Bonjour bonjour chers lecteurs. Nous voici donc au chapitre 9 de cette fiction. J'espère que l'attente n'aura pas été trop longue :) Mis bon, avec la fac je n'arrive plus à écrire (la preuve ce chapitre est préécrit depuis... 2 mois je pense) Je vous avais laissé avec le Conseil Jedi, et ce chapitre est encore un chapitre narratif mais vous apprendrez enfin l'histoire des parents de Bianca.
Disclaimer : je ne possède pas Star Wars.
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 9 : Se dévoiler
POV Bianca
Nom d'un Ewok, je suis désormais Padawan. Moi, Padawan ? Une apprentie Jedi ? Franchement si quelqu'un m'avait dit ça il y a encore deux jours, j'aurais dit à ce gars de prendre des médicaments contre les accès de folie. Et ce gars, c'était Zack Perkins. Décidément, je n'arrête pas de le remercier depuis que je l'ai rencontré. Il a été mon billet pour quitter ma misérable vie. Ne plus être seule.
Car j'ai désormais une famille. Certes, une famille spéciale que je dois encore apprendre à apprivoiser, mais cela devrait bien se passer. Sauf peut-être avec June mais je suis sûre de trouver un moyen de briser la glace. J'ai toujours été têtue. Maman me l'a suffisamment reproché de son vivant. Je crois que je tiens ça d'elle.
A l'annonce de la nouvelle, je n'ai pas réfléchi. J'ai sauté au cou de mon père et de Zack. J'allais enfin faire quelque chose de ma vie et cela me rendait heureuse.
Et maintenant que je m'étais calmée, je trouve ce geste un peu anodin. Après tout, je ne les connais pas encore suffisamment pour avoir des gestes aussi familiers. Enfin je dis ça, mais mon quota de gestes déplacés a été dépassé depuis deux jours par Zack. Oui, mais c'est de sa faute car c'est lui qui me touchait. Bon en même temps j'étais toujours mal en point, donc je ne peux pas lui en vouloir. Pas totalement.
Ben m'avait emmenée dans un endroit avec pleins de vêtements. D'un genre très différent de ceux que je portais pour mes spectacles de danse nocturne. Une vraie tenue d'apprentie Jedi. Bon ça avait été assez dur de trouver car je suis plutôt petite pour mon âge. Finalement, le choix s'est arrêté sur une tunique blanche et des bottes marron clair (je fus étonnée de constater qu'elles avaient un talon ! Bon ça va je suis habituée… Mais ça ne fait pas un peu bizarre pour le combat ? M'enfin, je ne vais pas m'en plaindre.) Ben m'avait ensuite trouvé une cape. Mais elle n'était pas brun comme celle de mon père, de Zack ou de la plupart des Jedi que j'ai croisé.
Non. Ma cape était noire. Et la seule pensée qui m'est venue à l'esprit, c'est qu'elle contrasterait à merveille avec mes cheveux. Oui je sais, une pensée typiquement féminine. Mais que voulez-vous ? J'en reste une que j'habite sur Tatooine ou sur Coruscant, Jedi ou non, folle ou pas.
Une fois cela fait, Ben me raccompagna à l'appartement de Zack pour que je me change, afin d'être prête pour commencer mon entrainement le plus tôt possible.
– Avant, est-ce que je peux te montrer quelque chose ? lui demandai-je peu assurée.
– Bien sûr.
Par je ne sais quel miracle, j'avais réussi à retenir le code pour rentrer chez Zack lorsqu'il l'avait tapé la veille. Mon père et moi nous dirigeâmes alors vers la chambre où je m'effondrai comme un mollusque sur le lit, mes nouveaux vêtements toujours contre moi.
Je soufflais, relâchant encore plus la pression. Affronté le Conseil avait été une tâche beaucoup plus ardue que je ne l'aurais cru. Surtout ce Korben Leroy. J'avais une de ces envies de lui clouer son clapet tant il m'insupportait. Ce qui avait l'air d'être le cas de beaucoup de monde. Heureusement que j'ai eu de très bons plaidoyers.
– Bon, que veux-tu me montrer ?
Ben me sortit de mes pensées et je me redressai. Il était debout et me fixait d'un regard insistant.
– Je ne t'ai décrit ma vie que dans le pire des aspects, hier soir. Et comme nous avons du temps à rattraper, je me suis dit que des images feraient mieux l'affaire qu'un long discours.
Ne comprenant visiblement pas où je voulais en venir, Ben arqua un sourcil et croisa les bras. Je me levai et laissai mes vêtements sur le lit. Puis j'allais fouiller dans mon sac. Quand j'eus trouvé ce que je désirais, je m'assis sur le lit. Mon père s'installa à mes côtés.
– Je n'ai pas emporté beaucoup d'affaires de la maison, mais je me suis dit que je ne devais pas laisser notre album photo.
