu'un a intentionnellement fait tomber le semi homme. Et tant que j'y suis, autant vous dire que je ne crois pas que l'empoisonneur soit mort par accident. On l'a tué, parce qu'Ori et Dori pouvaient le reconnaître. Il aurait parlé.

- Dwalin, c'est seulement votre interprétation des faits, fit Dain.

- Tu ne vas pas t'y mettre aussi, non ? jeta Dwalin, furieux. Kili disparaît. Son serviteur, celui qui lui a apporté le vin empoisonné, disparaît. Bilbon manque se rompre le cou et enfin, le nain qui a tenté de nous tuer tous meurt le même jour dans des circonstances carrément étranges. Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?

- Dwalin a raison, intervient Oïn. Ce nain, Fugrul, a été assassiné. Ce n'est pas une supposition, c'est une certitude. On nous a dit qu'il était ivre mort mais c'est faux.

- Oldor me l'a dit lui-même, intervint Lothar Il lui a dit d'aller se coucher, m'a-t-il dit, tant il était ivre quand il l'a rencontré. Oldor m'a dit qu'il se tenait au mur tellement il titubait.

- Oldor ? ricana Nori. Nous parlons bien du nain qui refuse de voir l'évidence même quand il l'a sous les yeux ? Celui qui refuse d'admettre qu'on a tenté de nous tuer tous aujourd'hui ?

- Eh bien c'est étrange, continua Oïn tranquillement, sans tenir compte de l'interruption. S'il était si saoul que ça, au point de tomber dans la citerne, le brutal contact avec cette eau glacée aurait dû le faire mourir d'hydrocution. Or il s'est noyé.

- Qu'est-ce que vous en savez ? Et quel intérêt, d'abord ?

- Je le sais parce que j'ai déjà vu des noyés, répliqua Oïn froidement. Et que son visage était bleu. Il est mort par asphyxie. S'il était mort d'hydrocution, son visage aurait été tout blanc. Donc il n'était pas si ivre que ça.

- C'est ce que m'a dit Oldor, insista Lothar.

Oïn n'insista pas mais poursuivit :

- De plus, Bilbon m'a fait remarquer une chose curieuse : ce nain avait de longs poils roux enroulés autour des doigts ainsi que sur ses manches. Pourtant, lui avait les cheveux noirs.

- Et donc ?

- Donc il est permis de penser qu'on l'a effectivement poussé dans cette citerne, qu'il s'est défendu, débattu, et que son agresseur était roux. Je pense que ce sont des poils de barbe qu'on a retrouvés.

Lothar regarda le vieux guérisseur comme s'il le soupçonnait d'être à moitié demeuré :

- Vous savez, laissa-t-il tomber, dans les Monts de Fer les cheveux roux sont les plus répandus.

Il caressa avec satisfaction sa longue barbe couleur de rouille, soigneusement tressée et ornementée.

- D'ailleurs quand je vous regarde... il y a plusieurs roux parmi vous également. On ne peut pas dire que ce soit une couleur rare.

- N'empêche. Cela signifie que ce nain n'était qu'un instrument, lui aussi. Il a tenté de nous empoisonner puis on l'a tué pour le faire taire. Il y a quelqu'un de malveillant ici, à Erebor, qui cherche à nous tuer.

- Mais enfin pourquoi ? fit Dain. Et pourquoi vous ? Pour Kili il peut y avoir des raisons politiques, bien entendu. Mais vous ?

- Si nous le savions, bougonna Dwalin, ça ferait bien avancer les choses.

O0O

La Compagnie s'était regroupée, dans cet appartement qu'ils occupaient en commun et avait raconté à Bilbon, Bofur et Bombur ce qui avait été dit en leur absence avec Dain et son état-major.

- Je vais sûrement étrangler cet Oldor avant longtemps ! grogna Dwalin, qui était encore fort énervé.

- Il faut bien admettre qu'il semble aussi borné que stupide.

- Eh bien quand on est à la fois borné et idiot, on se tait ! Ça évite d'étaler sa bêtise aux yeux de tous.

- Mais, fit Gloïn, il n'empêche que le mystère qui entoure l'Arkenstone est très inquiétant. Si l'on accepte l'idée que Kili a été enlevé ou tué et que l'Arkenstone a été volée en même temps, pourquoi le voleur ne se manifeste-t-il pas ? Celui qui brandit ce joyau a toute autorité sur les sept familles de nains. Si c'était là son but, alors qu'attend-t-il ?

Dwalin haussa les épaules :

- Il est bien trop tôt. S'il se découvrait à présent, tout le monde saurait qu'il est un voleur et un assassin. Et avec ou sans la pierre, les nains ne l'accepteraient pas pour roi.

- Et tu crois que s'il attend encore, ça changera quelque chose ?

- Ce n'est pas si simple, intervint Balin. L'Arkenstone et le trône d'Erebor sont deux choses bien distinctes. Certes, celui qui brandit le Joyau du Roi aura autorité sur tous les clans. Certes. Mais chacun de ces clans conservera son propre chef. Le trône d'Erebor ne peut être revendiqué par un inconnu sortant de nulle part. Pas alors qu'il existe encore des descendants de Durin pour l'occuper. Si Kili ne reparaît pas, Dain sera couronné roi. Avec ou sans l'Arkenstone.

- Et si Dain disparaissait à son tour ? demanda Bilbon.