Je tendis alors le livre à mon père. Il caressa doucement la couverture, comme si l'ouvrir était interdit pour lui.
– C'est dans l'ordre chronologique normalement.
Ben me regarda et je vis dans ses yeux bleus qu'il me remerciait. Il ouvrit alors l'album, de manière à ce que je contemple aussi les photos. Je ne me souvenais même plus de la dernière fois que je l'avais ouvert…
La première photo était une de maman, alors enceinte de moi entourée de deux de ses amies. Une petite note disait « Mon petit prince ou ma petite princesse ne tardera pas ». Je souris. Maman était très belle et en fait, elle n'avait pas tant changé de ma naissance jusqu'à son décès. Je comprends pourquoi Ben avait été séduit par elle. Je jetai un rapide coup d'œil à mon père et je vis bien que la revoir à dix-sept ans et enceinte de moi devait lui faire bizarre. Etrangement, je ne me souvenais pas de ces deux femmes sur la photo. Mais je notai tout de même la grande ressemblance du visage entre moi et maman au même âge.
Ben tourna la page et c'était une photo de maman tenant un petit bébé dans ses bras, enveloppé dans un tissu fin. Moi. Elle, souriant de bonheur et pleurant en même temps au moment où elle a été prise. La note disait « Bianca Hylia Darring m'a donné du fil à retordre. Mais elle est enfin là. Elle est plus belle que je ne l'aurais cru. »
– Hylia ? me demanda Ben.
– Mon deuxième prénom. Celui de ma grand-mère.
– Je croyais que… ses parents l'avaient rejeté…
– C'est le cas. Mais, ça prouve qu'elle ne leur en voulait pas trop. Enfin, je pense…
Plusieurs autres photos de moi défilèrent avec des notes toutes plus drôles les unes que les autres. Mes premiers pas, mon premier sourire, mon premier rire, la première fois que je mangeais seule. Bref, toutes les premières fois d'un enfant.
Ben et moi rîmes à presque chaque photo mais je décelais son désespoir et sa rancœur sur son visage. Il aurait voulu être là dès le début de ma vie.
– Je te trouve beaucoup plus mignonne petite que maintenant.
Même si son humour me touchait, ça n'enlevait rien à ce qui s'était passé.
– Tu m'as dit que plusieurs hommes ont voulu l'épouser, non ?
– Si. Le premier qui l'a abordé était un riche fermier. Je devais avoir un ou deux ans alors je ne m'en souviens pas. Puis il y a eu un mécanicien, un commerçant et même un pilote de ligne. Elle ne s'est jamais engagée alors que tous affirmaient que ça ne les gênait pas qu'elle ait déjà un enfant.
– Elle a vraiment tout refusé…
Je sentis dans son ton qu'il se sentait mal à l'aise. Car maman est restée seule par amour pour lui. Cependant, je ne pouvais pas totalement lui en vouloir. Cela devait aussi être en partie de ma faute puisque je lui ressemble : elle devait certainement le voir en moi à cause de mes cheveux, mes yeux, ou un truc du genre.
Mais il était trop tard pour s'excuser. (1)
Il n'y avait que maman et moi sur les photos que nous avions passé. Puis il y en eut une où j'étais entourée de plusieurs autres enfants.
– Qui sont-ils ?
– Je crois que c'était le jour de mes cinq ans. Quelques amis étaient venus…
Quelques : le mot était petit. Et cette période de ma vie était bien trop loin…
– Je n'avais jamais été entourée d'un grand nombre d'amis, lui avouai-je un brin nostalgique. J'en avais peu mais je leur faisais confiance. Tiens je ne me souvenais pas qu'il y avait Marcus !
– Marcus ?
– Mon premier copain.
Quelle cruche ! Pourquoi ai-je parlé aussi spontanément ?! Maintenant Ben était en train de s'étouffer avec l'air. Je tapais à plusieurs reprises dans son dos pour qu'il aille mieux et il me lança un regard mauvais.
– On avait treize ans. Rien de très sérieux par rapport à l'autre.
– Car il y en a eu un autre ?!
Et hop, deuxième boulette !
– Pas très sérieux non plus. Il s'appelait Tobias et j'avais quinze ans.
Je voulais clore cette discussion sur ma vie sentimentale tellement palpitante (ironie à l'état brut). Le regard de mon père changea du tout au tout. Comme beaucoup, il devait me croire incapable de parler à un garçon. Ce qui est faux, j'ai toujours été assez ouverte. En restant raisonnable tout de même.
En fait j'avais surtout envie d'arrêter d'en parler car cela me ramenait à mon cauchemar de cette nuit…
Les photos défilèrent encore et puis d'un seul coup, plus rien.
– Pourquoi il n'y a rien d'autre ?