- Alors, fit Balin, ce serait l'anarchie. Car maintenant que Smaug est mort et la montagne reprise, les nains n'abandonneront plus Erebor. Il leur faudra donc un roi. Qu'il descende de Durin ou non. Certes, en tant que petite-fille de Thror, Dis reste une héritière possible. Mais les Montagnes Bleues sont à l'autre bout de la Terre du Milieu et le chemin hérissé de mille dangers. La faire venir ici serait horriblement long, compliqué et dangereux. En supposant qu'elle surmonte tous les obstacles qui se dresseraient devant elle, elle ne pourrait être ici avant des mois.

La Compagnie s'abîma dans un silence morose.

- Vous savez, fit alors Bilbon, avant de revenir ici m'allonger (il adressa un petit sourire contrit à Oïn), j'ai été me renseigner aux cuisines. Personne n'a vu boire ce nain qui s'est noyé. En fait, plus personne ne l'a revu aux cuisines. Je suppose qu'il craignait d'y rencontrer l'un de nous.

- Pas forcément l'un de nous. S'il nous croyait morts, le risque était maigre. Cependant, si nous avions tous succombé au poison, cela aurait fait grand bruit. Aux cuisines, quelqu'un aurait pu se souvenir qu'il était venu bavarder avec Dori et Ori. D'ailleurs c'est le cas, puisqu'on nous a donné son nom. Enfin bon, il aurait pu se procurer de l'alcool et boire dans son coin. Je ne dirais pas que le fait qu'il ne soit pas reparu aux cuisines est une preuve. Cela dit, si Oïn pense qu'il était sobre, je le crois.

- Je ne peux pas jurer qu'il n'avait rien bu, répondit l'intéressé. Mais il n'était certainement pas ivre mort.

- Et il était assez conscient pour se débattre. Et avoir des poils de barbe autour des doigts.

Un silence gêné suivit cette affirmation. Gloïn ne put manquer de voir quelques regards se tourner vers son opulente barbe rousse. Il le prit assez mal et se gonfla de colère :

- Dites donc, vous me prenez pour un assassin ? Je ne suis pas le seul dans cette cité à être roux, je crois !

- Non, fit Dwalin sèchement. Mais nous savons que tu as perdu ton pendentif chez Kili.

Gloïn rougit de colère :

- Et alors ?

Devant le silence embarrassé de ses amis, il ajouta :

- Très bien. Vous voulez savoir ce que je suis allé faire chez Kili ce soir-là ? Je vais vous le dire. Je suis allé lui demander de me nommer trésorier du royaume après le couronnement. Voilà. Ce n'est pas un crime, que je sache ?

- Ne le prend pas comme ça, fit Oïn, conciliant. Nos amis sont juste nerveux.

- Ouais, nerveux... je n'aime pas beaucoup leurs allusions ! La quête d'Erebor m'a coûtée fort cher, figurez-vous. Je suis sans le sou et j'ai une famille à nourrir, moi ! Je ne vois pas le mal si à présent que nous avons repris la montagne cela pouvait me rapporter enfin quelque chose !

- Il n'y a aucun mal à ça, répondit Balin. Tu aurais dû nous le dire tout de suite, c'est tout. Nous devons nous serrer les coudes, ce n'est pas le moment que l'un de nous fasse des cachotteries aux autres.

Furieux, Gloïn sortit en fulminant, suivi par son frère qui essayait de le calmer.

- Ça ne peut pas être lui, fit Ori, qui semblait terrifié par l'éventualité que l'assassin puisse se cacher au sein de la Compagnie. Je ne le crois pas.

- Bien sûr que non, assura aussitôt Balin. Je sais que Gloïn est un peu plus intéressé par l'or que la moyenne des nains, mais aimer l'or ne fait pas de quelqu'un un meurtrier. Ni un traître d'ailleurs.

- La seule chose qui soit sûre, fit Dwalin, c'est que la quête d'Erebor nous a à tous coûté fort cher -et je ne parle pas d'argent.

Sa voix s'altéra légèrement et il poursuivit :

- J'enrage de voir comment les choses tournent à présent ! Ça m'énerve, cette histoire ! Mais ça m'énerve ! D'ailleurs je crois que je vais aller prendre l'air, sinon je vais finir par casser quelque chose.

- Ce n'est pas prudent, objecta Bilbon.

Mais tout aussitôt il eut un éblouissement et porta la main à sa tête bandée.

- Vous n'êtes pas encore remis, Bilbon, s'inquiéta gentiment Bofur. Nous ne devrions pas mener si grand tapage autour de vous. Essayez de dormir, nous allons fermer la porte et vous laisser vous reposer.

- Bonne idée, fit Balin. Notre hobbit a besoin de repos. Moi je vais aller à la bibliothèque fouiller dans les archives. Tout cet imbroglio pose un certain nombre de problèmes, notamment en termes politiques. Je vais voir si je peux trouver des précédents.

- N'y allez pas seul, protesta Bilbon.

- Je viens avec toi, proposa aussitôt Ori. Je pourrais t'aider.

- Entendu.

- Attendez, dit le hobbit en repoussant ses draps. J'aimerais vous accompagner.

- Vous sentez-vous assez bien ?

- Oui, oui, mentit le semi homme, qui en réalité avait encore très mal au crâne et se sentait légèrement tournis.

- Ce n'est pas sérieux, le gronda Bofur.

- Mais si, ça va aller.

- Vous devenez aussi têtu qu'un nain !

Cela arracha un pâle sourire à Bilbon, qui aussitôt ajouta à voix basse :

- Bofur, je sais que Dwalin est de taille à se défendre mais vous devriez peut-être le rejoindre quand même : se promener seul n'est pas une très bonne idée à l'heure actuelle. Vous avez vu que nos ennemis sont plutôt sournois.

Bofur regarda longuement son ami, l'air soudain inquiet, acquiesça et s'éloigna aussitôt avec Bifur et Nori.