– On n'a plus pris de photos depuis le jour où maman est tombée malade. Soit pendant deux ans.
La dernière photo qui était apparue était une de moi, à quinze ans, en train de faire à manger. Et le pire c'est que je me souviens parfaitement que ce jour-là, je préparais un pique-nique pour aller manger avec Tobias…
– Pourquoi ?
– Maman ne voulait pas être prise car, selon elle, elle avait la tête d'un vrai mort-vivant. C'était vrai mais elle exagérait. Et puis la bonne humeur ne régnait plus aussi souvent. Moi aussi j'étais mal.
Ben ferma l'album et le posa par terre. Puis il se redressa et me fixa. Je lus dans son regard qu'il voulait que je lui raconte. Encore.
– Je vais te dire quelque chose que seul Zack sait. Et Ernesto Ramirez aussi mais lui, dis-je en faisant un geste montrant que je me contrefichais de lui. Je te demande seulement de ne pas me juger et de n'en parler à personne.
– Je te le promets. Je n'ai pas envie de te perdre à cause d'une promesse non tenue. C'est du passé après tout.
– Oui, c'est vrai. Je t'ai dit hier que j'avais arrêté l'école et rapidement trouvé un boulot de serveuse. Mes amis et Tobias m'ont soutenu sur ce plan-là. Ils m'avaient même proposé de me prêter de l'argent que je pourrais rembourser plus tard. Mais étant trop fière, j'ai refusé. Etre serveuse nous permettait de vivre mais je ne pouvais rien économiser.
Ma gorge se serra à ce moment car j'allais aborder la partie difficile à avouer.
– Je m'amusais à danser pendant mes pauses. Et un jour, Gengou – mon patron – m'a vu… Et il m'a proposé… de danser la nuit. Non s'il te plait, laisse-moi finir, intimai-je à mon père, voyant qu'il allait m'interrompre. Quelques soirs par semaine, il y avait des spectacles nocturnes. Il m'a dit que je serai mieux payée car les hommes jettent l'argent directement sur la scène… Alors j'ai commencé à danser. J'ai pris un pseudonyme pour qu'on ne me harcèle pas la journée. Je n'en avais parlé à personne, ni à maman, ni à mes amis, ni à Tobias : ils ignoraient ce que je faisais la nuit. Personne n'était au courant. J'avais peur de leur réaction.
Mes yeux s'humidifièrent davantage ; je devais vite en finir avant de craquer.
– Et un soir, alors que je dansais, mes amis et Tobias sont entrés dans le club. Je leur avais sorti que je finissais tard ce soir-là et ils voulaient me faire une surprise. Ils m'ont vu alors que je dansais ! Ils avaient l'air tellement déçus et dégoutés de moi. J'ai réussi à les rattraper et ils m'ont dit avoir honte de moi, que je ne valais rien pour vendre mon corps. Même Tobias m'a insulté. Il a dit ignorer qu'il sortait avec une prostituée. Et je me suis retrouvée toute seule !
Et là, je craquai, n'en pouvant plus de ses souvenirs qui me faisaient mal au cœur et à la tête. Deux ans que j'étais réellement seule. Avec maman qui me soutenait en ignorant toujours ce que je faisais la nuit. En fait, mes ex-amis avaient raison. Je me dégoutais moi-même de ce que j'ai dû faire. J'aurais pu trouver un autre moyen de gagner de l'argent mais au lieu de ça, j'ai choisi la facilité.
Etre seule et rejetée : voilà ma pire hantise. Même si j'étais entourée de peu de personnes, je savais qu'elles m'aimaient. Depuis que mes amis m'avaient tourné le dos, je m'étais raccrochée à maman. Maintenant qu'elle avait disparu, je devais m'accrocher à ma nouvelle famille, à mon père, et à Zack.
Ben passa une main sur mon épaule et entreprit de caresser mon dos. Il ne savait pas comment me consoler et je ne lui en voulus pas. Il me releva le visage et m'obligea à le regarder dans les yeux. Puis il me serra dans ses bras et je me laissai aller à son bercement. Il caressa également mes cheveux.
– Tu n'es plus seule maintenant. Je suis là, ne t'en fait pas.
– Tu sais le pire ? C'est que je ne vendais pas mon corps ! Je dansais pour le plaisir des yeux d'autrui. Zack m'a sauvé après un spectacle alors que je me faisais agressée par un type qui en voulait trop !
– Tu t'es montrée très courageuse en faisant cela. Dans le seul but de la sauver…
Je me décollai un peu de lui, avant de lui demander, les yeux toujours emplis de larmes :
– Raconte-moi votre histoire.
Il se raidit brusquement.
– Ta mère ne l'a pas déjà fait ?
– Juste quelques bribes mais rien de très concret…
J'avais besoin de savoir. Toute ma vie, j'avais affirmé que je ne voudrai jamais entendre parler de mon père biologique. Et aujourd'hui, je change d'avis. Peut-être parce qu'il doit maintenant s'occuper de moi. Parce que maman est morte.
Après mon insistance, il céda et commença son récit.
FLASH-BACK : (2)
Dix-huit ans auparavant– 32 ap. BY
POV Ben Skywalker
J'avais dix-huit ans quand j'ai été envoyé par mon père sur Tatooine pour essayer, une nouvelle fois, de convaincre les dirigeants de rejoindre la Nouvelle République. Je venais tout juste d'être promu Chevalier Jedi. J'étais excité et impatient d'enfin avoir une mission à but diplomatique.
Tu te doutes bien qu'ils ont refusé. Encore. Comme d'habitude, j'ai privilégié le dialogue. Et puis mon père m'a précisé que, s'ils refusaient, cela serait notre dernière offre. J'ai insisté mais ils ont toujours dit non.
Avant de repartir, je devais faire le plein pour mon vaisseau. Je me suis donc rendu à Mos Espa. Comme j'avais du temps, j'en ai profité pour marcher un peu dans la ville. Après tout, mon père en est originaire et il m'en avait très rarement parlé. Même s'il m'avait dit qu'on y trouvait les ordures de la pire espèce, je voulais en apprendre davantage.
Je suis arrivé dans les bordures de la ville. Il y avait des petits stands avec divers objets traditionnels, tenus par des humains. Pour une fois que j'en voyais en masse depuis le début de ma journée. J'ai marché au milieu d'eux, admirant chaque marchandise. Je me suis arrêté un peu plus longuement sur un stand de bijoux en sorte de terre cuite. Ils étaient vraiment très beaux. Une jeune fille m'a dit qu'elle fabriquait ces bijoux elle-même et que ses amies l'aidaient à les vendre. J'ai continué de les regarder. Une autre fille était penchée au-dessus ; elle essayait de les remettre en place.
– Excusez-moi, ai-je commencé. A combien vous les vendez ?
Elle a relevé la tête et là, je peux te garantir qu'il s'est passé quelque chose. Je ne sais pas exactement quoi mais… c'était comme si le monde autour de nous n'existait plus. Je ne voyais qu'elle. Elle était si belle et rayonnante. Elle avait de magnifiques cheveux bruns, longs et frisés, et des yeux verts à couper le souffle de n'importe qui. Ses trains de visage étaient aussi fins.
Et quand elle m'a souri, ce fut comme si j'assistais au plus beau spectacle qui puisse exister dans la galaxie.
Une de ses copines nous a ramené à la raison en l'interpellant, sans doute pour qu'elle fasse son boulot.
– Hum, que vouliez-vous déjà ? m'a-t-elle demandé toute gênée en commençant à rougir.
Je me suis retrouvé muet, incapable du moindre mot. J'étais si ébloui par elle.
– Rien de particulier, ai-je réussi à lui répondre en bégayant un peu, ce à quoi elle a ri.
– Vous n'êtes pas du coin, vous.
– Mais je serai ravi que vous me fassiez visiter.
– Oh vous n'allez pas me vouvoyer ; je n'ai que dix-sept ans.
– Alors cela vaut aussi pour moi car j'en ai dix-huit.
Elle dit à ses amies qu'elle prenait une pause et est sortie de derrière le comptoir. Quand elle est arrivée devant, elle m'a tendu la main sans perdre son sourire.
– Je m'appelle Aymeraude.
J'ai alors serré sa main avant de lui répondre :
– Ben.
Elle m'a alors entrainé dans les rues de Mos Espa, mais pas dans les quartiers malfamés où j'étais juste avant. Ce quartier-là respirait la bonne humeur, la joie de vivre : tout ce qu'il fallait pour se sentir bien. Nous marchions et discutions en même temps. Et je n'arrivais pas à ne plus sourire. Je me sentais complètement idiot sur le coup mais j'ai aussitôt arrêté d'y penser dès qu'elle me parlait.
– Alors Ben, si tu n'es pas d'ici, d'où tu viens ?
– Coruscant.
– Non ! s'est-elle exclamée surprise. Tu viens de la capitale ! Mais alors qu'est-ce que tu fais ici ? Il n'est pas bon d'aller dans la Bordure Extérieure pour vous, les républicains.
– J'étais… en mission diplomatique.
– A ton âge ? a-t-elle continué, surprise.
– Disons que mon père est quelqu'un d'important et de très influent. Il voulait à nouveau essayer de convaincre vos dirigeants de rejoindre la République.
– J'imagine qu'ils ont encore refusé.
– Exactement.
– Cela serait tellement plus simple si nous faisions partie de votre régime. Franchement ici, il n'y a pas vraiment d'avenir, et partir coûterait trop cher. Si Tatooine était dans la République, tout serait plus facile. Et dire que Luke Skywalker est originaire d'ici ! Il n'a même pas osé aider sa planète d'origine !
J'ai choisi de me taire sur ce coup-là. Après tout, je ne pouvais pas lui révéler – ou en tout cas pas tout de suite – que j'étais le fils du dit Luke Skywalker. Et un Jedi aussi par-dessus tout.
J'ai donc attendu qu'elle se calme un peu pour reprendre la conversation de la plus banale des manières.
– Et toi où est-ce que tu habites ?
– Une maison près de la ville. J'habite seule. Mes parents tiennent une ferme au milieu de nulle part. Je leur ai dit que je rejoignais la ville pour trouver un emploi. Pour l'instant je n'ai rien, mais ils subviennent toujours à mes besoins en m'envoyant de l'argent régulièrement. Je dois juste, en contrepartie, leur rendre visite au moins une fois par semaine.
– Je suis donc tombé sur une fille indépendante.
– Et très têtue. (Une fois de plus, le courant passa et on se mit à rire.) Et toi, que font tes parents ?
– Ils… servent la République.
– C'est un peu flou. Tu ne peux pas m'en dire un peu plus ?
– Je ne te connais pas assez pour ça.
Elle semblait déçue mais elle a accepté ma réponse. Elle m'expliqua ensuite la raison de sa présence sur ce stand : elle aidait tout simplement une de ses amies bénévolement. Cela lui permettait de faire des rencontres et je me suis senti totalement visé.
On a été interrompu car j'ai reçu un appel. Je me suis éloigné d'Aymeraude pour répondre. C'était mon père et l'appel provenait de la salle du Conseil Jedi. Traduction : je devais être sérieux et ne pas être familier.
– Ben ? Tout va bien ?
– Père. J'ai le regret de vous annoncer que les dirigeants ont une nouvelle fois rejeté votre offre.
– Tu leur as bien précisé que cela serait la dernière fois que nous le leur proposions.
– Affirmatif.
– Parfait, tu peux rentrer sans plus tarder.
Et à ce moment-là, je me suis rendu compte d'une chose : je n'avais pas envie de rentrer. Du moins pas tout de suite. Alors j'ai fait quelque chose que je ne pensais pas faire : mentir.
– A ce propos, j'ai un petit souci avec mon vaisseau.
– Comment ça ?
– Quelques pièces ont été endommagées pendant le voyage. Mais ce n'est pas très grave, j'ai trouvé un revendeur qui doit me trouver les pièces au plus vite. Je ne sais quand elles arriveront.
– Méfie-toi, Ben. N'oublie pas où tu te trouves.
– Ne vous en faites pas. Je sais vers qui me tourner.
Le mensonge était bien passé. J'avais fini mon rapport sans la moindre difficulté. Je suis alors retourné vers Aymeraude.
– Qui c'était ?
– Mon boss. Il voulait que je rentre mais… il a accepté que je reste un peu.
– Oh… et pourquoi veux-tu rester ? me demanda-t-elle alors que je voyais parfaitement qu'elle savait où j'avais voulu en venir.
– A toi de me le dire car c'est de ta faute.
Elle a ri et c'était définitivement un très joli son. On a continué de marcher, sans savoir où cela nous mènerait.
Elle a proposé de m'héberger et je n'ai pas refusé. Je suis d'accord : elle aurait pu se méfier de moi. Mais tu sais quoi, je pense que c'était le cas. Ça ne m'étonnerait pas qu'elle ait été méfiante envers moi ; mais de l'extérieur, on aurait dit tout le contraire. Elle était gentille avec moi, me souriait tout le temps, faisait attention à ce que tout aille bien pour moi.
Chaque jour, elle me faisait découvrir la ville. Une fois, nous nous sommes même rendus en plein désert pour être totalement seuls. C'est d'ailleurs cette fois-là que je l'ai embrassée pour la première fois.
On était bien ce jour-là, assis par terre sur un tissu à contempler la roche. C'était vraiment un beau spectacle. Il y a eu un silence à un moment, ce qui était inhabituel depuis notre première rencontre. Tu trouves cela surement très cliché mais sur le coup, je n'y pensais même pas. On s'est regardé longuement. J'ai senti une nouvelle fois ce courant électrique qui parcourait mon corps entier. Je voyais dans ses yeux qu'elle avait l'air indécise : elle ne savait que faire. Alors je l'ai devancée en l'embrassant.
Cela ne faisait que trois jours que nous nous connaissions. Pourtant, c'était comme si je savais déjà tout d'elle. Elle a été surprise par mon geste au début, mais c'est elle qui est revenue à la charge. Ç'a été un instant que jamais je n'oublierais. Puisque je n'ai plus jamais ressenti ça avec une autre femme. Nous étions jeunes et insouciants, se foutant complètement du monde qui nous entourait. Contrairement aux autres…
Quand on est rentré chez elle le soir, son regard pétillait toujours autant. Mais moi je voulais lui parler de pourquoi nous ne devions pas être ensemble. Car je sentais que j'allais faire une grosse bêtise. On est sorti dans la cour pour admirer les étoiles qui venaient d'apparaitre. Elle tenait fermement mon bras et sa tête reposait sur mon épaule.
– Tu sais, a-t-elle commencé. C'est la première fois qu'un truc pareil m'arrive.
– A moi aussi.
– Alors, pourquoi tu as l'air d'être ailleurs ?
Heureusement que c'est elle qui a lancé le sujet, ou alors je n'aurais jamais pu le faire. Je l'ai fait tourner pour qu'elle soit face à moi. Je voyais à son expression qu'elle avait peur de la réponse que j'allais lui offrir. Alors pour la rassurer d'avance, j'ai posé mes mains sur ses épaules et l'ai regardé droit dans les yeux.
– Aymeraude, il va bien falloir que je reparte chez moi. Je dois rentrer sur Coruscant.
– Mais je peux te suivre. On serait heureux tous les deux là-bas.
– Non justement, nous ne serions pas heureux. Ni là-bas, ni ici, ni ailleurs. Tu n'es peut-être pas au courant, mais la République est instable en ce moment. De nombreuses guerres entre sympathisants et opposants ont lieu. Je n'ai pas envie de t'exposer. Et même si ça me fait mal, il faut que tu restes ici ; même si c'est la Bordure Extérieure, tu ne risques rien. Aussi, je sers la République. Je me bats pour elle. Littéralement. Je ne veux pas, en plus, que tu t'inquiètes constamment pour ma vie.
Elle s'est dégagée de la prise que j'avais sur elle et m'a lancé un regard accusateur.
– Qui es-tu réellement ? Quel est ton rôle dans cette guerre ? Et ne me mens pas ! a-t-elle crié alors que j'allais protester.
Je n'avais pas le choix. Que je lui dise la vérité ou non, j'allais la perdre. Soit parce qu'elle n'accepterait pas mon devoir, soit parce que je devrai la laisser sur cette planète. J'ai alors pris une profonde inspiration avant de me lancer.
– Je suis un Jedi. Et mon nom est Ben Skywalker.
Son visage s'est brisé sous mes yeux. La confiance qu'elle avait placé en moi, tout ce que nous avions partagé, échangé ; on aurait dit que dans son esprit, tout était en train de s'envoler. Car je lui avais menti à elle aussi…
– Un Jedi ? Skywalker ?!
– Je suis le fils de Luke Skywalker.
Même si je savais que j'allais la terroriser, j'ai sorti mon sabre laser pour la première fois en trois jours. Dès que la lame mauve est sortie, elle a sursauté et j'ai vu des larmes se former aux coins de ses yeux. Elle rougissait à vue d'œil, de colère. Dès que je m'approchais d'elle, elle reculait. Mais quand elle fut coincée par le muret, j'ai rangé mon sabre et me suis approché d'elle.
– Essaye de te calmer.
– Que je me calme ?! Mais mon dieu, tu te rends pas compte de ce que tu m'as caché ! Je croyais te faire confiance ! D'accord, cela ne fait que quelques jours mais-
Je l'ai interrompu en la prenant dans mes bras. Elle a arrêté de parler. Je sentais les efforts qu'elle faisait pour se retenir de pleurer, mais elle n'y arriva pas. J'ai eu beau essayer de la rassurer, rien n'y faisait ; elle sanglotait toujours.
– Je t'en prie, essaye de comprendre pour quelles raisons je ne te l'ai pas dit. Les Jedi sont mal vus dans ce secteur. La preuve, pour ma mission, je me suis présenté comme un messager, non un Jedi pour ne prendre aucun risque. Je ne voulais pas que tu aies peur pour moi quand je partirai. Je ne voulais pas que tu connaisses mon nom. Et c'est aussi pour ça que je ne peux pas être avec toi. Dis-moi que tu comprends ?
J'ai senti son hochement de tête contre moi. J'ai desserré mon étreinte pour qu'elle puisse relever la tête et me regarder. Elle s'était nettement calmée. Puis elle m'offrit un petit sourire.
– Ça t'est déjà arrivé, commença en reniflant, de rencontrer une personne et de te dire, sans presque la connaitre, que ta rencontre avec elle marque un tournant dans ta vie ?
– Oui… Quand j'ai rencontré une jolie fille avec ses yeux verts et sa tignasse brune, j'ai su que je serai marqué à vie par son souvenir.
– Est-ce une façon de dire que tu tiens à moi ?
– C'est même plus que ça, ce que je ressens pour toi.
Je ne l'ai pas laissé répondre puisque j'ai aussitôt capturé ses lèvres avec les miennes. Elle n'avait plus l'air de m'en vouloir car elle a répondu avec une ardeur différente de celle de l'après-midi. Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés dehors à nous embrasser. A un moment, je l'ai prise dans mes bras et je nous ai conduits à sa chambre. J'avais dormi dans une sorte de débarras les autres nuits ; retrouver une chambre m'a fait bizarre. Je l'ai déposé sur son lit sans arrêter de l'embrasser.
Et le temps s'est suspendu l'espace d'une nuit.
Le lendemain, elle ne m'en voulait définitivement plus.
Nous avons passé les jours suivants à nous promener, à nous amuser, à tout oublier du monde autour de nous. Pas de guerre, pas de politique, pas de parents. Je lui ai montré mes talents de Jedi. Et la nuit, nous nous amusions d'une autre façon.C'est fou car cela a semblé durer une éternité, mais de la même manière, je trouvais que le temps passait trop vite. J'aurais aimé le stopper ou le ralentir pour en profiter davantage.
A chaque fois que mon père me contactait pour me rappeler à l'ordre, je lui mentais en disant que les pièces ne tarderaient pas à arriver.
Mais au bout de deux semaines, il a bien fallu que je rende les armes.
Nous étions devant la maison d'Aymeraude, à regarder le double coucher de soleil. Pour ne pas nous faire souffrir trop longtemps, je le lui ai directement annoncé.
– Il faut que je parte demain.
La réaction qu'elle a eue m'a surpris : elle m'a embrassé, mais je n'ai senti aucun reproche dans son baiser. Plutôt de la fierté mais tout de même de la tristesse. Pourtant, elle ne laissait rien apparaitre.
– Tu n'es pas triste ?
– Je m'y suis préparée depuis le premier jour. Je ne voulais pas te perturber avec cela.
– C'est gentil de ta part.
– Tu insinues que je ne suis pas gentille le reste du temps.
– Peut-être bien.
Je l'ai à nouveau embrassé. C'était fou comme je ne voulais pas me détacher d'elle, physiquement parlant.
– J'ai quelque chose pour toi.
J'ai alors sorti une petite bourse que je lui ai tendue. Elle m'a regardé avec un air suspicieux avant de l'ouvrir. Puis elle fut plus que surprise en sortant un collier en argent avec son pendentif assorti.
– Merci. Il est vraiment très joli. Ou l'as-tu trouvé ?
– Fais sur mesure lorsqu'on a les moyens de soudoyer tes copines.
Nous avons ri et Aymeraude est retournée à la contemplation du collier.
– Ne me dis rien, je trouverai toute seule ce que signifie ce B et ce A entrelacés.
– Oh oui, c'est sûr que c'est très difficile à deviner.
Je l'ai alors aidé à attacher le collier à son cou. Et j'avoue qu'il lui allait comme un gant.
– J'ai autre chose pour toi.
– Dites donc, je suis gâtée ce soir.
– J'aimerai que… tu gardes mon sabre laser.
Là, ma proposition l'a davantage surprise.
– Pourquoi ?
– Juste un autre souvenir de moi. Pour ne pas m'oublier.
– Mais cela ira pour toi ? On ne risque pas de t'interroger si tu reviens sans ton sabre?
– Cela ne me coutera rien de m'en fabriquer un autre.
Je lui ai remis mon sabre qu'elle serra très fort dans ses mains.
– Tu es sûr de ne pas vouloir que je t'accompagne ?
– Je veux te savoir en sécurité. Et en ce moment, la situation est grave. Je préfère te savoir ici en sécurité, à l'abri des combats.
– Donc… on ne se reverra jamais ?
– J'en ai bien peur. Je ne pourrais pas me rendre sur Tatooine sans éveiller les soupçons.
– Oui, je comprends.
– Peux-tu me faire une promesse ? (Elle hocha la tête, signe d'approbation.) Je t'aime, Aymeraude. Mais je ne veux pas que tu m'attendes. Je te demande de vivre ta vie, tout simplement.
– Si tu me fais cette même promesse en retour, je la tiendrai.
– Et surtout Aymeraude, n'oublie pas cela : si tu sens que l'espoir est loin ; alors sois forte, regarde devant toi et fonce.
Nous avons passé notre dernière nuit ensemble. Et le lendemain, très tôt, elle m'a accompagné à mon vaisseau. Je l'ai embrassée une dernière fois, nos larmes respectives se mêlant à ce douloureux baiser. J'ai eu du mal à me séparer d'elle. Mais j'ai finalement réussi à monter dans mon vaisseau et a quitter cette planète.
Et sur tout le trajet, je me suis maudit de devoir l'abandonner.
FIN DU FLASH-BACK
POV Bianca
Je n'avais pas interrompu mon père pendant son récit. Je l'ai laissé parler. Je l'ai vu raconter ce qu'il n'avait jamais dû avouer à qui que ce soit. Je l'ai vu souffrir du souvenir de maman. Je l'ai vu l'air déçu, triste, déboussolé, amoureux… Mais il ne laissa rien transparaître. Il avait toujours parlé en souriant, au contraire de moi qui devais faire une tête dépitée à l'écoute de son histoire. De leur histoire…
Je comprends maintenant pourquoi maman ne m'en a jamais parlé avant. Bon, d'accord il y avait moi qui refusait de l'écouter catégoriquement, mais il y avait aussi cette promesse qu'elle n'avait visiblement pas tenue… Par ma faute, encore…
Ben me regarda droit dans les yeux, l'air de s'en vouloir. Il prit une de mes mains qu'il serra assez fort.
– Si j'avais su ce qui allait se passer. Si j'avais su quelle conséquence aurait notre aventure, je l'aurais emmenée avec moi sur Coruscant. Je me serais occupé d'elle. De toi. Nous serions une famille. Et-
– On peut encore le devenir.
Je n'avais pas réfléchi en disant cela. Cela m'était venu tout naturellement à l'esprit.
– Cela sera dur, mais… si maman te faisait confiance, alors je te fais confiance.
Ben me prit alors dans ses bras et je répondis à son étreinte. Il soupira, visiblement de soulagement. On resta quelques minutes ainsi, à ne rien dire, les bruits environnants étant ceux de nos respirations respectives. Puis, Ben brisa ce silence, toujours non sans une pointe d'humour.
– Cela tombe bien que tu me fasses confiance, car dans une relation mentor-Padawan, ceci est la base.
– On peut commencer aujourd'hui ?
– Je voulais attendre demain. Mais puisque tu as l'air motivée, il n'y aucune raison d'attendre. On va manger et après on commencera.
Ben se leva et m'entraîna avec lui hors de l'appartement de Zack. Bon, on était en chemin pour manger – à nouveau ? Faut dire que je n'étais pas vraiment habituée aux trois copieux repas par jour – mais une question me turlupinait soudain.
– Eh, tu viens de me dire que maman et toi vous « vous amusiez » presque toutes les nuits. Pourtant, elle m'a dit y'a pas longtemps que cela n'est arrivé qu'une fois et la veille de départ. Qui dit vrai ?
– Moi. Ta mère a sûrement voulu donner une bonne image d'elle face à toi. Mais je te garantis que la nuit était le moment qu'elle attendait le plus.
On rit et on continua notre chemin. Je resserrai davantage la prise que j'avais sur mon collier. Son collier. Leur collier.
Voilà ! Maintenant je connais l'histoire de mes parents. Et je découvre que ma mère adorait une certaine activité physique. Je ne sais vraiment pas comment je dois le prendre… Bah si elle était heureuse, c'est tout ce qui compte.
Mais elle s'est privée d'hommes pendant dix-huit ans. Est-ce que l'a regretté ? Etais-je réellement ce fardeau ?
Au moins, le récit de mon père m'a conforté dans quelque chose de mon passé, qui n'aura plus aucune importance. Mes deux copains étaient définitivement des béguins de jeunesse pour qui je ne ressentais pas grand-chose. Et qui étaient des gros enfoirés soit dit en passant !
Maintenant, je vais faire ce que ma mère a promis à Ben : je vais vivre ma vie et non plus la subir ! Après tout, c'est ce que dit notre devise, non ? (3)
(1) Cette phrase est dans la chanson Apologize des OneRepublic. Je trouve que cette chanson va super bien avec la scène.
(2) Ben s'adresse directement à Bianca pendant le flash-back. C'est pour ça que le récit est au passé. J'ai préféré faire cela sans le point de vue de Bianca pour que ses pensées n'interfèrent pas à tout moment. D'autres passage "Flash-Back" sont à venir au cours de l'histoire. ça vous plait ?
(3) Si vous n'avez toujours pas compris, la devise de Ben, Aymeraude (et maintenant Bianca) est "Si tu sens que l'espoir est loin ; alors sois fort, regarde devant toi et fonce."
Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous aura plu. Une petite review pour connaître votre avis ? ;) Le prochain chapitre clôturera la première partie de cette histoire.
Prochainement : Bianca commence son apprentissage et reçoit une aide inattendue.
Oh petite chose : j'ai créé ma page Facebook (le lien est dans mon profil au début) et vous pourrez y trouver des dessins que j'ai réalisé sur cette histoire. Vous pouvez aller liker ou simplement enfin voir comment j'imaginais ces personnages.
Gros bisous et au prochain chapitre ! :D
